L’humanité qui nous a précédés — Érasme et d’autres — a débroussaillé nos cerveaux.
Ce n’est pas Érasme, loin s’en faut, c’est Le Signe qui appelle à la démythification et l’existentialisation de la foi qui changera le monde, mais ce grand humaniste est un exemple d’éveil de l’intelligence (Signe 32/5) et de mesure (7/6, 12/1, 25/9, 32/10, 35/7, 39/3), même s’il nous faut les pousser beaucoup plus loin pour accomplir ce qu’Érasme ne fit que rêver.

Érasme (1469-1536) (© Web Gallery of Art, created by Emil Krén and Daniel Marx, Wikimedia)

Érasme (1469-1536) 
(© Web Gallery of Art, created by Emil Krén and Daniel Marx, Wikimedia)

Le Créateur m’a chargé et, par suite, a chargé le petit reste, que je suis envoyé rassembler (Signe 24/1), de deux tâches  :

Répandre Le Signe pour que ceux parmi les hommes qui seront capables de se reconnaître en elle découvrent ce miroir de leurs propres espérances et viennent grossir la Moisson (Signe 4/12, 5/2-5, 6/2, 15/7, 31/6, 38/2) des pénitents, qui à leur tour moissonneront d’autres pénitents, qui changeront le monde (Signe 28/7),

Démythifier la foi et la rendre activement existentielle, parce que, si le Créateur peut donner Le Signe, nous autres ne pouvons que montrer notre foi dans cette Révélation. Aussi notre foi doit-elle être particulièrement dynamique et créatrice.

Changeons en vraie foi, constructive et évolutive, la foi statique et dogmatique des religions.
Donnons cette vraie foi constructive à ceux innombrables qui l’ont perdue, parce qu’ils ont été scandalisés (Signe 28/4).
Donnons aux rationnalistes de bonnes raisons de croire et de repousser les limites du rationnel en y incorporant ce qu’ils croyaient être irrationnel.
La foi qu’inspire Le Signe n’est pas la traditionnelle soumission, suppliante et glorifiante, à un Créateur qui serait seul Maître du destin humain, mais un retour des Fils (Signe 23/1, 35/11, 36/17) ou des Enfants (13/5) à l’Héritage (28/15-24, 31/4), c’est-à-dire au Bien (12/3, xxxiii/11, xxxviii/3).
La foi arésienne est un existentialisme  ; un existentialisme orienté vers le changement en Bien.

Un syllogisme l’explique  :
L’homme ayant choisi librement le mal (Signe 2/1-5, vii/7-13) peut choisir librement le Bien qui vaincra le mal  ;
le Créateur respectant la liberté de bien et de mal qu’il a donnée à l’homme, sa Miséricorde refusée par le mal est devenue aléatoire (Signe 16/15)  ;
donc, seul le bien qu’accomplit librement l’individu le sauve à coup sûr des ténèbres immédiates et changera le monde (Signe 28/7) de malheur en bonheur.
Aucun mythe n’agit dans cet accomplissement.
L’accomplissement
est existentiel, concret, sans intermédiaire.

La Moisson consiste à réunir (xLv/19) les hommes qui ont la conscience et la volonté d’exister et de faire exister la société à l’image du Bien dont l’homme est issu (Bible : Genèse 1/27). C’est ce que j’appelle existentialisation — Ce mot ne figure pas au dictionnaire.
Tout homme qui combat en lui le mal ménage son propre salut et ouvre le monde à la Vie spirituelle (Signe 24/3-5), seule voie de changement et de salut personnels comme universels.

La démythification — plus de mythes  ! — et l’existentialisation — faire exister et agir le Bien  ! — fondent la vraie foi arésienne, active et évolutive, mais elles sont si contraires à la culture millénaire de la foi passive et statique qu’elles sont difficiles à accomplir.
C’est pourquoi la Sagesse qui se suffit à elle-même (Signe 10/12), mais qui est bien consciente qu’elle ne suffit pas à l’homme pour qu’il change vite, sait que l’homme ne se démythifie qu’en passant par le mythe, parce qu’il ne se délivre que de ce qu’il a expérimenté.
Aussi la Sagesse utilise-t-elle paradoxalement des mythes  : sacrifice, Marie, tentateur, etc., dans Le Signe pour donner à l’homme le temps (Signe 12/6) qui lui est nécessaire pour se démythifier et découvrir qu’il est son propre sauveur en faisant vivre en lui le Sauveur (Signe 2/12-13).

Une commentatrice de l’entrée de blog précédente, Gaby (98C33) dit  :

« La foi arésienne, qui est absolument « insurgeante », qui balaie toutes les idées (religieuses) reçues, est une peau dans laquelle il n’est pas facile de vivre. J’en sais quelque chose, mais je tiens le coup.
Vous [Frère Michel, vous] ne dites pas que Dieu n’existe pas, mais que vous ne savez plus « qui il est et ce qu’il est » depuis les Théophanies [1977, Le Livre]. Vous identifiez, depuis lors, Dieu à l’image et ressemblance qu’il a dans l’homme. À partir de là, vous dites, en vous appuyant sur la Parole que vous avez surnaturellement reçue à Arès, que l’homme est par la pénitence, soit donc par son retour à l’image et ressemblance du Créateur, le producteur de sa propre grâce.
« Vous le disiez déjà autrefois, mais pas avec le radicalisme très fort que vous avez acquis aujourd’hui, qui éclate dans vos annotations de l’édition 2009.
« J’ai soigneusement noté tout cela et pas besoin d’être grand clerc pour voir que ça révolutionne plus fortement que jamais toutes les idées reçues. »

Gaby résume ici à sa manière toute l’originalité et la difficulté même de la foi créative, évolutive et sans mythes, que tout lecteur attentif déduit du Signe.

J’ai choisi Érasme pour illustrer ce propos, parce qu’avant 1974 je le condamnais comme hérétique et que, depuis 1974, j’ai compris quel effort d’intelligence (Signe 32/5) ce grand humaniste avait dû faire pour se détacher du lot.
J’ai attendu une occasion de rendre justice à son sens de la liberté spirituelle.
J’admire aujourd’hui son intelligence indépendante et son courage — il fut durement dénigré et calomnié de son vivant —, parce que, avant 1974, je ne serais jamais de moi-même allé aussi loin que lui, moi qui allais recevoir pour mission d’aller beaucoup plus loin encore. Esprit universel, pétillant et souriant, moderne, précurseur du libéralisme. La recherche du bien commun, de la paix, de l’amour fraternel, formèrent la base de sa pensée.

Commentaires et réponses d’origine
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.

© Michel Potay 2009 — Tous droits réservés