À mes frères Jeff et Nasser, qui ont, de concert avec d’autres frères et sœurs, réalisé la vidéo « Un prophète » en version longue et version courte, je disais il y a quelques mois que j’avais encore des enseignements à donner et que je pourrais encore m’exprimer devant leurs caméras. Mais quelques mois c’est beaucoup de temps quand on vieillit. Je réalise que quand le déclin va, il va vite. Chaque jour j’ai un petit quelque chose de moins que la veille.
2021 sera ma 92ème année. Je peux éventuellement faire ce que d’autres vieux ne peuvent plus faire, mais pas sans fatigues et pauses parfois fréquentes et imprévues. Je dois avancer avec précautions.
Alors, je veille à ne pas me tromper, car passé est le temps où je pouvais me dire  : « Si je rate, je recommencerai. »
C’est pourquoi, cette fois-ci, je consulte mes lecteurs  : Que puis-je dire que je n’aie pas dit  ?

Frère Michel lors de l'enregistrement de "Un Prophète", Paris 2018

Frère Michel lors de l’enregistrement de « Un Prophète », Paris 2018
© Christiane et Nina Potay

De quoi souhaite-t-on que je parle encore  ?
S’il vous plaît, pas de questions de modalité  ! Qu’importe qu’on soit chrétien, musulman, juif, bouddhiste, shintoïste, agnostique, athée. Qu’importe qu’on prie comme ceci ou comme cela. Qu’importe qui et qu’est la Mère, qui et qu’est le Père. Etc.
Pas de questions de simple curiosité non plus  ! Qu’importe qu’Adam fut blanc, noir ou jaune. Qu’importe qu’on nomme Dieu Père, Allah, Brahma, Grand Esprit, l’Éternel. Rien de tout cela n’est vital et n’a d’importance.
Le salut d’un l’homme ne vient pas du Ciel, mais du fond de lui-même. C’est l’objet central du Signe.
Un seul sujet est vital  : Tout ce qui tourne autour de l’action, parfois de l’exploit, par quoi l’homme travaille à son propre salut. Comment créer au fond de soi et aider d’autres à créer au fond d’eux-mêmes
le vrai corps,
aussi léger qu’une fumée pure,
qui ne naît pas du ventre de la mère,
mais de la vie de l’homme déjà né,
qui s’engendre lui-même en une autre vie infinie
qu’il bâtit comme un vaisseau pour prendre le large
(Signe 17/3),
que la Parole appelle l’âme (4/5-8, 17/4, 20/4, etc.) ou l’ha (xxxix/5-11).
Tout est là. Chaque humain est l’artisan de sa propre âme, qu’il crée par sa pénitence (Signe 30/11), laquelle n’est ni remords, ni sanction, ni autopunition, mais épanchement  d’amour, de pardon, de paix, d’intelligence du cœur libre de tous préjugés.
Il est si difficile d’échapper au péché et de devenir bon que j’ignore si ma pénitence (Signe 30/11), aussi zélé suis-je à l’accomplir (35/6), sera achevée quand je mourrai. Pour trouver le salut il me faudra vraisemblablement l’appoint de l’Amour que la Vie (24/3-5, 25/3, 38/5, etc.) dispense même à ses Enfants terribles (Matthieu 5/45-46), mais au moins y aurai-je tendu de tout mon être.  C’est seulement cette tension de l’être vers son changement de vie (30/11) qu’il faut considérer, parce que changer sa vie est concomitamment contribuer à changer le monde (28/7).
Chevrier, c.-à-d. escarpé et pénible, sera le sentier (Signe 25/5) jusqu’au monde changé (28/7), que Le Signe noie dans des similitudes  : les Hauteurs (25/5), le Jour (31/8), etc. Il faudra des générations (24/2) pour y parvenir et l’on est là sur la bonne ligne, celle que trace la Parole d’Arès, qui ne voit le salut individuel que comme un maillon de la longue chaîne du salut de la race (25/4, xii/5). Il faut effacer le mauvais choix d’Adam (2/1-5). Les concepts qui touchent à la sublimité, laquelle est le bois de l’échafaudage au vrai corps ou à l’âme de l’humain (17/2), percent certes déjà  : Le Signe et mon ensei­gnement, mais ils sont encore loin d’atteindre les dimension et sûreté nécessaires pour achever l’œuvre qui nous est confiée. Ces concepts, je les cultive depuis bientôt quarante-sept ans  ; j’ai tracé le Jardin (xxviii/21), je l’ai houé (xxx/7), re-semé (5/1, 6/2), le brout est sorti, mais mes frères et sœurs doivent poursuivre la tâche (xxxvii/12), faire croître ce Jardin en beauté (12/3), nourriture (4/10, 12/4, etc.) et espace (32/3), jusqu’à la Victoire, quelque temps cela demanderait.
Ce qui nous fait face est moins l’ignorance qu’a aujourd’hui le monde de la Vérité que son manque d’amour. L’obstacle au Salut (Signe 30/10) et au Bonheur (36/23, xxvi/12), c’est l’absence d’amour, de pardon, de paix, d’intelligence du cœur, de liberté, parce que ce n’est pas ce qu’on croit qui sauve, c’est le Bien qu’on est capable de reconstituer. Il faut que la bonté tombée à plat se regonfle et remonte à la surface de l’homme.
Le Signe n’appelle pas l’homme à une inclination spirituelle personnelle, à la culture d’un penchant individuel pour la foi, mais elle appelle à rien moins qu’un travail collectif fraternel au changement du monde (28/7) par la pénitence de chacun de ses artisans (30/11). Notre mission est une affaire très sérieuse qui demande à chaque Pèlerin d’Arès l’oubli de soi pour lier ses efforts personnels aux efforts de tous et y mettre toute l’intelligence possible (32/5).
Notre foi est inséparable de la raison. Nous ne pouvons pas avancer sans les faire l’une notre pied gauche, l’autre notre pied droit  ; sinon nous claudiquons  ; clodiquant nous nous affaiblissons, nous n’arriverons nulle part.

Cette entrée est particulière. Elle ne sollicite pas des commentaires, mais des requêtes. Les lecteurs peuvent, exprimer leurs requêtes en quelques lignes. Je n’y répondrai pas, sauf exception, mais j’y réfléchirai.
La question est  : De quels sujets essentiels pour le salut personnel comme pour le salut général souhaitez-vous que je parle encore dans une vidéo, que j’enregistrerai peut-être l’année prochaine  ?

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