
La foule paraît homogène.
Or, elle n’est que contradictions et renfermements.
Photo : Jeremy Bishop (Unsplash)
Une rue fourmillante coule comme un fleuve, mais abordez les gens et le fleuve vole en éclaboussures troubles, impénétrables, insolubles !
Parlez à l’humain abordé ! Sauf s’il est par avance radicalement réfractaire ou, à l’inverse, par avance radicalement perméable à vos propos, vous avez devant vous dans 95 % des cas une giclure humaine énigmatique. Êtes-vous écouté ? L’écoutant n’est bien des fois qu’une créature imitative qui a appris à paraître intéressé. Êtes-vous repoussé ? Vous ignorez si vous êtes repoussé par quelqu’un qui n’a pas le temps, quelqu’un à qui vous ne plaisez pas, ou quelqu’un que ses préoccupations et son soi tiennent à l’écart de tout.
Savez-vous pourquoi votre apostolat est si peu pénétrant ?
Parce que ce monde est raidi, tendu par ses secrets.
Ce monde est secret et, croyez-moi, il est secret aussi pour le Créateur. Si les humains étaient pour Lui transparents et manœuvrables, Il ne leur enverrait pas des prophètes pour tenter de reconstituer Sa Famille depuis la défection d’Adam (Signe 1/1-5, vii/7-13). Parler ainsi sonne insolent, voire même offensant, aux oreilles d’adulateurs religieux, mais c’est pourtant ce que suggère la situation : Tout se passe sur Terre comme si le Père trop aimant (12/7) S’était à l’évidence conditionné à Sa propre Création en faisant de l’homme Son Enfant (13/5), Son Image et Ressemblance (Genèse 1/26-27), en partageant avec l’homme l’Attribut de Sa Liberté (10/10). Pourquoi Le Signe, après sa sévère apostrophe à l’ecclésiastique qu’elle morigène, sa tonnante entrée en matière très personnelle contre moi (1/1-12), commence-t-elle sa parénèse par le rappel attristé de la fatale rebellion d’Adam (Signe 2/1-5) ? Parce qu’Adam est la racine rétive de l’immense Arbre de la Création, l’Enfant (13/5) créé mutin, qui en pollue la sève jusqu’à l’infini.
Les Pèlerins d’Arès ont pour mission non de créer une nouvelle religion ou une nouvelle mystique, mais de répandre le Vrai (Signe xxxiv/1-4) et de moissonner des apôtres du Vrai. Le Vrai dit qu’il faut entrer en pénitence (Signe 8/6) en apprenant à aimer, pardonner, faire la paix, se libérer des préjugés, et rappelle à la masse qu’elle se voue à l’infortune si elle continue de refuser ou méconnaître le sublime Dessein (Signe 28/27) du Créateur en conservant avec un évident plaisir une part de sa prégénésiaque vie animale, pulsionnelle et certes excitante, mais aussi compliquée, douloureuse et mortelle.
Le secret commence tôt. Les enfants et les adolescents inécoutés, incompris ou brimés gardent leurs pensées secrètes. Ce fut mon cas. Mon père étant mort en mars 1942, dans ma treizième année, je vécus mon adolescence avec ma sœur aînée, Cécile, qui eut vite ses petits secrets qu’elle ne partagerait pas, et ma mère, Lucie. Quand il fut évident que j’étais en désaccord avec ma mère sur à peu près tout, je garderais au fond de moi mes pensées impartageables pendant toute mon adolescence. Mais ma nature n’était pas d’être secret. Plus tard, mon épouse Christiane et moi n’aurions pas de secret l’un pour l’autre et élèverions nos trois filles sans qu’elles craignissent jamais de nous dire leurs points de vue et sentiments, quels qu’ils soient. Cette volonté d’ouverture et de franchise sous notre toit nous fit mieux voir, par contraste, la dissimulation qui étouffait la vie presque partout dans le monde. Notamment, le secret qui obscurcit ou qui déguise les pensées des personnes que l’apôtre aborde dans la rue est un très gros problème, parce qu’il retarde la connaissance de l’autre et la quête des moyens d’en être écouté.
Seul l’humain qui renonce à ses secrets peut recréer le monde, s’ouvrir à l’avenir. Aujourd’hui, l’humain pour échapper à Big Brother et à ses chiens a fait de lui-même un pantin dont les secrets tirent les ficelles ; il a fait du monde une absurdité féroce et étanche. L’apôtre, lui, doit essayer de libérer de ses pensées et vides secrets l’humain de rencontre, à plus forte raison le prosélyte. L’apôtre ne peut pas se décourager devant l’humain innombrable qui en est venu à placer des abat-jour sur sa conscience, à dissimuler ses pensées ou ses vides secrets. Cet humain-là, qui pourtant est parfois un épi mûr, ne peut devenir pénitent ; il ne peut rien recevoir du monde, rien donner au monde ; c’est un poteau indicateur planté dans le désert qu’il faut replanter au milieu du Champ (Signe 5/2-6, 13/7, 14/1, etc.). Notre mission doit avoir conscience de ce problème non insurmontable, mais pour l’heure ardu, sibyllin, abstrus, exigeant une recherche incessante de la bonne Lumière.
L’égotisme, la défiance, l’hyperprudence, l’appréhension, l’embarras, la circonspection, la citadelle des habitudes, l’indifférence, l’apathie et parfois même la courtoisie sont des secrets qui inhibent la liberté, qui momifient (Signe xLix/7) la conscience. La conscience sui generis cadenassée ne peut plus rien pour la conscience du monde (polone, xxxix/12-13) et c’est comme ça que se meurt le monde. Le secret rigidifie l’homme plus que sa morgue. L’homme qui ne se partage pas n’existe plus. On ne peut pas rendre la vie à la Vie sans envoyer au diable tout ce qui fait de l’être un non-être, c’est-à-dire les secrets, quels qu’ils soient. L’humain ne peut pas changer sa vie et trouver la joie et la fête (30/11) en gardant ses secrets, les secrets qui forment la citadelle que nous devons assiéger.
La mémoire des commencements parle des premiers Chrétiens avant que l’Église réglementariste n’apparaisse et ne les enchaîne. Entre autres particularités du premier Christianisme il y avait la lecture des prophètes, le partage de la pitance, la prière de joie et d’espérance remplaçant l’ombrageuse prière juive personnelle et quémandeuse, et la communion fraternelle comme la pratique de s’épancher, de s’ouvrir les uns aux autres (Actes des apôtres 19/18) pour se décharger des pensées secrètes qui empoisonnent la vie relationnelle. Se délivrer de ses pensées secrètes n’était pas vraiment nouveau dans le monde juif (Livres de Baruch, Daniel), mais chez les premiers Chrétiens cela devint une pratique qui aida la pénitence générale et leur permit de gagner la faveur du peuple (Actes des Apôtres 2/47).
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2021 — Tous droits réservés


Sur l'invisible souterrain personnel des gens que nous rencontrons
Je dis assez souvent à nos missionnaires : "Réalisez que ceux à qui vous vous adressez dans la rue et que vous regrettez de ne pas intéresser ne sont souvent pas tant inintéressés que peu disposés à opter pour la droiture, la vertu. Vous n'avez pas idée du nombre de gens qui n'ont pas l'intention de renoncer à leurs vices, leurs infidélités, leurs mensonges, leurs haines, leurs projets mauvais, leurs malhonnêtetés, leurs vols, etc., car nous vivons en des temps de mœurs qui sont très relâchées autant qu'elles sont inavouées... secrètes, quoi !"
Pourquoi croyez-vous que l'Église - Église Catholique principalement -, vers le VIIe siècle, a inventé la confession et le sacrement du pardon des péchés ? C'est parce qu'elle a réalisé que sous des apparences vertueuses ou anodines une énorme quantité de fidèles cachent des fautes souvent graves, qui vont de projets scélérats à la paresse d'être bon, et nourrissent quantité de mauvaises pensées. En fait, elle n'a rien résolu, car jamais le Père n'a donné à des prêtres le pouvoir de pardonner les péchés, elle a même aggravé la situation en donnant à des grands pécheurs la tranquillité d'esprit de ceux qui se croient saints en sortant du confessionnal.
Les multiples défauts, fautes, actes, projets, vices, etc. des pécheurs, dont le plus préoccupant est, selon Le Signe, l'absence d'efforts de pénitence, d'efforts de vertu, constituent - il faut le réaliser - l'une des grandes difficultés de la mission.
[236C1*06/12/2021]
Sur le non-jugement
Le secret que cache le monde sous de multiples formes est le très grand problème du péché. Le Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7) nous enseigne implicitement que l'amour du prochain, le non-jugement, est l'effort de base, le sillon principal du labour du pénitent, qui entraîne avec lui l'effacement graduel d'une grande quantité d'autres imperfections pécheresses dont l'énumération serait vaine tant elle est luxuriante (Signe 5/4). [236C1*06/12/2021]
Sur la confession dans le sens de se confier
Les pensées forment l'établi sur lequel, presque toujours, le mal est fabriqué. Si, étant apôtre de rue, vous rencontrez tant de gens inintéressés ou même agacés par ce que vous leur dites, c'est parce que ce que vous dites ne colle pas à ce que pensent ouvertement, mais beaucoup plus souvent secrètement, ces gens-là.
Le secret est comme le rat qui rode les murs (Signe xix/8) ; on ne voit pas le rat qui ronge le mur, qui un jour s'abat sur vous sans que vous sachiez ce qui a rongé sa base.
