L’Un,
l’Indonnable donné,
l’Apparu, le Parlant,
le Parlant à l’homme qui s’était éloigné
pour le ramener à Ton
Image
et à Ta ressemblance qui le sauvent.
L’homme que Tu honores ici, sa
pénitence veut T’honorer.
Agrée-la !

(Photo : Derek Sears, Unsplash)

Photo : Derek Sears (Unsplash)

Depuis trente-sept ans je prononce cette prière chaque fois que je m’agenouille où se dressa le bâton de Lumière d’où sortit la Voix (Signe vii/5) en 1977.
Dieu, je ne sais pas ce qu’Il est ; je sais seulement ce qu’Il dit.
Toute ma piété est faite d’extraits de la Parole — prononcer Ma Parole pour L’accomplir, voilà la vraie piété (Signe 35/6) —, à part cette prière-ci, la seule de ma composition, parce la Parole ne dit presque rien de Dieu. Il ne se décrit pas, sauf quelques bribes à propos de son incorporalité : Pas de poumon dans Moi (Signe ii/20), ou de son infinitude : De Ma Main à Ma Main Je cours… et Je fais mille soleils  (xxii/10-12). Mais depuis qu’Il se manifesta devant moi j’éprouve le besoin de redire comment je Le ressens faute de pouvoir dire ce que J’En connais.
Que dire d’autre de l’inexplicable Infini, sans visage, sans forme, sans dimension, sans rien pour Le décrire, Le comprendre, Le comparer, Qui peut aussi se réduire à un clou (Signe ii/21) ?
Dieu n’est pas le géant barbu qui plane au plafond de la Chapelle Sixtine. Il est peut-être le « Dieu personnel » de nos frères juifs et chrétiens, puisqu’Il parla personnellement à Abraham en 2000 av. J.-C. et me parla personnellement, en 1977 à Arès, mais Il dépasse ma capacité cérébrale de Le concevoir. Je le concevrai peut-être mieux, quand je n’aurai plus de cerveau, mais de cela je n’ai aucune certitude.
Dans « Sur la Route » de Kerouak un gars, Neal, appelle pulse (pouls en anglais) quelque chose de surnaturel en musique. « C’est quoi,  la pulse ? » demande Jack. Neal : « Alors là, c’est l’im-pon-dé-rable. Le saxo démarre, déballe ses idées… Il souffle et soudain au milieu du chorus il attrape la pulse… il la tient, le temps s’arrête, tout le monde lève le nez, il remplit le vide avec la substance de notre vie… Il souffle pour passer tous les pont et revenir… avec un feeling infini… Ce qui compte, ce ne sont pas les notes, c’est cette pulse. »
De même dans la prière, les mots comptent moins que cet indéfi­nissable lien avec le Créateur. C’est aussi inexplicable que Lui. On sent mieux ce qui se passe chez l’homme en prière quand il a l’honnêteté d’avouer : « Dieu, je ne Le vois pas. Je ne sais pas s’il m’écoute. » Cet homme-là ne peut que s’abîmer dans un sublime indescriptible. Les jeunes dont je m’occupai fin 2012 et début 2013 à Paris comprirent cela très bien.
Impossible d’imaginer l’Étalé (Signe ii/4) dans l’univers sans limites se réduisant à des mots passant entre les lèvres humaines : La bouche d’homme J’entre dedans, Je serre, Je serre comme le clou, me dit-il (ii/21).

Les grandes religions voient Dieu comme Celui qui fait vivre et qui fait mourir, qui juge et qui sauve ou maudit.
Le Signe dément ces croyances. C’est Adam, l’homme donc, l’inventeur du mal et de la mort qui a voulu le vêtement d’os secs et froids pour attendre Dieu au creux de la terre (Signe 2/5).
Dieu ne juge pas. Un juge réunit et examine tous les faits d’un procès. Dieu agit tout autrement. Il dit : S’ils (les hommes) ne pèchent plus, Je ne me souviendrai plus de leur passé… ils sont des hommes du temps qui vient (30/13). Si l’homme acquiert adresse et goût (du Bien), fournit l’effort d’achever son œuvre (de Bien) le Roi lui gardera son âme pour voile pour qu’il rejoigne la Flotte Céleste (17/4). C’est toujours l’homme qui fait son destin sur terre et au-delà. L’homme emporte dans la mort ce qu’il a été dans la vie, son bien ou son mal. L’idée de jugement au sens juridique du terme n’existe pas dans le Royaume.
Dieu n’est pas le juge, mais le Père, qui se qualifie même de trop aimant (Signe 12/7). Par Tribunal 5 il désigne la conscience de son enfant, parce que l’enfant est l’image et ressemblance (Genèse 1/26-27) du Père ou de la Conscience absolue.
En prière vous êtes cette Conscience duelle, vous êtes homme et Dieu.
Le Signe n’est pas le cahier d’ordres de Dieu à l’homme, mais un florilège de Conseils du Père à l’enfant pour qu’il vive… vive… VIVE. C’est, sous des accents de sévérité, un immense Livre d’Amour, dont l’axe est le verset : La Vérité, c’est que le monde doit changer (en Bien, 28/7).

Écouter une présentation audio de cet article par Michel Potay (enregistré initialement au format vidéo avec sa fille Nina :

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