L’humanité qui nous a précédés — Érasme et d’autres — a débroussaillé nos cerveaux.
Ce n’est pas Érasme, loin s’en faut, c’est Le Signe qui appelle à la démythification et l’existentialisation de la foi qui changera le monde, mais ce grand humaniste est un exemple d’éveil de l’intelligence (Signe 32/5) et de mesure (7/6, 12/1, 25/9, 32/10, 35/7, 39/3), même s’il nous faut les pousser beaucoup plus loin pour accomplir ce qu’Érasme ne fit que rêver.

Érasme (1469-1536)
(© Web Gallery of Art, created by Emil Krén and Daniel Marx, Wikimedia)
Le Créateur m’a chargé et, par suite, a chargé le petit reste, que je suis envoyé rassembler (Signe 24/1), de deux tâches :
Répandre Le Signe pour que ceux parmi les hommes qui seront capables de se reconnaître en elle découvrent ce miroir de leurs propres espérances et viennent grossir la Moisson (Signe 4/12, 5/2-5, 6/2, 15/7, 31/6, 38/2) des pénitents, qui à leur tour moissonneront d’autres pénitents, qui changeront le monde (Signe 28/7),
Démythifier la foi et la rendre activement existentielle, parce que, si le Créateur peut donner Le Signe, nous autres ne pouvons que montrer notre foi dans cette Révélation. Aussi notre foi doit-elle être particulièrement dynamique et créatrice.
Changeons en vraie foi, constructive et évolutive, la foi statique et dogmatique des religions.
Donnons cette vraie foi constructive à ceux innombrables qui l’ont perdue, parce qu’ils ont été scandalisés (Signe 28/4).
Donnons aux rationnalistes de bonnes raisons de croire et de repousser les limites du rationnel en y incorporant ce qu’ils croyaient être irrationnel.
La foi qu’inspire Le Signe n’est pas la traditionnelle soumission, suppliante et glorifiante, à un Créateur qui serait seul Maître du destin humain, mais un retour des Fils (Signe 23/1, 35/11, 36/17) ou des Enfants (13/5) à l’Héritage (28/15-24, 31/4), c’est-à-dire au Bien (12/3, xxxiii/11, xxxviii/3).
La foi arésienne est un existentialisme ; un existentialisme orienté vers le changement en Bien.
Un syllogisme l’explique :
L’homme ayant choisi librement le mal (Signe 2/1-5, vii/7-13) peut choisir librement le Bien qui vaincra le mal ;
le Créateur respectant la liberté de bien et de mal qu’il a donnée à l’homme, sa Miséricorde refusée par le mal est devenue aléatoire (Signe 16/15) ;
donc, seul le bien qu’accomplit librement l’individu le sauve à coup sûr des ténèbres immédiates et changera le monde (Signe 28/7) de malheur en bonheur.
Aucun mythe n’agit dans cet accomplissement.
L’accomplissement est existentiel, concret, sans intermédiaire.
La Moisson consiste à réunir (xLv/19) les hommes qui ont la conscience et la volonté d’exister et de faire exister la société à l’image du Bien dont l’homme est issu (Bible : Genèse 1/27). C’est ce que j’appelle existentialisation — Ce mot ne figure pas au dictionnaire.
Tout homme qui combat en lui le mal ménage son propre salut et ouvre le monde à la Vie spirituelle (Signe 24/3-5), seule voie de changement et de salut personnels comme universels.
La démythification — plus de mythes ! — et l’existentialisation — faire exister et agir le Bien ! — fondent la vraie foi arésienne, active et évolutive, mais elles sont si contraires à la culture millénaire de la foi passive et statique qu’elles sont difficiles à accomplir.
C’est pourquoi la Sagesse qui se suffit à elle-même (Signe 10/12), mais qui est bien consciente qu’elle ne suffit pas à l’homme pour qu’il change vite, sait que l’homme ne se démythifie qu’en passant par le mythe, parce qu’il ne se délivre que de ce qu’il a expérimenté.
Aussi la Sagesse utilise-t-elle paradoxalement des mythes : sacrifice, Marie, tentateur, etc., dans Le Signe pour donner à l’homme le temps (Signe 12/6) qui lui est nécessaire pour se démythifier et découvrir qu’il est son propre sauveur en faisant vivre en lui le Sauveur (Signe 2/12-13).
Une commentatrice de l’entrée de blog précédente, Gaby (98C33) dit :
« La foi arésienne, qui est absolument « insurgeante », qui balaie toutes les idées (religieuses) reçues, est une peau dans laquelle il n’est pas facile de vivre. J’en sais quelque chose, mais je tiens le coup.
Vous [Frère Michel, vous] ne dites pas que Dieu n’existe pas, mais que vous ne savez plus « qui il est et ce qu’il est » depuis les Théophanies [1977, Le Livre]. Vous identifiez, depuis lors, Dieu à l’image et ressemblance qu’il a dans l’homme. À partir de là, vous dites, en vous appuyant sur la Parole que vous avez surnaturellement reçue à Arès, que l’homme est par la pénitence, soit donc par son retour à l’image et ressemblance du Créateur, le producteur de sa propre grâce.
« Vous le disiez déjà autrefois, mais pas avec le radicalisme très fort que vous avez acquis aujourd’hui, qui éclate dans vos annotations de l’édition 2009.
« J’ai soigneusement noté tout cela et pas besoin d’être grand clerc pour voir que ça révolutionne plus fortement que jamais toutes les idées reçues. »
Gaby résume ici à sa manière toute l’originalité et la difficulté même de la foi créative, évolutive et sans mythes, que tout lecteur attentif déduit du Signe.
J’ai choisi Érasme pour illustrer ce propos, parce qu’avant 1974 je le condamnais comme hérétique et que, depuis 1974, j’ai compris quel effort d’intelligence (Signe 32/5) ce grand humaniste avait dû faire pour se détacher du lot.
J’ai attendu une occasion de rendre justice à son sens de la liberté spirituelle.