Les premiers Chrétiens "pour s’affermir dans la pénitence... se parlaient mutuellement de leurs erreurs et fautes, et cette mise en clarté aidait chacun, parleur et écoutant, dans son ascension." Dans certaines traductions des Actes des Apôtres on peut lire : Ils se confessaient les uns aux autres dans le sens de : ils se confiaient les uns aux autres leurs pensées secrètes. [236C2*07/12/2021]
Sur l’importance de replacer l'homme en solidarité organique avec le vivant, la Vie
Les hommes ne cessent pas d'errer, de fureter de par leur monde intérieur depuis qu’ils ont tourné le dos à la Lumière. Il y a autant de secrets dans les cerveaux que de grains de sable au Sahara. Il y a eu 65,31 % d'abstentions aux élections régionales de juin 2021 ; c'est un chiffre énorme. Peut-on expliquer les raisons de fond d'un tel taux d'abstentions ? Les journaux et les agences gouvernementales ont vu ces abstentions comme une manifestation spectaculaire de la crise de foi républicaine. Je crois personnellement qu'il est impossible d'expliquer cette absence des électeurs, parce que les vraies raisons de cette abstention sont des secrets de leurs pensées hermétiquement silencieuses, voire même dans certains cas des secrets qui sont secrets pour les gens eux-mêmes. Il s'est produit, à l'échelle nationale, au cours d'une élection exactement ce qui se produit pour nous à l'échelle minuscule qui est la nôtre quand, dans notre mission, nous nous heurtons à l'aboulie, à la léthargie, à l'apathie (appelez ça comme vous voulez) de la majorité des gens rencontrés.
Quelle méthode pourrions-nous employer pour sortir les gens de leurs ornières, défaire leurs œillères ? Qu'est-ce qui amène les gens à laisser s'engloutir dans je ne sais quelle boue intérieure, à laisser coites leurs interrogations, leurs incertitudes, leur perplexité... s'ils en ont ? Comment combler ce vide ? Comment en sontils arrivés à ne pas se poser simplement la question de la vie ? Comment aider les gens à détricoter l'écheveau indémêlable de leurs secrets intérieurs ? Nous avons pourtant pour eux reçu une Parole généreuse, très claire et infiniment salvatrice. C'est peut-être parce que cette société est devenue trop bavarde, trop "préconisante", trop "chaperonnante", trop "catéchisante", que les gens se recroquevillent sur eux-mêmes plus qu'ils ne le faisaient autrefois et qu'ils se terrent dans leurs secrets.
Il faut replacer l'homme en solidarité organique avec le vivant, la Vie. [236C2*07/12/2021]
Sur la beauté
Lorsque nous sommes en mission, quasiment personne ne lâche ses secret et la conversation, quand il y en a une, ne conduit nulle part où nous, apôtres de la Parole d'Arès, voudrions aller.
Il faut pourtant sortir de cette situation. Je ne peux pas croire que le Père nous envoie au devant du monde sans savoir que c'est une mission possible. Faire sortir les gens, enfin !, un nombre intéressant de gens, de leurs pensées secrètes paralysantes me paraît d'une urgence brûlante, irrépressible. Nous ne pouvons pas mettre en doute un possible avenir heureux de l'humanité qui, dans l'état actuel des choses, me paraît plutôt promise à un avenir à très gros problèmes. Ce monde n'est pas complètement aveugle et sans restes de vie spirituelles qu'on ne puisse raviver. L'amour est la clé de ce miracle. Contre vents et marées nous devons, "sous les regards noirs du monde" comme écrivit William Butler Yeats, faire face au problème, trouver une ou des solutions. Il nous faut réveiller les hommes qui dorment au fond d'une mare de pensées secrètes qui les lestent... Si nous ne les réveillons pas, ils finiront noyés sous le péché des péchés (38/2). Le Signe est une balade déchirante à la beauté (12/3) qui reste à l'homme ; la beauté ne reviendra qu'une fois enlevé le déguisement de secrets.
[236C3*07/12/2021]
Sur la bienveillance et la mesure de Christiane
Le 8 décembre 1966 j'ai dû, en fait, échanger... quoi ? quatre mots... Non, j'exagère... disons dix mots, avec Christiane et c'est surtout avec sa maman que je conversai ce jour-là. Mais j'avais remarqué la simplicité, la très bonne éducation, la mesure de Christiane. Il faut dire qu'une jeune femme de vingt-et-un ans et de bonne famille à cette époque n'interrompait pas sa mère, laquelle parlait pour deux. Quelques semaines plus tard, je pus parler longuement avec Christiane et je constatai qu'elle ne disait jamais du mal de personne, avait pour tout le monde, pour les présents comme pour les absents, de la bienveillance et ne disait pas de bêtises, s'abstenant de parler de sujets qu'elle connaissait mal. Nous nous mariâmes l'été 1968. Depuis, nous avons vécu heureux, nous avons eu trois filles : Nina, Anne et Sara ; Christiane a été pour moi un puissant et apaisant soutien dans les périodes très difficiles que j'ai vécues des Apparitions de Jésus l'hiver 1974 aux Théophanies à l'automne 1977. [236C4*08/12/2021]
Sur la simplicité de deux affiches
La simplicité comme les deux couleurs (bleu et or) de cette affiche m'enthousiasment.
[236C4*08/12/2021]
Voici un projet d'affiche, que j'aime beaucoup.
Une petite suggestion : les deux lignes "Révélation d'Arès 30/11)" et "c'est" me paraissent trop pâles et peu lisibles et "c'est" gagnerait à être écrit dans un corps un peu plus gros.
Sinon, le dessin de fond est excellent.
Crédits : Collection personnelle [DR]
[236C5*08/12/2021]
Sur l’intuition métaphysique de certains astronautes
Certains astronautes ont eu la forte intuition ou la révélation métaphysique que le cosmos n'est pas éternel, comme le prétendaient, il n'y a pas si longtemps encore, la majorité des astrophysiciens athées, mais qu'il avait eu un commencement... Or, avoir eu un commencement, un départ "à partir de rien", est une cosmologie biblique. Autrement dit, ces astronautes dont vous parlez ont bien eu la conviction qu'un Créateur existait. La théorie astrophysique de "l'atome primitif" et du "big bang" avait déjà eu pour défenseurs deux astrophysiciens de renom : Georges Lemaître et Georges Gamow (ou Gamov). [236C6*08/12/2021]
Sur la puissance pénétrante de Jésus
J'ai été face à Jésus lisant en moi comme dans un livre ouvert, détectant tous mes petits secrets. Ces secrets n'étaient pas très méchants ; je ne convoitais pas une autre femme que mon épouse, je ne trompais pas la confiance de ceux qui m'avaient ordonné et confié des mission très difficiles dans l'Église, je ne mentais pas, mais je nourrissais dans les secrets de mes pensées de mauvais sentiments à l'égard de ceux et celles dont je ne partageais pas les idées et les convictions, en bref, j'étais loin d'aimer tout le monde, j'étais loin de transcender toute partisanerie religieusement, politiquement, socialement, j'étais loin d'être tolérant. Cela faisait de moi une caverne secrète de sentiments injustes et hostiles à l'égard de nombreux humains et voilà que soudainement la puissance pénétrante de Jésus forçait l'entrée de mon antre, y entrait en brandissant un flambeau d'amour ; j'étais quinaud, honteux, je me sentais enchevêtré dans un brouillis de mauvaises pensées qui me minaient intérieurement.
[236C7*08/12/2021]
Sur l’amour du prochain
Nous sommes des humains pas meilleurs que d'autres, certes, mais qui suivent une voie très simple, sobre et je dirais même presque rudimentaire : Ce n'est pas ce que tu crois mais c'est le Bien que tu fais qui te sauve ; agis en tout avec amour et tu vaincras le mal et ramèneras la Lumière.
La course à l'authenticité est lancée. C'est Le Signe qui l'a lancée. L'authenticité est très simple. C'est l'amour qui la donne, parce que l'amour commence par le respect de l'autre, quel qu'il soit. [236C9*09/12/2021]
L’apôtre ne sait presque jamais comment ajuster son propos
La grande difficulté de notre mission est assimilable à celle que Gandhi a causée aux Anglais par sa non-violence en Inde, non-violence que les Anglais alors ont considéré comme une adversité, c.-à-d. d'une certaine façon comme une violence. Nous-mêmes nous ne pouvons moissonner sans donner de coups de faux, de ces faux que viennent affûter les forces célestes (Signe 31/6). Le Signe parle de citadelles, nom qu'elle donne aux gerbes, aux épis restés debout malgré moi (13/7-9), malgré nous, et qu'il va bien falloir faucher ! Le pain ne vient pas sans qu'on ait fait d'abord violence au blé en le coupant. C'est une violence minimale, mais notre nature humaine ne pourra l'éviter complètement. Le mouvement de nos mâchoires et de nos dents qui mâchent le pain ne cessera que quand nous n'aurons plus de chair animale. Que croyez-vous, que ceux qui nous écoutent ne considèrent jamais nos propos comme violents, même s'ils prescrivent l'amour ? Est violent tout ce qui heurte et je peux vous dire qu'il y a toujours un certain nombre de nos frères humains qui prennent notre mission pour un violent assaut à la raison.
La plupart des secrets sont très variés et on ne sait jamais lesquels d'entre eux obstruent les oreilles, le cœur et les pensées d’une personne, si bien que l’apôtre ne sait presque jamais comment ajuster son propos pour réveiller l'intelligence de l'interlocuteur ou de l'interlocutrice. C'est cela la muraille de la citadelle que ses propos ne traversent pas. C'est le bon ajustement des propos qui nous permettraient un assaut heureux dans bien des cas. En attendant de le trouver, continuons de prêcher l'amour et nous ne commettrons aucune erreur. [236C10*09/12/2021]
Sur le silence des pensées de ceux rencontrés
Le silence des pensées de ceux et celles auxquels l’apôtre parle dans la rue ou ailleurs est une citadelle au pied des murailles de laquelle nous nous trouvons nigauds sans savoir comment en faire l'escalade. C'est un très gros problème pour le missionnaire. Qu’il gagne en expérience pour parvenir à deviner ce qu'on ne lui dit pas.
[236C14*10/12/2021]
Sur la liste de ce qu'il est "bon de dire" et "bon de ne pas dire"
Il n’est ni possible, ni souhaitable et encore moins utile de faire la liste de ce qu'il est "bon de dire" et "bon de ne pas dire". L’apôtre n’est pas une estafette qui répète mot à mot ce qu'on lui a ordonné de transmettre ; c’est un humain intelligent (Signe32/5), capable de comprendre sur place ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas, et qui donc se fait suffisamment confiance pour cela. [236C14*10/12/2021]
Argumentaire missionnaire
Ce que l’apôtre doit réanimer, c'est la conscience spirituelle évanouie de l'homme qui ferait mieux de reprendre son ascension sur le sentier de la Vie, Qui a tout ordonné dans l’Univers, et de se souvenir qu'il est l'Image et Ressemblance de la Vie (Genèse 1/26-27).
