En religion croire c’est considérer dogmes et règles comme vérité absolue, indiscutable et exclusivement salvatrice.
Mais pour des réfléchis (Qohélet 4/14, Proverbe 16/20), plus nombreux qu’on ne croit, parmi lesquels les P(p)èlerins d’Arès, croire c’est s’interroger.
Croire c’est échanger l’aveugle conviction contre l’intelligence spirituelle (Signe 32/5).
Le P(p)èlerin d’Arès tire son espérance des Sources : Veda, Bible, Coran, etc., bien qu’enfouies (Signe 24/4) sous des livres d’hommes (16/12, 35/12), et la tire surtout du Signe, mais il apprend aussi de ses errements et erreurs et de son obstination sans cesse rétablie à garder coûte que coûte la foi dans ce principe très simple : le Salut ne vient pas de ce qu’on croit, mais de ce qu’on fait de bien.

Thomas vérifie si le crucifié a bien ressuscité (Le Caravage).
Thomas n’est pas un sceptique ; c’est un homme réfléchi.
Source : Domaine Public (Wikimedia)
Il n’existe de sentier sûr vers les Hauteurs que chevrier et rocailleux (Signe 25/5), qui oblige le marcheur à bien voir où il va poser le pied. La Vérité ne nous est pas visible au motif qu’elle est éternelle, car nous avons depuis longtemps cessé de la regarder en face. Nous avons à retrouver la Vérité (28/7) ou la Vie (24/5), qui dans Le Signe représentent la même Entité : Dieu dans toutes les acceptions qu’entendent les humains par ce mot.
Le Bien, dont l’unique base est l’amour, ne réapparaîtra que s’il est reconstruit après qu’ait fini de nuire le multimillénaire fléau du péché. Dans ce monde de péché seul le relatif Vrai (Signe xxxiv/1-4) reste fiable, parce que la Vérité a disparu. L’homme ne rencontre qu’incertitude.
Croire s’est opiniâtrement s’efforcer de surmonter l’incertitude, mais c’est pour l’heure progresser contre le doute, sans pouvoir aboutir pour le moment. Je sais l’arduité de cette situation.
La pénitence, que préconise Le Signe et qui consiste à aimer tous les hommes, pardonner toutes les offenses, faire la paix avec tous, acquérir l’intelligence spirituelle libre de préjugés, ne peut pas s’en tenir à la seule expérience, parce qu’il n’y a plus depuis longtemps de retours de la part des hommes aimés, pardonnés, acceptés tels qu’ils sont sans préjugé. C’est parce qu’elle ne reçoit que très peu de réponses que l’étoile de l’amour a pâli.
L’Hindou attend tout de la supposée transmigration heureuse des âmes, le Juif attend de l’Éternel rétribution des mitzvot qu’il accomplit, le Chrétien attend le salut d’un Jésus qui serait Dieu, le Musulman trouve en Allah le maître de la providence absolue, du paradis ou de l’enfer. Ça, c’est le train-train de la religion, mieux que rien dans un pis-aller chaotique grâce auquel ce qui subsiste des défunts n’est pas dissous, mais c’est insuffisant pour changer l’homme et le monde.
M’interrogeant depuis quarante-sept ans j’ai compris et je crois que, pour découvrir sa propre fonction co-créatrice dans le Sein de la Vie (24/3-5), l’homme doit d’abord réapprendre qu’il est image et ressemblance du Créateur et qu’il doit s’efforcer d’être plus qu’une molécule ou qu’un débris minuscule de la Puissance Créatrice. Je sais que, dans notre monde spirituellement déchu, l’homme chosifié trouve d’une façon générale insensé de se considérer comme Enfant de la Vie (Signe 13/5). Seul, pour l’heure, le rare épi mûri admet qu’il est Enfant de quelque chose lié à l’Univers. De ce lien-mystère même vaguement reconnu l’animal homme peut par la pénitence même confuse et flottante faire naître son âme. Mais, et c’est capital, ce tréfonds a assez de transcendance pour refaire un homme bon de la confuse vapeur (ii/13, xix/18) spirituelle qui traîne dans l’humain comme la brume de l’aube (xxxv/7, xxxviii/12) sur les champs. Par la suite, cet homme bon redeviendra clairement divin de génération en génération, sachant qu’un petit reste d’Eau pure suffira pour sauver toute la Mer humaine. Ce sauvetage ne se fera pas par l’effet de quelque fantastique générosité du Créateur ; c’est l’effet de l’Un (xxiv/1) qu’est tout ce qui vit de la Vie, parce qu’il n’y a qu’Une Vie.