J’admire aujourd’hui son intelligence indépendante et son courage — il fut durement dénigré et calomnié de son vivant —, parce que, avant 1974, je ne serais jamais de moi-même allé aussi loin que lui, moi qui allais recevoir pour mission d’aller beaucoup plus loin encore. Esprit universel, pétillant et souriant, moderne, précurseur du libéralisme. La recherche du bien commun, de la paix, de l’amour fraternel, formèrent la base de sa pensée.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2009 — Tous droits réservés


Sur les rapports entre Érasme et Le Signe ou entre Érasme et Michel Potay
Il n'y a pas de rapports entre Érasme et Le Signe, pas plus qu'entre lui et moi, qui n'ai pas de talent d'écriture, dans lequel il excellait.
Il y a encore moins de ressemblance entre lui et moi dans l'autonomie et la liberté naturelles dont il fit preuve pour évoquer les réformes importantes dont l'Église et la société en général avaient besoin — Certains réformateurs s'inspirèrent de lui sur plusieurs points.
Je fais preuve pour ma part d'autonomie et de liberté, mais elles ne me sont pas naturelles.
Sans les manifestations surnaturelles de Jésus et du Créateur et sans leur Message, je n'aurais jamais montré ces autonomie et liberté qui me sont une obligation d'état, mais non un élan spontané, dans la mission prophétique dont j'ai été chargé. Peut-être, après 35 ans, sont-elles seulement moins forcées en moi.
Avant 1974, je n'avais aucune des idées — pour moi blasphématoires à l'époque — qui fondent Le Signe, ni le moindre atome du Souffle extraordinaire qui traverse cette prodigieuse Parole.
Ces idées, Érasme ne les eut pas davantage, mais j'admire l'audace de sa pensée que je n'aurais même pas eue avant 1974 vis-à-vis des instituions dont je dépendais. J'avais certes un certain anticonformisme et des idées communistes, mais ces idées étaient dans l'air du temps, elles ne me devaient rien.
Oui, j'admire ces audacieux qui, sans qu'ils y fussent poussés par une Main extérieure comme je l'ai été, purent d'eux-mêmes révolutionner la pensée et les projets de l'homme.
J'ajoute, en confidence, que, parfois dans ma solitude qui est lourde, je souhaiterais avoir à mon oreille les lèvres sages d'hommes de l'intelligence d'un Érasme pour me conseiller sur certains points. J'ai peut-être placé ici le portrait (par Holbein) de ce conseiller éponyme, parce que je ne peux qu'en rêver. [99C01*21/09/2009]
Sur Luther et Érasme
Concernant Luther, on peut évoquer la dispute fameuse de celui-ci avec Érasme, dont le portrait illustre cette entrée de blog, quoique ni l'un ni l'autres n'ait été à proprement parler un signe précurseur du Signe. Ils ont été des hommes remarquables par leur courage de dire non à une religion alors toute puissante, ce qui n'est pas rien. Cela ne les empêcha pas de se quereller par correspondance.
Les deux hommes avaient d'abord paru alliés. Ils avaient les mêmes ennemis ; les théologiens, les Dominicains, tous les inconditionnels de l'Ordre religieux et moral de l'époque. Érasme, qui était et qui resterait catholique, avait déclaré que la protestation de Luther ne devait pas être étouffée. Tout en essayant de calmer Luther — très véhément —, Érasme l'avait défendu auprès des princes allemands, disant par exemple : "Luther n'a eu que deux torts : Frapper le pape à la couronne et frapper les moins au ventre." Il fallait le courage d'Érasme pour écrire ça à cette époque.
Mais les natures et les éducations de ces deux hommes étaient tellement différentes qu'ils n'allaient pas tarder à se confronter. Érasme en humaniste reliait le christianisme aux grandes sources philosophiques de l'antiquité — un lien que je fais moi-même de temps en temps en rapprochant, par exemple, l'idée stoïcienne de la libération de l'homme par la bonté avec l'idée de liberté par la pénitence de Le Signe —, alors que Luther en restait à la scholastique moyen-âgeuse. Leur dialogue devient vite un dialogue de sourds, de ce fait.
La querelle se déchaîne, je crois me souvenir, après le "Dialogue sur le Libre Arbitre", libre arbitre dont Éramse démontre l'existence dans l'Évangile même, mais Luther réplique de façon cinglante : Si un libre arbitre existe, ce ne peut être que celui de Dieu. Pas celui de l'homme !
Non décidément l'humanisme d'Érasme n'avait pas grand-chose de commun avec la foi de Luther et rejoindrait moins encore celle de Calvin. Pour Luther l'homme ne pouvait être qu'associé au mal et ne pouvait dépendre, pour son salut, que de la grâce gratuite de Dieu, mais non d'un quelconque libre arbitre.
Pour ma part, le libre arbitre est rendu évident non seulement par une bonne compréhension du Sermon sur la Montagne (Évangiles de Matthieu et Luc) mais plus encore par l'existence même de Le Signe. Si le Créateur par cette Parole propose à l'homme d'abandonner le mal des siècles et de reconstruire le monde par la pénitence, c'est bien parce que l'homme est librement capable d'accepter ou de refuser cette Voie.
L'homme a le libre arbitre : Adam a choisi (Signe 21-5) librement une mauvaise manière de vivre, qui lui a coûté l'Éden et le bonheur perpétuel. La descendance d'Adam peut aussi librement choisir la manière de vivre inverse et changer sa vie (Signe 30/11) et changer le monde (28/7).
Oui, le libre-arbitre que voyait bien Érasme et que niait Luther, est une réalité.
Oui, donc, la vraie foi est un existentialisme. [99C04*21/09/2009]
Sur les différences entre homme et femme
À une commentatrice qui écrit : "L'homme et la femme ne sont-ils pas un mythe à eux tout seuls ? Sans généraliser, les préjugés et visions très basses projetés sur eux ne les ont-ils pas transformés en une sorte de mystification ? Équilibrer le masculin et le féminin en eux permettrait de faire éclater les autres mythes les entourant.", Michel Potay répond :
Oui, un mythe sépare le masculin et le féminin, qui cependant ne sont pas interchangeables. Ils sont complémentaires.
