
Soleil au-dessus d’Arès
Photo : Christine M.-J. [DR]
Notre sœur Christine M.-J. m’adresse des images du soleil, prises depuis la plage d’Arès en novembre 2020, accompagnées du message suivant :
« Bien aimé prophète du Père, je ne peux m’empêcher de vous envoyer ces deux photos, faites sur Arès en ce novembre 2020. Je trouve qu’elles donnent, du moins à moi, une sensation de bonheur, de joie un clin d’œil du Ciel, un encouragement que j’ai envie de partager avec vous. C’est mon côté fleur bleue, voire un peu illuminé, qui parfois vient me faire un coucou. C’est un coup de chance. Mais bon ! »
On ne m’émerveille pas facilement. Me parle-t-on de miracle, je rognonne, sceptique : « Peut-être… » Mais là j’hésite. Un « coup de chance » ? La similitude entre ce soleil irradiant et le bâton de Lumière d’où en 1977 s’épandit vers moi la Voix du Père est telle que j’y vois un Signe, qu’importe qu’il nous soit envoyé ou qu’il soit un effet du hasard.
Le soleil semble dire : « Vous avez tout juste commencé. La finitude sera longue comme long est le vide de moi à vous, mais l’amour le comblera ; ce n’est pas l’inatteignable infini. »
Une grande magnifique aventure spirituelle.
Quarante-troisième anniversaire des Théophanies qui eurent lieu du 2 octobre au 22 novembre 1977. Oublions le covid — des virus, il y en a depuis la nuit des temps — et tous les soucis qui nous hantent actuellement. Fortifions notre certitude de la Victoire finale ; qu’importe le temps qu’elle prendra. En nous approchant de la Vie hors du temps (Signe 12/6), nous brisons l’entrave qui pend aux cous des hommes comme aux cous des taureaux dans les temps anciens.
Ce soleil est le Signe que la finitude est en marche ; il est icône de la Vie, du Père, du Je dans Le Signe, d’Allah, de l’Éternel, de Brahma, de Tathagata, du Grand Esprit, d’Amma, de Nyam(b)é, des mille Noms (Signe 3/6, 39/9, xv/5, xviii/2-4) que mes frères humains ont donnés à la Vie. La Terre sur laquelle le Créateur a placé son Enfant (13/5) paraît très vieille et même très usée selon certains comme les écologistes, écervelés qui voudraient arrêter ce que la Puissance a mis en marche.
Or, la Terre est loin d’être achevée.

Soleil-Bâton de Lumière au-dessus d’Arès,
Photo : Christine M.-J. [DR]
« Garde-toi des princes ! Ils ne cherchent guère que leur intérêt, et Dieu sait comme ils l’entendent, » dit un proverbe juif. La foi en la Sainteté, la Puissance et la Lumière (Signe 12/4) est inséparable de la finitude, qui est en marche. Nous avons, à tout le moins, pris conscience d’être quelque part sur la ligne qui va du point initial au point final de la Création, mais où ? Nous l’ignorons, mais nous avons maintenant une certitude : C’est pour nous donner de l’écho, pour que nous l’appelions plus distinctement de loin, que le Père à Arès nous sépare de la masse égarée dans les zigzags (quand elle les voit).
La foule croit que chaque zigzag est l’aboutissement, tandis que nous ne voyons de zigzag en zigzag que les brefs règnes de rois noirs ou blancs (Signe xxxvii/14), de courts instants après d’autres courts instants. Pour l’heure, tout passe en ce monde. Le Dessein, auquel le Pèlerin d’Arès se voue à contribuer, reste inaccompli. J’ai revu récemment le film « Una giornata particolare » (Une journée particulière) : Deux pauvres pégrelus de base communient dans leurs distinctes infortunes le jour de la triomphale visite officielle d’Adolf Hitler à Benito Mussolini, à Rome en 1938, deux chefs d’État au sommet de leur destin politique rêvant de conquérir et dominer le monde, qui allaient sept ans plus tard connaître une implacable défaite et une fin ignominieuse. Un zigzag de l’Histoire, laquelle n’est qu’une suite de brèves apothéoses finies en échecs, en dérision ou en vagues souvenirs tout comme nos gouvernants actuels et les confinements qu’ils nous ordonnent finiront en pet de lapin perdu dans l’immensité spatiale. Tous les puissants se sont cru, se croient et se croiront rois de la finitude, blancs ou noirs, alors que sur Terre rien n’est jamais fini. La Terre n’a fait que passer d’un monde de feu et de stromatolites à un monde de fougère et de protozoaires, puis à un monde de dinosaures, puis à un monde d’hommes des cavernes, puis aux âges du bronze et du fer, puis à une humanité d’informaticiens qui dans cent ans feront sourire de pitié, et a encore beaucoup à faire avant de revenir au test initial : Éden, le Jardin (Signe xxxviii/21), le temps qu’il suffit à Adam et Ève pour être créés et chuter, mais qui peut revenir et revenir éternel si s’installe la pénitence.
Que savent réellement ces humains altiers, aux regards autoritaires, bardés de science comme le porc-épic d’épines — entre autres le Comité Scientifique qui lit dans la cervelle du covid — qui augurent ce que sera demain ? Ils savent très peu qui vaille la peine d’un arrêt de l’esprit sur eux. Au reste, le savoir n’a pas cessé de changer depuis les millénaires. Il n’y a pas de pensée achevée sur Terre. Si piètre est l’entendement humain qu’il n’est pas encore fichu de savoir ce qu’est la vie et ce qu’est l’homme lui-même, alors que l’entendement du Père-Mère ou de la Vie n’a pas de limite ; il EST. L’humain cherche, cherche sans cesse (Signe i/15). Seul l’homme intelligent (32/5), encore rare, sait qu’il ne se verra pas sous le microscope et qu’il n’est pas fini. Le Signe enseigne qu’exister n’est pas la même chose qu’être fini. N’existe encore que l’homme relatif.
Il faut comprendre que l’homme lui-même est inachevé ou a volontairement régressé, ce qui revient au même. Il n’est qu’une bête pensante, pécheresse et mortelle, qui généralement sans savoir loge au fond de lui-même l’image et ressemblance du Père, et à laquelle l’invisible âme, quand il s’en crée une, donne un peu (généralement très peu) de divinité. Sa très brève chair une fois morte, son âme errera longtemps dans l’espace infini (Signe vi/1-4) attendant le Jour où il se relèvera (31/8-11) en une humanité transfigurée.
La finitude commence seulement sur Terre, mais l’Univers est resté ouvert aux âmes.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2020 — Tous droits réservés


Sur l’inséparabilité de l’homme et de Dieu
Nous sommes appelés — et nous avons accepté l'Appel — à reconstruire sur les ruines du monde la cité de Dieu. Dans son œuvre énorme "La Cité de Dieu", écrite en vingt-deux livres de 413 à 426, Augustin d'Hippone (le st-Augustin de l'Église Catholique) avait envisagé deux cités : Une cité terrestre et une cité céleste. On retrouve la même chose chez Dante. C'est quelque chose de très caractéristique de la religion que la séparation de Dieu et de l'homme, du Créateur et de la créature. Rien ne permet dans Le Signe de penser que le Père envisage de vivre séparément de l'homme. L'homme est Son Enfant (13/5). D'ailleurs l'Église elle-même se contredit en appelant Dieu Jésus le prophète que la puissance politique martyrise et tue sur la croix ! Elle unit théologiquement le Créateur et la créature qu'ensuite au cours des siècles elle va considérer séparément : Dieu d'un côté, Jésus de l'autre.
Or, il est clair, tout au contraire, dans tout le texte et le contexte du Signe que le Père attend l'homme non dans le sein d'Abraham, comme dit la Bible, mais dans son propre Sein ; le Père n'envisage rien d'autre que la réunion de l'homme à la Vie. Jésus qui est venu me parler en 1974 n'est pas Dieu, mais parle pour Dieu, et c'est si saisissant que par moments on ne sait pas si la première personne "Je" est le Père ou le prophète. Les premiers théologiens du christianisme ont eu cette juste intuition de l'unisson du Créateur et de la créature et nous Pèlerins d'Arès savons qu'en chaque homme, même en la pire racaille, est Dieu. Quand j'étais missionnaire de rue et qu'on m'apostrophait : "Mais Dieu qu'est-ce que c'est ? Qui C'est ? Où est-il ?" il m'arrivait de répondre à l'apostropheur : "Dieu ? C'est toi !" et l'autre, le plus souvent, restait coi quelques instants, me fixait comme sans comprendre, puis s'enfuyait. Le drame de l'Église, c'est qu'elle n'en est pas restée là ; elle a inventé la trinité et séparé Dieu de l'homme. Il nous faut les rapprocher, les jeter dans les bras l'un de l'Autre. Séparation veut dire matérialisation.
Dans la finitude, il n'y a pas matérialisation ; il y a le mystère de l'Un : Sois Un dans toi (Signe xxiv/1). [224C1*13/11/2020]
Sur le petit reste
Le petit reste n'est pas constitué de frères et sœurs parfaits, de pénitents-moissonneurs de rêve, mais de frères et sœurs dévoués, d'un dévouement constant. Je peux compter sur eux. C'est ça la définition du petit reste : être un laboratoire, mais non encore un monde parfait, parce que c'est impossible rapidement, parce que le Père seul est hors du temps, mais nous nous sommes dans le temps (Signe 12/6). Mes frères et sœurs du petit reste ont leurs caractères, leurs natures, leurs âges différents, leurs vies plus ou moins faciles ou difficiles, leurs tribulations personnelles qui peuvent les rendre parfois rudes ou absents ; ils sont confrontés à un monde dur face auquel il leur faut parfois être durs pour ne pas se laisser dépasser ou dévorer, surtout dans cette génération, bref, ce sont des pécheurs. Je suis moi-même un pécheur. Ce monde est fait de pécheurs, mais en deux catégories, les pécheurs qui aspirent au Bien — c'est nous — et les pécheurs pour qui le Mal est fatal et qui s'y laissent enfermer. Nous Pèlerins d'Arès sommes en effort constant de pénitence et de moisson, mais nous savons que chacune de nos vies trop courtes ne suffira pas pour devenir un(e) pénitent(e) et apôtre de rêve, mais nous savons que les générations qui suivent seront des pénitents et moissonneurs meilleurs que nous, et toujours meilleurs de génération en génération. Quatre générations ne suffiront pas (24/2). L'Œuvre à laquelle nous nous dévouons ne peut pas être accomplie (35/6) en une vie d'homme ; il lui faudra un nombre indéfini de vies d'homme. La Vie (24-3-5) est la composition d'un très grand nombre de vies.
Sur l’assemblée et les imperfections de ses membres
Les frères et sœurs qui ne sont pas dans les assemblées critiquent celles-ci. Quand ils sont d'actifs et constants pénitents et moissonneurs dans une assemblée ils connaissent les difficultés de la vie communautaire dans laquelle les humains les plus sensibles sont souvent perturbés. Alors, ils ont compris que le monde est difficile partout, partout où il y a des hommes, et que c'est précisément la raison pour laquelle sont descendus vers le monde les Appels de 1974 et 1977, avec cette différence cependant : Dans l'assemblée l'humain n'est pas idéal, mais il est en effort de devenir meilleur, sachant que tout effort demande du temps. Alors, dans l'action constante de recherche du Bien, la question est disséminée en mille morceaux dans le quotidien, elle est confiée à la foi, à l'effort, à l'espérance, elle est offerte à la patience, à l'intelligence et à l'amour. Le Bien n'existe pas encore, sa construction commence seulement.
[224C2*14/11/2020]
Sur l’âme qui naît et évolue ou le travail de finitude
Dans "Sagesse et destinée" Maurice Mæterlinck a écrit :"Si l'être que j'aime le plus au monde venait me demander quel choix il lui faut faire, et quel refuge est le plus profond, le plus inattaquable et le plus doux, je lui dirais d'abriter sa destinée dans le refuge de l'âme qui s'améliore." L'âme qui naît de la pénitence et "qui s'améliore", c'est le travail de finitude. C'est la seule réalité, quand elle existe, qui nous relie à l'Omniscience dont parle le Coran.
On peut voir le soleil de bien diverses façons. On peut le voir très chichement comme je le voyais quand j'étais marin en des temps où le GPS n'existait pas : un cercle jaune à travers les filtres du sextant le matin à l'heure de la droite de hauteur, quand le temps le permettait. On peut le voir peut-être un peu moins chichement comme l'astrophysicien à travers des instruments aujourd'hui très perfectionnés. On peut le voir aussi enchantant, avec les yeux de l'âme ! Il s'agit de soleils très différents.
Vous, vous avez vu le soleil à Arès avec les yeux de l'âme* et alors il s'est pour vous développer sur le firmament en bâton de lumière comme celui à travers lequel le Père me parla à l'automne 1977. Il y a quantités de soleils dans l'Univers infini, des petits, des gros, d'énormes, mais ils sont tous eux aussi Enfants du Père ou de la Vie. Les nombres, les distances et les grosseurs ne sont plus que des vues de l'Esprit dans l'Univers. Ce qui revient à dire qu'il n'existe dans l'Univers qu'un seul soleil, comme il n'existe qu'une seule Lumière.
L'âme est une structure spirituelle ; elle n'a ni forme, ni dimension, ni peau, c'est pourquoi on ne la perçoit d'aucune manière. Une structure au sens le plus large possible, si large qu'elle ne peut se voir, puisqu'elle est apparentée à l'Univers. Elle unit nombre de réalités, qui se résument en une seule chose : la Vie, une infinité de plans différents de Vérité. C'est dans notre esprit humain si rikiki et médiocre l'inattendu, cet impromptu, qui produit un effet si attachant, si intéressant aussi, et qui nous permet d'avoir un aperçu, certes très vague, mais aperçu quand même, de ce qui nous attend au-delà de la mort charnelle. Penser, c'est toujours interpréter, essayer de voir, ce n'est jamais capter le réel. La pensée du cerveau charnel, la nôtre actuelle, n'a pas plus de signification explicite que d'idées nettes ; ce n'est que pensée. C'est notre misère de pécheur. Dire d'un homme qu'il est idiot n'a aucun sens, on peut tout juste dire qu'on est peut-être moins idiot que lui. C'est pourquoi l'image du soleil que vous m'avez envoyée* m'émerveille, parce que je me sens bête et incapable devant sa puissance... la Puissance.
*Frère Michel évoque ici l’auteur des photos qui illustrent cette entrée 224
[224C3*14/11/2020]
Sur la finitude comme unicité retrouvée avec Dieu et avec l’humanité
On se construit dans la pénitence et donc dans nos relations avec le prochain, l'autre, l'humain qui est notre famille ontologique, dans l'amour, le pardon, la paix, qui n'existent que s'il existe quelqu'un à aimer, à pardonner, avec qui faire la paix. On ne peut pas "se construire seul", parce que notre vie est une vie de société, pas seulement de société avec les hommes vivants, mais aussi avec les hommes morts et avec la Vie — Je suis la Vie — qui les unit tous. L'ermite seul sur sa montagne ne se construit pas idéalement, parce qu'il ne se construit qu'avec Dieu. On ne se construit au sens plein qu'en se reliant aux autres autant qu'au Tout Autre. On ne fait qu'Un avec Dieu mais aussi on ne fait qu'Un avec l'humanité. C'est le fond, le terrain même de notre mission : Unir, et unir impose qu'il y ait un Être et beaucoup d'êtres à unir entre eux. On ne se construit pas seul. Même le méchant contribue à ma construction personnelle, parce qu'il me faut l'aimer, le pardonner, et que cet effort, qu'on appelle pénitence, est un travail de soudure, de rivetage entre éléments d'un même Dessein. La finitude, c'est la construction d'un énorme navire, fait d'une infinité d'éléments, pour voguer, enfin heureux un jour... un Jour, dans l'Univers infini. [224C4*14/11/2020]
Sur Dieu, qui n'est pas plus un mystère qu'un Être représentable
Je ne crois pas que Dieu soit une personne. La personne, c'est l'être individuel en tant qu'il possède conscience, unité, continuité de la vie mentale et sentimentale, liberté et, sur le plan éthique (personne morale) la capacité de choisir et de "se déterminer par des motifs dont il puisse justifier la valeur devant d'autres êtres," comme disait Lalande. Dieu n'est pas cela. Il est un don continuel et total de Lui-même, Il est la Vie, l'Amour mais dans un sens diffus et universel tel qu'on ne peut que le déterminer hors toute classe, incompréhensible pour nos petites cervelles de pécheurs revenus à l'animalité. Notre pénitence consiste justement à se rapprocher de Lui dans son universalité qui ne se conçoit que dans l'amour. Dieu est Autre Chose, le Tout Autre. En faire une personne c'est une fois de plus dans l'Histoire en faire un Dieu au sens religieux comme dans la Bible, le Coran, etc., où Dieu est une sorte de réplique de Jupiter, sauf qu'il est unique (d'où le monothéisme). Dieu est infiniment plus que cela ; Il est la Puissance, la Sainteté et la Lumière diffuses, etc. Il est autant en nous qu'en dehors de nous. Il n'est pas localisable, tout le contraire d'une personne. Oui, Il tient la main de l'homme, mais dans Son Amour Il ne peut qu'utiliser le langage de l'émotion humaine ; c'est sa capacité de kénose, de dépouillement qu'aucune personne, même le jars, même Jésus, n'a à ce point absolu. Il n'a de Main que symbolique et il est clairement au-delà de l'émotion, Il est Don de Lui-même à tous et à tout. Au reste, ce n'est pas de savoir ce qu'est Dieu qui sauve, mais la pénitence. Avoir une autre opinion que la mienne sur ce point est sans importance, parce que de toute façon nous sommes hors Vérité, nous sommes tout au plus dans le Vrai.
Le Dieu Qui m'a visité est le Dieu du Sinaï qui parle à Moïse longtemps après que les hommes eurent abandonné le Dessein initial et furent tombés dans le péché ; le Dieu du Ciel au nom imprononçable, Yahwèh, que nos frères juifs ne nomment jamais. Celui Qui redescend sur Terre lors de l'Exode avec le Décalogue gravé sur une table de pierre (les Dix Commandements) qu'Il remet à Moïse. Celui qui dit : Soyez saints comme Je suis Saint (Lévitique 19/2), le Père dont Jésus dit : Vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait (Matthieu 5/48), autrement dit : "Faites pénitence pour redevenir mon image parfaite," pénitence que nous rappelle Le Signe. C'est le Créateur, Père de l'homme, son Enfant (Signe 13/5), Celui Qui accompagne l'Enfant devenu librement enfant vil et terrible (2/1-5), Qui se fait son infatigable compagnon de route pour le ramener au Dessein idéal du départ. Autrement dit, la Création ne cesse pas (xxii/12), mais est comme suspendue, elle tourne en rond attendant que le co-créateur, l'homme, abandonne la prison du péché et reprenne sa place comme agent du Bien dynamique. Mais la religion a fait de Dieu un mystère. Aucun mystère n'étant professable ou catéchisable, la religion a fait de Dieu un personnage ou une personne certes multifacette mais rencontrable dans des rites, dans des sacrements, des prières, etc., bref, Quelqu'un de pas trop étranger à l'homme. Ce rapprochement a toujours eu pour résultat que l'homme voit en Dieu une sorte de roi, juge, rédempteur géant sous de nombreuses représentations selon les religions.
