J’ai, sans avoir cherché à La retrouver (Signe 24/5), vu et entendu la Vie (24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26) en 1974 et 1977 et, depuis lors, Elle est venue en moi, qui ne L’ai pas méritée plus qu’un autre humain. Elle est en moi par Amour et murmure en moi sans trêve.

Dieu enseignant (1534).Voilà comme on a longtemps représenté Dieu : un vieux barbu, une sorte d’impitoyable père Noël. En se nommant lui-même la Vie Dieu efface cette ridicule charnalité.
(Bible de Luther, Hans Lufft, Domaine Public, Wikimedia)
Chaque matin au réveil, la Vie me dit : « Je suis en toi et tu dois redonner conscience aux hommes que Je suis en eux. » Je ne suis pourtant qu’un rhinocéros obtus au front bas et plat que la Vérité ne peut hausser ni bomber, parce qu’elle reste hors la Terre dont moi, fils d’Adam(e) (Signe vii/8-16) l’en ai chassée. Je me lève et jusqu’au soir je vaque à cette tâche très difficile parce que depuis longtemps devenue contre nature.
Que suis-je ? Un animal humain, de surcroît amoché par l’âge. Où est mon âme. La Vie n’a encore posé que Son Pied (Signe i/19, xxii/10, xLii/22) dans ma tour de chair. Il faudra plus de quatre générations (24/2) pour que sa Jambe, le Genou, puis son Buste, ses Bras, puis la Tête s’y installent.
Le connu est en ce monde encore inchangé (Signe 28/7) perdu dans des questions sans réponse. Je sais et j’oublie souvent ce que je sais. Douleur de l’antilogie. Et pourtant je peux changer ce monde (28/7) !
L’extrême difficulté des retrouvailles de l’Enfant (Signe 13/5) avec le Père (12/4) est dans le langage. Dieu parle, mais quelle langue ? Notre pauvre loquèle humaine. Son Verbe est abréviation ou dérourante synonymie — vie et Vie —. Et moi je balbutie, faute de trouver mes mots et faute d’avoir une suffisante intelligence (Signe 32/5) spirituelle.
Je ne suis pas Dieu et pourtant je suis Dieu incarné comme n’importe quel humain. Cette antithèse hébète le rhinocéros que je suis. Dieu vit partout mais indistinct et poursuit un Dessein qui, Le Signe en fait preuve, diffère totalement de ce que j’avais cru être vérité et visées divines avant 1974. Cependant, même longtemps après 1974, ma vie diverge encore de la Vie, parce que moi, je suis comme un minuscule et stupide animal encabané dans son cuir tandis qu’Elle est majusculement étalée, subtile et piquetée d’étoiles plus loin même que ce que je crois être une infinie limite. Nos libertés sont égales sur la balance scientifique, mais sur le trébuchet des anges elles dissonent et ça me cause une profonde hébétude. Libertés vraies, mais pas dans le même référentiel.

Tout être est une incarnation du Tout, mais ce concept est encore trop puissant pour ne pas créer dans cette génération de faiblesse immense (Signe 36/5) plus d’hébétude que de clarté.
Quatre générations ne suffiront pas (24/2),
mais notre confiance est totale. Nous gravirons cet obscur sentier jusqu’aux lumineuses Hauteurs (25/4).
Photo : Ri_Ya (Pixabay)
N’être pas Dieu tout en étant Dieu incarné est le dilemme dans quoi se débat l’humain depuis des millénaires et dont la pénitence, au sens qu’en donne Le Signe, peut seule nous sortir.
Le christianisme-système a institué Jésus comme Dieu incarné, paqueté dans la trinité avec le saint-Esprit et le Père. Un abrégement catéchistiquement bon pour attirer le païen et tenir coi le chrétien élémentaire, mais un huis de fer lourd, à peine entrouvert, qui laisse au-dehors le gros de la Lumière.
Or, si Le Signe dit que Dieu a fait de Jésus un Dieu (Signe 2/13, 32/2), c’est pour faire de Jésus le modèle de l’humain pénitent quel qu’il soit, seul ou innombrable, qui redevient l’image et ressemblance (Genèse 1/26) de la Vie. Ce n’est pas le nombre qui fait l’humanité, c’est l’être, qu’il soit un (xxiv/1) ou huit milliards (population humaine au 14 novembre 2022). Tout pénitent accompli (35/6) redevient l’être comme contexture de l’Être ou, si l’on veut, vie comme contexture de la Vie.
Le pénitent s’efforce de pécher le moins possible, de mettre en pratique l’amour du prochain, le pardon des offenses, la paix, l’intelligence spirituelle libre de tous préjugés. La Parole d’Arès appelle cela gravir le sentier des Hauteurs, sachant que les Hauteurs sont l’état de pénitence sous la Lumière (Signe 2/13).
Tout humain, quel qu’il soit, est potentiellement Dieu ou la Vie incarné. Ce n’est jamais un état de conscience éclatante chez le terrien charnel. Ce ne peut pour l’heure qu’être un état d’hébétude heureuse, mais c’est un état de confiance, qui fait germer l’âme.
Par la pénitence passent d’autres façons de revêtir la Vie, inattendues, parfois insensibles à la conscience. Le pénitent doit en avoir conscience. Sa pénitence ou ascension produit un effet d’entraînement qui comme le Vent peut coucher, sans qu’ils le veuillent, des arbres vénéneux et malfaisants. Faute de mots appropriés, appelons grâce cet effet d’entraînement. Pour moi la grâce vient des pénitents autant que, voire même parfois plutôt que… de Dieu. Ainsi, par exemple, Tamerlan ou Adolf Hitler ont pu être touchés par le Vent de Jésus, Mouhamad ou François d’Assise, de sorte que ces tyrans sont malgré eux Un avec nous. De là l’obligation que nous avons d’aimer, pardonner même nos ennemis (Matthieu 5/44).
Il y a des vilenies, renoncements, horreurs, que nous détestons, mais que nous partageons, parce qu’ils sont humains. Le fait de subir ou d’être victime n’annule pas le fait de partager et, ne l’oublions jamais, la Vie partage aussi nos péchés, puisqu’Elle les pleure comme toute veuve partage la mort de celui qu’elle enterre. Le problématique drame du Mal, conçu par Adam(e), est fait de cette combustion commune de tous les bois, ceux de la Terre et ceux de l’Univers. C’est la leçon fondamentale du Signe, le plus beau Feu qu’on ait jamais vu.
Dieu et l’homme, ce n’est pas Lumière et ténèbre. La ténèbre est l’aboutissement du spectre, et si tous les hommes ne finissent pas spectres, tous passent par l’hébétude.
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© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


Sur le bâti matériel
Il existe dans la Bible des phrases ou des passages qui ne peuvent être que des faux ou des erreurs de copistes. Par exemple, quand Dieu est censé dire : Mon esprit ne demeurera pas toujours dans l'homme, car ce dernier n'est fait que de chair (Genèse 6/3). Il est impossible qu'Il ait dit cela à propos de son Enfant, car Il créa l'homme en introduisant Son Esprit Spirituel dans un animal pensant ainsi que le dit Le Signe. Dieu ne peut pas avoir donné à l'humain Adam Son Esprit pour le lui retirer peu après.
L'homme est donc déjà, par lui-même, un bâti matériel : os, tissu musculaire, nerfs, tendons, peau, poils, etc., qui se met à penser, parler, échanger grâce à l'introduction du Souffle en lui, Souffle Qui peut même créer dans ce bâti matériel une âme qui devient immortelle.