L’incertitude est le problème n°1 de l’humanité pécheresse. Je suis certain, à l’instant même où j’écris cette entrée, que je porte des chaussettes, un caleçon, un pantalon, une chemise, mais demain, ce soir, dans une heure serai-je vivant ? Incertitude. De plus, si je meurs que trouverai-je de l’autre côté du miroir ? Si c’est une autre vie, laquelle vraiment ? Je crois, mais je crois seulement que je partirai dans les étoiles comme la nuit du 2 octobre 1977 (Signe vi/1-5). Or, cette nuit-là, me suis-je réellement transporté dans l’Univers ? Oui, absolument oui. Les sceptiques et les négateurs ont voulu m’assommer sous les « Vous avez rêvé ! » mais qui pourrait ne pas se souvenir d’une expérience aussi extraordinaire ? Si, au moment où je meurs, ma pénitence n’a pas défailli et tué mon âme, je suis honnêtement certain de survivre. « Mais l’honnêté est-elle certitude ? » va-t-on me demander. Je répondrai oui sans hésitation et je rappellerai qu’on ne peut pas plus atteler honnêteté et certitude à la vérité qu’on ne peut atteler à la même charrette un bœuf et un chien de traction, pour utiles qu’ils soient tous deux.
Ceci dit, rappelons que tous ceux qui ont lu attentivement Le Signe et accepté sa véracité — véracité aussi visible mais aussi fragile qu’une fumée — savent qu’elle n’est pas la Lumière allumée tout d’un coup aussi soudainement et crûment que les spotlights sur un stade. Le Signe n’est que la porte étroite qui s’entrouvre, le couvercle de la bouillonnante marmite de la Vie qui se soulève un peu sur la Vérité, une pomme tombée de l’immense l’Univers, l’arbre infini. De l’Univers nous humains ne sommes plus que d’infimes graines virevoltantes qu’apporte le Vent (Signe ii/3) du Père qui espère que celles qui se planteront (xL/1-5) dans la Terre, finiront par germer et repeupler le Jardin d’Éden qu’elles avaient abandonné (Genèse 3/24). Ce sera alors le Jour, quand la Lumière couvrira tout sans cesse (31/8). Pour croire cela il faut plus que ce qu’en dit la Parole d’Arès. Il faut y réfléchir sans cesse, parce que cette perspective n’est qu’une image fugace aussi immatérielle qu’un conte de fée même dans l’esprit de l’apôtre, qui doit toujours recommencer à l’accepter, en confiance, comme une prémonition assurée.
Dans la société qui n’aime que ses propres idées, quoiqu’elle soit malgré tout aimée par la Vie, et qui, à toute époque, semble se prendre pour le Jugement Dernier de l’Histoire, notre apostolat est très difficile. Comme prophète du Père je dis toute mon admiration aux frères et sœurs qui me suivent. Qu’ils gardent à l’esprit que la réalisation idéale de l’individu humain, son retour sur le sentier du Bien peut vraiment outrepasser le péché d’Adam (Signe 2/1-5). Aucun blocage n’est indépassable. Le Bien peut revenir par un glissement obstiné de l’homme vers ses racines divines. Oui, croire c’est s’interroger sans cesse, c’est lancer la pensée sans cesse à la poursuite d’une Promesse (Signe 2/8) qui semble fuir devant nous, mais que nous réaliserons, la Vie et nous, un Jour.
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