Le maître religieux, politique, idéel, technoscientifique, etc. — a fait du monde un champ de bourrins attelés à leur destin cyclique, à leurs pensées en boucle, à leur ennui et à leurs jeux comme les bourrins à leurs charrettes.
Le fouet de la vie tanne le cuir humain et nous cherchons comment faire bruire la Vie (Signe 24/5) plus que le fouet qui claque.
L’esprit oublie qu’il fut l’ultime refuge des grandes espérances. L’amour du prochain, le changement du monde (Signe 28/7) ne soucient plus qu’une poignée de perclus maladroits, c.-à-d. nous qui ne formerons une puissance apostolique qu’après des générations. Mais nous commençons ; nous n’arrêterons plus.
Les technosciences ont vidé, pénétré et curé comme un puits la psyché humaine, mais nous ramenons goutte à goutte l’Eau dans le monde.

Bourrins
Photo : Hamdigumus (Unsplash)
Le Père à Arès me parla, non parce que je serais meilleur qu’un autre, mais pour qu’une voix humaine, un quasi-bourrin hennissant pris au hasard, rappelle au monde, qui déjà pâtit et meurt du péché, qu’il s’achemine vers le pire : le péché des péchés (Signe 38/2).
Le Signe rappelle (7/5, 16/15, 21/3, etc.) à l’homme qu’il est né d’un Dessein (Signe 28/27. 36/8). Ce Dessein, l’homme est libre (10/10) de l’oublier, mais s’il persiste dans cet oubli et ne change (Signe 28/7) pas en Bien, il tourne en épais écheveau de souffrance, décline, revient à l’animalité.
Le Signe appelle au moyen simple et unique pour maîtriser le Bien : la pénitence ou l’amour accompli (35/6).
Changeons le monde non par la loi, la police, la cour de justice, l’école, la prison, mais par la bonté. Par la pénitence, l’observance du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7) chaque humain peut redevenir le Bon (Signe i/5-9, ii/ 3-19, viii/3, xiii/4-17, etc.) ou le christ (32/2). Changer sa vie (30/11), c’est-à-dire aimer, pardonner, faire la paix, avoir l’intelligence libre de préjugés, c’est retrouver la Vie (24/5).
Certains me lancent : « Cessez de vous répéter ! » Je réponds : « Je me répèterai ainsi jusqu’à mon dernier souffle et même en deçà. Mais cette insistance ne m’animalise pas ; elle m’humanise même extrêmement au sens où elle me déifie (Genèse 1/26). Déifiez-vous de même ! Ne vous laissez pas empailler par les technosciences qui prennent la place de la vie cherchant à installer le transhumanisme, l’intelligence artificielle, etc. Quand je répercute le Cri (Signe 23/2, 28/11, ii/19) du Père : « Changez de vie ! », je veux dire : « Soyez les vivants ! »
Notre esprit n’est pas un moteur qui obéit au pilote comme un bourrin obéit au cocher. L’esprit est un flux vivant, infiniment riche, créateur, libérateur. Aucun esprit parmi les huit milliards d’esprits de la Terre n’est autosuffisant et ne peut se passer des 7.999.999.999 autres esprits de la Terre. En fait, nous sommes Un tous ensemble (Signe xxiv/1) les hommes.

Filippo Lippi (Spolète, Cathédrale)
Une pensée n’est pas nécessairement un reniflage de bourrin dans le concert de tous les reniflages de bourrins ; une pensée redevenue normale, bonne donc, rejoint l’unique souffle créateur de l’unique immense tissu humain. C’est pourquoi une seule vie qui change, qui devient amour, a un effet infiniment plus grand qu’elle ne croit sur le tissu humain général. Quand Filippo Lippi peint la merveilleuse « Vierge » de la cathédrale de Spolète, pour nous image subjective, symbolique, de la phase maternelle de l’invisible Père-Mère, il n’est que l’aboutissement d’une œuvre de l’humanité entière, vue comme l’Enfant du Père (Signe 13/5), parce qu’il n’aurait pas pu arriver seul à cette beauté sans l’apport notionnel des générations qui l’ont précédé, qui lui sont contemporaines ou qui vivront après lui.
Le monde, pour l’heure, n’est pas dans l’agir, mais dans l’agitation. L’agitation provoque le démantèlement. Un démantèlement sans bruit, parce qu’il est lent et n’inquiète apparemment personne ; l’homme suit un train-train animal, qu’il qualifie de normal. Quand nos missionnaires, ceux de la première génération, se heurtent au désintérêt, à l’apathie, au silence, c’est à l’aboulie sous-jacente à l’agitation du monde qu’ils se heurtent. Pourtant les gens abouliques, éteints, que rencontre l’apôtre, se sentent libres et parfois le disent. Ils appellent erronément liberté leur soumission heureuse au carcan conceptuel qui les emprisonne ; ils ignorent leurs colliers, leurs harnais, leurs mors comme les chevaux d’attelage. C’est ce que j’appelle la narcose du pâtir.
Pâtir n’est pas agir. Nos apôtres font l’expérience du refus inconscient, quasi insensible, des gens de rencontre, de Monsieur et Madame Tout le Monde, de donner suite à la révolution intérieure qui pourrait refaire d’eux des âmes innovantes, des créateurs d’un autre monde. Il nous faut réveiller chez les mortels la conscience qu’ils sont autre chose que des egos sans suite, parce que, contrairement à ce que croit l’humain, s’isoler dans son égo incapabilise ; l’homme ne retrouve sa capabilité absolue qu’en comprenant que son ego est le Créateur et que tous les humains, ses frères, sont les composants du Créateur, et que la Puissance, la Sainteté et la Lumière (Signe 12/4) créatrices sont fondées sur l’amour, qui n’est qu’un, par quoi réapparaît la Vie. On comprend que quatre générations ne suffiront pas (24/2) pour faire sortir le monde de l’écurie où il est enfermé, pour lui faire reprendre conscience de son destin.
Bourrin est l’homme dont l’ego est produit de l’autosatisfaction personnelle, il reste seul dans son piètre égotisme à claquer du sabot sur le pavé entre ses brancards. Mais si l’égo réalise qu’avec tous les egos de l’immense Univers il forme la Main du Créateur, il devient la racine d’entreprises heureuses. Le bon égo de l’un est l’égo de tous. Tous les bourrins de la Terre réunis ne peuvent sentir cela. Seul l’homme connaît cette multiplication infinie du Soi.
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© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


Sur les Pèlerins d’Arès (ce qu’ils sont, ce qu’ils croient, etc.)
Je trouve bien malheureux qu'un frère humain "à mentir préfère taire son nom et son adresse", sous prétexte qu'il est ecclésiastique. Savez-vous que tout en étant catholique et croyant à des choses que nous Pèlerins d'Arès ne croyons pas comme Jésus Fils de Dieu ou l'hostie devenue le corps du Christ, etc., vous pouvez être aussi Pèlerin d'Arès ? Si vous êtes un homme qui aime tous les humains, pardonne toutes les offenses, fait la paix avec tout le monde, acquiert l'intelligence spirituelle, est libre de tous préjugés ou, si vous préférez, ne sait pas qui est sauvé ni qui n'est pas sauvé (Le Signe 11/3), bref, si vous êtes un pratiquant du Sermon sur la Montagne, vous êtes un P(p)èlerin d'Arès.
Nous sommes des croyants libres. Le Signe dont nous suivons les conseils met tout en pièces afin de tout reconstruire ou de changer le monde (Le Signe 28/7) sur une base d'une implacable logique : Seul le Bien peut battre le Mal. Tout chez nous est "implacabilité, inflexibilité, logique" en effet, parce que c'est dans l'amour que nous espérons et non dans des règles religieuses qui sont globalement des superstitions (21/1).
Notre critique des valeurs considérées comme supérieures dans les religions est, c'est vrai, notre caractéristique, mais nous ne pensons pas que pour cette raison les fidèles des religions soient des âmes perdues. Jésus était né juif et prêchait dans les synagogues mais il ne recommandait pas les pratiques juives ; il recommandait, comme nous le faisons, l'amour en toutes choses. Nous n'avons aucune considération pour la téléologie du monde sans pour autant condamner ceux qui ont cette considération. Nietzsche parlait de Dieu comme "la grande machine à punir" des religions. Nous ne croyons pas que Dieu punisse ; nous sommes assez mauvais, nous les pécheurs, pour nous punir nous-mêmes.
[243C1*06/08/2022]
Sur le temps nécessaire à l’engagement
Un certain nombre de gens pensent que les sentiers que nous suivons sont les plus recommandables, mais pour autant rares sont encore ceux qui décident de les suivre avec nous.
Je garde mon optimisme en me souvenant que moi-même je n'ai pas de prime abord été transporté par L'Évangile Donné à Arès reçu en 1974 ni par Le Livre reçu en 1977. Il m'a fallu un certain temps pour découvrir l'incomparable richesse cachée sous les mots et sous un style pas toujours séduisant. J'ai vu venir en Pèlerinage cet été deux personnes qui avaient lu Le Signe et certains de mes écrits il y a des années, mais qui n’ont que récemment découvert la Lumière qu’ils recelaient. On ne doit donc jamais désespérer.
[243C2*06/08/2022]
Au Pèlerinage 2022, un vent de plénitude heureuse
L'impression que me laissent tous les Pèlerins cette année 2022, après que le Pèlerinage fût fermé depuis 2019, c'est celle d'une piété paisible mais d'une profondeur vibrante qui — et c'est rare — permet à l’humain de surmonter la dichotomie généralement persistante entre la vie quotidienne et la vie spirituelle. J'ose même dire que certains jours je sens là une communion, une harmonie, au lieu de ce qui est habituellement un brisement ou une brûlure passionnelle. Un vent de plénitude heureuse court doucement dans la Maison de la Sainte Parole.
[243C2*07/08/2022]
Quand les humains ne voient pas qu'ils sont des bourrins, les pouvoirs en profitent.
Lors d’une expérience réalisée aux USA par des cognitivistes ou des neuroscientistes, on demande à un certain nombre de spectateurs de regarder la vidéo d'une partie de basket-ball en leur demandant d'être très attentifs et de compter le nombre de fois que le ballon change de main. Au milieu du match un homme revêtu d'une peau de gorille entre sur le terrain, regarde la caméra, se frappe la poitrine à coups de poing et sort. Une fois la vidéo terminée, on questionne l'assistance et l'on constate qu'une grande partie d'entre elle n'a absolument pas vu le faux gorille et même plus : ceux qui n'ont pas vu le singe affirment à grands cris que rien de tel ne s'est passé pendant le match jusqu'à ce qu'on leur repasse la vidéo et qu'ils soient bien obligés de convenir que le grand singe est venu. Par contre, tout le monde voit le gorille si aucune tâche particulière ne les distrait pendant le match. Eh bien ! on peut dire que la grande majorité des humains ne voient absolument pas qu'ils sont des bourrins attelés à des charrettes lourdes. Cette vision humaine déficiente est très largement exploitée par ceux qui dirigent la société. On fait croire aux humains qu'ils sont des super-observateurs auxquels rien n'échappe. C'est faux. L'humanité est largement cacochyme. Nous avons à lui redonner la santé.
[243C6*08/08/2022]
Sur le problème de métaphysique par excellence : que savons-nous de Dieu ?
Prenons un problème de métaphysique qui est peut-être le problème de métaphysique par excellence, celui que seule la métaphysique peut aborder, aborder mais non solutionner, car la métaphysique ne solutionne rien, mais elle permet d'entrer sans dire trop de bêtises, ce qui est très important, dans des problèmes insolubles par la raison mais qui pourtant nous semblent bien exister, car quantité de signes en indiquent l'existence.
Dieu, pas vraiment un Être, pas vraiment Rien, puisqu'Il peut s'exprimer comme Le Livre le prouve. Dieu ne trouve pas sa place dans le répertoire de la nature ; de là l'athéisme. Le mot Vie trouvé dans Le Signe est dépourvu de définition, de forme, de couleur, etc. La vie n'est pas situable, sinon certes par ce qui fait bouger un vivant : une mouche, une baleine, une pâquerette, un brin d'herbe, un humain, un phasme. La question qui se pose concernant Dieu : Pourquoi la Vie, puisqu'on ne le voit pas bouger ?
Si Dieu ne se laisse pas capturer, observer, disséquer, cela signifie-t-il inévitablement qu'il n'existerait pas ? L'esprit métaphysicien qui est esprit de progrès et d'espérance répond : Non ! Presque tout progrès s'est fait sur une intuition, quasiment jamais sur une découverte matériellement évidente... L'évidence est toujours venue après la pensée. Or, l'intuition, la pensée sont du domaine métaphysique.
Dieu, c'est à la fois quelque chose et rien. On croyait que l'infinitude de l'univers était impossible, que la finitude était une évidence matérielle, parce que tout a un commencement et une fin. Les dernières observations du télescope James-Webb prouvent qu'il n'en est rien : L'infinitude existe. Pourquoi Dieu n'existerait-Il pas ? J'exclus, bien sûr, le fait que Dieu m'a parlé, parce que ça, tout bon rationaliste le sait, c'est du baratin.
Le plus intéressant dans tout ça, c'est qu'on n'a même pas besoin de métaphysique quand on a l'amour. L'amour sauve ; ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve.
[243C7*08/08/2022]
Sur l'interprétation métaphysique du télescope James-Webb
Pourrions-nous qualifier le télescope James-Webb de métaphysique ? Le télescope lui-même, non. Mais l'interprétation faite de l'image renvoyée, oui, oh oui ! L'interprétation des scientifiques est que l'image renvoyée sur Terre est celle du ciel d'il y a treize milliards d'années ; à quoi je réponds que voir le ciel d'il y a une telle infinité de temps ne nous apporte pas grand-chose et que je préfère voir, si tant est que voir des étoiles m'apporte quelque chose, l'immense réservoir de grâce qui s'étale peut-être aujourd'hui sur l'horizon cosmique. Cette préférence est métaphysique et me paraît la seule réponse raisonnable.
[243C41*23/08/2022]
Sur la sagesse d’Héraclite et le système d’Aristote
C’est le bibliothécaire et compilateur Andronicos de Rhodes qui a intitulé une des œuvres principales d’Aristote " Métaphysique" (Μετὰ τὰ Φυσικά). Cet ouvrage de quatorze livres qui ne furent réunis qu'assez longtemps après la mort d’Aristote est un des sommets de la logique aristotélicienne. Aristote y développe notamment "une science de l'être en tant qu'être", une "ontologie et une théologie". Il y soutient que "tous les hommes désirent par nature savoir". C’est le traité fondateur de la métaphysique occidentale. Aristote y parle de ce qu'il appelle, lui, la "philosophie première", autrement dit la science des causes premières, des premiers principes et de la finalité de tout ce-qui-est en tant qu'il est. C'est un fil de pensée qui peut nous être utile à nous, disciples du Signe.