Or, Dieu n'est pas plus un mystère qu'un Être représentable. Sa nature est totalement incompréhensible pour l'actuelle cervelle humaine minée par le péché. Il est Sainteté, Puissance et Lumière, qui ne sont pas des énergies discernables (Signe 12/4), tout simplement inaccessible à notre état d'animalité certes capable de métaphysique mais de façon très limitée. Notre animalité garde cependant au fond d'elle, même au fond du pire des humains, trace de l'image et ressemblance que la Bible dit que nous sommes de Lui (Genèse 1/26). Toute dimension, toute forme, toute caractéristique d'ordre physico-chimique est absente de Dieu. Il est les Sainteté, Puissance et Lumière diffuses, étalées à l'infini de l'espace sans limites à l'atome au fond de nous — l'Étalé dit Le Signe (ii/4) —. Quand Le Signe dit qu'il est simplement la Vie, elle use de sagesse, parce que l'immensité et la Force sans limites échappent à toute possibilité de description par le langage humain. Autrement dit, quand je dis : "Avant 1977 j'avais une certaine idée de Dieu, mais depuis 1977 je ne sais plus ce qu'est Dieu," je parle avec la plus grande probité possible. À mes frères qui me demandent comment je prie, je réponds : "J'use d'abord d'honnêteté. J'ignore complètement si Dieu m'écoute. Alors je m'adresse à moi-même parce que je sais qu'au fond de moi pétille une petite étincelle de mon Créateur. C'est ce qui fait que la pire canaille ou le plus insensé des hommes est Dieu, d'une certaine façon, sans le savoir. [224C5*15/11/2020]
Sur la finitude au sens dynamique
Le mot finitude a un sens statique : l'état de ce qui est fini, mais il a aussi des sens dynamiques chez certains philosophes comme Sartre, souvent des existentialistes, parce que l'existentialisme n'est pas un état, mais une projection : incliner sa vie à une existence déterminée, qui dans l'état actuel des choses n'est jamais atteinte. Donc, bien des penseurs grands ou petits (dont je suis, mais tout petit, un pensetteur avec des pensettes) ont repris le mot au sens dynamique ou lui ont redonné le sens de finition inachevée, de finition en cours, quoique sans alternative, le sens de quelque chose qui est fini dans son principe, parce qu'il n'y a rien d'autre d'actif au-delà, comme la pénitence, mais dont le processus d'achèvement est interminable dans tous les sens du qualificatif, soit inévitablement très long, soit impossible à terminer.
Je vois toujours le mot finitude comme antonyme d'éternité. Pour moi l'éternité est quelque chose de plus ou moins immobile ; pas la finitude. La finitude est ce qui finit et non forcément de ce qui est fini, et donc par extension l'action (aussi variée soit-elle) de finir. Je n'ignore pas que finitude garde le sens de butoir, celui de la chose finie, en cela que le but visé n'a pas d'alternative bien que non atteint. J'ai beaucoup hésité à choisir ce mot, mais je l'ai finalement adopté parce qu'il m'a justement paru typique de la difficulté du parler humain contraint d'appliquer un glissement constant à certains sens, faute de vocabulaire plus approprié ou plus riche : Pauvreté de la langue ! Nous Pèlerins d'Arès possédons la finitude par la Parole d'Arès, mais quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) à finir la Création, parce que cela implique de stopper le Mal, et donc cela implique une durée active. Autrement dit, nous sommes bien dans la finitude, mais rien n'est fini.
Sartre a parlé de "morale de la finitude." Il a construit une éthique de la finitude pour répondre à la question : Comment vivre la liberté du Pour-Soi, cet être qui est ce qu'il n'est pas et qui n'est pas ce qu'il est, et donc se définit comme l'ouverture aux possibles ? Le Pour-Soi doit intérioriser sa finitude, il a à être fini, mais pour être fini il doit procéder à la finition, ce qui peut durer, durer, durer... [224C6*16/11/2020]
Su la finitude comme accomplissement final
J'ai pris le mot finitude, parce qu'il n'existe pas dans notre langue de mot pour dire ce que je voudrais dire, à savoir un accomplissement final, qui n'est pas la fin, puisqu'il est encore qu'accomplissement (Signe 35/6), mais qui est final en cela qu'il est la seul accomplissement qui puisse nous mener à la fin que nous recherchons.
Mais après tout j'ergote, je pinaille, je ratiocine, je chinoise, puisque l'accomplissement final, donc la finitude, importe peu dès lors que nous devenons pénitents. C'est dans la pénitence qu'est caché le Salut. [224C78*11/12/2020]
Sur le sens mobile, large de la finitude
Ce mot finitude est un de ces mots que j'appelle "mobiles" ou "vastes" qui offrent à la pensée un grand champ de possibilités.
C'est pour moi l'occasion de citer quelques lignes de Frédéric Nietzsche que voici, que je viens de retrouver dans "Le voyageur et son ombre" : "Les mots et les concepts nous induisent continuellement à penser les choses plus simples qu'elles ne sont, séparées les unes des autres, indivisibles, chacune étant en soi et pour soi. Il y a, cachée dans le langage, une mythologie philosophique qui perce et reperce à tous moments, si prudent que l'on soit par ailleurs."
Il m'arrive assez souvent de rencontrer des personnes ou de recevoir des lettres qui disent qu'elles sont attirées par Le Signe, mais qu'elles ont fini par avoir peur de tout, par ne plus savoir dans quelle direction aller, quoi faire et quoi ne pas faire. Je ressens bien le déchirement qui s’opère dans l'humanité au milieu des mensonges en foule qui les bousculent depuis longtemps et qui rendent les gens inopérants, donc plus vulnérables aux lois parce que là elles n'ont pas de choix à faire ; les lois s'imposent, soit vous obéissez à la loi, soit vous allez en prison. Effrayant mais vrai. Il y a l'impérieuse nécessité d’une véritable réhabilitation de la confiance, de la vaillance, de l'insurgeance (orthographe que j'ai inventée pour la distinguer de l'insurgence comme vulgaire révolution). C'est peut-être ici que le mot finitude, qui rime avec incertitude, a vraiment sa place. Nous opérons un travail final, nous avons une finitude donnée par Le Signe, mais qui va stagner des générations, parce qu'il faut reconquérir les cœurs. Nous vivons dans un monde menacé par ses tensions internes autant que par les ruptures d’une société instable et dangereuse. Nous rencontrons des femmes et des hommes entre angoisse et envie de s’en sortir, mais tous incertains de la direction à prendre. C'est une des causes de l'énorme difficulté de la mission. Les hommes arrivent à un point de bascule ; il faut qu'ils retrouvent leur courage et décident. La finitude n'existera qu'avec le courage, en fait, mais elle n'est encore qu'un mot. Le courage actif, créatif, c'est le moteur de la finitude qui pétarade, tombe en panne, repart, repétarade, retombe en panne, se répare, redémarre, retombe en carafe, etc., une finitude qui existe comme vérité finale, définitive, mais inaccomplie et qui glisse, glisse et va continuer de glisser longtemps encore. Je cherche sans cesse les moyens de nous réconcilier, au-delà de nos différences, sur le chemin de l’unité et de l’espérance, bref de la foi. Il y a urgence et pourtant quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2). [224C8*16/11/2020]
Sur la langue allégorique du Livre
La langue allégorique, symbolique, parabolique du Livre, deuxième partie du Signe (le Message Théophanique), projette quelquefois l'esprit dans des pensées qui dépassent les possibilités du langage humain et plonge dans le seul moyen de la rhétorique : La métaphore, l'hyperbole, la litote, la prétérition, l'antithèse, l'oxymore, l'asyndète ou le polysyndète, le zeugma, etc. etc. Mais tout cela n'est pas toujours clair. Le Message Théophanique est plein de tout cela.
[224C7*16/11/2020]
Sur la fraternité dans l’assemblée, une aventure plurielle
Je suis ému de m'entendre dire que j'ai réussi à permettre à une petite part de l'humanité, les Pèlerins d'Arès, de surnager dans l'océan infini qu'est la Vie. J'ai réussi à rassembler une fraternité d'humains, hommes et femmes, qui normalement ne se seraient jamais connus. Puisque c'est l'amour qui doit triompher, il est évident que cela commence par la fraternité. La fraternité c'est une aventure plurielle, mais qui au lieu de se vivre par exemple dans le cadre d'une famille, se vit dans le cadre d'une équipe spontanée, en l'occurrence d'une équipe qui se propose de réveiller dans le monde l'amour du prochain, le pardon des offenses, la paix, l'intelligence spirituelle et la liberté. Aucune action de l'ampleur de celle que le Père nous demande d'avoir, aucune finitude au sens que je donne à ce mot, ne peut se faire sans fraternité. Soyez une fraternité solide et solidaire dans la grande diversité qui est la vôtre, qui ne doit pas être un inconvénient, mais une richesse. Camus a écrit, je ne sais plus où, quelque chose comme : "Aucune vérité ne peut se réaliser si elle n'est pas atteinte à travers les êtres. Je ne crois pas à la solitude." Ne soyez jamais isolés et n'isolez jamais personne.
[224C9*16/11/2020]
Sur le meurtre, forme parmi d’autres de l’inéluctable mort
Dans "La table servie" du Coran, sourate 5, il y a un long passage qui a pour objet le crime de Caïn, mais où l'on ne trouve pas de précepte aussi direct et simple que le : Tu ne tueras pas de l'Exode 20/13. C'est dans le Coran un passage compliqué, et même par endroits curieusement similaire au Talmud juif, où il est dit (verset 35 ou 32 selon les versions) : Quiconque tuerait une personne sans ce que celle-ci ait tué ou répandu le scandale sur terre [serait jugé] comme s'il avait tué tous les hommes en totalité. Quiconque ferait revivre une personne [serait jugé] comme s'il avait fait revivre tous les hommes sur terre (traduction de Régis Blachère).
J'ai pour ma part toujours beaucoup médité sur la question du meurtre dans l'Écriture. Cette question m'a beaucoup intrigué après que j'eus reçu Le Signe, parce que celle-ci parle de la mort de façon dédramatisée, comme d'un aboutissement inévitable de la vie pécheresse. Puisque tous les hommes sont pécheurs et promis tôt ou tard à la mort, un meurtre n'est après tout qu'une forme de la mort inéluctable, fatidique, incontournable, qu'elle survienne d'une façon ou d'une autre, et je trouve étrange que l'on fasse tant de cas d'un fait aussi inexorable. Or, les hommes traitent la mort comme s'il s'agissait de l'irréparable forfait consistant à faire disparaître un ou une immortel(le). Certes, le meurtre raccourcit une vie qui aurait encore à faire pour nourrir les siens, pour mener ses affaires, etc., mais la mort en elle-même, la belle affaire ! Tout le monde ne meurt-il pas ? De là le logique pardon qu'accorde au meurtrier l'homme de bien.
[224C10*16/11/2020]
Sur l’empire Inca et sa reconnaissance de populations hétérogènes
J'ai écouté avec étonnement et allégresse le discours d'investiture du vice-président de Bolivie M. David Choquehuanca, un inca authentique fier de représenter sa famille humaine et d'en fêter sa résurrection politique. Je profite de l'occasion pour rappeler que la civilisation inca est une civilisation du groupe andin qui s'était développée le long du Pacifique en Amérique du Sud longtemps avant l'arrivée des conquérants espagnols. À son apogée, elle s'étendait de la Colombie jusqu'à l'Argentine et au Chili, en couvrant la plus grande partie des territoires actuels de l'Équateur, du Pérou et près de la moitié Ouest de la Bolivie. L'une des grandes singularités de l'empire inca fut d'avoir intégré dans une organisation étatique originale unique la multiplicité des populations hétérogènes qui le composaient.
L'empire Inca regroupait de nombreux peuples culturellement très différents et plus de sept-cents langues étaient parlées sur son territoire ; ils avaient cependant une langue véhiculaire ou lingua franca, le quechua, dont certaines formes sont encore parlées de nos jours. La langue officielle de l'empire inca était l'aymara encore parlé en Bolivie. Le vice-président David Choquehuanca prononce son discours en espagnol, semble-t-il.
L'article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme : "Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance" se dit en aymara : "Janiw k'umiñas, ñanqachañas, ch 'inanchañas utjkaspati jaqen kankañapjhata, utapjhata, qellqasitapjhata. Taqe maynir arjhatañatakiw kamachit jach'a arunakas qellqanakas utji." C'est une langue agglutinante d'une extrême difficulté pour quiconque n'est pas né sur ce sol. Il se trouve qu'il fut une époque de ma vie où je m'intéressais beaucoup à la linguistique et notamment aux langues agglutinantes amérindiennes. [224C12*16/11/2020]
Sur les difficultés de notre mission à susciter le réveil de ce monde
Je ne comprends pas très bien qu'avec un tel élan de foi votre mission n'augmente pas en nombre. Voilà des années que je ne vois aucun visage nouveau dans votre région et cette apparente stérilité devient pour moi un mystère. Il faut peut-être que vous descendiez de votre niveau poétique, que vous atténuiez votre souffle pour vous mettre à la portée de personnes beaucoup plus prosaïques. Vous avez un très beau local, bien placé, qui a été aménagé de très belle façon et les néophytes devraient s'y plaire. Mais bon ! je connais mal votre problème. Il doit y avoir à cette infécondité une raison qui m'échappe.
Si Jésus revenait dans votre ville, qu'y ferait-il ? Il y a peut-être une voix que n'entend pas celui qui vous écoute, la voix du cœur... Peut-être avez-vous trop intellectualisé ou trop poétisé votre discours missionnaire ou peut-être êtes-vous de trop rares apôtres ? Peut-être manque-t-il le langage simple de Socrate sous le beffroi ? Que fautil pour changer l'axe de la pensée et inciter les personnes à venir vous voir de plus près ? Ce sont des questions que je me pose. Socrate appelait à changer le genre de vie que nous vivons, à cultiver le souci de devenir meilleurs, à cerner la vie de Bien et à s'y engager. Il ne parlait pas lyriquement de l'Olympe. Il exhortait simplement à être juste, à aimer son prochain, à changer les rapports humains. Nous vivons un monde de leurre, d'artifice, de consommation excessive à usage imaginaire et nous oublions l'essentiel : la rapidité de l'existence, le temps si court que nous avons pour rendre ce monde heureux ! Je sais que beaucoup des sujets qui nous préoccupent glissent sur les pensées du public sans y pénétrer, mais quand même pas tout le temps, pas sans cesse ; il y a quand même des moments, même rares, où des âmes potentielles réagissent positivement. Il faut revoir notre façon de faire avec beaucoup, beaucoup d'humilité, de clairvoyance. [224C16*16/11/2020]
Sur l’absence d’amour du discours politique
Ce que nous vivons à travers l’épidémie du covid n'est qu'un petit incident sanitaire, qui certes aura fait que la vie de certains, pas nombreux, soit un peu raccourcie, mais qui ne sera bientôt plus qu'un pet de coucou — plus léger, je pense, qu'un pet de lapin — dispersé et disparu dans l'espace. Les risques de la dislocation socio-économique qui commence à se faire jour sont infiniment plus grands que les risques du covid, que personne ne nie, mais dont on connaît à peu près les limites, tandis que les dégâts d'un effondrement économique seront beaucoup plus grands. M. Lemaire, ministre des Finances, vient de prévenir M. Castex qu'il ne répond plus de rien si l'économie et la liberté ne sont pas remises en marche le 27 novembre. Que fera M. Castex ? Que fera M. Macron, qu'on n'entend plus ? Dans quelle bulle vivent ces deux hommes-là ? Une nation est une entité extrêmement complexe où la médecine n'est pas, loin de là, la seule chose dont il faille s'inquiéter.
Il y a dans ce pays un très gros problème : le problème de l'amour. Comment refaire l'unité d'un groupe humain sans amour ? Ces gouvernants, qui ont fait (tout le monde l'a remarqué) totalement disparaître de leurs discours le mot amour, ne voient-ils pas que c'est un problème extrêmement urgent ? Il n'est pas possible de réussir une entreprise humaine, quelle qu'elle soit, sans s'arrêter, à quelque point de l'Histoire, à la question de l'amour entre les hommes, amour indissociable de la liberté, comme une question fondamentale qui reste encore à définir depuis des millénaires et qu'il faudra bien finir par accepter. N'est-ce pas la raison fondamentale de l'Intervention du Père à Arès en 1974-1977 ? Nous sommes donc, nous Pèlerins d'Arès, en première ligne de ce combat pour l'amour. Les puissants doivent enfin reconnaître qu'il y a là un problème capital et comprendre que ce ne sont ni les idéologies, ni les discours, ni les lois, ni les dogmes qui donnent l'amour, mais le cœur. Le discours politique doit changer complètement de registre, sortir de son rationalisme laïc, pour commencer. Ensuite, la politique — ce qu'on appelle politique dans le langage commun — doit disparaître, les petites unités humaines (qui existent en puissance) doivent reprendre leur souveraineté, parce que l'amour ne peut se développer entre les hommes qu'à petite échelle pour commencer.
