(Photo : Inna Bulchak, Unsplash)

Photo  : Inna Bulchak (Unsplash)

Comme la mouette ne fait pas la mer,
le stigmate ne fait pas Jésus,
le démon ne fait pas le péché,
Marie ne fait pas le salut.

L’édition 2009 du Signe a éveillé chez quelques lecteurs des doutes sur mon honnêteté. À propos de Marie, des démons ou du tentateur, des stigmates et j’en passe.
Par exemple, certains trouvent improbable que le Père ait envoyé Jésus à un témoin aussi peu attentif à l’emplacement des stigmates sur le corps de ce messager.
Dans le liminaire de 1974 je situai les stigmates « dans les poignets »  ; dans l’introduction de 2009 je les situe « au milieu de l’avant-bras ». Cette imprécision me vaut d’être accusé d’erreur suspecte et, par voie de conséquence, Le Signe devient pour certains suspecte d’inexactitude ou même d’inauthenticité.
Voilà la réponse que je fis, le 22 août, à l’un des soupçonneux  :

Je sais combien dans ce monde moderne schizophrène le goût du géométrisme, l’inflexibilité de pensée, l’importance donnée à des points sans importance vitale sont devenus grands, et je sais combien, à l’inverse, je suis insuffisamment attentif à les satisfaire, mais ce défaut que j’ai de ne pas m’arrêter ou m’attarder à des points sans importance est ici la seule explication.
La précision des détails physiques de Jésus n’a pas plus été mon souci en 2009 qu’en 1974. Mon seul souci , l’objet de tous mes soins, en 2009 comme en 1974 a porté sur ce qui était important, ce qui conditionne le salut de l’homme et du monde  : Le Signe elle-même. C’est accomplir la Parole de Dieu qui sauvera l’homme, mais pas des détails anatomiques concernant Jésus.
Les stigmates n’étaient ni « dans les poignets et dans les pieds », comme je l’écrivis en 1974, ni — quoique moins inexact — « au milieu des avant-bras et à mi-tibia » comme je l’ai écrit en 2009.
Comme chacun sait, en plaçant les stigmates dans les poignets, j’avais fait protester les physiologistes et autres professions médicales dès 1975  : « Impossible  ! Le poignet est une articulation complexe qui éclaterait traversée par un gros clou… Cela formerait un point de rupture… Le corps lourd tomberait… Etc. » J’avais écrit « poignets et pieds » en mai ou juin 1974 (moment où fut rédigé le liminaire) par réflexe ecclésiastique. J’étais alors un prêtre, théologien de la tradition, qui comme toute la chrétienté qui se fonde sur Luc 24/39 et Jean 20/25-27 parlait de mains ou de pieds comme on dit qu’on a mal au cœur quand on a en fait mal à l’estomac. Façon de parler. Néanmoins, en disant poignets, pour inexact que cela fût, au lieu de mains, j’avais quand même signalé que les Évangiles (Luc 24/39 et Jean 20/25-27) étaient erronés  : Ce n’étaient pas les mains qui avaient été percées.
En rédigeant l’introduction 2009, je me suis dit  : Bon  ! Je vais en profiter pour rattraper tout ça.
Je me souvins des médicaux, qui avaient protesté : « Impossible  ! Le poignet est une articulation complexe qu’un gros clou briserait, » et de moi qui avais dessiné grosso modo de mon index droit sur mon bras gauche la zone où j’avais vu le stigmate et d’eux qui alors s’étaient exclamé  :
« Mais ce n’est pas le poignet, ça  ! C’est l’avant-bras. »
Moi  : ‘Oui, mais plus près du poignet que du coude  ! »
Eux  : « C’est quand même l’avant-bras. »
Moi  : »J’aurais donc dû dire  : Dans l’avant-bras plus près du poignet que du coude  ? »
Donc, rédigeant l’introduction de 2009 j’écrivis d’abord  : « Un (stigmate) dans chaque avant-bras nettement au-dessus du poignet. » Las  ! L’édition ne devait pas dépasser 160 pages. Donnant toute priorité et tous mes soins à la Révélation elle-même, je rognais sans trop de soucis dans les paragraphes et les phrases de l’introduction pour gagner de la place. Je réduisis à « Un (stigmate) au milieu de chaque avant-bras, » entendant par « au milieu » que ce n’était ni dans le poignet ni dans le coude. Cela me paraissait bien suffire.
Qui donc se damnerait parce qu’il ignorerait où se situaient exactement les stigmates de Jésus  ? Personne. Pour moi une seule chose importera perpétuellement dans Le Signe  : Le Signe lui-même quand il est accompli, à savoir, accompli par la pénitence et la moisson des pénitents.
Mais ne voilà-t-il pas que les « chasseurs de stigmates » succèdent aux « chasseurs de barbe »  !
Les « chasseurs de barbe »  ? Je rappelle que, dès l’année 1975, je reçus ici et là les visites de soupçonneux que turlupinait l’aspect extérieur du Jésus dont j’avais été témoin. Entre autres questions — couleur des yeux, etc., auxquelles je ne répondais pas de façon plus satisfaisante — ils me posaient celle-ci  : « La barbe du Jésus que vous prétendez avoir vu était-elle longue ou courte  ? » Comme je n’avais pas plus mesuré ou scruté la barbe que les stigmates de Jésus, dont la haute stature, la lumière, le regard et le port nobles et surtout le Message m’avaient autrement plus impressionné que ces détails, je répondais en toute sincérité  :
« Ni longue ni courte, » ou d’autres choses comme ça.
Les soupçonneux s’écriaient alors  : « Si cet homme ne sait même pas si la barbe de l’apparition était courte ou longue, il n’a rien vu (ou il a vu Satan) » et ils s’éloignaient de moi, convaincus d’avoir démasqué un imposteur (ou un sataniste).