Je ne vois pas pourquoi le bâti matériel du cosmos : "cailloux, gaz, roche radioactive", ne pourrait pas lui-aussi être infiltré de la moindre cellule à l'immense infini par le Souffle et ne pourrait ni penser ni parler. Tout n'est qu'Un. [247C1*31/12/2022]
Tout est Un
Oui, Tout est Un, Dieu et nous compris.
On retrouve à l'infini les corps simples qui composent notre propre organisme humain, notre propre système solaire et le vide qui les sépare. Je pense que si autre chose existait dans l'Univers, Dieu m'aurait dit, à Sa Manière que je ne peux pas imiter, que d'autres matières ou flux immatériels existent ailleurs, que d'autres mondes incomparables à notre monde existent.
Mais non, Il m'a parlé comme si ce qu'on trouve à des milliards de milliards de lieues à la ronde était ce qu'on trouve ici. Les chiens ne faisant pas des chats, Dieu Se recrée Lui-même où que ce soit sur l'éon sans limites. Ce qui trompe est l'immensité, l'illimité, parce qu'on imagine mal que sur la vasteté tout soit pareil, parce qu'on hésite à croire que Charles Darwin eut raison de dire que toute vie animale, aussi variée soit-elle, vie humaine comprise, est issue d'une même souche. Il n'existe qu'un seul état d'être. [247C15*03/01/2023]
Sur la métaphysique comme aventure
Socrate, Zénon de Kition, Jésus de Nazareth, Épictère, le jars François d'Assise et j'en passe, étaient certes des métaphysiciens, mais à mes yeux étaient tout autant des aventuriers. Sortir des sentiers battus est toujours une aventure. La métaphysique est une aventure.
La métaphysique est un champ philosophique particulier qui confine à la spiritualité en cela qu'elle aborde avec courage — de là l'aventure ! — les grands mystères de l’univers et de l’existence : l’être, l’esprit, la conscience, la vie, l’origine du monde et de l'Univers. Si l'on n'aborde pas Le Signe dans un esprit métaphysique, on trouve le livre creux, voire même insensé.
Métaphysique signifie "au-delà du physique". La physique observe la nature comprise comme l'ensemble des choses palpables, visibles, mesurables et tout ce qui s'y rattache. La métaphysique observe mais plus encore cherche tout ce qui est au-delà de la nature, invisible, non-mesurable et qui tout en étant au-delà des apparences ou de ce qui est saisissable par les sens a de très fortes chances d'exister.
La métaphysique est donc le domaine de l’immatériel et de l’invisible, notamment le domaine de l’esprit. Elle vise à l'observation du suprasensible qui n'est pas forcément irrationnel, mais qui est fondé sur des idées dont la réalité tombe sous le sens à défaut de tomber sous les yeux. La spiritualité est donc un enfant de la métaphysique, elle lance une quête entre raison et intuition. Elle se fonde sur la raison, mais va au-delà jusqu'à constituer une démarche de transformation et d’élévation personnelles.
La spiritualité, enfant de la métaphysique, se loge dans ce qu’il y a de plus intime au fond de l'humain. Quand Le Signe en parlant de Fond des Fonds (xxxiv/6) pose un problème métaphysique fondamental, essentiel, le problème de la vie face à elle-même et dans son lien avec le Tout, qui peut aussi être appelé Dieu, la Vie, le Père, etc. Tout cela se situe au-delà du temps, de l’espace, de l'éon. [247C2*02/01/2023]
Très difficilement discernable (1/3)
Dieu étant l'englobement de Tout on peut le représenter comme Sainteté, Puissance, Lumière (Signe 12/4), mais très difficilement comme quelque chose de discernable, quoique que nécessairement existant ou très difficilement élémentaire, quoique simple. Ici la métaphysique est antinomique. La métaphysique de Dieu est beaucoup plus difficile à représenter que la métaphysique de l’amour, par exemple. La métaphysique peut approcher l’amour dans ce qu’il a de plus universel comme idéal de vérité dépassant les caractères, les émotions, les circonstances. L'amour idéal, l'évangélique, est l'acte moral d’aimer tous les vivants et Vivants, sans condition.
Alors que les sciences s’inscrivent dans la dualité (étude de ce qui bouge, de ce qui évolue, de ce qui se différencie), la métaphysique s’inscrit dans l’unité de l’absolu. Cette idée d’Un absolu peut poser problème, parce que l'humain ne peut réfléchir qu’en comparant des idées : la réflexion pour fonctionner ne peut pas s’extraire de la dualité. C’est pourquoi nombreux sont ceux qui considèrent toute réflexion métaphysique comme impossible. En fait, l’unité métaphysique ne s’oppose pas à la dualité, parce qu'elle n'a pas pour but de nier ou d’effacer la matière, mais de la comprendre sous sa forme unitaire. Ce qui oblige à prendre du recul sur tout phénomène manifesté, sur le temps, sur la matière, sur l'être et sur lui-même. Cela nécessite de hausser considérablement son niveau de conscience.
Poussée jusqu’aux limites du possible, la conscience propose l’entrée dans un monde de plénitude où l’être fusionne avec l'Univers. C’est là, dans ce présent sans fin, que l’être éveillé atteint l’immortalité. Il ne faut pas aborder cette condition avec une logique de règle de trois, d'équation du second degré ou de calcul intégral. Il faut accepter de dépasser les mécanismes de l'esprit scolaire. Ceci explique la lenteur que j'ai imposée à mon enseignement du Vrai comme antichambre de la Vérité.
Frères et sœurs, ne vous sentez pas perdus ! Ne mettez pas votre cerveau à la torture. Vous comprendrez très bien ce que je peux dire un de ces jours. [247C2*02/01/2023]
Non un concept mathématique ou philosophique
Je porte le lecteur à réfléchir sur la bonne manière de considérer le rapport entre Dieu comme Tout ou enveloppe totale de l'Un, de l'Unité que forme tout ce qui existe à l'exception peut-être du vide... et encore ! Je dis peut-être parce qu'il ne me paraît pas improbable que le vide fasse partie du Tout. Ainsi les deux bords d'un fossé qui n'existe que parce qu'il y a un trou nécessaire pour le passage des eaux.
Cela m'amène à bien rappeler aux Pèlerins d'Arès — afin qu'ils n'oublient pas que Dieu n'est pas un roi et juge anthropophile hors-dimensions et sublime, mais un Tout de matière et d'esprit brillant comme le Feu autant que Voyant et Parlant — que le concept de Dieu ne saurait être un concept mathématique ou philosophique ou un système théologique clos sur lui-même. La trinité des Églises est un concept clos sur lui-même, Allah comme Dieu de la providence et du jugement l'est de même, etc., mais pour nous Pèlerins d'Arès Dieu c'est tout le contraire, Dieu est le Tout allant de l'imperceptiblement petit à l'inimaginablement infini, un concept indéfinissable, ouvert, libérateur. [247C29*10/01/2023]
Sur la nécessité de rejeter la vision que la religion a de Dieu
C'est essentiellement à l'usage de mes frères et sœurs du petit reste que j'insiste sur la bonne façon de voir Dieu, car c'est là la question qui leur est posée quand les personnes qu'ils rencontrent dans leur mission voient qu'ils sont des croyants : Qu'est-ce que Dieu ? Il faut rejeter la vision que la religion a de Dieu comme personne suprême, sublime, de nature transcendante qui serait le Créateur de l'Univers dont la Terre et qui placerait l'humanité de celle-ci sous sa gouvernance absolue, le roi et juge suprême en somme. Dieu n'est absolument pas cette personne avec ou sans un P majuscule. Il me paraît absolument clair que l'explication de Dieu est toute autre : le Père et l'Univers total, humanité comprise, forment un apparentage unique, une consubstantialité sans défaut, une similitude sans faille bien qu'une fourmi et un caillou nous semblent deux choses différentes, qui fait que Dieu et tous les éléments de Sa Création — Tout ce qui est — sont comme l'espace-temps dans lequel les notions d'espace et de temps sont incompatibles-inséparables (qualiticatif que j'invente pour l'occasion, faute d'en trouver en français) s'influençant l'une l'autre, appartenant à une même entité. Le Tout qui forme l'Univers, Dieu y compris, est fait de versions et portions de la Vie formant une même entité. Cette conception de Dieu, qui est une combinaison de la matière avec l'Esprit universel qui tient tout en équilibre, Lui permet aussi de parler, communiquer. Autrement dit, la relativité générale d'Einstein renferme, bien que n'en parlant pas, une relativité générale Dieu-Vie-Matière-Esprit-Pensée-Etc. [247C37*14/01/2023]
Sur la croix : un crime contre l’amour
La représentation de Jésus mourant sur la croix est l'illustration par le christianisme d'Église de son dogme du "sacrifice rédempteur volontaire de Dieu fait homme pour la rémission des péchés". C'est naturellement un dogme, une légende, que nous Pèlerins d'Arès ne partageons pas.