Le Père m'a choisi pour prophète, j'ai donc depuis quarante-six ans énormément réfléchis à cette question, je suis sûr de ne pas me tromper. Il y a un absolu de l'amour, il ne peut que commencer par petites groupes humains ; il nous faut absolument aider le monde à le retrouver. Sans amour la vie de l'humanité n'est que vanité, argent, envie... ou malheur. Je me souviens d'une note que Camus avait écrite dans ses "Carnets" et qui disait quelque chose comme : "Quand il n'y a plus d'amour, il ne reste que le tragique." Le tragique c'est ce que nous vivons en ce moment. Toujours sous la plume de Camus, qui (il faut s'en souvenir) n'avait pas de religion, il y a ces mots, que j'ai retrouvés dans un texte didactique : "Il n'y a dans ce monde qu'un seul amour. Étreindre dans ses bras le corps d'une femme, c'est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer." Oui, même dans l'acte isolé de l'amant serrant l'amante on trouve l'infinie force de l'amour universel. Mais pourquoi les gouvernants, qui veulent toujours faire sérieux, pensent-ils qu'ils se diminueraient en reprenant ce langage de l'absolu ? [224C17*17/11/2020]
Sur le devoir de sortir ce monde de tout dogmatisme
C'est par un mauvais choix que le libre Adam a déclenché l'horloge du temps. Depuis, c'est ce destin funeste que l'humanité subit en perpétuant le péché, sans savoir qu'une autre vie est possible : la Vie !" C'est par empirisme que "l'humain perpétue le péché sans savoir qu'une autre vie est possible : la Vie." L'empirisme, c'est l'affaire d'un philosophe écossais bien connu du XVIIIe siècle : David Hume (prononcer h'youme). Pour Hume — qui n'est pas un philosophe que je connaisse bien, je l'avoue — les habitudes d'existence, de relations humaines, la psychologie ne sont pas des sciences, mais des formes de croyance parmi d'autres ; elles pourraient changer... De là chez Hume un scepticisme qui provient du fait qu'il ne croit pas qu'on puisse avoir la certitude absolue de rien. Hume a conduit à une façon d'observer le monde qu'on peut dire déconstructionniste ; autrement dit, Hume pense que ce qu'on appelle science n'est pas fondé sur du factuel, mais sur une façon de voir devenue la conviction que ça ne peut pas être autre, alors qu'on n'a aucune preuve que ça ne peut pas être autre. Un autre philosophe, allemand celui-là, Emmanuel Kant, dira que Hume l'a sorti de son dogmatisme. Aussi nous Pèlerins d'Arès devons-nous aussi sortir le monde de son dogmatisme. On devine aisément que ça ne peut pas être une promenade, mais un travail de fond très difficile... De là la certitude que quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2). [224C18*18/11/2020]
Sur le relativisme comme remède au dogmatisme
La Vérité en sa totalité n'est pas accessible aux hommes de cette génération. Seule le Vrai, réalité relative, leur est accessible. Il n'est donc pas très grave d'être relativiste pour l'homme relatif que nous sommes... relatif au Dessein initial. De ce fait le relativisme est le remède du dogmatisme. Nous devons à Einstein d'avoir démontré la relativité des vérités newtoniennes et démoli le dogmatisme scientifique de son temps. La religion, elle, est terriblement dogmatique, quelle qu'elle soit. L'islam, lui, quand je lui parle de ses dogmes, me répond fièrement : "Nous n'avons pas de dogmes". Je lui réponds : "Mais si. À preuve, les crimes qu’il commet en leur nom au cri d'Allahou Akbar !" La religion a donc une sainte horreur du relativisme. Nous, Pèlerins d'Arès, sommes relativistes en ceci que l'énonciation de ce qu'on croit être la Vérité ou la foi en la Vérité n'est pas ce qui conditionne notre salut. Ce qui conditionne notre salut est uniquement ce qui est à notre portée : la pénitence, qui est le fait d'aimer son prochain, de pardonner les offenses, de faire la paix, de chercher l'intelligence du cœur et d'être libre de tous préjugés. [224C22*18/11/2020]
Sur Emmanuel Swedenborg, mathématicien, physicien devenu chercheur spirituel
Emmanuel Swedenborg est quelqu'un que j'ai découvert tardivement, dans les années 80. Il a probablement rencontré le Père, la Vie, d'une façon différente, moins directe que la mienne en 1977, mais sûrement authentique. À Boston j'ai rendu visite à l'Église Swedenborgienne (Swedenborgian Church of North America), dite aussi Église de la Nouvelle Jérusalem, mais on m'y a reçu avec méfiance. Une Américaine, dont j'ai oublié le nom, m'a quand même adressé plus tard à Arès un "Compendium of Swedenborg's Theological Writings" (Abrégé d'Écrits Théologiques de Swedenbborg), que j'ai toujours dans ma bibliothèque, mais nos relations se sont limitées à cela, parce qu'ils ont tout de suite compris que je ne cherchais pas à devenir membre de leur Église, mais au contraire à apporter un supplément de Lumière à leur Église. Qui avait été Swendenborg ? Un Suédois mathématicien, physicien, qui en 1741, à l'âge de 53 ans, commença à sentir des points lumineux se projeter sur sa rétine et à prêter attention aux rêves qu'il faisait. Il nota ses expériences et ses rêves dans son Drömmar (Rêves) entre 1743 et 1744 et dans son Diarium Spirituale à partir de 1747. En 1743, il fit cette confidence à son ami, le Dr Hartley : "J'ai été appelé à une fonction sacrée par le Seigneur lui-même (de qui parlait-il ? de Dieu ou de Jésus ?), qui s'est manifesté en personne devant moi son serviteur. Alors il m'a ouvert la vue pour que je voie dans le monde spirituel. Il m'a accordé de parler avec les esprits et les anges..." À 56 ans, il abandonna ses travaux scientifiques pour se consacrer entièrement à la recherche spirituelle et à faire découvrir au public une spiritualité rationnelle basée sur ses visions de l'au-delà, mais largement émancipatrice, si l'on considère l'étroitesse dogmatique de son époque. C'est son très grand mérite. Il se mit à étudier l'hébreu à 57 ans. En 1744, il a de nouveau une vision à Londres. Revenu à Stockholm il écrivit au roi pour démissionner de ses fonctions au Collège des Mines et se consacrer entièrement à la vie spirituelle. De 1749 à 1756, il publia les huit premiers volumes de ses "Arcanes Célestes", sans nom d'auteur, d'éditeur, ni de ville, puis "Le jugement dernier, De coelo et ejus mirabilibus et de inferno, ex auditis et visis (Du ciel et de ses merveilles et de l'enfer)", "Du cheval blanc de l'Apocalypse", "Des terres dans notre monde solaire" et "De la Nouvelle Jérusalem". En 1759, il quitta Londres et rentra définitivement en Suède. Son enseignement repose principalement sur le principe des correspondances entre le monde spirituel et le monde matériel, ce qui ne peut, bien sûr, qu'attirer l'attention d'un Pèlerin d'Arès. Il considérait que le monde spirituel et monde naturel s'interpénétraient au point que toute frontière entre les deux est fluide et incertaine — on retrouve ici le thème de l'image et ressemblance —. Pour lui le Ciel et l'Enfer n'étaient pas une récompense ou une punition, mais des états librement choisis, ce qui n'est pas faux si l'on réfléchit à Adam tel que la Parole d'Arès en parle. Swedenborg voyait le Ciel comme le lieu idéal de travail, d'altruisme, d'empathie, tandis qu'il voyait l'Enfer comme le règne de l'individualisme, de la haine, de la méfiance, de la poursuite du pouvoir. Les échanges entre les anges et les esprits déterminaient, selon lui, les plus petits faits de notre vie. Notons que pour Swedenborg l'amour, tant spirituel que physique, occupait une place prépondérante dans la vie humaine : "L’amour conjugal intime permet seul de connaître l’autre sur le plan de la substance spirituelle, donc sur le plan de l’intériorité, de l’induction psychique. L’amour métaphysique outrepasse de beaucoup l’amour physique, mais le premier n’est donné qu’à ceux et celles qui peuvent établir une union des âmes pour compléter l’union des corps." Balzac développera ce thème dans son roman "Séraphîta". Il y a dans la pensée de Swedenborg un profond altruisme : "Le plaisir céleste résulte de l’accomplissement de quelque chose d’utile pour soi et pour autrui. Toute l’existence des anges consiste, sous une forme ou une autre, à se rendre utile." Sa psychologie se caractérisait par l'accent mis sur les aspects sociaux en même temps que la recherche d’une communication profonde et authentique, et un intérêt pour la croissance du potentiel de chaque individu. Bref, il y a entre l'enseignement de Swedenborg et l'Enseignement du Signe un certain nombre de parentés mais aussi de grandes différences. Je pense que son mérite le plus grand est, à son époque, d'avoir délivré l'Église de sa dogmatique ; par là il forma certainement une étape sur les relations entre le Père et l'Enfant. Il demeure que nous ne sommes pas swedenborgien, nous sommes bien au-delà dans le processus de simplification ou de délivrance du Vrai. [224C19*18/11/2020]
Sur l’épi mur qui s’ignore
Il semble que nous redécouvrions notre famille spirituelle quand vient à nous quelqu'un qu'on pourrait dire lointain et étranger mais qui était seulement derrière le voile que le Mal a tiré entre les hommes pour mieux les dominer. Être redécouvert, qu'est-ce que ça signifie ? Cela signifie qu'on appartenait à une même récolte dont la Moisson sera longue, qu'on était un Enfant du Père en attente, orphelin quelque part, mais qui portait dans son sang, dans son épi (Signe 13/7, 14/1-3, etc.), quoiqu'isolé, la quintessence muette et à peine reconnaissable de la Vie (24/5). La solitude de l'épi au milieu des broussailles (5/4, 31/10) n'est pas fondamentalement solitude, mais attente. Vous voilà redécouvert. Le Pèlerin d'Arès peut être un pèlerin d'Arès qui s'ignorait. [224C21*18/11/2020]
Sur la vigueur et l’énergie particulière de l’apôtre
Si je jouis d'une certaine longévité, ce n'est pas de mon fait, mais du fait du Père qui doit penser que j'ai encore à enseigner. Cet été, en août, je souffris d'une sciatique carabinée — le genre de handicap qui peut arriver à tout âge — qui me causa de grandes difficultés de locomotion. Mon médecin me prescrivit de passer une IRM. Les délais pour l'IRM étant très longs (au plus tôt trois mois) j'ai pu trouver un doctoresse radiologue qui m'a dit qu'un scanner ferait aussi bien l'affaire qu'une IRM. J'ai accepté et elle a effectué presque immédiatement un balayage numérisé de toute la zone concernée de ma colonne vertébrale tout en faisant une image de la colonne entière. Voyant ma colonne vertébrale entière, elle m'a dit : "Vous avez un rachis étonnant pour un homme de 91 ans. On dirait la colonne d'un homme de 65 ans !" Je ne pense pas qu'elle m'ait dit cela pour me flatter. Je suis parfois étonné de garder à mon âge une certaine vigueur, mais je ne crois pas du tout que ce soit moi qu'il faille remercier pour ça. J'ai beaucoup de travail et mon Patron des Nuages, Qui est très exigeant, m'a mis un corset pour me protéger des coups fatals de la vieillesse. Comme je n'ai pas de syndicat pour me protéger des abus du Patron... Bref. Deo gratias !
Le Signe exprime ce que doit être la conscience de tous les hommes, aussi cette Parole n'est-elle lue, donc connue, que si nous (moi le premier) fournissons les efforts nécessaires pour la faire connaître. La tâche est considérable, car contrairement à une philosophie ou une idéologie qui ne concerne que des groupes humains, la Parole d'Arès est pour tous.
Le langage de la philosophie ou de l'idéologie est fait pour l'imagination, l'entendement, la pensée, les penchants d'une certaine catégorie humaine, le langage du Signe est une notion concrète aussi nécessaire à tout humain que l'eau est nécessaire à la soif. Il nous faut développer une vigueur plutôt grande pour la répandre. De plus, la teneur de la Parole d'Arès est un contenu intérieur total ; c'est une Parole qui pénètre l'être tout entier dans toutes les phases de son existence ; on ne peut dire : Je choisis cela et je néglige ceci. Il faut, pour la suivre, la prendre en totalité. Cela demande à l'apôtre une énergie particulière. C'est sans doute pourquoi le Patron des Nuages me dote d'une vigueur particulière. Aussi, même si je ne me sens quand même pas aussi vaillant qu'il y a quelques années, même si ma mémoire n'est plus aussi bonne et me contraint à toujours vérifier ce que je dis, à fouiller les dictionnaires et à chercher des références que j'ai oubliées, j'arrive encore à remplir ma mission. [224C24*18/11/2020]
Sur l’abîme qui menace l’humain : non métaphysique ou spirituel mais physico-bio-chimique
On se trompe sur ce qui menace le monde. Face à nous, Pèlerins d'Arès que préoccupe la menace du péché des péchés (Signe 38/2), dont personne ne parle sauf nous, se fait entendre dans les journaux, les discours, les rapports scientifiques, etc., le tintamarre des experts préoccupés par l'échec des accords sur le désarmement, l'inopérance des accords sur la réduction du réchauffement climatique, la dislocation de la société, la presse et les fausses nouvelles, etc. Mais il n'y a rien là que je trouve anormal ; l'homme a peur depuis des millénaires et ne se sépare de ses armes au cas où, personne n'a conscience que la Terre s'est sans cesse transformée et qu'on n'empêchera jamais les volcans de cracher, la température et la mer de monter ou descendre, la glace de fondre ou de se reformer, la végétation et les animaux de se déplacer, de se modifier, de disparaître, etc., la société humaine d'aller et venir, de se mélanger, etc., bref personne n'empêchera l'intense vie de la Terre. Mais Le Signe dit : Vous pouvez empêcher le pire, le péché des péchés, le règne sans retour de la Bête (Signe 22/14), du Mal, à quoi succèderont soit la disparition de l'humanité, soit l'installation définitive d'un enfer humain sur Terre (relire Orwell).
L'abîme dans lequel l'humain pourrait tragiquement tomber n'est pas métaphysique ou spirituel, mais physico-bio-chimique. Rien ne pourra jamais empêcher les larges fluctuations du système vivant, mouvant et changeant social, culturel, économique, biophysique, parce que la Terre a été créée comme ça et fonctionnera toujours comme ça. L'abîme dans lequel l'humain pourrait tragiquement tomber n'est pas transcendant, métempirique, mais matérialiste. Le changement d'optique auquel nous devons consacrer nos efforts est énorme, c'est vrai, mais la Parole d'Arès nous apporte l'assurance qu'il est possible pour le prix, somme toute très modique, d'un remède simple : la pénitence. Autrement dit, tout actuellement dans le monde s'opère par en bas, parce que prétendent les chefs, le haut n'existe pas, mais nous nous affirmons : Si, il existe, et même il se manifeste et parle, et c'est par le haut qu'il faut aller de l'avant, c'est ce que Le Signe appelle les sentiers vers les Hauteurs (25/4-5). Le sentier, qu'est-ce c'est ? C'est la pénitence.
La plus grande imposture de l'Histoire récente n'est pas d'avoir écarté les croyances, donc les religions, mais d'avoir décrété l'inexistence d'une Puissance créatrice, dont l'évidence est pourtant tellement manifeste à la seule observation de l'Univers, et d'avoir dans le vent soufflant du château de la vie spirituelle, dont le donjon est la foi, construit une muraille grise qui coupe le Souffle. Pire, cette imposture a détruit la foi spirituelle pour installer une autre foi, purement fictive, la foi matérialiste. On a remplacé la transcendance par le profit comme nouvelle religion. Or, la transcendance existe ; on ne fait rien de grand sans transcendance. Anne Dufourmentelle est en 2017 morte à la plage de Ramatuelle dans le Var en se jetant à l'eau pour sauver un enfant qui se noyait ; si ce ne fut pas un geste de pure transcendance, ce fut quoi ? C'était une vraie philosophe. C'est-à-dire que dans ce moment-là elle savait ce que nous Pèlerins d'Arès devons toujours savoir, qu'il n'y a pas de barrière entre vie et mort, entre Terre et Ciel, entre créature et Créateur. Elle s'était gardée, et de très loin, de tomber dans ce qu'au XIXe siècle on appela "la conversion des valeurs". Anne Dufourmentelle n'a pas écrit sans feu intérieur ce beau livre qu'est "Éloge du Risque". Ah ! "la conversion des valeur", on a bien vu au XXème siècle ce qu'elle a produit : deux guerres épouvantables, la révolution russe et les régimes impitoyables de l'Est. Pourtant, cette "doctrine du progrès", dogme de la religion matérialiste — que nous appellerions doctrine du déclin — se poursuit, puisque même les Églises dites chrétiennes en empruntent le vocabulaire. Walter Benjamin écrivit : "Le capitalisme est une religion de pur culte, sans dogme."
Nous ne pourrons détruire cette néo-religion de la productivité, du profit, de l'utilitarisme, de la force et de la raison purement instrumentale, qu'en réveillant le cœur de l'homme. Ce cœur existe chez de nombreux épis mûrs, mais il nous faut le remettre à battre. Ce ne sera vraiment possible à l'échelle efficace que par une dislocation de la société en petites unités souveraines, parce que l'amour ne pourra jamais mieux s'installer au départ que dans des petits groupes humais. Mais de tout cela j'ai déjà parlé. [224C26*19/11/2020]
Sur l’amour dans le couple
Les femmes sont nos compléments délicats qui non seulement doivent être aimées, mais aussi sont avec justesse honorées quand on le leur dit. On n'a pas toujours les moyens ou les commodités pour leur offrir des fleurs, mais on peut se faire troubadour et leur adresser une jolie poésie. La femme aimée est toujours plus ou moins une déesse ; non au sens païen mais au sens romanesque. Notre théogonie amoureuse est aujourd'hui encore peuplée des amours d'Énée et de Didon, de Tristan et Iseut, d'Abélard et Héloïse, de Roméo et Juliette et jusqu'à Anne et Jean-Louis de "Un homme et une femme". Je n'écris pas de poème à mon épouse Christiane, mais il ne se passe pas de jour que je ne lui dise que je l'aime, car je l'aime comme au premier jour et peut-être même davantage, car plus le temps passe, mieux nous nous connaissons, plus nous nous aimons. Mais je crois que le secret de la durée dans ce conte merveilleux qu'est l'amour d'un couple, c'est qu'il faut garder à l'usage amoureux sa mesure et toujours contenir les effets de la passion. [224C29*19/11/2020]
Sur la ou les raison(s) de préconiser les « petites unités humaines »
Léopold Kohr, l'homme du "small is beautiful" (la beauté est dans la petitesse) ! Il a toute sa vie encouragé les hommes à faire éclater les grandes nations en petites souverainetés indépendantes, et l'on sait qu'il a toute sa vie été le souffre-douleur des innombrables moqueurs souriant avec condescendance à ses idées. Pourtant, il pronostiqua l'effondrement de l'URSS "trop vaste pour être perpétuelle". J'ai moi-même déjà dit que la Chine n'était pas, dans son ensemble, la puissante nation qu'on croit voir, car elle est inévitablement instable, étant beaucoup trop vaste, beaucoup trop diverse.
Kohr (1909-1994) se considérait comme un anarchiste philosophique. Face à tous les théoriciens des "sciences dures" qui travaillaient sur des théories unitaires et des projets massifs de croissance, il ne pensait pas que la croissance de larges unités politiques pouvait résoudre tous les problèmes et se montra un vigoureux opposant de cette idée. Il voulait un monde à la mesure de l'homme ; moi je veux un monde à la mesure de la pénitence socialement possible, mais il y a certaines parentés entre lui et moi. Il a anticipé de plusieurs décennies les idées écologistes de décroissance soutenable et de développement endogène. Il avait très bien vu les misères qui accablent l'humanité (tyrannie, guerre, pauvreté, injustice, etc.) de l’Antiquité au XXe siècle et pensait qu'il fallait y remédier. Kohr avait assez étudié l'Histoire pour constater que chaque fois qu'un être homme ou un groupe d'hommes a le pouvoir de faire ce qu'il veut sans encourir de "punition" il le fait, peu importe la moralité et les conséquences possiblement désastreuses de ses actes. Ces observations conduisirent Kohr à voir très clairement que la taille d'une population est toujours la cause décisive des misères dont elle souffre. La taille intervient pour une société, disait-il, "comme elle intervient pour un gratte-ciel : plus on rajoute d'étages plus il faut d'ascenseurs, de telle sorte que les étages inférieurs sont entièrement occupés par les cages d'ascenseurs." La vitesse, avait-il également observé, est le second élément qui module le premier. Plus la vitesse de croissance d'une population est élevée plus l'effet de sa taille se fait sentir en raison de l'augmentation des interactions entre citoyens.
Mais moi, qui suis un homme de Dieu, je préconise les petites unités pour des raisons spirituelles : l'amour est plus facile à rendre actif dans des petites unités humaines. Pour le reste, je bannis la politique qui depuis des millénaires montre sa nocivité et j'encourage à la simple gestion par des gestionnaires salariés révocables. Ce n'est pas à moi, qui suis un homme de foi, un guide d'âmes, mais non un politique ni un gestionnaire, de développer les modalités de bonne gestion d'un petit groupe. Mais avant de décider quelle politique chaque petite unité humaine décidera de fonctionner librement, il faut d'abord que la formation de ces petites unités humaines soit possible. Là est le problème, le gros hic. On sait que je me suis quand même, il fut un temps, intéressé à la question et que les juristes que j'ai consultés m'ont tous dit que, tout comme est impossible parce qu'illégale la mise en place d'un parti officiel royaliste, il était impossible et illégal de mettre en place un parti pour enlever à la République Française sa nature "une et indivisible". On ne peut présenter une candidature électorale que dans la mesure où l'on respecte la Constitution. Il doit bien y avoir un moyen de contourner le problème, mais comment ? Faire évoluer, c.-à-d. élargir la notion de liberté de conscience politique... Ce n'est pas à 91 ans que je peux me pencher sur ce problème. [224C30*20/11/2020]
Sur la vie à préserver, mais laquelle ?
