Il y a maintes variétés d’athées ; la plupart souffrent du mal aigu de la preuve — pas de preuve de Dieu, donc pas de Dieu — ou bien chassent l’idée de Dieu qui les gêne comme on chasse une mouche de son nez. Il y a aussi maintes variétés de croyants, androïdes qui voient Dieu comme le Superandroïde régnant, ordonnant, jugeant, écoutant, parlant, aimant, abhorrant, secourant, récompensant ou punissant.
Or, Dieu est tout autre chose, un infini entrelacs de Fleuves (Signe 35/2-3) dont l’Eau (18/5, 20/1-7, 23/5, i/13-14, etc.) arrose tout de l’incommensurable infini à l’infinitésimale cellule.
« On dirait que le monde est à peine plus âgé que l’art de refaire le monde, » écrivit Paul Valéry à propos de cosmogonie. Valéry voyait bien que les hommes étaient encore ignorants d’à peu près tout… et de Dieu, alors !
La masse humaine ne voit pas la nature du Tout, dont seuls quelques savants immémorés ont, au XXème siècle, entrevu la clé : l’expansion de l’Univers, cet Univers dont le Père s’est fait connaître (Signe 12/4). L’Univers est beaucoup plus que l’existant : étoiles, galaxies, trous noirs, planètes, matière, lumière, rayons, nature, vivants, etc. L’Univers est tout à la fois le créé et le créant (xxii/12). Supprimez une galaxie ! Sa disparition ne rétrécira pas l’Univers, qui restera intègre, nous a appris Einstein, parce qu’il n’est pas l’ensemble physique des choses qu’il contient et des phénomènes qu’on y observe. L’Univers est l’espace-temps raisonné.
Le Père de l’Univers est le Père ou la Raison de l’espace-temps.

L’Immensité
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Donc, l’Univers, dont le Père est notre Père, la Raison d’Être de tout, est malléable, souple, dynamique, et de ce fait sans cesse reconstitué (Signe 12/4). L’espace-temps est un contenant que forge et forme sans fin son contenu, aux apparitions, disparitions, mouvements et aventures duquel il réagit sans relâche.
Au reste, pour la relativité générale d’Einstein l’Univers est l’espace-temps, un infini sac sans contour ni fond sans cesse reformé. L’espace-temps a sa propre histoire, qui est bien plus que l’histoire des étoiles, galaxies, trous noirs et planètes.
Un homme en chute libre ne sent pas son propre poids ; ce fait amena Einstein à comprendre la gravitation autrement que Newton. Ainsi que l’avait vu Galilée, tous les corps tombent à la même vitesse quel que soit leur poids, ce qui signifie que, d’une certaine façon, le gravitation annule la gravitation, comme le dit à sa manière le principe d’équivalence d’Einstein qui dit qu’il y a équivalence entre accélération et gravitation — localement indistinguables —. D’où son équation fameuse permettant de décrire la gravitation :

[DR]
Selon Einstein toujours, l’espace-temps ne se déplace pas, seul ce qui est à l’intérieur se déplace. Selon Friedmann, mathématicien russe, et Lemaître, mathématicien belge, l’espace-temps est en expansion, l’espace-temps a une dynamique propre en somme. Des savants américains montrent que par effet Doppler — teintées bleues quand elles se rapprochent et rouges quand elles s’éloignent — les galaxies semblent s’éloigner de nous, ce qu’ils ont appelé « la fuite des galaxies ». Lemaître, se basant sur la relativité générale d’Einstein, dit : « Faux ! Les galaxies ne fuient pas, elles sont immobiles, mais l’espace enfle, se dilate. Il y a expansion de l’Univers. » La rougeur ne vient pas d’un éloignement mais d’une dilatation ; l’espace temps est dynamique.Autrement dit, Dieu est dynamique. La Vie est coïncidente de l’espace-temps de sorte que, vu de nos faibles intelligences intellectuelles, on ne peut dire si l’espace-temps est Dieu, ou si Dieu est l’espace-temps, ou s’ils forment un composite inanalysable par nos cerveaux pécheurs. Ce mystère enchemise Le Livre (seconde partie du Signe) de façon tangible ; Celui Qui parle n’est pas une Personne, mais une Puissance. Comme cette Puissance est aussi Sainteté (Signe 12/4), Elle ne peut qu’engendrer le Bien et l’Amour. Par Amour le Père va donner à son Enfant (3/5), l’homme, la liberté (10/10), mais l’homme va user de cette liberté pour rejeter le Dessein du Père et créer son propre système de vie, hélas aussi injuste et mortel que juste et vivifiant, terrible situation disjonctive, à laquelle le Père, la Vie, Dieu, l’Éternel (appelez-Le comme vous voulez) par Le Signe et sûrement auparavant par des Appels impubliés ou effacés nous propose de renoncer.
Si l’homme veut retrouver sa vocation génésiaque il doit se remettre en expansion comme l’Univers. Cette expansion est une exponentielle de l’amour sans limite du prochain.
Il y a peu, attablés dans un tranquille bistrot, je m’ouvris à mon épouse Christiane des termes de cette entrée. Christiane, indifférente à l’évocation de l’espace-temps me répondit, la voix minérale, le visage de silex : « Ça n’ajoute rien à ce que je crois. » J’écoute mon épouse, même froide comme la « sainte » de granit d’un calvaire breton (j’aime mieux quand elle sourie, mais il lui arrive d’être autrement et j’en reçois tout autant le message). Je pensai alors, entre deux gorgées de bière, que son impassibilité montrait qu’elle avait réussi le dépassement auquel nous incite la Parole d’Arès, alors que moi non, pas tout à fait du moins. Il m’est parfois encore difficile de faire vivre l’Enfant (Signe 13/5) avec le Père ou la Raison, qui n’est pourtant pas un Superandroïde, difficile d’abandonner complètement les innombrables croyants androlâtres. Non, Dieu caché derrière les nuages ne m’écoute pas avec compassion. Je dois me suffire, parce que je sais que l’Oreille (xxiv/6) du Père n’est autre que ma propre conscience. Le Père m’a créé tout comme Il a créé les indénombrables astres de la galaxie GN‑z11 distante de 13,4 milliards d’années-lumière. S’impose l’équivalence de modestie. La réponse impassible de ma chère épouse me rappela salutairement qu’il est capital de bien se visser dans la cervelle le fait que l’espace-temps et ma conscience, c’est à peu près pareil. L’espace-temps est aussi la conscience de l’Univers. Ipso facto, se faire une image objective de Dieu est impossible ; notre intelligence n’est qu’un haillon, à travers les trous de quoi nous n’y voyons pas, moi du moins je n’y vois pas… grand chose encore..
© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


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