La croyance, ferme ou vague, en l’hypothèse que la vie corporelle de l’homme n’est qu’un passage et que « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme » (Anaxagore, Lavoisier) et que donc existerait autre chose après la mort est répandue sur toute la Terre. Chaque religion enseigne la façon dont, selon elle, se fait le passage de la mort à une vie au-delà.
Mais il y a tant de religions professant des doctrines disparates de ce passage  ! Les chrétiens pardonnent leurs ennemis pour aller au Ciel  ; des musulmans les massacrent en criant « Allahou akbar ( ٱللَّٰهُ أَكْبَ ) »  ; les hindouistes attendent le bonheur de la réincarnation  ; aux juifs Qohélet (9/4-5) dit  : Un chien vivant vaut mieux qu’un lion mort. Les vivants savent qu’ils mourront, mais les morts ne savent rien du tout.
Qu’est-ce que la foi  ?
La foi est lucidité  ! Elle n’est pas une affaire de paradis, d’enfer ou de purgatoire  ; elle n’est pas une construction ésotérique  ; elle n’est pas un conte de fée. Être lucide, c’est se contenter du peu qu’on peut savoir.

Je prie intensément depuis que j'ai reçu Le Signe.Ici en 1994 dans la nature. En fait, je ne fais que répéter inlassablement les Paroles de Jésus et du Père, car je ne Les vois plus depuis 1974 et 1977 et je sais que personne n'est obligé de me croire. Seule la foi active ma mission.

Je prie intensément depuis que j’ai reçu Le Signe.
Ici en 1994 dans la nature. En fait, je ne fais que répéter inlassablement les Paroles de Jésus et du Père, car je ne Les vois plus depuis 1974 et 1977 et je sais que personne n’est obligé de me croire.
Seule la foi active ma mission.
© Christiane et Nina Potay

La foi est la seule virtualité de la pensée prévisionnelle, le seul saut possible par-dessus temps et matière, le seul moyen de rendre possible l’impossible, du  recevable à l’irrecevable, même si l’on ne perçoit rien de l’insensible, de l’immesurable, de l’invisible, de l’avenir.
Le Signe ne parle de la survie post-mortem qu’en métaphores  : Bouche de la Vie (24/3-5), bonheur (36/23), Jour (31/8) du Père, sans précision. Pourquoi cette absence de développement  ? Parce qu’il est vain de parler de l’incompréhensible à nos cerveaux, qui certes peuvent faire beaucoup mieux que des cerveaux de souris, mais qui sont des cerveaux de souris face aux antiques fantastiques possibilités du cerveau d’Adam avant sa chute. Le péché nous a rendus bigleux et obtus. La foi est notre canne blanche.
La foi prit naissance comme compensation après que la race d’Adam eut effacé ses souvenirs d’Éden d’autant plus vite et totalement qu’elle ne l’avait probablement pas aimé. La foi seule aujourd’hui encore peut évoquer l’invisible et l’insaisissable, tout ce qu’on ne voit ni n’expérimente plus. Même si la foi erre plus ou moins au hasard, affabule souvent, je ne peux pour ma part voir les matérialistes rationalistes étroits que comme des lâches, qui se dissimulent derrière une porte dont ils prétendent qu’elle serait la seule ultime limite de l’existant et qui prétendent avec force que derrière cette porte il n’y a qu’invention ou rêve. Ils ne croient pas que l’intuition est souvenir.
La foi se passe de preuves scientifiques. Elle se manifeste dans le sillage de la Vérité absolue, qui dans Le Signe est future (28/7)  ; elle  n’est pas à portée des lunettes, des microscopes, des manomètres, etc. « La Vérité totale n’est donnée à personne » (« Nous croyons, nous ne croyons pas », Le Signe édition 1995, p. 722), la Vérité n’appartient qu’à l’intelligibilité et à la palpabilité spirituelles. De ce fait, la foi  est tellement riche qu’elle n’est jamais vraiment la même d’un individu à un autre, même d’un P(p)èlerin d’Arès à un(e) autre, parce qu’elle épouse les innombrables formes de l’intuition.