La vie, surtout la vie telle que la conçoivent les animaux qui nous gouvernent en nous confinant sous prétexte qu'en maintenant la palpitation de la chair on donne sa vie à l'homme, à quoi ils ne connaissent rien, car la vie d'homme est justement ailleurs qu'en l'homme, elle est dans les autres hommes, d'où l'amour fraternel, les échanges, la chaleur des rencontres, des idées qui se croisent, des mains qui se serrent, des faceàface (pas des masqueàmasque), des embrassades et même des disputes parfois. [224C31*20/11/2020]
Sur la nature, le hasard et le destin
Les gouvernements ne savent pas comment "rationaliser" politiquement le problème que leur pose le covid-19. Tout à coup quelque chose échappe à leurs calculs ; ce petit virus non seulement a des variants dont chacun rend inopérant le traitement des malades frappés par les variants précédents (gros problème pour le vaccin !), mais il provoque des symptômes aussi inattendus que différents, de sorte que plus personne ne sait comment se défendre de cette nouvelle maladie pneumonique. C'est une malice de la nature pour déjouer les dogmes rationalistes de "la vie pour la vie, aux dépens de l'économie", d'où la situation au Danemark comme en France et ailleurs où tout le monde a tout à la fois tort et raison et où personne ne veut voir qu'il faut laisser faire la nature, qu'on n'arrête pas plus qu'on n'arrête l'irruption d'un volcan. Je ne sais plus qui a dit qu'on ne sait jamais ce qui est hasard et ce qui est destin, mais je sais ce qui est nécessaire si l'on veut revenir dans la droite ligne de la destinée voulue par la Création.
Chez nous Pèlerins d'Arès il y a des frères et des sœurs venus à nous les uns par hasard et les autres par volonté, c.-à-d. destin (nous voyons le destin comme ce qu'on construit : existentialisme !), mais tous nous devenons les chaînons commençants d'une chaîne — la finitude — qui nous relie aux Hauteurs, vers lesquelles nous commençons de parcourir les sentiers chevriers. [224C40*24/11/2020]
Sur les choix ineptes des pouvoirs politiques
Je lis actuellement, la nuit quand tout est calme et que personne ne me parle, "L'économie de la vie" de Jacques Attali, un livre qui par passages donne la chair de poule, même si je n'en partage pas tous les points de vue. Selon Attali, les pouvoirs politiques actuels semblent bien profiter de la situation pour passer le libéralisme et la liberté publique sous le tapis et commencer de gouverner sans débat démocratique ; c'est selon moi le rétablissement de la monarchie en donnant à cet absolutisme un autre nom. Espérons que la population sera assez réactive pour empêcher cela. Attali suggère aussi qu'il valait mieux sacrifier les vieux, les "laisser mourir un peu plus tôt", plutôt que sacrifier les jeunes et tuer l'économie, car là je crains avec Jacques Attali que l'avenir soit plutôt sombre. Or, c'est le contraire qu'on continue de faire : Qui vaton vacciner en premier ? Les vieux dans les Ehpad au lieu de vacciner ceux qui assurent l'activité et font bouillir la marmite... C'est le monde à l'envers ! J'ai 91 ans et je marmonne (tout bas pour que Christiane n'entende pas) : "91 balais, c'est un bon âge pour s'en aller. J'ai assez servi et je mérite le repos dans les étoiles." Mon épouse n'est pas d'accord... Elle tient au vieux bonhomme que je suis. Le Père aussi. Je vais bien, c'est choquant, injuste pour mes congénères, mes pareils qui se traînent avec des cannes, des rhumatismes, égrotants, catarrheux, avec des voix éraillées de vieux zoiseaux ! Et me voilà attelé à mon clavier et rédigeant cette réponse qui, au fond, n'apporte rien de plus que Le Signe n'apporte déjà. Quand je dois décliner mon identité, on me répond avant même que j'aie terminé : "Retraité, bien sûr." Je rectifie aussitôt : "Non. Je suis un pasteur sans relève. Je travaille treize heures par jour. Je voyage dans les missions. Je suis salarié." Alors, les yeux qui déjà me fixaient tournent en vrille, le doute aplatit les visages, les bouches s'entr'ouvrent, et ça commence : "Vous avez vraiment 91 ans ? Faites voir votre carte d'identité !" Ils examinent à la loupe ma carte d'identité : "C'est vous là sur la photo ?" "Oui, c'est moi." Les yeux se plissent pour mieux me voir. "Périscope !" ordonne le pacha du sous-marin. Je vis sous les périscopes. Je vais me faire embaucher parmi les phénomènes à la Foire du Trône. Je ferais bien à côté de la femme à barbe, du nain et du géant. Mais il n'empêche que je suis mortel et qu'un piqué avec mitrailleuses du Covid-19 m'enverrait peut-être ad patres. [224C54*01/12/2020]
Sur le refus de se faire vacciner
Dans un monde vacciné il est confortable de refuser le vaccin puisque l'entourage étant majoritairement vacciné, on a fort peu de chances d'attraper des maladies terribles.
Je ne prétends pas qu'être vacciné ne comporte pas quelques risques que vous énumérez ici sous le mot "argument n°1". Mais où est l'argument n°2 ? Après tout, vous faites probablement du terme "n°1" le synonyme de l'adjectif "irrécusable".
Quoi qu'il en soit, avez-vous vu des personnes atteintes de variole qui, quand elles n'en mouraient pas, étaient défigurées, portant toute leur vie les marques affreuses des cicatrices de l'éruption vésiculo-pustuleuse typique au visage. J'en ai vu dans mon enfance. Cette horreur a disparu. Avez-vous vu des poliomyélitiques infirmes dans leurs jambes de fer ? Dans mon enfance et mon adolescence j'en ai vu, beaucoup, c'était terrible. Cette horreur a disparu. Avez-vous vu des enfants atteints de rougeole mourir ? J'en ai vu. Cette horreur a disparu. Avez-vous vu mourir dans la souffrance une personne atteinte de tétanos ? J'en ai vu dans ma jeunesse. Cette horreur a disparu. Quand j'ai été débarqué de la "Jeanne d'Arc" avec la tuberculose pulmonaire, je fus envoyé deux ans pour être soigné à Briançon (pneumothorax, etc.) ; il y avait alors trente-deux sanatoria à Briançon, où beaucoup mouraient de phtisie. Il ne reste plus aujourd'hui qu'un seul sanatorium, grâce au vaccin. Etc., etc., etc. Quand j'étais dans la Marine pendant mon temps militaire nous avons été chargés sur mon patrouilleur "Marjolaine" de remonter le Mékong jusqu'à des zones, à la frontière du Laos, où sévissait une épidémie de choléra. Nous emportions des caisses de vaccins. Nous-mêmes étions vaccinés contre cette terrible maladie et nous étions aussi chargé de retrouver sur le Mékong et les affluents les petits bateaux de papier et de bambou que les populations superstitieuses envoyaient aux esprits des eaux pour les apaiser. Ces petits bateaux transportaient la bactérie Vibrio choleræ ou bacille virgule et propageaient la contagion. Mais nous étions vaccinés et aucun marin n'a attrapé la maladie. J'arrête, je pourrais citer beaucoup d'autres exemples des bienfaits du vaccin. Alors, je dis : Des inconvénients, oui, il y en a, mais peu et le risque est faible. Quant aux bienfaits, c'est un énorme trésor donné par le Ciel à l'homme.
Comme je voyage encore beaucoup, que je rencontre beaucoup de monde, je suis pour ma part vacciné contre le tétanos, les hépatites, la grippe, etc. et je vais sûrement accepter le vaccin anti-covid si le Pèlerinage d'Arès peut avoir lieu l'année prochain, car là encore je vais parler à beaucoup de monde.
Chacun est libre de ne pas se faire vacciner, mais ne pas faire de son point de vue négatif sur le vaccin une règle d'or.
J'ai toujours regretté qu'il y ait si peu, si peu de rues, boulevards ou avenues Edward Jenner, membre de la Royal Society (1749- 1823), premier médecin à avoir introduit et étudié de façon scientifique le vaccin contre la variole, considéré comme le "père de l'immunologie." [224C57*02/12/2020]
Sur les effets de la vaccination
Il ne faut pas considérer le vaccin que sous son jour matériel : la préparation, la seringue, le liquide injecté. Je crois qu'en fait, pour bien saisir l'ensemble des vraisemblances comme des inconnues qui tissent cette toile sur laquelle est peinte de si diverses manières le portrait du vaccin, il y a quelque chose qu'il faut garder à l'esprit, surtout quand on est Pèlerin d'Arès, c'est que les hommes qui sont les inventeurs, les facteurs ou les inoculateurs des vaccins agissent, pour la plupart, par amour de leurs semblables malades. J'ai toujours vu comme un élan, un bond en avant dans la lumière de l'œil de l'infirmier ou de l'infirmière qui me plantait sa seringue.
Je crois aussi que l'amour pas forcément par lequel, mais avec lequel les recherches, les expériences vaccinales sur l'animal et l'homme joue un rôle indiscutable. Le vaccin n'agit pas seul, un "ange" l'accompagne si je peux dire. J'ai toujours pensé que le 6 juillet 1885, quand on amena à Louis Pasteur un petit Alsacien de Steige âgé de neuf ans, Joseph Meister, mordu l'avant-veille par un chien enragé, qui avait aussi mordu son propriétaire, le jeune Meister qui avait reçu quatorze morsures du chien, toujours agressif (abattu par les gendarmes) avait aussi été guéri par l'amour qui lui était porté. Joseph Meister reçut sous un pli fait à la peau de l’hypocondre droit treize inoculations réparties sur dix jours, et ce par une demi-seringue de Pravaz, d'une suspension d'un broyat de moelle de lapin mort de rage le 21 juin et conservée depuis 15 jours. Il ne développera jamais la rage. Je pense que le cœur apporte autant que le vaccin au malade.
Quand le vaccin est produit pour la seule recherche de l'argent il est un produit douteux, je vous l'accorde.
Il demeure que, marin sous les climats tropicaux où pullulaient quantité de germes mortifères, j'ai pu constater que les humains non vaccinés, les indigènes, étaient très affectés par la maladie tandis que nous, hypervaccinés (l'avant-veille de mon départ pour l'Indochine j'avais reçu neuf vaccins en plus des vaccins réglementaires reçus lors de mon incorporation), nous échappions à tous les miasmes. Il y a quand même quelque chose dans ces seringues, qui donne au corps humain la force de résister aux attaques microbiennes. [224C61*04/12/2020]
Sur le Père qui laisse l’homme libre de son destin
Le Père ne joue aucun "rôle" dans cette affaire de coronavirus. Tout Le Signe nous rappelle que le Père a créé l'homme libre (Signe 10/10), du moins dans sa phase terrestre, et qu'il laissera jusqu'au bout l'homme libre de faire son destin comme il l'entend. Si vous relisez (Signe 2/1-5, vii/1-13) vous voyez clairement que l'homme Adam a forgé son destin comme il lui plaisait. Et ça continue de nos jours. Le Père appelle l'homme à changer sa vie (30/11) pourquoi ? Mais parce que ce n'est pas le Père Qui changera la vie d'un homme qu'il a créé libre. C'est l'homme qui changera sa vie ou qui disparaîtra dans le péché des péchés (38/2).
Ceci dit, il n'est pas impossible que le Père fasse un miracle en sauvant l'humanité de ses propres bêtises comme par exemple la bêtise qu'est l'invention et la fabrication du coronavirus par l'homme, mais il est impossible de dire si le Père fera ou ne fera pas ce miracle.
Le destin de l'homme n'est pas un destin localisé à la vie terrestre. Nous vivrons après notre mort et nous ne vivrons pas trop mal, dans l'attente du Jour (Signe 31/8), si nous avons été pénitents. C'est le Fond du Message d'Arès ! Il ne faut pas voir dans la mort une tragédie ; la mort n'est qu'un passage que, de toute façon, nous faisons tous. Le destin de l'homme ne s'arrête pas aux quelques décennies qu'il passe sur Terre. J'ai 91 ans, je mourrai bientôt, mais j'ai l'impression d'être né hier comme être charnel, que ma vie s'est déroulée à toute vitesse et je sais qu'elle ne finira pas avec l'arrêt de mon cœur. Ma vie terrestre, votre vie terrestre, et la vie terrestre de n'importe quel humain est un passage sur la ligne infinie que trace la Vie (24/3-5) dans l'Univers. [224C66*06/12/2020]
Sur une affiche particulièrement appréciée par Frère Michel
[DR]
Je ne suis certes pas impartial, je suis sans nul doute un de ces bonshommes en blanc au bas de l'affiche, mais j'aime, j'aime beaucoup cette affiche. Son texte pourrait être écrit de cent façons, mais je trouve que ce choix est très bon. [224C32*20/11/2020]
Sur une peinture réalisée par un frère
[DR]
Vous avez un sens aigu du tragique qui fait ressortir en vous l'artiste. L'image que vous m'adressez a quelque chose de tragique, mais le bleu laisse transparaître l'espérance. Dans l'ouragan les marins gardent l'espérance de s'en sortir et de permettre à tous leurs passagers de s'en sortir. Le dessin et ses couleurs montrent en fait une prudence avisée. Le protiste ou foraminifère géant sans forme, aux ondulations arrondies, teinté de bleu, couvert de petits événements et bonhommes, sur le fond brisé, indenté, gris où l'on ne distingue nulle vie, marque la coexistence du Rien et du Tout. On sent que tout ça peut prendre mille formes dans l'opposition. La force du mal est constamment faussée par l'intervention du Bien. C'est nous, P(p)èlerins d'Arès, quoique rares, commençant à tout fausser... Nous sommes inaperçus, mais présents, actifs ; de nous va sortir une autre façon de voir le monde, l’Univers, le Bien. Le vrai christianisme, son sens, sa fécondité, va rejaillir mais cette fois durer, éviter d'être momifié comme Constantin et l'Église l'ont fait.
Nous sommes insolites, quasi évanescents. On ne fait pas attention à nous. Aucun rituel ne nous fait remarquer : Pas de prière typique (la salat), de croissant et de muezzin comme chez les Musulmans, pas de messe, d’hostie, de confessionnal, de pape, de bénédiction comme chez les Catholiques ? Pas de rouleaux de la Loi, de chandelier à sept branches, de kippa, de schtreimel, de talit comme chez les Juifs... Rien ne nous caractérise que la pénitence qui, elle, ne se voit pas au premier coup d'œil. Partant, nous n'existons pas sociologiquement parlant. Nous apparaissons sans mythe, donc invisibles, inexistants. Nos caractéristiques sémantiques sont à peine sensibles. Nous sommes très faibles pour pénétrer un monde avide d'apparences, de mode, de classement, etc.
C'est ce que je vois dans votre peinture, ou dessin, et je m'y reconnais, c'est mon miroir, pas même notre très discret parallélogramme. Rien, sauf l'espérance du Bien, que moi seul peut voir, parce que je sais ce que c'est. J'aime ! [224C35*21/11/2020]
Sur la difficulté de l'évasion spirituelle
Le corps physique est appelé à tomber en putréfaction puis en poussière, ou à être dévoré par les poissons, ou à tomber en cendres (crémation), bref, le corps matériel physico-chimique disparaît, qu'il soit porté en terre, ou mis au feu, ou jeté à la mer (Signe 33/28) ... Le Père dit : Ma Puissance se souviendra de la plus infime esquille au fond des abîmes, de la cendre portée au loin par l'ouragan et les ressuscitera en Mon Jour (33/29).
Je sais que chez l'homme l'esprit, proche de la matérialité physique, prend facilement une dimension imaginative et émotionnelle et tend parfois à voir les choses sous un angle animal plutôt que spirituel. Je sais la difficulté de là l'évasion spirituelle. Si l'on part du postulat que l'humain ne peut procéder que de l'anticipation et de la rationalité, il relève très souvent de l'agitation émotionnelle, incompatible avec l'éther, la pureté de la Vérité qui lui échappe irrémédiablement tant que son cerveau ne travaille que si son estomac est plein. Voilà pourquoi la mort entraînera un changement radical de la conscience, qui sera autre dès que la vue, l'ouïe, la faim, la soif, le toucher, le sang, les nerfs, etc. disparaîtront. Mais quel sera ce changement ? Impossible à dire aussi longtemps qu'on n'y passera pas.
Notre affectivité, aussi proche de la pureté de l'éon souhaite-t-elle être, est toujours perturbée. Le mieux est de se neutraliser, de "se vider", dis-je parfois, mais tant que l'enveloppe charnelle subsiste, nous restons plus ou moins tributaires de l'imagination et de l'émotion. C'est Flaubert qui a écrit, je ne sais plus où, que "le plus parfait des êtres, des éons, l'abîme, repose au sein de la profondeur avec la pensée." Notre pensée est indécollable de tout ce qui nous passe par la tête. Il est, de ce fait, toujours difficile de traiter de mensonge ce qui n'est pas exact, car chacun a sa façon de voir, "sculpte plus ou moins inconsciemment à sa manière," comme je dis aussi parfois, ce qu'il vit, lit, entend, apprend. C'est un des fardeaux de notre matérialité. Aucun d'entre nous ne peut voir exactement comme d'autres les voient les événements de la vie. J'ai assez raconté l'histoire de cet homme qui sonna à ma porte un matin de 1975 ou 1976 et qui brandit sous mon nez "L'Évangile Donné à Arès" en criant : "Non, non ! J'en ai assez d'entendre affirmer que Jésus est Dieu." Je lui dis : "Eh bien ! Vous devez être content. Voilà une Parole du Ciel qui dit que Jésus n'est pas Dieu." Il continua de crier : "Non, non, Jésus n'est pas Dieu." moi : "Oui, c'est ça. Jésus n'est pas Dieu." Il ouvrit le livre et lut la Veillée 32 : "Mouhamad, Mon Messager, a enseigné que Jésus est Dieu... Là ! là !" il pointait le passage du doigt. Moi : "Non, il est écrit : Mouhamad, Mon Messager... Jésus n'est pas Dieu." Le pauvre homme mit quelques instants avant de s'apercevoir qu'il avait lu de travers. Alors, il repartit, comme suffoqué, et s'éloigna à grand pas. Je ne l'ai jamais revu.
[224C36*23/11/2020]
Sur la finitude face à la religion du vivre pour vivre
La finitude concerne la société humaine. Il faut absolument garder à l'esprit que la société humaine est fondamentalement mortelle et que sa survie dépend seulement de sa pénitence. Je crois que la survie de la société est majoritairement le cadet des soucis de l'homme moyen aujourd'hui devenu sinon athée, du moins agnostique. L'homme moyen se dit : "Il n'y a rien après la mort et je serai depuis belle lurette réduit à rien du tout (idée athée) ou à rien de conscient et d'important (idée agnostique), quand la société humaine disparaîtra comme les dinosaures. En quoi l'éventualité de sa disparition peut-elle me toucher ?"
Nous, Pèlerins d'Arès, nous faisons partie des êtres charnels qui savent qu'ils survivront à la mort physique, même s'ils ignorent ce que sera effectivement leur changement de conscience, mais en sachant qu'ils auront une autre conscience active. La survie de la société est notre souci, parce que nous savons qu'est très étroit le lien entre l'homme charnel, la Vie, les anges, les âmes : Il n'y a qu'une Vie, qui englobe tout ce qui existe, et nous devons y réintroduire le Bonheur. Nous avons cette mission créatrice de premier plan. Nous sommes co-créateurs, Enfants du Père.
Il faut absolument se défaire de l'idée qu'existe, sauf dans les trémolos discursifs, un projet d'avenir pour une société incrédule qui, en fait, ne croit qu'en la minute qui passe. Les écologistes crient : "Il faut sauver la planète pour nos enfants !" Mais la masse se moque bien de ce que sera le monde pour sa descendance et elle puise aux ressources disponibles sur l'instant. De ce fait, l'écologie est inopérante sauf comme nouvelle religion, ce qui est, de nos jours, très très peu. Le marxisme-léninisme a disparu parce qu'il ne croyait qu'à ce qui se passait sur l'instant. Le communisme chinois n'ignore pas ce problème et essaie de créer une autre harmonisation des pensées (j'y reviens). Bref, le type de savoir qui est le nôtre n'a rien à voir avec le savoir politique, scientifique, industriel, financier, matérialiste, etc. Ne cherchez pas pourquoi les puissants, tous athées, ignorent les Pèlerins d'Arès, nous voient comme quantité volatile, négligeable, c'est cela et seulement cela. Il faut donc forer dans cette montagne stérile Vitalement parlant pour changer l'optique générale. Diable ! Ce n'est pas un mince boulot ! Que non !