Leur différence ne porte pas sur le fondamental humain, mais seulement sur la biologie, de toute façon.
Le Signe dit : L'homme (l'humain) est de chair, d'esprit et d'âme (17/7).
Partant de là, que puis-je dire du masculin et du féminin et des mythes qui les prétendent radicalement différents ?
Concernant la chair, leurs chairs montrent respectivement des différences notables. Physiologiquement et donc psychiquement, pour la part de psychisme respectivement afférente à la différences physiologique, chaque homme n'est pas et chaque femme n'est pas un mythe en soi.
Il y a la réalité homme psycho-physiologique d'un côté et la réalité femme psycho-physiologique de l'autre côté, chacun remplissant certaines fonctions différentes et possédant dans ses fonctions respectives des capacités et des qualités psycho-physiologiques différentes.
Mais ces fonctions respectives sont très loin de rendre compte de leur vie commune ou, si vous préférez, du fondamental humain. C'est là un point capital, celui où les mythes font éclater la réalité. La réalité est que les différences entre la chair masculine et la chair féminine ne sont pas essentielles, mais complémentaires. La Bible écrite dans un hébreu qui ne dispose pas de termes abstraits dit cela autrement et joliment : ...et ils ne sont qu'une seule chair. (Genèse 2/24).
On peut voir cette seule chair (la compénétration des chairs) comme seulement nécessaire pour faire l'enfant, mais c'est parler par l'instinct animal, du moins barbare. Ici la réalité s'est transcendée : L'humain pouvait rester au stade animal-barbare ou le dépasser. Il l'a dépassé, pas assez encore, mais il l'a dépassé.
C'est son existentialisme.
Autrement dit, l'humain a imprimé à sa vie une autre existence, commune : la communauté homme/femme ou femme/homme, en dépassant les existences primitives et distinctes du mâle et de la femelle.
Même si cette communauté est encore floue ou incertaine dans bien des cas, l'humain (le descendant de l'Adam devenu barbare par choix, Signe 2/1-5), étant existentiel du fait de l'image et ressemblance du Créateur en lui (Genèse 1/27), est largement, au cours des âges, remonté du stade barbare — D'ailleurs, Le Signe lui propose une nouvelle remontée, l'ultime.
De sorte que, dans l'état actuel de l'humain, il est déjà mythique en effet de parler de l'homme comme d'une existence et de la femme comme d'une autre existence, parce que la notion de mâle et femelle est bien plus que dépassée. Parler de mâle et de femelle humains séparément est devenu aussi inepte que de parler de tronc séparément des membres.
Certes l'humain tronc peut vivre, mais si on le nourrit. Sinon il n'est pas viable. Il y a infirmité grave, due au mythe. Le masculin et le féminin sont tous les deux tout à la fois et indistinctement le tronc et les membres, malgré que le mythe continue d'agiter sa hâche ou sa scie pour séparer la seule chair. La soudure du tronc et des membres est encore instable, du fait du mythe, en effet. La soudure reste à recréer totalement pour revenir à une seule chair. D'elle sortira une nouvelle évolution physiologique, sans aucun doute.
Concernant l'esprit, aucune différence ! Les différences résultent de la culture qui est la source de quantité de mythes, de loin les plus gros concernant respectivement l'homme et la femme.
Concerne l'âme, aucune différence ! Des mythes existent dans le domaine spirituel dans des cultures lointaines, mais le judaïsme, le christianisme et l'islam les ont reconnus faux en totalité, bien que n'ayant pas dans la pratique de la vie vaincu tous les mythes culturels, loin s'en faut.
Donc, pour finir, les différences entre homme et femme sont encore pour la plupart mythiques.
Vous avez raison. [99C06*22/09/2009]
Sur le sort redoutable des prophètes et l'existentialisme inachevé
À une commentatrice qui s'interroge sur le caractère "redoutable" du "sort des prophètes" — se demandant si cela tient au fait qu'ils n'auraient pas poussé leur existentialisme assez loin pour orienter le monde vers Éden — et qui questionne également la possibilité que ce même sort "redoutable" soit celui du prophète Mikal et du petit reste qui le suit, Michel Potay répond :
Votre question me déconcerte. Vous êtes la première à me la poser depuis l'édition de l'Intégrale en 1984.
J'imagine que si personne ne me l'a posée jusqu'à présent, c'est parce que la réponse est tout simplement donnée par l'Histoire. Ne suffit-il pas de considérer l'Histoire et, dans l'Histoire, tout ce qui touche aux prophètes, à toutes époques, en tous domaines et partout dans le monde, pour voir que tous ceux qui ont dérangé la société et particulièrement les pouvoirs en dénonçant leurs fautes et en les appelant au bien ont été, à divers degrés, mal vus, contestés, empêchés d'agir, importunés, souvent persécutés, voire même parfois exécutés ? Le prophétisme entraîne donc des actions dont certaines conséquences, sur le moment, peuvent être à craindre ? "Redoutable" n'a-t-il pas simplement le sens de "à craindre" ? Même le prophète qui n'a pas peur pour lui-même a "à craindre" l'échec de sa mission.
Mais il y a encore plus à craindre, c'est de ne pas faire naître ou de perdre son âme. C'est le cas des prophètes qui se sont dérobés à leur mission, qui, craintifs (à l'excès) n'ont pas pu sortir du monde, monter sur le Parvis (de Dieu) pour s'adresser au monde en Son Nom (Signe 2/16-18). Ceux-là échappent à la persécution des hommes en taisant ce qui leur déplaît, mais ils se vouent à la mort spirituelle, autrement plus redoutable encore.
Ceci étant dit, et c'est le point le plus difficile de votre commentaire, vous assortissez votre questions générale d'une autre question, tout à fait particulière : Le sort des prophètes est-il redoutable "parce qu'ils n'ont pas poussé leur existentialisme assez loin pour impulser le monde dans la direction d'Éden" ?