Pour nous Pèlerins d'Arès la représentation de Jésus mourant sur la croix, que nous n'utilisons pas, est — quand nous la voyons — l'illustration d'un crime perpétré par les cruelles perversité et injustice humaines : la torture (la flagellation et la crucifixion étaient très douloureuses) et la mort non seulement d'un innocent, mais d'un prophète prêchant l'amour, le pardon, la liberté. [247C4*02/01/2023]
Sur le Feu spirituel
Au Pèlerinage d'Arès, nous venons prendre le Feu (Signe xLi/7). Ce Feu est vu comme l'énergie nécessaire à la pénitence et à l'apostolat, mais il peut être aussi celui du mal qui brûle l'âme. Le mot feu comme le mot vie n'a pas de synonyme, l'étendue de son usage est quasiment infini. C'est un de ces mots qui montrent de façon saisissante l'extrême pauvreté de la langue humaine. [247C4*02/01/2023]
Sur le petit reste
Le petit reste réunit ceux et celles qui partagent les convictions, l'enseignement, les changements actifs du prophète, qui reviennent à l'accomplissement du Signe, lequel revient à l'accomplissement du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7). [247C9*03/01/2023]
Ce n’est pas un rêve
Je crois que le monde peut, un Jour, vivre heureux. Ce n'est pas un rêve, puisque pour le Messager du Père ce n'est pas un rêve, c'est un Dessein à accomplir. Quand le Père m'appelle par les lèvres de Jésus en 1974 : homme de Mon Dessein (Signe 28/27), Il appelle ainsi chacun et chacune ceux et de celles qui mettent leurs pas dans mes pas. Ce monde peut connaître le bonheur, un bonheur profond et stable. Un monde changé (28/7) dont toutes les sources de douleur, de conflit, de mort auront disparu. Qu'on m'explique, oui, qu'on m'explique pourquoi l'Ukraine est jetée dans le malheur, la souffrance, la destruction ! Jamais la méchante stupidité d'une guerre n'a à ce point été plus manifeste. Le monde a un besoin urgent d'amour, c'est l'évidence même ! Croire en Dieu est une chose qui n'est pas sans importance, mais c'est croire en l'amour qui est l'urgent besoin absolu. [247C9*03/01/2023]
Il sera provoqué par le changement personnel
Il va sans dire que "notre mission ne consiste pas à amener Puissance, Sainteté et Lumière de l'extérieur, mais elle à le faire de l'intérieur." C'est le changement personnel de chaque pénitent qui provoque le changement global.
Les pères de l'Église ont eu au départ l'heureuse intuition que la pénitence de Jésus de Nazareth — pénitence que la férocité politique du temps a poussé jusqu'au supplice de la croix mais qui aurait pu n'être qu'une pénitence par l'amour, le pardon, etc. — contribuait à elle seule au salut général, autrement dit qu'un petit nombre d'humains bons pouvait sauver toute la masse humaine. Cette heureuse intuition a malheureusement dégénéré plus tard en l'invention du dogme de Dieu incarné se sacrifiant pour sauver les pécheurs, mais le principe d'un petit nombre capable de sauver un grand nombre est demeuré. On retrouve ce principe dans Le Signe et c'est bien la démonstration que le chiffre fait l'Histoire, mais que l'Un fait le Salut, et par extension que la Vie est un Tout. Mais ce Tout a la Sagesse de ne pas tout occuper, de laisser la place pour s'étendre. [247C21*04/01/2023]
L’homme peut se sauver et défier le temps qui le détruit
L'homme qui se croit de fer (Signe xxviii/17) oublie qu'avec le temps il sera vaincu de toute façon, si ce n'est par la violence, ce sera par la rouille. L'homme peut se sauver et défier le temps qui le détruit, s'il se dématérialise par l'amour. La seule force qui rende tout simple et calme est l'amour. [247C10*03/01/2023]
Que notre amour devienne réaliste
Pline l'Ancien, né en 23 à Vérone ou à Côme, on ne sait, mort d'étouffement quelque part entre Misène et Pompéi pendant la fameuse éruption du Vésuve, a décrit un tableau du peintre grec Zeuxis représentant des grappes de raisin si réalistes que les oiseaux s'y laissaient prendre et, voulant manger du raisin, essayaient de picorer le mur sur lequel se trouvait cette nature morte. Que notre amour devienne de même si réaliste que le monde nous rejoigne dans la reconquête de l'amour et de son fruit : le Bien.
[247C50*24/01/2023]
Sur le choix prophétique : hasard ou providence
Si j'avais été désigné il y a longtemps pour la mission prophétique qui est la mienne, je pense que le Père avait depuis longtemps un projet général de Message au monde, mais que le pauvre bonhomme aujourd'hui désigné pour remplir cette tâche était depuis toujours n'importe qui et n'a été choisi qu'au hasard (tirage au sort d'un nom au fond d'un grand chapeau), parce que tous les humains sont pécheurs, moi autant que tous les autres. [247C11*03/01/2023]
Sur l’abandon des clichés traditionnels
Je crois que mes entrées sont de plus en plus formatives. Il nous faut absolument abandonner tous les clichés traditionnels ou religieux qui faussent encore nos pensées. [247C15*03/01/2023]
Dieu n’a pas besoin d’édicter des lois
Dieu n'a pas besoin d'édicter des lois, de dire : "Mangez des cuisseaux de veau et vous irez au paradis, mais si vous mangez des cuissots de porc vous irez en enfer." Absurde ! Au reste, les végétariens montrent qu'on peut ne pas manger de cuissots du tout. Étrange égarement de l'esprit que les dogmes ! Nous ramenons tout à la simplicité initiale. [247C15*03/01/2023]
Sur la fixité des dogmes
Le Signe est un moulin dont la roue est mue par un tumultueux courant de changement. Souvent, quand j'ouvre la Parole d'Arès plusieurs fois par jour, je me dis : Héraclite avant raison : on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve, on ne lit jamais deux fois la Parole du Père au même point de changement. J'avais en 1974 l'idée d'intituler la Parole d'Arès "Le livre du changement", mais la sagesse me glissa dans l'oreille : C'est trop tôt pour parler ainsi, les gens ne comprendront pas. J'ai peut-être eu tort.