La politique athée s'efforce quand même de créer, comme je le dis plus haut pour la Chine, une autre harmonisation des pensées : De là le prix énorme, tellement énorme que ç'en est incroyable, que nos gouvernants semblent donner à la vie dans cette crise du covid-19 ; elle met en place, de cette façon, une autre religion : La religion du vivre pour vivre ; l'économie n'étant plus qu'un problème annexe ! Les puissants livrent ainsi le monde à ce qui est à nos yeux arbitraire, déraisonnable au possible, car de toute façon tout le monde meurt, mais il faut par contre aider les vivants à vivre et prospérer parce que la pénitence n'aura d'effet créateur que sur des vivants. Notre perspective est radicalement différente.
Ceci dit, notre discours sur la nécessaire pénitence ne peut pas se faire en ignorant les sciences humaines, même si celles-ci sont basée sur une vision erronée de l'homme, de sa raison d'être, de son espérance. Autrement dit, notre discours a besoin d'un terrain d'écho et je n'en vois pas d'autre. L'Histoire, la religion, les traditions, etc., m'apparaissent comme des chapitres des sciences humaines, même si nous Pèlerins d'Arès ne voyons l'Histoire que comme un récit, plutôt affreux, de choses passée, la religion que comme des égarements et des manipulations de la Parole initiale très simple, les traditions comme des habitudes et des superstitions à briser. Nous ne pouvons ignorer d'où nous sortons nous-même si nous voulons le changer. C'est le tracé de la finitude : des idées, des faits, des mœurs où rien n'est jamais fini, où tout change tout le temps, auxquels nous voulons donner une fin. La finitude, c'est en somme la continuité et, nous l'espérons, le succès thérapeutique dans une maladie qui n'en finit pas de générer son mal. Alléluia ! [224C38*24/11/2020]
Sur une mission qui n’a pas de temps pour le vide cérébral
J'ai tellement de travail que je n'ai jamais le temps de n’avoir aucune pensée, aucune émotion ou imagination. Je suis sans arrêt occupé par ma tâche, arrêté à mes soucis pour la mission, mon enseignement, sans oublier les multiples préoccupations purement matérialistes. Toutefois, au cours de ma marche quotidienne, que je ne fais jamais seul, ayant toujours mon épouse Christiane à mes côtés, il m'arrive de perdre mon regard dans le Ciel entre les arbres, mais ça ne dure jamais très longtemps. Pour moi un quart-d’heure de tête vide est un énorme temps perdu, j'ai toujours à penser, à réfléchir aux lettres, aux questions qui m'arrivent par la poste, par e-mail, par le blog, parfois par l'événement, par la pensée, etc. J'ai conscience que ma vie est courte et que le temps qui m'est donné pour envoyer à mes frères et sœurs la lumière sera toujours trop court. Comment passer d'une position qui reste réfléchie, pensée, cartésienne ou spinozienne ou même bouddhienne, au nom d'une immédiateté et d'une clarté qu'exige ma mission, au vide que certains appellent méditation. Chez moi le vide est seulement la place entière que je laisse à la question, dont je m'exclus pour n'en être plus que l'extracteur ; ce n'est pas le vide cérébral. [224C39*24/11/2020]
Sur l'absence absolue de rapports financiers entre mes frères et sœurs et moi
Un frère envisageant une collecte de fond me consulte avant de lancer son opération. Ma réponse est l’occasion de rappeler un principe fondamental : l'absence absolue de rapports financiers entre mes frères et sœurs et moi, principe que j'ai toujours respecté dans l'exercice de ma mission prophétique depuis 1974, même dans les moments très difficiles qu'elle a traversés à certaines périodes, principe que je rappelle dans ma réponse qui se base sur Le Signe :
Premier cas.
Si vous êtes un Pèlerin d'Arès, un membre du petit reste, vous êtes un oisillon du faucon (Signe vLv/14), vous agissez comme le prophète.
Or, moi le prophète, je n'ai jamais depuis 1974 demandé un centime à qui que ce soit, je n'ai jamais fait de "collecte de fond." Par le fait même, depuis 1974, aucun membre du petit reste (Signe 24/1) ne m'a demandé s'il pouvait faire un appel de fonds et aucun n'en a fait.
J'ai toujours laissé parler et agir Le Signe elle-même dans le cœur de chacun. Je suis convaincu, et quarante-six années derrière moi confirment ma conviction, que nous ne sommes pas seuls, que la Vie (Signe 24/5) nous accompagne et se préoccupe de nous, quand nécessaire. J'ai eu depuis quarante-sept ans bientôt cent occasions de vérifier que la légion de saints (Signe 37/7) survient quand il le faut, mais pas forcément quand nous le souhaiterions.
Que dit Le Signe concernant les moyens d'existence et de moisson qui me concernent ? Ceci :
Ai-je abandonné mes messagers aux impies ?
J'établirai pour toi la demi-dîme comme redevance,
tes fidèles de la verseront en œuvre pieuse ;
celui qui recevra cent valeurs t'en remettra cinq,
et ce qu'il te versera, c'est à Moi qu'il le versera.
Celui qui te recevra Me recevra,
Celui qui assurera ton voyage Me portera avec lui,
Ceux que tu quitteras après les avoir visités, Je ne les laisserai pas orphelins et Je les visiterai dans leur solitude. Déjà ceux qui te servent, qui veillent à ton entretien, qui recourent à ton art [ ?] et à tes conseils connaissent les bienfaits que Je réserve à ceux qui assistent Mon Messager dans sa tâche.
Tu établiras pour ta génération et celles qui viendront, avec mesure, le denier de service de Mes Assemblées, mais personne après toi ne recevra la demi-dîme du prophète (Révélation d'Arès 34/6-8).
Nulle part dans Le Signe le Père ne me conseille ou ne me prescrit de demander. Dans le passage que je viens de citer Il parle seulement de ceux qui me donnent, non parce que je le leur demande, mais parce qu'ils ont mis leurs pas dans les Pas du Père (Signe 2/12) ; ils L'ont écouté.
Ce que le Père rappelle ici, c'est la spontanéité du don, sa profonde valeur créative dans la perspective du changement du monde (Signe 28/7).
Je ne demande jamais rien. Je dis : "Si l'on me donne quelque chose je fais quelque chose. Si l'on ne me donne rien, je ne fais rien." Je n'ai jamais changé de comportement depuis 1974. Je sais gré, du fond du cœur, à tous ceux qui font comme moi et je les inclus dans le petit reste, qui regroupe ceux qui vivent comme je vis, qui prêchent comme je prêche, qui se comportent autant qu'ils peuvent comme moi, bref, qui chacun et chacune a volontairement décidé de former une balise, un poteau indicateur, un repère, une référence, la perpétuation du prophète pour la suite des événements qui auront lieu après sa mort.
Second cas.
Si vous êtes un pèlerin d'Arès petit "p" ou même un simple sympathisant, vous n'êtes pas un membre du petit reste, vous êtes libre d'agir comme vous le voulez. Ça ne me regarde pas. Vous ne vivez ni n'accomplissez votre pénitence et votre moisson en référence au prophète. Vous interprétez Le Signe comme vous l'entendez. Les pèlerins d'Arès petit p forment une très vaste variété, trop hétéroclite pour être décrite ici, de frères et sœurs, dont beaucoup me sont inconnus, que je me garde de juger et qui peuvent même être meilleurs que moi. Ils forment un peuple de Dieu.
Mais, s'il vous plaît, évitez de vous servir de ma page Facebook pour cet appel de fond. Ma fille Nina m'apprend que vous auriez fait sur ma page Facebook un appel de fond pour l'achat de votre local. Je l'ignorais. Je n'ai malheureusement pas beaucoup de temps pour visiter ma page "Michel Potay" sur Facebook et quantité de propos qui y sont affichés par les "amis" m'échappent.
Je ne vois pas le rapport entre votre anniversaire de naissance et un appel de fonds pour L'Œuvre du Pèlerinage d'Arès. Je vous rappelle toutefois que L'Œuvre du Pèlerinage elle-même n'a jamais fait d'appel de fonds. Les donateurs lui versent directement, spontanément, leurs offrandes sans passer par l'intermédiaire de qui que ce soit. Si vous aviez demandé à sa présidente, elle vous aurait expliqué tout ça, je pense. Je ne suis même pas membre moi-même de l'association cultuelle (loi 1905) de L'Œuvre du Pèlerinage d'Arès et si j'assiste à son Assemblée, je n'y vote pas ; je n'en suis que le fondateur, la personnalité tutélaire, le conseiller naturel.
Votre projet paraît louable, mais inutile si vous pensez agir sur une urgence. Il n'y a aucune urgence. L'Œuvre du Pèlerinage d'Arès ne manque actuellement de rien. Par ailleurs, il y a plus de quarante ans que le Pèlerinage existe et qu'une vingtaine de missions s'activent en France et hors de France pour chercher des épis mûrs ; c'est notre activité ininterrompue depuis quarante-six ans ; je ne vois pas en quoi les fonds recueillis pour L'Œuvre du Pèlerinage, qui n'est pas une association de mission, fera pour trouver plus d'épis mûrs. Enfin, je vous rappelle que le Pèlerinage d'Arès n'est pas le Pèlerinage de Lourdes et que le Père ne l'institue pas — Appelle les frères et les frères : Viens prendre le Feu ! (Signe xLi/7) — pour qu'il soit connu du public, mais pour que les pénitents engagés dans la moisson y viennent retrouver ou accroître les forces spirituelles dont ils ont besoin. [224C41*25/11/2020]
Sur la valeur irremplaçable du don naturel, spontané
Dans un monde moderne où tout se paie, tout sans exception : une gomme, un crayon, une feuille de papier, une paire de souliers pour marcher, un cache-nez pour ne pas attraper la crève, le pain quotidien, des tuiles pour réparer un toit, etc., qui n'a pas d'argent ne peut rien faire. Cependant, je n'ai jamais demandé un centime à qui que ce soit. L'image et ressemblance du Créateur s'est réveillée chez mes frères et sœurs et ils ont donné au témoin de Dieu et cela leur est venu aussi naturellement qu'une parturiente pousse son enfant ou son petit hors d'elle pour le mettre au monde. Cela donne l'énorme prix du naturel à ceux qui m'ont spontanément aidé à accomplir ma mission. [224C50*30/11/2020]
Sur la nocivité du théâtre politique qui se pose en sauveur de l'espèce humaine
Nous avons toujours fonctionné par la confiance, la spontanéité, le non-jugement, sans dogmes, sans lois, sans règles, dans l'amour et en laissant à la conscience de chacun sa liberté, en pardonnant tous les accrocs, en faisant la paix avec tous, y compris avec les moins accommodants de nos frères et sœurs, et quiconque nous a quittés peut toujours revenir et être bien accueilli. Nous n'avons jamais demandé de comptes à personne.
Que reste-t-il dans le cimetière des actions, des cris de triomphes ou des cris de souffrance, des hommes et des femmes, nos frères et sœurs qui ont vécu pour et par les lois, les règlements, les procès, les éclats de voix des chefs et les gémissements des dominés, les rapines des uns, l'appauvrissement des autres, les guerres ?
Il ne reste que les échos d'une Histoire humaine pénible, injuste, indigne des possibilités de l'Enfant du Père (Signe 13/5). Le Signe est un Appel à sortir de cette situation, à changer le monde, dit le Père à Sa Façon (28/7). Comment ? Par la pénitence. Mais comme la pénitence est une action fondamentalement orientée vers les autres, contraire au quant-à-soi, elle est très difficile à mettre en place dans un monde de plus en plus miné par l'orgueil, l'individualisme, l'égocentrisme, l'indépendance, les droits de chacun... et maintenant la colère. La population commence à descendre une pente périlleuse ; que va-t-il résulter de cette situation ?
Nous-mêmes étions de la vieille race des humains durs, mais Le Signe a commencé d'attendrir notre cœur de pierre, notre esprit systémique, nos raisonnements légalistes, nos logiques militaires, oui, militaires.
Ce qui est tragique, c'est que ces gens qui nous conduisent nulle part, sinon à payer un jour des dettes énormes, sont nos frères et que d'une certaine façon nous sommes solidaires même de leurs erreurs. C'est donc une période très dangereuse qui s'ouvre dans notre humanité hexagonale... J'ai vu il y a une heure la vidéo d'une manif considérable, à Marseille je crois, et j'ai vu les gendarmes, équipés pour faire face à une émeute, enlever leurs casques en signe de neutralité, comme pour dire : "Nous n'interviendrons pas..." Je n'avais jamais vu pareille attitude des forces de l'ordre depuis 1936 quand, face à l'usine Farman à Suresnes, les gardes mobiles (à cheval à l'époque), sont restés figés quand l'ordre de charger les piquets de grève leur fut donné par le chef d'escadron. Ces hommes eurent un réflexe intelligent. Ils répondirent clairement à leur supérieur : "Il y a des choses qu'on ne peut pas faire." J'étais là avec mon père, j'avais sept ans ; je m'en souviens comme si c'était hier.
"L'inconfort, disait Paul Morand, fait les armées fortes !" Beaucoup de nos concitoyens saluent le frère-roi et obtempèrent (ils ne voient pas le drame globalement ; ils ne sont ni bistrotiers, ni fleuristes, ni restaurateurs, ni pisteurs de montagne, ni artistes sur scène, des minorités qui peuvent disparaître ; il y aura toujours du monde pour les remplacer). Rien que pour nous, minorité spirituelle, il y a quelque chose qu'avec la meilleure bonne volonté nous ne pouvons plus suivre vraiment ; les maladresses du gamin de l'Élysée nous ont amenés à nous demander : Quoi faire ? On nous dit : la Loi, le Social, l'Ordre Républicain, les Vieux plutôt que la mort, et nous, nous disons : L'amour plus fort que la mort ! Il y a évidemment là comme un grand et profond fossé entre nous et le monde et surtout, surtout, les gouvernants. Il faut, dit la politique, créer des problèmes plus gros que les gilets jaunes, les problèmes de retraite, les syndicats, etc., et le covid est un inattendu gros gros petit monstre qui, sans être trop méchant au fond, tient l'homme en haleine, c'est très bon pour donner enfin aux politiques l'occasion de sauver l'espèce humaine. [224C43*26/11/2020]
Sur l’importance de rester dans la dignité et le dialogue
[DR]
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Tract des organisateurs
Je comprends et je partage le mécontentement de la population auquel nos frères et sœurs joignent le leur, mais je ne me sens pas du tout solidaire de ce tract.
Notamment, ce tract qualifie le gouvernement de "fasciste". Adolescent, j'ai traversé la Seconde Guerre Mondiale et j'ai bien connu dans ces heures sombres les fascistes, allemands ou italiens. L'autoritarisme de notre gouvernement actuel, inepte et fanfaron, n'a quand même rien à voir avec le vrai fascisme, heureusement. Je ne suis le chef de personne et vous êtes certes libres de faire ce que vous voulez, mais je ne suis pas d'accord avec ce tract boutefeu. Vous ne pourrez faire progresser les PUCS* que dans la dignité et par le dialogue, pas dans ce genre de combat.
*Petites Unités Confédérées et Souveraines https://pucs.fr [224C44*27/11/2020]
Sur l’importance de maintenir la paix et l’ouverture
Ne vous mêlez pas à des manifestants violents.
Rédiger un tract — car il s'agit d'une proposition proprement révolutionnaire, vue sous l'angle de la Constitution ou Loi Basale de la France déclarée une et indivisible —, est délicat, demande du temps et de la réflexion.
Je fais seulement une suggestion : N'écrivez pas "... et s'organiser en petites unités ...", qui est une sorte de câlinerie, si je peux dire. Il n'est pas possible de procéder en "s'organisant" comme une troupe de boy-scouts ou une association de pêcheurs à la ligne, il s'agit de détruire la France actuelle pour en construire une autre, il s'agit d'une révolution. Pour atteindre un but aussi radicalement transformateur on ne peut qu'être direct, mais être direct en préservant la paix, en laissant ouvert le dialogue avec les Jacobins, partisans de la France Une et Indivisible, ce n'est pas facile. Il n'y a que deux voies possibles : La politique ou la révolution (toujours violente, incompatible avec la sagesse). Écrivez plutôt directement : "... et transformer par la voie démocratique la France en une Confédération de (Petites) Souverainetés autogouvernées. Le verbe "organiser" ne fait pas sérieux.
*Petites Unités Confédérées et Souveraines https://pucs.fr [224C46*28/11/2020]
Sur l’importance de se préparer à faire face au monde
Quelle est la situation ? Un double événement : À Paris l'évacuation violente des migrants de la Place de la République suivie du tabassage de notre pauvre frère, Michel Zécler, par quatre policiers précipitent les choses. Les protestations fusent contre le fameux article 24 de la Loi de Sécurité Globale. Ce n'est pas nouveau, loin de là ! Rappelez-vous le sketch de Coluche : "C'était une bavure, qu'y z'ont dit ! Ah ! si vous aviez vu la gueule de la bavure !" Les bavures forment une guirlande qui accompagne le lourdingue ballet de toutes les polices depuis des temps immémoriaux, tout simplement parce que le recrutement des poulets depuis Gilgamesh, roi de la cité d'Uruk vers 2650 av. J.-C., ne se fait pas, faute de volontaires, dans l'élite artistique des exquis en dentelle.
Mais cette fois-ci, ça tombe mal pour le gouvernement qui nous a déjà sérieusement taquinés ou asticotés avec les confinements. Il vous aurait fallu être prêts à protester et vous ne l'êtes pas, pour la raison bien simple que les PUCS* sont de fondation toute récente et que vous n'avez pas encore réfléchi à la manière de manifester pour ce projet ; vous n'avez pas encore réuni d'assemblée constituante. Projet qui n'est pas rien : Il s'agit ni plus ni moins que de démolir la France, telle qu'elle existe depuis des siècles, pour en faire une Confédération Française de Petites Souverainetés. Il s'agit d'une révolution ! Révolution à la fois politique est spirituelle, car notre intention fondamentale est de créer des petits groupes humains où l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence et la liberté sont plus faciles à installer sociétalement. Ça demande une très sérieuse réflexion de fond. Vous ne l'avez pas encore faite, vous n'êtes que des nouveau-nés inévitablement perdus dans ce que vous appelez un "dilemme". Tout dans ce monde a tour à tour un stade Projet, un stade Commencement, un Stade Réflexion avant d'entrer dans le Stade Action, il me paraît normal que vous vous sentiez dépassés. Il faut une certaine intelligence pour réfléchir à ce projet et vous n'en êtes encore qu'au faible lumignon (Signe 32/5).
À votre place je me laisserais porter, je me mêlerais au défilé des Droits de l'Homme et je distribuerais peut-être et en douce quelques tracts... juste pour voir ; vous aurez probablement des réactions d'en haut, d'en bas ou des deux. Vous n'en êtes qu'au stade de l'apprentissage. Ne gâchez pas votre avenir. N'allez pas trop vite.
