Dieu, Père, la Vie, l’Éternel, Je, l’Étalé m’a parlé et j’ignore Qui Il est ou Ce qu’Il est.
Peut-être n’est-il que le flux de noyaux atomiques et de particules de haute énergie qui circulent dans l’espace interstellaire, mais pourvu d’Intelligence et d’outils de communication. Peut-être n’est-il que le Vent fort (Signe xxii/1), cosmique, de protons, noyaux d’hélium, antiprotons, électrons, positrons, rayons gamma, neutrinos et neutrons, quoiqu’aussi capable d’intelligence, de vœux, d’émotion et de parole que l’amas de cellules qu’est l’humanité qu’Il appelle Ses Enfants (13/5). Peut-être n’est-Il que le rayonnement cosmique dont l’énergie 1020 eV (électronvolts) n’est expliquée par aucun processus physique identifié, rayonnement doué de conscience et de raisonnement comme mon cerveau, etc.
L’incognoscible nature de la Vie (Signe 24/3-5) fait d’Elle une Puissance (12/4) extensible allant de la petitesse d’un clou (ii/21) jusqu’à l’infini, une Force étalée (ii/4) comme l’Univers mais capable de passer par une bouche d’homme (ii/21).
En tout cas, Dieu n’est ni le Roi ni le Juge quasi anthropien, que les religions imaginent. Dieu est une entité inconcevable pour le pécheur. Le fait qu’on L’appelle Seigneur et qu’Il communique avec nous le rend certes intelligible mais ne lui donne pas de profil imaginable ou supposable.
L’Étalé (Signe ii/4) — le Créateur, la Vie, le Père, Dieu, l’Être, l’Éternel, le Très-Haut, Allah, Brahma, Rāma, le Grand Esprit, etc. — est autant l’Illimité que l’Infinitésimal.

La galaxie GN-z11 est le plus lointain des agglomérats stellaires visible depuis la Terre. Elle est distante d’environ 13,4 milliards d’années-lumière, Elle détrône z8_GND_5296, mais on estime à un minimum de 2 000 000 000 000 (2 billions) le nombre de galaxies dans l’Univers qui, en fait, est probablement illimité.
L’Étalé (Signe ii/4) est vraisemblablement l’Illimité.
Crédit : NASA, ESA, P. Oesch (Yale University), G. Brammer (STScI), P. van Dokkum (Yale University), and G. Illingworth (University of California, Santa Cruz)
Toutes les images et descriptions de Dieu sont des inventions ou des caricatures. On me demande : « Qu’est Dieu en réalité ? » Je réponds : « Il n’y a concernant Dieu rien que l’humain appelle réalité. Dieu est Dieu comme rien n’est rien. Dieu n’est ni inexistant ni cependant fictif. Le vivant terrestre le plus athée, détecte des anomalies de destin qui ne peuvent survenir que si une autre Vie l’observe et parfois intervient, même rarement. Mais cette Vie-là, c’est l’absence de présence. » On me toise. Je poursuis : « Voyez la chaise sur quoi vous êtes assis ! Imaginez-la à la fois immensurable mais bien-disante. Immensurable parce qu’aussi bien à la dimension de votre arrière-train qu’à la dimension de l’Univers et bien-disante, parce que des humains l’entendent parler. » On s’ébaudit : « Ça n’a pas de sens… » Je coupe : « Voilà ! Ça n’a pas de sens ; c’est Dieu ! »
J’ai déjà évoqué Dieu dans ce blog (entrée 65, 6 août 2007). J’en ai parlé précautionneusement, bien que déjà convaincu de ce que je dis ici, mais ne sachant pas comment aborder le sujet sous un angle moins commun que celui de nos habitudes de penser et de dire. Le plus honnête que je puisse dire est que Dieu échappe au concept humain et qu’aucune pensée et écriture ne peuvent le contenir.
La langue humaine, irrémédiablement pauvre et insuffisante, ramène toujours Dieu à un concept anthropoforme ou personnalisant : Zeus, Jupiter, le Soi, Brahman, l’Éternel, Yahvé, Baal, Seth, Grand Esprit, Izanagi, etc. Dieu attendra un nom et une définition aussi longtemps que nous serons limités au verbe humain.
Dieu, de toute façon, est autre chose.
Dieu est toujours un faux sujet pour la bonne raison
1. qu’Il est en nous sans que nous le détections — chacun de nous, croyant ou incroyant, est son image et ressemblance (Genèse 1/26-27),
2. que le Dieu des religions ne répond pas à l’expérience que j’ai eue de Lui en 1977, de sorte que je peux affirmer ceci : « Depuis que Dieu S’est manifesté à moi, je sais Ce Qu’Il dit, mais je ne sais ni ce qu’Il est ni qui Il est. Il est aussi mystérieux que la vie et que l’Univers ; la vie anime la moindre de mes cellules et de mes émotions et l’Univers s’étale à l’infini. »
À Arès (France, Gironde), en 1974 un être surnaturel, Messager du Très-Haut, corporel, animé, chevelu et barbu, parlant ma langue, me touchant de ses mains, me dicte la première partie du Signe : L’Évangile Donné à Arès. Ce n’est pas Dieu, c’est son télégraphiste, c’est Jésus de Nazareth.
Mais à Arès en 1977 c’est la Voix de la Puissance (Signe vii/4-5, xxxiii/5, xLii/13-14), qui va finir de faire de moi un Messager de plus (26/7). Cette Voix, Dieu (37/3), se manifeste à moi sous la forme d’un bâton de lumière au milieu d’un remue-ménage cataclysmique. Il me dicte la seconde partie du Signe, Le Livre.
Tout cela je l’ai bien vu et entendu. La conclusion est simple : Nous ne sommes pas le centre de l’Univers, nous ne sommes pas seuls.
Nous ne sommes pas seuls, mais qu’ai-je vu ? Seulement ce que j’ai décrit et ma conviction est que ce n’est presque rien de tout ce qui accompagne les Terriens dans l’infinitude de l’Univers. J’ai seulement vu et entendu le peu que mes moyens humains me permettaient de voir et d’entendre. Je ne vois qu’un commencement, parce que la chair ne peut pas voir la fin. La fin est ailleurs.
Rien de Dieu ou de la Vie n’est connu et rien de Lui n’est inconnu ; tout est indéfinissable. Même si nous savons, parce que Lui-même le révèle, que Celui Qui a la Sainteté, la Puissance et la Lumière (Signe 12/4) existe, qu’Il nous a créés libres (10/10) et nous laisse libres de nous égarer et de nous détruire si nous le souhaitons, nous n’avons de Lui que des notions vagues et brouillées, parce qu’aveugles sont ceux — pour l’heure tous les hommes — qui ne veulent ou ne peuvent pas voir et sourds ceux qui ne veulent pas (ou ne peuvent pas) entendre (Luc 8/13). Nous croyons qu’une autre vie est possible. Elle l’est, mais chassons les visions mythiques ou mystiques qui sont toujours anthropomorphes, qui sont toutes des sortes d’hagiographies parentes des contes de fée. Nous n’avons que la métaphysique pour percer ce mur de matérialité qui enferme toujours nos rêves d’au-delà, qui cache, en fait, un doute épais et pesant.
Même l’humain qui, comme moi, est convaincu de sa perpétuité par-delà la mort sait qu’il est, quoi qu’il fasse, solidaire d’une humanité qui n’est pas huit milliards, mais Une. Il faut donc travailler à faire éclore les épis mûrs. Nos cécité et surdité font que dans ce monde matériel tout passe, comme passeront l’Éternel des synagogues, le Dieu des Églises, l’Allah des mosquées, etc., et que pour l’heure il est très difficile de rester conscient qu’il existe autre chose que nous venons, par exemple, chercher au Pèlerinage d’Arès, et que le Père appelle la Vie (24/3-5) ou le Feu (xLi/7) faute de mot humain approprié pour le dire.
Le Signe fait valoir, dans tout son contexte, que l’humanité a besoin d’un réveil ou d’une tension pour devenir aimante, pardonnante, pacifiante, intelligente et libre. Pour changer le monde (Signe 28/7), il faut des Moissonneurs (5/2-5, 31/6, 35/1-2, 37/8) dévoués à diffuser les espérances arésiennes. Pour l’heure donc Dieu commence par nous. Nous sommes Dieu avant de savoir qui ou ce qu’est Dieu dans Ses Puissance, Sainteté et Lumière (12/4) totales et infinies.
Spinoza pense que « ceux qui ne comprennent pas tendent à moraliser ». Juste pensée. Le christianisme d’église, l’islam de mosquée, le judaïsme de synagogue ne comprennent pas que Dieu est indéfinissable et comme pour compenser cette lacune ils ont développé des morales sévères qui finalement prennent la place de l’épanouissement de conscience, de la foi allègre. Nous Pèlerins d’Arès savons très bien que nous ne comprenons pas qui et ce qu’est Dieu, mais nous L’acceptons comme tel et notre aveu d’ignorance a la force claire de l’honnêteté. Nous n’avons pas besoin de morale sévère. Nous sommes devenus tout naturellement images et ressemblances (Genèse 1/26-27) du Grand Inconnu, de l’Étalé.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


Sur l’hymne à l’amour de Paul de Tarse
La Première Épitre aux Corinthiens contient le fameux passage sur l'amour dans ce texte de Paul de Tarse. Les écrits de Paul de Tarse ne sont pas Parole de Dieu (Le Signe 16/12, 35/12), mais ce sont les paroles d'un grand missionnaire écrivant à ses convertis de Corinthe. Par ailleurs, il s'agit certes de l'amour des hommes pour les hommes, il ne s'agit pas de l'Amour de l'Étalé, du Père, de la Vie, de Dieu, mais la grandeur lyrique de ces phrases célèbres nous touche immanquablement aujourd'hui encore.
Voici complet le fameux hymne à l'amour de Paul de Tarse :
1 Corinthiens (traduction Louis Segond)
13/1 Si je parle les langues des hommes, et même celles des anges, mais que je n'ai pas l'amour, je suis un cuivre qui résonne ou une cymbale qui retentit.
13/2-3 Si j'ai le don de prophétie, la compréhension de tous les mystères et toute la connaissance, si j'ai même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, mais que je n'ai pas l'amour, je ne suis rien. Et si je distribue tous mes biens aux pauvres, si même je livre mon corps aux flammes, mais que je n'ai pas l'amour, cela ne me sert à rien.