La religion fixe ses fidèles. Elle les colle à ses dogmes et à ses lois. Le Signe les fait sans cesse avancer. Nous sommes mouvement tout comme l'espace-temps est expansion. [247C18*04/01/2023]
Sur la liberté et ses dissonances
La liberté est conçue par le libertarianisme comme une valeur fondamentale des rapports entre vivants, c'est-à-dire comme une valeur naturelle. Ce qui est naturel rejoint le scientifique, car la science n'a rien à voir avec l'élaboration des lois qui brisent la liberté. Mais sur le trébuchet des anges, c'est-à-dire sur la balance extratemporelle des valeurs absolues dans l'Univers il y a non des différences de valeur, mais des dissonances : Indiscutablement la valeur Vie (Signe 24/3-5) sans avoir de différence de traitement de la liberté comme Espérance absolue détonne ou dissone de la valeur vie, qui est actuellement la nôtre, parce qu'elle est provisoire et pécheresse. [247C16*03/01/2023]
Croyez ce que vous voulez
Nous sommes en plein Vent... La religion est enfermée dans ses confessionnaux, ses mosquées, ses temples. Nous disons à nos frères humains : "Aimez, pardonnez, ne faites de tort à personne... Pour le reste, croyez ce que vous voulez, priez comme vous le sentez, mangez ce qui vous plaît ! Aimer et pardonner libère." [247C21*04/01/2023]
Sur le salut
Chacun a le droit d'étudier et de croire ce qu’il souhaite, car ce n'est pas ce que vous croyez qui vous donnera le salut, mais l'amour et le pardon que vous pratiquez. [247C24*05/01/2023]
Sur Eckhart von Hochheim et l’unicité Dieu-Enfant de Dieu
Eckhart von Hochheim, dit Maître Eckhart (né vers 1260, mort vers 1328), célèbre moine et philosophico-théologien de l'Ordre Dominicain en des temps où la liberté d'interpréter l'Écriture était plus large qu'elle ne l'est aujourd'hui quoique pas sans problèmes quand même, a évoqué l'Unicité Dieu-Enfant de Dieu par une citation connue : "mon œil et l'Œil de Dieu sont tout Un". Maître Eckhart a été tracassé par les tribunaux ecclésiastiques.
Notons cependant que l'égalité Dieu = Enfant de Dieu n'existe pas. C'est plutôt Enfant de Dieu ≃ Dieu, comme dans le roman de Vladimir Klavdiyevich Arsénièv "Darsou Ouzala" du nom d'un vieux chasseur des impénétrables forêts sibériennes, qui a vraiment existé et pour lequel ours, loups, tigres, renard, etc. ≃ gens. Voyez l'univers comme une gigantesque forêt ou plutôt une forêt sans limites où il y a l'espace-temps ≃ Vie, dont nous sommes des atomes dégénérés mais regénérables.
Maître Eckhart ne voyait pas vraiment les choses ainsi mais les aurait volontiers acceptées ainsi s'il avait eu le savoir qui aujourd'hui est nôtre... Savoir qui évoluera encore, sans nul doute, car infinie est l'étendue de la découverte, puisque infinie est la Vie. [247C17*04/01/2023]
Sur le savoir et l’éducation spirituelle
Le savoir vient souvent des habitudes d'entendre des idées ou des savoirs se développer autour de soi. C'est ce qui explique que les personnes nées et/ou élevées dans des milieux cultivés paraissent plus tard plus intelligentes et fines que celles nées et/ou élevées dans des milieux incultes et agrestes. J'espère qu'en parlant aux lecteurs de ce blog de choses moins communément citées dans le monde je les familiarise tout simplement avec des idées ou des connaissances qu'elles n'ont pas eu l'occasion de partager jusqu'alors. C'est notamment le cas de l'espace-temps. [247C22*05/01/2023]
Tout humain est un Dieu
Concernant le passage de l’entrée suivante : "Tout humain, quel qu'il soit, est potentiellement Dieu ou la Vie incarné. Ce n'est jamais un état de conscience éclatante chez le terrien charnel. Ce ne peut pour l'heure qu'être un état d'hébétude heureuse, mais c'est un état de confiance, qui fait germer l'âme."
En effet, aucun humain n'est effectivement "Dieu ou la Vie incarné". Il l'est seulement mais toujours "potentiellement", c.-à-d. qu'il a en lui, parce qu'il naît avec, la virtualité de devenir Dieu ou la Vie incarné. Chaque humain, enfant, homme ou femme, est sans s'en apercevoir escorté tout le long de sa vie par le cortège de tout ce qui peut faire de lui ou d'elle un Dieu ou la Vie incarné. Tout humain est Enfant de Dieu (Signe 13/5), est à la fois un fluide créé qui cherche à se solidifier en fluide Créateur, généralement inconsciemment, quelquefois consciemment, une personnalité divine qui se crée, généralement médiocrement ou très incomplètement. Très rarement quasi complètement. Mais même si la divinisation n'est jamais complète, vu l'état de pécheur de l'humain, le seul fait que l'homme a confiance qu'il est Dieu en lui-même, ne serait-ce que son propre Dieu, fait au fond de lui germer l'âme. [247C27*09/01/2023]
Explication de l’entrée
Dans mon entrée 246 je montre l'équation d'Einstein, mais celle-ci n'est pas vraiment soluble quoiqu'exprimant une inévitable vérité. Si j'étudie les équations de Maxwell de l'électromagnétisme, je vois qu'elles sont linéaires par rapport aux champs électriques et magnétiques — la somme de deux solutions est aussi une solution —. Même chose pour l'équation de Schrödinger en mécanique quantique, qui est aussi linéaire par rapport à la fonction d'onde. L'équation d'Einstein, elle, donne lieu à dix équations aux dérivées partielles non-linéaires pour les composants métriques. Cette particularité distingue la relativité générale de l'ensemble des autres théories physiques. On se trouve face à la même insolubilité concernant Dieu, la Vie. On sait qu'on ne trouvera jamais, concernant Dieu ou la Vie, de résultat simple fixant un niveau de valeur. On ne peut penser à Dieu que comme un état de dépassement ! Autrement dit, moins on distingue avec notre système de décomposition, plus on approche la Vérité.
Frères et sœurs, ne désespérez pas de "ne pas comprendre" ! Formez votre esprit à l'idée que notre petit cerveau ne peut pas concevoir Dieu, parce qu'il échappe à tout descriptif, toute comparaison. Il est Autre. Nous pourrons très probablement un jour nous lier au concept du Créateur, dans l'au-delà, lequel est déjà par lui-même non-situable, quand autre chose que le cerveau nous fera sortir de notre état de nescience (inverse de la conscience claire) et assimiler le Milieu des Sainteté, puissance et Lumière (Signe 12/4). C'est une situation de conscience qui nous sépare résolument, parmi d'autres éléments séparateurs, de la religion, quelle qu'elle soit.
Pour l'heure nous paraissons donc insolites, voire un peu trop schématique, alors qu'en fait nous ne faisons que rajeunir nos vieux cerveaux défraîchis, au sens où nous nous rapprochons de la Pensée fraîche, que j'appelle parfois l'oxygène, d'Éden (Genèse 2/4-25). Shankara (entrée 171) utilisa le concept — exact, du reste — de non-dualité pour parvenir à ce rajeunissement. C'est une méthode qui se tient dans notre situation de malcompréhension par des cervelles usées. Mais on peut quand-même, par un effort de neutralité absolue, dépasser le concept de non-dualité, un concept pour lequel je n'ai pas de mot.