*Petites Unités Confédérées et Souveraines https://pucs.fr [224C47*28/11/2020]
Sur la substance spirituelle cachée derrière le voile de l'aveuglement
Nous connaissons à peu près totalement notre nature physico-chimique et donc nous devrions pouvoir nous reproduire en laboratoire, fabriquer un humain physico-chimiquement comme on fabrique un moteur, un ordinateur, etc. Mais non. L'homme étant fabriqué matériellement, qui lui donnera la vie et comment ? Ce que l'on appelle science est incapable de la dire. Alors, elle dit : C'est la nature qui est comme ça. Je lui réponds : Oui, mais l'énergie qui met le moteur en marche, on la connaît, c'est un mélange d'essence et d'air avec une étincelle électrique et l'énergie qui fait fonctionner l'ordinateur, c'est le courant électrique qui vient par des fils de cuivre d'une centrale où un générateur mu par une turbine à vapeur génère de l'électricité, mais la vie, c'est quoi ? La science n'en sait rien. Pourquoi vieillis-je ? La science n'en sait rien. Pourquoi mon corps mourra-t-il ? Pourquoi avant de vieillir et mourir devrai-je pénétrer une femme, lui laisser un germe, attendre que l'enfant germe dans son ventre, pour me reproduire ? Pourquoi toutes ces complications ? Et pourquoi me reproduire pour vivre dans ce monde infernal ? La science n'en sait rien. Il faut quand même bien admettre que l'humain se caractérise par son ignorance outre ses erreurs innombrables. Voyez comme ces doctes gens en costume-cravate, des regards de mannequin et des masques, icônes de l'impéritie, ne trouvent que des palliatifs grossiers comme le confinement ou le vaccin pour protéger leurs populations d'un tout petit tout petit virus (Covid-19) d'un diamètre compris entre 0,06 et 0,14 μm (1 μm = 1 micromètre = 0,001 millimètre) donc on pourrait croire qu’il reste en suspension, mais non, mais non, car pour l’essentiel il est transporté par une particule — une gouttelette > 10 μm ou un aérosol < 5 μm —, etc.
Quand on me demande : "Que signifie selon vous le verbe dramatiser ?" Je réponds : "Se débattre dans son ignorance comme un poisson au bout d'une ligne dans l'air." Pourquoi l'humanité matérialiste ne réalise-t-elle pas qu'il faut voir les choses tout autrement, dans sa substance spirituelle ? Car oui, la spiritualité comme la Vie sont des substances, invisibles sous le microscope, mais visibles dans l'esprit de l'homme pur aimant, pardonnant, pacifiant, intelligent et libre. Héraclite comparaissait la masse humaine ignorante à un troupeau de cochons se roulant dans la fange pour se purifier. Le Signe la compare à un âne assoiffé qui boit la fange dans le creux des mares, qui boit n'importe quoi qui apaise sa soif un instant (Signe 30/2). C'est pourquoi le Père nous envoie renvoyer l'Eau Vive (30/3). Theodor Wiesengrund Adorno a parlé (dans "La dialectique de la raison", je crois) d'un contexte d'aveuglement universel, qui rappelle que la parabole de la caverne dans "La République" de Platon est toujours d'actualité. Il faut crever le voile de l'aveuglement et cette tâche aussi ingrate que difficile nous revient. [224C48*30/11/2020]
Sur la perpétuation de l’erreur, acte délibéré
[DR]
Les Chrétiens des premiers temps, avant que l'Église n'en masque la Lumière, pensaient avec justesse que la majorité des hommes vivaient dans une ignorance insolente et présomptueuse et une étroitesse d'esprit arrogante. Ces Chrétiens prêchaient l'Évangile pour expliquer à l'humanité myope que Jésus était venu soulever le couvercle de la myopie. Cette image est celle d'un plateau de nuages qui couvrent le monde comme un couvercle d'aveuglement et d'ignorance. Vivre sous le couvercle de l'erreur n'est pas un état naturel contrairement à ce que pensent les matérialistes. C'est un acte délibéré, un point de vue devenu avec le temps l'immuable vérité du monde. Ce monde, il nous faut le changer (Signe 28/7). Bref, il faut vaincre le péché pour y voir clair. Un seul moyen : la pénitence. [224C49*30/11/2020]
Sur le culte des chefs et l'absence de chef
Je reçois beaucoup de courrier et parmi toutes ces lettres un certain nombre qui avouent notre faiblesse, et beaucoup de ceux qui pleurent sur notre insuffisance se ramènent à l'idée que notre foi est encore fragile parce qu'issue de la conscience nécessairement pauvre qu'il faut changer sa vie (Signe 30/11) et changer le monde (28/7) et que tout se fait mais dans l'hésitation, parfois dans l'inconsistance. Pourquoi la nécessaire pauvre conscience ? Parce que nous commençons et que comme dans tout commencement tout est inévitablement imparfait et timide. Oui. Mais je pense qu'il y a aussi le fait que, dans une époque de l'Histoire où se célèbre partout dans le monde le culte des chefs, l'absence de chef, donc de plan, de méthode imposée et d'ordre d'exécution dans notre mission, les "troupes" missionnaires sont affaiblies, voire quelque peu perdues. Alors, je mets en garde ; je dis : Erreur ! Voyez ce que sont devenus les grands chefs du XXème siècle (Staline, Hitler, Mussolini, etc.), leurs plans, leurs méthodes ; tous les chefs se trompent, tous les plans déraillent, etc. Pour nous le Père envisage une tout autre façon de faire : la liberté, l'harmonie d'une action issue d'un But Suprême : la Vie retrouvée (24/5). Nous avons la foi et nous agissons selon la foi pour que la "logique" et l'ordre matérialistes ne nous fassent pas périr.
Nous sommes ailleurs et il faut le temps que nous nous y habituions. [224C51*30/11/2020]
Sur la poésie et l’admiration des poètes
"Poésie, "poète", "poème" viennent du grec ancien ποίησις. Le verbe grec ποιεῖν (poïèn) signifiait "faire, créer". Le poète est un créateur, l'inventeur d'un libellé chanté. La poésie est toujours basée sur la musicalité et le rythme. Le poète recherche aussi l'expressivité par les mots — On se rappelle la réponse de Mallarmé à Degas. Degas : "J'ai des idées, je vais écrire des poèmes," et Mallarmé de lui répondre : "Mais la poésie n'est pas faite d'idées mais de mots" (dit de mémoire). Il y a les poètes artistes soucieux de beauté formelle, les poètes lyriques diffusant le chant de l'âme, le poète voyant engagé dans des visions, etc.
Homère est le plus ancien poète connu ; il faisait du rythme son aide-mémoire car il devait chanter l'Iliade et l'Odyssée sur sa cithare. Mais, sans qu'on sache qui les écrivit, il y eut avant Homère le poète de l’épopée de Gilgamesh, (3eme millénaire av. J.C.) en Mésopotamie, les poètes des Vedas en sanscrit et des Ramayana ou Mahabharata indiens, la poésie égyptienne antique, la Bible des Hébreux, etc., etc.
Aristote dans "La poétique" parle de trois genres : la poésie épique, la poésie comique et la poésie dramatique. Quant à moi je ne vois pas la différence. La poésie est ou n'est pas. La poésie dès l'origine fut probablement fondée sur l’oralité et la musicalité, parce que la mémoire était facilitée, en des temps où très peu de gens savaient lire, par l’utilisation des vers et d’effets sonores comme les rimes. Tout texte poétique fut fait dès le départ pour être entendu parce qu'il ne pouvait pas être abordé par la lecture silencieuse. Par suite, même quand la plupart des humains maîtrisèrent la lecture, la poésie se définit par le soin spécial apporté au signifiant pour qu’il accroisse le signifié ; le poids des mots va bien au-delà de leur sens courant. Vous, frère Jean-Louis, vous n'avez pas de rimes, vous poétisez en prose, si je peux dire et c'est indiscutablement très poétique. Mais on ne cesserait jamais de parler du poème qui est un autre langage dans la langue elle-même. C'est la rencontre entre le poète qui, par ses mots dit lui-même et son monde, et le lecteur ou l'auditeur qui reçoit et partage ce que j'appelle ce code. Il y a des œuvres inclassables comme "Les Chants de Maldoror" de Lautréamont (je fais ici un copié-collé) :
Plût au ciel que le lecteur, enhardi et devenu momentanément féroce comme ce qu’il lit, trouve, sans se désorienter, son chemin abrupt et sauvage, à travers les marécages désolés de ces pages sombres et pleines de poison ; car, à moins qu’il n’apporte dans sa lecture une logique rigoureuse et une tension d’esprit égale au moins à sa défiance, les émanations mortelles de ce livre imbiberont son âme comme l’eau le sucre. Il n’est pas bon que tout le monde lise les pages qui vont suivre ; quelques-uns seuls savoureront ce fruit amer sans danger. Par conséquent, âme timide, avant de pénétrer plus loin dans de pareilles landes inexplorées, dirige tes talons en arrière et non en avant. Écoute bien ce que je te dis : dirige tes talons en arrière et non en avant, comme les yeux d’un fils qui se détourne respectueusement de la contemplation auguste de la face maternelle ; ou, plutôt, comme un angle à perte de vue de grues frileuses méditant beaucoup, qui, pendant l’hiver, vole puissamment à travers le silence, toutes voiles tendues, vers un point déterminé de l’horizon, d’où tout à coup part un vent étrange et fort, précurseur de la tempête... etc.
Compliqué, voire tarabiscoté, mais magnifique. Pour moi qui ne suis pas poète je dois expliquer les choses clairement, car mon rôle est simplement d'instit du Ciel et de sergent d'exercice de la Mission. J'écris comme les rats rongent ; ça fait "croui, croui, croui..." et ça passe dans l'estomac. Non, je le redis, je ne suis pas écrivain et je suis moins encore poète. De là mon admiration pour les poètes. [224C53*01/12/2020]
Sur la réalisation, inévitablement progressive, du pénitent idéal
Dans le monde l'actuel, le mode de pensée dominant est la pensée fondée sur les chiffres qui remplace la pensée fondée sur les mots. L'homme est devenu une machine à calculer ; il n'est plus un livre de philosophie lequel avait déjà remplacé le livre de théologie. Le monde où nous vivons est dans sa grande majorité post littéraire, chiffré et iconosphérique. Quand j'écoute les politiques je n'en entends plus aucun citant un auteur, un penseur, un moraliste, moins encore un métaphysicien comme si ces gens-là étaient aussi inexistants que les fées. Quel homme de spiritualité ou de philosophie est-il, sauf dans de rares milieux restreints, écouté et surtout mis en application de nos jours ? Je n'en vois pas. La télévision diffuse chaque jour le chiffre des tests, le chiffre des cas de convid-19, le chiffre des morts. Les réflexions sur la vie, la mort, leurs sens ? Je n'en entends aucune. Oui, l'homme est devenu une machine à calculer.
Personne, de ce fait, n'a tant l'élan naturel que le talent et que la position influenceuse qui permettraient de parler de nous, Pèlerins d'Arès, intelligemment. Personne ne parle du Signe, qui est notre Source de foi et d'espérance, de notre Appel à l'amour, au pardon, à la paix, à l'intelligence du cœur et à la liberté absolue, de notre descendance de concepts déjà lancés depuis longtemps pour faire renaître l'amour et à tout ce qui en dérive ou en dépend. Nous ne jouissons, pour l'heure, d'aucune visibilité. Nous sommes ignorés dans le débat des pensées ou de ce qui en reste. Nous sommes, en somme, une sorte de création ex nihilo... de rien. Autour c'est le chaos revenu. Cela donne à mes frères et sœurs une aura considérable, pour invisible qu'elle soit encore. Quand on me dit, cela arrive : "Vous ne pouvez pas avoir inventé cette histoire du Signe. C'est trop idiot !" Je réponds : "Vous avez la vue courte. Idiot ? Oh non ! Ça ne l'est guère. La preuve que je n'ai pas pu inventer cette Parole venue de la Vie, la voilà : C'est qu'aucun être rationnel — et je me crois rationnel — n'aurait choisi de son propre chef de lancer une Pensée de pareille ampleur et portée. Et cependant, le renversement du spirituel dans le matériel, dans cette humanité de machines à calculer, de robots "à casquettes de plomb" comme disait Rimbaud, n'a jamais été — on le voit bien aujourd’hui — aussi nécessaire si l'on veut sauver l'homme en redonnant son activité créatrice à l'image et ressemblance du Créateur qu'est l'homme."
Sur le chemin qui m'a mené de l'athéisme de ma jeunesse au christianisme d'église et au Signe, j'ai rencontré bien des mythes : le mythe du marxisme, puis le mythe ecclésiastique de Jésus-Dieu incarné et mort sur la croix pour la rédemption des péchés du monde. Sur ce chemin j'ai pu mesurer combien la surdité du peuple est profonde face aux mensonges, y compris les mensonges de la démocratie dont on entend aujourd’hui de superbes exemples. Peut-être, après tout, que le vrai péché originel est la politisation de l'humanité. L'Église elle-même est politisation. Le Signe m'a sorti de cette politisation et me rappelant que la Voie du Salut n'est jamais la politique, mais qu'elle n'est pas non plus l'éclipse, l'effacement. Bref, l'interposition du Signe qui veut se faire entendre est un événement insolite, totalement inattendu dans un monde qui croyait que les temps du Surnaturel et des Révélations étaient depuis longtemps révolus. Si Le Signe n'a jamais trouvé d'éditeur digne du nom d'éditeur, c'est parce qu'elle échappait, par sa nature même, à la domestication des œuvres par la profession de l'édition. Nous nous trouvons à l'inverse du réflexe de l'ermite ou du "saint" ; ceux-là veulent disparaître du monde, lequel n'est pas fâché de les voir s'évanouir, se perdre, et nous, nous voulons réapparaître, nous faire entendre et voir ! Or, ce monde qui veut bien resocialiser les loups, les réintroduire et les faire accepter, ne veut absolument pas voir réapparaître une spiritualité pure, areligieuse, dont le puissant moteur est l'amour. Nous sommes aux yeux des rationalistes plus dangereux que des loups. Mais comme ils n’ont rien à nous reprocher, ils ne savent absolument comment nous combattre, sinon par le silence.
Nous ne sommes pas des fugitifs de ce monde. Au contraire. Le but ainsi poursuivi n'est que l'accomplissement de ce que le génotype, ou germe de l'homme, tenait en puissance. La trajectoire sur laquelle chaque humain se développe dépend certes de dispositions qu'il tient de sa toute première formation ; aucun Pèlerin d'Arès n'échappe à de grandes difficultés, mais il a un outil puissant de déviance : la pénitence. La réalisation du pénitent idéal est nécessairement progressive ; de plus, elle peut ne pas être totale dans les premières générations ; enfin, les circonstances la modifient plus ou moins. Aussi a-t-on distingué du biotype la péristase, sorte de bouillie des aspects divers sous lesquels l'humain s'est manifesté au cours de sa vie. L'histoire d'un être est dominée par son biotype et constituée par sa péristase. La péristase, qui se développe quand se forme le Pèlerin d'Arès est opposée au fatalisme de l'hérédité et des constitutions mentales préétablies. Nous Pèlerins d'Arès fabriquons bien nos destins et les dominants n'aiment pas ça, parce qu'ils veulent être, eux, les "sculpteurs" de nos destins, ce que nous refusons. Je n'arrêterais pas de montrer pourquoi nous avons pour le moment tant de difficultés à faire notre apparition publique. J'arrête. [224C59*04/12/2020]
Sur l’espérance qui rejoint le rêve si elle n’est pas accomplie
Albert Camus a écrit une pensée laconique et énigmatique : "Tout le malheur des hommes vient de l'espérance", qui a fait couler beaucoup, vraiment beaucoup d'encre et, pourtant, il est difficile de croire, de la part d'un Camus, homme d'une grande intelligence qui valait bien l'intelligence d'un Pascal, qu'il ait écrit cela dans un moment de stupidité.
L’espérance nous rendrait-elle inactifs face à notre destin et aux mille événements qui le font ? L’espérance nous ferait-elle manquer quantité de bonnes occasions, nous rendrait-elle idiots ? L’espérance, en fait, est un rêve, un rêve d'attentiste, elle n'a aucune réalité, mais elle a une force exceptionnelle, une force à double tranchant. Outre sa force, elle est un méli-mélo de désirs et d'émotions sans raison sur l'instant. L'espérance imagine un avenir réussi, elle bâtit sa propre histoire en pensée. Peux-ton dire que l’espoir ou l'espérance fait vivre dans un monde d'avenir inconnu ? L'espérant vit entre guillemets, dans l’attente que ses espoirs se concrétisent. Espérer n’est pas un verbe d’action, mais de projection. Vu comme ça, les mots de Camus prennent un sens. Si je ne fais qu'espérer, je fais mon malheur en rêvant à des chimères. Pourtant, j'ai l'espérance, qui accompagne ma foi et je ne ferais rien sans elles. Rester au repos dans sa chambre, c'est aussi s'interdire d'espérer, se neutraliser, s'hébéter. [224C60*04/12/2020]
Sur les raccourcis dont la conscience doit se contenter, faute de tout savoir
Au temps où j'étais communiste, je lus des auteurs marxistes affirmant que la conscience marxiste était nécessairement fausse ou quelque chose d'approchant (la mémoire me fait parfois défaut quant au mot à mot de certaines citations). Toutefois ils s'abstenaient de fournir des informations sur la "nécessité" de cette fausseté. Dans l'Église, après ma conversion, j'eus quelques conversations avec des théologiens qui défendaient des points de vue similaires : Pour eux la divinité de Jésus et la rédemption étaient des notions nécessairement fausses, mais accessibles aux petites gens et suffisantes pour leur permettre de satisfaire à la Vérité. Quand j'écoute nos politiciens j'ai de même l'impression qu'ils ne croient pas vraiment à ce qu'ils disent, mais qu'ils pensent que c'est ce qu'il faut faire croire pour sauver l'humanité.
Or, je crois autre chose. Je crois que la conscience est nécessairement locale et doit souvent se contenter de résumés, de schémas, de "mensonges qui disent la vérité" comme disait Jean Cocteau, mais qu'elle, la conscience, ne peut jamais être "nécessairement fausse". On confond le contenu et le contenant. Je crois qu'il ne faut pas confondre les raccourcis dont la conscience doit se contenter, faute de tout savoir, et les mensonges dans lesquels la conscience doit se déguiser pour croire à elle-même. Dit autrement, je crois qu'il existe une relativité des équations qu'on nous écrit au tableau noir pour parler plus brièvement, mais qu'il existe un Vrai, de la ligne duquel il faut se faire une ceinture (Exode 12/11).
Il y a deux jours j'ai écouté une interview de notre Premier Ministre. Il m'a fait l'effet d'un brigadier-chef de gendarmerie tranchant et irréfragable n'admettant pas qu'on le contredise, c'est tout. Les explications qu'il a données des points incompréhensibles des décrets qu'il met en œuvre m'ont paru totalement vides. J'ai élevé mes bras au Ciel : "Ô toi, la Vie... ma pauvre... Que nous envoies-tu convaincre le monde qu'il faut vivre tout à l'inverse de ce bonhomme !"
Ernest Bloch, philosophe qui s'interrogeait beaucoup sur le complexe d'utopie, a écrit : "L'homme ne vit pas que de pain, surtout quand il n'en a pas." Nous ne vivons pas que de ce que nous cachent nos gouvernants, surtout quand nous ignorons les choses innombrables qu'ils nous cachent. Je me sens pour ma part dans un vide vertigineux. Autrement dit, je ne crois pas aux mensonges évidents qu'on nous déverse, mais en ce qui concerne la vérité sur le covid-19 je ne sais pas où est la vérité... Je pense que c'est tout simplement parce qu'il n'y a personne qui sait ce qu'il faut faire. Nous sommes dans le brouillard total. On ne sait plus qui croire, ni quoi faire. Il ne nous reste qu'à garder la foi en l'avenir, parce que nous ne sommes pas seuls, il y a toujours à proximité une légion de saints qui nous secourra, mais ça, il n'y a que nous pour en être conscients. Je trouve, pour finir, assez rigolo ce bon tour que le Ciel joue aux vivants si orgueilleux et si satisfaits de leur "savoir" en les jetant dans une incertitude totale. [224C62*04/12/2020]
Sur le rôle du Pèlerin d’Arès, non réformateur mais changeur et donc, co-créateur
Sommes-nous des réformateurs ? Non. Nous sommes seulement des purificateurs, des simplificateurs des sortes de filtres, mais ces filtres doivent retenir tellement de crasse qu'on ne peut la montrer, tant grosse et malodorante elle est ! Il faudrait trop de temps pour la faire voir et sentir, et puis ce n'est pas beau (Signe 12/3) et ce qui n'est pas beau ne convainc pas. Comment pourrions-nous montrer à ceux que nous rencontrons tout ce qu'il faudrait montrer ? Alors, dans l'impossibilité d'exposer tout ce qu’il faudrait déposer, l'impossibilité de montrer ce qui reste de pur, pur et suffisant pour changer le monde et en assurer le Salut, nous passons pour de banaux rabâcheurs de bondieuseries. Je cherche comment résoudre ce problème.
