© Christiane et Nina Potay

J’écris cette entrée de blog le jour de mes 80 ans.
J’ai aussi, ce faisant, le privilège d’être photographié
par ma petite fille Agar (reflétée par la vitre).À la fin des années 70 et au début des années 80, le Pèlerinage d’Arès se déroulait dans une extraordinaire ferveur : Trois longues prières diurnes, une longue prière nocturne et, entre elles, de longues et fiévreuses causeries.
Les lieux sont restés aussi modestes aujourd’hui qu’ils étaient alors, mais ont gagné en homogénéité, fonctionnalité et charme, comparés à leur aspect de bric et de broc, plutôt dérisoire, que le Créateur avait curieusement choisi pour parler au monde en 1974 et 1977, comme il avait choisi, trente-quatre siècles plus tôt, une montagne sans renom ni attrait dans la désolation du Sinaï.
L’événement surnaturel du Signe était récent, le Pèlerinage de ce fait d’une intensité émotionnelle pathétique, le besoin de détente et même de rire, se faisait parfois sentir en proportion. Alors, un été, une grosse plaisanterie circula sous forme d’avertissement solennel : « Qu’on ne dise pas que Mickael Jackson viendra cette année en Pèlerinage à Arès, car on n’en sait rien  ! » Aujourd’hui Mickaël Jackson est mort et, malgré des obsèques ridiculement dignes d’une Président des États Unis, il est parti et sera oublié. Le Pèlerinage d’Arès, lui, ne fait qu’embellir.

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Aujourd’hui, l’émotion n’est pas retombée au Pèlerinage, mais elle a acquis de la mesure (Signe 7/9, 32/10)  : Une seule ouverture de trois heures à trois heures et demie selon les jours. Une prière libre. Les curieux et les exaltés de toutes sortes s’étant désintéressés d’Arès, on ne voit plus, du 21 juin au 15 août, que deux catégories de fervents au Pèlerinage  :
des Pèlerins d’Arès (avec un grand P)
et des pèlerins d’Arès divers.

J’appelle Pèlerins d’Arès (avec un grand P) le petit reste que je suis envoyé rassembler (Signe 24/1).
Au dehors rien ne les distingue des pèlerins d’Arès divers, mais au-dedans et dans la vie quotidienne, ils s’efforcent, chacun selon ses moyens, d’être pénitents et moissonneurs de pénitents et de suivre la Parole de Dieu et la parole de son témoin (Signe i/12). Sur le lieu où le Père de l’Univers (12/4) a parlé en 1977, ils viennent prendre (entretenir, attiser) le Feu (xLi/3-7) de leur engagement libre dans la pieuse gente (Signe xLv/13), l’avant-garde des hommes du temps qui vient (Signe 30/13), de ceux qui changeront le monde (28/7) en commençant par changer leurs vie (30/11).
Cet engagement des Pèlerins d’Arès (avec un grand P), je l’ai souvent appelé nouvel exode ou exode spirituel par contraste avec l’exode des Hébreux tombé, sous Josué (Bible), dans le matérialisme violent d’une conquête territoriale ainsi que dans une religion et sa loi.
La Maison de la Ste-Parole où nous, Pèlerins d’Arès, régénérons notre foi active, est en somme notre Mer des Roseaux (Exode 13/17-18, Juges 11/16 ), le passage que l’Éternel a ouvert devant l’homme en 1974 et 1977 pour le libérer de ses chaînes : religions,  politiques, lois, us et coutumes, leurs bonnes raisons, etc., tout ce qui en assurant une sécurité relative à l’homme lui cache ses fantastiques possibilités de se recréer et de recréer le monde en changeant sa vie (Signe 28/7, 30/11).
Le Lieu  du Saint (12/4, xxv/11, xxxvii/6, etc.) à Arès, c’est l’enseigne (xvi/14) de la Vie (24/3-5).

Les autre pèlerins d’Arès, les divers, sont des hommes et des femmes d’espérances et attentes inégales, hétérogènes, qui prêtent à Le Signe des sens, des pouvoirs et des statuts variés.

Les Pèlerins d’Arès voient le mal à son vrai niveau, planétaire : le péché que seul vaincra la pénitence, le péché qui fait de l’homme un loup s’attaquant à lui-même (Signe 22/1, Actes 20/29), le péché qui mutile ou tue la vie spirituelle et cause le malheur et la mort, qui interrompt depuis des millénaires le retour de la sagesse et l’ascension des Hauteurs Saintes (Éden).
Les autres pèlerins voient le mal à de moindres niveaux, dans ses formes immédiates, ponctuelles, désespérantes, le mal sur leur personne, leur entourage, leur vie sociale, leur santé, leur au-delà, le mal contre quoi ils espèrent une protection miséricordieuse ou un miracle, sans grand souci du salut universel.

Mais les uns et les autres, Pèlerins d’Arès et pèlerins d’Arès, viennent à Arès quêter une force de libération, de délivrance du joug du mal,
qu’ils voient le mal à son niveau universel ou à leur niveau privé.


