Récemment, en zappant je tombe sur une chaîne, dont j’ai oublié le nom — Maroc quelque chose  ? — Je vois un jeune homme sympathique interviewé qui, à l’instant où je vais cliquer pour passer à la chaîne suivante, prononce ces mots : « …spirituel, un Islam réellement respectueux des autres. » Je tends l’oreille. Ce jeune homme parle de sa foi en termes nobles et superbes.
Soudain, son nom s’inscrit sur l’écran : Abd Al Malik. Je n’ai pas la moindre idée de qui il s’agit.
À un moment donné, l’interviewer lui dit en substance  : « Mais vous gagnez bien votre vie quand même. »
Abd Al Malik répond (je traduis sa pensée de mémoire)  :
« Gagner de l’argent n’est pas pour moi une fin. C’est un moyen d’exister,
parce que sans existence pas de possibilité de lancer un message aux hommes.
Dans ce monde on est ce qu’on a. Si l’on n’a rien on n’est rien, on est invisible. »

(Photo : Nikeush, Wikimedia)

Photo  : Nikeush (Domaine Public, Wikimedia)

J’ignore si Abd Al Malik a lu Le Signe, mais il connaît bien, à sa manière, une vérité essentielle et universelle que le Créateur rapporte à lui-même dans cette Révélation :

J’ai, je suis, dit le Créateur (Signe ii/1).
C’est parce qu’il ressemble à son Créateur (Genèse 1/27) que l’homme possède matériellement plus que sa seule vie, car le Créateur lui-même, s’il ne possédait que sa Vie, n’existerait pas, il ne serait pas entendu de l’homme pour qui n’existe que ce qui est perçu, senti, évalué, échangé.
Avoir, matériellement parlant, c’est donner prise aux sens et à la conscience de l’autre et c’est l’autre qui, en vous percevant, vous fait exister.
On est, parce ce qu’on a, donc,
mais le Créateur va plus loin : On a ce qu’on est, aussi.
C’est pourquoi laisser des hommes dans la misère, c’est les empêcher d’être. C’est plus qu’un péché contre le prochain, c’est un péché contre la Créateur et sa Création.
Conséquence : tout bien possédé est fait pour être échangé — contre reconnaissance, contre objets, contre service, contre argent, contre salaire, n’importe — et le dû honnêtement payé permet même d’évaluer un état spirituel (Matthieu 25/14-30, Luc 19/11-27, etc.)

Même s’il n’a pas vocation d’exister matériellement comme l’homme, qui assume sa chair, habite une maison, s’habille, se nourrit, etc., le Créateur a lui-même besoin de posséder pour exister. En disant : J’ai, Je suis (Signe ii/1), le Créateur souligne qu’il n’existe que s’il est perçu par sa Création et, notamment, entendu par les créatures humaines, et que cela n’est possible que par les liens de possession. Il possède — il a — beaucoup même. Cela va du plus grand : son Univers (Signe 12/4) immense et somptueux, au plus petit : sa Voix (4/8-10, vii/4-5, xxxiii/5) par laquelle il appella sonorement Noé, Abraham, Sarsouchtratame (Zoroastre), Moïse, Isaïe, Jésus, Muhammad et Mikal et le monde au-delà des prophètes.

Deux ou trois fois par mois, un moraliste morigénateur survient et me tance  : « Vous avez reçu Le Signe gratuitement, vous devez la donner au monde gratuitement. Vendre ce livre est honteux. Ça montre bien que vous êtes un escroc (ou un imposteur, ou un petit malin, etc.). » Ouillouillouille, on ne me ménage guère !
Je réponds : « Tout a un prix dans l’univers. Au Créateur transmettre Le Signe à l’humanité a coûté beaucoup plus que de l’argent, la douleur d’aimer sans retour : Je serre, Je serre comme le clou (ii/21). Un coût exorbitant que nous, pécheurs, n’assumerons que peu à peu (Signe 24/2) par la pénitence, l’acquisition du Bien, une monnaie encore hors de notre portée. Aussi, en attendant ce Jour, la Sagesse divine a-t-elle fixé à sa Parole sur terre un prix infiniment moins élevé, mais qu’il faut quand même assumer : l’argent pour éditer, imprimer et diffuser Le Signe et l’obligation d’assurer son autofinancement par la vente pour continuer de la propager et élargir son champ de diffusion. »
J’ajoute : « D’après ce que vous dites, si ce livre était gratuit, vous seriez converti ? »
La réponse à cette question varie d’un moraliste à l’autre, mais signifie toujours : « Ce n’est pas ce que je veux dire. »
Je réplique alors  : « Implicitement, vous venez d’avouer qu’il y a une morale dans le fait de vendre Le Signe. Les événements le prouvent. Vers 1980, pendant plusieurs mois nous avons distribué gratuitement 20.000 exemplaires de L’Évangile Donné à Arès. Combien de vocations spirituelles cette gratuité a-t-elle éveillé ? Aucune ! Par contre, les livres payés comptant en librairie ont permis à beaucoup d’entrer en pénitence et de créer leur âme (Signe Veillée 17). Comme quoi, même l’âme vaut un peu d’argent au départ. »
Le moraliste morigénateur disparaît alors, convaincu que j’ai menti. Un autre surviendra dans huit ou quinze jours.
Et moi, je ne fais que poursuivre la logique de la Création, qui est d’avoir et d’être inséparablement  :
J’ai, Je suis (ii/1),

sachant qu’on ne peut pas avoir sans être, mais qu’on ne peut pas davantage être sans avoir.
Payer la facture de l’imprimeur, faire ensuite payer le livre au lecteur et laisser au libraire son bénéfice, ces actes normaux — car l’ouvrier (même l’ouvrier de l’apostolat) mérite son salaire (Luc 10/7) — ne déspiritualise pas la Parole. Seuls des bougres d’hypocrites essaient de faire croire aux gens qu’une Parole n’est authentique que si son témoin vit de rien et communique avec le monde par pure transparence, comme les anges (et encore, qui sait de quoi vivent les anges ?)
Une nouvelle édition du Signe va voir le jour.Elle sera, comme les précédentes, vendue. Il n’y a rien là de malhonnête. Je remercie d’avance tous ceux qui l’achèteront, dont elle aidera le Réveil spirituel (Signe 36/4), et qui par la même occasion aideront notre difficile mission.

Au fait, j’ai demandé à ma fille Nina si elle avait entendu parler de Abd Al Malik. « Bien sûr, me dit-elle ! C’est une rappeur formidable ! »
Un rappeur ? Un rappeur soufi et philosophe ?
Mortifié de me voir si ignorant des choses du rap, je me suis dit : « Faut que j’me visse sur la tête une casquette, la visière de côté, que je mette un pantalon style besace dont le fond me descende aux genoux, des baskets délacés… Faut que je maigrisse pour me faire une poitrine de vélo et que je me traîne, un joint au bec (faut aussi que j’apprenne à les rouler), dans quelque bouge à rap… avec un faux menton en carton pour cacher ma barbe, car parmi les quelques rappeurs aperçus à la télé je n’ai vu aucun barbu… » Je soliloquais comme ça, parce que je n’avais vu d’Abd Al Malik que le beau visage.
Hier, Christiane, mon épouse, acheta un CD d’Abd Al Malik, « Abd Al Malik, Dante ». Je découvre qu’il est habillé comme tout le monde, comme moi, comme vous, et que sa poésie est belle, pleine de sens et n’oublie ni Dieu ni les valeurs de l’amour, du pardon, de la paix, de la liberté et de l’intelligence spirituelles.
Ouillouillouille, il doit s’attirer les reproches des moralistes morigénateurs.

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