Réseaux Hertziens de France.Radio France et France Télévision financées par nos impôts nous sont inaccessibles. Pas une minute d'antenne ne nous a été accordée en 45 ans. Par là aussi nous sommes des oubliés. (Source : data.gouv)

Réseaux Hertziens de France.
Radio France et France Télévision financées par nos impôts
nous sont inaccessibles. Pas une minute d’antenne ne nous a été accordée en 45 ans. Par là aussi nous sommes des oubliés.
(Source  : data.gouv)

YouGov, société internationale d’étude de marché basée sur Internet, donne comme résultats de ses sondages en France  : Le 30 novembre 2018 83 % des Français et le 11 janvier 2019 74% des Francais trouvaient justifiés le mouvement des Gilets Jaunes. Il y a donc beaucoup de sympathisants des Gilets Jaunes. C’est un courant de mécontentement à revendications multiples  ; dans ce courant il me semble opportun de lancer nos radeaux.

Les Gilets Jaunes en général demandent un meilleur sort matériel, rejettent les politiciens incapables de le donner, de sorte que leurs revendications restent politiques, limitées. Nous ne leur reprochons pas, mais nous regrettons l’insuffisance de leur vision, le fait qu’ils ne rejettent pas la civilisation des systèmes, qu’ils ne cherchent pas à changer de vie (Signe 30/11), à élever l’homme au-dessus du matérialisme et de la loi du talion, lui redonner sa liberté, son génie. Voilà le dilemme pour des Pèlerins d’Arès apolitiques et à l’écoute du Sermon sur la Montagne  : On ne peut servir la Vie (Dieu) et le Matérialisme (Mammon)… La Vie est plus que la nourriture… (Matthieu 6/24-25).
Cependant, frères des Gilets Jaunes, nous devons agir comme recourant nous aussi à Mammon, mais de telle façon qu’un Jour (Signe 31/8) nous atteignions l’idéal du Bien en incitant la société à passer matériellement par la meilleure porte qui puisse s’ouvrir sur l’idéal du Bien  : La reformation de la France en petites régions souveraines confédérées, parce que la pratique du Bien (amour, liberté, vraie démocracie) à la place de la loi ne peut vraiment se faire que dans des petites unités humaines où les hommes se connaissent bien.

Depuis le XIXème siècle les théories évolutionnistes situent tous les peuples du monde sur une unique ligne de développement allant de l’individualisme à l’étatisme, c.-à-d. à la nation-masse obéissante sous une seule autorité politique et sa loi, une uniformisation considérée comme inévitablement planétaire des institutions politiques, du légalisme, des infrastructures économiques et des lignes philosophiques. On a cru et déclaré que c’était le seul schéma général capable de donner la paix et le bonheur. Erreur  ! On découvre que les hommes sont restés très divers. On voit rejaillir inconscient un besoin de dignité, d’individualité, de liberté, un besoin certes instinctif, non formulé, n’osant trop sortir des idées à la mode, qui s’habille d’un gilet jaune et qui, parti d’une protestation contre la surtaxation des carburants, se montre maintenant très diversement moral, philosophique. Pas plus qu’autrefois il ne fut humain de « civiliser les colonisés à coups de fusil » (Camille Pelletan, député de 1881 à 1912), il n’est humain de faire marcher et contrôler de nos jours un peuple à coups de lois appliquées à tout le monde « en bloc », comme dit notre frère Éric D. sur une affiche.

Panneau préparé par frère Thierry Ms.pour la manif des Gilets Jaunes à Lyon.

Panneau préparé par frère Thierry Ms.
pour la manif des Gilets Jaunes à Lyon. [DR]

Il n’est pas plausible que la parole libérée des Gilets Jaunes soit bientôt entendue par des élus aux projets jacobins, centralisateurs, légalistes. Les Gilets Jaunes peuvent vite obtenir quelques miettes pour grossir leur pain quotidien, c’est bien, mais ils s’en fatigueront sans tarder, parce que rien de fondamentalement humain ne peut renaître d’un mouvement social qui d’épisodique et limité ne deviendrait pas durable et extensif. Un échange de vues constructif n’a pas de sens entre une humanité « réflexive sur soi-même », disait Fénelon, et un pouvoir inflexible par nature, serait-il révolutionnaire, s’il ne fait pas lentement peau neuve et n’assouplit pas peu à peu une pensée depuis longtemps durcie comme cuir. Le « je pense, donc je suis » cartésien n’a de sens que si la pensée est souple, vivante, créatrice.
La surdité est la conséquence de la politique, quand les élus qui contestent les Gilets Jaunes ont la conviction profonde qu’eux seuls voient clair et qu’il faut suivre les us « républicains ». La grave sècheresse de vision et le jingle des politiques, bêtes ou intelligents, impérieux ou gentils, depuis des temps immémoriaux marquent le discours des réglemen­tateurs. Emmanuel Macron qui, quoique jeune, ne voit pas qu’il a les pieds pris dans les strates fossiles, ne fait que défendre la place que lui a donnée le système électoral  ; il objurgue contre les Gilets Jaunes les appelant « forces du monde ancien », ce qui ne veut rien dire. Ancien peut signifier périmé, vaincu, ou désigner un très lointain bonheur oublié mais récupérable. Ce qu’Emmanuel Macron croit un mal est en réalité un bien, une ancienneté noble, digne, celle de l’homme fondamental, sage, libre, patient, qui ressurgit. Ici commence l’abîme, dont personne ne peut dire qui le comblera sauf des hommes bien avisés, dont les Pèlerins d’Arès qui savent que la pénitence, le lent retour au Bien prescrit par Le Signe, effectuera ce comblement. Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2).