Pour le moment, je n'ai pas d'autre possibilité que de dire que Le Signe cache sous des termes simples un surpassement de tout ce que l'homme peut imaginer depuis qu'il ne croit plus aux idoles, qu'elles soient de matières ou d'idées. La diversité sensible du monde et des actes visible ou invisibles qui sont commis sur Terre ne figurent pas dans cette Parole, ce qu'on y prend pour des faits et des actes n'est qu'approche, évocation qui peut faire rêver, sans plus. Aucun fait ou acte descriptible humain n'est assez grand pour atteindre la plante des pieds de la Puissance ; les faits sont celés derrière les lignes — de là sans doute le peu d'intérêt que les lecteurs prêtent à ce saint livre —. Ce qu'il faut détecter à sa lecture, c'est la substance unique, indifférenciée, perpétuelle, du Divin dans ses rapports avec le divinisé ou l'espérant qu'est l'homme. Autrement dit, Dieu qui est l'auteur du Signe qu'il nous fait apporter par un Messager portant les traits et les stigmates du prophète Jésus, est aussi improuvable que l'équation d'Einstein est insoluble parce que la Vérité, qui nous échappe, est terrestrement indémontrable, improuvable. Voilà pourquoi ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve, mais l'amour.
Par certaines nuits, sur mon oreiller, je m'angoisse et je pleure, je sens la Présence du Créateur et je Lui dis : "Père ou Vie, pourquoi m'as-Tu confié la tâche de faire comprendre l'incompéhensible ?" Je tends l'oreille mais me répond un silence de tombe, car, oui, quand il s'agit de Dieu on entend le silence. Je me souviens alors des bruits de nuit qui m'atteignaient dans mon lit d'enfant. Pourtant le silence de Dieu est plus bruyant encore, mais cette bruyance est comme Dieu, de l'ordre de l'inatteignable. Cette bruyance a un sens : Dieu existe, Dieu est une réalité, Dieu est partout et en vous, et en moi, et en chaque homme. Alleluia ! [247C29*10/01/2023]
Dieu n'est pas plus existant dans l'équation d'Einstein qu'il ne l'est dans la photographie de la galaxie GN-z11
J’ai introduit dans ma quête du mystère de Dieu un élément mathématique, certes symbolique de la difficulté de "comprendre l'incompréhensible" comme je dis parfois : l'équation d'Einstein, mais qui, je m'en suis aperçu plus tard, a l'inconvénient de laisser penser qu'il existe peut-être une sorte de preuve mathématique de la réalité de notre Père, de la Vie. Ce n'est pas du tout à ce résultat que je vise.
Je vise à faire comprendre à nos frères et sœurs que Dieu n'est pas plus existant dans l'équation d'Einstein qu'il ne l'est dans la photographie de la galaxie GN-z11 qui est le plus lointain des agglomérats stellaires visible depuis la Terre, distante d'environ 13,4 milliards d'années-lumière. Cette image existe, prise par le télescope-satellite, mais ne fait qu'exprimer la vasteté sans limites de l'espace et admirer la Puissance Qui selon moi ne peut qu'en être l'Auteur, quelle qu'elle soit, tout comme l'équation d'Einstein exprime ce qui nous dépasse dans l'observation des mystères, dont celui de Dieu, qui règne dans l'espace-temps autant que Dieu règne dans le lien invisible mais inévitable qui règne entre Dieu et nous, Ses Enfants.
La mathématique ne fait que nommer Dieu en hiérogramme, un hiérogramme qui n'a pas encore trouvé son Champollion. Dieu est invisible, généralement insensible, voire proche d'insensé, et pour ces raisons niées par l'athée. En fait, rien ne l'indique formellement, pas plus que le nuage à l'horizon n'annonce l'orage qui nous tombera dessus bientôt, même si un calcul mathématico-météorologique nous donne une idée de ce qui se prépare : la foudre et le tonnerre ne sont pas des signifiants mathématiques quand on les subit. Dieu n'a pas de signifiant mathématique quand Il Vit en nous, autour de nous ou à l'infini. [247C32*11/01/2023]
Sur la dualité
Dieu n'est pas plus facilement soluble pour l'homme ou la femme qui Le cherche que n'est facilement soluble l'équation d'Einstein qui cependant dit une réalité, mais ne permet pas de voir celle-ci. On l'accepte quoiqu'elle ne soit acceptable que par la bande, mais pas prouvée de front. Du moins pas de front actuellement et pour l'homme vivant sur terre, parce que sa vie est trop brève pour qu'il puisse de sitôt trouver une autre manière d'exprimer l'obscur, le contourné, le complexe. Nous sommes d'ailleurs très loin de concevoir facilement.
Si j'ai écrit : "Frères et sœurs, ne désespérez pas de "ne pas comprendre" ! Formez votre esprit à l'idée que notre petit cerveau ne peut pas concevoir Dieu, parce qu'il échappe à tout descriptif, toute comparaison," c'est parce que depuis un peu plus d'un mois je reçois des courriers ou des communications de sœurs et frères que mon entrée 246 a mis dans un état d'incertitude et qui soit en souffrent, soit (concernant quelques-uns) nous quittent se plaignant de ne plus me comprendre. J'en suis tourneboulé sans pour autant revenir en arrière, mais en m'efforçant d'expliquer que je ne mets pas Dieu en équation, mais qu’une équation peut être un hiérogramme, le signe d'une idée sublime, une image qui n'a pas encore trouvé son Champollion et que cet état d'irrésolution est en tout cas préférable à des affirmations théologiques largement publiées et vénérées mais infondées.
J'ai aussi expliqué qu'il faut penser Dieu non comme "un système théologique clos sur lui-même" — la trinité des Églises est un concept clos sur lui-même, Allah comme Dieu de la providence et du jugement l'est également —, mais que pour nous, Pèlerins d'Arès, Dieu est tout le contraire : le Tout allant de l'imperceptiblement petit à l'inimaginablement infini, un concept indéfinissable, ouvert et libérateur.
Ouvert ! de sorte qu'on peut aussi dire parmi bien d'autre choses, par exemple, que la foi telle qu'elle découle du Signe ne peut en aucun cas concevoir Dieu en état de dualité, dualité comme dans le cas du fidèle priant d'un côté en imaginant Dieu trônant d'un autre côté, ou comme la souris dans son trou voit en tremblant le chat qui passe devant le trou. Dans l'état de dualité les vis-à-vis s'opposent, sont dissociés, parfois se heurtent. Cette situation de dualité, religieuse, ne peut être perçue par un P(p)èlerin d'Arès, lequel est inévitablement non-duel et cela change tout ! Le Pèlerin d'Arès est en Dieu et Dieu est en lui. [247C33*11/01/2023]
Sur l’universalité du message arésien
Le Signe ne connaît nullement les ethnies, les nationalités, les lieux géographiques, les héritages spirituels, mais s'adresse à tous les humains. [247C34*12/01/2023]
Sur la communauté arésienne face au naufrage du monde
Je songe chaque jour à notre communauté arésienne. J'y songe de façons diverses, car je l'espère tantôt comme avant-garde de sauvetage de l'humanité assiégée par le péché, tantôt comme arrière-garde des appeleurs à l'amour salvateur, tantôt comme le monde autour de moi que je vois comme le radeau de la "Méduse". Je n'ai jamais lu "Le naufrage du radeau de la Mésuse" par deux des rescapés du radeau : Henri Jean-Baptiste Savigny, chirurgien de Marine, et Alexandre Corréard, ingénieur géographe, mais je connais pour les avoir lues par ailleurs l'horreur qu'a été la dérive de ce radeau au large de la Mauritanie. Toutes les infortunes et cruautés possibles ont eu lieu sur ce radeau comme elles ont lieu dans le monde : trahison, férocité de l'égoïsme, passions morbides, pulsions, haines, lâchetés, petitesses... Partis de l'épave de la "Méduse" à 147, ils restèrent 15 survivants. Le vrai naufrage, c'est la bassesse humaine. La pente que nous avons à faire regravir par l'homme est raide et sera longue à parcourir. Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2), mais je sais le courage de beaucoup de nôtres. J'ai confiance dans l'avenir, serait-il lointain.