Nous vivons dans un monde sans scrupule, menteur et impudent... Cela ramène à ma mémoire un épisode de la vie de Martin Luther, le réformateur. Je n'ai pas le temps de vérifier et je peux me tromper sur les détails, mais en gros je crois que la situation fut la suivante : Lors d'un voyage à Rome (vers 1510), Luther se trouva en compagnie d'évêques tombés dans le doute et, pire, qui ne se privaient pas entre eux de railler des choses qu'ils étaient censés croire et chargés d'enseigner au peuple. Tandis que le célébrant prononçait les paroles de la consécration eucharistique, eux de leur côté disaient cyniquement : "Pain tu es et pain tu resteras." Luther découvrit la profonde corruption de ces gens-là, car même si l'hostie ne se change pas en corps du Christ, ils ne devaient pas en rire, parce qu'il demeure que les Paroles prononcées par Jésus lors de la Cène gardent un profond sens spirituel. Rien n'a changé et aujourd'hui nos gouvernants et leurs exécutants fidèles ne croient pas davantage aux choses socio-économico-politiques qu'ils évoquent si solennellement dans leurs discours. Le cynisme est si profond qu'il nous faut réfléchir aux moyens d'ouvrir sur lui les yeux de l'humanité.
Or, le Père ne nous envoie pas critiquer ce monde, car nous n'en finirions pas, mais Il nous envoie le changer. Autrement dit, ce n'est pas ce que le monde est que nous sommes chargés d'observer, mais ce que le monde devrait être que nous sommes chargés de recréer. C'est pourquoi ce n'est pas pour faire du style que j'ai toujours dit que nous sommes des co-créateurs, mais parce que c'est bien cela que nous acceptons d'être activement, alors que nous le sommes passivement, inconsciemment, parce que nous sommes avec les sept milliards d'humains sur terre les Enfants (Signe 13/5), les images et ressemblances (Genèse 1/26) du Créateur, nous sommes Un (xxiv/1), Un entre nous, Un avec Lui. Quelque chose est difficile à faire passer : Nous sommes co-créateurs comme nous sommes co-démons. Il est difficile d'expliquer le fait qu'il n'y a pas sept milliards d'hommes sur terre, mais un seul homme exprimé en sept milliards d'atomes libres. Quand eut lieu dernièrement à Conflans-ste-Honorine le meurtre atroce du professeur Samuel Paty par le Tchétchène Abdoullakh Anzorov, citoyen russe, je me suis senti tout à la fois l'assassin, le mufti inspirateur du crime, la victime décapitée, le policier tueur de l'assassin, le juge des assassins du même genre, le journaliste qui parle d'eux, le petit musulman anonyme qui approuve le crime en silence, bref, chacun des innombrables acteurs de ce tragique fait divers, c.-à-d le monde. C'est pourquoi il faut aimer tout le monde, parce que chacun de nous est tout le monde ; le nier est individualisme, autosatisfaction, orgueil, etc. le mal profond de l'homme. Notre mission n'est donc pas d'user des arguments des propagandistes de tous bords qui opposent, mais de nous montrer au-delà, d'être une expression du Fond des Fonds (Signe xxxiv/6), ou si l'on veut de l'homme des hommes. Il n'est pas facile d'être ainsi, parce qu'on a l'air de farfelus, d'illuminés, d'incohérents, voire de criminels parce que frères des criminels comme des victimes Vous devriez chercher les principes de base d'un tel apostolat fait dans la dignité, des principes enseignables. C'est de cette seule façon que le monde changera (28/7). On est ainsi très loin des soucis que donne le covid-19, du fait qu'il faut ou qu'il ne faut pas être vacciné, etc. On est là où se situe le vrai problème de l'humain depuis Adam le rebelle.
Nous marquons une indifférence à la loi des rats (Signe xix/24), parce que Le Signe dit dans son ensemble qu'aucune loi ne résout le problème du mal et installe le Bien. Le Bien ne peut s'installer qu'à partir d'une énergie développée sur la volonté — pour que nous fassions Ta Volonté (12/4) — d'aimer, de pardonner, de faire la paix, de réfléchir avec intelligence du cœur autant qu'avec l'intelligence intellectuelle et du fait d'être libre ou libéré de tous préjugés. Il faut d'abord pour cela s'évader du carcan d'inhibition de la morale ; c'est la morale qui fait, agglomère, colle la masse. Il faut savoir, par exemple, que le fait d'être fidèle, recommandé fortement par la Parole, n'est pas de la morale, mais la nécessité de retrouver au fond de soi l'énergie sans laquelle on ne parvient jamais à devenir infailliblement fidèle à l'amour, au pardon, à la paix, etc. La foi, l'espérance, la pénitence sont énergie. Nous sommes chargés de développer cette énergie, donc de faire entrer le monde dans l'ère post-légaliste, post-morale, post-peur du gendarme. Le monde présent infantilise l'homme ; il nous faut en sortir. C'était déjà — c'est évident quand on lit bien Le Sermon sur la Montagne — le but poursuivi par Jésus ; c'est la raison pour laquelle il a été crucifié. Le Signe n'arrive pas sur un monde totalement impréparé ; bien des auteurs ont préparé la Voie : La Boétie, Spinoza, Rousseau, Stirner, Dostoïevski, Walt Whitman (chantre du profond pouvoir rédempteur de l'amour), Gide, Malraux, pour n'en citer que quelques-uns au hasard parmi de très nombreux. Je m'interroge toujours sur le mystère d'un monde gouverné par des politiciens ineptes quand ce même monde a été sillonné par des penseurs et des auteurs d'un niveau qui devrait avoir fait évoluer les esprits. Je ne cesse de m'interroger, pour citer un fait caricatural, sur le fait qu'une Allemagne, pays de si grands penseurs, philosophes et auteurs, ait pu amener au pouvoir un minable Adolf Hitler et sa clique de miteux et dangereux politiciens. Mais bon ! C'est comme ça. Nous sommes lancés dans un monde sourd et aveugle, qui tout en lisant et en criant qu'il est fouetté a besoin d'être fouetté. Ce monde est étrange, au fond, mais nous ne sommes pas chargés de réévaluer les valeurs du monde, ce qui serait un travail de réformateurs, mais de changer le monde radicalement, de le faire renoncer à tout ce qu'il a été nonobstant en son sein les hommes qui ont vainement jusqu'ici essayé de le faire évoluer.
Notre tâche est extrêmement difficile. Nous devons faire de ce monde autre chose que ce qu'il a été en tous points. Je parle du monde, de la masse, pas des exceptions dans sa multitude (Signe 12/7-9), qui n'ont pas réussi à la faire changer encore. [224C63*05/12/2020]
Sur les portes à ouvrir sur le Vrai, lui-même corridor qui mène à la Vérité inaccessible
Je développe davantage mon enseignement pour aider nos frères et sœurs de mission qui ont besoin d'affiner leur connaissance de la Parole, de son sens ; ils doivent mieux tracer le contour du Vrai. Non, je pense, parce que ça leur faciliterait la mission, le propos prime de l'apôtre ne pouvant qu'être simple : pénitence, mais parce que cela les allège ; les trous noirs de l'ignorance pèsent très lourds. Ils sont comme pleins de plomb. Jésus fut crucifié très rapidement par les autorités judéo-romaines de Judée sans avoir eu le temps de former ses disciples. L'arrivée parmi eux, peu après la crucifixion, de frères plus évolués comme Paul de Tarse, lettré en hébreu et en grec, et Luc, qui était médecin et probablement grec lui-même, permit un certain développement du savoir dans le groupe des premiers chrétiens, mais ne compensa nullement l'insuffisance de l'enseignement du prophète assassiné. De ce fait, l'église put tisser sa théologie trinitaire sans rencontrer beaucoup de protestations.
Quand il y a trop de portes fermées, les gens imaginent ce qu'il y a derrière et l'image qu'ils imaginent est hélas très souvent fantaisiste. Il faut que les portes puissent s'ouvrir sur le Vrai, le Vrai étant lui-même le corridor qui mène à la Vérité actuellement inaccessible. Il faut aussi qu'en ouvrant les portes ce que les gens voient derrière ne soit pas trop obscur. Il nous faut répandre la pratique de l'amour du prochain, mais le Vrai fait aussi peur que l'amour. Ce sont des obscurités pour l'homme moderne, qui est l'homme du téléphone portable mais pas l'homme de la métaphysique. De là le recul à peu près constant de ceux qui nous écoutent. Je ne sais pas si ce que j'enseigne par mon blog permettra à mes frères de faire voir le Vrai plus clairement, mais je m'efforce d'obtenir ce résultat. [224C64*06/12/2020]
Sur l’urgence de renoncer aux puissances illusoires pour propager la Puissance de la Vie
Mon épouse Christiane, qui lit mon blog sur sa tablette ou sur son ordinateur, parfois me dit en hochant la tête et en me regardant comme si j'étais très loin, un bestiau à cornes spirales vertes, yeux ultra-violets, dents de zirconium et ailes de condor de l'autre côté d'un fossé comme au zoo de Vincennes où dans mon enfance (c'est peut-être la même chose aujourd'hui) on voyait les lions par-delà un abîme, et elle me dit : "Ce que vous écrivez c'est... c'est... c'est..." Elle ne trouve pas le mot et mon imagination s'envole, vorticiste, se perd dans l'infini firmament des mots invisible, inodores, inaudibles... Je me sens tout petit, tout petit, réduit au bras avec au bout une main qui tape sur le clavier ce que tape la Vie, qui est là, partout, mais Qui nous ayant créés libre ne sait plus que faire du pendard que l'humain est devenu. Je ne suis rien. Seul est — est au sens fondamental d'être — Ce Qui m'utilise pour écrire humain, Qui n'est pas moi, Qui m'efface, faisant de mon ombre — je n'existe plus pour moi, mais j'existe comme atome de l'Absolu — une sorte de récit enchâssé où Tout se trouve, se dit, se fait, car ce que le monde ne perçoit pas, mais que nous Pèlerins d'Arès commençons de percevoir, c'est le tout qu'est l'homme à l'instar du Tout qu'est ce que l'humain nomme Dieu ou des mille noms de la Vie. Nous sommes déjà hors du langage... Mais alors, bigre, comment appeler le monde à changer ? !
Déchus nous sommes, nous humains, aussi bien les rares apôtres de la divinité oubliée, la divinité des myriades composites de Vie, que l'énorme masse de la matérialité abrutie par son unanimisme archétypal. Comment s'étonner que des déchus en masse ne suivent pas les déchus en parcelles que nous sommes ? Nous sommes tous, même si c'est plus ou moins, plus déchus encore que l'ancêtre-voyou Adam. C'est l’évidence ; plus nous nous auto-aimons ou, si vous préférez, plus nous nous aimons nous-mêmes, plus mal nous allons... De mal en pis. Notre siècle est celui de la rage avec laquelle les grands espaces et les grandes masses s'érigent en maîtres des petits sans voir que le Salut n'est pas dans la vasteté de la bêtise, de l'erreur et de la méchanceté, mais dans la sagesse du petit nombre où peut se retrouver la Sagesse du Tout, de l'Univers. C'est dans la petitesse que nous triompherons du mal. Dans l'épingle, ce n'est pas la large tête qui compte, mais la très mince pointe. Nous avons oublié nos saintes gloires, celles de la divinité que nous formions en des temps immémoriaux, qui ne disent plus rien aux habitant du zoo que nous avons fait de la Terre. Dans notre for intérieur, nous avons acquiescé à notre goût de la matière, de l'or, de l'argent, même nous missionnaires nous devons aimer tout cela pour ne pas passer pour des aliénés ; nous souffrons de cette contradiction. Que de temps il va falloir pour nous épurer ! Les gens que nous rencontrons dans la rue ne sont pas disposés à retrouver les temps d'Éden. Comme la vache se contente d'herbe tous les jours et du taureau de temps en temps, nous nous contentons tous de ce que nous avons... Alors, ce que nous prêchons est hors des réalités perçues par l'homme ; celles-ci sont artificielles même pour nous et là nous voyons bien qu'il nous faudra le courage du dépassement, qu'il nous faudra vivre autrement et que cela demandera beaucoup plus que quatre générations (Signe 24/2). L'homme est sorti épuisé de sa recherche des techniques, du confort, du luxe, de ce qu'il croit être bonheur avec une belle retraite au bout, alors qu'au bout il n'y a que la mort ! Et voilà une pandémie de covid-19 qui montre qu'en fait nous ne maîtrisons rien, nous sommes aussi fragiles que des éphéméroptères volant en rond quelques heures les soirs d'été... Trois ans comme larves et quelques heures comme volants. Mais qui parmi les gens à qui nous parlons dans la rue se rend compte qu'il faut renverser l'ordre que nous nous sommes fixé qui nous mène au péché des péchés (38/2), à l'inexistence qui est probablement souffrance ; sinon, pourquoi le Père nous préviendrait-Il de cette possible issue catastrophique ?
Il faut renoncer à la fausse puissance du rationnel matérialisme et retrouver la Puissance de la Vie Créatrice.
Nous sortirons de la pandémie, oui, mais encore plus diminués, plus exposés que jamais au cynisme politico-financier-religieux des rois blancs et noirs. Ce sont des frères humains, mais incapables de nous faire évoluer dans le bon sens. Nous ne cessons pas de reculer ; la peur nous rend de plus en plus craintifs et la masse va accepter les faux vaccins, mais réellement très coûteux, qu'on lui propose.
Fin de l'homme. Je crois que le Père a envoyé Son Messager en 1974 et est venu Lui-même en 1977 parce que la fin de l'homme menace. Quelle importance ? me demandé-je, puisque la vie charnelle et intellectuelle est courte et la vie post-mortem interminable ? Il doit y avoir là quelque chose d'important, peut-être parce que la Vie a besoin d'Enfants pour être Elle-même. Peut-être parce que comme l'Enfant germe du Père, le Père germe de l'Enfant... Quelque chose qui me dépasse, mais qui peut être de l'ordre de la Vérité Vitale, de l'Éternel Retour. La conséquence de la déshumanisation est de toute façon tragique, car Dieu ne serait pas venu nous parler autrement. C’est le remplacement toujours plus prononcé de l'intelligence du cœur par l'intelligence de la machine, pas seulement la machine robotique, mais la machine que l'homme veut faire de lui-même.
Fin de la religion, parce qu'elle sera incapable d'empêcher la mécanisation du monde parce qu'elle-même s'est donnée une mécanique : les dogmes. Le christianisme disparaît peu à peu, le judaïsme n'existe plus que par bribes ici et là dans les synagogues où l'on rêve, l'islam paraît fort mais en fait est très faible ; on le voit au terrorisme qu'il génère ici et là, qui est signe d'insuffisance et non de plénitude et de force. Qu'est-ce que les religions ont proposé contre la pandémie ? Rien ou presque. Le recul de la religiosité s’accompagne de formes de plus en plus marquées de superstitions primitives, dont le sacrifice humain. Samuel Paty est un sacrifice humain et personne ne semble le voir.
Le monde est à reconstruire. Il faut en finir avec les thèses infantilisantes que concocte la politique. Il faut remettre les hommes à réfléchir par eux-mêmes, à comprendre qu'on s'éloigne de plus en plus des têtes pensantes et enrichissantes : Socrate, Platon, Aristote, Spinoza, Voltaire, Condorcet, Camus, etc. Il faut rétablir le primat de l'intelligence qui ne peut se passer de l'intelligence du cœur (Signe 32/5), car l'intelligence intellectuelle seule c'est Médée tuant et dépeçant Absyrtos, son propre frère, dans une passion meurtrière qui lui fait le découper en morceaux qu'elle sème derrière elle, retardant ainsi les poursuivants qui s'arrêtent à chaque fois pour récupérer les bouts de sa dépouille... C'est la folie qui menace le monde, folie au bout de laquelle viendra le tortionnaire péché des péchés. Mais pour l'heure si nous parlons de ça dans la mission, nous sommes pris pour fous nous-mêmes. Je dis, je crie, je hurle toute mon admiration pour mes frères et sœurs qui vont par les rues pour remettre en place le fil qui nous relie à la Vie, à la Vérité... Nous nous attaquons à un très difficile travail de renaissance spirituelle.
Nous vivons dans un monde qui incroyablement fait aujourd’hui beaucoup d’efforts pour devenir de plus en plus bête. Mais cette bêtise dispose de toute la puissance politique, financière, scientifique, militaire. C'est le drame par-dessus lequel il va nous falloir passer. Nous sommes seuls, nous ne pouvons pas compter sur ceux que l’habitude nous fait appeler les élites pour résister à la ruée collective vers la sotte mais puissante matérialité. Nous ne pouvons pas compter sur un homme-providence ; aussi est-ce tous ensemble que nous triompherons. Le Père dans Sa Sagesse sait pourquoi il ne faut pas de chef (Signe 16/1). Je crois que Bouddha se trouva en son temps dans une situation analogue. Le bouddhisme est dépassé lui-même, depuis longtemps puisqu'il a disparu de son pays d'origine. Nous avons à créer autre chose. [224C67*07/12/2020]
Sur la façon dont le Prophète s’inspire des commentaires de son blog pour rédiger ses réponses
Il y a partout d'innombrables fenêtres, qui ouvrent sur des ciels très divers, des ciels qui outre les différences de couleur, de lumière, de nuages, d'étoiles, etc. entre eux, sont perçus différemment par ceux qui les regardent selon leurs goûts, leurs états d'esprit, leurs espérances ou désespérances. Ce qu'on voit par les fenêtres peut faire aussi peur que les grands sentiments, la passion entre autres. Dès lors que l’on m’adresse un commentaire, on ouvre devant moi une fenêtre et je réponds selon ce que je ressens en regardant par cette fenêtre. Si ce n'est pas ce que le commentateur ressent-lui-même, c'est un enrichissement. Je n'y vois pas une contradiction.
[224C68*07/12/2020]
Sur la sagesse de l’amour qui aplanit les interférences, les superpositions, les contradictions…
À un frère qui confie : "Je dois dire que je suis quasi hermétique à cette entrée. Je me sens frustré par elle d’éternité qui, si elle est admise, est dès maintenant et depuis toujours et pour toujours et pas en finitude de quelque chose [ ?]. Cette notion de finitude me semble rationnelle et pas spirituelle", Michel Potay répond :
Je respecte votre ressenti ; le ressenti n'est jamais le même d'un humain à l'autre. Par ailleurs, "quasi hermétique" veut dire "presque hermétique, pas tout à fait hermétique," et cela me rassure pour moi, qui me suis pourtant efforcé de dérationaliser le mot "finitude", ainsi qu'on le comprend peut-être dans les premiers échanges de cette page de commentaires où l'on voit que le mot finitude n'est pas compris de la même façon par tout le monde : La rationalité des uns n'est pas celle des autres.