13/4-7 L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est pas envieux ; l'amour ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt, il ne s'irrite pas, il ne soupçonne pas le mal, il ne se réjouit pas de l'injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il pardonne tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.
13/8-10 L'amour ne meurt jamais. Les prophéties disparaîtront, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra. En effet, nous connaissons partiellement et nous prophétisons partiellement, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra.
13/11-12 Lorsque j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant ; lorsque je suis devenu un homme, j'ai mis fin à ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, de manière peu claire, mais alors nous verrons face à face ; aujourd'hui je connais partiellement, mais alors je connaîtrai complètement, tout comme j'ai été connu.
13/13 Maintenant donc ces trois choses restent : la foi, l'espérance, l’amour ; mais la plus grande des trois, c'est l'amour. [244C2*09/09/2022]
Sur le devoir d’aimer son prochain
Je conçois fort bien que les époux, au jour de leur mariage à l'église ou au temple, choisissent ces lignes fameuses de Paul de Tarse dans sa première épître aux Corinthiens. Celui ou celle qui se marie pénètre ou devrait pénétrer l'obscurité de son inconscient et savoir qu'il vivra désormais pour deux ! La vie à deux n'est heureuse que dans l'amour. Mais les lignes de Paul de Tarse n'ont pas été écrites pour le mariage, elles ont été écrites pour rappeler à l'humain son devoir d'amour envers le prochain, quel qu'il soit. Car, d'une certaine façon, on doit aussi épouser toute l'humanité. [244C9*10/09/2022]
Qu’est exactement l’amour du prochain ?
Mais qu'est exactement l'amour ? Il est tellement difficile de répondre à cette question, surtout concernant l'Étalé, que dans mon entrée 244 j'ai glissé sur cet aspect de la Vie. Pour moi l'amour évangélique, l'amour de l'humain pour l'humain, vient au jour quand l'homme ne se suffit plus à lui-même parce qu'il a compris qu'il ne fait qu'un avec les autres comme il ne fait qu'un avec son bras, ses jambes, ses mains, ses yeux, car l'ennemi est toujours une part de soi-même.
Je n'ignore cependant pas que chez l'homme aimant les autres hommes forment une part d'imaginaire, de réflexe culturel, de romantisme, et qu'il est difficile, voire presque impossible, de distinguer dans cette grande complexité ce qui est amour pur. Car l'amour n'est pas toujours heureux ; il est très souvent malheureux, notamment quand il est repoussé, parce que les humains présentent tous des points communs qui font d'eux autant de causes de répulsion que de causes d'inclination.
Dante Alighieri (Durante degli Alighieri dit "Dante" tout court) qui fut poète, penseur et même homme politique à Florence, un des "pères de la langue italienne", qui avec Pétrarque et Boccace forma le trio qui imposa qui le toscan comme langue littéraire à la péninsule italienne. Dante Alighieri dit que "Dieu n’est pas une vision aveuglante de la glorieuse lumière, parce qu'il est avant tout l’amour qui fait mouvoir le soleil et les autres étoiles". Il y a peut-être du vrai dans ce que dit Dante Alighieri mais c'est là que je me sens disparaître derrière un mystère — qui du reste est le mystère même de Dieu, l'Étalé — celui d'un Créateur de l'homme, donc Créateur du sentiment, de la résonance entre les cœurs, qui éprouverait pour les étoiles et tous les astres issus de Sa Création, gigantismes puissants mais insensibles, insentimentaux, le même sentiment que nous pouvons éprouver, parfois partager avec nos semblables humains. Comment l'espace de l'Étalé peut-il se mêler à l'espace de choses chimiquement et physiquement actives et gigantesques, mais émotionnellement inexistantes ? Je ne sais pas ; cela dépasse mes compétences. Si je m'avance dans cette direction, j'invente, je poétise, je rêve, "j'inconsciente", mais je ne sais pas où est la vérité. Je m'efforce toujours de repousser l'imaginaire amoureux, parce qu'il a quelque chose de bestial que justement je m'efforce de fuir (voir entrée 243). Ce qu'il y a de passionnant dans l'œuvre, c'est qu'elle varie avec ses créateurs : On entre dans une salle du Louvre et cent tableaux montrent qu'il n'y a qu'une peinture, une teinture mêlée à de l'œuf ou de l'huile mais qui, posée sur les toiles avec un pinceau, varie à l'infini. On pourrait comparer le cosmos à une salle du Louvre parce qu'il n'existe pas deux étoiles semblables parmi les milliards de milliards d'étoiles, mais l'amour se trouve-t-il dans cette variété infinie ? Je ne sais pas. J'ai déjà tellement de difficultés à aimer les quelques milliers d'humains qui sont à la portée de mes pensées... Mais c’est ainsi que nous avancerons dans notre apostolat, qui est une vaste reconstruction de l'éon caché dans les cellules de tout ce qui vit ou qui luit. [244C2*09/09/2022]
Sur la sagesse de peu savoir
Il ne faut pas hésiter à faire remarquer aux ignorants qui pensent savoir beaucoup qu’ils feraient mieux de faire comme nous, c.-à-d. ne pas être ignorants, mais limiter leur savoir au peu, très peu, qu'on peut vraiment savoir. L'information n'est qu'information, et par surcroît elle est très souvent fausse ou inexacte, mais nous vivons des temps où l'information passe pour savoir. De là la masse de bobards et de fausses lumières qui remplit les journaux. La reine Élisabeth II est morte hier comme chaque humain meurt un jour et c'est à peu près la seule information exacte : elle respirait et son cœur battait, mais elle ne respire plus et son cœur ne bat plus. Pour le reste chacun ajoute ce qu'il croit devoir ou ce qu'il se plaît à vouloir ajouter aux circonstances qui entourent cet arrêt d'un cœur parmi les bientôt huit milliards de cœurs humains. Autrement dit, un cœur s'arrête de battre parmi presque huit milliards de cœurs, la belle affaire ! Au lieu de perdre notre temps à nous émouvoir, nous ferions mieux de changer le monde (Le Signe 28/7) tout de suite et de faire se lever le Jour (31/8) de l'Étalé. Mais non, on prépare précisément l'inverse, ce qui ne sert absolument à rien : les funérailles, quatre-vingt-seize coups de canon — Pourquoi 96 ? je me perds en conjectures. Comme c'est envoyer de la poudre aux oiseaux, je me dis que ça a peut-être un sens pour les oiseaux.
[244C3*09/09/2022]
Sur l'infini et l'illusion de puissance
Comme me l’a dit un commentateur : "L’ignorance engendre une pseudo puissance : l’homme (qui se croit) fort, son œil (est) mou (comme) le cancer (qui) sort (de) son os, le noir le goûte (Le Signe xxviii/20)." La vraie Puissance Qui, Elle, occupe l'espace plus loin qu'à l'Infini n'engendre que le ciel : Démesurément astronomiques. L'astrophysique ! Aucune science n'agite des nombres aussi démesurés ; rien de comparable ne fait à l'infini des clins d'œil. Mesurés (enfin... supposés mesurés) au cœur de myriade d'étoiles dans le vide spatial les chiffres révèlent un Univers inimaginable : 10|(10)10| ... Ce chiffre vertigineux se lit "10 à la puissance 10 puissance 10." Hé, hé ! Comme ce chiffre, aussi fantastique soit-il, est très sûrement faux, archi-faux, très au-dessous des réalités, mais chiffre qu'on peut toujours avancer puisqu'il n'existe personne, sauf peut-être l'Étalé, qui puisse le contester, on est enfoncé très profondément dans l'immense rêve humain ! [244C3*09/09/2022]
Sur le chemin vers la Vérité
Il peut m'arriver de prendre un visage pour un autre, mais pour ce qui est de notre situation humaine vis à vis de la Puissance Créatrice, quelque nom qu'on lui donne, je ne fais pas de confusion. La vie déambule dans deux mondes, l'un est celui des apparences, qu'il nous faut changer (Le Signe 28/7), l'autre est celui de l'immortalité que le Père a greffée en moi à Arès et cette greffe est hors du temps (12/6), elle ne connaît ni le vieillissement ni les troubles de mémoire. On peut commettre bien des erreurs, jouer sa vie bien des fois au cours de nos décennies de charnalité, mais que la Main du Père nous couvre, alors une aire de savoir réfléchi s'installe en nous et réveille le Vrai perpétuel qui dort au fond de nous, l'antichambre de l'éternelle Vérité que nous connaîtrons un jour. L'erreur est notre quotidien, mais le Vrai peut nous prendre, parfois même au dépourvu, si nous avons ou dégageons en nous l'humilité absolue, celle qui permet de l'accepter.
[244C4*10/09/2022]
Sur l'insurgence intérieure et la volonté de s'accomplir
Il faut vivre avec la volonté absolue — pour que nous fassions Ta Volonté (Le Signe 12/4) — de s'accomplir. L'humain généralement se cabre dès que survient quelque chose qui contredit ce qu'il pense. Mais l'homme qui a accepté la greffe et parfois jusqu'à la douleur de son entaille, celui-là "sort" du monde, pose un pied, ne serait-ce qu'un orteil, dans l'Éternité infinie. Et là l'homme découvre qu'il y a pis qu'être malade et/ou mourir. Il se nourrit de la Lumière qui entre en lui.
Il y a deux sortes de réalisme. Celui qui trouve que dans l'ensemble l'humanité avance, et celui qui trouve qu'elle ne cesse pas de reculer et qu'il faut la sauver d'elle-même — changer, c'est sauver —. Ce second réalisme est le nôtre. Aucune insurgeance intérieure ne se fait au profit de la politique parce que la politique est une pente, n'est jamais une ascension ; l'insurgence intérieur se fait au profit de l'âme et une âme + une autre âme + d'autres âmes font la polone (Le Signe xxxix/12-13) : le gravier des sentiers qui nous haussent vers les Hauteurs Saintes. [244C4*10/09/2022]
Sur ce que nous sommes : les Enfants de Dieu co-créateurs de l'Univers
La Parole d'Arès, dans ses profondeurs créatives, là où se trouvent, invisibles encore, les forces qui feront de nos volontés rassemblées en une polone puissante un monde nouveau.
