J’ai, sans avoir cherché à La retrouver (Signe 24/5), vu et entendu la Vie (24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26) en 1974 et 1977 et, depuis lors, Elle est venue en moi, qui ne L’ai pas méritée plus qu’un autre humain. Elle est en moi par Amour et murmure en moi sans trêve.

Bible de Luther, Hans Lufft, Dieu enseignant (1534).Voilà comme on a longtemps représenté Dieu : un vieux barbu, une sorte d'impitoyable père Noël. En se nommant lui-même la Vie Dieu efface cette ridicule charnalité.

Dieu enseignant (1534).Voilà comme on a longtemps représenté Dieu  : un vieux barbu, une sorte d’impitoyable père Noël. En se nommant lui-même la Vie Dieu efface cette ridicule charnalité.
(Bible de Luther, Hans Lufft, Domaine Public, Wikimedia)

Chaque matin au réveil, la Vie me dit  : « Je suis en toi et tu dois redonner conscience aux hommes que Je suis en eux. » Je ne suis pourtant qu’un rhinocéros obtus au front bas et plat que la Vérité ne peut hausser ni bomber, parce qu’elle reste hors la Terre dont moi, fils d’Adam(e) (Signe vii/8-16) l’en ai chassée. Je me lève et jusqu’au soir je vaque à cette tâche très difficile parce que depuis longtemps devenue contre nature.
Que suis-je  ? Un animal humain, de surcroît amoché par l’âge. Où est mon âme. La Vie n’a encore posé que Son Pied (Signe i/19, xxii/10, x
Lii/22) dans ma tour de chair. Il faudra plus de quatre générations (24/2) pour que sa Jambe, le Genou, puis son Buste, ses Bras, puis la Tête s’y installent.
Le connu est en ce monde encore inchangé (Signe 28/7) perdu dans des questions sans réponse. Je sais et j’oublie souvent ce que je sais. Douleur de l’antilogie. Et pourtant je peux changer ce monde (28/7)  !

L’extrême difficulté des retrouvailles de l’Enfant (Signe 13/5) avec le Père (12/4) est dans le langage. Dieu parle, mais quelle langue  ? Notre pauvre loquèle humaine. Son Verbe est abréviation ou dérourante synonymie — vie et Vie —. Et moi je balbutie, faute de trouver mes mots et faute d’avoir une suffisante intelligence (Signe 32/5) spirituelle.
Je ne suis pas Dieu et pourtant je suis Dieu incarné comme n’importe quel humain. Cette antithèse hébète le rhinocéros que je suis. Dieu vit partout mais indistinct et poursuit un Dessein qui, Le Signe en fait preuve, diffère totalement de ce que j’avais cru être vérité et visées divines avant 1974. Cependant, même longtemps après 1974, ma vie diverge encore de la Vie, parce que moi, je suis comme un minuscule et stupide animal encabané dans son cuir tandis qu’Elle est majusculement étalée, subtile et piquetée d’étoiles plus loin même que ce que je crois être une infinie limite. Nos libertés sont égales sur la balance scientifique, mais sur le trébuchet des anges elles dissonent et ça me cause une profonde hébétude. Libertés vraies, mais pas dans le même référentiel.

Tout être est une incarnation du Tout,mais ce concept est encore trop puissant pour ne pas créer dans cette génération de faiblesse immense (Signe 36/5) plus d'hébétude que de clarté. Quatre générations ne suffiront pas (24/2), mais notre confiance est totale. Nous gravirons cet obscur sentier jusqu'aux lumineuses Hauteurs (25/4).

Tout être est une incarnation du Tout, mais ce concept est encore trop puissant pour ne pas créer dans cette génération de faiblesse immense (Signe 36/5) plus d’hébétude que de clarté.
Quatre générations ne suffiront pas (24/2),
mais notre confiance est totale. Nous gravirons cet obscur sentier jusqu’aux lumineuses Hauteurs (25/4).
Photo  : Ri_Ya (Pixabay)

N’être pas Dieu tout en étant Dieu incarné est le dilemme dans quoi se débat l’humain depuis des millénaires et dont la pénitence, au sens qu’en donne Le Signe, peut seule nous sortir.
Le christianisme-système a institué Jésus comme Dieu incarné, paqueté dans la trinité avec le saint-Esprit et le Père. Un abrégement catéchistiquement bon pour attirer le païen et tenir coi le chrétien élémentaire, mais un huis de fer lourd, à peine entrouvert, qui laisse au-dehors le gros de la Lumière.
Or, si Le Signe dit que Dieu a fait de Jésus un Dieu (Signe 2/13, 32/2), c’est pour faire de Jésus le modèle de l’humain pénitent quel qu’il soit, seul ou innombrable, qui redevient l’image et ressemblance (Genèse 1/26) de la Vie. Ce n’est pas le nombre qui fait l’humanité, c’est l’être, qu’il soit un (xxiv/1) ou huit milliards (population humaine au 14 novembre 2022). Tout pénitent accompli (35/6) redevient l’être comme contexture de l’Être ou, si l’on veut, vie comme contexture de la Vie.
Le pénitent s’efforce de pécher le moins possible, de mettre en pratique l’amour du prochain, le pardon des offenses, la paix, l’intelligence spirituelle libre de tous préjugés. La Parole d’Arès appelle cela gravir le sentier des Hauteurs, sachant que les Hauteurs sont l’état de pénitence sous la Lumière (Signe 2/13).
Tout humain, quel qu’il soit, est potentiellement Dieu ou la Vie incarné. Ce n’est jamais un état de conscience éclatante chez le terrien charnel. Ce ne peut pour l’heure qu’être un état d’hébétude heureuse, mais c’est un état de confiance, qui fait germer l’âme.

Par la pénitence passent d’autres façons de revêtir la Vie, inattendues, parfois insensibles à la conscience. Le pénitent doit en avoir conscience. Sa pénitence ou ascension produit un effet d’entraînement qui comme le Vent peut coucher, sans qu’ils le veuillent, des arbres vénéneux et malfaisants. Faute de mots appropriés, appelons grâce cet effet d’entraînement. Pour moi la grâce vient des pénitents autant que, voire même parfois plutôt que… de Dieu. Ainsi, par exemple, Tamerlan ou Adolf Hitler ont pu être touchés par le Vent de Jésus, Mouhamad ou François d’Assise, de sorte que ces tyrans sont malgré eux Un avec nous. De là l’obligation que nous avons d’aimer, pardonner même nos ennemis (Matthieu 5/44).
Il y a des vilenies, renoncements, horreurs, que nous détestons, mais que nous partageons, parce qu’ils sont humains. Le fait de subir ou d’être victime n’annule pas le fait de partager et, ne l’oublions jamais, la Vie partage aussi nos péchés, puisqu’Elle les pleure comme toute veuve partage la mort de celui qu’elle enterre. Le problématique drame du Mal, conçu par Adam(e), est fait de cette combustion commune de tous les bois, ceux de la Terre et ceux de l’Univers. C’est la leçon fondamentale du Signe, le plus beau Feu qu’on ait jamais vu.
Dieu et l’homme, ce n’est pas Lumière et ténèbre. La ténèbre est l’aboutissement du spectre, et si tous les hommes ne finissent pas spectres, tous passent par l’hébétude.

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