Je sais qu'Aristote n'appréciait pas particulièrement Héraclite, mais Héraclite fut, à mon sens, un métaphysicien, un vrai et sûrement meilleur bien avant Aristote. Au reste, on n'a aucun écrit d'Héraclite, seulement des citations éparses (une centaine, je crois) trouvées chez divers auteurs antiques. Héraclite était, à mon avis, une sorte de poète-penseur, un ratiocineur libre, resté célèbre pour des propos comme Πάντα ῥεῖ (Panta rhei) : "Tout passe", "On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve", "Le plus beau des singes est laid", "La contrariété est avantageuse", "La plus belle harmonie naît des différences", "Toutes choses naissent de la discorde", etc. qui font de lui un observateur fécond, aigu, profond, des relativités nombreuses de la vie humaine et du mouvement perpétuel des choses. Aristote, c'est déjà un système ; Héraclite c'est la sagesse !
[243C8*08/08/2022]
Sur le sens de "bourrin"
Bourrin ne veut pas dire "mauvais cheval" ; dans l'armée bourrin désignait argotiquement n'importe quel cheval, ce qui était aussi le cas dans mon enfance pour quantité de chevaux excellents : les bourrins de la ville (qui tiraient les charrettes de la voirie), les bourrins de Nicolas (qui tiraient les camions* de livraison de vin de la Maison Nicolas**), les bourrins d'artillerie tirant les canons, etc. Un mauvais cheval, c'était une haridelle, une rosse, un bidet, une bourrique, un carcan, parfois mais pas toujours un canasson.
* Dans mon enfance on appelait encore camions les charrettes hippomobiles basses à fort plateau et à quatre petites roues très robustes pour le transport des marchandises pesantes.
** On dirait aujourd'hui la Société Nicolas.
[243C9*09/08/2022]
Sur la difficulté à percevoir Le Livre dans sa dimension invisible, métaphysique
Parfois, avant la prière je vais dire quelques mots aux frères et sœurs d'accueil. Ils découvrent ma façon d'exprimer les choses de la vie spirituelle et de l'espérance, différente de la leur, et certains me disent en substance : "Quel dommage qu'on ne puisse pas vivre avec vous ; on saurait mieux exprimer la profonde originalité de la foi qu'a installée en vous Le Signe." Il est vrai que celui qui a eu comme moi l'expérience tangible de l'Éternel, du Créateur, de la Vie, ne voit pas l'existence comme tout le monde. Je dirais même que rien n'est plus abscons, hypothétique, obtus que ce que l'humain lambda voit. L'homme ne voit plus la réalité ; il voit le monde tel que depuis l’école on nous oblige à le voir ; on rend attirant ce qui ne l'est pas. Emmanuel Kant disait déjà que les humains n'accédaient pour ainsi dire jamais "à la chose en soi"... C'est vrai. Si je regarde le même paysage en voyant apparaître Dieu, la Vie, l'Unité du Tout infini derrière... Je vois tout d'une toute autre manière. Si vous regardez un paysage vous le trouvez beau, parce que la culture à bistouillé nos yeux pour voir les choses ainsi. On ne voit pas, on perçoit et l'on peut tout percevoir différemment. Le peintre Cézanne disait : "La nature est à l'intérieur. Ce que les yeux voient n'est qu'un écho," ou quelque chose comme ça. La métaphysique permet de s'évader du carcan des traits visibles et d'entrer dans la réalité invisible. De même, le vrai langage ou plutôt la forme de langage s'approchant le plus de la réalité est interne ; il n'est pas fait que de mots. Au reste, regardez une pièce de théâtre sur la scène : quand les acteurs parlent et bougent, ils vous imposent leurs bruits et leurs mouvements et vous ne voyez plus le décor et si vous tenez à observer le décor tandis que les acteurs jouent, quelque chose de l'intrigue vous échappe.
Le Signe fait voir quantité de réalités à neuf, les redresse dans leur strictivité, si l'on me permet ce mot barbare. Il y a sans cesse, quand on observe le monde, ce que les peintres appellent "le problème de liaison", parce que personne dans le public qui viendra voir leur œuvre n'est un récepteur total. Savez-vous que certains prisonniers qui ont passé des années dans la même cellule avouent qu'ils n'ont jamais vu deux fois de la même façon le mur, toujours le même, qu'ils avaient sous les yeux le matin en se réveillant ?
La foi, oui, est question de perception. Certains frères ne parviennent pas à comprendre Le Livre tel que je l'explique parce qu'ils ne parviennent pas à accepter ou comprendre la perception du Message de la manière que le Très-Haut me l'a communiqué par d'autres parties de mon corps outre les oreilles par ou ne passaient que les sons.
[243C9*09/08/2022]
Sur la délivrance du monde en changeant ses bourrins en perpétuateurs du Bien
Il faut avoir acquis une bonne dose d'humilité pour comprendre qu'on n'est que bourrin. La pénitence donne l'humilité nécessaire, mais d'autres grands lucides découvrent eux aussi leur condition de "bourrin de ville, bourrin d'artillerie" (réponse 243C9), bref, de bourrin... Chaque jour je subis l'étrille de la douche, le céphalograttage du coiffage, le brossage des dents, le harnachage de mes fringues avec ceinture, col de chemise, œillères, le ferrage de mes pieds dans des chaussures, etc., mais bigre ! les mustangs, les namibs, les chevaux de Przewalski, les brumbies, bref, les chevaux sauvages subissent-ils tout ça ? Non. Pourtant, attrapez-en un et vous constatez qu'il est propre, intelligent et qu'il se débrouille très bien dans la nature ! Cela me rappelle le film "The Misfits" (en français "Les Désaxés", mais je préfèrerais la traduction par un synonyme de désaxés : "Les Humains" ou "Tristes Humains") où, à la fin du film, les protagonistes attrapent des mustangs sauvages pour en faire des croquettes pour chien, et, pour finir, ce sont les chevaux sauvages libérés qui gagnent, mais très peu de spectateurs voient le film sous cet angle-là. Comme je l'ai déjà écrit, "l'homme ne voit plus la réalité ; il voit le monde auquel on l'oblige dès l'école à s'attendre."
Les huit milliards de bourrins qui actuellement hennissent et galopent sur Terre sont cachés sous une feuille morte, qui elle-même cache une autre feuille morte, et encore une autre, c'est au déblayage de toute cette verdure morte, de tous ces bourrins qui ne sont plus des chevaux, que nous commençons à procéder. C'est ça le secret de notre foi, celui que ne peut pas encore voir le monde auquel s'adresse l'Appel d'Arès. C'est cette tâche immense, folle, impossible, mais qui se fera quand même, que nous commençons. Le Signe n'est que la sublimation lyrique de ce Dessein : Recréer le monde, le délivrer de ses bourrins en les changeant en perpétuateurs du Bien, ou si vous préférez en Enfants de la Vie.
[243C11*10/08/2022]
Sur la métaphysique qui ne peut chercher le Vrai que dans l'invisible
Il y a longtemps, longtemps, que j'ai conscience que le Mal dont souffre le plus l'humanité, c'est son animalité domestiquée par la matière, la matière qu'on trouve invisible dans la trique des lois, la bastonnade des règles, des mœurs, des haines, les chaînes des idéologies : religions, déifications des pouvoirs, adoration des drapeaux, etc., des informations biaisées.
Les rationalistes qui affirment que l'invisible n'existe pas sont soit des ignares de la plus sotte mais redoutable espèce, soit des hypocrites. Ce monde est fait de pouvoirs invisibles. Un jour que De Gaulle remontait les Champs Élysées en voiture pour fleurir la tombe du soldat inconnu, un titi sur le trottoir a crié au général : "À la retraite !" Ce n'était pas méchant, mais il a été immédiatement déféré devant un tribunal de flagrant délit et condamné à une peine de prison. L'invisible bras de fer du pouvoir lui était tombé dessus. Mais ça, ce n'est pas de la métaphysique, tout invisible que ce soit, car la métaphysique n'est pas l'invisible imaginaire de la loi, la métaphysique ne peut que chercher dans l'invisible le Vrai.
[243C12*10/08/2022]
Sur le renoncement héroïque à l’état de bourrin pour retrouver la Source à la fraicheur inaltérable
Quand je dis que l'homme est un bourrin, je ne caricature pas, je ne métaphorise pas, je dis quelque chose d'une tragique profondeur, je vise un horizon lointain. J'appelle à un renoncement héroïque à la réalité concrète et immense. Renoncer à être bourrin, c'est tendre à l'infini, délivrer l'homme du borné, du limité, de la cage. C'est, à l'évidence selon ce que je ressens, le fond du prêche de Jésus de Nazareth. L'homme est fait pour boire librement à la Source éternelle jaillie dans les forêts célestes, très haut dans la Lumière, la Source à la fraîcheur inaltérable que la Vie nourrit de possibilités infinies. Aucun bourrin ne boit à cette source.
[243C12*10/08/2022]
Sur cette Lumière qui fait de ceux qui la suivent des apatrides provisoires
Nous voilà chapeautés du Signe et nous sommes sans patrie, sans rien de repérable et mesurable. Certes, l'ecclésiastique de 243C1 pense que je "n'ai pas tort", mais il n’évoque pas l'événement d'Arès, il me parle comme si tout ce que m'a dit La Parole d'Arès était de mon cru. Je n'en considère que d'avantage mes frères et sœurs de foi parce qu'ils acceptent de partager mon apatridie. Je ne sais pas si je suis l'humain qui a le plus approché Jésus et le Père Lui-même, mais je suis sûr d'être plus près d'Eux que le prêtre n'est près du prophète de l'Évangile quand il "consacre" une hostie sur l'autel. Bref, je ne suis plus chez moi qu'en moi-même et c'est le cas de chacun de mes frères et sœurs de foi. Mais je sais que la Parole d'Arès va s'enraciner dans les générations à venir (Le Signe 24/2).
La Lumière est venue à Arès en 1974-1977, mais pour beaucoup, elle n’existe pas encore ; elle leur est cachée par la vaste ombrelle des habitudes. Ce masque parasolé est un tombeau, mais provisoire.
[243C13*10/08/2022]
Sur la conscience et l’éternité
Un médecin américain, Roger Wolcott Sperry a effectué des recherches passionnantes sur les connexions entre les hémisphères cérébraux, qui lui ont valu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1981. Si son travail fut capital en psychobiologie, l'implication qu'il entraîna dans les liens entre physique et psychisme, ont choqué. Sperry a en effet noté la plasticité physiologique extrême du cerveau, l'émergence dont le cerveau est générateur, la conscience comme entité globale, opérationnelle et fonctionnelle et pour finir il a émis l'hypothèse que c'est la conscience qui modèle le cerveau, et non le contraire. C'est à mes yeux très important parce que je me pose la question de la conscience de l'âme une fois que la chair est morte. Je pense que dans ma vie charnelle mon cerveau joue un rôle dans l'activité de ma conscience, mais je me pose la question de la conscience une fois que mon cerveau sera mort, car cette conscience existera quand même, immortalisée par ma pénitence. Comment Jésus m'aurait-il visité en 1974 s'il n'était pas mû par sa conscience intacte ? Je ne sais pas comment fonctionne la conscience de l'âme une fois qu'elle s'aventure seule dans le cosmos, mais je suis d'accord que même déjà en ce monde le cerveau n'est pas l'agent unique et principal de la conscience et je suis heureux que Sperry ait démontré cela. C'est notre part invisible, métaphysique, et pour tout dire divine, qui agit là. La conscience et sa compagne inséparable et complexe qu'est la mémoire sont des "organes" très complexes de l'homme. Voilà notamment pourquoi, si je découvre que je suis fou en quelque domaine de mon activité psychique ou intellectuelle, je peux quand même, si je le veux, chasser cette folie : (Si) le fou (est) dans toi, plante(-lui) la fourche (Le Signe xxxiii/18).
Il est évident que le cerveau n'est ni une caméra ou un magnétophone, ni un ordinateur, ni une machine à décortiquer, broyer, trier, etc. Le cerveau reconsolide l'essentiel de nos strates vitales ; il n'en est pas l'origine. Le Père a placé près de moi une épouse qui non seulement a tout mon amour et qui me donne tout son amour, mais qui m'est extrêmement précieuse pour mieux comprendre comment l'humain, l'humain tel que Dieu et non les critères neuroscientifiques le voit. Elle se sert de son ordinateur avec méfiance et prudence sans vraiment comprendre comment "ce truc-là plutôt louche" fonctionne, elle connaît très peu Platon, Aristote, Montaigne, Spinoza, Kant, Bergson, etc. qu'elle considère comme des "grosses têtes" peut-être plus zinzins que son mari ne les voit, mais c'est un être d'un bon sens et d'une intelligence (Le Signe 32/5) qui me stupéfient. Je ne l'ai jamais entendue dire une bêtise ou un mensonge. Elle est sans nul doute une part considérable de ma conscience actuelle. Pour moi elle a ce que je ne sais plus qui appelait, parlant de l'appareil photo, un "œil surnaturel" ; elle m'apporte chaque jour la preuve qu'un seul bonhomme comme moi comme n'importe qui n'a pas sa seule conscience pour lui, mais mouline au fond de sa psyché toutes les conscience du monde, de l'homme comme l'Un, et que la Vie est une Puissance et une Lumière d'une complexité telle qu'elles sont construites de toute la pensée que contient l'Univers.
Chacun de nous est déjà par lui-même, même de son vivant charnel, un état de disparition, parce qu'il ou elle appartient déjà au passé ; il y a dans chacun de nous une chair morte en puissance, qui ne dispose que d'une entité éternelle : l'âme, qu'il faut créer et entretenir par l'amour. Cela fait voir la vie autrement qu'elle n'est. Le bureau de mon épouse Christiane est tapissé de photos, mais les photos même quand elles représentent des personnes encore vivantes sur Terre sont déjà toutes des tombes, des moments disparus, et je les regarde en me disant comme Roland Barthes devant les photos de sa mère : "Qu'y a-t-il derrière ?" Ce qu'il y a derrière ? Je vais vous le dire : C'est l'éternité, qui est déjà derrière chacun d'entre nous.
S'il n'y a pas beaucoup de métaphysique dans tout ça, qu'y a-t-il ?