Les Français donnent leurs opinions sur l’ISF, l’allocation-chômage, la laïcité, la politique migratoire, etc., semblant ainsi affirmer que l’intelligence collective vaut mieux que celle des technocrates, mais il ne s’agit là que de points circonstanciels, pas de Fond. Ce que beaucoup d’entre eux veulent sans le dire, parce que c’est indicible en termes administratifs et même en termes scientifiques, c’est le bonheur. Ils ressentent sous leur gilet jaune cet inexprimable émoi, face auquel les poètes eux-mêmes sont sans mot, cet indescriptible émoi naturel que ressentent parents et enfants, époux et épouses, amants et amantes, en s’étreignant. Oh  ! si vous leur dites ça, ils protestent, parce qu’ils mettent encore leur fierté dans la rationalité. Mais moi je vous dis que ce qu’ils cherchent c’est l’intense vie. C’est pour ça qu’ils s’activent à défiler, porter des pancartes, voire casser ici et là. Le problème du Gilet Jaune est le même que celui du politique auquel il s’oppose, c’est l’incapacité à retrouver la profonde réalité de l’être. À la différence du politique, toutefois, il cherche en s’agitant, en criant, en cassant quelquefois, quelque chose d’enfoui que seule la pioche de son cœur peut déterrer et que ne peuvent ou ne veulent voir ni les pouvoirs ni leur police.

Non seulement, comme c’était à prévoir, le gouvernement, les grands partis et syndicats, autrement dit ceux qui fabriquent l’opinion noyautent déjà les Gilets Jaunes et faussent la plainte initiale des oubliés, mais de toute façon aucun débat sur le référendum IC (d’initiative citoyenne), aucune des revendications sociales ou salariales ne résoudra la question du bonheur, parce que — c’est le message central du Signe —, la solution ne sortira pas d’une décision politique législative, mais de la pénitence de chaque individu concerné. Bref, il y a cent raisons pour que la France qui va de l’avant, qui veut changer sa vie (Signe 30/11) et la France qui trône sur la loi et l’autorité ne s’entendent jamais sur ce point aussi longtemps qu’il s’agira de 67 millions d’habitants. Il faut faire éclater la France, et plus tard le monde, en petites souverainetés confédérées. M. Macron fit, dans ses discours électoraux, la promesse d’apporter une « révolution », un  mot dont il avait fait le titre de son  livre-programme, mais il n’ira jamais jusqu’à faire de la République une Confédération. La route à parcourir jusque là sera donc longue  : Quatre générations ne suffiront pas (24/2).
Alors, allez-vous demander, si le mouvement des Gilets Jaunes doit échouer, à quoi nous sert-il de le suivre  ? Je réponds  : Parce que, dans la course au bonheur, le Créateur, donc notre Assemblée, a la solution la plus importante, pour simple qu’elle soit, à proposer. Aussi, pour l’heure, se mêler aux Gilets Jaunes nous permet d’être un peu mieux connus, nous les grands inconnus, et d’apporter notre pierre à un mouvement parti des profondeurs de l’humain. Cela nous permet une petite avancée. La locomotive qui tirera le monde hors du péché et lui permettra de sortir du tunnel, d’arriver à la Lumière, c’est nous, mais le rail à suivre est très long. Nous sommes encore dans le noir du tunnel, une petite avancée vers la Lumière ne peut pas nous faire de mal. Commencer d’inciter les gens à l’amour et à la liberté, également de répandre l’idée de faire éclater la France en petites souverainetés à l’instar des Cantons de la Confédération Helvétique, est nécessaire. Ces idées feront peu à peu leur chemin. N’oublions jamais que c’est seulement dans des petites sociétés que la pénitence pourra un jour être vécue populairement et redonner le bonheur à l’humanité.

Commentaires et réponses d’origine
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.

© Michel Potay 2019 — Tous droits réservés