Il faut dire aux passants : "Nous sommes venus vous dire que vous êtes tous des dieux à l’Image et Ressemblance de la Vie, du Créateur de l’Univers. Retrouvons ensemble la liberté, la paix et l’amour !". [236C15*10/12/2021]
Sur le secret des humains de rencontre
Le secret des humains que nous rencontrons est un obstacle à la bonne marche de la mission que nous avons entreprise. Pour l'heure notre mission n'en est qu'à ses débuts ; notre mission est comme "l'aube" commençante, "une goutte d'eau," disait Giono, mais elle deviendra une mare, puis un lac, puis une mer. Nous devons faire l'impossible pour déjà transmettre à ceux et celles qui nous succèderont de bonnes traces apostoliques et, pour cela, nous devons notamment nous efforcer de faire un peu parler les personnes de rencontre, car c'est à leur esprit que nous nous adressons et nous devons un peu savoir ce qu'ils ont dans l'esprit pour guider notre discours missionnaire.
[236C27*14/12/2021]
Sur les raisons du secret
Je pense que le secret est très souvent le produit cérébral d'une humanité qui a peur, qui est donc devenue hypercirconspecte, parce qu'elle se sent sans cesse sous surveillance. Je ne vais pas en ville sans tomber ici ou là sur des gens qui cherchent à vous "sonder". Certes, ces sondages sont anonymes, mais la population finit par penser que l'obsession des pouvoirs et des media est de savoir absolument ce que l'on a dans la tête et que le temps où l'on notera l'identité du sondé n'est peut-être pas loin. Le réflexe du pékin et de la pékine est alors de se fermer. Et puis l'abondance des idées, théories, idéologies, recettes, etc., est tel que c'est un fourmillement de tout cela qui occupe les cerveaux et que le secret résulte, quasi naturellement, comme un bouclier contre le carambolage des notions, des rêves, des perspectives, etc.
Le secret, en somme, c'est très souvent le silence, tout simplement. Le silence, le secret, c'est la chape de plomb qui chez beaucoup de silencieux protège ce qu'ils pensent et qu’ils en ont assez de devoir sans cesse remettre en question, car nous Pèlerins d'Arès ne sommes pas les seuls, loin de là, à faire de la mission de rue. C'est, entre autres raisons, pourquoi il devient de plus en plus souvent si difficile de parler de choses nouvelles, j'imagine. [236C11*09/12/2021]
Sur la horde d'apôtres qui inondera le monde sous son amour
Ce monde devient aveugle et une masse énorme d'humains y perdent leur âme. Mais en nous sauvant par l'amour nous sauverons ces humains sans âmes, qui sont aussi tes Enfants, et c'est bien là le concept génial que les premiers Chrétiens ont compris dans la crucifixion : la peine d'un seul peut sauver une multitude de pécheurs. Alors, comme il est bon d'avoir pour compagnon de route, de sentier devrais-je dire, mes frères et sœurs de foi.
Avant de m'endormir, la tête sur l'oreiller, les lumières éteintes, j'élève mes mains et je récite Père de l'Univers et souvent j'ajoute : "Sois béni, ô Père, de m'avoir donné une épouse comme Christiane qui dort déjà près de moi et des compagnons et des compagnes d'ascension qui se créent, chacun et chacune, une âme par la pénitence et qui forment le noyau naissant de la horde d'apôtres qui inondera le monde sous son amour, car si l'amour est fort, il peut être, en nombre, le fait d'une minorité, il vaincra la majorité des non-pénitents, il fera de la multitude des non-êtres des êtres qui pourront rejoindre l'Être, la Vie, que Tu es !"
Au cœur du chaos qu'en réalité cache l'organisation de ce monde, "sous les regards noirs du monde", comme disait William Butler Yeats, une lumière trémule, pantelle, chacun de mes frères, chacune de mes sœurs est un de ses atomes, car la lumière est matière, une onde lumineuse constituée de particules : les photons. Nous sommes des atomes chercheurs d'autres atomes non lumineux, éteints, mais encore vivants, que nous devons aimer, car ils appartiennent comme nous à l'Infini. Comment mieux réveiller les hommes à leur nature divine qu'en réalisant qu'eux et nous sommes des graines de vie, filles de la Vie, lancées droit devant elles comme des planètes (les planètes ne tournent pas, elles foncent tout droit, et ne dévient que par la gravité) et que nous appartenons à une Création prédéterminée de la Vie ? C'est à cette dimension cosmique illimitée que nous réalisons que nous sommes tous frères, que nous ne formons qu'un Unique Être, que nous sommes l'Un en étant chacun un en soi (Signe xxiv/1), un ressoudé par l'amour. Car si les autres n'aiment pas, nous aimons les autres.
Nous sommes munis d'une puissance métaphysique sans pareille, nous voyons ce que la plupart des hommes ne voient plus, nous sommes les hôtes de la Vie. [236C12*10/12/2021]
Sur le Prophète comme partie agissante et pensante de la Vie
On demande au Prophète ce que sont devenues ses notes prises sur le vif en 1977, « pièce centrale de son témoignage ». Frère Michel répond :
Je ne suis pas homme de reliques, pas collectionneur de souvenirs, etc... Ces notes sont quelque part dans les cartons d'archives que j'ai ramenées d'Arès quand j'ai déménagé d'Arès à Bordeaux en 1992 ou 1993, il y aura bientôt trente ans. Je ne sais même plus où sont ces cartons, simplement parce que je sais ce que Jésus et le Père m'ont dit, qui est gravé en moi comme d'ineffaçables sillons dans le Champ (Signe 5/2, 14/1, etc.). Tout est fixé en moi comme une science infuse, un mental inné car je suis né avec Jésus qui m'a visité en 1974 et avec le Créateur Qui m'a parlé en 1977 ; je suis né avec ce Surnaturel.
À quoi me serviraient ces notes, au reste ? À rien. Ce que m'a dit le Père est là dans Le Signe de façon aussi sûre que mes griffonnages de 1974 et 1977 ; il y a quelques petites différences d'une édition à l'autre ? Qu'est-ce que cela change ? Je me suis efforcé d'être plus précis à partir d'un texte très sommaire, c'est tout.
Le prophète est bien autre chose qu'un gratte-papier ; il devient partie agissante et pensante de la Vie. Le Messager ou le Père Qui ont parlé au prophète d'Arès se sont imprégnés en lui ; le prophète est à jamais fécondé par Eux de ce qu'il a reçu d'Eux. On appelle ça le charisme prophétique. Où sont les notes d'Isaïe, d'Ézéchiel, de Jérémie, de Daniel, d'Osée, de Joël, d'Amos, de Jésus, et les notes de ceux qui en Arabie ont entendu Mouhamad leur dire ce qu(Allah lui avait révélé ? Où sont les notes de Bouddha qui, étant né prince, savait écrire ? Est-ce que l'absence de notes empêche des millions et des millions de croyant de faire confiance aux Traces que ces prophètes ont laissées ?
Mes notes ne sont pas un secret. Elles sont quelque part. Après ma mort, ma famille, je suppose, tombera un jour sur elles et soit ma famille aura la foi et ne les publiera pas, car la preuve matérielle n'est jamais la preuve de Dieu et il faut laisser à la foi son immense mérite : la confiance (Signe 37/3, 38/5), l'amour.
Soit ma famille aura perdu la foi et alors photographiera et publiera mes notes, ou on les encadrera d'or, et alors commenceront à jaser, argumenter, faire du profit en écrivant des livres, tous ceux qui n'arrêteront jamais de dire qu'elles sont douteuses ou fausses ou trafiquées... contrecarrés par tous ceux qui déclareront (on ne saura jamais pourquoi) qu'elles sont la preuve de l'authenticité des Théophanies... Et j'ai vraiment le désir sacré d'éviter ces lamentables controverses.
La Vérité est toujours métaphysique ; elle n'est jamais dans des bouts de papier.
[236C13*10/12/2021]
Sur l’utilité et la profitabilité de la confidence
À un frère qui se demande s’il est bon de confier à tous des pensées pécheresses secrètes, frère Michel répond : Il faut dire, s'il y a une utilité de le dire, et ne le dire que si l'auditeur de vos secrets peut vous apporter un conseil utile, ou s'il peut en tirer une leçon qui lui sera profitable dans un sens spirituel. [236C14*10/12/2021]
Sur la recherche de ce qui va caractériser notre mission
La première fois et toutes les fois suivantes que je suis allé à la Moisson, c'est à Bordeaux, à quarante-sept kilomètres d'Arès, et en vêtements laïcs, ayant abandonné ma soutane, mon kalimavkion (couvre-chef), mes panaghia (médailles que portent sur la poitrine les prélats orthodoxes). Je portais encore ma grande barbe, certes, mais je n'étais pas le seul barbu dans la rue à Bordeaux. Personne ne me connaissait alors dans cette ville, parce que j'étais dans la région depuis peu de temps. De plus, je n'avais jamais de ma vie fait de la mission de rue, j'étais sûrement maladroit en parole comme en comportement, n'ayant aucune expérience alors — c'était en 1975, il y a quarante-six ans et j'avais alors quarante-six ans justement —. Par la suite j'ai évidemment acquis une certaine expérience au cours des années. À l'époque les gens rencontrés dans la rue n'étaient pas aussi secrets qu'ils le sont devenus ; ils disaient volontiers : "Je suis catholique", ou "Je suis protestant", ou "Je suis juif", ou "Je suis musulman", ou "Je suis athée", ou "Je ne vous crois pas". Il m'était alors plus facile de trouver les mots qu'il fallait. Du reste, la mission de rue était beaucoup moins difficile alors qu'elle ne l'est devenue aujourd'hui. Indiscutablement, les gens en général sont beaucoup plus secrets de nos jours ; quelque chose s'est passé qui les a fait se renfermer, se cacher, à se comporter comme un gibier recherché par le chasseur.
