Libres (10/10) de penser leur vie vous ferez les hommes !

Photo : Manish Sharma (Unsplash)
Le Signe dit :
Beaucoup ne te suivront pas et se perdront ; certains se soumettront à Ma Parole et à ta suite commenceront la Moisson (4/12), car le Semeur est passé…
Sa Semence portée par Son Souffle est passée jusque dans les cœurs (5/1).
La mission des pénitents ou Pèlerins d’Arès ne consiste donc pas à semer ou convertir, mais à moissonner la semence germée et mûrissante (6/4), les épis (13/7, 14/3, 31/6), de rassembler (24/1) les hommes et les femmes pouvant eux aussi entrer en pénitence.
Or, la moisson rencontre de plus en plus de résistance. Pourquoi ?
L’indifférence, l’incroyance et l’hostilité calomnieuse rendent notre tâche ardue, mais ce sont des constantes rencontrées par tous les mouvements prophétiques tout au long de l’Histoire. Aux incrédules et aux fanatiques, vieux ennemis de la Vérité libératrice, s’ajoute aujourd’hui une force négative beaucoup plus dure encore à percer : la baisse dramatique des aptitudes humaines à penser.
Or, il ne peut exister de vie spirituelle qui ne soit pas pensée avant d’être pratiquée.
Voici un exemple parmi d’autres de cette perte de la capacité humaine de penser :
En 2011 l’État voulut par voie de concours recruter 90 magistrats parmi des personnes de 35 à 50 ans, ayant un niveau d’instruction bac + 4 années de droit et pouvant recevoir une formation de juge. Le rapport de la présidente du jury est consternant : « 30 places seulement ont été pourvues sur 755 candidats en raison de leur très faible niveau. 725 (96 %) présentaient de graves lacunes… [notamment] se montraient incapables de formuler une pensée précise, de l’exprimer correctement, de mener une réflexion aboutie, de s’interroger sur le sens des termes […] Incapables de s’intégrer à un autre environnement que le leur, incapables de répondre à des questions simples et maniant des poncifs dignes d’un café du Commerce. » Certains candidats se sont même montrés « arrogants ou agressifs, considérant que l’oral était une formalité inutile et qu’ils n’avaient pas à justifier d’un minimum de connaissance… »
Cet exemple met en scène des personne de niveau bac + 4, mais songez, mes frères et sœurs missionnaires, que l’immense majorité de gens que vous rencontrez dans la rue ou ailleurs est d’un niveau bien moindre ! Le public que vous rencontrez est fait des victimes d’une combinaison de déception générale et de manque total d’éducation de la pensée.
Comment voulez-vous que cette majorité-là ne soit pas plus encore dans l’incapacité de « formuler une pensée précises » sur ce que vous leur dites et de « répondre à des questions simples » autrement que par les quelques rumeurs qu’ils ont pu glaner ici et là, quand ils les ont glanées ?
Voilà bien le plus fort obstacle : L’incapacité totale des gens de formuler une idée valable sur eux-mêmes, leur environnement et leur destin. Le glissement vers l’animalité — le péché des péchés (38/2) — s’accélère.
Pourquoi ne peuvent-ils plus penser ? Parce que, sans le savoir, ils ne sont plus libres de le faire.
La réincarnation au sens grossier du retour des âmes immortelles dans de nouveaux corps n’existe pas (Signe v/1-2), mais de façon figurée, au sens de transfert de la pénitence d’un être à une autre puis de cet autre vers un autre et ainsi de suite, parler de réincarnation de la pénitence est une façon d’expliquer notre mission.
Notre mission pose le problème de l’existentialisme de la foi Arésienne. C’est la seule voie par quoi le salut redevient soluble après l’échec évident des religions, qui n’ont fait que rendre religieuses la vie ordinaire et qui de ce fait disparaissent peu à peu. Pour la religion le parcours terrestre a compté plus que la destination spirituelle ; elle paie cette erreur.
Notre foi de Pèlerins d’Arès introduit l’inverse : L’homme peut vivre pénitent sans changement visible de sa façon quotidienne de vivre, mais considérables sont les débouchés invisibles de sa pénitence.
Le salut du monde sera l’extrémité d’une longue chaîne de métamorphoses intérieures des êtres par les réincarnations continues de la pénitence.
Mais pourquoi ce monde devient incapable de formuler une idée précise de son destin ? Au fait, en est-il vraiment incapable ? N’est-il pas plutôt empêché de se poser des questions sans réponses au point de croire que rien n’a de réponse… Alors, il passe à côté à côté de nous, missionnaires de la rue, sans voir que la réponse, nous l’avons, oui, nous l’avons.
Dans « L’Homme Révolté » Albert Camus dit que la contestation permanente est tout ce qui permet de rendre ses droits à la vie au milieu du conformisme de masse : « Chaque révolte est nostalgie d’innocence, appel vers l’être. » La pénitence, c’est une manière pacifique et invisible de contestation permanente, c’est le seul moyen de transcender les entraves du temps.
© Michel Potay 2012 — Tous droits réservés


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