Vous semblez vouloir dire que le prophète doit faire plus que son prophétisme, il doit assurer l'exécution de ce que son prophétisme inspire. Vous mêlez alors Moïse et Josué, Natan et David, les Évangiles et les Premiers Chrétiens, Muhammad et la grande islamisation du monde par les cavaliers d'Allah. Où se situe exactement ce que vous appelez "aller assez loin pour impulser le monde" et en quoi cela consiste-t-il exactement ?
Prétendez-vous, Madeleine, que pour bien remplir votre mission prophétique vous devez faire la pénitence de ceux que vous appelez à la pénitence ? Vous ne pensez sûrement pas ça, mais alors qu'entendes-vous par "aller assez loin pour impulser" la pénitence ? Pour moi, c'est au mieux rappeler à l'humanité semée (Signe 5/1, 6/2) la sagesse et les possibilités transformatrices de la pénitence et montrer sa propre pénitence, parce que je ne suis pas maître du destin spirituel de ceux à qui je parle, qui ont leur liberté. Peut-être pensez-vous qu'on peut faire plus et qu'il faut notamment forcer cette liberté ? Mais comment ?
Ici l'on n'est plus, à mes yeux, dans le prophétisme. Ici l'on entre dans un domaine spéculatif où l'on peut dire tout et le contraire de tout. De plus, à partir de quel point de cette spéculation assume-t-on la responsabilité et l'exécution pratiques de ce qu'on dit ?
Vous risquez alors d'avancer des jugements gratuits comme celui lancé contre moi par cette personne citée par Aubert (99C03) qui dit (98C12) : "Pour moi, M. Potay n'a jamais eu la carrure d'un prophète universel (même dans les limites du champ), ni le comportement d'un prophète... Non, pour moi, M. Potay n'a jamais eu le comportement d'un prophète universel. Qu'a-t-il fait ou que fait-il pour changer le monde ? Rien, à part écrire ses livres, répondre à son courrier, tenir son blog, encaisser la demi-dîme, et faire des travaux de réfection du lieu saint à Arès."
Combien j'aimerais qu'on me dise ce que je pouvais faire seul, invisible puceron contre la jungle d'un monde hautement structuré et outillé ? Que pouvais-je faire, laissé seul par une assemblée dont je n'ai pas réussi, je le reconnais, à "impulser" l'appui et l'action collective autour de moi (c'est peut-être de ma faute et pas de sa faute). Que pouvais-je faire seul sans maison d'édition (j'ai dû éditer Le Signe moi-même), sans radio, sans télévision, sans media sinon ceux qui me calomniaient, bref, sans autre moyen que ma tête, mes deux bras et mes deux jambes et, localement, l'aide de quelques grands fidèles, auxquels je reste éternellement reconnaissant, qui assument des missions locales : Les Ouvriers de la Moisson, ou des missions fonctionnelles générales : Adira. Oui, qu'aurais-je pu faire de plus, n'étant le chef de personne (Signe 16/1), ne pouvant commander à personne (36/19), ne pouvant être que la parole qui est la Parole (i/12) ?
J'ai fait ce que j'ai pu. Peut-être pouvais-je faire plus et ne l'ai-je pas vu, je n'ai jamais exclu l'hypothèse d'une insuffisance de ma part. Ma question : "Que dois-je faire ?" n'a jamais reçu de réponse, sauf de ma propre conscience.
Alors, en l'absence de réponse du monde ou même de l'assemblée, je vais vous dire, seule l'Histoire répondra. Seule l'Histoire dira si ce que j'ai fait et si ce que vous faites vous-même, dont j'admire le courageux apostolat conjointement à l'apostolat des frères et sœurs de votre mission, n'a pas été suffisant ou a été au contraire beaucoup, voire miraculeux, face à un monde assourdi par un bruit énorme et qui ne nous a jamais offert le moindre pupitre public, jamais tendu ne serait-ce qu'un petit micro sur un grand media, un monde qui nous a au contraire combattus.
Pour le moment je vous dis : Ce que vous faites est bien. Continuez et, si possible, améliorez ! C'est ce que je fais moi-même et c'est peut-être pourquoi, faisant avancer le Bien, nous voyons le mal réagir plus fortement par les contradicteurs et les transfuges, car qu'offrent-ils que Dieu n'ait déjà donné (Signe 8) par notre mission ? Les contradicteurs n'offrent rien. Ils nous critiquent, ils nous récusent. C'est tout et ça ne laissera rien. Vous avez choisi le bon côté.
Ceci s'adresse à tous mes frères et sœurs. Alleluia ! [99C07*22/09/2009]
Sur ce que l'on doit à soi-même et ce que l'on reçoit sans l'avoir cherché
Je n'ai pas fait de rapprochement entre le lectorat critique, parfois calomniateur, auquel s'adressait "L'Éloge de la Folie" d'Érasme et ceux dont parle l'entrée #0098, qui m'ont critiqué, rejeté et abandonné cette année à la suite de l'édition 2009 de Le Signe.
J'ai cité Érasme sous son jour positif général, pas spécialement à travers "L'Éloge de la Folie" qui est son livre le plus populaire, mais qui est loin de représenter son œuvre en général.
Je me doute bien qu'Érasme pensait par "L'Éloge de la Folie" répondre aux "grands esprits", comme vous dites, aux clergés, aux bien-pensants et autres cogitateurs, qui l'accablaient de critiques méchantes, de jugements hâtifs ou de calomnies, mais je n'ai pas personnellement le même réflexe.
Mon réflexe est de pardon et de laisser la porte ouverte.
Cela m'est d'autant plus facile qu'il ne s'agit pas de ma porte, mais de la porte de Le Signe dont l'Auteur Céleste, le Créateur, le Père trop aimant (Signe 12/7), était en 1974 et 1977 le premier à savoir que cette Parole et son témoin seraient régulièrement critiqués et/ou rejetés et qu'il faudrait laisser la porte ouverte à leur retour éventuel. C'est d'ailleurs la porte laissée ouverte depuis l'origine des temps par la Parole en général.