Peut-être croit-on un peu trop aujourd'hui qu'il suffit de parler comme c'était le cas autrefois pour Bossuet ou Lacordaire aux prêches desquels une assistance se pressait. Je crois qu'il faut se présenter autrement qu'en parole sans pour autant se taire évidemment, mais c'est ce comportement plus complexe que je sais nécessaire que je ne trouve pas, en ce qui me concerne du moins. Je pense que les jeunes parmi nos missionnaires trouveront le bon joint, lèveront l'abat-jour, laisseront passer plus de lumière plus de mouvements de l'esprit et du cœur. Nous ne sommes probablement pas assez hauts en couleur ; notre souffle n'est pas assez romanesque, car je pense qu'il faut mettre du romantisme dans nos propos si l'on ne veut pas qu'il soit entendu comme le monotone prêche du curé en chaire ou à l'ambon. Mais comment ? Faudrait-il du negro spiritual, du rock n'roll ?... Il faut trouver ce qui va nous caractériser et que nous n'avons pas encore trouvé, il faut passer cette espèce de muraille de Chine, la citadelle. Alors cherchons, ne cessons jamais de chercher !
[236C18*11/12/2021]
Sur le cœur de notre Appel
Le mot moisson signifie qu'il faut faire une récolte (Le Signe xix/23) et je me demande si l’apôtre dit bien à tous ceux auxquels il peut parler : "Dieu appelle tous les hommes à devenir apôtres, à moissonner ce monde, rejoignez-moi ! J'ai besoin d'aide pour rappeler à mes frères humains le Sermon sur la Montagne. C'est vraiment urgent."
Certains d’entre nous ne sont pas loin de ce qui peut réveiller la vie spirituelle, fondée sur l'amour du prochain ; Ils ne sont pas loin de lancer ce chant qui passe parmi les hommes comme la brise, la nuit, à travers une forêt bruissante, la forêt du monde, pour que les arbres deviennent à leur tour des arbres à la pointe toujours verte (Signe xvi/13) ! Devenez, sœurs et frères, ce long Souffle, l'Appel de l'Amour (12/7) divin. Soyez la bouche de Dieu, toujours ouverte, les Lèvres qui ne se referment jamais. Alors, un jour, demain ou dans de longues années, qu'importe le temps, que nous soyons encore dans la chair ou déjà dans les étoiles, cet Appel viendra de tous côtés, partout où le petit reste (24/1) aura lancé les premiers Appels. Et le monde exhalera le parfum des fleurs ; le Jardin renaîtra ! [236C19*13/12/2021]
Sur la chaleur de la poésie
Le monde est comme gelé. La poésie peut lui apporter la chaleur qui peut le fondre en Eau, en Eau du Père, en Eau de la Vie. L'humanité est de chair, certes, mais de chair éteinte. [236C20*13/12/2021]
Sur le poisson, symbole des premiers chrétiens
Le poisson était le symbole qu'utilisaient les premiers Chrétiens, leur emblème qui leur permettait de se repérer dans un monde hostile. Savez-vous pourquoi le poisson ? L'idée partit du mot Ichthus ou Ichtys (du grec ancien ἰχθύς signifiant poisson) représentait le prophète dans l’église primitive. En grec IΧΘΥΣ, est un acronyme pour Ἰησοῦς Χριστὸς Θεοῦ Υἱὸς Σωτήρ (Iésoûs Khristòs Theoû Huiòs Sôtếr) signifiant : Jésus-Christ, Fils de Dieu (et) Sauveur. Il reste encore de nos jours comme un symbole stylisé en formé de deux arcs de cercle, ainsi qu'un acronyme (ou un acrostiche), comme le montre l'image. Tout missionnaire est prophète et le poisson peut être son repérage. Je lui ai préféré le parallélogramme parce que celui-ci est plus simple, plus facilement accepté par des frères d'origine musulmane ou d'autres religion, mais au fond j'aurais pu restaurer le poisson des premiers Chrétiens, que nous sommes toujours puisque le vrai Christianisme n'a pas vraiment commencé socialement parlant. Les Églises sont une variété de Christianisme, inspirées de l'Évangile, mais ne forment qu'une excroissance théologique de l'Évangile pur de Matthieu, Marc et Luc (Jean étant exclu par Le Signe 16/12).
Crédit photo : Domaine Public, Wikemedia
[236C21*13/12/2021]
Sur les difficultés d’accès au Signe
L'assemblée des Pèlerins d'Arès eu parmi ses plus anciens apôtres un frère qui priait avec nous dans la Maison de la Sainte Parole chaque année au Pèlerinage, et puis un jour, quelques années après que L'Évangile Donné à Arès eut été édité, il me dit en sortant de la maison de prière : "J'ai lu "L'Évangile Donné à Arès" tout à l'heure, mais c'est formidable !" Il ne l'avait jamais lue et était déjà un Pèlerin d'Arès qui avait compris le sens de ce Message ! Il s'était uniquement fondé sur ce que je lui en avais dit. Il faut savoir attendre que de nouveaux compagnons aient apprécié notre compagnie, qui ne doit pas être trop lourde, qui doit être très patiente, et se mettent un jour à lire la Parole du Père. Nombre de personnes rencontrent des difficultés à accéder au français de ce Message. [236C22*13/12/2021]
Sur le mysticisme, quand il tient à la nature de l’être
Le mysticisme, quand il répond à un système de vie, n'est pas une bonne recherche, mais quand il tient au corps comme la nature même de l'être, il a quelque chose d'assez vertigineux, quoiqu'énigmatique, secret en somme. C’est le cas de certains Pèlerins d’Arès.
Armand Jean Le Bouthillier de Rancé, moine de l'ordre cistercien ou des moines de Cîteaux, dont la Trappe, lieu de stricte et sévère observance, est l'une des abbayes, dit : "Je me résolus de me retirer dans un lieu où je fusse inconnu du reste des hommes".
La vie de jeunesse de Rancé avait été plutôt guillerette, cependant. Amant de Marie d'Avaugour, duchesse de Montbazon, plus âgée que lui de quatorze ans, qui l'introduit dans le grand monde, il mène une vie mondaine durant le XVIIe siècle. Quand meurt la duchesse de Montbazon, la douleur d’avoir perdu celle qu’il aimait marque un tournant dans sa vie. En 1660, Rancé visite La Trappe qui tombe en ruine et commence à la restaurer. Il fait venir des moines du monastère réformé de Perseigne. Il veut non seulement revenir à la règle austère de saint Benoît, celle des fondateurs de Cîteaux, qui incluait notamment l'abstinence de viande et le travail manuel quotidien, mais il l'alourdit par ce qu'on a ou qu'il a appelé l'Étroite Observance. L'Étroite Observance regroupait une soixantaine d'abbayes (comme Perseigne, mais aussi Sept-Fons, Tamié, le Val-Richer, Orval, Clairmarais, le Val-des-Choux, etc.) qui souhaitaient revenir à la spiritualité et à la très austère observance des premiers cisterciens, sans toutefois quitter l'Ordre de Cîteaux ni même constituer une congrégation à part. Il vend ses biens, renonce à ses bénéfices ecclésiastiques, devient abbé de La Trappe.
Ce qui marqua Rancé dans ses efforts de réforme, c’était un sentiment profond de la continuité de la vie très ascétique des Pères du Désert, la nécessité du repentir, du renoncement total à soi-même, de l’humilité et de l’austérité la plus stricte ; d'où la remise en valeur du silence, du travail manuel pénible, en particulier dans l'agriculture, de l'abstinence, de l'orgueil intellectuel, mais il tomba du même coup dans un anti-intellectualisme, qui est évidemment une incommodité. Bref, Rancé institue l'un des plus grands plongeons dans la vie intérieure. La Trappe n’est pas une contre-société, elle est une non-société ; les moines y sont comme des individus fantômes qui se croisent. Mais Rancé laissait peu d’espoir à ceux qui sollicitaient son soutien, nous au contraire, laissons aux personnes de rencontre beaucoup d'espoir, de vie, d'amour...
Chacun de nous est différent ; C’est pourquoi la foi de certains, comme celle touchée par ce mysticisme, peut échapper aux sœurs et frères d’une assemblée. Elle n’en a pas moins sa place parmi nous. [236C23*14/12/2021]
Sur le feu lourd (Signe xii/7-8)
Le feu lourd (Signe xii/7-8) n’est pas un passage Signe au langage policé qui n'évoque pas des sujets qui fâchent ou qui font peur, mais un sujet qui parle de la menace lourde d'un malheur qui pourrait bien éprouver le monde s'il poursuit sa descente vers le péché des péchés (38/2). Mais après tout le feu lourd est peut-être une image qui fait mouche.