Il est des points de Vérité que vous ne pouvez trancher. Seule votre intelligence (Signe 32/5) spirituelle ranimée vous permet de dépasser leurs imprécisions, leurs contradictions, leur dichotomie.
J’étais suspendu aux lèvres de Jésus, non à ses stigmates. Je les voyais  ; je ne les regardais pas. La seule Vérité qui valût était que les stigmates existaient bien, qu’on avait bien tué Jésus en le clouant sur une croix, qu’il était donc bien ressuscité et que donc tout humain qui pareillement par la pénitence mettra ses pas dans les pas du Père (Signe 2/12) ressuscitera.
Quant à l’équivoque autour de Marie dans Le Signe, qu’importe qu’on la voit comme une femme qui parcourt la terre en implorant pitié (Signe 33/13) pour les hommes ou qu’on la voit comme la face maternelle du Créateur  ! La seule Vérité qui vaille est que la force qui miracule vient du seul Créateur, car tout miracle est création ou recréation et jaillit du Père de l’Univers (Signe 12/4), le Miracle-Source par quoi tout existe ou ré-existe.
On peut en dire de même des démons. Qu’importe que le tentateur vienne du dehors ou soit tout bêtement l’homme lui-même, la seul Vérité qui vaille est qu’il faut résister à la tentation d’où qu’elle vienne, faire pénitence. C’est la seule voie de salut.
Il est temps que nous sortions de l’antique superstition (Signe 21/1) et trouvions la maturité spirituelle  !
Que Jésus dans sa chair transfigurée vous soit envoyé par le Père, je vous assure que vous ne rationaliserez pas l’événement  ! L’énergie motrice de la Vérité, celle qui met en marche votre cœur et votre humanité spirituels, n’est pas dans votre attachement aux détails, dans le décorticage des mystères ou la mesure au centimètre, en bref, le filtrage des moucherons (Matthieu 23/24). Elle est dans votre foi, dans votre confiance.
La pression sur ma bouche du pouce de Jésus — pouce droit ou gauche  ? je ne me souviens même plus… les soupçonneux soupirent  : improbable témoin  ! — créa entre lui et moi un lien spirituel plus durable, profond et fort, plus vrai, que mon souvenir visuel du pouce, dont je ne peux dire s’il était long ou court, bien manucuré ou non. J’aperçus juste les sillons de sa peau lumineuse et je sus ainsi la seule Vérité qui vaille, à savoir qu’il était bien de chair et que donc, à mon tour, un Jour, longtemps après ma mort, je retrouverai ma chair moi aussi.

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