Vous me dites : Oui, mais rouvrir Le Signe sans ouvrir la porte du Frère Michel n'est pas logique. C'est vrai, mais je n'ai pas à le rappeler. Dire que Le Signe ne va pas sans son témoin est un truisme. Un truisme n'est jamais beau et, n'étant pas beau, n'est jamais très probant.
Revenons à Érasme :
Érasme, d'origine obscure et pauvre, fils "naturel" d'un prêtre et d'une veuve, s'éleva par son intelligence et sa volonté à la condition de prêtre et d'homme de lettres. Je n'oublie pas qu'il était prêtre. Toute sa vie, quoiqu'étant ecclésiastique et cela ajoute à ses grands mérites, il s'opposa à ce qu'on appelerait aujourd'hui "le spirituellement correct" et "l'intellectuellement correct", surtout quand ils sont imposés. Contemporain de la Réforme, il fit partie de ceux portés à repenser leur foi dans le sens d'une libération, quoiqu'il ne rejoignît pas les réformés. Il resta catholique — c'est peut-être ce que d'aucuns lui ont reproché —, mais il pensait que Luther n'allait pas assez loin dans la libération religieuse. Érasme, de ce fait, se sentait aussi bien demeurer dans le giron de Rome. Il eut cependant toujours le courage de défendre les réformés, d'appeler la hiérarchie et la haute société catholiques à ne pas rester sourds à ce qu'ils avaient à dire. Il ne se rangea pas du côté des conformistes, ce qui lui demandait tout à la fois beaucoup de clarté d'esprit et de courage. C'est quand il s'efforça de renouveler le champs des connaissances générales qu'il exerça une influence considérable. Il contribua ainsi grandement à une évolution de l'esprit, des études, de la tolérance, etc. Je résume. En bref, l'humanité doit beaucoup à un homme comme Érasme.
J'ai conscience des limites d'Érasme, mais considérant qu'il dut sa riche pensée à ses propres efforts d'intelligence, alors que je dois mes propres efforts à un événement surnaturel et à l'avènement d'une Parole que n'avais pas demandés, je ne peux qu'admirer l'homme, comme j'en admire d'autres. [99C13*23/09/2009]
Sur la déconstruction des mythes, premier pas vers une autre civilisation
Je ne crois pas que la loi des rats et l'État qui l'applique soient des mythes. Ils s'entourent de mythes, mais c'est autre chose. Ils n'en sont pas par eux-mêmes des mythes.
J'ajoute que beaucoup des personnes que je connais, parmi lesquels des sœurs et frères, qui proclament comme vous le mythe de l'État, professent l'anarchisme politique, vivent ostensiblement une vie marginale en exergue du système, mais ils vivent du secours-providence même de cet État. Le chèque qu'ils touchent chaque mois ou chaque trimestre n'est pas un mythe. Ce sont de bons Euros sonnants et trébuchants réellement obtenus de l'État en tant que tel. Je ne reproche rien à ces personnes ; ils se débrouillent comme on dit. Ils se trompent, néanmoins, sur le sens du mot mythe.
Par contre, celui ou celle qui prie la Sainte Vierge Marie et qui obtient un miracle n'obtient rien de la Sainte Vierge Marie en tant que telle. Elle n'est qu'un mythe. En fait, celui-là ou celle-là obtient un miracle du Tout Autre, de la Grâce qui procède de toute éternité à la Création de l'Univers, qui ne cesse jamais (Signe xxii/12-13) et cette Grâce l'homme est capable de la produire lui-même par la pénitence. Un miracle n'est jamais qu'une re-création.
Le fait que Marie soit priée plutôt que le Tout Autre : Dieu, le Père, le Créateur, etc., est bénin en soi. Le Signe souligne cette bénignité en nommant Marie ou Mère, faute d'autre mot compréhensible pour l'homme, ce qui n'est en fait que la phase compassion du Père, lequel n'est lui-même que la phase paternelle du Créateur plus encore qu'asexué, au-delà de la physique et des concepts intellectuels, donc incompréhensible pour nous humains.
Ce qui est pernicieux dans l'idée de mythe comme croyance, c'est qu'il fait croire à l'humain qu'il dépend de ce mythe pour sa protection, sa survie, sa bonne mort. Le mythe empêche ou freine ainsi la vraie dynamique créatrice de la foi : le changement. D'où la nécessité de la démythification pour qu'il y ait réel progrès spirituel.
Par ailleurs, en parlant de la démythification au quotidien, vous écrivez le mot quotidien et là, c'est vrai, vous soulevez le problème constant du croyant, singulièrement du Pèlerin d'Arès, qui vit dans le monde. C'est pour échapper (illusoirement) à ce quotidien que les moines se sont enfermés dans des monastères, mais ils se sont trompés, Le Signe le dit sans ambages. Où que l'homme soit, le quotidien le saisit à chaque instant : il faut se lever, se laver, travailler, manger, se soigner quand on est malade, etc., et ces actes submergent et étouffent nos grandes espérances spirituelles. Elles ne survivent qu'avec difficultés. C'est bien pourquoi tout ira lentement, pourquoi Le Signe dit : Quatre générations ne suffiront pas (24/2).
Donc, le Père dans sa Sagesse nous demande de commencer par supprimer de nos espérances les mythes religieux. Les autres mythes du quotidien, à commencer par le mythe de cette civilisation qui serait impossible à changer, ne s'effaceront que peu à peu pour laisser place à un autre monde, une autre civilisation, un monde changé (Signe 28/7). [99C15*24/09/2009]
Sur l'héroïsme (Signe xxxv/4-12)
Par Le Signe le Père nous appelle à l'héroïsme (Signe xxxv/4-12) !
Il ne s'agit plus de l'héroïsme physique des champs de bataille et des procès de l'Inquisition, mais de l'héroïsme social dont doit faire preuve le moissonneur.