[243C15*11/08/2022]
Sur le sentier de la déification (Genèse 1/26-27) qu’emprunte tout bourrin pénitent
Pourquoi ne pas "maîtriser, voire magnifier" l'animal en soi ?, me demande-t-on. Mais parce que c'est l'animal en moi qui est pécheur. Certes, je dois honorer l'animal en moi puisque, Adame ayant choisi d'y évoluer, le Créateur y fait passer ma brève vie terrestre, mais c'est cet animal en moi qu'il me faut sans cesse fouetter pour l'empêcher de ralentir en moi la turgescence du pénitent, pour l'empêcher de nuire à mon âme que j'ai eu tant de difficultés à faire naître, mon âme qui, quand elle sera enfin délivrée de la chair où elle loge, la chair qui va mourir et pourrir, assurera mon salut. Mon salut qui ne sera sûr que quand je n’aurai plus à subir et à maîtriser les passions de mon sang, de mes nerfs, de mes faims. Oui, je cherche à fuir l'animal en moi. "La vie est courte, la mort est longue" lit-on dès les premières lignes du "Christ Recrucifié" de Níkos Kazantzákis, et comme il a raison ! Je dois sans cesse lutter contre l'animal en moi que le péché grève, mais l'âme, quand elle sera seule et libre, ne connaîtra plus le continuelle lourdeur du péché.
Toute vie qui veut retrouver sa grandeur divine (Genèse 1/26) consiste à dépasser ses réalités charnelles en visant d'autres réalités, plus élevées. Par la force contraignante mais victorieuse de la pénitence, nous parvenons à transformer peu à peu, sans trop de bruit, l'image du pécheur que la chair nous confectionne en image "pré-éthérée, pré-célestisée". Nous ne passons pas de bourrin à ange, mais nous passons au moins de bourrin à homme au sens noble que Le Signe donne parfois à ce mot. En fuyant l'animal en moi, si ce n'est pas complètement, c'est au moins autant que je peux, je reprends le sentier de la déification (Genèse 1/26-27). Cela ne nous sauve pas de la vie immédiate, certes, mais cela nous donne une chance de nous rapprocher du lointain état édénique initial. Notez bien que parlant de la liberté, la Parole d'Arès ne l'attribue pas ou cheval ou bourrin, mais au poulain (10/10)... Ainsi, en fuyant l'animal nous reprenons quelque aspect enfantin. Le philosophe Schopenhauer disait que l'enfantinement est la marque du génie... Alors, un peu de génie, cela ne nous fait pas de mal, je pense. Les moments essentiels de notre vie future, dans l'au-delà, se retrouvent dans notre espérance.
Peut-être cette entrée 243 est-elle le cri douloureux et drôle en même temps d'un pénitent qui fouette sa vie de bourrin pour rendre hommage au Père... et je pense à Verlaine écrivant en prison (je crois du moins que c'était là) : "Ô Dieu, vous m'avez blessé d'amour !" Fuir l'animal en moi, c'est briser les codes de loi humaine et s'envoler vers le Ciel. Le bruit des sabots ferrés sur le pavé n'est pas une musique ; il faut bien que je m'élève pour entendre, ne serait-ce qu'un peu, le chant des anges.
[243C16*12/08/2022]
Sur l’urgent réveil de la volonté d’être autre chose
Les Français qui parcourent les trottoirs ne sont pas les gros bêtas que le gouvernement pensait qu'ils étaient en leur parlant comme à des petits enfants durant la crise de la Covid19. Au contraire, ils peuvent souvent faire de bonnes réponses à des questions métaphysiques pourvu qu’on les leur pose.
Cela fait alors surgir un problème de fond, celui de la mission, que L'Évangile Donné à Arès appelle moisson et que Le Livre évoque plutôt comme prophétisme, puisqu'il parle des frères missionnaires comme oisillons (xLv/14) du prophète. Combien de nos frères moissonneurs seront-ils capables d'aborder les passants en leur demandant : "Puis-je vous poser une question métaphysique ?" Je crois qu'il vaudra mieux qu'ils parlent peu à peu de métaphysique sans citer ce mot et plutôt en usant sans en avoir l'air du mécanisme de pensées que la métaphysique instaure chez eux, sinon ils vont se trouver assez vite muets devant les réponses reçues...
Voilà une bonne occasion de constater une formidable contradiction et de s'étonner que des gens somme toute plus futés qu'il ne paraît sur le plan métaphysique soient des bourrins, car bourrins ils sont, oui. Des bourrins futés ? Nous vivons donc dans un siècle où ça peut exister ? Qui ne vit sous le harnais et le fouet des lois, des règlements, des déclarations socio-politiques ? Tout le monde ou presque, y compris les métaphysiciens de rencontre. Frédéric Nietzsche, le philosophe, en 1889 habitait Turin. Un matin, dans la rue, il fut l'acteur d'un événement qui allait changer sa vie. Il vit un cocher qui à grands coups de manche de fouet violentait son cheval épuisé, qui ne voulait ou ne pouvait plus avancer. Nietzsche extrêmement ému tança fermement le cocher puis s’approcha du cheval effondré et, pleurant, serra dans ses bras le cou de l'animal. Des passants dirent qu’il murmurait à l’oreille du cheval et qu'ils l'avaient entendu dire : "Mère, je suis stupide." Pour finir Nietzsche s’effondra d'émotion. Les médecins et les intellectuels du monde furent longtemps intrigués par cet incident et surtout par le fait que le grand philosophe ne serait plus jamais le même par la suite. Nietzsche écrivit un jour : "Que celui qui se bat avec des monstres veille à ne pas en devenir un. Lorsque vous regardez un abîme pendant longtemps, l’abîme regarde aussi à l’intérieur de vous." Quand sera-t-il possible à nos frères et sœurs moissonneurs de se comporter vis-à-vis des humains de la rue comme Nietzsche se comporta vis-à-vis de ce pauvre bourrin de fiacre martyrisé ?
Il faudra beaucoup de patience et des essais peut-être nombreux pour trouver le moyen de faire bouger, évoluer, réfléchir, changer, ce qui n'est pas qu'un problème psychologique. Nous avons le devoir non de stocker nos forces spirituelles, mais de les prodiguer en engrossant le monde. Pour l'heure, nous avons affaire à des bourrins futés, ce qui est anormal ; il faut trouver le moyen de casser cette contradiction. La volonté d'être autre chose est absente de l'homme de la rue, sauf rares épis mûrs. Il faut que nous réveillions cette volonté — Pour que nous fassions Ta Volonté (Le Signe 12/4).
[243C17*12/08/2022]
Comment se représenter Dieu ?
En paraphrasant Flaubert je dirais volontiers que la métaphysique n'est pas le manteau de notre mission, mais sa peau ! La Parole de Dieu, serait-elle apportée par le Messager, est un manteau (Le Signe 1/1) dont nous nous revêtons ; elle n'est pas nôtre comme nos muscles s'attachent à nos os ; elle ne fait que sortir de la suprême Raison de la Vie pour nous envelopper, nous réchauffer, nous nourrir, voire même se substituer à nous comme la mère ou le père se substitue à l'enfant pour les démarches qui font entrer l'enfant dans l'existence. Mais la métaphysique est notre peau. Comment se représenter Dieu, le Père, la Vie, autrement que métaphysiquement, ce qui n’est pas facile ? Se représenter Dieu avec facilité, c'est le voir comme le Dieu barbu au plafond de la chapelle Sixtine, c'est-à-dire comme un simple Jupiter ou Zeus. La nature de Dieu étant radicalement différente de la nôtre, quoiqu'elle ait des racines en nous, humains, elle échappe aux mots et aux images. Il faut dématérialiser Dieu.
La Parole d'Arès distingue entre le Vrai et la Vérité, mais ne donne de caractère matériel ni à l'un ni à l'autre. La distinction touche seulement à l'accessibilité du Vrai et à l'inaccessibilité de la Vérité. Il n'est pas possible de voir Dieu dans la nature et donc le naturalisme n'est pas plus que le matérialisme la bonne voie pour le représenter. Il faut voir Dieu métaphysiquement.
La meilleure métaphysique se fait dans le silence. C'est un idéalisme, mais concret. Comment exprimer l'idéalisme en termes concrets. Tel est le problème et telle est la tâche qui nous incombe. Ici l'émotion, si elle s'ajoute à l'inévitable verbe, crée chez l'écoutant un pont avec le Vrai. Dieu comme le Vrai est doux comme le vent d'été. Dieu sur la joue est Vrai ; Dieu entrant par l'oreille n'est que son. La métaphysique est comme la natation ; on s'agite longtemps sans flotter ou sans avancer dans l'Eau où baigne l'Univers, et puis un jour on flotte et on avance, parfois même très vite. Pour l'heure, nous sommes sous l'Œil du Maître-nageur mais nous flottons mal et nous n'avançons pas.
[243C18*12/08/2022]
Le changement se fait dans la volonté d'être, dont seul l'humain lui-même décide souverainement
Ce que nous avons en commun est plus important que ce qui nous distingue. Nous avons en commun de chercher à vaincre l'animal en nous, car chacun a son animal. Nous vivons dans une culture d'hyperexpertise, donc de caractérisation aiguë de chaque individu en tous domaines, mais nous Pèlerins d'Arès nous quêtons au contraire ce que les humains ont de commun, certes séparé mais commun, pour faciliter la réapparition de l'amour. Nous sommes tous malheureux, en tout cas je suis pour ma part malheureux, de constater chaque jour que relativement peu de connaissances de l'amour sont partagées et pratiquées.
Qui ne le constate dans l'exercice de la Moisson ? Le plus souvent, les personnes auxquelles on s'adresse ne partagent pas du tout les soucis que nous avons de la cohésion sociale et des possibilités d'y réveiller l'amour du prochain ; tout en étant là, ils vivent sur d'autres planètes que la nôtre. À quoi sert-il que des savants découvrent, par exemple, que le système de neurones des rats et similaire au nôtre ? Les buts poursuivis dans la vie par les rats sont clairement différents des nôtres. Le système neural des bourrins que nous sommes quand nous vivons à 80% des vies de bourrins est peut-être quasi identique au système neural d'hommes en prière que nous sommes parfois — au Pèlerinage par exemple — mais cette parenté scientifique est cognitivement sans valeur car nous savons que ce n'est pas là que le changement doit se faire — l'œil bon fonctionne exactement comme l'œil mauvais et vice versa —, il doit se faire dans la volonté d'être et là, seul l'humain lui-même peut en décider souverainement.
Nous avons un grand espace à remplir et de grandes distances à parcourir entre des similitudes qui ne sont similaires que si l'on veut les voir ainsi sous les lentilles d'un microscope. Le monde mauvais est déjà quelque part le monde bon que nous espérons faire émerger. L'œil du Bon (Le Signe i/2-9, ii/3-19, xiii/4-17, etc.) fonctionne exactement comme l'œil du Noir (xviii/10-13), mais la distance entre les deux est énorme et nous commençons seulement le travail de la réduire.
[243C19*14/08/2022]
Sur une confédération de cantons libres ayant déjà existé en France.
La République des Escartons du Briançonnais fut un ensemble de territoires montagnards qui faisaient partie du Dauphiné et bénéficiaient d'un statut particulier résultant d'une charte delphinale de 1343, statut qui pour la partie française a duré jusqu'en 1789 et pour la partie italienne jusqu'en 1802, eh oui !
De nos jours, ces territoires sont répartis entre le département des Hautes-Alpes en France et les provinces italiennes de Turin et de Coni.
Crédit : Inconnu [DR]
[243C21*14/08/2022]
Sur la Bénédiction
Le Père, qu'Il nous parle par l'intermédiaire d'un Messager ou qu'il nous parle directement, est le Père. Il n'est ni un juge, ni un cogne, ni un châtieur. Il dit seulement quelle est son inclination tout en laissant l'homme libre de la suivre ou de ne pas la suivre, l'homme tel qu'Il l'a créé. Les rapports Dieu <---> homme sont d'amour.
Le Père par les lèvres de Jésus me dit : N'appelle pas ma bénédiction, mais Il complète la phrase par : Elle n'a pas attendu ta prière pour venir sur mes bénis. La Bénédiction, la Malédiction que Je ne veux pas, ne viennent pas (Le Signe 36/11), voulant dire par là : Il ne sert à rien d'appeler Ma Bénédiction. Cela répond à : Le Père sait bien ce dont vous avez besoin avant que vous le demandiez (Matthieu 6/8).
Lorsqu’il m’arrive encore de dire "Que Dieu vous bénisse !", c’est par espérance de Bénédiction sur tous ceux que le Bénisseur peut bénir, une espérance qui dans sa formulation sent peut-être encore l'ancien "curé" en moi, dans sa formulation seulement. [243C22*15/08/2022]
Sur le passage de la chaude émotion à la froide conscience
Un frère me dit que plus de 45% des espèces animales auraient disparu de la Terre. Mais qu’en sait-on ? Je parierai plutôt que 95% des espèces animales du temps des dinosaures ont disparu, ou même peut-être 99,99 %. Et l'homme n'est pour rien dans cette disparition massive. Toute vie meurt sur Terre, pas seulement la vie des individus, mais la vie des espèces. Oui, une espèce apparaît et disparaît ; qu'elle vive mille ou dix mille ans n'est pas l'affaire.
"L'animal" qu'en moi je veux "fuir", je ne veux pas le fuir parce qu'il est animal. Je veux le fuir parce que c’est lui en moi qui est pécheur ! C'est l'animal en l'homme qui génère la barbarie, le mensonge, le meurtre, l'abrutissement, le viol, le vol, le danger, etc. Le seul remède a été donné depuis longtemps ; c'est l'amour, qui consiste d'abord à ne pas faire de tort, ni de mal et qui consiste ensuite à aider, à porter secours, à soigner, etc.
J'ai déjà parlé dans ce blog, il y a longtemps, du livre de Martin Buber "Je et Tu". Il y a dans ce livre un passage où Buber raconte qu'étant gamin il aimait beaucoup caresser un certain cheval dans l'écurie de ses grands-parents. Il ressentait une grande joie à l'expérience tactile de la vitalité animale et aussi quand le cheval le remerciait de mouvements de tête. Et Buber entre soudain dans les détails d'une journée mémorable, disant à peu près : "Je fus un jour conscient du plaisir que je prenais à caresser l'animal. Je devins alors conscient que ma main existait et que tout venait d'elle. Et à partir de là les choses changèrent. Le lendemain, quand je caressai le cheval, il ne me remercia pas." C'était comme si le cheval avait compris que la conscience avait pris le relais de la joie ; celle-ci avait alors disparu chez le caresseur et chez le caressé. J'éprouve en moi le même effet d'ambiguïté ; je réalise que l'émotion change l'événement, lequel change de nature selon qu'il est vu sous l'émotion de la joie ou sous la froideur de la conscience. Qu'est-ce qui provoque chez tant d’hommes cette tristesse devant les fluctuations de la vie animale : La chaude émotion ? La froide conscience ?