Nous avons récemment entendu des propos péremptoires qui n’étaient, en fait, que des déclarations de foi  : Poutine déclare la guerre à l’Ukraine en ayant foi dans le bien fondé de ses préoccupations personnelles totalement inverses de celles des Ukrainiens, et foi dans une suite d’événements qu’il a conjecturés, mais qui se déroulent tout différemment. Douze candidats à l’élection présidentielle en France. Leurs convictions ne sont que déclarations de foi en une suite d’événements qui ne se produisent pas comme ils les espéraient. Même l’élu ne peut savoir ce que sera demain et ce qu’il fera. Autrement dit, la foi nulle part n’est réalisée comme un fait scientifiquement démontré et pourtant la conduite des nations n’est basée que sur elle. Il résulte de ce constat qu’on ne peut envisager l’avenir qu’avec foi.
Ceux qui se moquent de la foi des Pèlerins d’Arès devraient d’abord douter d’eux-mêmes. Croire en Dieu ou en des « lendemains qui chantent » ou douter de tout dans l’inverse conclusion des désespérés  : « Tous pourris  ! », « À mort les Juifs, les Musulmans, etc. » ressort de la même incertitude, parce que tout se construit indéfiniment  ; la construction n’est jamais finie.
C’est la grande leçon du Signe. L’incertitude est un obstacle que l’hommee doit franchir s’il veut devenir saint comme le Créateur est saint (Lévitique 20/27), car la foi est la seule vague d’étrave de la Vérité.
La vie est noétique, presque entièrement faite des incertitudes de la vie psychique. Quels sont les rapports entre les prodigieuses apparitions surnaturelles de 1974 et 1977 et la vive résistance qui leur opposent des terriens  ? Cette question, qui n’a jamais cessé de me poursuivre depuis un demi-siècle  ; elle revisite ma foi presque chaque matin. Je ne peux qu’évaluer sans certitude les enjeux psychosociaux qui résultent de mon témoignage, qui à l’évidence obture le passage entre les faits que j’ai vécus et les faits que le monde vit.
Ma seule force est dans ma foi. La seule force de mes frères et sœurs P(p)èlerins d’Arès est dans leur foi. Pour finir, trouvons-nous l’équilibre mental dans cette affaire  ? Oui et c’est un équilibre précieux, car la foi seule comme simple choix ne suffit pas — Adam choisit simplement d’être pécheur et ce fut sa chute (Signe 2/1-5) —  ; la foi ne fait ni le prophète ni l’élu (28/1), car aucun de nous, faucon ou oisillon du faucon (xLv/14), ne peut prétendre qu’il soit suivi par tous les gens de rencontre, et aucun de nous, vivants, n’est encore mort et ne peut affirmer qu’il est un pénitent suffisant et qu’il a une âme ni où va cette âme ensuite, et ceux des nôtres qui sont morts ne reviennent pas nous raconter le sort qu’ils ont ailleurs.
La foi, qu’il ne faut pas apparenter au rêve, permet à l’homme de trouver son extraordaire puissance inventive, d’anticiper l’indescriptible miracle du Séjour (Signe 2/10, 20/4, 33/18, etc.) auprès de la Vie (24/3-5). Elle est le moteur nécessaire et infatigable de l’évolution, dans tous les domaines  ; dans le domaine de l’entreprise terrestre, mais plus encore dans celui de l’exploration spirituelle. Je ne crois pas qu’il y ait une découverte ou une invention fondamentale, une œuvre majeure ou une évolution heureuse, qui vienne de et à l’homme seul. ll y a toujours une invisible assistance ou impulsion du dehors — je dirais pour ma part de la Vie — en est la cause première de toute création. Un être surnaturel qui, je crois, est Jésus de Nazareth vivant indéfiniment, m’apparaît en chair et en os et me parle en 1974 puis disparaît  ; après quoi, une beaucoup plus impressionnante Puissance, physiquement incorporelle mais sonore, me parle en 1977 avec une éloquence concise. L’Événement n’est pas impartageable, puisque je l’ai relaté, mais il est anionique et par là incroyable, parce qu’il appartient à un type d’expérience quasiment disparu depuis la péché. Étant incroyable, seule la foi peut le faire subsister. Mais cela est vrai pour quantité d’événements qu’on classe comme matériels. Pourquoi Archimède fut-il Archimède, Mozart Mozart, Einstein Einstein  ? Pourquoi mon concierge ne les vaut-il pas  ? Mon concierge a le même cerveau, mais les merveilleux javelots d’or du Ciel ne le transpercent pas et je ne sais pas pourquoi. C’est tout.
Mais ne nous voilons pas la face devant le problème que pose la foi vue comme — supposons — les vingt-huit pièces du  jeu de dominos, parmi lesquelles il n’y a qu’un seul double-six. La foi n’a, parmi de nombreuses formes, qu’une seule forme de Bien. Quantité d’humains ont foi en leurs cultures, leurs idées, leurs espérances spécifiques et vont jusqu’à emprisonner, dépouiller, égorger, décapiter au nom de leur foi tuer au nom de leur foi comme les ḥašašyīn (en arabe حشاشين, d’où vient le mot « assassins »). La foi pose un problème très aigu, que le monde devra résoudre. Nous ne voyons à cela qu’un seul remède  : la pénitence.
Ayons foi en la pénitence, en l’amour  !

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