Il est probable que certains qui m'ont accusé d'être trop douteux ou trop imparfaitement humain pour être crédible ont trouvé par là une raison socialement honorable de fuir une foi active, apostolique, pénitente et conquérante plus préjudiciable que prometteuse, en tout cas plus fatigante qu'une simple foi spéculative, dans cette génération. Mais nous ne sommes pas là pour juger ceux qui se retirent. Nous sommes là pour aller de l'avant, comme vous dites.
Je crois que les "périls" que nous avons à affronter sont doux comparés à ceux de nos prédécesseurs des temps bibliques ou d'autres temps prophétiques. Mais souvenons-nous que tout ce qui fait peur à l'homme lui révèle sa nature profonde. Comment être sûr qu'on a assez de foi et de courage avant d'avoir peur ? Et comment se forger une foi et un courage dignes et forts sans passer par la peur ?
Toute histoire d'une évolution s'accompagne d'une histoire des peurs. L'inventeur a peur des effets pervers possibles de son invention tant qu'il ne l'a pas suffisamment testée et nous, qui ne sommes pas des inventeurs, mais qui, d'une certaine façon, sommes envoyés inventer un monde nouveau (Signe 28/7), nous avançons aussi avec quelque trouille au ventre.
Qui révélant pour la première fois à sa famille ou ses amis qu'il est Pèlerin d'Arès ou qui rejoignant la mission de rue la première fois n'a pas connu ce pincement des entrailles ?
Toute la vie nous pousse, de toute façon, dans bien d'autres domaines à jouer chaque jour un double jeu d'abandon et de conquête, de recul et d'attaque. Alors, autant conquérir et attaquer pour créer et défendre nos âmes et préparer le changement du monde.
Oui, il faut parfois s'exposer socialement pour se mettre en sécurité spirituellement. Pari de la foi, parce que la foi, c'est toujours un pari. Je parie que c'est bien le Créateur qui m'a appelé à Arès et avec moi vous pariez la même chose et, sur la base de ce pari, nous faisons le choix que nous propose Jésus, messager du Créateur, depuis 2.000 ans : Ne craignez pas ceux qui en veulent à vos personnes, mais craignez ceux qui en veulent à vos âmes ! [99C17*25/09/2009]
Sur la force maléfique qui souleva du sol frère Michel en 1974
Concernant la force maléfique qui me souleva du sol pour me jeter de plus haut sur le sol et probablement tenter de me tuer, voilà ce que j'ai écrit dans ma réponse au commentaire 98C83 :
Il ne fait aucun doute qu'il existe autour de nous, invisibles, des forces maléfiques, de même qu'il existe des anges, des défunts, etc. La force maléfique qui m'éleva au plafond et me jeta à terre pendant la période des apparitions de Jésus en 1974 (voir le liminaire de l'époque) était un de ces démons, ou diables, ou quelque nom qu'on leur donne. Peut-être ce démon essaya-t-il de m'induire en tentation de peur, en tentation de fuir les apparitions de Jésus ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne ressentis pas cette tentation. Cette force maléfique cherchait surtout à me détruire, je pense.
La question que je soulève dans mon entrée de blog 0098 est celle du démon considéré comme tentateur. Je ne crois pas que nos péchés soient le résultat de tentations que nous inspire ce tentateur extérieur. Dans tout son contexte, Le Signe nous fait bien comprendre que le responsable du péché, c'est l'homme, toujours l'homme, exclusivement l'homme. Quand elle parle du très grand et grave péché que fut le mauvais choix d'Adam (Signe 2/1-5), elle ne dit nullement que son mauvais choix lui fut inspiré par le démon ou tentateur. Elle dit clairement : Adam.. ; qui a choisi d'être maître de la terre, etc, etc. Mais le tentateur peut être, outre soi-même, un autre humain : D'une femme aguichante qui fait perdre la tête à un homme, ne dit-on pas qu'elle est une tentatrice ?
Quelle que soit l'origine du mal que je commets, j'en suis responsable et je ne me sauverai que par la pénitence.
Concernant la protection du Créateur elle est devenue aléatoire, contingente... Autrement dit, cette protection survient ou ne survient pas, on ne peut pas compter sur elle du fait du péché général de l'humanité qui de façon générale repousse la Miséricorde. Par contre, si l'humanité entre en pénitence, elle se pourvoira à coup sûr d'une formidable source d'autoprotection contre son propre péché et contre ses effets dommageables qui sont continuels.
Je crois avoir expliqué tout cela en long et en large, mais je comprends que, selon la culture qu'on a reçue, cela ne soit pas très clair de prime abord. [99C18*27/09/2009]
Sur la nécessité de se méfier des discours politiques, trop souvent faits de mensonges et de propagande
À un commentateur étonné de constater, au fil de certains témoignages de ce blog, que des pèlerins restent sensibles aux promesses des politiques — surtout lorsque ces derniers briguent le pouvoir —, et qui appelle à la vigilance face à des discours le plus souvent faits de mensonges et de propagande, Michel Potay répond :
Je ne connais pas de Pèlerins d'Arès "qui croient encore au discours des politiques." Les Pèlerins d'Arès croient au discours de Le Signe.
Tous les commentateurs sont loin d'être ce que j'appelle des Pèlerins d'Arès. Je dirais même, à vue de nez sans avoir fait de comptes, que les vrais Pèlerins d'Arès sont minoritaires parmi les commentateurs, parfois même très minoritaires dans centaines entrées de blog. Il y a par contre un bon nombre de sympathisants, de frères et sœurs du reste (par comparaison au petit reste, voir "Nous Croyons,Nous Ne Croyons Pas").
Néanmoins, nous Pèlerins d'Arès sommes bien obligés de vivre avec la politique, qui fait partie de notre quotidien qu'il est impossible d'ignorer, parce qu'elle pèse sans cesse sur nous comme réalité qu'il faut subir si nous voulons garder une certaine capacité de circulation et d'expression (impôts, lois, police, décisions prises par l'État et les États — le G20 par exemple — et autres dominations) et il est bien naturel que, lorsqu'il s'agit par exemple de voter, nous choisissions une domination moins susceptible qu'une autre de nous empêcher de parler et d'agir. Pour autant, nous Pèlerins d'Arès ne mettons pas notre espérance dans la politique, mais dans la spiritualisation du monde, autrement dit, dans la naissance des âmes par la pénitence. [99C20*27/09/2009]
Sur la recherche de la faille : comment pénétrer la citadelle du monde
Les Pèlerins d'Arès sont des hommes et femmes de forte espérance, de grande foi, mais pas des rêveurs.