[236C24*14/12/2021]
Sur l’absence de réaction des gens de rencontre
Nous ne sommes pas envoyés convertir le monde, mais moissonner les épis mûrs. Le silence ou l'absence de réaction me préoccupe chez les gens de rencontre, qui semblent ainsi garder leurs pensées secrètes. Il concerne surtout les gens qui semblent écouter le missionnaire, autrement dit, les gens qui paraissent être peut-être des épis mûrs. Toutefois, ce silence ou cette absence de réaction m'intéresse aussi chez les autres, car nous avons aussi besoin d'une connaissance des idées qui courent dans les esprits, quand il y a des idées... [236C27*14/12/2021]
Sur l’éducation des néophytes
Il faut donner de la chair, du sourire et du rire, de la gaîté, de l'amour sympa aux néophytes bien avant d'obtenir d'eux qu'ils lisent Le Signe, parce que Le Signe n'est pas facile à lire de prime abord, pour diverses raisons : D'abord, parce qu'il s'adresse à moi (la première veillée s'adresse uniquement à moi, mais ce n'est pas évident ; les gens ne comprennent pas très bien de quoi il s'agit) et à plusieurs reprises cette Parole s'adresse aussi à moi jusqu'à la fin. Ensuite parce que même quand elle s'adresse aux humains en général, ceux-ci ne peuvent pas sur le champ faire le rapport entre ce qu'ils lisent, qui a un air vieillot, biblique, ennuyeux, et notre monde actuel. Expliquez le sens du Signe sur un ton léger, facile, sympa, amical et faites ça progressivement, jamais d'un seul coup ; il faut des mois, des années mêmes pour faire un Pèlerin d'Arès. N'oubliez pas de parler d'autres choses parfois légères, parce que les gens ne sont pas du tout prêts pour une œuvre de courage, de passion, de profonde intériorité spirituelle. Il faut les y habituer peu à peu. C'est dans ce sens que j'ai toujours dit que l'éducation des néophytes est très importante, mais sans oublier qu'ils sont comme des bébés ; ils grandissent mais lentement. [236C28*15/12/2021]
Sur la nécessité d’éviter de faire de notre mission une institution un peu coincée
Il faut parvenir à être compris par les humains que notre mission rencontre sur les trottoirs, les places. On ne peut pas être complètement compris s'il n'y a pas échange, si à l'Appel du Signe que nous lançons à l'humain, l'humain ne répond pas en libérant ses appels intérieurs, quels qu'ils soient. En fait, et celui qui a lu attentivement mon entrée 236 le sent bien, c'est d'une confession, d'un échange, que sort le changement, c.-à-d. la pénitence et l'engagement dans la moisson. Il faut donc montrer et donner à l'humain rencontré beaucoup d'amour pour qu'il décadenasse ses aspirations intérieures, même vagues ; c'est plus important, au départ, que d'obtenir qu'il lise Le Signe. Les premières années de l'ère arésienne je n'insistais jamais sur le fait de lire Le Signe ; j'avais très vite compris que c'était une lecture difficile, complexe, peu pénétrable par des profanes. Je donnais de l'amitié, de la camaraderie, j'entretenais des relations familières, sympathiques, parfois même affectueuses avec mes néophytes, les curieux, les intéressés, même vaguement intéressés au début et dans ces relations d'apparence relâchée, au premier abords pas très sérieux, je parlais en termes cordiaux, chaleureux, du sens de la Parole d'Arès. C'est plus tard qu'ils se mettaient à lire le corps de la Parole, d'une lecture difficile. C'est comme ça que j'ai pu constituer le premier noyau de l'assemblée, qui, quoique vieillissant, existe toujours. Maintenant, cette relation de gaie cordialité au départ est plus difficile du fait que les assemblées sont parfois déjà nombreuses et variées et que certains de nos frères ou sœurs ne sont pas, par nature, très ouverts dans un esprit de familiarité. Mais je pense qu'il y a quelque chose à recréer là en évitant de faire de notre mission une institution un peu coincée.
[236C29*15/12/2021]
Sur l'absence ou la grande insuffisance de Bien.
Le problème est dans l'alternative Bien ou Mal, mais je ne pense pas que le Mal ait besoin d'être éradiqué, parce qu'il existe par lui-même dans un monde qui lui fait toute la place ; c'est le Bien qui a besoin d'être installé, parce qu'il n'existe pas. Le Bien, quand il existe, remplace automatiquement le Mal. Il faut donc faire exister le Bien et pour cela nous avons besoin d'apôtres. Le problème n'est ni dans le cardinal Carlo Maria Vigano, ni dans la franc-maçonnerie sataniste, ni dans le Big Lie [Gros Mensonge] de la coranofolie, etc., qui ne sont que des exemples épars au milieu de milliards d'humains souffrant d'individualisme, d'égoïsme, d'égotisme, de fausseté, d'hypocrisie, de mensonge, de sournoiserie, de méchanceté, de vices divers, de tricherie, de dénonciation, etc., etc. Le problème est dans l'absence ou la grande insuffisance de Bien.
Voilà pourquoi Le Signe dit qu'il n'existe à cela qu'une seule solution : la pénitence, c.-à-d. l'amour du prochain appliqué et de ses satellites : le pardon, la paix, l'intelligence spirituelle, le renoncement à tous les préjugés. Tant que nous ne devenons pas pénitents, nous restons des images peu reluisantes incapables de chasser l'obscurité du Mal, car, comme vous le rappelez, "on ne voit bien la lumière que dans l’obscurité." La pénitence seule donne la Lumière.
Si le permanent sens sous-jacent du Signe est que ce n'est pas ce qu'on croit qui sauve, mais c'est ce qu'on fait de bien qui sauve, c'est parce que le problème n'est pas dans la question : "Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ?" Parce que tout est vrai et tout est faux, cela dépend seulement de l'angle sous lequel on regarde le monde. Pour les défenseurs du monde du Mal tout est vrai dans leurs projets. C'est pourquoi j'ai écrit le Vrai du Livre (deuxième partie du Signe) avec V majuscule pour ne pas le confondre avec le vrai du monde. Il n'empêche que les deux sont vrais selon les perspectives. La force salvatrice repose exclusivement sur l'amour évangélique.
Si vous aimez, vous sentirez le corps du monde battre contre le vôtre, comme s'il n'y avait qu'un seul cœur.
Aimez et apprenez aux hommes à aimer ! [236C30*15/12/2021]
Sur ce changement qui n'existe pas encore
Voici une œuvre qui reprend de façon très claire la grande Pensée de la Vie, dont je ne suis que le traducteur, celui qui met des mots sur cette Pensée, des mots.
Des mots ? Plutôt le cri des âmes blanches qui agitent leurs bras dans un ballet comme des cygnes blancs sur un lac tempêtueux, élevant leurs ailes et montrant leurs cœurs... un lac qui deviendra une Mer. C'est sur le fond blanc de cette toile un Lac des Cygnes, un ballet signifiant, bouleversant rappel de ce qu'est l'humain : l'Image et Ressemblance de la Puissance créatrice.
Pour l'heure on dirait des fantômes blancs, mais les gens qui voient ce tableau garderont, je l'espère, la trace d'une Vérité qui un jour les rattrapera, les atteindra, prendra corps. Pour l'heure, ces fantômes sont le changement qui n'existe pas encore, mais c'est une promesse déjà dessinée. Ce tableau dans le métro, pas même enveloppé, ouvert comme une fenêtre sur le ciel, ne traduit pas un rêve ; il clame vers tous ceux qui le regardent. Il y a quelque chose de beckettien dans cette œuvre... En attendant Godot.
Crédit : Collection personnelle [DR]
[236C33*16/12/2021]
Sur la Parole comme Vie plus que comme mots
Frère Antoine B pense depuis quelques années que j'ai trahi les mots initiaux du Livre, mais c'est parce qu'il n'admet pas que la Parole théophanique ne fusse pas une dictée comme à l'école, parce qu'elle fut une pénétration de tout mon être, par les oreilles, par la peau, par le sang, par l'esprit et que ce que Dieu imprimait en moi était bien plus que des sons et des mots, un message sublime et subtil difficile à réduire à des mots toujours insuffisants, quelque chose de vraiment difficile à traduire dans ce langage de gosiers étroits, de lourdes langues rouges et de piètres cervelles des pécheurs que nous sommes. Quel missionnaire dans la rue ou ailleurs ne souffre-t-il pas de ne pas pouvoir exprimer tout ce que Le Signe lui a permis d'assimiler ? Aussi longtemps que le péché obscurcira notre cerveau, nous aurons des difficultés à développer l'apothéose qu'est la Parole telle qu'elle est inévitablement réduite dans nos livres dits saints.
[236C34*16/12/2021]
Sur l’interpellation apostolique de fond spirituel
Il est important pour l’apôtre de distinguer un simple appel au réarmement social par l'amour du prochain d'une interpellation apostolique de fond spirituel. Une interpellation apostolique peut très bien dissocier Dieu de la religion, mais elle n'oublie pas que Jésus répond au tentateur : "Ce n'est pas de pain (de fraternité, de dissociation de l'humanité de l'individualité, etc.) seul que vivra l'homme, mais de toute Parole qui sort par la Bouche de Dieu" (Matthieu 4/4, traduction Osty). Autrement dit, nous ne sommes pas seulement envoyés pour fonder une société de concorde "gratuite, sans frontières", une société où l’amour donné et l’amour reçu n’ont pas d’étiquette, pas de religion, pas de politique", mais aussi une société où l'homme retrouve sa nature et sa dignité extra-animales, où l'homme est re-fait Dieu (Signe 2/13), où il retrouve les moyens du bonheur, oui, mais du bonheur perpétuel, où l'âme renaît, où la mort sera abolie, un Jour (31/8). Il y a moyen de déreligioniser la société, de la délivrer de l'empire des dogmes, des idéologies, des clergés, et de la dépolitiser en supprimant le sénat (Signe xxxv/1-3), la loi des rats (xix/24), mais il faut aussi faire comprendre à la société que cette libération tombe sous le sens, parce qu'elle, la société, est d'une nature unique dans toute la Création : Elle est l'Enfant (13/5) d'Autre Chose que des seuls ventres des mères.
Ainsi, un simple appel au réarmement social par l'amour du prochain manquent d'éléments qui me semblent essentiels de la part d'un Pèlerin d'Arès du petite reste.
[236C38*17/12/2021]
Se faire comprendre pour permettre à l'épi mûrs de se découvrir lui-même
La musique est un art qui renvoie l'homme à une universalité que les mots ne peuvent traduire, parce que les mots sont des chocs qui s'additionnent comme des coups de marteau, alors que le musique réalise une fusion. La musique participe ainsi plus facilement que le verbe à l’édification d’un monde humain, même dans le péché comme c'est le cas actuellement. Pour l'heure, l’apparence est la seule voie d’accès à l’être à défaut de l'être pour l'Être, indistinct à nos yeux de cafard ou de fourmi incapables de réaliser la macrosomie autour d'eux. Il nous faut des lunettes astronomiques ou des télescopes pour voir quoi ? Un point ridiculement petit de l'Univers et donc de ne jamais avoir une notion globale de cette immensité à moins de coller des photos à d'autres photos... et encore ! Ce n'est jamais qu’une petite zone de points. Rien ne nous permet une raisonnable objectivité de l'Infini. Comment voulez-vous que les gens de la rue voient l'Immense, le Tout, l'infinie Vie que je représente sans me traiter d'imposteur, d'illuminé ? Voilà bien pourquoi, entre autres raisons, je dis à mes frères et sœurs : Moissonnez les épis mûrs au milieu d'une immensité d'épineux, ne cherchez pas à convertir.
