Les puissants rient, mais les gouvernements de ce monde
sont dépassés et s’enfoncent dans l’erreur et l’incompréhension.

Photo : Pete Souza (Domaine Public, Wikimedia)
Je réfléchis sur les 302 commentaires de l’entrée 150 « politiser notre refus de la politique ». Je ne trouve pas d’opportune direction politique à donner à notre mission, parce que parler anti-politique est encore parler politique.
C’est seulement en demi-teinte, en attendant mieux, que nous exprimerons notre irrévérence envers la politique.
Dans notre France si riche « nous serons tous ruinés dans dix ans », dit Jacques Attali. Être ruiné d’argent n’est pas le plus grave. Être ruiné de vie spirituelle est grave. Toutefois, les ressorts de la renaissance spirituelle existent tandis que les ressorts de la croissance économique sont cassés. En France l’industrie disparaît ; le chômage s’accroît ; la société n’a plus d’avenir. Puissent les extrémistes ne pas surgir, car ils croient tout réparer mais finiront de tout mettre sens dessus dessous.
Les chefs d’état et de gouvernement comme les chefs de religions discourent et gesticulent sans efficacité. La politique de plus en plus aveugle persiste dans son entêtement — Il faut dire que le pouvoir est très tentant ; il satisfait l’orgueil et se verse de bons salaires.
Il faut passer à autre chose.
Rien n’est possible sans une action déterminée. Cette action, c’est le plan du Signe : le démodelage culturel et la retrouvaille de l’individu avec lui-même par la pénitence. En sortant du péché il sortira de la crise morale, sociale et politique. Il brisera les tensions sociales par l’amour du prochain et le pardon des offenses. Se faisant libre de tous préjugés, il trouvera lucidité totale et liberté réelle. Il évitera ainsi une nouvelle révolution, qui changerait les pouvoirs sans rien résoudre, et il changera le monde.
La politique s’accroche, mais ses dirigeants ne comprennent plus le monde, sont coupés des réalités ; les vieilles grilles d’analyse sont devenues inopérantes, parce que la crise est d’abord une crise de l’homme, une crise ou un bond en avant ontologique, que la science elle-même ne voit pas, parce qu’elle est devenue une religion. Nous Pèlerins d’Arès avons commencé d’accomplir le Dessein du Créateur. Nous sommes encore peu nombreux, faibles et lents dans la pénitence, parce que nous sommes dans le temps — Dieu seul est hors du temps (Signe 12/6) —, mais assez courageux et déterminés pour changer nos vies (30/11).
Le Créateur a choisi un moment de l’Histoire où le changement peut réussir s’il commence maintenant. Le monde s’est modifié : il est maintenant conscient de sa totalité, ouvert et mobile, alors que nous sommes comme individus encore soumis à une bureaucratie stagnante, arriérée, dépassée, nationale ou mondiale, religieuse et/ou politique selon les pays, qui nous enchaîne à des raisonnements surannés et ne nous propose que loi et « normalité » sous lesquelles elle étouffe elle-même. Emil Cioran, le philosophe franco-roumain disait : « L’homme est un animal surmené… Les gens normaux laissent les choses en l’état ; ils se bornent au présent et s’y installent sans regrets ni grandes espérances. » Hélas, ce sont nos dirigeants — « Je serai un président normal, » disait un candidat en 2012.
Les révolutions n’ont pas servi à grand chose. Comme les idéaux révolutionnaires ont tous été déspiritualisés, ils se sont vite usés et ont perdu leur sens. C’est le doute et le rejet de l’autre, voire de soi-même, qui l’emportent ensuite. Si les hommes se cachent maintenant derrière leurs souvenirs, leurs acquis et leurs privilèges, c’est parce que l’avenir est totalement bouché. Nous pouvons le déboucher.
Il est temps de montrer du doigt le nouvel horizon. Notre pénitence le dessine. Il est possible de tout changer sans dommage, sans larmes, sans tragédie, lentement, mais ici et maintenant.
Ne pas voir qu’il faut sortir du cadre socio-politique tel qu’il est encore conçu, ne pas changer l’homme, c’est condamner l’humanité à finir dévorée par la Bête (Signe 22/14).
L’homme doit embrasser l’infini, renouer avec l’aventure spirituelle et le besoin de grandeur que satisfait la pénitence. Le Père nous envoie au nouveau Champ, le champ des possibles heureux. Il ne nous fait pas seulement rêver, il nous envoie à une réalité pure, certes difficile, mais au bout de laquelle peut reparaître le Jardin d’Éden.
La vie moderne se réduits aux sens. Bas ou hauts, ils ne sont que sens, merveilles provisoires mais meurtrières à la longue, les sens sans spiritualité d’abord enchantent, puis empoisonnent et tuent. Gandhi vers 1889 découvrit la vie spirituelle dans ces versets de la Bhagavad-Gītā : « Quand l’homme s’arrête aux (seuls) sens, ils l’attirent ; de l’attrait sort le désir, du désir la colère, de la colère l’égarement, de l’égarement la confusion, de la confusion la déraison et de la déraison il meurt (ch 2, v.62-63) (M. K. Gandhi « Mes expériences de Vérité »).
Dans Le Signe cette mort est l’extinction terminale appelée péché des péchés, à quoi nous mènent gauchistes, droitistes, centristes, tous les politiciens, dont aucun ne partage notre concept de l’homme.
couter une présentation audio de cet article par Michel Potay (enregistré initialement au format vidéo avec sa fille Nina) :
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