Nous humains sommes contraints de rationaliser plus ou moins le spirituel, ne serait-ce que dans le langage pour ne pas tomber dans l'incompréhensible. Car le langage est nécessairement rationnel ; ainsi pour dire : "La pénitence assure le salut," je rationalise l'ordre des mots afin qu'on ne confonde pas le sujet avec le complément ; si je disais : "Le salut assure la pénitence," cela aurait également un sens, mais pas le même. Autrement dit, il est impossible d'entretenir avec nos frères et sœurs humains des relations spirituelles qui ne comportent pas un minimum de rationnel. À preuve, la "méthode d'action" missionnaire que vous présentez à la fin de votre commentaire. Le seul mot de méthode évoque la rationalité, inévitablement et le fait qu'on en change montre que la finitude d'une action, quelle qu'elle soit, même d'une action de base aussi simple que la mission ou apostolat, est une notion toujours plus ou moins empirique. La vie est faite de chauds et de froids, de dénivelés continuels, de hauts et de bas. Chaque homme est conçu pour animer sa propre vie et dès le moment où il s'agit d'animer un groupe les interférences, les superpositions, les contradictions apparaissent. C'est inévitable et seul l'amour peut en atténuer les effets négatifs. Même déjà entre deux personnes un décalage apparaît ; l’autre ne conçoit pas la finitude comme je la conçois. Mais il y a l'amour et le bon sens qui nous inspire : Qu'importe ! Car la Vie nous apporte Sa Sagesse : il nous suffit, dit-Elle, d'être pénitents, il suffit que nous aimions, pardonnions, fassions la paix, ayons l'intelligence du cœur libre de préjugés et nous sommes non seulement sauvés, mais nous contribuons au changement du monde. [224C70*08/12/2020]
Sur ceux qui acquièrent une vision plus large et plus claire de la situation du monde et de l'amour du prochain
Chaque homme est, comme je dis, enfermé dans son tube de fer et pour s'y supporter lui-même il doit se vaporiser du parfum de l'orgueil ou, tout du moins, de son égo. L'isolement de chaque être rend certes aux politiciens la masse plus facile à diriger, mais est un énorme obstacle au changement du monde qui ne peut se faire que par la réapparition de l'amour du prochain.
Le millénarisme politique à partir du XIXème siècle comme l'espérances des sociétés modernes sont fondés sur le progrès technique avec pour conséquence une confiance absolue en la science des savants, des ingénieurs, des banquiers et des experts-comptables et l'oubli rapide de la métaphysique et des espérances spirituelles, bref de la Vie. C'est dans cet état des choses que le Créateur envoie aux hommes Son Messager en 1974 et vient lui-même vers les hommes en 1977. Preuve que la Vie sait que le monde des chiffres et du rationalisme n'a pas tari le monde des âmes, quoique la situation soit préoccupante. La Vie sait aussi que les religions sont trop engagées dans le jeu politico-économique et trop enchaînées à leurs dogmes et règles "perpétuelles" pour changer quelque chose et ramener le monde au Fond. Alors elle s'adresse à un inconnu sans moyens, Michel Potay, dans un trou tout aussi inconnu et dépourvu de moyens : Arès. Suivent d'autres inconnus sans moyens. Nous sommes ainsi quelques milliers déjà à espérer dans Le Signe, mais seulement quelques centaines de ces milliers sont d'actifs apôtres qui doivent se contenter de la rue pour rencontrer l'humanité, parce qu'on leur ferme les portes des grands media. Le travail sera plus long, mais se fera quand même. Pourquoi ?
Eh bien, notamment parce que, justement, ces Pèlerins d'Arès et pèlerins d'Arès se sont déjà plus ou moins débarrassés de l'orgueil et acquièrent tout à la fois une vision plus large et plus claire de la situation du monde et de l'amour pour leur prochain, et parce que la Vie, dans Sa Sagesse, a réduit l'exigence spirituelle de la vie de l'apôtre à quelque chose de difficile mais de simple : la pénitence. Le bilan négatif de la politique et de l'économie industrielles a porté bien des penseurs à imaginer des sorties heureuses à ce nouvel esclavage. On ne peut tous les citer. J'en cite deux : Karl Marx qui a été l'un des plus fameux et Aldous Huxley et son "Brave New World" (Le Meilleur des Mondes) où la "cité radieuse" est peuplée d'humains châtrés de leur libre arbitre, délivrés de leur conscience comme d'une partie inutile de leur personne, heureux en conformant leur vie au Mythe. L'État Totalitaire est en place tant chez Marx que chez Huxley, cherchant à rendre de plus en plus dépendants du pouvoir la population conditionnée à sa servitude à laquelle elle est censée se plaire. J'abrège, parce que ces penseurs n'étaient pas assez bêtes pour ne pas envisager des solutions intermédiaires, des étapes, etc. Bref, c'est ce que l'État démocratique moderne essaie de faire : On le voit bien dans la conduite des confinements, à cause de la covid-19, auxquels les puissants du monde soumettent les peuples. Mais patatras, vlan, badaboum, Celui qu'on croyait éliminé à jamais : Dieu, cette "illusion", est revenu et a envoyé aux hommes un Message : Le Signe, où il leur rappelle qu'ils sont libres comme des poulains agiles (Signe 10/10) et que le bonheur n'est pas dans la soumission aux puissants, mais tout au contraire dans la reprise de possession par chacun et chacune de sa personne absolue, libre, parce qu'image et ressemblance de son Créateur. Nous agissons à l'opposé de ce que les puissants et leurs administrations voudraient faire de nous. Aucun étonnement donc, devant les difficultés de notre mission. Mais nous triompherons dans les générations qui montent. [224C71*08/12/2020]
Sur la décentralisation perçue comme une menace par l’État
Michel Potay publie un article que lui partage un commentateur :
Alexis de Tocqueville by Hohenfels (Domaine Public, CC BY-NC 2.0)
Pourquoi les autorités rechignent à la décentralisation et au pouvoir local ?
Deux siècles après Tocqueville et Constant, les régimes reconnaissent toujours la décentralisation comme une menace. Ceux qui cherchent à limiter le pouvoir de l’État devraient en prendre acte.
Par Ryan McMaken
Ces dernières décennies, beaucoup ont affirmé que les progrès des moyens de communication et de transport allaient éliminer les différentes spécificités politiques, économiques et culturelles propres aux habitants des différentes régions des États-Unis. Il est vrai que la différence culturelle entre un mécanicien rural et un barman urbain est moins importante aujourd’hui qu’au début du XXe siècle. Pourtant, les récentes élections américaines indiquent que la géographie reste un facteur important de compréhension des nombreuses différences qui existent entre les États américains.
Les centres-villes, les banlieues et les municipalités rurales sont toujours caractérisés par certains intérêts culturels, religieux et économiques qui ne sont guère uniformes dans le paysage. Bien sûr, dans un pays aussi vaste que les États-Unis, c’est une réalité de la société américaine depuis longtemps. Mais même dans des pays bien moins vastes, comme les principaux États européens, le problème de la création d’un régime national destiné à régner sur une population nombreuse et diversifiée préoccupe depuis longtemps les théoriciens politiques. En même temps, la question de la limitation de ce pouvoir étatique a été particulièrement abordée par les partisans du libéralisme classique, y compris sa variante moderne, le libertarianisme, qui se préoccupent de protéger les droits de l’Homme et les droits de propriété contre l’oppression des régimes politiques.
Malheureusement, la réponse de facto à ce problème a été de renforcer ces États nationaux au détriment des institutions et de l’autodétermination locale qui ont longtemps constitué des barrières entre les individus et les puissants systèmes politiques nationaux. Certains libéraux, tels que John Stuart Mill, ont même approuvé cette idée, pensant que la démocratie de masse et les assemblées nationales pourraient être utilisées pour protéger les droits des minorités régionales. Mais tous les libéraux n’étaient pas de cet avis, et certains ont compris que la décentralisation ainsi que le maintien des institutions et des lieux de pouvoir locaux pouvaient constituer un obstacle majeur au développement de l’État.
La pression de l'État et le déclin des pouvoirs locaux
Parmi les meilleurs observateurs et critiques de ce phénomène figurent les célèbres libéraux français du XIXe siècle, qui ont vu ce processus de centralisation se dérouler pendant la montée de l’absolutisme sous la monarchie des Bourbons et lors de la Révolution. Parmi ces libéraux — Alexis de Tocqueville et Benjamin Constant en particulier — nombreux sont ceux qui ont compris comment l’autonomie locale historique des villes et des régions à travers la France avait offert une résistance à ces efforts de centralisation et de consolidation du pouvoir de l’État français. Alexis de Tocqueville explique le contexte historique dans son ouvrage "De la démocratie en Amérique" :
"Durant les siècles aristocratiques qui ont précédé le nôtre, les souverains de l’Europe avaient été privés ou s’étaient dessaisis de plusieurs des droits inhérents à leur pouvoir. Il n’y a pas encore cent ans que, chez la plupart des nations européennes, il se rencontrait des particuliers ou des corps presque indépendants qui administraient la justice, levaient et entretenaient des soldats, percevaient des impôts, et souvent même faisaient ou expliquaient la loi."
Ces pouvoirs secondaires ont fourni de nombreux pôles de décision politique hors de portée et de contrôle des pouvoirs centralisés détenus par l’État français. Mais à la fin du XVIIIe siècle, ils disparaissaient rapidement :
"À la même époque il existait en Europe un grand nombre de pouvoirs secondaires qui représentaient des intérêts locaux et administraient les affaires locales. La plupart de ces autorités locales ont déjà disparu ; toutes tendent rapidement à disparaître ou à tomber dans la plus complète dépendance. D’un bout de l’Europe à l’autre, les privilèges des seigneurs, les libertés des villes, les administrations provinciales, sont détruites ou vont l’être." Cela, et Tocqueville le comprend, n’est pas un simple accident et ne se produit pas sans l’approbation et l’encouragement des souverains nationaux. Bien que ces tendances aient été accélérées en France par la Révolution, cela ne s’est pas limité à ce seul pays, et des tendances idéologiques et sociologiques plus larges étaient à l’œuvre : "L’État a partout repris pour lui seul ces attributs naturels de la puissance souveraine ; dans tout ce qui a rapport à la gouvernance, il ne souffre plus d’intermédiaire entre lui et les citoyens, et il les dirige par lui-même dans les affaires générales." Naturellement, les États puissants ne sont pas enthousiastes à l’idée de devoir travailler avec des intermédiaires, alors que l’État pourrait au contraire exercer un pouvoir direct par le biais de sa bureaucratie et en employant un mécanisme de coercition centralisé. Ainsi, si les États peuvent se passer des inconvénients de la souveraineté locale, c’est que cela permet au souverain central d’exercer son propre pouvoir d’autant plus totalement.
Le pouvoir de l'allégeance et des coutumes locales
Lorsque les États sont dirigés par un seul noyau politique, d’autres groupes de la vie sociale et économique s’y opposent souvent. Cela s’explique par le fait que la nature même de la société humaine est très diverse, en particulier dans les différentes régions et villes. Des réalités économiques différentes, des religions différentes et une démographie différente (entre autres facteurs) tendent à produire un large éventail de points de vue et d’intérêts divers. Avec le temps, ces habitudes et intérêts entretenus à un temps et un espace donnés commencent à prendre forme dans des traditions locales de diverses sortes.
Benjamin Constant, l’un des principaux libéraux français du XIXe siècle, a compris que ces différences pouvaient constituer des obstacles efficaces au pouvoir centralisé de l’État. Ou, comme l’a fait remarquer l’historien Ralph Raico : "Constant a apprécié l’importance des traditions spontanées, celles générées par la libre activité de la société elle-même… Constant a souligné la valeur de ces anciennes méthodes dans la lutte contre la puissance de l’État." Dans son livre "Principes de politique", Benjamin Constant se plaint que de nombreux libéraux de son temps ayant été influencés par Montesquieu ont embrassé l’idéal de l’uniformité des lois et des institutions politiques. Constant prévient que c’est une erreur et que cela tend à créer des États centralisés plus puissants, qui violent ensuite les droits que Montesquieu pensait pouvoir préserver grâce à l’uniformité. Mais cette uniformité politique peut conduire sur des chemins très dangereux, insiste Constant, qui conclut : "C’est en sacrifiant tout à des idées exagérées d’uniformité que les grands États sont devenus un fléau pour l’humanité." En effet, les grands États ne peuvent atteindre ce niveau de standardisation qu’en utilisant le pouvoir coercitif qui leur est propre pour imposer aux citoyens cette uniformité. Le peuple n’abandonne pas facilement ses traditions et ses institutions locales et c’est pourquoi, poursuit Constant : "Il est évident que des peuples placés dans des situations, élevés dans des coutumes, habitant des lieux dissemblables, ne peuvent être ramenés à des formes, à des usages, à des pratiques, à des lois absolument pareilles, sans une contrainte qui leur coûte beaucoup plus qu’elle ne leur vaut." Cela ne vaut peut-être pas la peine pour le peuple, mais il semble que ce le soit pour le régime. Ainsi, au cours des derniers siècles, les États ont consacré énormément de temps et de ressources pour démanteler les résistances locales, imposer les langues communes et homogénéiser les institutions nationales. Lorsque ce processus est couronné de succès, les lois d’une nation finissent par refléter les préférences et les préoccupations de ceux qui appartiennent à la région ou à la population dominante, au détriment de tous les autres.
À propos de cette centralisation du pouvoir, Constant écrit : "Il ne faut pas se le déguiser, les grands États ont de grands désavantages. Les lois partent d’un lieu tellement éloigné de ceux où elles doivent s’appliquer, que des erreurs graves et fréquentes sont l’effet inévitable de cet éloignement. Le gouvernement prend l’opinion de ses alentours, ou tout au plus du lieu de sa résidence pour celle de tout l’empire. Une circonstance locale ou momentanée devient le motif d’une loi générale. Les habitants des provinces les plus reculées sont tout à coup surpris par des innovations inattendues, des rigueurs non méritées, des règlements vexatoires, subversifs de toutes les bases de leurs calculs, et de toutes les sauvegardes de leurs intérêts, parce qu’à deux cents lieues, des hommes qui leur sont entièrement étrangers ont cru pressentir quelques périls, deviner quelque agitation, ou apercevoir quelque utilité." Pour Constant, la diversité entre les communautés ne doit pas être considérée comme un problème à résoudre, mais plutôt comme un rempart contre le pouvoir de l’État. En outre, il ne suffit pas de parler uniquement de libertés et de prérogatives individuelles lorsqu’on discute des limites du pouvoir de l’État. Il est plutôt important d’encourager activement l’indépendance institutionnelle locale : "Le despotisme, qui a remplacé la démagogie, et qui s’est constitué légataire du fruit de tous ses travaux, a persisté très habilement dans la route tracée. Les deux extrêmes se sont trouvés d’accord sur ce point, parce qu’au fond, dans les deux extrêmes, il y avoit volonté de tyrannie. Les intérêts et les souvenirs qui naissent des habitudes locales contiennent un germe de résistance que l’autorité ne souffre qu’à regret, et qu’elle s’empresse de déraciner. Elle a meilleur marché des individus ; elle roule sur eux sans efforts son poids énorme comme sur du sable."
En définitive, cette force institutionnelle locale est essentielle, car pour Constant le pouvoir de l’État peut être limité avec succès lorsqu’il est possible de "lui donner moins de pouvoir, en combinant habilement des institutions se faisant contrepoids pour échapper aux vices et faiblesses des hommes." Malheureusement, il semble que même les derniers vestiges institutionnels du localisme soient attaqués par les forces de la centralisation politique. Qu’il s’agisse des attaques contre le Brexit en Europe ou des dénonciations du collège électoral aux États-Unis, même les appels limités et faibles au contrôle local et à l’autodétermination sont accueillis avec le plus grand mépris par d’innombrables experts et intellectuels.
Deux siècles après Tocqueville et Constant, les régimes reconnaissent toujours la décentralisation comme une menace. Ceux qui cherchent à limiter le pouvoir de l’État devraient en prendre acte.
(Source : ___URL0___)
[224C73*08/12/2020]
Sur l’expression "Se faire une ceinture"
"Se faire une ceinture" est dans ma réponse une allusion à la ceinture (j'aurais dû mettre le mot en italique) dont le sens supérieur et important revient souvent dans l'Écriture : Et voici comment vous mangerez (la Pâque) : ceinture aux reins, sandales au pied, bâton à la main (Exode 12/11, traduction Osty). La ceinture et le fait de se ceindre dans la Bible a un sens métaphorique qu'on retrouve constamment : On se ceint de joie et de diverses vertus ; on se ceint les reins en se préparant au combat ou au travail ; on ceint la mariée ; défaire la ceinture du roi signifiait lui ravir son honneur ; la ceinture est ainsi le symbole de la liberté perdue ou encore du lien précieux qui rattache Yahwé à son peuple, etc.
Ceux qui ont tort sont-ils ceux qui agissent non pour le bien de la population mais pour d'autres intérêts : financiers, politiques?
"Ceux qui ont tort" sont-ils "ceux qui agissent non pour le bien de la population mais pour d'autres intérêts : financiers, politiques ou autres ceux qui pour arriver à leur fin déforment la vérité à leur profit ?" Pas nécessairement.
Très variés sont les points de vue qui entraînent des affirmations ou des dénégations. Les torts et les raisons peuvent être sincères et le sont d'ailleurs souvent. C'est, du reste, la raison pour laquelle il est toujours difficile de décider sur des questions essentielles sans débat d'idées, et encore ! La décision finale peut être erronée quand même ; la vérité peut être ailleurs, que personne n'a vue. [224C76*11/12/2020]
Sur Le Signe, classique spirituel parmi les classiques
Vous dîtes que pour trouver Le Signe il faut montrer au troisième étage de la librairie que vous évoquez, mais elle est là depuis quelque quarante ans, tandis que des nouveautés sont mieux exposés au public mais elles ne sont pas là pour très longtemps. Autrement dit Le Signe est devenu un classique. Si vous voulez trouver les "Essais" de Montaigne, les poèmes de Pierre de Ronsard ou de Joachim du Bellay, "L’Éthique" de Spinoza, la "Critique de la raison pratique" de Kant, "La condition Humaine" de Malraux ou simplement la Bible, vous devez aussi grimper jusqu'au troisième étage de la librairie, je suppose.
La découverte du Nouveau Monde par Christophe Colomb est contemporaine de "L'Utopie" de Thomas More. Où trouver dans la librairie dont vous parlez les documents afférents à ces deux événements, dont on a oublié la capitale importance pour l'humanité ? Colomb comme More sont partis d'idées utopiques mais réalisables tout comme Le Signe qui, je n'en doute pas, permettra de changer le monde... Mais ces événements comme les livres qui s'y rapportent, où les trouver dans votre grande librairie ? Si les nouveautés sont mises en valeurs, c’est parce qu’elles présentent de bon profit immédiat et que ça fait fonctionner les media, qui ne forment guère qu'une industrie dont le seul but est le profit. Nous sommes là au cœur du problème des grandes idées qui devraient avoir changé ce monde et qui ne l'ont pas encore fait. [224C79*11/12/2020]
Sur ce qui ne peut être compris qu’au terme d’une lente éducation
[DR]
Je n'ai rien contre cette affiche, dont nous Pèlerins d'Arès comprenons le sens, mais qui parmi les gens qui la verront en fera inévitablement réagir certains de façon primaire, coléreuse, qui ne comprendront pas pourquoi "chacun est tout le monde". Une affiche qui risque à ce point la désapprobation peut être plus malencontreuse que bénéfique. Cette présence invisible de toute l'humanité, la mauvaise comme la bonne, au fond de soi, entre dans le porisme qui met aussi le Bon comme le Mal dans les entrailles humaines. Ça ne me semble pas susceptible d'être compris de but en blanc par quantité de gens qui vivent sans la moindre perspective métaphysique, sans la moindre générosité en eux et sans la moindre idée qu'ils devraient avoir d'eux-mêmes. Cela ne peut venir qu'au bout d'une lente éducation. Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2). [224C82*13/12/2020]