Comme nous sommes petits en nombre, il nous faudrait acquérir quelque chose qui nous agrandisse, non en nombre car le nombre ne peut se faire que peu à peu, mais autrement : en renom, en éclat, en sériosité, etc. Je réfléchis à ce qui peut faire de nous une image avant qu'on parle de nous comme nombre. Nous devons nous faire plus grands que la vie. Bref, je rêve qu'on fasse de nous une sorte de matrice où un autre monde puisse se préparer une autre origine que celle du péché, puis renaître. [247C35*12/01/2023]
Sur la pédagogie spirituelle et ses défis
Il faut que je veille à ne pas faire perdre la foi ou à ne pas interrompre l'acquisition difficile de la foi à des sœurs et frères qui parfois ont eu bien du mal à acquérir ce qu'ils ont acquis. Je me souviens avoir lu, je ne sais plus dans quel bouquin, sous la plume de Sylvain Tesson, quelque chose comme : "J'ai relu le Coran. Je crois cette œuvre plus réussie que l'œuvre de Michel Onfray (philosophe athée patenté) pour faire perdre la foi." Certaines formes de langage sont parfois catastrophiques. Je m'efforce de n'en pas commettre. Malgré cet effort il semble qu'avoir voulu finir d'éloigner le dieu juge et roi de la religion de l'esprit de Pèlerins d'Arès qui traînent encore de la culture et pour ce faire rapprocher Dieu, le Vrai, de l'espace-temps, dont j'ai expliqué la nature à travers l'équation d'Einstein, n'ait pas été une pédagogie infaillible.
Mais mon entrée #246 est le miroir de ma conviction. Je n'y changerai rien. C'est ce qu'il y a de bien dans le fait de n'être qu'un rhinocéros niquedouille : l'obtusion. Je poursuis ma route dans le sens que m'indique Le Signe. [247C36*13/01/2023]
Ce qui sauve vraiment
Ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve, mais l'amour dont on fait preuve dans la vie terrestre. Refuser que la nature du Père, de la Vie, du Créateur, de Dieu (appelons-Le comme on veut) soit celle dont je parle dans mon blog ne menace pas l'âme, car la naissance comme l'existence de celle-ci tient à l'amour et à rien d'autre. [247C37*14/01/2023]
Le Signe : la première Révélation divine intégrale
Ce qui s'est passé à Arès en 1974 et 1977 représente, pour moi, la première fois que la Parole du Père a pu être diffusée dans son intégralité, sans être immédiatement retouchée ou censurée par l'homme. Et cette intégralité je me suis efforcé de la défendre, voire de la parfaire en effectuant dans Le Livre quelques points entre parenthèses, c'est-à-dire quelques points des parties non sonores mais simultanément "infusées" aux sons. [247C38*14/01/2023]
Sur l’humilité socratique
Avoir l'humilité de Socrate est une nécessité et Socrate n'était pas par là le contraire de l'orgueilleux, car l'orgueil est un défaut d'un tout autre ordre. Ce n'est pas parce qu'il était l'inverse d'un orgueilleux que Socrate disait : "Je ne sais rien". Il disait cela parce que c'était simplement vrai.
Avant Socrate il y avait en Grèce des sages. Socrate est le premier philosophe, défini par Platon dans "Le banquet", qui se déclare non-sage, mais seulement un humain désireux de trouver la sagesse. Ainsi Socrate provoque-t-il chez tout homme qui l'écoute la remise en question permanente de soi-même. Socrate va constituer un idéal pour tout homme cherchant, avec humilité, donc lucidité, à être sage.
Toutes les écoles philosophiques de l'Antiquité, sauf les épicuriens, ont reconnu Socrate comme l'incarnation de l'homme en quête de sagesse. Socrate approuvait la théorie de Parménide sur le fait qu'il existe un Être unique indépendant de tout débat. Il est aussi le créateur de la notion de concept. Il ouvre ainsi la voie aux idées au sens que Platon donna au mot idée ou forme. Comme quoi, il y a longtemps que des hommes disent comme Victor Hugo : "Je ne suis rien, je le sais, mais je compose mon rien avec un petit morceau de tout."
Pour finir, j'insiste sur le fait que dire qu'on travaille à sauver le monde n'est pas tenir un discours orgueilleux. Qui prendrait pour un orgueilleux le médecin qui déclare s'employer à sauver des malades ? Dire qu'on a le savoir qui permet le salut est même nécessaire pour que les humains aillent vers vous et trouvent auprès de vous la pratique de l'amour. [247C40*14/01/2023]
Sur l’intolérance religieuse historique
Toutefois, si nous sommes horrifiés par les actuelles exécutions par pendaison (de là la barbe de l'ayatollah) en Iran, devons-nous nous hausser à l'étage des donneurs de leçon ? Il n'y a pas si longtemps en France — 300 ans ! c'est le temps d'un soupir à l'échelle de l'histoire de l'Univers — il y avait à Paris, rue sainte-Anne (entre le Palais Royal et l'avenue de l'Opéra), un établissement appelé "Nouvelles Catholiques" qui n'était ni plus ni moins qu'une maison de correction où l'on entassait des jeunes filles et des femmes arrachées à leurs maris protestantes, musulmanes, et des enfants enlevés à leurs parents protestants, musulmans, qu'on corrigeait de leurs "croyances" impies pour en faire des catholiques. On ne les pendait pas, mais c'était tout comme.
Crédit : Osama Hajjaj [DR]
[247C41*16/01/2023]
Sur la solidarité humaine universelle
Nul ne se sauve sans tout faire pour sauver d'autres humains, parce qu'il n'existe qu'un seul humain sur terre, un seul qu'on croit huit milliards, un seul de telle sorte que l'autre, c'est vous. [247C44*18/01/2023]
Nous vivons avec la discipline de la pénitence
Nous vivons, nous habillons, parlons, mangeons, nous distrayons comme n'importe qui dans ce pays de France, mais avec la discipline de pénitents qui autant qu'ils peuvent évitent de commettre des fautes contre l'amour, car ce monde est léger mais sa légèreté n'est pas dans ce qu'on appelle généralement ainsi, elle est dans l'oubli de l'autre comme autre soi-même. Nous nous efforçons de ne pas partager le ramage général aux roulades appris à la radio, à la télévision, aux journaux. Et ce n'est pas si facile. Cela demande de la conscience. [247C47*18/01/2023]
Sur la vie de celui que Le Signe a touché
Dans notre vie d'apprentis de l'amour, nous nous prêtons, par la force des choses, à la vie publique de tout le monde plus que nous nous y donnons. L'homme que Le Signe a enveloppé de son voile d'or ne vit plus jamais comme le commun abatardi des mortels. Il a quand même pris quelque pureté. Notre vertu a plus de poids sur la balance des comportements, certes pécheurs encore, mais moins, parfois même beaucoup moins que nous n'étions avant. Toutes les grandes œuvres sont, dit-on, des projets de jeunesse qu'on peut seulement réaliser à un âge mûr ou avancé. [247C48*18/01/2023]
Sur l’assemblée et l’amour du prochain
Une "assemblée forte" est d'abord une assemblée forte en pénitence, donc en amour !