Je pense qu'il faut avoir d'autre soucis que celles, très émotives, des écologistes. Mieux vaut avoir la froide conscience que les hommes doivent s'aimer les uns les autres et que le Bien et le Bonheur terrestres dépendent de cela mais ne dépendent pas des hauts et bas de la vie des espèces animales. [243C23*15/08/2022]
Sur le consentement et l’indépendance de l’acte d’aimer
Par moments, nous sommes tous des bourrins, des bourrins attelés à des charrettes. Mais heureusement il y a des moments, notamment le Pèlerinage d'Arès, où la Parole qui monte à nos lèvres nous détèle, nous repartons chez nous plus libres, sans mors, sans collier, sans brides, plus indépendants, et c'est nécessaire, car il n'y a pas d'amour autrement que dans le consentement et donc dans l'indépendance. Il existe ainsi des actes — l'amour est actué, c'est un acte ; c'est passer de la puissance d'aimer qui est au fond de l'homme à la réalisation d'aimer — qui ne peuvent jamais être contraints, qui ne peuvent se faire qu'en toute indépendance. Oui, nous "repartons dans ce monde un peu plus débourrinisés". [243C24*16/08/2022]
Sur la métaphysique : qu’est-ce que c’est ?
La métaphysique, qu'est-ce que c'est exactement ? C'est un parcours de l'esprit ou de la pensée, un chemin étroit ou large, long ou court, on ne sait pas, pour atteindre des objets ou des êtres plausibles, possibles, mais indéfinissables comme Dieu, l'au-delà, les anges, un idéal qui n'existe qu'en pensée (la pensée est faite de mots) ou au stade du débat toujours interminable, qui ne se rencontrent pas de facto, ni matériellement, ni même déterminablement ou définissablement. La métaphysique, c'est "l'autre" regard de l'homme, car l'homme a un regard autre que celui de l'œil, qui ne le sait ?
Est métaphysique tout ce qui dépasse l'expérience. La métaphysique renaît perpétuellement de ses cendres : On veut la brûler, la tuer, mais elle est irremplaçable. Ni Galilée, ni Kant, ni Marx, ni Freud, ni les structuralistes parmi tous ceux qui ont été des ennemis de la métaphysique n'ont pu la faire disparaître. La "révolution métaphysique" consiste à arrêter de penser avec des mots concrets, quand ce à quoi l'on pense ou l'on croit n'est plus descriptible par des mots concrets, pour laisser les "idées" se penser en nous. C'est convertir l'intelligence matérialiste en intelligence intuitionnelle et ainsi découvrir que la métaphysique elle-même est subordonnée à des réalités indiscutablement possibles mais improuvables dans les conditions actuelles de la vie humaine. Par-là, la métaphysique est propre à l'homme et tout à fait inconnue chez l'animal, le bourrin compris. [243C25*16/08/2022]
Sur le lieu du Pèlerinage : un dépouillement qui parle à l'âme mais non à l'imagination
Quel très beau Pèlerinage nous avons eu, cet été ! C'est peu de dire que ce lieu des Théophanies de 1977 est nu ; c'est une grange sous l'Univers sans un ornement, sans une inscription, sans vestiges de l'extraordinaire conflagration embrasement ou conflagration de 1977. Seulement, au milieu, le cadre de bois qui marque l'emplacement du saint endroit d'où est sorti Le Livre. Du vide sans identité, le silence pour remplir les cœurs qui, là, battent à l'unisson de la Parole qui fut donnée dans cet espace même... Que dis-je ? Qui est donnée ici pour l'éternité. Il y a en ce Saint Lieu nu et propre le seing du génie de la Vie. Nous sommes les Enfants de cette magnifique simplicité. Tout le monde autour, monde de la balène (Le Signe xL/4), est un monde de dupes, plein de boursouflures, où tout baigne dans le surfait... Dans ce monde pas de place pour la méditation à moins de dizaines, voire de centaines de kilomètres. Entre les quatre murs blancs des Théophanies point de vanité. Il m'arrive en traversant la cour de m'arrêter immobile et coi face à la Maison de la Sainte Parole et de dire en pensée : "Père, Tu es venu ici parler à l'âme ; j'ai voulu ensuite que ce lieu parle à l'âme mais non à l'imagination. Aije réussi ? Père, je voudrais être poète, aède, pour chanter ce Saint Lieu où Tu T'es cloué (ii/21) au milieu de nous, mais je ne suis pas poète ; je pense à Homère et je voudrais qu'au lieu de chanter la guerre entre Troyens et Achéens pour une jolie gorge de femme, Homère chante cette maison où Tu es venu sous forme de... De quoi ? De Gloire !"
La Gloire est métaphysique. Personne n'a jamais vu la Gloire, et pourtant Elle est là, postée sur la simple simplicité de ce Lieu comme un navire sur la mer."
Je regarde la Terre et voici le chaos !
Les cieux n'ont plus leur lumière.
Je regarde les montagnes et voilà pas qu'elles tremblent ! (Jérémie 4/23).
Mais je regarde la grange où Tu es descendu Te clouer au milieu de nous et elle resplendit. [243C26*16/08/2022]
Sur le pouvoir métaphysique de la poésie
Je ne suis pas plus poète qu'écrivain et je suis béat devant les poètes et les écrivains. Personnellement j'écris parce que j'ai accepté d'être le prophète d'un Message reçu à Arès en 1974-1977 et que cela m'oblige à laisser une trace de mon témoignage, trace que le Père appelle mon enseignement, sur papier ou écran. Avant 1974 je n'écrivais pas, sinon du courrier professionnel. Quand on m'adresse un beau texte ou une belle stance ou ode, on m'offre un beau moment de bonheur. René Char a écrit : "La poésie est du savon philosophal, elle nous lave de nos impuretés."
Il peut m'arriver en me relisant de trouver pas si mauvais ou même un peu poétique (ce qui me surprend) ce que je viens d'écrire ; je me dis alors : "C'est Aghéla (Le Signe xxxi/13) qui a pris le porte-plume." J'écris seulement parce que c'est mon boulot. Si le Père m'avait demandé de fabriquer des barriques, je fabriquerais des barriques.
La poésie, au fond, c'est bien, parce que c'est de la métaphysique, ça fait vivre ce qui n'existe pas dans les registres ; c'est un moyen parmi d'autres de faire vivre ou de rendre conscient l'inconscient. Si je ne suis qu'un froid penseur, je ne peux penser à Dieu ou aux origines du cosmos que si j'accepte a priori, comme une bouillie au fond de la marmite que je suis, les hypothèses de Dieu ou des origines du cosmos. La poésie, c'est le surgissement solide d'une hypothèse qui se forme dans le rien qui est en moi et pour moi ; la prose n'est jamais que de la poésie qui s'exprime d'une autre façon.
Je pense que la divulgation d'un aspect inconscient ou inexplicable de la vie n'a pas attendu le parler pour exister. Les poètes ont peut-être existé avant que n'existe le langage. Un murmure mélodieux est un langage au même titre qu'un cri de terreur. Au temps où nos enfants étaient petites nous faisions du caravaning et, une nuit sur un camping nous étions sous un arbre où un rossignol chanta une partie de la nuit ; quelle poésie sans mots ! L'inconscient a été pensé et exprimé avant que ne naissent les mots pour le dire. Je crois que la vie intérieure, comme Dieu puisqu'Il nous est aussi intérieur qu'extérieur, a existé avant que les cordes vocales ne tentent de l'exprimer. "Au Ciel", comme disent les enfants quand ils pensent à la mort, je suis sûr que personne ne fait de la philosophie comme personne ne fait de la mécanique ou de la chimie.
[243C27*17/08/2022]
Sur l'amour, échafaudage du Bien
La Maison de la Sainte Parole, c'est le lieu béni où les vainqueurs, ceux qui ont toujours cru et qui n'ont eu qu'à purifier et simplifier leurs termes de foi, côtoient dans l'amour les vaincus, qui sont ceux qui ne croyaient pas, qui vivaient dans la nuit, que la Lumière a terrassés et qui, parfois, ne sont pas totalement convaincus mais qui savent que personne, là, ne leur fera du mal. C'est le lieu de l'amour. C'est le lieu où, comme chanta Trenet, le soleil a rendez-vous avec la lune, mais où ils se rencontrent réellement contrairement à ce que dit la chanson.
Les Grecs avant Homère accueillaient dans leurs villages, leurs maisons leurs ennemis prisonniers. Ils avaient forgé un mot pour désigner ce vaincu accueilli : L'ami qu'on s'est fait par la lance (et l'épée).
De même, l'homme qui n'est pas Dieu, l'homme que Dieu doit refaire son Enfant, presque chacun de nous, devient là frère des autres pèlerins. Dans une église, une mosquée, une synagogue, tous les priants sont (en principe du moins) logiquement similaires par le termes de foi, mais à Arès nous ne parlons pas de logique parce qu'on ne demande à personne de réciter un credo avant d'entrer ; on parle de générosité, d'amour.
Toute âme bien née de la pénitence se recueille quand près d'elle un autre vivant, priant autrement, croyant même autrement, s'assoit ou s'agenouille.
Nous pourrions soutenir avec foi d'autre raisons d'accueillir dans la paix tout le monde autour du Lieu où a parlé le Créateur de tous, pourvu que ce soit dans la paix et le respect, mais il vaut toujours mieux se tenir court sur la très simple question de l'amour qui est l'échafaudage du Bien. Ici Dieu n'a rien proposé, sinon une unique idée : Il faut s'aimer les uns les autres. C'est l'Idée dont le parallélogramme, simple "i" italique, penché, est le symbole. [243C28*17/08/2022]
Longue réponse du prophète
Antoine, vous êtes mon frère humain, mon prochain, et comme tel je vous aime. Vous avez bien le droit de me voir aussi cagot et captieux que vous me voyez. Je ne vous le reproche pas ; je m’efforce de respecter les convictions de chacun. Je n'ai jamais menacé personne. Je regrette seulement que vous voyiez Le Signe d'une façon qui n'est pas du tout la mienne.
Pour moi si vous êtes pénitent, c.-à-d. si vous aimez, pardonnez, faites la paix, acquérez l'intelligence spirituelle libre de tous préjugés, vous êtes sauvé. Qu'importe ce que vous croyez ! Mais puisque vous mettez ici l'accent sur ce qu'on croit ou ne croit pas devoir lire, même si la croyance n'est pas ce qui dénoue l'économie du salut, je regrette que vous n'ayez pas vu qu'en dépit de mes défauts qu'édicte votre commentaire, j'ai malgré le piètre enseignement qui serait le mien, malgré les textes entre parenthèses que vous me reprochez, etc. fait jaillir le fondamental : La religion quelle qu'elle soit, ses dogmes, ses règles, ses perspectives générales sont non seulement fausses, elles ne servent à rien pour changer le monde, créer l'âme, sauver le pécheur. Seul le bien dont vous êtes serviteur vous sauve. Tout le reste est littérature, alentour, entourage.
Vous pensez à tort que les choses se passent entre la Vie émettrice et l'humain récepteur comme une dictée à l'école. Ce n'est pas ainsi que les choses se passent. La Parole Créatrice est Lumière et dépassement ; la parole (donc l'oreille et la vision) humaine pécheresse est obscurité, petitesse et improbation. Le résultat est depuis la chute d'Adam une rencontre de sourds, une entrevue entre Être et être qui ne se comprennent plus ou qui ne s'écoutent plus quoiqu'ils communiquent sur un même thème. Pour y pallier, autant que cela soit possible entre Entité infinie et entité finie, le témoin est créé prophète, nanti d'une qualité qui lui est propre et unique : le charisme ou l'autorité dans sa transmission et celle-ci ne se fait pas par le mot à mot, mais par l'Esprit.
L'exactitude n'est pas dans la précision ; elle est dans l'honnêteté, l'humilité, la composition du prophète avec la Vie, l'intelligence (Le Signe 32/5), qui est dans le sillage de la Vie et donc mouvement, bougement, fécondation ininterrompus toujours par-delà les mots, une Pensée d'une fertilité pour nous inimaginable, donc le plus souvent suprême, éblouissante, indicible, au-delà des mots. La Vie émettrice, qu'elle s'exprime par les lèvres d'un Messager ou par un bâton (ou une antenne) de Lumière ou d'autre façon — prophètes bibliques, prophète de l'Islam, etc. — est quelque chose qui dépasse les mots, l'écriture, qu'il faut traduire de A à Z. Ce n'est pas ce que dit le prophète qui est erroné, c'est la mise au propre par des gens comme vous qui veulent du net et précis, ce qui aboutit à des compromis défectueux, pauvres, souvent faux. Vous n'avez pas vu l'évidence, laquelle dit qu'il est impossible au témoin quel qu'il soit de rapporter un "exprimé" exact au mot près et même, parfois, à la pensée près, car la Pensée Vivante de l'Absolu est très au-delà du piètre parler humain.
Puisque vous aimez les choses méthodiquement analysées, logiques, il ne faut pas lire la Bible ou le Coran tels qu'ils sont sur le papier. Prenons un exemple parmi mille, bref et simple, par exemple le psaume 105, versets 1 et 2. Vous me direz que les Psaumes n'ont pas été dictés par l'Éternel, mais rien n'a été dans la Bible dicté par l'Éternel, tout émane de lui comme la sueur sous la chaleur de l'humilité du lecteur et même ce qui dans le style passe pour un dialogue l'Éternel<-->homme direct n'est, en fait, qu'un rapport indirect, flou, une vision lointaine.
Voici du psaume105/1-2 la traduction par Olivier Cadiot et Marc Sevin (grands spécialistes hébraïstes) :
Remerciez Yahwéh !
Criez son nom !
tous ses actes chez les peuples !
Chantez pour lui psalmodiez pour lui
Dépliez toute son œuvre !
Voici du même psaume105/1-2 la traduction par Marie-Andrée Lamontagne et Philippe Abadie (également grands spécialistes hébraïstes) :
Célébrez Yahwéh !
Louange de son nom !
Prouesses de Yahwéh,
soyez connues de tous les peuples.
Chants, poèmes,
naissez pour lui, redites ses merveilles !
Voici du même psaume105/1-2 la traduction par Émile Osty (également grand spécialiste hébraïste) :
Célébrez Yahvé !
Invoquez Son Nom !
Parmi les peuples annoncez Ses Exploits !
Chantez-Le, jouez pour Lui !
Méditez sur toutes ses merveilles !
Et ainsi de suite...
