Adam (Signe 2/1) ou Adame (vii/1) est encore au tombeau, rabougri et desséché dans un sommeil démesuré. C’est moi, c’est vous, c’est n’importe qui mort, vivant ou à venir. Partout l’homme est la mort d’Adame (vii/13) encore aujourd’hui.
Mais c’est aussi pourquoi l’on peut être Pèlerin d’Arès et ne connaître ni Le Signe, ni Michel Potay, ni la mission du petit reste (Signe 24/1), ni les antécédents : Noé, Abraham, Jésus, etc. Il y a sur Terre d’innombrables b’hers (puits, xxvi/7) où nagent inconsciemment quantité d’humains qui forment en puissance de grandes réserves d’amour activable. Nous les appelons épis mûris ou épis mûrs : la chair en attente de respiritualisation depuis Genèse 3/23.
Impossible de donner une idée autre que schématique de la chair humaine respiritualisée, c.-à-d. déjà activée par l’amour comme celle du jars (François d’Assise, Signe xxxvi/3), ou en cours de respiritualisation ou respiritualisable, c.-à-d. apte à faire de l’amour la seule raison d’être. Tourner le regard de l’homme vers cette possibilité est notre rôle prophétique à nous, Pèlerins d’Arès
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Escalader la pureté : L'ascension difficile mais possiblede la vie spirituelle vers le Bien supérieur.

Escalader la pureté : L’ascension difficile mais possible de la vie spirituelle vers le Bien supérieur.
Photo : Venti Views (Unsplash)