Quand je pense à l'assemblée et quand je pense à la mission, je pense toujours à une assemblée de frères et sœurs et une mission réalisée par des frères et sœurs, certes libres, mais qui s'aiment entre eux et aiment le monde du dehors de façon exemplairement évangélique, fraternelle, là où le "nous" et le "je" se confondent, là où le "soi" et "l'autre" fusionnent, parce qu'une mission arésienne organisationnellement et argumentairement imparfaite mais pleine d'amour au-dedans comme au-dehors vaut toujours mieux qu'une mission qui attire des personnes reçues dans une assemblée qui ne montre pas de façon immédiatement sensible un amour évangélique exemplaire, hors du commun.
Je l'ai toujours dit : Si cela n'est pas, vous attirez des personnes dans une association de gens sympa certes, mais pas beaucoup plus. Je suis sûr que soixante-dix personnes très "diverses" peuvent aimer de façon exemplaire immédiatement et étonnamment perceptible, frappante, mais vous [l’assemblée de Paris] n'y êtes pas encore parvenus.
Or, comme je l'ai dit dès le début de mon allocution [Le frère Michel fait référence à sa rencontre avec l'assemblée de Paris le samedi 21 janvier 2023] j'avais prévu plusieurs sujets, dont le sujet de la mission en effet, mais la lettre critique d'une sœur, que j'ai reçue deux ou trois jours avant mon départ, lettre que j'ai lue à haute voix devant vous tous, dont chacun pouvait sentir (du moins, je l'espérais) qu'elle n'était pas écrite avec amour — je parle de l'amour évangélique, fraternel, — m'a fait comprendre qu'après quelque quarante ans d'existence l'assemblée de Paris n'était pas encore arrivée à installer en son sein l'amour suffisant pour se distinguer clairement et manifestement du dehors. C'est sur ce point que je me suis fait un devoir de parler.
Personne dans notre assemblée n'avancera dans sa mission sans avoir pieds écorchés et bras griffés. Car l'amour évangélique n'est pas l'amour suave des romans-photo, c'est un amour-devoir. Cet amour-devoir devient certes avec le temps un amour naturellement vécu au fond de soi mais il faut passer par des années difficiles avant d'en arriver là et je n'ai pas l'impression que cette épreuve ait été assumée par tous jusqu'à présent. Or, il faut en arriver là.
Dans l'évangile de Jean, dont Le Signe ne reconnaît pas la justesse et qu'elle nous demande de ne pas prendre comme référence (Signe 16/12), on trouve ce qui est probablement une légende : l'épisode des noces de Cana, où Jésus change l'eau en vin, ce qui fit dire au peintre Cézanne : "L'eau changée en vin, c'est le monde changé en peinture." On touche ici assurément à la question du chambardement que provoque le Sermon sur la Montagne ; gros chambardement tel que ce Sermon fameux n'a pas encore, sauf petites exceptions très locales, connu de mise en application. Si nous Pèlerins d'Arès ne commençons pas à l'échelle publique, qui le fera ? S’il n'y a pas réalité substantielle concrète de l’amour enfin atteinte dans sa possibilité pratique, c’est par abandon à la ligne-découpe qu'approfondit chaque jour davantage l'humanité de plus en plus déchue. Notre mission n'est plus alors qu'un simple coloriage. Le secret intime de la vérité telle que Le Signe nous demande de la répandre rejoint le mot décisif de Klee à propos de l'art : "Ne plus imiter le visible mais rendre visible". Il faut que nous créions le lieu spirituel où notre cerveau et l’univers se rejoignent visiblement, parce que l'univers est une création de l'Amour. Ce lieu ne peut être que l'amour évangéliquement compris, c'est-à-dire le miroir humain de l'Amour du Père.
C'est dans les visibles reflets de l'amour fraternel vrai, vécu, pratiqué, que nous permettrons au monde de contempler un avenir heureux possible. Seul l'amour, qui est plus que la gentillesse ou la courtoisie, l'amour qui transpirera de nous parce qu'il sera plus que des mots, plus qu'un regard ou qu'un geste, qui sera ce que l'homme commun d'aujourd'hui ne peut pas nommer, seul cet amour-là réussira. Il faut que la lumière à travers nous se révèle aussi profonde que l'âme. Il nous faut une transparence qu'on ne peut avoir qu'avec l'amour.
Certes, un nouveau, un néophyte, ne peut avoir cet amour et nous devons l'accueillir quand même et l'accompagner dans sa recherche de l'amour qu'il voudrait posséder, qu'il lui faudra des années pour l'acquérir. Mais que lui donnerez-vous si vous n'avez pas vous-même acquis cet amour ou du moins avancé plus que lui dans la quête de l'idéale pénitence ? [247C49*24/01/2023]
Réponse aux accusations de sectarisme
Question d'un commentateur parvenue le 31 janvier 2023 par email à frère Michel Potay :
Aujourd'hui dans "Ouest-France" est paru un article sur les dérives sectaires en Morbihan dans lequel La Révélation d'Arès est citée sous la photo d'illustration.
Je voulais avoir votre avis et vos conseils sur cet article et les suites à donner ou non.
Réponse de frère Michel Potay :
L'ADFI, que vante "l'article", un libelle en fait, est une association privée dont le nom complet est : Union nationale des Associations de défense des Familles et de l’Individu victimes de sectes.
Et la page que vous citez est une page de publicité payante. Quand la publicité se fait sous forme d'article, on lui donne un nom particulier que j'ai oublié.
Ces frères humains-là ne nous aiment pas et on ne sait pas pourquoi. Nous n'avons jamais entrepris de les malmener par voie de presse. Nous avons seulement exprimé de façon privée notre regret de les voir ou entendre dire n'importe quoi et j'ai prié par deux fois leur présidente entre 1995 et 1997 de me rencontrer à l'endroit de son choix pour avoir une idée plus précise du but que nous poursuivons. Je n'ai jamais eu de réponse.
Au reste, dans la page de "Ouest-France" que vous mentionnez l'ADFI ne nous traite pas de secte, mais de "syncrétisme chrétien et un peu musulman", ce qui ne veut pas dire grand-chose. Le Grand Robert donne de syncrétisme le premier sens que voici : "Combinaison relativement cohérente (à la différence de l'éclectisme), fusion, mélange de plusieurs doctrines religieuses ou de plusieurs systèmes philosophiques, surtout en parlant des religions et des systèmes d'explication du monde." Or, nous ne mélangeons pas de doctrines, même de façon relativement cohérente, vu que nous n'avons pas nous-mêmes de doctrine au sens religieux du mot.
Il suffit de lire mon blog pour avoir une idée plus précise de l'extrême largesse de vue qui est la nôtre au plan spirituel et pour comprendre que nous sommes des espérants — pas vraiment des croyants, car il y a quelques incroyants chez nous — libérés de la religion ou de l'idéologie et de tous les systèmes auxquels elles ont donné naissance et rappeler que le Sermon sur la Montagne (Matthieu chapitres 5 à 7) est le cœur de l'enseignement de Jésus de Nazareth, qui conduit à fonder l'existence sur le principe très simple que voici : Ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve, mais l'amour, le pardon, la paix, la liberté qu'on donne.
L'ADFI comme la plupart des antis ne semble pas donner dans la perspicacité. Elle poursuit une idée grossière : Le catholicisme, le protestantisme, l'orthodoxie, l'indouïsme, le bouddhisme, etc., c'est bien, tout ce qui en dérive dans un esprit réformateur, c'est la secte, c'est mal. C'est une bien fruste façon de dire que rien ne doit changer en ce monde et oublier que l'humanité ne s'est ici et là améliorée que par changements continuels.
