(Source : Library of Congress Wikimedia)

Source  : Library of Congress (Wikimedia)

En 1998 à New York quelqu’un me dit : « Frère Michel, la force créative spirituelle trouvée dans votre personne et dans Le Signe rappelle la force créative sociale que les Américains trouvèrent en 1776 en Tom Paine et son manifeste « Common Sense » (« Bon Sens »).
Surprenante comparaison. Je connaissais un peu le personnage, Thomas Paine, un des pères fondateurs de l’indépendance américaine… Je ne vis pas de similitude avec moi. De plus, je le croyais athée. Je savais qu’il avait été rustre, grossier même, sale, ce que je ne suis pas. Je savais, certes, que le Général Washington avait fait lire un texte de Tom Paine à ses troupes épuisées et transies de froid pour les ragaillardir avant son attaque surprise sur Trenton, mais aussi que Tom Paine plus tard se mettrait à dos la plupart des grands Américains de l’époque, sans doute, imaginais-je, parce qu’il n’avait pas été aussi respectable que ça. Je ne voyais pas que John Adams, second président des USA, en traitant « Common Sense », le grand manifeste de Tom Paine, de « pauvre, ignare, myope et méchante messe d’ivrogne, » usait de qualificatifs proches de ceux qu’utilisent les gens très comme il faut à l’égard du Signe, et que les Fédéralistes appelèrent Tom Paine « serpent répugnant » comme des clergés et politiciens conformistes m’appellent, aux mots près.
Mais voilà que, dans le courant de 2006, ont paru, je ne sais pour commémorer quoi, divers livres sur Tom Paine. Je me remets à penser à lui. Cette fois je lis les mots de Tom Paine que George Washington fit lire à son armée quasi paralysée dans le blizzard : « Il est des moments qui éprouvent l’âme. Le soldat des beaux jours, le patriote du ciel ensoleillé, va dans ce moment critique flancher et manquer à son pays, mais celui qui fait face maintenant méritera l’amour et la reconnaissance de l’humanité. La tyrannie comme l’enfer n’est pas vaincue facilement, mais nous avons cette consolation : Plus dur l’affrontement plus glorieux le triomphe ! » Le lendemain les patriotes américains passèrent la Delaware et mirent en déroute l’armée anglaise, qui ne cesserait pas de refluer jusqu’à la mer. Comment, soudain, ne pas réaliser que le New Yorkais de 1998 avait fait un parallèle avec nos missionnaires : Il y aura un temps pour leur peine et une éternité pour leur gloire (Signe 37/9)?
J’apprends que Tom Paine, que je croyais athée, était en fait croyant non religieux, critique mordant des églises et clergés, comme l’est Le Signe. Je savais qu’il rêvait d’une société sans gouvernement, mais je découvre avec quelle véhémence il rejetait tous pouvoirs et lois, comme Le Signe les rejette. Voilà pourquoi il fut haï par ceux-là même qui avaient utilisé ses idées et sa verve pour devenir des chefs. Tom Paine, lui, refuserait toujours d’assumer un pouvoir, quel qu’il fût, et fut méprisé comme je le suis par le système, qui voit mon propre refus d’être un chef (Signe 16/1) et de donner à l’assemblée des Pèlerins d’Arès une structure sociale et une hiérarchie comme un exécrable et dangereux exemple.
Pour finir, que de mérite eut Tom Paine ! Il ne dut pas comme moi ployer sous le genou du Père (Signe 12/9) pour entendre la Vérité. Il la trouva seul, par sa seule intelligence.
Je me demande bien sincèrement pourquoi le Père s’adressa à moi, qui n’avait pas le quart des moyens de Tom !

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés