Lecteur, s’il te plaît, conçois que je n’appelle pas spécialement P(p)èlerin d’Arès le vivant qui a présentement découvert Le Signe et qui fait, de nos jours, un Pèlerinage à Arès.
N’oublie jamais, lecteur, que les P(p)èlerins d’Arès sont, de ce fait, déjà infiniment plus nombreux que ceux qui forment l’Assemblée issue de notre mission.
J’appelle P(p)èlerin d’Arès tout humain, qu’il connaisse ou non Le Signe, de toute époque antique, passée, présente ou future, de toute région de la Terre, de toute race et culture, qui a changé, change ou changera sa vie (Signe 30/11) en bien et qui a vécu, vit ou vivra selon le Dessein du Créateur rappelé par la Parole d’Arès qui est de ramener toute l’humanité à un unique BienSois un dans toi (Signe xxiv/1).
La foi du Pèlerin d’Arès est sans âge, transcendante, intemporelle, inculturelle, extra-raciale. Cette foi fonde une sociologie spirituelle ou anagogique très déphasée par rapport à la sociologie scientifique universitaire. Ce déphasage, aussi fort soit-il, est encore loin d’être facilement détectable.

Lumière du Ciel unique et pure sur une nature et un humain qui actuellementtend à la complexité, mais que nous ferons tendre à l'unicité. (source : https://www.oum.ru/)

Lumière du Ciel unique et pure sur une nature et un humain qui actuellement tend à la complexité, mais que nous ferons tendre à l’unicité.
(Photo : https://www.oum.ru/)

La vie humaine n’est plus que la nostalgie d’un enchantement ou d’une félicité disparus depuis qu’Adam inventa le péché (Signe 2/1-5, vii/7-13). L’enchantement ne revient que quand le cœur s’arrête et que l’âme s’échappe dans l’espace infini ; il ne reviendra pas dans la chair et dans l’esprit (17/7) aussi longtemps que le monde n’aura pas changé (28/7), parce que même le meilleur des humains sera solidaire du péché tant que règnera le péché, les hommes n’étant qu’Un.
D’où le besoin de vivre en groupe, voire en masse d’humains s’imaginant trouver l’enchan­tement par le nombre. De là la société et la sociologie.
La sociologie est l’observation de la société humaine. L’université enseigne la sociologie scien­tifique, donc matéria­listique et pécheresse, qui considère et tente d’expliquer les comportements de l’humain en société implexe [au sens de Kant], mais qui s’intéresse peu au mental, aux émotions, à la vie spirituelle et pas du tout à la métaphysique.
Le Signe, correctement lue, fait appa­raître une autre sociologie issue d’un immémorial et unique éon — la Vie (Signe 24/3-5) — d’énergie uniciste, qui vise à la remise en mouvements métempi­riques d’une société oubliée dans les abysses du mystère humain, mais toujours vivante. Cette société-là, qu’on peut qualifier d’anagogique, tend à l’Un  — Sois un dans toi (xxiv/1) — contrairement à la société matérialistique qui tend au multiple, à l’hétérogène ; elle tend à l’Unicité, parce qu’elle a la vocation du Bien fondé sur l’amour, qui toujours rassemble. Cette sociologie anagogique se dessine, pour l’heure pâlement, en contrepoint de la sociologie scientifique ; elle tient compte des mentalités et du sens métaphysique des humains, parmi lesquels les P(p)èlerins d’Arès qui sont certainement très caractéristiques et qui évoluent sur un axe à finalité moniste au contraire de la sociologie scientifique à finalité pluraliste.
L’humanité pécheresse est sociologiquement matérialistique. Les P(p)èlerins d’Arès étant pécheurs aussi, sont donc observables sous deux aspects sociologiques, le matérialistique et l’anagogique. Enjambant la longue longue faille, produite à Arès d’un coup tranchant de la Main (Signe xxxvi/1) de la Vie (24/3-5), les P(p)èlerin d’Arès avancent inconfortablement les pieds écartés, l’un sur le bord physique, l’autre sur le bord métaphysique. Cette marche longue mais pas sans fin durera un nombre indéterminé de générations (24/2). C’est tout au mérite de ceux et celles qui s’y engagent.
Un humain anagogiquement social vit, parle, travaille, fait des projets avec d’autres humains tout comme fait un humain matérialistiquement social, mais il le fait sur un axe d’espérance métaphysique de changement du monde (Signe 28/7), c.-à-d. au sens où l’humanité tendra vers l’Un, la Source, la Vie, l’idéale Transcendance par l’amour.
En 1989 le mur de Berlin tombe et deux sociologies matérialistiques, l’américaine et la soviétique se mêlent. Vont-elles vers l’unicité ? Non, elles ne peuvent pas. Trente-deux ans plus tard, la Russie attaque l’Ukraine, massacre les Ukrainiens, détruit leurs maisons ; le matérialisme, ses tenaces complications, ses rivalités, ses rancunes persistent. Tout reste réduit au calcul. Georg Hegel disait que l’oiseau de Minerve prend son envol au crépuscule, voulant dire que la conscience s’active toujours trop tard. Pourquoi ? Parce sans amour du prochain, pas de conscience constante. La sociologie matérialistique est l’étude toujours inachevée d’une décomposition permanente. La sociologie anagogique ou spirituelle sera l’étude d’une recomposition permanente certes très lente, mais qui s’achèvera.

Quelques pensées complémentaires que peut sauter le lecteur pressé :
Pour moi la sociologie anagogique ou spirituelle est la connaissance des interactions humaines sur le long rail circulaire du Bien, qui vient de la Vie et va à la Vie, l’observation de la tension de l’être vers l’Unité ; elle vise à comprendre comment l’homme fonctionne et évolue pour une harmonie uniforme, certes encore et pour longtemps entrecoupée de pannes et de déraillements.
Les Pèlerins d’Arès forment-ils déjà un groupe sociologique anagogique ? À cette question je réponds parfois oui, parfois non. On peut être P(p)èlerin d’Arès et chinois, indien, portugais, eskimo, zoulou ou suisse, un humain du IVe, du XIe, du XIXe, du XXIIe siècle, mais une seule propriété sociologique existe entre les Pèlerins d’Arès du monde et de tous les temps : l’amour et ses dérivés : le pardon, la paix, l’intelligence du cœur, la libération de tous préjugés, même si dans la situation actuelle ni l’uniformité d’espérance, ni l’uniformité de pénitence ne sont encore acquises.
Pourquoi Jésus a-t-il été expéditivement effacé, gommé ? Parce qu’il était un juif déviant ? Non, car le judaïsme avait toujours été fait de déviances. Jésus a été effacé parce qu’inclassable ou indéterminable sociologiquement et parce qu’à toute époque il n’y a rien qui fasse plus peur. La réalité des anges est depuis toujours attestée par toutes les mythologies, religions et superstitions ; les humains parlent des anges, les représentent en image, sculpture de bois ou de marbre, etc., mais ils n’en voient jamais, ils vivent seulement avec l’idée qu’ils existent. Mais qu’apparaisse un ange, un vrai, forcément tout autre que l’ange des prêtres, des artistes, des sorciers, des poètes, des charbonniers et l’on tremble, on crie, on panique, on l’attaque de mille façons. Face à l’inconnu les organisations scientifico-sociologiquement les plus élaborées redeviennent rudimentaires, barbares. « Qu’est ce Jésus qui s’exprime comme un Dieu ? Clouons-le vite sur la croix ! « Qu’est-ce que ce covid ? Une nouvelle peste ? Vite le vaccin ! » Mais le vaccin n’a pas plus effacé le covid que la croix n’a effacé Jésus.
Donc, nous Pèlerins d’Arès n’existons plus tout à fait scientifico-sociologiquement. Mais le monde qu’il nous faut changer (Signe 28/7), quant à lui, existe encore intensément scientifico-sociologiquement ou anthropologiquement et existera ainsi jusqu’à ce que le Jour du Père (31/8) se lève. Or, comment nous, anagogico-sociologiques, pouvons-nous être entendus du monde scientifico-sociologique ? Nous ne cessons pas de chercher le pont entre anagogisme et matérialisme, car même les croyants (juifs, chrétiens d’Église, musulmans) matérialisent Dieu et les fins dernières et il est encore quasi impossible, sauf très brefs éclairs de clairvoyance, de détacher l’humain animal de l’humain spirituel.
Je vais encore employer des mots savants, mais, ô lecteur, crois bien que je ne le fais pas pour avoir l’air savant. Je voudrais ne parler qu’avec mon cœur. Du reste, la plupart des mots savants ont des sens flottants, parfois même incertains ; ne soyons pas admiratifs ! Mais le langage humain, quoiqu’émettant un son grossier, permet de faire quelque peu évoluer la pensée. Or, la pensée est de l’âme la serrure, même grossière et grinçante.
La sociologie et l’anthropologie sont parentes. L’anthropologie sociale, née de l’étude des sociétés dites primitives, a grandi au point de s’étendre à l’ensemble des sociétés traditionnelles, y compris celles du monde industriel. L’étude de la vie contemporaine dans la ville ou dans l’entreprise constitue l’un de ses nouveaux axes de recherche. De ce point de vue, elle a sa place dans la connaissance de la société ; certains veulent même confondre sociologie et anthropologie. Or, ce qui, à mon avis, fonde l’anthropologie, c’est une façon particulière, très intéressante, d’appréhender une même réalité : l’humain. L’approche holiste de l’humain pour y trouver la totalité de la société est possible, mais monographique ; elle contraint l’anthropologue à un résumé de la société nécessairement restreint, tel qu’accessible au regard d’un seul et même observateur. Mais ce résumé suffit pour extraire l’homme de sa version animale et l’entrer dans sa version spirituelle, car l’homme ne peut pas être Un hors de sa version spirituelle — Sois un dans toi (Signe xxv/1) —. Cela ne relève pas de l’opinion ou de la réflexion, mais de l’absolu ; l’absolu c’est « Je crois » ou « Je ne crois pas », point. Le paradoxe de la démarche anthropologique réside en fait, comme le souligne Claude Lévi-Strauss, dans le fait que l’on « cherche à faire de la subjectivité la plus intime une démonstration objective. » Il existe donc bien déjà, sur cette Terre, deux mondes : Celui des lourd et matérialistes, compliqué, et celui des spirituels, subtil et simple.
Disons quelques mots de l’anthropologie vue comme un des recoins sombres de la sociologie vue sous le regard équivoque de Nicolas Malebranche (1638-1715), grand philosophe grandement oublié. Malebranche fut un prêtre catholique français qui osa réunir comme cohérents entre eux Augustin d’Hippone (saint Augustin) et René Descartes, le théologien et le physicien. Malebranche s’efforça d’édifier une métaphysique remarquable appuyée sur l’idée d’une action divine incessante sur tous les fronts surnaturels ou matériels. C’est aussi la vision qu’a de la Vie le Pèlerin d’Arès. Malebranche affirma que l’âme de l’homme était déchue, peut-être même irrémédiablement chez certains, nous permettant trois cents ans après lui de mieux comprendre pourquoi nous devons recréer nos âmes par la pénitence. Malebranche affirma, encore avec justesse, qu’il n’y a chez les pécheurs que des causes de péché occasionnelles (occasionalisme). Malebranche pensa qu’il n’existait rien qui, pensé avec intelligence, ne nous ramenât irrémédiablement à Dieu. Sa philosophie fut ainsi aussi spirituelle que rationaliste. L’unicité (Signe xxiv/1) est l’indiscutable conclusion à laquelle arrive le lecteur attentif du Signe. Il va sans dire que Malebranche fut violemment attaqué par les religieux, les jésuites, les bigots, etc. Il est malgré tout qualifié de « plus grand métaphysicien que la France ait jamais eu » par Étienne Gilson. Malebranche considéra la métaphysique comme le fondement de la foi et du concept de Dieu vu comme Être rationnel ou matériel autant qu’éonique.
L’expérience ethnologique est unique, en ce qu’elle oblige l’observateur à mettre en question ses propres catégories, à s’ouvrir au raisonnement des autres, à les analyser et à les restituer à la compréhension de sa propre société. L’approche monographique et les remises en question, à quoi cette expérience contraint l’observateur, élaborent de nouveaux concepts dans ses divers domaines : religieux, politiques, juridiques, économiques… et spirituels. Mais la critique de l’ethnocentrisme, qui typifie ces catégories issues de la culture occidentale, conduit à les élargir, à les remodeler. Il est même nécessaire de fonder de nouveaux domaines comme l’anthropologie de la pure et simple spiritualité telle que nous, P(p)èlerins d’Arès, la représentons.
Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse toujours obtenir une pure connaissance par la méthode. C’est le cas tout particulièrement de l’anthropologie, dans un moment où sa méthode est exportée dans d’autres disciplines et où, donc, expulsée du lieu même où certains veulent fonder sa spécificité, elle risquerait d’être vouée à sa propre dissolution, ne pouvant prétendre par ailleurs à l’exclusivité de son existence empirique. Ce statut équivoque jette le trouble dans l’esprit de qui ne considère pas qu’au-delà de l’objet empirique se situe un but spirituel central, fondamental, le souci du retour à la Vie.
La connaissance de l’homme n’est acquise qu’à travers les conditions de ses avènements, de ses hésitations, de ses multiples tentatives et cheminements ; cela rend malaisé de définir en quelques lignes l’anthropologie ou la sociologie spirituelle ou anagogique. Par ailleurs, la curiosité que peut susciter cette connaissance de l’homme entretient un rapport paradoxal avec le désarroi qu’éprouvent ceux qui l’étudient devant la difficulté à définir son objet, à fixer ses limites, à savoir qui est qui et qui va dans telle ou telle direction. Nous-même P(p)èlerins d’Arès en ce début du XXIe siècle opposons en nous plusieurs approches principales, l’anthropologie physique, l’ethnologie, la quête spirituelle et par-dessus tout ce que nous appelons la pénitence : la quête de l’amour, dont naît l’âme. Nous formons donc une sorte de mystère pour le monde actuel ; nous-mêmes avons du mal à nous définir quand on nous demande ce que nous sommes en fait. Néanmoins, puisque l’anthropologie ou la sociologie, prise au sens le plus large, est de rassembler dans une perspective globalisante toutes les disciplines étudiant l’homme, nous allons peu à peu définir notre position précise de P(p)èlerins d’Arès par rapport à l’ensemble des projets humains.

Je me relis et cette relecture me fait tout drôle, comme on disait aux jours de ma jeunesse. J’ai l’impression de revenir aux jours lointains de mes études. Cet écrit me paraît suranné. Pourtant, je n’y changerai rien, parce qu’il n’est pas hors de propos. Il y a bien des chemins pour atteindre le ressenti nécessaire au déclenchement de la métaphysique.

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