Le Pèlerin d’Arès, animal respiritualisé ou se respiritualisant, sait que ce n’est pas ce qu’il croit, mais que c’est l’amour dont il fait preuve qui le ramène à la Vie (Signe 24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26) et le sauve : Base incontournable et suffisante pour trouver le salut. C’est la révélation-clé de la Parole d’Arès, le couloir qui ramène à la Vie, sachant que tout le reste ou à peu près est incomplétude, indécidabilité, voué à disparaître quand le péché des péchés (38/2) laissera retomber son couvercle.
On ne devient pas Pèlerin d’Arès par gestaltisme dogmatique comme le croyant d’une religion, mais par évaporation spirituelle dans l’espace complexe de tout son être : chair, esprit et âme (Signe 17/7), de sorte que le Pèlerin d’Arès, passé un certain niveau de pratique de l’amour, cherche impulsivement le dépassement ; c’est la divinisation qui commence, l’achèvement de la Genèse devient possible.
Conscient qu’il est la combinaison difficile de l’Adam(e) (Signe 2/1-5, vii/1-16) animal (voir #243), et d’un influx de la Vie (24/3-5, xix/26), le Pèlerin d’Arès peut multiplier la force de son amour, donner à son amour et tout ce qui en découle — pardon, paix, liberté, intelligence — une tournure non égale à l’Amour mais inductive de l’Amour du Père dont il demeure l’image (Genèse 1/26). Ainsi renaissant à une typique particulière le Pèlerin d’Arès peut-il étaler loin sa capacité à changer et à apprendre, puiser à la divinité pure et simple qu’il recèle. C’est la Voie (24/3, 33/15) du Retour (i/1) ou de l’accomplissement (35/6), l’achèvement possible de la Genèse, dans laquelle tout le monde a stagné jusqu’ici.
De vastes pans de la religion, de la politique, de la morale, de la philosophie et de la science, bref, du mode de vie choisi par Adam(e), se sont développés sur des leurres et des erreurs, parce qu’Adam(e) et sa descendance ont occulté la Lumière et se sont éclairés aux faibles quinquets de leur invention, notamment à celui qu’ils ont appelé ratio. Une immense majorité d’humains ne sait plus depuis très longtemps penser et parler vrai (Signe ii/8-9, xx/2, xxxiii/9) — Antisthène, maître de sagesse, disait déjà 400 ans avant Jésus de Nazareth que désapprendre le mal est l’acte humain le plus difficile —. L’homme spirituel peut sortir de ce grouillis (iii/2) d’erreurs ; il peut tout en y vivant s’échapper du monde où des masses d’humains cherchent à se nuire et à s’évincer les unes les autres, parce que sur Terre tout est compétition, rivalité, concurrence — Que le meilleur gagne ! Mais qui est le meilleur ? Le Mal a quantité de réponses à ça hormis la seule convenable : le Bon (Jésus, Signe i/2-*, ii/3-19, xiii/4-17, etc).
Je peux m’efforcer d’aimer tant bien que mal, de pardonner et faire la paix comme je peux, de me libérer des lourdeurs et préjugés du monde, et j’aurai une âme et trouverai le salut. Mais je peux faire mieux, un mieux qui permettra à la Genèse de s’achever un peu plus vite, si je fais grande violence à ma faiblesse (Signe 27/8, 36/5, etc.), si je surmonte davantage les résistances de mon organisme, de mon système nerveux, de mes peurs, de ma langueur, de mes rêves. Je dois rendre extrêmes les possibilités de ma volonté dans le dépassement. Je n’ai pas besoin pour cela d’imaginaire consolateur, de prouesses intellectuelles ou de psychose ; la volonté suffit — pour que nous fassions Ta Volonté (12/4).
Qu’est-ce qui mettra fin à la Genèse ? Le Bien revenu ! Qu’est-ce qui freine le Bien ? L’homme, sa socio-culture, son égoïsme, son atonie, sa peur. Je dois alors viser à tous les dépassements possibles en Bien, même si je ne suis pas toujours sûr de ce que j’envisage.
Toutefois, ce n’est qu’avec lenteur et progressivité qu’on achèvera et quittera la Genèse. Impossible de quitter la caverne (cf Platon) à laquelle s’enchaîna Adam autrement qu’en tâtonnant. Entre autres lourds gauchissements des conditions de vie que l’homme s’est infligés se distingue le temps (Signe 12/6). Le temps a rendu lent tout changement et a fait que rien de vrai et efficace ne vient plus tout de suite à l’esprit. On tâtonne, on trébuche dans l’ascension toujours difficile du Bien. Le Bien n’a pas de sommet parce que toujours inatteignable ; il est toujours la Vie, le Père, le Saint. Il est le Bien inaccessible parce qu’il ne cesse pas de monter, de s’étendre, de s’étaler (ii/4) et qu’il n’atteint jamais de paroxysme, parce qu’il n’en a pas. Le Bien sur Terre c’est déjà ce qui ne se vend pas, ce qui ne résulte pas de lois, de modes de vie, c’est ce que ne peuvent donner ni la religion ni la politique, ni la morale. Le Bien est besoin inné de l’homme comme il est Besoin inné et éternel de son Père. C’est cet illimité et immensurable Bien qui échappe à toute description et qui, entre autres mystères, fait que ce qui se passe après la mort reste totalement inconnu, inénarrable. C’est l’illimité et immensurable Bien qui fait que Dieu, Réacteur permanent du Bien, est tout à la fois l’Éternel Fugitif et l’Éternelle Vie.
De même que l’homme cultivé est celui qui a le goût et le temps de se cultiver, l’homme spirituel exponentiel est celui qui a la volonté de se dépasser dans le domaine de l’amour, qui est créateur. On n’est plus là dans le Bien à usage interne de l’aimant minimal, mais dans le Bien à usage externe de l’aimant maximal.
Le P(p)èlerin d’Arès est un actif, un co-créateur. Intellectuellement il n’est qu’une sorte d’agnostique.

« L’agnostique dit : La Création peut être comprise comme l’insertion de la durée dans les chaos… La Bible elle-même peut s’interpréter dans ce sens car elle en parle en termes voilés : La terre était informe et vide,  les ténèbres survolaient l’abîme (chaos de la matière) et l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux (durée qui y apporte l’ordre) [Genèse 1/2]. Le commencement n’est possible que parce qu’il y eut un soir et un matin, le premier jour [Genèse 1/4]. Le lendemain il y aura un deuxième jour ; le surlendemain un troisième et ainsi de suite. Ainsi de suite c’est Dieu, car créer c’est faire succéder. »
Emmanuel dans « Pour commenter la Genèse ».

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