Entre Dépliez toute son œuvre ! et Chants, poèmes, naissez pour lui, redites ses merveilles ! et Chantez-Le, jouez pour Lui ! Méditez sur toutes ses merveilles ! il y a des différences "considérables" (si je prends le qualificatif dans les sens bouffi que vous lui donnez). En fait, c'est ainsi parce que c'est tout simplement intraduisible sémantiquement, parce que les mots et la grammaire ne signifient rien de clair et net et que c'est la Pensée Infinie et indessinée derrière les mots et la grammaire qui est une expansion merveilleuse ou profonde au-delà du langage humain ; c'est la tragique faille entre Dieu et son Enfant déchu, pécheur ; tout le problème est là et c'est pourquoi le prophète et son charisme sont nécessaires. Contrairement à ce que vous semblez penser, frère, on ne peut pas faire mieux.
Même chose pour les quelques variantes que je me suis permises dans les textes entre parenthèses, non par mépris de l'exactitude, mais par quête désespérée d'une précision impossible chez l'homme. Il y a là une Pensée Créatrice que j'ai essayé de présenter de diverses façons, mais qui est intraduisible et le seul fait que j'ai tenté d'écrire cette Pensée de diverses façons montre, par le fait même, que nous avons irrémédiablement affaire à une Intelligence, un Fond auxquels nous n'avons pas accès et que la sagesse maximale qu'un pécheur puisse fournir est de l'accepter comme tel. Aussi suis-je heureux que le texte que j'ai imprimé provoque, par ses variations, une prise de conscience : L'Esprit Créateur dépasse toujours l'esprit humain. Que croyez-vous, frère, que je n'ai pas envisagé que ces changements seraient perçus et critiqués ? J'avais le choix entre le précis premier à jamais inchangeable, qui serait faux, et entre le fait que la Parole est Vivante, mobile, inattrapable ?
Y a-t-il un seul de nos frères et sœurs P(p)èlerins qui, à ma connaissance du moins, n'ait pas compris cela ? La Parole est libératrice et vous voulez (peut-être innocemment, je ne sais) y ré-emprisonner l'homme. Vous ne me trouverez jamais sur ce sentier-là. Vous "espérez que de mon vivant, je remette de l’ordre dans toutes ces dérives religieuses" ? Je ne vois pas ce qui venant de vous, un péquin de base pesant les œufs de mouche, m'y contraindrait plus que l'Expérience Surnaturelle que j'ai vécue. Je suis désolé de vous dire que cela ne se fera jamais, car, selon votre commentaire, il me semble que c'est vous qui "dérivez religieusement".
Oh ! je n'ignore pas que la règle du jeu, sur Terre, c’est que "tout est rapport de forces", comme disait Marx. Vous pensez faire réussir la mission, comme vous dites, en prescrivant une rectitude qui est la vôtre, mais non la rectitude du Père. Mon frère Antoine, les difficultés de la mission ne viennent pas de ce que j'enseigne, qui du reste est très simple : Ne péchez plus et aimez ! Cela suffira ! Les difficultés viennent de la mécréance profonde de l'humain moderne devenu complètement indifférent aux corrections que vous me demandez de faire autant qu'il l'est à l'amour du prochain. Donner de la force à la mission par les "redressements" que vous préconisez selon votre logique ? Non, il ne s'agit pas de suivre un texte précis, car reconnaître l'inévitable Flou dû à la distance infinie de la Parole entendue suffit grâce à l'amour dont nous sommes encore capables et même fait mieux comprendre pourquoi la religion a échoué à faire de cette Terre de Mal une Terre de Bien depuis des millénaires.
On ne peut pas plus imaginer que les textes entre parenthèses seraient capitaux et sources de miracle, à tout le moins plus efficaces, que croire que ne pas manger de porc ouvre les portes du paradis. Les puissances mystiques n’ont d’autre lien avec le Vrai qu’un calcul d’intérêt, sur un fond d’égoïsme autoritaire. La mission ne va pas très bien, parce que notre amour n'a pas atteint le niveau où elle peut faire des miracles et le mur devant nous est pour l'heure haut et très difficilement franchissable. Mais il s'écroulera un jour, quand nous aimerons assez, pas quand nous aurons procédé aux lessivages et rectifications de précision géométriques que vous préconisez.
Au-dedans, un homme, une volonté de Bien par l'amour est plausible. Au-dehors, l'exactitude est risible ; elle est impossible. Il n'y a rien de pacificateur dans l'épluchage des textes et le pesage des œufs de mouche. Je récuse ces vues qu'a périmées la nouvelle "communauté de destin" que nous propose le Père à Arès. Un croyant peut vivre sur Terre avec de la littérature religieuse précise au mot près, mais il peut rater sa mort. L'humanité mourra quand même du péché des péchés (Le Signe 38/2) quand elle n'aura que des bons sentiments, parce que ce qu'il faut, c'est l'amour évangélique, qui est tout autre chose. Chercher l'exactitude des textes est une préoccupation de docteurs de la loi, aimer et faire aimer est notre préoccupation de P(p)èlerins d'Arès.
La paix par l'exactitude théologique présumée est l’idéal du chrétien d'église, le progrès par l'exactitude philosophique présumée est l'idéal de l’humaniste, du progressiste, etc. Il est encore à la mode de penser qu'avec de bons arrangements juridiques, sémantiques, analytiques, idéologiques, etc., "la guerre de Troie n’aura pas lieu". On sait ce qu’il en advient dans l'Histoire, hélas. La révolution spirituelle que Le Signe veut provoquer n'est pas là. Jésus était un humain comme moi, capable d'erreurs comme moi ; il est notamment allé à Jérusalem où l'attendaient les crucificateurs et cela il le savait.
Je peux peut-être aussi commettre quelque erreur, mais je ne commettrai pas l'erreur fatale que vous voudriez me voir suivre. Jésus a oublié son "Aimez-vous les uns les autres" dans le fouet chassant les marchands du temple, mais le Sermon sur la Montagne est toujours là. L'Église a oublié que la Vérité ne sera trouvée qu'au bout d'une pérégrination humaine inévitablement zigzagante et difficile ; elle essaie aujourd'hui de réparer cette erreur et je pense que Le Signe, qu'elle lit en tapinois, y est pour quelque chose. Dieu est hors du temps, nous sommes dans le temps (Le Signe 12/6) ; ce n'est pas votre recette hautainement "logique" qui résoudra le problème de la mission difficile, parce qu'elle est inévitablement difficile ; c'est le temps qui le résoudra. Vous croyez que la solution est dans la perfection de forme. Vous vous trompez. Aucune perfection de forme n'a jamais rien résolu. Le credo du Concile de Nicée en 325 ou le pacte Briand-Kellogg mettant la guerre hors la loi en 1928, parfait de forme, n'ont servi à rien pour empêcher l'athéisme et la guerre ; de même des milliers de traités et pactes parfaits de forme depuis toujours n'ont servi à rien.
Vous me faites penser à "L’eau et les rêves, essai sur l’imagination de la matière" de Bachelard pour une "analyse matérielle" de la rêverie fatale. Vous me faites penser au joueur de flûte, qui ne mène les enfants à rien d'utile et d'honorable avec une belle musique. Vous êtes sans le vouloir le bateau fantôme, qui se croit parfaitement construit, mais qui sombrera doucement, dans l’indifférence générale. "Un homme, ça s’empêche," disait Albert Camus et je m'empêche de bâtir une façon de faire précise qui ne peut conduire qu'à l'échec parce que j'enlèverais à mes frères et sœurs, même ceux et celles qui ne m'aiment pas ou qui me critiquent (vous n'êtes pas le seul, loin de là), je leur enlèverais la grande souplesse que peut leur donner l'Intelligent Flou du Verbe Divin tel que nous le respecterons, car ce Verbe n'est compréhensible que dans les très grandes lignes, dans l'Esprit, parce qu'il dépasse les mots. Le Signe parle de sentiers au pluriel ; pas au singulier. Il n'y a qu'une Hauteur Sainte, mais des millions de sentiers pour y conduire et non l'unique voie que vous croyez tracer. Ça résiste à toute loi ; ça se contrôle précisément en évitant l'impossible précision.
Si j'organisais un forum de mes frères et sœurs ce ne serait pas autour de l'idée de fixer à jamais les termes et la grammaire du Signe, mais pour l'espérance que, quoiqu'on lise, croie ou suive, une seule chose compte : l'amour. L'amour seul peut empêcher la mille fois réitérée remontée des égoïsmes et rappeler à l'homme qui est aussi une part de Dieu, un cocréateur, une brève chair pour une âme éternelle, quelle que soit la Parole qu'il lit.
Le souci de la perfection que vous avez mais qui n'existe pas est aussi incorrigible que la loi de la gravité. Depuis des millénaires croire que ceci est plus efficace que cela, hormis l'amour, est un sujet sans solution, un clair-obscur où la Lumière ne pénètre que très difficilement. De l’idée qu’on a de sa liberté (Le Signe 10/10) découlera la bonne voie vers le Jour (31/8). Il n'y aura qu'un Jour, mais il y a d'innombrables voies pour y parvenir. Chacun a sa voie. Aucune voie n'est parfaitement noble, pas plus la mienne qu'une autre, et je le sais d'autant plus qu'approche le moment où mon cœur s'arrêtera. Mais je suis un prophète, donc un libérateur. Toute voie est souffrance. Il n'est pas utile d'y ajouter celle que vous préconisez : la rigidité tétanique. Dieu est souplesse infinie, tellement qu'on ne sait pas vraiment ce qu'est Dieu. Moi, qui L'ai rencontré, je vous en parle en connaissance de cause et ce n'est sûrement pas vous qui m'apprendrez tout ce que j'ai appris et désappris en 1974, 1977 et au cours des quarante-cinq ans qui ont suivi.
[243C29*19/08/2022]
Sur l'infaillibilité que s'octroie le frère qui corrige
Je ne suis que l'homme Michel, mais je n'ai jamais prétendu être autre chose, parce que, de toute façon, le prophète est toujours un homme avec toutes sa faiblesse humaine (Le Signe 36/5), il n'est jamais un ange ou quelque parfaite créature céleste. Certains contradicteurs me voient encore comme prêtre de l'Église sans songer à tout ce à quoi j'ai renoncé pour n'être plus que le tout petit Souffle, le Murmure du Père sur Terre.
Il demeure que le Père ne semble pas avoir hésité à accepter comme prophète un homme d'Église ; je me suis toujours posé cette question, du reste. Je ne peux que penser que le Père souhaite qu'il me reste quand même un petit, même tout petit quelque chose, une pâle trace de mon passé ecclésiastique.
J'admets sans la moindre discussion que je suis l'homme Michel, mais ce qui me consterne, c’est lorsque le vieux frère devenu contradicteur ne se considère pas, lui aussi, comme homme tout autant sujet à l'erreur que je le suis ; il pense au contraire voir plus clair que moi. Sa position me paraît d'autant plus problématique que ce n'est pas lui, mais moi qui ai traversé l'épreuve du face à face avec le Message descendu à Arès.
Quant à aimer ceux qui ne croient pas à ce que je crois, oui, je les aime. Sans difficulté. J'aime même mes ennemis, comme le demande le Sermon sur la Montagne.
[243C42*23/08/2022]
Sur le fait que les contradicteurs sont peut-être meilleurs
Quand je lis Le Livre, ce ne sont pas les mots qui entrent en moi, c'est le Souffle, qui nourrit d'autres concepts que ceux que je crois voir dans les commentaires de certains contradicteurs. Cela m'attriste beaucoup, mais je me rassure en me disant qu’ils sont peut-être meilleurs, plus aimants que moi et ça me rassure de penser qu'ils seront peut-être aspirés au Ciel plus vite et qu'ils y seront peut-être plus bienvenu que moi, qui ne suis qu'un pécheur, qui fuis l’animal en moi, qui n’est pas un pénitent naturel, si je peux dire. [243C32*21/08/2022]
Sur le droit de comprendre autrement
Je ne crois pas que la position de ce vieux frère devenu contradicteur soit un péché. Sa position peut me consterner puisque je le connais de longues dates, mais, tout en le regrettant, tout en soupçonnant qu'il éprouve un certain bonheur à me morigéner (c'est humain), je peux croire son changement sincère, et s'il reste un pénitent, un homme d'amour, de pardon, de paix, libre de préjugés, il sera peut-être plus justifié que moi qui ne suis qu'un pécheur. Je connais moi-même les difficultés du langage ; je ne peux en vouloir à qui comprend autrement. Au reste, on ne comprend rien à la vie terrestre tant qu'on n'a pas compris que tout y est confusion. Rappelons quand même que l'expérience du Surnaturel et du passage d'homme ordinaire à prophète, c'est moi qui l'ai faite, ce n'est pas lui. [243C35*22/08/2022]
Sur la transcendance de la Maison de la Sainte Parole
Quand, jamais défaite malgré sa dispersion, l'assemblée qui accepte de se désidéaliser — car la Parole d'Arès non seulement n'est pas une idéologie, mais elle libère du harnais des docteurs (Le Signe 10/10) — se retrouve à Arès l'été sous le toit qui abrita par cinq fois en 1977 la Théophanie éternelle, elle se défait. Le P(p)èlerin d'Arès en Pèlerinage se retrouve seul, défait, face au saint lieu où se dressa le bâton ou l'antenne de Lumière, le Verbe superbe. La Voix était sidérale, la main du témoin tremblait, son esprit allait moins vite que l'Esprit, Qui projeta Sa Pensée, Sa Perspective filante comme une étoile, dans la marmite du pauvre langage humain, la réduisant à une fricassée appauvrie. Donc, les P(p)èlerins se retrouvent sur un saint lieu qui les défait et c'est pour cela que, tout en étant fort divers (des contradicteurs aussi viennent prier là et c'est bien), ils sont Un. Alors la Maison de la Sainte Parole n'est plus quelque chose de construit, planté là, mais est quelque chose de jailli. La Maison de la Sainte Parole n'est pas faite que de brique, de ciment, de tuile et de bois dans quoi l'on lit quelque chose imprimé sur du papier, elle est aussi faite des âmes instantanément descendues de l'infini et convergeant vers la myriade de lieux où la Vie se manifeste.
On comprend cela plus ou moins, selon que l’on puise sa force spirituelle à la lettre où à l'Esprit.
[243C31*21/08/2022]
Sur la surveillance et le contrôle des consciences
Depuis toujours les pouvoirs, quels qu'ils soient, petits ou grands, aiment bien contrôler ou à tout le moins savoir ce qui se dit dans la rue. La patrie pour les pouvoirs, c'est toujours une patrie d'idées, de projets, de buts ; ceux qui ne partagent pas cette patrie-là sont des ennemis en puissance et on veut les avoir à l'œil. Voilà pourquoi il nous faut aller à pas comptés, car il y a vite des drames de la conscience.