Les Pèlerins d’Arès avec un grand P — le petit reste —, outre qu’ils se sont engagés dans la voie ardue de la pénitence personnelle et de la moisson de tous les pénitents possibles dans le monde, se sont engagés à ouvrir devant le monde le lieu désormais sacré, où le messager Jésus en 1974 puis le Créateur en 1977 ont appelé le monde à changer (Signe 28/7). C’est le Pèlerinage d’Arès.
Le Pèlerinage d’Arès est ainsi ouvert à tous les humains, de toutes convictions, pourvu qu’ils respectent le lieu et soient amenés là par une logique morale de haut niveau, bien distinguée de la vulgaire curiosité.
D’ailleurs, il n’y a rien à voir qui vaille le déplacement. C’est un lieu pour penser ou prier. C’est un pèlerinage au fond de soi, une quête de la nécessité d’aimer, de pardonner, de faire la paix, de se rendre libre du monde extérieur, mais non un pèlerinage à des reliques miraculeuses. Tous les hommes sont enfants (13/5) du Père manifesté là et nul ne sait qui parmi tous les hommes est sauvé et qui n’est pas sauvé (11/3).


La rumeur dit que le Pèlerinage d’Arès est inclassable, comme elle dit que Le Signe et les Pèlerins d’Arès sont inclassables. C’est une manière de les déclasser, parce que, nation biblique se reformant dans un monde où l’on ne croyait plus que cela fût possible, ils gênent.
Que sont ces Pèlerins d’Arès (avec grand P) engagés dans la pénitence personnelle, la moisson de tous les pénitents possibles et dans l’entretien du Pèlerinage d’Arès  ?
Une élite qui se croit promise à un salut et une gloire privilégiés ?
Non. Ce sont des humains banals, captifs du système du temps, ni supérieurs ni inférieurs, ni plus malheureux ni moins heureux que les Hébreux jadis captifs du système pharaonien, mais qui comme les Hébreux ont entendu l’Appel à se libérer. Seulement, l’exode pérégrin étant devenu matériellement impossible par en bas, ils se libèrent par en haut, par la vie spirituelle, le sentier vers la Vie tout court (Signe 24/5, 25/3, etc.). Chaque jour ils se rappellent et rappellent au monde qu’aucune religion ou politique n’a jamais sauvé personne au sens sublime propre à tout homme qui a compris qu’il n’est pas qu’un animal intellectuel, religieux et sociologique.
Les Pèlerins d’Arès laisseront un jour dans le monde l’empreinte ineffaçable de la foi par la conscience que l’homme bon finira par vaincre le mal, le malheur et même la mort (24/5), que le Bien n’appartient pas à une religion, à une politique ou à une loi, mais qu’il appartient à tous, pour la peine de le pratiquer (28/25).
Quelqu’un, sceptique sur Le Signe, se déclare-t-il sûr d’avoir la seule religion qui conduise à Dieu et au salut ou, inversement, est-il sûr que croire ne sert à rien et que l’homme finit pourrissant au fond d’une tombe ? Le Pèlerin d’Arès lui dit avec bonté qu’il n’y a pas d’autre certitude que celle qui se remet sans cesse en question et que la foi — ou le manque de foi — est toujours en cours d’élaboration ou de fluctuation, jamais définitive.
Ainsi la foi arésienne est-elle évolutive, car croire ne sert à rien en effet, s’il ne s’agit que de croire. Aussi le Pèlerin d’Arès veille-t-il constamment à ne suivre qu’une direction  : celle du Bien, ce qui, dans ce monde, où le mal, l’erreur ou la médiocrité revêtent souvent l’habit du Bien, revient à une constante évolution. Tout peut toujours changer.

Les Pèlerins d’Arès n’ont pour dogme et obligation que leur conscience qui a repris librement possession d’elle-même, engagée dans la recherche du Bien comme seule direction de la vie personnelle et sociale, ce que leurs détracteurs taxent de naïf, voire de dangereusement rudimentaire. Un jour, cependant, tous les hommes intelligents (32/5), libres (10/10) et pieux (28/25) du monde se réclameront d’eux, parce qu’ils auront retrouvé la Voie Droite d’une Vérité simple (28/7), l’éthique qui ouvre au bonheur d’une vie spirituelle non fugace ou isolée comme aujourd’hui, mais permanente et universelle. Qui a dit que l’humanité ne retrouverait jamais Éden  ?
C’est pourquoi la foi arésienne n’est ni une religion ni même une morale, car elle situe la recréation de l’homme dans une recherche commune du bien fait de la somme des biens (ou pénitences) individuels. Le Pèlerinage d’Arès est la maternité de cette foi, le lieu symbolique où le bien des uns « accouche du bien des autres, » comme aurait dit Socrate.

Le Pèlerinage d’Arès sous son aspect sacré et pieux est, sur le Fond, tout à fait différent des pèlerinages existants — Plus de cinq mille dans le monde, dit-on ! —. Il n’ajoute pas une nouvelle soumission à de supposées lois que le Créateur n’a jamais édictées, parce que Le Signe prouve que le Créateur n’impose rien. Il propose. L’homme libre dispose.
Le Pèlerinage d’Arès n’est pas davantage un lieu de miracles placé sous le pouvoir discrétionnaire d’un Dieu-Roi-et-Juge, Dieu n’est ni juge ni roi, il est Père trop aimant (12/7). Même si des miracles se produisent parfois à Arès comme n’importe où dans le monde, ils sont dus au rayonnement bénéfique et recréateur d’hommes bons concentrés à cet endroit.
Le Pèlerinage d’Arès inaugure une mise à l’épreuve des vies, des pensées, des intentions et des responsabilités de l’homme dans le droit fil de la seule question de foi qui vaille : « Nous pouvons retrouver l’image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/27), mais le voulons-nous ? »

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