Dieu ne nous demande pas de renoncer à la part créative de nous-même. Au contraire, Il nous demande de la bien dégager et de nous mettre à la tâche, apparemment folle et impossible, de changer ce monde (Le Signe 28/7). Pour aboutir nous avons besoin d'amour, d'intelligence, de liberté. Nous devons prendre notre part de la Création que le péché a interrompue, car nous sommes les Enfants du Créateur, nous sommes co-créateurs. Nous devons oublier toute notre condescendance aux choses du monde, aux choses extérieures en somme, et nous poser cette question : Sommes-nous bien les Enfants de Dieu co-créateurs de l'Univers ?
Oui, nous le sommes. C'est pourquoi nous ne fondons aucune religion, nous reprenons notre travail initial, en somme. Le Signe nous replace là où nous devons être... être au sens absolu. Comment devons-nous retrouver la bonne manière d'appartenir à notre vocation, quand nous n'appartenons plus qu'à des objectifs minables et pitoyables ? Quand je vois depuis vingt-quatre heures les radio-télévision-presse-politique pleurer la mort d'une vieille dame [il s’agit du décès de la reine Élisabeth II], certes respectable mais vieille bonne femme qui se retrouve aujourd'hui dans l'univers des âmes sans hiérarchie, que le hasard avait faite reine d'Angleterre, je me dis : Quel triste monde que le mien ! Je regarde tout ça par le petit bout de la lorgnette.
Nous vivons dans un monde aux problèmes non résolus — je parle des vrais problèmes, ceux de la souffrance humaine — et ils sont pour nous des problèmes morts-nés. Le Signe nous sort de ce dilemme. [244C6*10/10/2022]
Sur la nécessité de faire resurgir l'amour, la paix, la liberté de l'âme
Il ne se passe pas de jour que je ne pense aux Ukrainiens plongés dans la guerre et je me dis que le vacarme des explosions, des coups de feu, des cris sauvages de l'ennemi qui attaque et de l'agressé qui se défend, plonge tous les gens de cette région du monde dans l'élémentaire : Il faut survivre comme des bêtes qui ne tiennent que par ce qu'on appelle l'instinct de conservation. On s'occupe de ne pas être tué et pour cela on s'occupe de tuer. Ailleurs, on ne s'occupe pas à autre chose qu'à gagner de l'argent, à copuler, à boire et manger, à dormir, à s'abriter du froid. Et nous, nous nous passionnons pour autre chose : faire resurgir du fond de l'homme l'image et ressemblance de son Créateur et donc faire resurgir l'amour, la paix, la liberté de l'âme. Nous avons soif de simplicité, de fraternité et pour l'heure nous souffrons d'être dans ce tuyau d'air trop étroit.
Mais le tuyau s'élargira. C'est certain ! [244C7*10/09/2022]
Sur le changement du monde
Espérer que le monde changera (Le Signe 28/7), même si c'est un changement très lent, est une attitude sensée, parce que nous pensons que notre mission spirituelle ne sera pas la seule à se lancer dans cette réalisation. Dans le monde entier des humains, inspirés par l'image et ressemblance du Père au fond d'eux, apporteront leur appui à ce changement. [244C9*10/09/2022]
Sur la mesure en métaphysique
Gnose et gnosticisme ont eu des débouchés pratiques nombreux et très complexes qui n'étaient acceptable que si l'on était un super- ou hyper-métaphysicien, ce qui à mes yeux revient à être un faux métaphysicien. La métaphysique utile demande — comme tout — de la mesure. Or, au temps où j'étudiais gnose et gnosticisme je n'étais pas métaphysicien ; je n'étais pas du tout attiré par ce genre d'exercice de l'évasion mentale éveillée et, quoique devenu métaphysicien aujourd'hui, je ne suis toujours pas attiré par ce rêve éveillé. Pour moi la métaphysique est un pont qui conduit sur la rive des nécessaire constructions conceptuelles, mais n'est pas un téléférique qui nous monte dans les nuages et les brouillards des pics montagneux dangereux.
[244C10*10/09/2022]
Sur la divinité perdue et les épis mûrs
L'Étalé parle beaucoup plus de l'homme que de Lui-même dans Le Signe. Mais c'est justement là que se situent les jonctions de la métaphysique aux bouts desquelles on perçoit Dieu ! Les Sainteté, Puissance et Lumière dorment mais subsistent grisâtres dans l'infiniment petit de nos cellules humaines autant que dans l'immensité de l'Infini où elles sont au contraire actives, créatrices, Vivantes (Le Signe 24/3-5), Lumineuses (12/4). Les hommes en s'éloignant du Créateur et refusant Son Dessein ont voulu se donner leur petite "divinité" à eux, bien à eux, et se sont faits bourgeois en polissant leurs mœurs, en se donnant des semblants de grandeur et un simili d'honneur, hélas tout autre que l'honneur que le Père (xxxvi/16) fait de Son Envoyé, et Brel avait bien raison de chanter : "Les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient bête. Les bourgeois, c’est comme les cochons, plus ça devient vieux, plus ça devient..."
C'est dans cette zone floue de la perception métaphysique que peuvent se trouver les épis mûrs que nous recherchons. [244C11*13/09/2022]
Sur la spiritualité et la métaphysique
La métaphysique est un des irremplaçables contrevents de la philosophie, contrevent qui protège des tempêtes que causent dans l'esprit les grands mystères de l’univers et de la vie : l’être, l’esprit, la conscience, la vie, l’origine du monde, l'infini, etc. Métaphysique signifie ce qui est au-delà du physique ou au-delà de la matière. La physique étudie la nature, ses composants et ses phénomènes, la métaphysique s’intéresse à ce qui est par-delà la nature, au-delà du visible, du palpable, du mesurable, des apparences, bref, au-delà de ce qui est compréhensible par les sens. La métaphysique est la connaissance de l’immatériel et par là une sorte de pré-science qui s’intéresse au domaine de l’esprit. Elle cherche dans le suprasensible. C’est une réflexion rationnelle, mais fondée uniquement sur les éléments immatériels qui composent l'Univers.
La spiritualité est parente de la métaphysique ; elle aussi déambule dans ce qui à l'évidence existe en puissance, puissance bien ressentie, au-delà du visible, du matériel. La spiritualité est la part de la métaphysique qui touche à ce qu’il y a de plus intime en l’être humain : l’individu face à lui-même, face à son semblable, l'individu qui s’interroge sur le sens de sa vie et sur sa place dans l’univers. Il cherche sans cesse à établir un nouveau lien avec le Tout, lequel peut être appelé le prochain dans l'observation rapprochée et Dieu ou l'Étalé dans l'observation lointaine. Métaphysique et spiritualité consistent à s’interroger sur ce qui est au-delà du temps, de l’espace et de la matière, par exemple l'amour. L'amour n'est ni visible ni mesurable. Il y a bien des façons d’aborder le thème de l’amour. On peut l’aborder par l'étude des causes émotionnelles : instinct, désir, émotion, culture, etc. La métaphysique tentera, quant à elle, d’approcher l’amour dans ce qu’il a de plus universel : il sera défini en tant qu’idée de vérité dépassant les humeurs, les émotions, les circonstances, etc. C'est l'amour qui n'est jamais nommé dans Le Sermon sur la Montagne, mais qui jaillit derrière chaque mot. L'amour idéal débouchera sur le devoir moral d’aimer tous les humains sans condition, parce qu’ils sont d'autres soi.
La métaphysique permet d'aborder l’amour comme le ciment de la construction cosmique, une étape majeure sur le chemin de la compréhension de soi-même, de la Vie (entendue comme le Tout). La Vie rassemble tout dans un Amour unique dont l'amour évangélique rappelé par Jésus de Nazareth est un des avatars. La métaphysique permet d’étudier l'organisation de l'Univers non par ses objets et ses mouvements, mais dans leur raison d'être. Impossible d'aller jusqu'à l'Être profond sans métaphysique. [244C11*13/09/2022]
Sur Dieu et la métaphysique
En abordant la métaphysique, je ne parle pas d'un Dieu autre que celui qui est venu me rendre visite. Il s'agit du même Dieu. [244C19*16/09/2022]
Sur l'immortel en l'homme
Ce qui en l'homme est Dieu n'est pas ce qu'on voit, qui bouge, qui parle, c'est ce qui vit et qu'on ne voit pas. Ce qui n'est plus que viande pourrissante et qu'on met en boîte puis en terre sous une pierre n'a plus rien de Dieu. Pour le matérialiste l'homme c'est ce qui est dans la boîte et sous la terre ou la pierre. Pour quiconque a trouvé Dieu on n'enterre qu'une enveloppe vide. "Si j'ai une tombe, la dalle du tombeau comme dit Jésus (Le Signe 24/1), que peuvent faire ceux qui y viennent ? Pisser dessus !" J'ai déjà fait miennes ces paroles que prononça quelqu'un de célèbre, je ne sais plus qui. La Vie (24/3-5) et son résidu la vie humaine, ne sont pas les choses visibles, palpables, auscultables, mobilisables, amputables, mortelles, pas plus que Dieu n'est le vieux bonhomme barbu au plafond de la chapelle Sixtine. La Vie et son résidu terrestre la vie échappent à la science, au temps. C'est bien pourquoi il y a quelque chose d'indiscutablement immortel en l'homme. [244C13*13/09/2022]
Sur l'après
Je ne sais pas ce qui m'attend après que mon cœur aura cessé de battre ; ma chair restera chose et pourrira, mais je sais que nous ne mourrons jamais. [244C14*13/09/2022]
Sur la solitude du Prophète imprimeur
Le 9 novembre dans les éditions dites "L'Intégrale" de 1984 à 1989 est une faute de frappe, un oubli, oubli repris bêtement dans l'édition de 2009 : le chiffre "1" a été oublié sur la photocomposeuse (c'est le 19 novembre la bonne date, je viens de le vérifier sur l'Internet). Quant à la date du 11 décembre dans les éditions 1984 et 1989 je ne sais pas où je suis allé pêcher ça ! Personne avant vous ne m'a jamais signalé ces erreurs dans une édition diffusée à plus de 300.000 exemplaires à l'époque.