Partant, ils savent aussi que la très grande difficulté de leur mission — parler d'échec est quand même plus que prématuré : quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) — tient à ceci que : "c'est encore et toujours la cupidité, la médiocrité, les abrutisseurs et dompteurs des masses, religieux, politiques ou administratifs, qui dirigent le monde." D'où le scepticisme devenu l'instinct de masse auquel notre parole prophétique se heurte. L'épaisse muraille de la citadelle (Signe 13/8) dressée face à nos moissonneurs est construite avec le dur matériau de cette réalité-là. Nous en sommes parfaitement conscients.
Alors, nous réfléchissons.
D'abord, nous nous demandons : Est-ce le Créateur qui nous a parlé par Le Signe ? La masse répond non tout de suite et s'éloigne (pour le moment) ; d'autres répondent non avec retard ou grand retard et s'en vont (pour le moment). D'autres répondent : Oui.
Ensuite, pour ceux qui ont répondu oui, une évidence s'impose, logique, inévitable : Si le Créateur nous dit que l'homme peut changer sa vie (Signe 30/11) et que le monde doit changer (28/7), c'est qu'il y a une issue possible, une faille, quelque part dans la muraille de la citadelle. Nous pouvons donc y pénétrer et y provoquer peu à peu une chaîne de re-création de l'homme et du monde par la pénitence. C'est notre foi.
Enfin, la grande question qui se pose à notre foi active est : Où est la faille ? Comment pénétrer la citadelle ? Car là est notre mission.
Je rejette la notion d'échec. Je concède seulement ceci : Nous n'avons pas assez travaillé à chercher la faille... ou les failles, parce qu'il y en a sûrement plusieurs.
Mais nous nous y mettons, ne serait-ce qu'en cherchant à moissonner les hommes et les femmes qui seront plus aptes que nous, actuels Pèlerins d'Arès, à trouver les bonnes sapes qui nous conduiront à l'intérieur de la citadelle.
Notre mouvement ne fait que commencer. Rejoignez-nous, nous avons besoin de monde. [99C21*27/09/2009]
Sur la nature trompeuse du mythe : une invention qui égare
Pour moi un mythe est un mythe, c.-à-d. une pure construction de l'esprit, une invention sans rapport avec la réalité, pas même une allégorie. Donc quelque chose qui ne peut qu'égarer, si on s'y arrête.
En disant "si on s'y arrête", je veux dire que le mythe peut parfois être utile si on ne s'y arrête pas, s'il est utilisé comme idée provisoirement substituable à la réalité tant que l'intelligence spirituelle n'a pas atteint le stade suffisant pour appréhender le Vrai. Le mythe peut être provisoirement substituable à la réalité par rapport au mythe-impasse, au mythe qui stoppe dramatiquement l'évolution. Ce mythe reste de toute façon dangereux comme un contre-feu est dangereux dans le processus d'extinction d'un incendie.
Le mythe de Marie selon la théologie de l'Église Catholique ou Orthodoxe est un mythe-impasse, il stoppe l'évolution, c'est un dogme malheureusement présenté en réalité absolu, indépassable. C'est considérer la foi comme irrémédiablement stupide, alors qu'elle est évolutive. Le Signe appelle résolument l'homme à sortir de cette impasse des mythes monolithes de l'antiquité païenne qui ont simplement trouvé d'autres noms dans la religion chrétienne.
Tout au plus, le Créateur qui, dans sa Sagesse sait que le croyant n'est pas encore sorti des mythes païens qui continuent de brûler et "d'éclairer le Ciel" si je peux dire, — même le patriotisme est un mythe païen, c'est le successeur des dieux de la cité ou de la tribu — allume un contre-feu, un contre-mythe, pour aider l'homme à sortir de cette situation dramatique. C'est pourquoi il utilise encore le terme de Marie (contre-feu) pour désigner sa phase compassion de façon compréhensible au païen, mais il n'y arrête pas du tout l'âme. Au contraire, Il l'invite à construire son vaisseau (Signe 17/4-6), à coudre sa voile et à laisser l'incendie sur le rivage, à prendre la Mer pour rejoindre la Flotte du Roi, la Flotte du Vrai. Là seulement règne la vraie Liberté.
L'homme doit passer par le facteur temps (Signe 12/6). [99C22*27/09/2009]
Sur l'égalité de toutes les créatures devant un Dieu qui ne compte pas Son Amour
À un commentateur qui voit dans Le Signe une apparente caution donnée au mythe de la prédestination et qui y reconnaît une déformation culturelle : celle qui nous ferait interpréter la moisson des hommes (Signe 6/2) comme le signe d'une élection divine sélective, comme si le Créateur mesurait Son Amour et opérait une discrimination entre Ses Créatures, Michel Potay répond :
Je vous laisse la liberté de ce que vous dites. J'assume ma propre liberté de penser autrement.
Interpréter ainsi Le Signe est votre droit. Pour ma part je ne l'interprète pas ainsi.
Je ne crois pas du tout que "chacun d'entre nous est son propre Semeur." Au sens où le Créateur s'entend Lui-même comme Celui qui a semé en Adam, en le créant, son Image et Ressemblance (Genèse 1/27).
Tous les hommes sont semés, sans exception.
Autrement dit, si Le Signe exprime une prédestination, c'est la prédestination pour tout homme, quel qu'il soit, de revenir en Éden un jour, de réactiver en lui l'Image et Ressemblance du Créateur. Cette prédestination-là n'est pas du tout un mythe c'est la Vérité-Racine de toute Le Signe.
Ceci étant dit, la Sagesse qui est hors du temps intervient comme modérateur.