[243C33*21/08/2022]
Sur l’animalité qu'il faut quitter
C'est ainsi la vie. Quand on la retourne comme la page d'un livre et qu'on la voit à fond, quand on voit ce qui hier était frêle et petit, puis fort et grand, puis un jour vieux et faible, puis mort, il y a de quoi tomber penaud à genoux : "Pourquoi, Père, ce bref moment dans la chair qui attire le péché comme les soirs d'été attirent les moustiques ?" Pourquoi cette animalité ? Pourquoi cette vie de bourrin ? C'est un mystère que je qualifie d'extravagant, phénoménal, incompréhensible, déconcertant (oui, oui, j'aime les qualificatifs... on me le reproche à raison), mais je pense que c'est Adam, c'est-à-dire moi, tout humain, qui a revêtu l'animal. C'est donc à moi de me dévêtir. Pour mourir en paix, je dois me débarrasser de ma crinière, de ma queue, de mon hennissement, qui fait aussi partie du costume. Ah ! vie de bourrin ! Je te connais coquine !
[243C34*21/08/2022]
Sur l’animalité qui ne se limite pas à la sexualité ou au désir
Certains voient la sexualité sous un jour particulièrement animal, ou bestial, chez l'homme. Mais la soif, la faim, le sommeil, la peur, la protection, la toilette, le besoin de créer, etc., occupent tout autant l'homme vu dans son animalité. Les besoins qui pèsent sur la vie humaine et qui l'occupent disparaîtront dans l'au-delà. C'est au fond un problème qui est très loin d'être résolu philosophiquement. J'ai un jour trouvé dans un texte de Montherlant (peut-être dans ses Carnets) cette phrase étonnante : "Tout être humain qui n'est pas désirable est un salaud...", qui m'a plongé dans une perplexité profonde. Comment cet écrivain particulièrement intelligent a-t-il pu ne voir que des salauds parmi les énormes foules d'êtres non désirables : vieillards, quidams et quidamesses incolores et gris de toutes sortes dans la rue, personnes laides, etc., etc. ? Alors je me suis dit : Mais alors, l'ermite qui dans sa retraite de montagne fuit tous les désirs animaux réduirait le monde entier à un monde de salauds, puisque pour lui tout ce qui est désirable est à fuir ? L'érémitisme n'est donc pas chrétien ? Il ne serait que l'exercice du dégoût absolu, l'anti-amour par excellence ? Ce doit être ça, car Jésus ne fut pas ermite, bien au contraire.
En réalité, plus on pense à ce qu'est l'animalité en nous, plus on cherche, comme moi, à se retrouver à sa table de travail. Alors, le travail, est-ce un besoin animal ? Je pense plutôt que c'est une des possibles évasion de l'humain hors de l'animal, le travail c'est peut-être un des précédents possibles de la mort ou de l'éternité. Que fait la Vie, le Père, Dieu, l'Éternel ? Il crée ; il travaille à sa Façon. Le jour où le soleil est dispersé comme plumes de pavot [c'est-à-dire tous les jours ; tous les jours un soleil s'éteint quelque part dans l'infini], Je cours encore et entre temps je fais mille nouveaux soleils (Le Signe xxii/12). Pensez à cela et un beau jour vous oublierez "indépendamment même de l’amour romantique" le fait que "la multitude abaisse l’amour charnel humain au rut" et vous vous surprendrez à ne plus voir en une belle femme qui passe la perte de votre vertu, pas plus qu'un bon gâteau dans une vitrine de pâtissier et vous n'y pouvez rien tant que vous êtes de chair, animal autant qu'âme. Pensez aux mensonges qui empoisonnent la vie sociale, aux égoïsmes sources de tant de malheurs, aux vols, aux viols, aux injustices, aux violences, aux crimes, aux guerres, et vous vous apercevrez que voir passer avec plaisir une belle femme est vraiment très peu de mal dans la vie. Je ne crois pas que si, quelque jour, je regardais passer une femme dont la beauté attire mon regard je commettrais un très grave péché. Il y a quand même une hiérarchie dans le mal. Quand Jésus disait que celui qui avait convoité une femme dans son cœur avait déjà commis l'adultère, il voyait autre chose de très grave : Arracher cette femme à l'amour de son époux et se l'approprier, etc. [243C35*22/08/2022]
Sur la question : "Qu’est-ce qu’on croit vraiment sur le lieu du Pèlerinage, à Arès ?"
Notre esprit est réfractaire à la religion, parce qu'elle est système, et de ce fait nous sommes heureux de faire le Pèlerinage d'Arès où nous nous sentons libres. La nécessité de liberté crée l'atmosphère fraîche qu'on respire là. Un nouveau pèlerin me questionna cet été : "Qu'est-ce qu'on croit vraiment ici ?" Je lui répondis : "La plupart croient dans la ligne que trace devant eux Le Signe, mais en fait on peut croire ce qu'on veut pourvu qu'on respecte la paix du lieu et les autres pèlerins." Il fut surpris : "On peut croire ce qu'on veut ?" Moi : "Oui, parce que ce n'est pas ce que vous croyez qui vous justifie ; c'est le Bien que vous faites, l'amour et le pardon que vous donnez, la paix que vous faites avec tous, votre totale libération de tous préjugés." Lui : "Mais alors la tunique, à quoi ça sert ?" Moi : "Ce ne sert qu'à masquer la position sociale de l'être. Vous pouvez ne pas en mettre ! Elle n'est pas plus obligatoire que la prière. Si tout le monde la met, c'est pour ne pas se faire remarquer." Lui : "Le Pèlerinage ne sert à rien, alors ?" Moi : "À rien, en effet. C'est ce qui fait son prix." Lui : " ? ? ?" Moi : "Vous êtes ailleurs que partout. En tout cas, c'est ce qu'on essaie de faire de ce saint lieu. Quand vous serez mort, vous serez aussi ailleurs que partout." [243C36*22/08/2022]
Sur la musique céleste de la Parole
Les humains sont dans leurs écuries ou entre leurs brancards piétinant leur crottin, fiers de leurs musculatures comme des chevaux de polo, mais hélas la plupart d'entre eux ignorent qu'ils peuvent par la pénitence se faire pousser des ailes et devenir des pégases capables d'envol. À nous de leur faire comprendre qu'ils sont capables de métamorphose pour le prix de l'amour, du pardon, de la paix, d'un peu d'intelligence spirituelle libre de tous préjugés. Nous ne devons pas être trahis par notre mort, qui surviendra tôt ou tard, la mort peut et doit être notre victoire sur le péché.
Nous poussons avec douleur dans le péché, la suffisance, la satisfaction de soi, l'erreur, la déception, comme le bourrin vit sous le harnais ou la selle et il n'y a jamais de relève du matin, de réveil dans la liberté, la sérénité dans les hautes herbes fraîches entre les montagnes pures. Nous sommes entre nos œillères, le mors entre les dents. Nous remuons, comme le bourrin mâche son avoine, nos pensées petites et obscures, rarement heureuses et jamais très longtemps quand elles le sont. Dans quel recoin de notre cervelle chevaline se met à luire la grande espérance, la vraie, aussi longtemps que nous sommes cloués à notre condition animale comme les fers sont cloués aux sabots du bourrin ? Les ferments heureux qui vont nous délivrer de notre condition de bêtes viennent de loin, de beaucoup, beaucoup plus loin que le claquement du fouet. C'est la Parole. Dans la Parole il y a des mots comme dans la bouche du cocher il y a des "hue !" et des "dia !", mais il y a beaucoup plus, il y a ce qui ne se lit pas, mais qui entre les lignes murmure comme une musique céleste : Il y a le Vent ! (Le Signe, nombreuses références). C'est par là que la Vie Se transmet. Ce n'est que dans ce Vent soufflé de l'Infini, de l'Étalé, que nous voyons disparaître insensiblement ce qui séparait les vieux des jeunes, les femmes des hommes, les grands pécheurs des petits pécheurs, les méchants des bons... C'est ainsi que se prépare la coulée d'âmes, le torrent qui remplacera les petits filets d'eau que nous pouvons seuls produire, pour l'heure. [243C37*23/08/2022]
Sur le Créateur qui attend que l’homme revienne sur la décision fatale d’Adam
J'ai attendu, dit le Père par les lèvres de son Messager Jésus, et il me paraît clair que ce que le Père a attendu, c'est que l'homme, le descendant d'Adam, revienne sur sa décision fatale (Le Signe 2/1-5) de créer son petit univers à lui dans un tout petit coin du Ciel, la Terre, la Terre étrangère au Dessein génésiaque. Mais ce revirement espéré vers le Plan Édénique ne s'est pas produit, alors le Créateur s'est levé à la place de l'homme pour appeler celui-ci à revenir au Bien, qui est la substance spirituelle, autrement dit la Vie, sur laquelle avait été créé le premier Adam. Le Signe est un des Appels qui ont ponctué le long et patient Retour (Le Signe i/1) de l'Esprit Créateur vers l'Enfant !
[243C40*23/08/2022]
Sur la mort
Hier soir, j'ai visionné sur la chaîne Arte à la télévision un film intitulé "Goulag : Une histoire soviétique". Atroce ! On estime, je crois, à environ quatre-vingts millions les victimes du Goulag et les victimes latérales : innombrables exécutés d'une balle dans la nuque. Regardant ce film fait d'archives cinématographiques crues remontant, pour certaines, à 1918, j'ai terriblement souffert intérieurement, pensant aux millions d'humains qu'on avait expédiés ainsi dans la mort et qui dans ces moments où ils allaient perdre la vie de la main de haineux, que ce soit lentement ou d'un seul coup, avaient sans doute eux-mêmes la haine de leurs bourreaux et je me demandais ce qui les attendait de l'autre côté, car mourir dans la haine, même victime d'une injustice, n'est pas la meilleure condition souhaitable pour passer de vie à trépas. De 21 h à 23 h, quand j'ai fermé ma télévision et que j'ai cherché le sommeil, priant et disant : "Ô Père, Tu dis : Qui peut savoir qui est sauvé et qui n'est pas sauvé (Le Signe 11/3), car la mort, moment où se joue, comme érupte un volcan (L/5), la dynamique du salut, est le point focal de la foi. Et là tout le monde se fiche pas mal de ce qui était écrit dans les livres de Ta Parole, car les forces salutaires émergentes sont l'amour et l'espérance (16/16), mais quand l'injustice qui frappe le mourant ou la victime est telle que d'incontrôlables sentiments d'aversion, de haine, que se passe-t-il pour celui-là ? C'est en Toi, la Vie, que nous espérons alors, pas dans des mots imprimés dans un livre."
Et, bien sûr, je pensais au dérisoire et même vide souci impérieux du frère contradicteur [Antoine B d’Aquitaine] de ce qu'il faudrait, selon lui, écrire et imprimer, car dans ce moment décisif, crucial, voire crucifiant, que vaut ce qui a telle forme ou telle autre dans un livre ? C'est bien ce passage de la vie à la Vie qui est essentiel. Et alors, qui ne comprend que seul l'Amour ou l'amour est la force qui propulse dans le grand mystère, l'après-vie animale ? La vraie question est, c'est clair : Quel amour et comment le mesurer ? Quelle forme exacte doit-il avoir ? Rien de cela n'est dit clairement dans la Parole confiée au prophète et l'on ne peut que concevoir humblement que la Miséricorde, dont pourtant le Père nous demande de ne pas présumer (Le Signe 16/15), est seule à espérer. C'est bien la force d'espérance et l'amour, son véhicule, qui valent ; ce ne sont pas les mots, les formes.
Oui, tout le problème est dans la mort, la porte derrière laquelle se trouve le rien, le mystère, l'inconnu. Qui se réveillera de l'autre côté plus brillant de ses cendres ? Le contradicteur ? Moi, l'incorrigible curé qu'il voit en moi sans même savoir ce qu'est un curé ? Le brahmane a un saint amour de la mort qu'il appelle de ses vœux, mais moi non, j'aime encore la vie sans avoir peur de la mort. Et nous nous trompons, l'un et l'autre, le brahmane et moi, parce que nous ne savons rien : L'indescriptible est derrière la porte, mais il commence devant la porte, dans la Parole. Nous nous trompons sur ce qu'il y a derrière la porte, nous n'en savons rien, car en ce monde nous ne voyons des morts que les tombeaux ou les cendres.
Nous n'avons plus qu'à nous laisser mourir quand la mort frappe à la porte et ensuite à laisser faire ceux qui font mortification pour nous et les Forces qui nous portent, si nous avons su les développer, ne serait-ce que vaguement, la Parole n'étant que vague, nébuleuse. En sanscrit, en hébreu, en arabe, en français, en n'importe quelle langue, sous n'importe quelle forme nous serons dans l'inconnu et roulerons comme des vagues sur la mer. Loin de nous les hochets des hommes, celui que frère contradicteur veut nous fabriquer ou d'autres. Je crois que le Père a donné la vie mortelle à l'animal humain, le bourrin, pour le faire vivre de la vie immortelle un jour, le Jour (Le Signe 31/8). En attendant, aimons nos semblables et croyons au Salut ! C'est tout ce que nous savons. [243C44*24/08/2022]
Sur le propre de l’apôtre qui transmet le vrai comme s’il était de lui ou d’elle
On me cite sans me nommer ? Volupté de la non-paternité, dénuement de toute belle âme aimante qui se tient toujours prête à citer le Vrai. Je cite bien le Vrai du Père. Pourquoi d'autres ne citeraient-ils pas le Vrai du prophète qui ne doit rien à lui-même. N'est-ce pas le propre de l'apôtre que de transmettre le Vrai comme s'il était de lui ou d'elle ? Quoiqu'auréolé d'autorité et hautement respecté par la communauté musulmane naissante le calife Omar dormait sur les marches de sa belle demeure parmi les clochards, les vagabonds. Parce qu'il n'avait qu'un trésor vivant, qui était celui de tous : la Parole d'Allah, qu'hélas son successeur Uthman ou Othman allait mettre par écrit en étouffant la Vie qu'elle apportait ! [243C45*24/08/2022]
Sur le monisme de notre foi
Nul doute ; l'axe autour duquel pivote notre espérance d'un retour aux temps du premier Adam est l'amour, l'amour du prochain, mais en en restant là, nous en restons là comme une religion et, par peur de nous tromper ou par besoin de simplifier pour plaire, nous n'allons pas au fond du Dessein fondamental. Certes, en disant que le salut n'est pas assuré par ce qu'on croit, mais est assuré par le Bien accompli, notamment l'amour unificateur, nous sortons de la dogmatique religieuse. Nous ne disons à personne : "Dis-moi ce que tu crois, je te dirai où tu vas," mais nous disons : "Dis-moi ton amour pour tout ce qui est, je te dirai où tu vas : Tu effectues le retour dans le sillage du Retour (Le Signe i/1) vers le Fond des Fonds (xxxiv/6) de la Mer (18/4, 20/4, xii/6-8, xxi/11, etc.) infinie de la Vie."