Il faut dire qu'à l'époque je fis tout moi-même, tout seul : Puisque quarante-sept éditeurs avaient refusé d'éditer cet ouvrage, je dus me mettre à l'apprentissage de l'imprimerie puis tout faire moi-même : composition typographique, photogravure, impression, reliure et même une bonne part de la diffusion en librairies, travail énorme dont on n'a pas idée. J'étais seul et très fatigué et je n'avais personne pour me relire... J'étais surtout préoccupé par l'exactitude du sens général à donner au message et à cela j'ai consacré toute mon attention avec grand scrupule. [244C15*13/09/2022]
Sur Alain Badiou, le "fabricateur"
Prolifique intellectuel, j'ai longtemps nommé Alain Badiou le "fabricateur" même au temps où j'étais communiste et athée. Pour moi ce qui manquait à cet athée était quand même un idéal, une vision ayant quelque tiédeur. Je l'appelais "fabricateur" parce qu'il me faisait l'effet de la partie congélateur, celle qui fabrique les pains de glace, du réfrigérateur qu'est le monde moderne. Il était (et est probablement toujours) marxiste, certes, mais je crains qu'il n'ait jamais perçu le vent romantique, voire parfois poétique, qui traverse l'œuvre de Marx. Pourtant il a, je crois, écrit pour le théâtre et fréquenté les poètes.
La thèse de Badiou selon laquelle l'ontologie (la théorie de l'être) est une forme de mathématique — notamment de la théorie des ensembles —, et que phénoménologique est synonyme de logique, ne m'a jamais convaincu. Son "matérialisme démocratique" — il n'existerait que des corps et des langages —, son idée que l'être est multiple et non un, etc., rien de tout cela ne m'a convaincu et, qui sait ? il est peut-être de ceux qui ont contribué à me faire sortir de l'athéisme et à faire mes premiers pas dans la transcendance.
Badiou, pour moi aujourd'hui, est un homme qui s'est fabriqué une idée de l'humain à l'opposé de l'idée vivante que je ne peux qu'en avoir — vivante comme créatrice autant que permanemment fuyarde —. Bref, même s'il a émis par-ci par-là quelques idées intéressantes et à température humaine, il s'est presque toujours (à ce que j'ai observé, mais je ne suis pas expert) contredit un peu plus tard. Je n'ai jamais compris qu'on fasse de cet homme-là un professeur d'université. Pour moi l'université existe pour réchauffer, rendre active, la pensée ; elle ne devrait pas exister pour la geler et la désactiver. J'ai dit dans ma réponse 169C101 que je ne connaissais Alain Badiou que de nom, ce qui était formellement faux, puisque j'ai lu des textes de lui autrefois, mais je voulais dire que pour moi ce philosophe n'est qu'un nom, n'est pas une pensée fécondante. Je reste de ceux qui pensent que l'œuvre de Badiou relève de la fabrication intellectuelle brillante mais n'est au fond qu'une imposture mentale, une œuvre d'incompétent. Je viens de farfouiller dans ma bibliothèque et de trouver ce texte de lui, effarant : "Les vérités ne sont pas d'ordre philosophique. Les vérités existent dans des champs qui sont non philosophiques. Il n'y a que des vérités scientifiques... artistiques, amoureuses, politiques." [244C16*15/09/2022]
Sur le passage du matériel au spirituel
L'homme est une machine métabolique ; je veux dire qu'il prend toute pensée, toute expression fécondante et la transforme en nourriture spiritualisante. Pour l'heure ce métabolisme continue de fabriquer dans l'homme la structure matérialiste de l'existence terrestre telle qu'Adam l'a voulue (Le Signe 2/1-5, vii/7-11). Mais, justement, Le Signe arrive et nous exhorte à changer notre organisme charnel afin que, par la pratique de l'amour, nous changions complétement le monde qui nous environne et l'ouvrions à la Vérité cachée dans l'Univers environnant — La Vérité, c'est que le monde doit changer (28/7) —. Il faut que chacun de nous renonce à être l'âne de la noria, un bourrin parmi le bourrins petits ou grands, afin que la sensibilisation de l'homme au fondamental quitte les effets physiques immédiats et, par l'effet de la force évolutive qui est au fond de nous, et spiritualise la vie, la place sur le sentier qui mène à la Vie. [244C16*15/09/2022]
Sur le processus qui vaincra la mort
Nous, humanité, ne sommes qu'un. De cette unité Le Signe nous demande de prendre conscience (xxiv/1). C'est sans doute ce qui a fait émettre à je ne sais plus qui cette pensée : "La mort n'est-elle pas en définitive que la mort des autres ?" On aborde ici le mystère de l'ha (l'âme) et de la polone (rassemblement des âmes) (xxxix/5-13). La polone se forme-t-elle avec les ou des âmes de l'au-delà ou bien se forme-t-elle ou est-elle appelée à se former dans des conditions non précisées avec les âmes des humains sur Terre ? Je l'ignore. Le Signe ne le spécifie pas, sûrement parce qu'il s'agit d'une occurrence générative que les mots humains ne peuvent pas exprimer.
Je cite ce passage bien connu du Deutéronome :
Vois, j'ai placé aujourd'hui devant toi la vie et le bonheur, la mort et le malheur. Si tu obéis à ce que te dit aujourd'hui Yahvé, en aimant Yahvé ton Dieu, en marchant dans ses voies, en observant ses recommandations, tu vivras, tu te multiplieras et Yahvé te bénira dans le pays dont tu vas prendre possession. Mais si ton cœur se détourne et si tu ne M'écoutes pas, si tu te laisses entraîner à te prosterner devant d'autres dieux et à les servir, Je vous le déclare : Vous périrez sûrement, vous ne prolongerez pas vos jours sur le sol au-delà du Jourdain dont tu vas prendre possession. J'en prends aujourd'hui à témoin contre vous le ciel et la terre : C'est la vie et la mort que J'ai placées devant toi, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie afin de vivre, toi et ta descendance en aimant Yahvé ton Dieu, en écoutant sa Voix et en t'attachant à Lui, car c'est là qu'est ta vie pour de longs jours sur le sol que Yahvé a juré à tes pères : Abraham, Isaac et Jacob, qu'il leur donnerait (Deutéronome 30/15-20).
Oui, le Père le précise bien, notre liberté est absolue, absolue au point que nous pouvons choisir entre vivre et mourir, et le passage du Deutéronome cité laisse entendre que nous pouvons mourir tout en vivant dans ce monde — il suffit pour cela de provoquer le malheur — et que nous pouvons vivre tout en n'étant plus que cadavres — il suffit pour cela de provoquer le bonheur. Le bonheur, c'est évident, vient avec l'amour.
Autrement dit, il ne faut surtout pas que le cœur s'éteigne chez quelqu'un qui a vécu sans avoir rien donné, car il risque de n'être plus que ce rien, c'est-à-dire spectre. Certains pensent que l'accroissement de la population mondiale, qui va bientôt atteindre huit milliards (elle n'était qu'un milliard sous Napoléon 1er !) est catastrophique. Je ne suis pas sûr de cela. Je pense malgré tout que le nombre croissant des humains peut provoquer un accroissement du Bien, si nous sommes les apôtres acharnés que le Père fait de nous et faisons en sorte que l'apport de l'amour s'accroisse. Ce qu'il faut réussir, c'est empêcher un nombre non négligeable d'individus de s'immobiliser dans leurs niches. Le seul héritage qui compte n'est pas matériel ; c'est l'héritage spirituel, dur à amorcer — nous le voyons bien en mission — mais qui, une fois amorcé, additionne mille fois plus vite l'apport. C'est ce processus qui vaincra la mort. [244C17*15/09/2022]
Sur le bon et mauvais usage de la liberté
Pourquoi cette réalité : guerre, maladie, mort ? Mais parce que l'humain a été créé libre (Le Signe 10/10) par Dieu, et qu'il fait librement mauvais usage de sa liberté. Si Dieu appelle l'homme, c'est évidemment parce que l'homme est libre de répondre à Son Appel ou de n'en rien faire.
[244C18*15/09/2022]
Sur Le Signe qui ne mène à aucun mysticisme
Il y a des mystiques qui anthropisent Dieu ; il y en a d'autres qui le désanthropisent au contraire. Ce que je dis de diverses façons depuis toujours c'est que Le Signe ne mène pas au mysticisme.
[244C19*16/09/2022]
Sur le fait que l’amour suffit pour se sauver
Certains pensent parfois que l'amour ne suffit pas pour sauver ceux qui n'ont pas pris le chemin de la pénitence. Mais si, l'amour suffit, puisque la pénitence est fondée sur l'amour ; s'il y a pénitence, c'est qu'il y a amour ou s'il y a amour il y a pénitence.
[244C19*16/09/2022]
Sur le surnaturel qui n’a jamais attiré le Prophète
Le surnaturel ne m'a jamais attiré, ni avant, ni pendant, ni après le Surnaturel dont j'ai été témoin en 1974-1977. Mais je suis dépositaire du Message que ce Surnaturel m'a confié en faisant de moi le prophète et je m'efforce de remplir ce rôle le mieux possible.
[244C19*16/09/2022]
Sur la réincarnation… sujet sans importance
Concernant la réincarnation, le chapitre V du Livre (les Théophanies) dit bien qu'elle n'existe pas. C'est de toute façon sans importance, car on peut déduire de la lecture approfondie du Signe que ce n'est pas ce qu'on croit, mais c'est de pratiquer l'amour du prochain qui sauve.
[244C20*16/09/2022]
Sur l’inclassable Signe en librairie
On trouve souvent Le Signe dans le rayon "Ésotérisme", mais c'est parce que les libraires ne savent pas où le mettre. Le mouvement de foi qui résulte de ce Message de la Vie (Le Signe 24/3-5) ne fonde pas de religion, mais fonde un mouvement de spiritualité ou d'espérance libre (10/10), sans dogmes, ni lois, ni obligations autres que celle de la conscience soucieuse de Bien et de retour au Créateur, Message qui n'a absolument rien à voir avec l'ésotérisme, mais que les libraires ne savent pas où mettre. Sa meilleure place serait dans un rayon "Métaphysique", mais il en existe très peu en dehors de quelques très grandes librairies.
[244C20*16/09/2022]
Sur l'Appel : "Sois prêt !"
Le Père m'a fait un premier Appel en septembre 1977 après que j'étais, après un Pèlerinage difficile, quelques jours en vacances avec Christiane et nos enfants du côté de la Méditerranée. Ces deux mots : Sois prêt ! étaient le prélude à la fantastique série de cinq Théophanies que j'allais vivre jusqu'au 22 novembre 1977, Théophanies qui allaient me sortir définitivement de la vision religio-anthropomorphe (= qui a l'apparence d'un humain) que j'avais encore.
