Photo : Designer IA, Microsoft

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Que le Vent de la pénitence emporte l’Histoire, ses péchés, ses maux, ses vicissitudes, comme le vannage emporte la balle du grain !

Tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes matérialistes. Le patrimoine des Français doublait en trente ans, le confort se répandait, les avantages sociaux progressaient, la médecine avançait à pas de géant. Inaperçu était le déploiement de l’industrie asiatique, dont le travail allait peu à peu remplacer le nôtre. Inaperçu était l’allongement de la vie, qui allait alourdir les charges prestataires. Inaperçu était l’endettement général, qui allait déclencher la crise actuelle, le commerce de l’argent de compte (Signe ii/10-19, xi/3-4, xxvi/2, etc.), argent emprunté facilement, mais qui n’existait pas en réalité.
Les avantages sociaux régresseront. L’argent, le vrai, sera moins facile à gagner et à emprunter. Le travail se fera plus rare : 80.000 chômeurs de plus en février en France et des précisions alarmantes : 50.000.000 de chômeurs prévus dans le monde industriel dans les deux ans qui viennent, ce qui est énorme !
Dans un pays où l’on fabrique de moins en moins de produits industriels, qui sont de plus en plus sous-traités dans des pays lointains, les grands patrons ne sont plus que des super-agents de relations publiques pour négocier avec Polonais, Tchèques, Roumains, Chinois, Indiens, Indonésiens, etc. La capacité en super-communication n’étant pas donnée à tout le monde, ces grands patrons se font payer très cher. La Bourse et les grands spéculateurs ont acquis un tel pouvoir qu’ils influencent tous les cours et le pétrole en quelques mois passe de 30 à150 Dollars/barril et redescend sans logique apparente de 150 à 50 Dollars. Plus rien n’a de valeur stable, la valeur n’étant plus la marchandise — l’honnête coût de l’exploitation et de la distribution —  mais le maximum qu’on peut sans vergogne en tirer à un moment donné.
Certes, on peut quand même vivre dans l’appauvrissement et les problèmes, mais ceux-ci signalent actuellement le début d’une dégringolade aux conséquences tout à fait imprévisibles sur un humain qui a perdu toute philosophie face aux aléas de l’Histoire, parce qu’il ne voit plus depuis longtemps qu’il peut être plus fort que l’Histoire.
La population croit ne rien devoir craindre du gouvernement d’un pays démocratique sans voir que celui-ci légifère sans cesse et ainsi réduit chaque jour son intelligence, déjà devenue faible lumignon (Signe 32/5) côté spirituel, et ses libertés, de sorte qu’elle devra un jour se rendre à nouveau absolument libre (Signe 10/10).
Comment ? C’est toute la question.
Pour l’heure, la population déçue s’est déjà créé et se créera de plus en plus ses propres rêves et folies. Elle en exigera, de plus en plus souvent et en pure perte, la réalisation dans des manifestations de toutes sortes, poussée par des machines à penser, politiques, médiatiques, etc., sur lesquelles elle n’a aucun contrôle.
La déception ne peut plus spontanément inspirer à une population désipritualisée les bonnes et justes intentions comme la pénitence, le pardon, l’amour, l’intelligence spirituelle, etc. Pour cela il faut un éveil provoqué de la conscience. C’est l’objet de notre mission.
La déception porte toujours une population déspiritualisée à de mauvaises tentations, certaines violentes comme la vengeance (Signe 27/9) contre les présumés coupables, la révolution et la dictature idéologique, voire même la guerre, et d’autres individuelles et pacifiques, mais non moins pernicieuses, comme la tentation de se défausser de ses déceptions sur d’autres — en les critiquant et.ou les abandonnant —,  sur ceux en qui on croit voir les fautifs du marasme ou de l’échec, les soi-disant indécrottables immobilistes, incapables, bornés ou petits chefs, une tentation qui parfois se voit jusque dans nos assemblées de Pèlerins d’Arès, dans notre génération de pénitents débutants qui présentent encore beaucoup des péchés de la population générale. Car la spiritualisation, dont la toujours difficile fraternisation est une clé, doit commencer par nous-mêmes.

L’homme a rejeté la vie spirituelle, considérée comme démythifiée par la science, les progrès sociaux, et ainsi prouvée incroyable. Or, l’incroyable va devoir devenir le nécessaire.
Je ne me réjouis pas du reflux économique. L’homme pouvait retrouver la vie spirituelle sans que sa vie matérielle confortable soit menacée, les deux étant légitimes. Mais, devenu incapable de développer l’une et l’autre en même temps, il est clair que c’est dans la vie spirituelle — que Le Signe appelle la Vie tout court (24/3-5) — que l’homme trouvera les bases les plus sûres et les plus solides de bonheur.

L’homme ne croit plus au miracle socialo-communiste évaporé avec le « bloc de l’Est ». Maintenant il ne croit plus au miracle capitaliste ou libéral. Il comprend que ces deux miracles ont un seul et même prédateur, le système, qui officie à la tête de la chaîne financière comme il avait officié à la tête de la chaîne collectiviste. Ce qu’il faut remplacer, c’est bien le système, le système d’Adam (Signe 2/1-5), et non le matérialisme puisque nous sommes nous-mêmes matière. Matière organique qu’il faut respiritualiser comme le Créateur spiritualisa un animal pensant — l’homme qui couchait sur l’ombre (Signe vii/2) — pour en faire Adam en Éden (vii/5), l’Adam d’avant la chute (Signe vii/7-11).
Nous devons étendre et affiner sans cesse notre mission de spiritualisation, parce que la religion ne le fera pas, puisque depuis des siècles elle ne l’a pas fait. Nous ne laisserons pas les hommes à jamais incapables de comprendre que les bases du bonheur sont ailleurs que dans le système et dans ses lois, de gauche ou de droite, et ailleurs que dans l’espérance passive et résignée de la Miséricorde (Signe 16/15) et d’un paradis post mortem.
Faire prendre au vivant terrestre conscience de sa vocation spirituelle est très difficile. L’homme s’en est tellement éloigné que la seule hypothèse du spirituel n’effleure, pour l’heure, que quelques esprits ici et là. Aucun doute, la mission de spiritualisation est chiendent. On demande à des taupes de se changer en aigles (Signe 23/2). Devenir des aigles ? La taupe n’y voit même pas une utopie absolue, car penser à une utopie, c’est déjà penser. L’homme de la masse ne pense pas plus à devenir spirituel qu’a devenir végétal ou gaz.
C’est pourtant cette gageure que, par Le Signe, le Créateur nous envoie accomplir.
Nous serons tous, si nous le voulons, créateurs d’un monde changé (Signe 28/7). Les religions ont beau jeu de dire que c’est pure utopie et que le plus qu’un croyant puisse espérer est une mort et une éternité heureuses. Le Signe nous rappelle que l’homme n’a pas été créé pour mourir, que la mort est une anomalie, due au péché cumulatif. L’homme a été créé pour être chair, esprit et âme (Signe 17/7) inséparés sur la Terre. Il a été créé pour un bonheur terrestre que seule la Vie spirituelle (Signe 24/3-5), produit de la pénitence, peut animer dans sa complexité vivante.
Que le monde change avant que survienne le péché des péchés (Signe 38/2), le mal définitivement triomphant et que le monde ne s’autodétruise  !

 

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