Certains condamnent la musique contemporaine au motif qu’elle se fourvoierait dans l’éphémère, ce qui n'est vrai que pour une certaine musique, mais pas pour la musique au sens global. C’est oublier que l’art ne se réduit pas à une poiésis (ποίησις) artisanale, locale, éphémère : loin de se présenter comme l’accomplissement d’une fin, il se manifeste davantage comme commencement. L'humain a la capacité de toujours commencer quelque chose ; la musique, à laquelle peut s'apparenter notre discours missionnaire, relève d’une expérience de liberté. Si notre propos est chose du monde, il ne vaut cependant que dans la mesure où il ouvre le public à un champ de possibles insoupçonnés qui renouvelle sa perception du monde et de l'être... l'être qui a vocation d'aboutir à l'Être.
Les écoutants sont, quand vous leur parlez, dans une sphère d'ébranlements subtils — Geor Hegel parlait de "tremblements qui traversent l'être" —, si subtils que les chances d'être compris restent toujours petites. Il nous faut permettre à l'interlocuteur dans la rue de découvrir un thème qu'il ne connaissait pas. Le mécréant ne voit les problèmes et le Vrai derrière le brouillard de la vie quotidienne et des idées reçues que si l'on réussit à faire sortir de ses viscères un excédent d'énergie et de liberté. Ce n'est jamais gagné d'avance. Se faire comprendre et ainsi permettre à l'épi mûrs de se découvrir lui-même, c'est arracher un trésor à la montagne. [236C40*20/12/2021]
Sur la non-dualité
Nous humains sommes tous dissemblables, non par différences fondamentales comme un héron cendré n'est, ni un éléphant, ni un mille-pattes, ni un virus, mais parce que nous sommes complémentaires. Mon épouse Christiane et moi prions ensemble, mais pas toujours ; je sens bien que sa prière personnelle est autre que la mienne, que son rapport à la Vie n'est pas le mien. J'en suis heureux, parce que c'est notre richesse. Je perçois que la vie humaine n'est pas celle d'un individu humain, mais la somme des vies de tous les humains, non-nés, nés ou morts, car ce sont là des stades inséparables de l'existence de l'homme, lesquels s'additionnent pour ne former, comme disait Balzac, qu'une seule anthropogonie.
L'humain est une globalité et tant qu'il ne comprendra pas cela, il ne concevra pas la fraternité comme elle devrait être conçue. Chacun de nous monte en oscillant vers la Vie dans quoi tous se fondront, mais il monte inconscient de sa montée. C'est la complémentarité — l'Un fait de milliards de milliards de compléments — qui fait l'amour, qui le rend l'amour nécessaire... Sans amour la vie est brisée ou retardée dans son ascension.
La vie humaine n'est pas une vie finie dans un cercueil ou pulvérisée par une explosion. La vie humaine c'est Un dans l'espérance d'un homme à venir, de la naissance d'un homme et du départ de l'homme dans l'au-delà. Ces stades sont inséparables. Il nous faut atteindre la non-dualité parfaite — c'est la vision extra-extraordinaire, ultra-réelle, hyperachevée d'Adi Shankara, visionnaire des visionnaires qui a mis l'Advaita Vedânta sous sa forme finale et à ce titre est vu comme le maître de la non-dualité... Mais il avait lui-même ses imperfections, sa carence en connaissance, puisqu'il n'était pas partisan de Bouddha. Adi Sankara était un individu humain qui ne comprenait pas que Bouddha était son complément. Nous sommes tous compléments les uns des autres et même complémentaires de ce qu'on appelle Dieu, le Créateur, le Père, l'Éternel, la Vie, etc.
La problématisation est un passe-temps dont l'humain pour l'heure ne peut se passer en s'empêchant de voir que ce n'est pas une cause de division mais au contraire de ramification. [236C41*20/12/2021]
Sur la mission qui doit faire avec l’inexprimable
Plus le Vrai entre en nous plus indescriptible il devient. Chacun de nous, petit reste (Signe 24/1), voudrait recevoir ou se donner une formation continue et pouvoir atteindre l'antichambre de la Lumière — Lumière qui brille partout, à l'infini comme au fond de soi quand le péché que chasse la pénitence ne la masque plus — mais cet apprentissage ralentit dès que les mots manquent, car de mots l'intellection a besoin. Au-delà des mots, c'est la Vie proche mais inexprimable. Les apôtres sont entourés de tous côtés par des murailles, alors il leur faut trancher en faveur d'un mode de parler ou d'un autre, d'une façon ou d'une autre d'exprimer l'inexprimable. Le mal, même si nous ne le faisons plus, nous revient sous forme d'impossibilité de dire. L'apôtre est un être sans cesse contredit, y compris par lui-même, faute de pouvoir se montrer lui-même, s'expliquer, exhaler la Lumière. Pourtant, il faut poursuivre, oui, poursuivre sans cesse la mission. [236C43*20/12/2021]
Sur la peur de dire ce que l’on pense et espère, même chez l’épis mur
On peut en effet s'interroger sur les raisons pour lesquelles les gens de notre temps se barricadent derrière des secrets, des pensées qu'ils gardent pour eux, se neutralisant ou, pire, se désactivant ainsi. On peut face à ce constat faire plusieurs réponses. L'une d'entre elles est celle-ci, que je me fais parfois quand j'entre dans une grande librairie de gare et que je mesure l'extraordinaire étendue d'étalage de revues, magazines, journaux, etc. Je me dis : Dans cette montagne d'écrits la moitié du monde critique ou accuse l'autre moitié. Devant tant de blâmes, réprobations, condamnations, dénigrements, objections, animadversions, très souvent devant tant de méchanceté, qui ne prendrait pas peur et n'éviterait pas de s'ouvrir ? Je crois qu'on vit des temps où tout le monde critique durement tout le monde et je peux comprendre que beaucoup, même parmi les plus inconnus des hommes, prennent peur. L'homme qui a peur de dire ce qu'il pense et espère se tait et, pour ne pas se dépriser complètement, se considère secrètement comme sa propre et seule finalité. Dès lors cet homme-là est double : Extérieurement il approuve, mais en dedans il ne croit qu'en lui-même ; si on lui dit : "Si un nombre significatif d'individus pratiquent l'amour du prochain, le Bien chasse le Mal," il fait oui de la tête, mais il pense intérieurement que c'est contrefactuel, que ça ne peut pas exister par impraticabilité. Pourquoi croyez-vous que les grands idéaux ont disparu ? Parce qu'ils passent pour irréalisables chez une majorité de frères humains qui, par surcroît, sont devenus de plus en plus cagnards. Qui, du reste, avoue sa cagnardise ? Personne ; la cagnardise est un secret bien gardé. Même des épis mûrs sont très souvent paresseux. La paresse serait même plutôt bien vue. Si un fonctionnaire pour une raison X ou Y me demande mon âge, je réponds que j'ai 92 ans et je le vois immanquablement écrire "Retraité" ; je corrige aussitôt : "Non, non, je suis toujours au travail et salarié," le fonctionnaire lève alors le nez, ses yeux deviennent bigles et me fixent hagardement non comme une exception, mais comme un danger ou comme un fou. Quand je vais chaque année à la visite médicale de la Médecine du Travail, il faut voir la tête du toubib (qui d'ailleurs n'est jamais le même) ! Il ose à peine me toucher, comme si j'allais m'effondrer. Il ne fait pas bon ne pas être comme tout le monde. Passons !
Aux yeux d'un monde qui, d'une façon générale, pense que tout ce qui est bon pour l'homme est maintenant connu, répandu, mis en pratique, ce que nous disons à la personne qui s'arrête dans la rue est superfétatoire avant même que nous ouvrions la bouche. Autrement dit, c'est par avance que nous ne sommes pas crus ; on nous écoute par gentillesse. Seuls quelques rares épis mûrs décèlent l'importance capitale de ce que nous annonçons, mais si l'épi mûr est une personne craintive, la crainte lui brouille l'esprit et il garde secrète au fond de lui sa réponse. Il faut revoir régulièrement cet épi mûr et lui parler encore et encore avant qu'il comprenne qu'il est invité par la Puissance créatrice de l'Univers à changer sa vie et le monde. Tant que cette compréhension n'est pas survenue, l'épi mûr garde secrètes ses craintes et on ne peut pas considérer l'épi mûr comme un Pèlerin d'Arès sur qui compter. Car la peur est sans doute le premier secret rencontré et comment rassurer des personnes qui n'avouent pas leur peur ? Bref, la mission n'est pas facile, mais ça, nous le savons depuis longtemps. [236C46*21/12/2021]
Sur une affiche de vitrine
© Éric D.
Voilà qui ferait une belle affiche de vitrine pour cette période de Noël.
[236C49*24/12/2021]
Sur le langage missionnaire
Dans les années 80, il y a quarante ans d'ici, les Français qu'on rencontrait dans la rue avaient tous, athées compris, quelques notions de religion, même rudimentaires, et les questionnaires sur la spiritualité étaient plus faciles à établir. Tout a bien changé ; les gens qui ont une certaine idée de Dieu, du Créateur, de la vie qui garde un certain rapport avec un "ailleurs" sont de plus en plus rares. Il nous faut trouver un certain langage qui ne soit pas trop hermétique, qui sans être religieux laisse penser qu'on n'est jamais vraiment tout seul dans sa peau animale, qu'il existe autre chose hors de la peau, autre chose que les gens appellent chance, hasard, probabilité, bonne étoile, aléa, bref, quelque chose de plus ou moins inexplicable pour un esprit matérialiste moderne.
À nous de permettre aux personnes à qui nous parlons de développer (au moins un peu) cette idée de vie au sens indéfinissable, la vie à côté de la courte vie matériellement et charnellement lourde. L'Auteur du Signe, le Créateur, l'Intelligence par excellence dont nos piètres intelligences sont quand même les images et ressemblances (Genèse 1/26), a eu une idée de Génie en nous disant qu'il faut parvenir à retrouver le Vie (Signe 24/5). Ce mot Vie et le qualificatif qui en résulte : Vivant ou vivant, est une des clés de notre discours missionnaire. Ces mots vie ici-bas et Vie en-deçà, indistincts dans le parler immédiat, montrent à quel point notre langue humaine a été cassée, truffé d'insuffisances. [236C51*24/12/2021]
Un très bon tract
Crédit : Collection personnelle [DR]
[236C53*29/12/2021]
Sur la divine supériorité de l'Abstrait indimensionnel
Voici une vidéo éditée par ARTE qui parle de l'Univers (Rév d'Arès 12/4) et de la place de l'homme dans cet espace probablement sans limites. C'est, bien sûr, un document scientifique de type matérialiste athée, mais qui permet de réfléchir.