[244C22*18/09/2022]
Sur l’humilité Prophète face aux compliments
Je ne suis pas sûr que les compliments que l’on me fait soient mérités, car j'ai aussi des défauts — dame ! je ne suis qu'un homme et, durci, voire racorni par l'événement que j’ai vécu ou plutôt subi —, mais disons que je me suis efforcé, comme j'ai pu, d'être à la hauteur attendue d'un témoin du Père. Je suis arrivé à un âge où, tout en étant toujours actif, je sais qu'on peut disparaître à tout moment, parce que c'est le terme de la vie humaine. Le soir, quand je pose mon livre et mes lunettes, éteins la lumière, récite Père de l'Univers, il m'arrive d'ajouter à l'adresse de la Vie, la Force Créatrice : "C'est peut-être cette nuit que mon cœur s'arrêtera. Ne sois pas trop dur pour moi, Père, car je suis un homme avec ses défauts et ses faiblesses. Je plaide pour moi avant que je ne puisse plus le faire en espérant que Tu Te dises : "Après tout, Il a fait ce qu'il a pu, ce gars-là ! Ne le réduisons pas en spectre !"
Oh ! je suis en paix. Quelle sainte drôlerie que ma vie ! Je suis devenu prophète du Père-Mère par hasard, si le Père a tiré mon nom d'un grand chapeau, ou par accident, si le Père m'a désigné par erreur. Aucun de mes professeurs du Lycée Hoche ne croyait spécialement en moi, je n'étais qu'un gamin puis un jeunot comme les autres. Je dévorais beaucoup de livres qui souvent n'étaient pas ceux que mes professeurs souhaitaient me voir lire : Spinoza, Montherlant, Gide, Sartre, Cocteau, Peter Cheyney, etc. Peut-être un ange était-il déjà invisible derrière moi pour me faire lire des penseurs et des raconteurs, qui sont devenus mes amis et que je cite aujourd'hui par-ci par-là. Peut-être cela m'aide-t-il aujourd'hui à assumer ce blog non comme un écrivain, ce que je ne suis pas, mais comme un écrivassier aussi obstiné qu'une bête de somme. On prête à Napoléon Bonaparte cette phrase : "Quel roman que ma vie !" et je pourrais dire la même chose, sauf que je ne finis pas à Ste-Hélène mais dans la paix d'une vieillesse laborieuse. Il n'y a pas très longtemps j'ai été convoqué à la Police Judicaire à propos d'une vieille sœur, que j'estime toujours beaucoup, que sa famille pensait (à tort) que j'aurais exploitée. Le policier me reçut avec grande gentillesse, voire même respect (peut-être mon âge), et me dit : "On a cherché, mais il faut reconnaître qu'en quarante-six ou quarante-sept ans, presque un demi-siècle, on n'a pas trouvé une seule plainte déposée contre vous. Vous êtes proprement un cas unique, car même les archevêques le plus honorables ont fait l'objet de quelques plaintes. " Ce à quoi j'ai répondu : "Mais moi je ne suis pas archevêque ; ce qui explique peut-être que les plaignants m'aient oublié." Il a ri. [244C22*18/09/2022]
Sur la patrie intérieure de la foi arésienne
La foi arésienne, telle que je l'exprime, crée sans nul doute chez certains une très belle patrie intérieure ! Ils en vibrent ! Guidée notamment par leur sensibilité, leur vie trace la ligne bien droite d'une présence constante à l'Appel du Père à Arès. Ils explorent alors des parts inconnues de notre foi qui s'étendent toujours plus au fur et à mesure que le temps passe.
[244C24*18/09/2022]
Sur le spectre : ni condamnation, ni punition mais état de fait
Le Créateur n'est pas juge, il ne punit pas, c'est vrai, mais il demeure que Le Signe parle de spectre à propos de celui qui n'a pas d'âme (4/6-8) et qui, de ce fait, n'est rien en ce sens qu'il n'est guère plus qu'un animal pensant se vouant au néant le jour où il cesse de respirer comme il fut dans le néant avant de se mettre à respirer. C'est en ce sens-là que je dis que le spectre n'est rien. Ce n'est ni une condamnation ni une punition. C'est un état de fait : tout comme les corps célestes, créés par le Créateur, s'attirent en fonction directe de leurs masses et en fonction inverse du carré de leur distance (loi de Newton), l'homme qui meurt n'est rien quand il n'a pas d'âme et n'est sauvé que s'il a une âme, laquelle ne se crée en lui que s'il est bon.
Puisqu'il s'agit d'un automatisme créé, pourquoi le Créateur se dirait-Il : "Ne le réduisons pas en spectre" ? Ma réponse est : Il est le Créateur et Il peut toujours, à tout moment, modifier les principes qui gouvernent Sa Création : Si Je dis : L'air qui était léger est maintenant lourd, le navire tombe (au fond de l'eau) comme le cerf dans le ravin (Le Signe xvi/11). Le Père pourrait toujours, si je n'ai pas réussi à me créer une âme, faire une exception pour le pauvre type qu'Il a fait prophète... Ce n'est de ma part qu'une espérance sous forme de sotie.
[244C25*19/09/2022]
Sur l'intolérance au nom de la tolérance (déboulonnage de la statue de Saint-Michel aux Sables d’Olonne)
L'âme et la vie spirituelle sont toutes deux des modes d'être en danger. Chaque jour en ouvrant notre journal, en allumant notre radio ou notre télévision nous voyons le palais de la Lumière saccagé et un peu plus caché derrière les palissades des démolisseurs. Voyez les Sables d'Olonne : La statue de st-Michel terrassant le démon (ou tout simplement l'image statufiée d'une allégorie du Bien terrassant une allégorie du Mal) doit être théoriquement déboulonnée sur décision de justice alors que 98% des Sablais veulent la garder. Va-t-on faire démolir le cloître de l'abbaye et l'église stÉtienne du Mont st-Michel ? Va-t-on déboulonner de même le stMichel de la place st-Michel à Paris (voir image) ?

Qui a demandé l'enlèvement de la statue aux Sables d'Olonne ? La Fédération Nationale de la Libre Pensée, laquelle n'accepte pas comme pensée libre celle qui conçoit qu'il faudrait conserver la statue de st-Michel aux Sables d'Olonne. Je me sens secoué par un rire stupide ; quelques virus du rhume rationaliste général ont dû atteindre ma musculature respiratoire et mon larynx. La Fédération Nationale de la Libre Pensée a son siège 10, rue des Fossés-Saint-Jacques, 75005 Paris. Comment peut-elle supporter d'avoir pour adresse une rue portant le nom de st-Jacques ?
[244C26*19/09/2022]
Crédit photo : NonOmnisMoriar, Wikimedia
Sur les vertiges de l'élévation spirituelle
Des générations vont passer (Le Signe 24/2) avant que nous ne gravissions les échelons de l'interminable échelle que Le Signe vient d'appuyer contre la montagne de la Vérité. Mais nous les gravirons en passant, s'il le faut, par les plus tourmentants vertiges de l'ascension (7/2). Pour l'heure nous suivons les terres boueuses de notre nature spirituelle profonde, où il sera longtemps difficile de marcher. Mais nous y marcherons. Peu à peu nous retrouverons la psyché des Enfants du Père, et donc notre force génésiaque.
[244C26*19/09/2022]
Sur la continuité de la vie même après la mort et la nécessité d'être des hommes nouveaux
Ce monde déçoit ; les choses ne vont pas très bien chez les hommes. Il en a toujours été ainsi ; le péché torchonne la vie, toujours et il en sera ainsi jusqu'à ce que l'humain, comprenant que le mal le plus redoutable n'est pas dans le dioxyde de carbone, mais dans le cœur qui a cessé depuis trop longtemps d'être le siège de l'amour, comprenne ce qu'il doit corriger au fond de lui, voie où il doit aller. La reine Élisabeth II est morte il y a dix jours. Je n'ai ressenti ni chagrin ni émotion, parce qu'étant devenu le prophète je ne suis plus que l'homme de la vie avant ou après que le corps ne cesse de respirer. La mort pour moi n'a plus de sens ; je sais que le mal ne sera pas vaincu de mon vivant charnel, mais après un interminable nombre de générations, et que ce qu'il est urgent de voir dans la vie c'est sa continuité ad libitum, c.-à-d. sa durée à volonté.
Reine ou clocharde, dans un coin de porte cochère ou dans un palais, une femme ne vit jamais que quelques décennies dans un corps d'animal — ce qui est pour l'heure un mystère, du reste — mais vit ensuite interminablement à égalité avec les autres âmes, si elle a une âme. J'ai seulement beaucoup de respect pour ceux qui ont du chagrin de perdre un être cher et, de ce point de vue, j'ai un respect égal pour les obsèques païennes antiques, pour l'incinération d'un s.d.f. ou pour les funérailles somptueuses d'Élisabeth II. J'ai pareillement autant de souci pour les victimes des guerres de religion de 1562 à 1598 que pour celles de la guerre de Sécession de 1861 à 1865, celles de la guerre de 1914-1918 ou de la guerre actuelle en Ukraine. Mon souci vient non des malheurs immédiats tangibles : ruines, veuvages, orphelinages, etc., mais de mon inquiétude pour ceux qui ayant une vie trop courte du fait de la violence meurtrière ont peut-être manqué du temps de la pénitence et donc d'une âme. Les périodes heureuses de la vie terrestre sont toujours courtes.
Rien n'a beaucoup changé depuis l'antiquité, sauf peut-être le savon, le dentifrice, les baskets, le moteur à explosion ou électrique, l'ordinateur. On est plus propre, on va et on calcule plus vite (l'ordinateur n'est qu'une calculatrice binaire) ; ce n'est pas grand-chose. Les hommes sont toujours infantilisés par des pouvoirs avides de l'obéissance de la base. Nous restons en jachère, le fruit qui pourrait sortir de notre terre humaine est cultivé avec parcimonie. Certes, il n'y a plus d'esclavage, mais les jalons que l'homme a posés pour avancer ne vont pas loin, non, ils ne vont pas loin. C'est pourquoi ce que nous demande Le Signe n'est pas une petite avancée vers le Bien, mais une énorme avancée. En fait, nous sommes appelés à être des hommes nouveaux, c'est-à-dire d'autres hommes, et la Parole d'Arès affirme que c'est possible.
C'est dans une relation fondamentale, transformiste, quasi "darwinienne" si je peux dire, que nous devons entrer. C'est d'un bouleversement intérieur total, d'un matrilignage de fond en comble, que nous devons renaître. Il faudra des générations. Oui, mais qu'importe ! Des étoiles où nous serons nous pourrons apporter à nos descendants terrestres notre contribution à ce renversement. Comment ? Je n'en sais rien, mais à 93 ans je ne tarderai pas à le savoir. Voilà pourquoi nous devons entretenir avec le plus grand soin le jardin de notre amour, les parterres de notre pardon, les champs de notre paix, les forêts de notre intelligence, les rizières infinies de notre liberté.