Que sommes-nous ? Des hommes qui ont l'amour du prochain ou, pour le moins, des humains qui s'efforcent d'avoir cet amour de la façon la moins rare possible, car ce n'est pas facile et nous savons que quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) pour ramener sur Terre l'amour de façon assez sensible pour qu'il devienne un des moteurs de la raison sociale. Dans cette génération, nous ne sommes ni assez sots ni assez prétentieux pour prétendre accorder en tous points nos vies à la seule pratique de l'amour. Nous sommes des pécheurs. Nous vivons dans un monde qui est loin d'être idéal et nous-mêmes ne sommes pas idéaux par nécessité de nous défendre d'une société fourbe et méchante par des moyens qui sont souvent les siens. Nous avons des espérances grandioses : le Sermon sur la Montagne auquel conduit Le Signe comme idéal, mais nous vivons dans un monde souvent assez vil ou injuste pour nous contraindre à redescendre quelquefois nous aussi vers cette médiocrité, même si nous en souffrons. Souffrir d'être pécheurs, c'est déjà ça ; c'est déjà faire naître la conscience. Faire naître la conscience et s'efforcer d'aimer, c'est permettre à l'âme de naître, c'est déjà devenir des petites lumières qui clignotent dans l'immensité d'un monde obscur et dangereux où il faut à chacun de nous vivre bon sans témoin, avoir en somme de la grandeur d'âme. Ainsi, nous n'avons pas besoin de dogme, de doctrine, de chef (16/1), de règles de prière (35/6), même si nous prions librement, pour nous dérober à la trame du matérialisme général ou des grandes idéologies de ce monde.
Pour que s'installe un jour l'amour en ce monde, pour que l'intensité de notre espérance, car celle-ci est immense à défaut d'être très visible ou active encore, devienne une réalité générale, il ne suffit pas d'aligner les repères factuels de bonté, il nous faut ouvrir un chemin à nos vies intérieures, rendre moins sombre le plus secret de nos personnes intimes. C'est certes un chemin plutôt peu glorieux, mais c'est le chemin du pèlerin (Signe 12/9), et c'est pourquoi nous nous appelons Pèlerins d'Arès, et nous savons que c'est en grignotant nos défauts peu à peu que, de génération en génération, nous parviendrons à changer ce monde (28/7).
Notre foi est ce lieu vibrant de l'espérance qui naît en chaque Pèlerin d'Arès, espérance qui devient indomptable, qui apaise en chacun de nous la crainte de l'avenir parce qu'il sait qu'il ne fait qu'Un (Signe xxiv/1) avec Dieu, le Père, la Vie — appellez-Le comme vous voulez — et l'Univers.
Vous pouvez toujours inviter nos frères humains de l'ADFI à lire cette réponse que je fais ici à leur article. Vous pouvez aussi les inviter fraternellement à venir vous voir à Lorient un de ces jours. La seule réponse qu'on puisse faire à une maladroite offensive comme celle parue dans "Ouest-France" ne peut être qu'amour, pardon, paix, respect de l'autre. Croyez-moi, l'ADFI n'est pas méchante à côté des grandes attaques auxquelles notre Assemblée devra peut-être faire face un jour, celles des grandes organisations religieuses et politiques. Et puis l'ADFI, si elle se trompe en nous prenant comme têtes de turc — l'erreur est humaine — a peut-être au cours des ans empêché des groupuscules nocifs de proliférer. [247C53*31/01/2023]
Nous sommes ignorés
Je me demande toujours, sans rien trouver qui puisse vraiment m'éclairer, comment nous sommes perçus par le commun des frères humains que nous rencontrons dans la rue dans la mission, ou par le vaste public qui ne nous rencontre pas en général. Je crois qu'au fond nous sommes plutôt ignorés. C'est probablement bon signe si j'en crois ce que disait Emil Cioran : "Il y a du charlatan chez quiconque triomphe en quelque domaine que ce soit." Nous paraissons des ratés complets mais sincères et vrais et pas du tout charlatans, parce que notre mouvement semble tout le contraire d'un triomphe !
Nous nous efforçons d'aimer, de pardonner, de faire la paix et ce n'est pas si facile qu'il paraît. Ça demande du temps, ce qui est très malaisé à bien réussir chez un être à la vie courte comme le pauvre humain. Mais nous avançons, sans nul doute. [247C57*31/01/2023]
Nous faisons ce que nous pouvons
La mission, qui est un appel, n'apporte que des fruits très lents à mûrir avec nous. Disons que nous faisons ce que nous pouvons. Je suis toujours écartelé entre la raison qui me dit que les passions et sentiments sont néant et un goût certain pour ce néant. J'ai la conscience paisible que je ne suis rien, rien de plus qu'un frère aîné (Signe 16/1) qui exprime ce que le Père lui a demandé d'exprimer, expression qui sera reprise par ceux qui le suivront. [247C62*02/02/2023]
Sur la solitude prophétique
Ma solitude prophétique me dépouille, par moments, du sentiment profond de servir une cause très très difficile : Redonner aux hommes un peu d'amour du prochain, parce que cet amour est la spermie de l'âme, son ovule. Pourquoi la Vie est-elle descendue chez moi dans ce village sans charme, Arès, au bord du Bassin d'Arcachon boueux et herbeux ? Question sans réponse.
Quand je fouille l'épaisseur de mon péché, car étant homme fils d'Adam le renieur, je suis pécheur, il m'arrive de me chercher et me cherchant d'implorer la grâce... Il arrive qu'en lisant certaines lettres je me mette à voir quelque chose de très simple et de merveilleux en même temps, c'est-à-dire d'indicible, car oui, l'indicible peut s'écrire. La grâce du Père peut passer par toutes les mains humaines, quelles qu'elles soient !
Il est des moments où le racontable s'efface, où vous arrivent des choses qui ne dépendent plus de rien, sauf l'amour, qui ne dépend plus ni du temps, ni de l'espace, ni de soi, ni d'aucune conception de l'esprit, mais du cœur, pas le cœur pompe du sang, mais du cœur comme invisible œuf de l'amour. Ma solitude est ma vie que contiendrait un caillou, une bille, qui serait lancé et qui s'arrêterait dans l'air avant de retomber. Je me sens suspendu dans l'air. Cette suspension est mon mystère. Ceux qui me traitent d'imposteur ou de cinglé ont matériellement raison, mais ils ont spirituellement tort. Il est des moments où la Vérité dépasse tout entendement, tout espoir d'être perçu.
Je suis, j'en ai conscience, un de ces moments. Parfois je m'endors le soir en me disant : C'est peut-être cette nuit que je vais mourir, commencer de pourrir, ne plus être, et j'en suis heureux, parce que mon sort est très difficile à assumer et je ne suis peut-être qu'une illusion ayant elle-même vécu des illusions sans savoir, et puis Aguéla passe par là, me gifle (il est dur l'angélot !) et me dit : "Arrête de dire des bêtises ! Tu es déjà éternel." Et moi : "Si je suis éternel déjà, c'est que je suis mort à cet instant ?" L'ange : "Tu es bien le bébête rhinocéros ailé du Tout. Tu ne comprends rien à rien." Et je m'endors et le lendemain je me réveille et je reprends ma tâche comme le rhinocéros phyllophage reprend sa quête de feuilles d'acacia. [247C60*01/02/2023]
Tract missionnaire : un exemple réussi
Voici un tract, un des mieux réussis de tous ceux que j'ai vus en quarante-neuf ans, réalisé par un groupe missionnaire de Paris.
Je crois plus qu'utile, nécessaire de le faire connaître à nos frères et sœurs apôtres de partout. [247C63*05/02/2023]
Source : Collection personnelle [DR]