S'il y a un seul Créateur, tout ce qui existe : un caillou, une montagne, une mouche, un éléphant, un lion, un gaz, un liquide, un homme, une étoile qu'elle soit brillance ou trou noir, une galaxie, une pensée, un rêve, un pas, un signe de la main, etc., est par la spiritualisation ou peut être par la respiritualisation, réductible à l'unité. Il y a dans notre foi un monisme qu'il ne faut jamais oublier, c'est-à-dire nous sommes irrémédiablement reliés à l'Un. La brève vie charnelle de chacun de nous est un point d'une longue ligne d'ontogenèse absolue avec un composé constant : l'âme, qui ne peut renaître que de l'amour.
J'ai commencé d'évoquer ce point dans l'entrée "Non-dualité" le 1er janvier 2016 (#171). Notre fusion dans l'Un (xxiv/1) doit être un Retour à l'Un par excellence : la Vie, le Fond des Fonds, l'Éternel, le Père, etc. parce que nous sommes tout à la fois cet Un fondamental et l'Enfant de cet Un sous une de toutes ses formes possibles. Il ne s'agit pas d'un monisme particulier comme celui d'Ernst Häckel, personnage très intéressant (qui a inventé le mot d'écologie), qui tout en n'étant pas totalement incroyant était un matérialiste. Nous ne sommes pas matérialistes au sens où nous ne croyons pas que la matière soit la finalité. La finalité est la Vie. C'est la grande leçon du Signe. Autrement dit, il nous faut donner à l'arbre de notre foi des branches métaphysiques. Il nous faut structurer notre foi comme l'Univers est structuré. [243C48*27/08/2022]
Sur l’amour devoir, déduction inévitable de la logique : le Mal ne disparaîtra que si le Bien le remplace
Nous ne devons pas donner à croire, car croire ne sauve pas, mais nous devons donner à penser, raisonner, car aimer au vrai sens évangélique, que rénove la Parole d'Arès, n'est pas sentimental, c'est à dire qu'on n'aime pas parce que ça plaît, on aime parce que c'est une déduction inévitable de la logique, c'est un devoir : le Mal ne disparaîtra que si le Bien le remplace. Le Bien c'est l'amour. Comment expliquer que l'amour, qui n'est pas une force matérielle, physique, mais qui est une force morale, psychique, spirituelle, puisse agir au point de provoquer un processus déontologique concret de transformation ? Mais parce qu'il n'y a rien de matériel qui ne cache une force invisible prisonnière de la matière mais qui peut être libérée par la mise en œuvre d'une simple disposition à vouloir le Bien en tout. Descartes pensait que la glande pinéale permettait aux passions d'agir plus concrètement que la matière corporelle. Il avait une intuition, une métaphysique, pleine de sens. [243C48*27/08/2022]
Sur le temps nécessaire pour rétablir en nous le Bien actif
À la question d’une personne croisée en mission : "Mais comment changer ce monde, nous sommes continuellement dominés et humiliés ?", frère Michel suggère de répondre : "Nous avons mis des siècles pour détruire notre permanente possibilité de Bien ; il nous faudra inversement beaucoup de temps pour rétablir en nous nos possibilités de Bien. Il nous faut commencer à rappeler aux hommes la nécessité de s'aimer, de se pardonner, de faire la paix, de réfléchir spirituellement avec intelligence libres de préjugés et nous voyons bien la réponse à votre question : Comment changer ce monde ? Il faudra tout simplement du temps, mais il faut enfin commencer à appeler l'homme à l'amour. La bonne question serait : Combien de générations avant de rétablir le Bien ? Je n'en sais rien, mais je sais qu'il est possible, avec patience, de rétablir le Bien actif." [243C53*29/08/2022]
Sur les lieux où les hommes ont beaucoup prié
Les lieux où les hommes ont beaucoup prié, ont pleuré quand ils enterraient les leurs et ri quand ils les mariaient, ont gardé dans leurs murs les voix des orants et je pense qu'à San vran (st-Véran, Hautes-Alpes) où ont dû vivre des pasteurs et leurs fidèles particulièrement fervents dans la foi, c'est l'écho des cœurs priants qui vibrent encore. Nous vivons des temps trop fragiles, trop nerveux, et ça fait du bien, oui, beaucoup de bien de sentir les accents de foi qui ont lentement imprégné des murs, car les maisons, les lieux de réunion, ont des murs. La dernière fois que j'ai senti cela, c’était il y a quelques années en sortant de l'autoroute de Nice et montant jusqu'à la très vieille église du Cannet des Maures, très vieux village pauvre, église sans charme, mais dont les murs battaient comme les cœurs dans les poitrines des villageois provençaux qui, des siècles durant, ont élevé là, dans ce cœur simple, en mille circonstances leurs voix espérantes vers le Ciel. Quels terribles confiances ou désespoirs se sont exprimé là et sont restés là ? ! Quels hommes, qui comprennent qu'ils sont sur Terre parce que l'ancêtre Adam s'est trompé, ne comprennent-ils pas en même temps que leurs vies courtes et parfois douloureuses doivent retrouver le chemin de l'Amour ?
Crédit photo : Pmk58, Wikimedia
[243C54*29/08/2022]
Sur les missionnaires qui commencent à parler comme parle le Très-Haut
Il y a probablement des missionnaires qui sont encore bourrins, en effet, qui ne font que se laisser guider et qui répètent dans la rue ce qu'on leur a appris à dire. Mais Il y a aussi des missionnaires qui ne sont plus des bourrins, qui ont réveillé l'image et ressemblance de la Vie (Genèse 1/26-27) au fond d'eux et qui commencent à parler comme parle le Très-Haut parce que la Voix du Créateur sort naturellement de leurs bouches.
Beaucoup de ce qui fait l'enjeu du salut tient à la pensée, car la vie corporelle est brève et prépare le salut qui, lui, est très long. "La pensée rend le penseur distant du corps," comme disait Descartes dans les "Méditations Métaphysiques" Les Papous disent qu'il existe trois mondes : le monde de la journée active, le monde du sommeil et un troisième monde dans lequel voyage l'âme pendant le sommeil. Le rêve est en effet un moment totalement absent de l'activité pensée ; c'est le monde de la pensée qui s'impose, le monde que l'humain ne contrôle jamais. [243C55*29/08/2022]
Sur la chair de Jésus
Jésus de Nazareth, le ressuscité, qui me visita du 15 janvier au 13 avril 1974 était bien "apparemment" de chair "animale", en ceci qu'il allait et venait, qu'il parlait en faisant remuer ses lèvres, qu'il me regardait, qu'il avait même de la force physique, puisque je senti la pression de son pouce posé sur mes lèvres.
Mais cette chair était, d'une part, comme éclairée de l'intérieur et rendait sa peau translucide assez lumineuse pour qu'on pût voir dans le local où elle apparaissait et que je pusse écrire sans lumière électrique et, d'autre part passe-muraille cette chair quittait ma maison en passant par le plafond.
Ce n'était donc pas à proprement parler une chair "animale", mais une chair transfigurée ou passant à divers états dont certains nous sont visibles et touchables et d'autres totalement inaperçus. Peut-être est-ce aussi vrai pour la matière, par exemple ce qu'on appelle les trous noirs dans l'espace, invisibles pour l'homme, mais peut-être visibles pour d'autres regards, comme certains sons sont inaudibles pour l'homme mais audibles pour un chien.
Voilà pourquoi je dis "apparemment" plus haut.
Je suis en droit de supposer qu'une fois retournée dans l'Univers, la chair du Jésus qui me visitait disparaissait à nos regards humains.
J'eus donc affaire à une forme de chair particulière, disons fantomatique ou fantomale (je connais mal la différence entre ces deux qualificatifs), quoique dans certaines circonstances solide et vivace, notamment lors de ses apparitions terrestres.
Il existe donc, à mon avis, une charnalité d'états variables comme l'eau peut être tantôt liquide, tantôt solide (glace), tantôt brouillard (vapeur), tantôt gazeuse (vapeur surchauffée).
S'agit-il, concernant l'homme, d'une âme qui peut s'habiller et se déshabiller ? S'agit-il, ce qui me paraît plus vraisemblable, de quelque chose que nous ne connaissons pas ?
Nous sommes des rustres ; du moins, je suis un rustre. Je ne peux pas répondre plus clairement concernant l'expérience humaine de la chair.
[243C56*30/08/2022]
Sur Plotin, métaphysicien mystique
Plotin que je connais mal parce que c’est un métaphysicien mystique d'une profondeur et d'une richesse exceptionnelles, quoique je sois sorti d'une Église, l'Église Grecque ou Orthodoxe, qui l'étudie beaucoup. Plotin s'exprime d'une façon qui, outre métaphysique, est aussi poétique et l'on tombe souvent en le lisant dans les marges étanches de l’indicible. Plotin avait raison en affirmant que le langage humain ne peut pas exprimer toute la réalité. Notamment, l'Un est pour lui inexprimé et inexprimable, au-delà de l'être, au-delà de la vérité. Plotin dit que "le principe suprême est véritablement ineffable" et que "nous ne pouvons ni le connaître ni le saisir par la pensée." Quoi dire et comment le dire ? Plotin est le promoteur de ce qu'on appelle la théologie apophatique, que certains théologiens orthodoxes appellent aussi théologie négative... "On ne peut pas dire ce qu'est l'Un, on peut seulement l'approcher en disant ce qu'il n'est pas en taisant les contraires."
Le traité de Plotin connu comme "Le Beau" (Ennéades) commence ainsi : "Le Beau se trouve surtout dans la vue," et l'on tombe alors dans l'état de la chair tel que vous semblez le considérer, mais cette affirmation est vite suivie par une foule de questions concernant le Beau lui-même concernant les modes de sa perception. J'abrège : le Beau mène au principe premier : l’Un. On ne peut imaginer le Beau autrement que beau (Le Signe12/3), mais cela ne peut être perçu que par la partie intelligible qui compose le Beau : l'âme.
Quel est donc le mode de vision de l'Un ou du Beau par l’âme ? Comment procéder ? Plotin interroge son interlocuteur sur le mode de vision permettant d’observer non pas la beauté sensible, mais le beau en soi, c.àd. la Beauté métaphysique (Le Signe 12/3). Ici la pensée de Plotin est intimement liée à celle de Platon. Il est donc nécessaire, pour répondre à cette question, de se remémorer la vision platonicienne du monde présentée dans "Le Timée". Platon imagine le monde comme scindé en deux parties distinctes : le monde sensible, dans lequel nous vivons, et d’autre part le monde intelligible, fait d’idées, aussi appelées formes. Le monde intelligible ne nous est accessible que par la pensée et demeure stable, éternel. Bien que les deux mondes soient métaphysiquement séparés, il existe un lien entre eux. Platon évoque dans "Le Timée" la création du monde par un démiurge, être surnaturel entre le monde des hommes et le monde des idées (au sens platonique que j'ai déjà expliqué dans un autre commentaire). Tout ce que crée le démiurge est crée à l’image des idées qu’il contemple dans le monde intelligible, quoique ces idées ne peuvent se comparer à leurs modèles. Dans ce contexte, l’homme reste forcément dans l’ombre d’une connaissance des choses et il est impossible de répondre à votre commentaire de façon claire et précise. Bref, le monde sensible est donc à l’image du monde intelligible, mais il reste dans son ombre, comme l’allégorie de la caverne chez Platon dans "La République" l’exprime très bien.
Mais comment contempler le Beau ? La vue est le sens le plus fin de la chair humaine et c’est par elle qu’il faut chercher le beau qui est dans la chair, car la chair n'a pas que du beau. La pensée antique, contrairement à la pensée moderne, considérait l'œil comme l'œil de l’âme, la chair elle-même n’étant que le contenant de stimuli extérieurs donnant un sens à la vie telle qu'observées par l’âme. Pour résumer, l’âme est l’organe privilégié de la vraie vision qui ne peut pas être qu'imagerie. Ainsi ne faut-il pas voir la chair dont il est question dans Le Signe comme représentant toute la chair, mais seulement une de ses phases. On rejoint ce que je dis au début de ma réponse. Plotin propose non d’associer l’âme à la chair, mais d’associer la chair à l’âme. Ce concept typique de Plotin montre la vision globale qu'il avait de l’âme dans le monde, différente de la vision de Platon.
Plotin voit le monde intelligible constitué de trois principes métaphysiques inaltérables se situant dans un même plan hors du temps (Le Signe 12/6). Le premier principe est l'Un (το ἔν), principe absolument simple à l’origine de tout et qui se repose sur lui-même, de façon autosuffisante. De l’Un sort l’Intellect (νοῦς), qui n'amoindrit en rien le premier principe l'Un et qui est purement intelligible ; il contient et pense en lui toutes les formes ou idées au sens platonique sans en être leur créateur ; c'est un premier mouvement de vie, entièrement indépendant se suffisant à lui-même. De l’Intellect émane ensuite l’âme totale (ψυχή), qui fait penser à ce que Le Livre appelle la polone (xxxix/12-13). L’intellect vient implanter dans l’âme totale des raisons ou logos, formés d'une multiplicité d'âmes individuelles. Pour trouver la sagesse qu’il transmet à l’âme, l’intellect a la connaissance totale des formes ou idées, car c’est là le modèle qui intéresse l’âme. Les formes ou logos sortent de manière partielle de l’âme individuelle pour se rendre dans le monde sensible, de sorte que l’âme ne perd jamais le lien qui l’unit au monde intelligible. Une âme ne s’incarne jamais dans le monde sensible et ne devient jamais prisonnière d’un corps ou d'une chair, ce qui répond assez bien à la vision de l'âme que donne Le Signe. Selon Plotin l’âme viendrait envelopper la chair et établir une sorte de coopération sensible. Cette coopération se rompt au moment de la mort. Rien n'est vraiment en contradiction avec ce que dit le Père à Arès.