[244C27*19/09/2022]
Pourquoi l’homme vit dans la chair ?
Pourquoi avons-nous un corps de chair ? Comme je le dis depuis quelque quarante-huit ans c'est un mystère. C'est quelque chose que je ne suis pas sûr de bien comprendre, car la Parole décrit certes le processus de la chute, mais n'en explique nulle part la cause profonde. J'en suis donc réduit à des suppositions, qui ne sont guère que mes suppositions. Celle de mes suppositions qui me paraît la plus plausible est liée aux passages du Signe (2/1-5 et vii/7-13), à savoir que la dissidence d'Adam(e), sa décision de vivre une autre vie que celle prévue par le Dessein, reposait peut-être sur la nostalgie de la vie d'animal pensant qui était la sienne avant qu'il fût créé spirituel — la création d'Adam est qualitative : passage de la vie animale à la vie spirituelle —. Adam aurait ainsi récupéré sa vie animale tout en gardant sa potentialité spirituelle, car le Créateur n'a repris à Adam aucun des cinq dons qu'Il lui avait faits : parole, créativité, liberté, individualité, amour. L'homme adamique que nous sommes serait donc ce curieux mélange d'animalité et de spiritualité, qui a donné naissance au péché.
Chercher des explications aux choses les plus métaphysiques est une manie qui poursuit l'homme depuis la plus haute antiquité. J'ai eu cette soif, quand j'étais athée, il va sans dire, mais aussi quand j'étais dans la religion, car la rhétorique théologique aime aller au fond des choses : De là un nombre considérable d'erreurs commises par les dogmes. C'est vrai qu'il y a souvent plusieurs sens dans une seule phrase de la Parole : Un sens immédiat littéral du texte, un sens allégorique à travers lequel nous découvrons un enseignement moral et un sens anagogique par lequel notre âme se trouve élevée vers l'amour et le désir de la Vie. Mais nous, Pèlerins d'Arès, oublions encore souvent que Le Signe nous enseigne que ce n'est pas ce qu'il croit qui sauve l'homme, mais c'est ce qu'il fait dans l'ordre du Bien. Or, les explications poussées sont du domaine de la croyance, rarement du domaine des faits. Savoir pourquoi l'homme vit dans la chair n'apporte rien à la vie axée sur le salut ; c'est l'amour du prochain le véritable artisan du salut, ce n'est pas le savoir. La curiosité n'est pas un mal, mais une fois satisfaite, elle ne donne rien.
Héraclite a dit : "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve (parce que l'eau coule et l'on n'entre jamais dans la même eau)." Beaucoup admirent cette pensée d’Héraclite. Je me contente de penser que c'est une plaisante et fine pensée, mais qui en réalité m'est indifférente, parce qu'elle n'apporte rien. Oh ! certes, elle veut dire que l’expérience du monde est un flux ininterrompu : chaque jour, chaque minute même, l’arbre pousse et l’enfant grandit. Et alors ? Qu'est-ce qui dans cette pensée changera le monde ? Rien. Aimer, oui, c'est aimer qu'il faut, parce que l'amour a une force, une puissance, que la logique n'a pas.
[244C28*19/09/2022]
Sur Spinoza et sur le Fond de Dieu et de l'homme
C'est dans Spinoza que je trouve peut-être le concept de Dieu le plus proche du concept que m'en donne Le Signe. Spinoza fut excommunié par la synagogue et rejeté par toute la communauté juive d'Amsterdam. Pourquoi ? Sa conception de Dieu était la cause la plus évidente de cette proscription. De mon côté, c'est l'expérience surnaturelle d'Arès et le texte du Message reçu des Entités qui m'ont visité à Arès qui m'ont amené aux considérations que résume mon entrée 244. Du côté de Spinoza c'est apparemment l'extraordinaire et pure honnêteté de l'homme porté par la raison et une étonnante intelligence spirituelle à une vision claire du Créateur, quoique je pense qu'il a peut-être aussi comme moi fait une rencontre avec l'Infini Surnaturel. Sa vision de Dieu était quelque peu différente de la mienne, mais comme la mienne complètement étrangère à la tradition religieuse judéo-christiano-islamique. Dieu pour Spinoza comme pour moi n'est pas du tout la figure anthropoïde dont la bonté mais aussi la sévérité ordalique (juridique) royales dominent dans les religions monothéistes.
Spinoza en son temps comme moi aujourd'hui pensons qu'il faut cesser de considérer Dieu à l'image de l'homme, considération qui ne touche pas que Dieu, mais qui touche également l'homme, Son Enfant, puisque cet Enfant est Son Image et Ressemblance (Genèse 1/26-27). L'homme comme Dieu doit être considéré de façon complètement différente : le Fond de l'homme comme le Fond de Dieu est tout à fait autre, ce qui ressort à l'évidence de la lecture attentive du Livre (deuxième partie du Signe). C'est bien pourquoi la Vie appelle au changement de vie (30/11) de l'humain.
[244C29*20/09/2022]
Sur le lien indissoluble entre la Vie et l'Humanité
Des croyants, mot qui garde un sens naïf et péjoratif, deviennent des métaphysiciens. Les croyants s'appuient sur un travail fini, qu'on appelle la dogmatique, et voilà que je fais glisser mes frères et sœurs vers un travail mobile et qui restera mobile aussi longtemps que l'humain cultivé gardera de Dieu et du Dessein qu'Il représente des idées fixes, "sacrées". Rien dans les idées que notre mission communique au monde n'est définitif encore. Du reste, le définitif n'est pas quelque chose vraiment propre à Dieu et à Son Dessein, car l'éphémère génésiaque (premier jour, deuxième jour, troisième jour...) n'a probablement jamais existé sous la forme que lui donne la Bible. Dieu est une somme ; il ne cesse d'assortir et d'agrandir son Dessein. De plus, Il est une somme cohérente, parce que Lui et Son Dessein ne font qu'Un — Le jour où le soleil est dispersé comme plumes de pavot, Je cours encore et entre temps Je fais mille nouveaux soleils (Le Signe xxii/12) et cet ensemble ne fait qu'Un —. La Vie est un Individu Sublime et l'homme, même par milliards, est un individu, parce que la Vie, Son Dessein, l'homme (comme espèce) sont mobiles, mais indissolubles. Le jour du péché des péchés (38/2), s'il survient, des hommes disparaîtront mais la ruche de la Terre survivra ; le Miel (xii/4-6) continuera de couler. L'Univers est un chantier permanent ; la fin de l'Univers est impossible.
[244C30*20/09/2022]
Sur notre état d'inachèvement et la nécessité d’en sortir
La reine d'Angleterre Élisabeth II est morte, mais le contraste que fait sa très brève splendeur charnelle avec l'existant permanent et sans hiérarchie où elle a plongé est tel qu'il démontre de façon magistrale qu'elle n'a fait que rejoindre l'Individu qu'est la Vie dans sa sphère infinie, sans fin, sans surface. Elle n'est plus qu'une particule de vie. Moi-même je ne serai plus bientôt qu'une particule de vie, de la Vie, de l'Individu Dieu que tout est. Cela sera le sort de chacun tôt ou tard.
Ainsi sommes-nous en permanence en état d'inachèvement. Il m'arrive de dire à d'arrogants penseurs : "La foi est un état d'inachèvement permanent, parce que les questions qu'elle suscite ne reçoivent jamais de réponse en ce monde." Ils me regardent comme un schizophrène extrême en perte totale de contact avec la réalité et anosognosique, c'est-à-dire n'ayant pas conscience de sa maladie.
Notre acte de conscience comme Pèlerin d'Arès est de nous dire que nous sommes comme humains tombés dans l'état d'ignorance quasi absolue du Fond. Que nous parlions de Baal, de Toutatis, de Jupiter, du Dieu Catholique ou d'Allah au Nom de Qui on coupe les têtes, nous sommes dans l'animalité, nous sommes des bourrins. Dieu existe mais est devenu l'inconnu. Bouddha peut-être a vu la Lumière et tenté de sortir l'homme de ses idées, mais il n'a pas été suivi ; des pans considérables de son enseignement ont disparu. Notre mission : Sortir de cet inachèvement patent. Les seuls points sur lesquels quelques avancées ont été faites par les religions sont restreints, très limités. Nous, nous devons rouvrir en grand la porte du Vrai !
Il me faut donc bien commencer par présenter Dieu, l'Étalé, la Vie, de la façon la plus proche et en même temps la plus libérée possible. Je sens mes frères mordre à ma pensée et commencer de s'y accrocher et je sens qu'en même temps ils ont quelque fierté à échapper enfin au magma intellectuel où les siècles les ont embourbés.
[244C30*20/09/2022]
Sur l'énergie résiduelle en l'homme (A. Einstein)
Il ne faut pas s'exagérer, face à l'Énergie de la Création gigantesque jusqu'à l'infini, la petite, voire même très petite énergie qui reste à l'humain pécheur réduit à une animalité qui le dévore. Chaque homme meurt parce qu'il est dévoré par l'humanité qui ne peut plus vivre que sur l'énergie des autres. Les hommes se consomment les uns les autres. Georges Bataille, je crois, eut une réflexion intéressante sur l'animal mangeur et l'animal mangé ; la vie de la Terre est devenue un repas planétaire ; les animaux se bouffent ; les hommes se bouffent, etc. Mais si l'homme A bouffe l'homme B, c'est parce que l'homme B a de l'énergie bouffable, si je peux dire. Oh, pas beaucoup ! Mais assez pour faire penser à Albert Einstein que la vie après la mort est inévitable comme accueil dans un Univers hautement énergétique de l'énergie résiduelle en l'homme. L'amour redonne de l'énergie, sans nul doute, mais pour l'heure cette énergie est largement consommée par les autres sans grand profit pour l'aimant.
[244C31*20/09/2022]
Qu’est la mort en fait ? Qu’est-ce qui m’attend ?
