Le Père s’exprime comme le Petit Poucet sème ses cailloux. Qui les voit ?
On croit qu’il suffirait que Jésus apparût et parlât, puis que le Père Lui-même s’exprimât et qu’alors oust ! chassées seraient toutes les vieilles marottes ! « Mais non, mais non ! »
Les yeux du siècle sont ceux de milliards d’ogres incapables de voir les cailloux du Petit Poucet. Les idées restent collées aux clichés comme l’égarement reste fatal dans la forêt profonde.
« Nous n’avons pas de dogme, pas de chef, pas de loi, pas de prière imposée, chacun de nous aime, pardonne, est libre de tous préjugés ; nous ne sommes pas une religion, » dites-vous au quidam de rencontre et c’est vrai. Or, il vous répond : « Mais vous croyez en Dieu ! Vous êtes une religion. » Vous répondez, croyant triompher : « Non, nous ne sommes même pas obligés de croire en Dieu (Signe 28/12). » Baste, gros malins ! Il arrivera toujours un moment où le quidam nous demandera quelque chose comme : « D’où vient Le Signe ? » et nous devrons répondre : « D’un événement surnaturel. » Alors il nous enverra un : « Vous voyez bien que vous êtes une religion ! »

Le chat voit-il un photographe ?
Non, il ne fait que penser, « Tiens, un bipède ! »
Photo : Manja Vitolic (Unsplash)
Le Vrai et la Vie sont comme les cailloux du Petit Poucet imperceptibles au tout-venant.
Nos espérances sont réduites à une religion, parce que nous n’acceptons pas que soit vide l’Invisible, étroit l’Infini, que soit enterré l’amour du prochain, que nous apportions une réponse au nihilisme métaphysique et parce que tout ça reste indécrottablement religieux pour le commun de la rue.
Apôtres, nous parlons de revenir du mal au bien par l’amour, le pardon, la paix et l’intelligence du cœur libre de tous préjugés, mais nos auditeurs sentent tôt ou tard que nous tenons ces mots et les idées qu’ils désignent d’immatériel Esprit ou Souffle et là, nous sommes cuits dans la bonne vieille cocotte, où mijote depuis l’antiquité le même mironton, la religion. Comment expliquer sur l’instant qu’on peut être croyant sans être religieux, prier sans être dévot, être relié au Créateur sans être mystique, certifier qu’existe la vie après la mort sans être cul-bénit ? C’est encore impossible, mais ça viendra. Pour l’heure on nous rejette virtuellement comme nos frères juifs ou musulmans rejettent le cochon.
Pourtant de la religion comme des comportements qui s’y moulent nous ne voulons plus. Parce que la religion, quelle qu’elle soit, est système de dogme(s), loi(s), obligation(s), habitude(s), préjugés, culture, parfois hiérarchie ; elle brise les création et progrès continus de soi, qui est le propre de l’humain, image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26). D’un tel carcan Le Signe nous libère. Prier pour nous est aussi naturel que penser, aimer son prochain aussi naturel qu’aimer la chaleur ou la lumière du soleil, mourir est aussi naturel que passer à la Vie.
La brève existence terrestre est le court tremplin, quelques décennies de chair, vers la Vie (Signe 24/5). La chair n’est qu’une étape de la naissance. Chaque humain naît chenille dans les entrailles de sa mère, puis devient cocon — sa vie terrestre — où Dieu ou le Père-Mère, ou la Vie, ou le Tout met à mûrir un de Ses Atomes. Il s’envolera, danaus sublimé, vers la Vie, l’Infini, par la porte qu’on appelle communément mort et que nous appellerons passage, libération, vraie naissance.
Pas la religion, la Vie, c’est tout.
En l’étroite coquille qu’est ce monde le vocabulaire est rabougri, très pauvre, l’horizon de l’homme minuscule, le registre d’idées ridicules, le ciel étroitement logé dans l’exigu œil humain, auquel on met un C majuscule pour le sacraliser. Piètre illusion. Le Père-Mère est en fait aussi naturel que l’herbe des champs. Comment sortir de la triste restriction née des concepts du pauvre Adam ?
Peut-être, par exemple, en dépassant la religion, en disant : « Une religion ? Nous sommes beaucoup plus que ça. Les petits cailloux que le Père a par Le Signe mis dans nos poches pour baliser nos sentiers nous conduisent beaucoup plus loin, à la Vie, parce que la Vie n’a jamais commencé, ne finira jamais, et nous pour des raisons que nous ignorons nous ne sommes qu’un très bref épisode, charnel, de cette Vie.
Peut-être aussi en répondant : « Religion ? Non, c’est dépassé. Pour nous il n’y a pas Dieu d’un côté, l’humain de l’autre, Dieu et l’humain ne font qu’Un. Nous reprenons l’enseignement de Jésus qui était de refaire du monde la patrie de l’amour, uni à l’Amour Qui soude ensemble l’Univers et tout ce qui s’y trouve. Être homme, c’est dans le cœur et dans la tête, ce n’est pas sur des registres, des papiers, des diplômes, des titres, des pierres tombales. »
Des moyens de remplacer la religion par l’amour, il y en a sûrement d’autres.
Le Signe, la Voix du Ciel, parle de retrouver la Vie (24/5), non la religion.
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© Michel Potay 2019 — Tous droits réservés


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