La Sagesse sait que, l'homme étant dans le temps (Signe 12/6), l'Histoire ayant distribué des tares très diverses, ce retour en Éden de tous les hommes n'est pas possible tout de suite, ni pour tout le monde en même temps. Tout ne peut se faire que graduellement et en procédant par zones.
Perspective évidente dans la Veillée 5.
Le Signe s'adresse aux hommes et femmes de la zone définie en (5/5-7). Ce qui ne signifie pas que les autres hommes de la terre, hors de cette zone (Asie, Afrique centrale), ne soient pas semés. Ils le sont, mais pour eux le Créateur a un autre plan, que je ne connais pas.
Il est, de même, clair pour tout missionnaire chevronné que la notion de zonage, même non exprimé dans Le Signe, est implicite dans notre propre zone (5/5-7). Il y a donc des sous-zones. La première sous-zone de la zone (5/5-7) où nous travaillons dans cette première génération, est nommée le Champ. Il y aura d'autres sous-zones, d'autres Champs de Moisson en nombre indéfini, plus tard, c'est évident. Nos missionnaires sentent très bien que tout le monde est semé, mais que le blé n'a pas mûri de la même façon partout. Nous sommes dans le temps. C'est notre fatalité.
Il n'y a pas de prédestination, mais il y a une fatalité pratique de progressivité.
Je résume, bien sûr, mais comme vous voyez, j'ai une lecture différente de la vôtre. [99C23*27/09/2009]
Sur les accusations d'inculture, de régression et d'illusion adressées à Michel Potay
À un commentateur qui, sur un ton virulent et accusateur, reproche à Michel Potay de ne pas avoir publié sa réponse précédentes — y voyant un manque de courage —, et qui l'attaque sur plusieurs fronts : celui de l'originalité de façade, qu'il assimile à de l'inculture ; celui d'un rejet total du progrès humain qu'il juge inhumain et illusoire ; celui d'une démarche ésotérique et régressive, comparable selon lui aux manipulations des religions, Michel Potay répond :
Si je n'ai pas publié votre commentaire précédent, ce n'est pas parce que je me suis "dégonflé", mais parce que j’étais en voyage, sur un ordinateur portable (ma vue est maintenant assez mauvaise), avec certaines difficultés de connexion à l'Internet je n'ai pas disposé du temps et des facilités nécessaires pour répondre à quelques phrases très hostiles de votre interminable commentaire et parce que vous vous en preniez à un de mes commentateurs de façon très polémique, agressive même, et que ce modeste blog n'est qu'un blog. Ce n'est pas un forum.
Je respecte votre opinion, que je ne partage évidemment pas, mais que je note comme symptomatique de la surdité de ce monde introversif ou autiste. Vous êtes un sujet représentatif du tout-venant prisonnier de sa culture, ce tout-venant que notre mission croise à longueur de journée. Vous êtes le détenu de votre propre citadelle, le prisonnier incapable d'admettre que de réelles forces créatrices puissent se manifester en dehors de sa citadelle d'idées et de "raisons" intérieures qui se veulent définitives et infailliblement "raisonnables".
Néanmoins, il y a une faille dans votre citadelle : La faille à travers laquelle vous lisez mon blog, à travers laquelle vous ne pouvez pas vous empêcher de lire mon blog, mon blog qui, au coude à coude avec toute notre mission, tout ce que vous appelez notre "inculture", a mis le siège devant la muraille de votre culture.
Pourquoi liriez-vous mon blog, s'il n'y avait cette fissure dans votre citadelle : Une incertitude dans vos convictions ?
Oui, vous lisez et commentez mon blog, parce que vous n'êtes pas sûr de vous, pas sûr de l'étanchéité de votre citadelle aux "serpents venimeux", que la peur vous fait voir en nous — Y a-t-il plus irraisonné que la peur de l'amour ?
Vous savez très bien que votre commentaire n'ébranlera pas mes positions le moins du monde, parce qu'elles sont, tout bien réfléchi, plus raisonnables que votre incrédulité assistée de son petit frère, le cynisme, et de sa petite sœur : la méchanceté.
Il tombe sous le sens que seul le Bien vaincra le Mal. Nous Pèlerins d'Arès, nous employons à faire entrer le Bien en campagne contre le Mal dont la citadelle occupe le désert (Signe 24/4) à quoi il a réduit le monde. Et ce Bien comme l'épée (Signe 35/14) vise au cœur humain, mais en donnant la vie au lieu de l'enlever.
Les armes du Bien ne sont ni le primitivisme superstitieux des "pigmées des forêts équatoriales", ni inversement la psychologie de masse, les techniques de manipulation, l'art de gouverner, de mettre au pas, de juger, mais l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence et la liberté spirituelles, que nous résumons en un seul principe actif : la pénitence. Et vous savez que ces armes-là ne sont pas illusoires, car si vous pensiez qu'elles l'étaient, vous n'auriez pas pris ce ton agressif, qui est un ton de défense. Vous vous refusez à aimer, mais vous devinez que vous pourriez aimer et en m'agressant vous pensez vous prémunir contre cette éventualité de changement en vous. Vous n'en êtes encore qu'au stade où l'amour vous fait peur, vous paraît être une faiblesse dont vous protège la loi des rats (Signe xix/24), mais vous évoluerez, vous rejetterez cette loi qui, comme disait Martin Luther King, n'a jamais rendu un homme meilleur. Vous découvrirez que l'amour est une force, la Force.
Bref, vous avez déjà perdu confiance en vous-même.
Vous êtes une preuve vivante que notre mission a déjà produit quelque effet, qu'elle vous a déstabilisé, et qu'en amplifiant son effet sur vous et sur le monde, elle élargira la faille dans la muraille de votre citadelle, quand nos pénitences nous aurons rendus spirituellement plus forts. Ensuite, nous prendrons plus de force encore par la pénitence, la force qui nous fera faire l'immense saut par-dessus la muraille et pénétrer la citadelle pour le bien des hommes qui s'y sont retranchés. [99C35*08/10/2009]