Réfléchissez sur la place particulière de l'humain, image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26-27), un être d'une extrême et extraordinaire faiblesse physique face à un cosmos qui déploie des forces physico-chimiques, électro-magnétiques et nucléaires d'une immensité inimaginable ! C'est cette stupéfiante disproportion entre la vie humaine apparemment insignifiante, comme dit la commentatrice de la vidéo, et des fantastiques forces et dimensions, qui justement montre la divine supériorité de l'Abstrait indimensionnel sur le concret dimensionnel : la vie humaine, miroir de la Vie invisible, immensurable et impondérable qui est créatrice de tout. La place évidente de cette Vie et de son miroir : l'intelligence (Rév d'Arès 32/5) humaine, ne peut pas être comprise sans recours à la métaphysique. [236C57*31/12/2021]
Sur une interview de Valérie Bugault
Si vous êtes Pèlerin d'Arès actif, surtout si vous êtes membre du petit reste (Signe 24/1), je pense que l'interview que vous allez peut-être avoir le temps d'écouter est très utile pour notre information générale. Les observations situationnelles de Valérie Bugault nous font mieux comprendre, à nous pénitents et moissonneurs, ce qui a fait surgir en 1974 et 1977 Le Signe au milieu d'un monde qui abordait une période de confrontations sur le Fond entre plusieurs concepts de la vie humaine. Nous voyons mieux l'important rôle de sauvegarde que sont appelés à jouer les Pèlerins d'Arès au moment où dans le monde, comme l'explique Madame Bugault, le pouvoirs politique fait place au pouvoir financier qui sera probablement la principale cause du péché des péchés (38/2). Oui, nous comprenons mieux pourquoi le monde doit changer (28/7).
[236C58*31/12/2021]
Sur le moteur du pouvoir financier
Le pouvoir financier a pour base et moteur la soif de possession. Il y a très peu d'exemples d'humains ayant eu soif de possession de richesses qui n'aient pas eu en même temps soif de possession des êtres vivant avec eux, des peuples au milieu desquels ils vivaient, du pouvoir de faire des lois, de rendre justice qui est toujours leur justice, bref, de posséder pouvoir sur le maximum des choses qui les entourent, en bref de posséder le pouvoir au sens le plus largement consommé. Mais la soif de pouvoir prend des couleurs diverses, elle peut être notamment politique ou financière. Si le pouvoir est politique, il arrive qu'il prenne pour teinte une idéologie, laquelle peut, tout en restant pouvoir, être généreuse comme les idéologies de Clisthène ou de Périclès à Athènes ou deux-mille-cinq-cents ans plus tard de Franklin Rossevelt aux USA, mais s'il est financier, il est implacablement égocentrique en général, c.-à-d. présente historiquement moins d'exceptions. C'est un schéma tracé ici à très gros traits qui explique pourquoi je pense que le pouvoir financier est pire que le pouvoir politique, est une pente plus inclinée et plus nette de précipitation vers le péché des péchés.
[236C64*02/01/2022]
Sur la finalité de l’être humain
Pour moi la vie charnelle n'est pas la finalité de l'humain ; la vie humaine est à l'évidence faite pour une durée indéfinie, parce qu'il me paraît impossible que le Père, la Vie, l'Éternel, etc., appelle l'homme à revenir aux conditions du Bien, qui furent celles d'Éden, si cet homme n'est appelé à vivre qu'une période biologique étroite comme un moineau ou un cancrelat. La densité existentielle de nos actions est un bagage que nous transportons ailleurs sous une forme incorporelle, dont nous ne connaissons que très peu de choses, simplement parce que ces choses ne sont pas descriptibles en langage humain qui, aux oreilles de la Vie n'est qu'aboiement de pécheurs. Nous allons prolonger de façon inconnue — les histoires de paradis ou d'enfer ne sont qu'enfantillages — notre brève histoire charnelle aussi fiévreusement nous l'aurons vécue minutes par minute, car elle n'est que le très bref passé d'un avenir interminable sous des formes et dans des conditions qui, pour l'heure, nous sont complètement voilées. Zoroaste, Lao Tseu ou Héraclite là-haut dans les étoiles ne se souvient même plus du jour où, parce qu'il toussait ou avait mal au ventre, il alla voir un médecin.
[236C59*01/01/2022]
Sur une image de Jésus
[DR]
Cette image de Jésus me frappe par quelque chose qui se rapproche beaucoup du Jésus qui me visita en 1974. Sauf les anneaux dans les oreilles, que ne portait pas le Jésus qui me dicta L'Évangile Donné à Arès, et sauf la bouche qui était plus grande. [236C60*01/01/2022]
Sur le choix du retour à la Vie
Quand le Père m'exhorte à être un en moi (Signe xxiv/1), Il entend que je sois un avec mes frères humains autant qu'avec ce qu'il appelle le Ciel, qui n'est pas l'espace où brillent les étoiles et où sont tapis les trous noirs, mais le Séjour (Signe 2/10, 20/4, 26/12, etc.) de la Vie. Chacun des humains qui y croient n'a pas ses raisons personnelles d'y croire, mais nous avons tous une seule et même raison d'y croire. C'est qu'il y a derrière toutes les visées de la foi apparemment différentes un choix plus profond, immédiat, commun, le choix du retour à la Vie. Nous sommes apparemment divers, mais nous formulons un unique engagement. L'homme est le seul vivant qui ait conscience de retourner à l'unique Source. Nous ne sommes pas les producteurs de l'Être, mais nous en somme les Enfants et, par instinct, ses détecteurs. Nous sommes essentiels par rapport à l'Éternel. Loin de l'Éternel nous sommes en sursis. Un jour, nous nous regarderons avec surprise : "Quoi, cette âme, c'est moi ?" [236C61*01/01/2022]
Sur l’humilité du Prophète
Qui avait plus de petitesse que moi quand en 1974 Jésus m'apparut, à moi l'indigne et minable bonhomme ? Oh, je ne veux pas pécher par excès d'humilité, qui alors deviendrait fausse humilité, et je pense qu'il y avait certainement plus "petit" et plus minable que moi, mais, croyez-moi, j'étais déjà "petit", vraiment "petit". Ce n'est pas pour faire du style ou par hypocrisie que je dis cela, mais aujourd'hui encore, quarante-huit ans après, je me demande chaque jour par pur réalisme pourquoi je fus l'humain appelé à être témoin d'un événement aussi extraordinaire que la manifestation physico-spirituelle du Créateur... Du Père de cet extraordinaire immense Univers que décrit, en effet, la vidéo 236C57. [236C65*02/01/2022]
Sur l’invisible influence de notre mission
L'empire des grands pouvoirs politiques et financiers sur les humains devient de plus en plus fort et manifeste.
À nous de rappeler à l'humanité, l'Enfant du Père, que le bonheur et le Salut ne viendront pas des puissances technologiques, légifératrices et militaires, mais de l'amour ! Il nous faut développer une économie de la vie (économie au sens grec d'art de bien se conduire) qui puisse vaincre l'économie politico-technico-financière (économie au sens moderne d'art de gérer et régner) qui est en train de nous submerger. Nous sommes, petit reste commençant, déjà en train de montrer le chemin. Notre mission est à peine visible, mais elle existe et je la crois déjà solide. Elle ne pourra que progresser. Qu'importe que ce soit lentement — quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) —, l'important est que le péché qui occupe une énorme place dans l'organisme humain se réduise peu à peu. Permettre à l'homme de créer son âme est infiniment plus important que permettre à l'arbre de donner de meilleurs fruits. Je remarque qu'ici et là quelques débats commencent à se tenir sur les conditions de mise en œuvre d'une vie mentale qui reprenne le sentier de la vie spirituelle très simple qu'inspire le Sermon sur la Montagne. Je suis sûr que notre action missionnaire y est pour quelque chose.
[236C67*02/01/2022]
Sur la force commune mise dans le Bien
[DR]
Puissent tous les Pèlerins d'Arès former un phare dans la tempête qui agite sans cesse notre Terre de péché !
Job n'est qu'un homme dans la Bible, mais si nous pécheurs nous unissons pour combattre le mal dont nous sommes, que nous le voulions ou non, les dispensateurs dans l'inévitable interdépendance humaine, nous dépassons la douloureuse position d'un seul individu, nous comprenons que la force commune que nous avons ensemble mise dans le péché, nous pouvons ensemble la mettre dans la pénitence et le retour au Bien. [236C68*03/01/2022]
Sur les frères Bogdanoff
Voici une vidéo dans laquelle les frères Igor et Grichka Bogdanoff parlent des forts indices qu'a aujourd'hui la science de l'existence d'un Créateur. Ce qu'ils disent intéressera certainement bon nombre de lecteurs de ce blog.
Au passage, je dois reconnaître que je ne connaissais pas du tout les frères Bogdanoff.
Ces deux croyants ont eu maille à partir avec les scientifiques athées, ai-je lu ce matin.
Notons qu'ils parlent du temps imaginaire, qui, si ma mémoire est bonne, fut découvert par Léonhard Euler, grand mathématicien suisse, au XVIII° siècle. Il s'agit d'eixπ+1=0. C'est une formule extraordinairement simple qui veut dire que 0 contient l'infini. Ce temps imaginaire qui, cependant, n'est pas sans valeur scientifique, nous fait entrer dans la partie métaphysique de l'épistémologie. [236C68*04/01/2022]
Sur l’apôtre et la vie spirituelle face à la régression religio-politico-sociale de l’humanité
Je crois que l’apôtre qui reste au ras de terre dans sa mission n'ajoute pas à son argumentation l'allègement auquel Le Signe invite. Le ou la missionnaire pense probablement avoir l'air plus sérieux en restant au niveau de la raison médiatique sur des sujets à caractères sociétaux au détriment du fond spirituel que véhicule le message du Signe, mais il ou elle dit peu de choses susceptibles d'élever l'interlocuteur à un niveau qui lui fait prendre conscience qu'il n'est pas que matériel, corporel, logique, mais qu'il y a aussi en lui une part importante d'immatériel, d'incorporel, de spirituel, de métaphysique, donc d'intemporel, dont on ne trouve pas les traces uniquement chez les poètes.