L’Un est selon Plotin un principe très supérieur à l’homme de sorte qu'il est quasiment impossible d’en dire quoi que ce soit. L'Un est source de toutes choses. Quand le Père dit : Sois un en toi (Le Signe xxiv/1) il dit en somme : Redeviens la source de toutes choses ! Par l’intermédiaire de l’intellect l’âme puise sa source dans l’Un lui-même, dit Plotin, ce qui ne correspond à rien dans la Parole d'Arès, mais bon ! Nous sommes cependant bien d'accord avec la nature spirituelle intimement liée au monde intelligible, mais là nous partons loin de nos bases... Dans un deuxième temps, Plotin rend l’âme libre, liberté absente chez Platon. Ainsi, l’inversion dont il était question prend toute son importance : elle enlève la dépendance de l’âme vis-à-vis du corps. "Le principal de l’homme, c.-à-d. l’homme lui-même, est comme une forme par rapport à une matière ou comme l’être qui se sert d’un outil par rapport à cet outil. Dans les deux sens, l’homme lui-même, c’est l’âme." Dans Le Signe l'homme n'est l'âme que s'il est pénitent ; dans la pénitence l’âme n’est plus pensée dans la chair, mais il faut imaginer la chair comme étant dans l’âme. L’âme ne dépend ainsi plus de la chair, mais celle-ci est entièrement dépendante de l’âme pour son existence, son organisation et sa représentation du monde. En dépit des apparences, la chair change donc d'état, de nature, et cela je le pense aussi, ce qui complique très sérieusement le sujet que vous abordez. Le pénitent voit par l’âme afin de ne pas se laisser tromper par ses sens et notamment se faire happer par la beauté physique, qui n’est pas la véritable beauté, mais seulement une image et une possibilité de celle-ci.
Donc, selon Plotin, sauf si l'on est un bourrin, ou un crocodile ou un pinson on ne voit pas par les sens. Il ne faut pas s’attacher à la beauté sensible qui n’est qu’une manifestation du beau intelligible et reste semblable à "des traces ou des ombres". En d’autres termes, la beauté sensible n’est qu’une pâle copie d’une réalité idéale. Quelle est donc la réalité idéale de la chair. Il faut chercher la partie intelligible de ce que nous voyons et cela ne s’effectue que par la pensée. Celui qui voit vraiment ne voit pas avec les yeux, il voit avec l’âme ; même la chair de l'autre varie de nature visible selon la pureté et la force de l'âme voyante.
Cela amène de nouvelles interrogations : qui peut voir ainsi et que signifie concrètement la vision de l’âme ? Car bien que la beauté physique puisse être reconnue par les sens de chacun, la vision de l’âme semble un exercice plus particulier, qui fait appel au sens spirituel. N'avez-vous jamais, frère Jérôme, rencontré un être ou des êtres dont vous dites qu'ils sont "transparents", "diaphanes", "limpides" e d'autres dont vous dites qu'ils sont "épais", "lourds", "de fer" ? Ce sont des qualificatifs trouvés chez ceux qui ont décrit des êtres très spiritualisés ou très déspiritualisés, qui semblent charnellement vides ou trop pleins. De cette beauté Plotin dit qu'elle "reste en quelque sorte à l’intérieur des sanctuaires et ne s’avance pas au dehors pour se faire voir des profanes." Plotin dit que c'est la clef de la vision de l’âme ; vous parlez de François d'Assise, le jars, mais peut-être était-il de ces humains transfigurés ? Ces êtres-là restent en contact avec l’âme totale, la polone, que j'évoque plus haut. Il existe un lien privilégié entre le monde intelligible et la nature même de l’âme. Il faut pour atteindre cette zone effectuer un effort particulier de recueillement et d'amour, de vraie piété (35/6). À la différence de Platon, qui voit le Beau comme un mouvement ascensionnel, Plotin l’envisage comme un mouvement introspectif. Il ne s’agit plus de trouver un moyen d’atteindre un niveau de pensée supérieur, une élévation, mais de retrouver le chemin ou sentier en nous qui nous permet de nous rapprocher de la Beauté (12/3).
Largement tiré de : ___URL0___.
[243C56*30/08/2022]
Sur le Beau
Le Beau mène au principe premier : l’Un. On ne peut imaginer le Beau autrement que beau (Le Signe12/3), mais cela ne peut être perçu que par la partie intelligible qui compose le Beau : l'âme.
Mais comment contempler le Beau ? La vue est le sens le plus fin de la chair humaine et c’est par elle qu’il faut chercher le beau qui est dans la chair, car la chair n'a pas que du beau. La pensée antique, contrairement à la pensée moderne, considérait l'œil comme l'œil de l’âme, la chair elle-même n’étant que le contenant de stimuli extérieurs donnant un sens à la vie telle qu'observées par l’âme. Pour résumer, l’âme est l’organe privilégié de la vraie vision qui ne peut pas être qu'imagerie. Ainsi ne faut-il pas voir la chair dont il est question dans Le Signe comme représentant toute la chair, mais seulement une de ses phases. [243C56*30/08/2022]
Sur l’âme
Dans Le Signe l'homme n'est l'âme que s'il est pénitent ; dans la pénitence l’âme n’est plus pensée dans la chair, mais il faut imaginer la chair comme étant dans l’âme. L’âme ne dépend ainsi plus de la chair, mais celle-ci est entièrement dépendante de l’âme pour son existence, son organisation et sa représentation du monde. En dépit des apparences, la chair change donc d'état, de nature, et cela je le pense aussi, ce qui complique très sérieusement le sujet que vous abordez. Le pénitent voit par l’âme afin de ne pas se laisser tromper par ses sens et notamment se faire happer par la beauté physique, qui n’est pas la véritable beauté, mais seulement une image et une possibilité de celle-ci.
Cela amène de nouvelles interrogations : qui peut voir ainsi et que signifie concrètement la vision de l’âme ? Car bien que la beauté physique puisse être reconnue par les sens de chacun, la vision de l’âme semble un exercice plus particulier, qui fait appel au sens spirituel. N'avez-vous jamais rencontré un être ou des êtres dont vous dites qu'ils sont "transparents", "diaphanes", "limpides" e d'autres dont vous dites qu'ils sont "épais", "lourds", "de fer" ? Ce sont des qualificatifs trouvés chez ceux qui ont décrit des êtres très spiritualisés ou très déspiritualisés, qui semblent charnellement vides ou trop pleins. François d'Assise, le jars, fût peut-être parmi ces humains transfigurés ? Ces êtres-là restent en contact avec l’âme totale, la polone, que j'évoque plus haut. Il existe un lien privilégié entre le monde intelligible et la nature même de l’âme. Il faut pour atteindre cette zone effectuer un effort particulier de recueillement et d'amour, de vraie piété (35/6). [243C56*30/08/2022]
Sur la joie d'entrer sur le Saint Lieu
Quand j'entre dans la Maison de la Sainte Parole, souvent très peu de temps avant que sonnent les cloches, je souris, c'est vrai ; c'est ma manière de hennir en silence à mes frères et sœurs réunis là, moi le bourrin – j'ai mon côté bourrin comme chacun de nous – , ma manière de hennir ma joie d'être là avec tous pour ne former qu'Un tous ensemble. Mon sourire, c'est ma part animale du moment, car vous voir tous assis sagement en attendant d'entrer sur le Saint Lieu anime ma conscience que dans quelques instants nous allons tous nous sentir légers, à l'abri des murs blancs, isolé du monde lourd, de la balène lourde du poids des péchés, ce monde qui déjà penche d'un côté pour ne pas dire qu'il sera bientôt sur le flanc... Mais là, dans cette petite boîte blanche, brille déjà invisiblement la Vie. Assis à ma place, celle que j'avais quand le Père me parla, je pense à tout ce qui a disparu depuis la faute d'Adam, mais j'entends comme un rire d'enfant la silencieuse et invisible présence de la Sainteté, de la Puissance et de la Lumière et je suis heureux de les partager là avec chacun et avec tous.
[243C57*31/08/2022]
Sur sœur Christiane : preuve permanente qu’on n’est jamais seul
Lumineuse, sœur Christiane l'est toujours ; chaque matin depuis cinquante-quatre ans, lorsqu'elle se réveille et me regarde en souriant, sa lumière m'emplit de force pour toute la journée. Le Signe me dit : Tu ne béniras personne ni aucune chose (16/7), mais Dieu, Lui ? Il n'est ni personne ni aucune chose... Alors, je Le bénis chaque jour de m'avoir donné une épouse comme sœur Christiane. Elle est pour moi la preuve permanente qu'on n'est jamais seul ; elle n'est pas près de moi par hasard, une Volonté l'a poussée vers moi au moment voulu. Mais je crois de même certains sœurs et frères présents ne sont pas près de moi par hasard. [243C58*31/08/2022]
Sur la Vie, épiderme de la Terre, dont nous sommes les cellules
En juin, quand s'ouvre le Pèlerinage, viennent sur un grand arbre de l'autre côté de l'avenue des grives musiciennes. Elles font leur Pèlerinage en chantant ; elles font face au clocher, n'ont pas besoin d'entrer parce que l'invisible Puissance qui occupe le lieu jour et nuit depuis 1977 est la Puissance de Vie ; elle rayonne là comme un feu d'artifices.
Personne dans la Maison de la Sainte Parole ne prie en marchant ; nous sommes tous figés sur nos roues, qu'elles soient plantes de pied ou pneus, avec le totem de la Vie planté en chacun de nous ; je suis fasciné par ce retour immobile à la Vie. Ici la Vie vibre de l'humilité de tous les P(p)èlerins debout, à genoux, assis. À peine la Vie semble-t-elle avoir disparu, elle revient. La Vie, c'est l'épiderme de la Terre et nous en sommes les cellules ; la Vie se réchauffe — le Feu — sous la lumière de l'été aux longues journées. J'entends monter de partout dans la Maison du Père les murmures de la prière ; j'entends même le silence des méditants. Le monde va devenir de plus en plus fragile, mais à Arès nous deviendrons de plus en plus solides.
[243C58*31/08/2022]
Sur le choix originel d'Adam et ses conséquences
Je crois que l'homme est sociétal, c'est-à-dire qu'il ne peut pas vivre seul ou en groupes trop réduits en raison de sa faiblesse et que toute réflexion et proposition tournant autour de l'idée de l'autorité et de l'obéissance à l'autorité tourne, pour résumer, autour d'une idée de l'homme.
Le Créateur veut un Enfant ; ce sera l'homme. J'ai compris que l'homme est un animal que le Créateur a empli de Vie spirituelle. Cette Vie spirituelle a été dominante en l'homme au temps d'Éden, l'animal en l'homme pourvoyant seulement à une part du bonheur, puis, Adam ou l'homme créé initial, pouvant user de sa liberté — être libre peut aller jusqu'à renoncer à sa liberté — décida de vivre autrement que le Père n'avait prévu (Le Signe 2/1-5) et inversa sa position en redonnant à l'animal en lui la part entière de bonheur tout en gardant une possibilité de vie spirituelle, possibilité qui peut selon la volonté de chacun complètement disparaître ou, infiniment plus rarement, complètement dominer l'existence. Il a demeuré cependant d'énormes problèmes, par exemple que la durée de la vie s'est réduite : tout au plus quelques décennies à l'heure actuelle, en un être vivant qui a, contrairement aux autre animaux, conscience qu'il est mortel et qu'il peut être bon ou mauvais. C'est grosso modo l'idée de l'homme qu'a l'homme. [243C59*05/09/2022]
Sur le choix originel d'Adam et ses conséquences
Animal, bourrin notamment, l'homme l'est. Il en a les besoins, les instincts, la faim, la soif, la sexualité, même s'il a voulu plus ou moins réguler tout ça par des lois, une justice, un pouvoir suprême. Des savants pensent que tout ça est venu à l'homme par sa station debout, mais je ne le crois pas. Quantité d'animaux vivent en station debout parmi les oiseaux (marabout, héron, etc.), les singes (gorille, gibbon, etc.), et n'ont rien de commun avec l'intelligence et l'imagination humaine. Je ne crois pas que le langage humain vienne de la station debout, etc. L'homme possède la conscience et l'inconscience et les rôles respectifs de ces facultés sont fort différents. Nous sommes des bourrins pensants et je ne crois pas que la pensée soit un produit du système nerveux central. L'homme, même réduit à un rôle pratique de bourrin, est un être extrêmement complexe. On dit aussi que la démocratie est la plus belle conquête de l'humain ; je crois surtout que c'est la plus belle conquête des pouvoirs pour donner à la foule l'impression qu'elle est libre alors qu'elle ne l'est pas. Les pouvoirs ont seulement changé les modalités de l'asservissement. Les pouvoirs ont inventé quelque chose de génial autant que pratique pour eux : la culture. L'un des grandes difficultés de notre mission est notamment de faire comprendre à l'homme de la rue que son adhérence au monde peut être tout à fait différente de celle qu'il subit et accepte comme quelque chose de nécessaire.
L'homme dit primitif avait la culture de la pierre taillée qui le reliait complètement à l'ensemble de l'Univers, mais l'homme qui a un téléphone portable est relié à peu près complètement à toutes les industries et ingénieries qui fournissent tout ce qu'il y a dans un téléphone portable. Combien de gens parmi ceux que nous rencontrons ont conscience de cette différence énorme. Pourquoi Dieu est-il venu parler aux hommes à Arès en 1974 ? Pour nous délivrer, si nous le souhaitons, de la prison sociale et sociétale où nous nous sommes enfermés. Nous sommes au-delà de la nécessité de l'anarchie, et c'est, je crois, ce que Proudhon avait compris ou, à tout le moins, senti : Comment exprimer la liberté absolue dans un langage lui-même régenté par des lois précises et sévères ? Impossible sans faire une remise à plat mentale des concepts. Voilà bien pourquoi quatre générations ne suffiront pas (Le Signe 24/2).
[243C59*05/09/2022]
Sur le conditionnement culturel de l'être humain
Un humain n'a pas d'autre raison d'être que d'être un humain répondant à l'idée et à la norme que l'humanité du lieu où il est éduqué et vit se fait de l'individu humain. Si nous n'y répondons pas, nous sommes des anormaux et selon qu'on tombe sous la coupe de la "justice" ou de la médecine ou d'autres organisations de contrôle que la société où nous vivons s'est données, nous payons de diverses façons les conséquences de nos anomalies. Nous sommes tous dès notre enfance soumis aux automatismes socio-culturels que veut pour ses "citoyens" chaque groupement humain. Si je suis papou naissant en Papouasie je reste papou toute ma vie ; si je suis suédois naissant et éduqué en Suède je reste suédois toute ma vie, et ainsi de suite. Mais si le papou naît, par exemple, en Bretagne, et est éduqué en breton, il sera breton toute sa vie, ou si le suédois est élevé par des Khoïkhoï en pays Khoïkhoï (ou Hottentot) en Afrique australe, il sera un Khoïkhoï toute sa vie. Le racisme est donc une sottise parmi les innombrables sottises humaines ; ce n'est pas la race qui fait l'homme mais la culture. Je suis né dans un pays de culture bourrin, je suis bourrin.
Toute notre mission consiste à permettre à des bourrins de redevenir Enfants de Dieu. Ce n'est pas une petite mission ; c'est une révolution psycho-culturelle.
[243C60*05/09/2022]