Le sort post-mortem ne peut être que de deux sortes selon Le Signe : Soit on a une âme, laquelle peut sans doute n'être qu'une potentialité, soit on devient spectre, c'est-à-dire rien ! Quand une nuit théophanique, je dus traverser une file d'ombres humaines pitoyables, ces ombres n'étaient que des riens. De même, quand, lors d'une Théophanie dans la future Maison de la Sainte Parole, je vis devant moi défiler les prophètes ; ils étaient inertes, invivants, des riens. La question que je me pose me paraît sensée : Serai-je parmi eux ?
La vie charnelle de l'homme qui se sait ignorant de ce qui se passe vraiment dans l'invisible immense en dehors des brèves irruptions de cet invisible dans le visible, ce qui est mon cas, est faite d'une confiance considérable en l'éternité de la vie humaine, parcelle de la Vie, et d'une très pénible ignorance de ce qui l'attend quand la respiration s'arrête. Je ressors de ma bibliothèque "L'Espace Littéraire" de Maurice Blanchot et j'y retrouve parmi les passages soulignés : "La mort est bien ce qui n'arrive à personne, l'incertitude et l'indécision de ce qui n'arrive jamais, à quoi je ne puis penser avec sérieux, car elle n'est pas sérieuse, elle est sa propre imposture, l'effritement, la consumation vide, — non pas le terme, mais l'interminable, non pas la mort propre, mais la mort quelconque, non pas la mort vraie, mais, comme dit Kafka, "le ricanement de son erreur capitale." Celui ou celle qui aime, pardonne, pacifie, affûte son intelligence spirituelle libre de tous préjugés, peut très bien se passer de toutes ces questions : Qu'est la mort en fait ? Qu'est-ce qui m'attend ? Tout ou rien ? Etc. C'est la merveilleuse mise au point du Signe. Mais moi, non seulement je m'efforce d'aimer, pardonner, pacifier, affûter mon intelligence spirituelle libre de tous préjugés, mais je me pose ces questions. Ces questions sont sans réponses en l'état actuel de ma vieille existence. Je vis dans l'amour et la confiance en Dieu, la Vie, le Père, mais avec l'humilité de voir mes limites. J'aurai probablement bientôt des réponses, parce que j'ai 93 ans et que ma vie charnelle ne peut plus être très longue, et je souffrirai alors de ne pas pouvoir les communiquer.
[244C32*21/09/2022]
Sur l’humain, libre et donc maître de son destin
L'Étalé est libre et a fait libre l'humain Son Enfant, mais n'a pas fait libre le reste de l'univers. Nous sommes donc une part de l'Étalé. C'est pour cette raison que Dieu ne connaît pas tout de notre devenir humain. Il en voit une certaine marge temporelle, mais le reste, non connu de Lui, dépend de cette liberté que le Père-Mère a partagé avec nous. Autrement dit, nous humains sommes maîtres de nos destins.
[244C35*29/09/2022]
Sur la polone
La polone est comme un conglomérat des âmes. L'interrogation demeurant sans aucune réponse, même simple allusion, est : Ce conglomérat commence-t-il à se former avant la mort et cette formation se poursuit-elle après la mort ? Ou se forme-t-il après la mort ? Je l'ignore.
[244C36*29/09/2022]
Sur la distinction âme-spectre et le salut
Il n'y a pas sur Terre d'homme juste faisant le bien et qui ne pèche pas (Qohélet 7/20, Bible Émile Osty). Ainsi, les humains mourant avec une âme et trouvant le salut sont tous pécheurs. Le spectre n'étant pas du tout défini dans Le Signe, j'ignore à quel niveau de péché l'on perd son âme et l'on devient spectre en mourant, mais on est soit une âme, soit un spectre, jamais les deux. Je n'ai rien trouvé dans Le Signe qui permette de penser qu'un spectre peut avoir une âme. C'est l'un ou l'autre. Cela dit, l'humain devenant spectre à sa mort reste-t-il dans cet état pour l'éternité ? Peut-être pas, car des abîmes glacés les regards creux et blancs des spectres m'imploreront, chacun verra alors Ce Que Je ferai (31/12).
[244C37*29/09/2022]
Sur l’amour comme moteur de l’activité humaine
Nous vivons au milieu d'une humanité, nos frères et sœurs humains, qui plus que jamais s'agite en tous sens, allant de l'avant puis revenant en arrière, traversant des poussées de fièvre, puis se calmant, puis retombant dans la demi-folie, l'orgueil, l'envie, la haine, etc. Tantôt on croit le mal forgé de la main de l'homme, tantôt on la compare à un organisme vivant qu'il est impossible de calmer comme on ne peut empêcher un enfant de grandir et l'on croit que cette vie houleuse et tourmentée est naturelle alors qu'elle n'a qu'une seule cause : l'absence d'amour. Il y a deux mille ans le Père suscite un prophète, Jésus, pour relancer l'amour dans le monde, et il recommence maintenant parce qu'il ne désespère pas de voir l'amour devenir le moteur de l'activité humaine. L'amour est le fondement de notre mission. C'est lui qui nous redonne la vie spirituelle en nous permettant d'échapper à la religion.
Nous sommes une assemblée providentielle. Nous pouvons sauver le monde, action si difficile mais si exaltante.
[244C38*29/09/2022]
Sur la rencontre fraternelle et l’amour du prochain
Mes frères et mes sœurs en général s'efforcent de se connaître et de se rencontrer ; je suis le premier heureux de leur désir de fusion. De la fraternité nous avons une conception exigeante, au point que plus que l'union qui fait la force elle nous paraît une œuvre, un chemin. L'amour fraternel exige une certaine noblesse de cœur. Je crois que dans la vie courante de ce monde la difficulté d'établir entre hommes et femmes une relation claire et transparente est tout simplement liée à la difficulté de vivre. Nous n'avons pas dans notre Assemblée cette difficulté de vivre et par là même nous représentons déjà un monde. Oh ! nous n'avons pas la prétention de penser que notre petit monde de Pèlerins d'Arès est déjà le monde changé (Le Signe 28/7), mais nous sommes en droit de penser qu'il va dans la bonne direction.
Faire naître l'amour des autres, c'est surmonter la difficulté de faire disparaître l'amour de soi. J'aime pour ma part rencontrer mes frères et sœurs ; c'est comme si je repartais avec quelques étiquettes de plus sur ma valise ; tous cheminent gracieusement dans mes pensées ; ils illuminent dans mon esprit des récits souvent savoureux, parfois douloureux, mais toujours nécessaires parce qu'on ne peut pas changer le monde sans le monde et que pour moi, qu'un prophétisme difficile et isolant a cloué à une semi-solitude, notre Assemblée même très dispersée est un univers de soleil.
[244C39*30/09/2022]
Sur Ezéchiel, prophète controversé
Ézéchiel est le prophète le plus controversé de l'Ancien Testament. Quantité de lecteurs de la Bible, religieux compris, ont mis en doute depuis des siècles l'opportunité de donner à Ézéchiel une place dans la Bible. Pour les uns il passe pour un esprit dérangé, pour d'autres il passe pour un affabulateur, pour d'autres encore il passe pour un religieux vétilleux et dangereux, car, prophète des Hébreux exilés à Babylone, il a pour ainsi dire concocté une nouvelle thora ou loi à l'usage des Hébreux de retour à Jérusalem. On sait très peu de choses d'Ézéchiel et l'on n'est même pas sûr qu'elles soient vraies. Il a probablement vécu au 6ème siècle av. J.-C. Son nom signifie "Que Dieu lui donne force !". Ézéchiel est troisième dans l'ordre canonique des grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, Daniel). Pour le judaïsme et le christianisme Ézéchiel est prêtre du Temple de Jérusalem. En Islam son nom est Hizqîl et il est associé à la figure coranique de Dhul al-Khifl (Coran sourate "Sad" (ص) 38/verset 48).
Pour ma part je cite très peu Ézéchiel ; j'ai des doutes sur l'authenticité du Livre qu'on lui attribue. Il semble toutefois qu'Ézéchiel fût un personnage important aux yeux de ses compagnons de captivité à Babylone. Ézéchiel comme Jérémie croyait que l'individu était l’unité de base de la religion et c'est pourquoi la synagogue prit de l'extension après le retour des Hébreux à Jérusalem en enlevant au Temple sa position unique de lieu de culte ; c'est à partir de ce moment que "dans le judaïsme la religion est au service de l'homme et non l'homme au service de la religion" (je ne me souviens plus de qui est cette citation). Ce principe est en accord avec les idées qu'apporte le Livre d'Ézéchiel, qui en a peut-être été le fondateur ; c'est pour cette raison sans doute qu'Ézéchiel a été maintenu dans la Bible. De même qu'Isaïe Ézéchiel pensait que Dieu était le grand pouvoir moteur de l'Histoire. Mais dans Ézéchiel on a l'impression que Dieu se soucie plus de Lui-même que de l'homme : Et vous saurez que Je suis Yahwé quand J'agirai en votre faveur à cause de Mon Nom et non selon vos voies mauvaises et vos actions perverses, maison d'Israël (Ézéchiel 20/44) est une phrase où je ne reconnais absolument pas le Dieu Qui me parla à Arès en 1977.
[244C40*01/10/2022]
Sur la Covid-19 et le pèlerinage du cœur
Important Pèlerinage après deux années de fermeture sous prétexte que nous serions morts ou aurions été très malades tandis que ce supposé miasme baptisé covid-19 aurait, semblait-il, parcouru l'atmosphère avec une grande faux noire bien affûtée. Ce n'est pas par peur ou par détresse que nous avions fermé, deux ans durant, la Maison de la Sainte Parole, mais pour ne pas voir la gendarmerie débarquer pendant les heures de prière et faire évacuer les lieux, pour que les diktats préfectoraux ne fussent pas plus forts que la foi. La loi n'empêcha aucun des Pèlerins d'Arès de faire son Pèlerinage du cœur en 2020 et 2021. La loi ne réduisit pas notre foi à un songe ; au contraire. J'ai pendant ces deux années poursuivi la rédaction de mon blog ; la certitude apaisante de la présence de la Vie, du Père, du Très-Haut en moi autant sinon plus que Sa Présence entre les quatre murs blancs du Saint Lieu n'a rien changé à ma certitude que la vie terrestre n'est qu'une vie provisoire de problèmes, de besoins et de peines et que le retour à la Vie nous attend tous et ne sera pas spécialement provoqué par le miasme covid-19. Rien ne nous a empêchés de fondre notre commune liberté d'espérance qu'au fond nous ne sommes jamais nés et que nous de disparaîtrons jamais.
La foi incarne pour moi la vie... la vie sur Terre autant que la vie éternelle sous l'égide de la Vie ineffaçable.
[244C43*05/10/2022]
Sur Christiane, soutien indéfectible
La foi incarne pour moi la vie... la vie sur Terre autant que la vie éternelle sous l'égide de la Vie ineffaçable. Ce matin, me réveillant avec ma main sur le corps endormi de mon épouse, je rendais grâce au Père de m'avoir donné voilà plus de cinquante-quatre ans cette fraîcheur, fraîcheur de la vie, qu'a gardée Christiane et je tremblais déjà de l'émotion de revoir tout à l'heure son beau regard clair et droit, sa bouche souriante, d'entendre sa voix, de sentir me tomber dessus tous les trésors d'une tendresse trop forte pour ne pas avoir déjà quelque chose d'éternel. Je ne sais pas si nous garderons ad patres nos identités et nos sexes, mais je m'émerveille d'imaginer que nous mêlerons nos âmes aux autre âmes innombrables de la polone, qui est la masse vivante du Créateur. Pour l'heure, Christiane s'occupe de moi avec les extraordinaires soins inventifs de l'amour que seule une femme peut donner, avec son rire infatigable, son insatiable activité. Depuis que je suis homme de Dieu bien des tonnerres ont éclaté dans ma vie, soucis et dangers inévitables, mais Christiane a toujours su gérer avec moi ces moments qui pouvaient être foudroyants et dans ces moments difficiles j'ai toujours mieux compris que le Père l'avait mise à mes côtés. Christiane, comme le saint lieu d'Arès, comme chacun de mes frères et sœurs, est venue au monde pour commencer de construire avec moi un autre monde, le monde changé. Elle, quoiqu'elle compatisse très sincèrement, n'est pas là pour écouter les voix plaintives des désespérés qui peuplent cette terre, de l'innombrabilité de ceux qui ne croient en rien. Christiane est là pour m'apporter de la force, l'air de rien, faisant semblant de suivre alors qu'elle accompagne, assure au risque de sa propre tranquillité d'esprit. L'été 2022 a été un été où seules les présences des nombreux pèlerins venus saluer le lieu où se dressa, il y a quarante-sept ans, le bâton de Lumière, ont compté à la Maison de la Sainte Parole et Christiane et moi n'avons été là que deux pèlerins parmi tous les autres
[244C43*05/10/2022]
Sur la pensée de Teilhard de Chardin : messianisme chrétien et réflexion scientifique
Pour bien comprendre la pensée de Teilhard de Chardin, il faut avant tout avoir à l'esprit que cette pensée s'activa à une époque où, dans le monde en général, mais en Occident en particulier, la foi s'éteignait, le matérialisme athée envahissait tout, agitant l'esprit des hommes de foi (Teilhard était jésuite) qui se posaient quantité de questions nouvelles. Paul Ricœur, existentialiste chrétien dans le courant de la théologie protestante, pensait avec raison qu'il fallait séparer téléologie (science des fins de l'homme) et finalités. Teilhard de Chardin aussi mais, quant à lui, il élabora une œuvre de synthèse formant un ensemble intellectuel pas trop incohérent entre la foi du jésuite, foi qu'il ne perdit jamais, et le positivisme scientifique du paléontologue qu'il était aussi. Il proposa une philosophie unique, lumineuse et féconde, qu'il faut se garder de croire incohérente. La synthèse qu’il a mise au point a promu une troisième voie entre la dogmatique romaine et la philosophie matérialiste de l’Histoire. Il a cru dans la possibilité d’une interprétation spirituelle complexe du devenir humain.
Pour Teilhard, la biologie et la sociologie, c.-à-d. la nature et la culture, se suppléent spontanément. Il a écrit : "Dans leur essence, et pourvu qu’ils maintiennent leurs connexions vitales avec le courant montant des profondeurs passées, artificiel, moral et juridique ne seraient-ils pas tout simplement du naturel, du physique, de l’organique hominisés ?" Mais bon ! Pierre Teilhard du Chardin n'est pas facile à lire... Je ne sais plus qui a dit qu'il avait vu la possibilité pour l'homme de répondre pour la construction de son destin à des hypothèses apparemment aussi étrangères que peuvent l'être les musiques de Mozart et de Glenn Miller ou Louis Armstrong. En tout cas, Teilhard a fondu le messianisme chrétien dans la pensée scientifique ; il a nommé, si ma mémoire est bonne, cette combinaison "l'oméga cosmique". L’originalité téléologique de sa pensée était qu'il voyait comme soluble la dialectique de l’unique et du multiple en voyant l'unique capable de contenir le multiple ; pour lui le destin humain est un système complexe de centres. Autrement dit, Teilhard de Chardin effaçait les frontières entre science et religion et invitait l'une et l'autre à reconsidérer leurs positions. Ce n'est pas la position des Pèlerins d'Arès puisqu'aucun dogme ne joue un rôle, quel qu'il soit, dans notre foi et que nous n'avons pas de combinaison à réaliser entre ce que nous croyons (qui n'est pas la source du salut) et l'amour (qui et la seule voie de salut), mais nous voyons que Teilhard de son côté recherchait déjà pour une finalité heureuse une voie cohérente dans le dédale des contradictions qui tourmentent le monde.
Raymond Aron a dit : "Nous avons perdu le goût des prophéties. N’oublions pas le devoir de l’espérance !" [244C44*05/10/2022]
Sur l’intrication quantique et l’Étalé intelligent
En 1935, Albert Einstein a montré que les lois de la mécanique quantique autorisaient la formation de particules intriquées. C'est-à-dire, par exemple, que deux photons qui ont interagi entre eux dans le passé puis se sont éloignés l'un de l'autre, conservent la possibilité d'échanger des informations entre eux. Toute modification d'une propriété d'un des photons est immédiatement transmise à l'autre photon. C’est l'intrication quantique.
Pour Albert Einstein aucune information ne peut se transmettre plus vite que la lumière, et donc le formalisme quantique doit être rejeté. Niels Bohr, physicien danois, contesta cette position. Mais aucune expérience n'était à l'époque capable de prouver l'existence ou l'absence de l'intrication (appelée aussi non-localité). En 1964, le physicien irlandais John Stewart Bell montra que les points de vue d'Einstein et de Bohr menaient à des visions différentes, voire contradictoires, et il formalisa ce résultat par ce qu'on a appelé les célèbres inégalités de Bell.
Alain Aspect et son équipe ont alors fabriqué une source produisant des paires de photons intriqués, puis ont étudié leurs propriétés. Les résultats obtenus (1982) violaient les inégalités de Bell, ce qui veut dire que la physique quantique a raison : Il existe bel et bien des paires de particules intriquées, c'est-à-dire des particules dont les propriétés restent liées quelle que soit la distance qui les sépare. Les deux particules même distantes de plusieurs kilomètres se comportent comme un système unique. Ces phénomènes ont d'ailleurs déjà des applications dans le domaine de la cryptographie (code graphique déchiffrable par l'émetteur et le destinataire seulement) et de l'informatique (ordinateur quantique). On est en effet très proche de la métaphysique, voire même en plein dedans. Si certains d'entre nous réfléchissent, ils constatent ainsi qu'il existe des conditions d'état qui n'ont pas la même logique à l'état quantique que celle qu'elles ont à l'état normal. La notion de l'Étalé intelligent, que les athées estiment impossible parce qu'il violerait selon eux les principes de physique, est en fait possible dès qu'on admet que le réel puisse être tout autre chose qu'il n'est sur Terre à l'état habituel. [244C46*08/10/2022]
Sur le plus grand coffre-fort du monde : l’amour fraternel
L'amour fraternel est le plus grand coffre-fort du monde. Le nôtre, à nous Pèlerins d'Arès, est déjà de bonne dimension. Pas en nombre, nous ne sommes encore que quelques milliers, mais en volume, il est déjà développé ; l'amour fraternel, quand il est fort, est un trésor qui prend de la place. Quand je relis les paroles si belles, si simples et intraduisibles de "My Way" — syllabe intraduisible par sa charge d'émotion, énorme ! — j'ai envie de chanter "Our Way" : Notre chemin, notre sentier, notre destin, notre passage, notre périple, notre part d'existence, notre vie, quoi ! [244C48*09/10/2022]
Sur le chemin du prophète : épreuves, patience et grâce
Le prophétisme ne se définit pas comme une voie de bonheur, mais comme une voie d'épreuves et par-dessus tout de patience énorme ! Je suis reconnaissant à tous mes frères et à toutes mes sœurs qui ont voué leur existence à la mission que je leur ai proposé d'assumer avec moi et qui depuis des décennies savent que tout croyant dynamique et créateur avec le Créateur se voue à une vie très particulièrement tendue comme un cocon qui contiendrait l'Univers sous pression. Ce faisant, quel Pèlerin d'Arès n'aurait pas compris que la Paternité Divine de la Vie lui a apporté plus de soucis et d'insatisfactions que de joies béates. Je comprends que le prophétisme vous ait sensibilisé au point de pleurer. [244C49*09/10/2022]
Sur ce que j'ai pu faire
L'homme, quel qu'il soit, qui chante "My Way" dit en gros : "J’ai fait ce que j’ai pu." et le dit au seuil de son existence, quand ce qu'il a fait ne peut plus être corrigé, est impossible à refaire. Moi aussi, comme dit la chanson, "I face the final curtain", c.-à-d. "me voilà devant le dernier rideau (ou voile)". J'ai 93 ans ; je suis lent, beaucoup moins vaillant qu'autrefois et un jour, une nuit, mon âme s'envolera, il ne restera là sur le sol, sur une chaise ou dans mon lit que ce qui m'aura servi d'échafaudage, des bouts de bois, de la toile, des cordons, rien quoi ! Oh ! ce n'est pas la mort qui me fait peur, bien au contraire, parce que la mort fait entrer dans une autre vie. Ce qui me fait peur c'est de ne (peut-être) pas avoir fait tout ce que je devais faire depuis quarante-huit ans, quarante-neuf bientôt. On ne peut trouver chez les messagers du Père aucun individu hilare ; on ne trouve chez eux qu'une analyse sérieuse et inquiète de leur vie. Ils ne sont que des humains. La notion de bonheur serein est absente de la vie prophétique ; ils ont fait ce qu'ils ont pu... comme le personnage que plante la chanson... "My Way"
De toute ma force, j'espère que "My Way", mon parcours, aura donné au mouvement que Le Signe promeut le bon départ. [244C50*09/10/2022]