Très nombreux sont ceux qui aujourd'hui comme hier ont des raisons de penser ou même de savoir qu'ils ne sont pas seuls et qu'ici et là ce qu'on croit être le hasard n'est qu'une main invisible qui vous conduit ou qui vous évite bien des dangers et des problèmes. Le mal qu'a fait la religion est son invention d'une monde invisible surpuissant calqué sur le monde terrestre : le roi et juge céleste, le paradis, le purgatoire, l'enfer, etc. Il faut remplacer ce conte de fée religieux par une métaphysique raisonnable.
La manière de penser et de vivre de l'humanité moderne contribue à une terrible régression religio-politico-sociale qui cantonne l'esprit dans des zones que je qualifie d'animales, qui réduit l'homme à se considérer comme bon s'il n'a qu'une charitable raison, et qui empêche l'esprit de créer l'âme, et qui tue la vie spirituelle dans l'humain en freinant le développement de l'amour. Cette disparition des grands visions spirituelles conduit à l'incapacité de comprendre la réalité plénière de l'homme.
L'homme en refusant la participation de l'Être à sa vie se réduit au sort d'une machine qui se croit pensante mais qui n'est que programmée... et encore ! qui se déprogramme peu à peu, laissant les parasites qu'elle craint tant l'envahir. Je ne suis pas éloigné de croire que la covid-19 n'est jamais qu'un de ces parasites que la force d'âme, si elle n'était pas affaiblie, aurait pu ne pas laisser naître. La covid-19 a fait son apparition à Wuhan en Chine... On soupçonne quelques apprentis sorciers de la biologie chinoise de l'avoir conçu ou laisser s'échapper des éprouvettes, mais en fait quelle vie spirituelle pouvait-elle encore dans cette ville chinoise faire barrage à l'apparition d'un mal nouveau ? [236C71*05/01/2022]
Sur le mal qu’on trouve dans tous les milieux
Contrairement à ce que pensent certains, tous les francs-maçons ne sont pas des humains à assimiler aux Illuminati assoiffés de puissance ou manœuvrant pour gouverner le monde. Il y a quelques francs-maçons parmi nos frères et sœurs P(p)èlerins d'Arès qui, je peux l'assurer, sont des pénitents aspirant au Bien et pleins de qualités et de vertu.
Si vous êtes pénitent(e), vous devez aimer tous les hommes, francs-maçons compris, et vous rendre libre de tous préjugés.
Le Mal de ce monde, fondé sur le péché, ne vient pas spécialement de la franc-maçonnerie. On le trouve dans tous les milieux, tous les domaines.
[236C72*05/01/2022]
Croyant, donc vivant !
À propos d’une réponse à la question d’un apôtre : « Êtes-vous croyant ? » et de la réponse de la personne interrogée : « Croyant ? Demandez-moi plutôt su je suis vivant ! », frère Michel développe la réflexion qui suit :
Le croyant n'est pas seulement quelqu'un qui croit intellectuellement à certain nombre de préceptes ou d'hypothèses, le vrai croyant sait que sa vie est dérivée de la Vie Suprême qui est Créatrice de tout ; il est donc vivant dans ce sens.
Cela, c'est la base de la foi. Il demeure que celui ou celle qui se sait être une parcelle, une miette, un soupçon de la Vie, ignore méthodologiquement ce qu'est cette Vie. Il sait cependant ce qu'elle n'est pas : Elle n'est pas le Roi et Juge, c'est-à-dire qu'elle n'est pas cette sorte de superhumain qu'en a fait la religion, superhumain qui agit comme un roi et juge de la Terre, le barbu au plafond de la chapelle Sixtine, dont on peut chanter la louange et la gloire et à qui l'on croit pouvoir parler et demander des faveurs. La Vie est autre chose que seule une métaphysique raisonnable, maîtrisée, c.-à-d. non délirante, simple, peut approcher. La Vie crée sans limites la vie sous une infinité de formes, qui vont de la Lumière à la matière radioactive, de la Puissance à la Sainteté (Signe 12/4), de la vie animale ou végétale à la vie microbienne et à la vie humaine qu'elle considère comme Son Enfant (13/5), c'est-à-dire Son Image et Ressemblance (Genèse 1/26).
La métaphysique est cette zone sans visibilité ni preuve qui traite des causes premières et des principes premiers dont on a quand même la certitude qu'ils existent, c'est-à-dire la connaissance par la raison de la nature des choses en tant qu'elles existent indépendamment de l'expérience sensible que nous en avons. Ainsi, actuellement, les astrophysiciens savent que le cosmos s'achemine vers une extinction thermique, donc vers une fin ; or, les lois physiques observées imposent de dire que ce qui a une fin a forcément un commencement et que l'éternelle existence du cosmos est impossible ; il y a donc eu un commencement : une création à partir de rien. Mais qu'est ce commencement à partir de rien ? Seule la métaphysique, mais pas la religion qui ne fait qu'affabuler ou romancer, peut répondre à cela. La métaphysique est donc une démarche de la pensée honnête et mesurée qui concerne l'existence des choses, des événements ou des êtres au-delà de leurs apparences matérielles pour essayer de les décrire et d'expliquer en quoi consiste leur existence. On a donné à la métaphysique d'autres noms comme ontologie, transcendance, philosophie première.
La métaphysique revêt différentes manières d'expression selon les époques, les philosophes ou les courants de pensée. Ainsi, par exemple, la métaphysique est pour Aristote (384-322 av JC), l'étude de l'être ou de l'essence des choses, indépendamment de leurs propriétés particulières : "Qu'est-ce qui fait qu'un être est ce qu'il est ?" La métaphysique est pour René Descartes (1596-1650), l'étude des êtres immatériels (Dieu, âmes, idées), constituant ainsi une sorte de "théologie naturelle". La métaphysique est pour Emmanuel Kant (1724-1804) la science du réel en lui-même, c'est-à-dire l'ensemble des connaissances générées par la raison seule sans le recours à l'expérience et aux phénomènes sensibles. La métaphysique est pour les existentialistes, la recherche du sens, des finalités de l'existence, "l'étude des processus individuels qui ont donné naissance à ce monde-ci comme totalité concrète et singulière." (L'Être et le Néant, 1943 - Jean-Paul Sartre). Par extension, la métaphysique désigne toute réflexion méthodique visant à une connaissance de la nature profonde des choses. Nous ne pouvons ignorer l'existence des adversaires de la métaphysique, qui donnent à ce mot un sens péjoratif et qui considèrent la métaphysique comme l'abus de réflexions abstraites, de spéculations intellectuelles oiseuses qui obscurcissent la pensée au lieu de résoudre des problèmes et qui n'ont aucun impact sur le réel.
Ce frère est donc probablement un métaphysicien, qui a compris que sa propre existence, celle d'un être vivant d'une immense complexité, ne peut être que le fruit d'une Intelligence et d'un pouvoir exceptionnels et que donc sa propre vie n'est pas le produit d'un Superinventeur mais le produit d'un Principe Suprême Innommé, mais que la faiblesse humaine a besoin de nommer parce qu'elle ne peut penser sans langage (penser, c'est se parler à soi-même) et que pour cette raison Le Signe appelle la Vie (24/3-5). De là cette réponse pleine de sens : "Croyant ? Non, je suis vivant."
[236C76*06/01/2022]
Sur le problème de la liberté et du suicide
Suis-je libre ou ne suis-je pas libre (Signe 10/10) de ma chair ? Dans l'Écriture, y compris dans Le Signe, on ne trouve nulle part de développement sur la liberté, ce qui apparemment laisse aux disciples de la Parole une large et interminable plage de discussion. Pourtant, considérant que le problème majeur de la liberté qu'on peut avoir de son corps est le suicide, c.-à-d. le choix de vivre ou de mourir, qu'en penser ? Dans la Bible un seul suicide est cité, celui du roi Saül qui préféra, à la bataille de Guelboé, se donner la mort plutôt que d'être pris vivant par les Philistins (1Samuel 31/4). Il n'est pas dit que Yahwhé le punit en l'envoyant dans l’Hadès (enfer). Dans le Coran on trouve des passages considérés comme interdisant le suicide, notamment la Sourate IV "Les Femmes" le verset 33/29 (traduction de Régis Blachère) : Ne vous tuez pas ! (Lâ taqtulû anfusakum). Cependant, Blachère note que Tabari (Signe 35/12) donne à ces mots un seul sens : Ne vous entretuez pas ! Il ne s'agirait donc pas de suicide. Il n'y a apparemment rien qui interdise clairement et péremptoirement le suicide. Je considère que je suis maître de ma vie et que ma liberté me laisse toute décision concernant ma vie ou ma mort. Je suis libre de ne pas me vacciner en risquant la mort. Au reste, dans ce monde pécheur, aussi longtemps que le Jour de Dieu n'est pas survenu, quitter sa vie corporelle est un fait qui se produit immanquablement un jour ou l'autre chez chacun de nous. Alors, un peu plus tôt, un peu plus tard... L'État n'a pas à se mêler de cette question qui reste personnelle. Ne serait-ce que sur cette base la position de M. Macron qui veut "emmerder jusqu'au bout" les non-vaccinés me paraît aussi insolite qu'illogique de la part d'un homme qui me paraît athée et rationaliste. Cette affaire du Covid-19 n'a pas fini de m'étonner. [236C78*06/01/2022]
Sur la conscience toujours en retard sur l’événement
Il est très important que ce que l’apôtre dit ne soit pas, oh non vraiment pas, le masque d'une réalité totalitaire, d'une religion à dogmes et à lois. Il faut que les gens pensent sincèrement que les fruits en germe dans notre espérance de Pèlerins d'Arès s'épanouiront pour le bonheur de tous les humains.
Cela portera des fruits un jour ou l'autre. Il ne faut jamais oublier que la conscience est toujours en retard sur l'événement. L'événement c'est la rencontre de la personne avec l'apôtre, mais la personne ne prend conscience de ce qui lui dit l'apôtre que rarissimement sur l'instant. Georg Hegel disait que "la chouette de Minerve ne prenait son envol qu'au début du crépuscule," voulant dire par là que la pensée de la masse ne comprend un processus historique qu'au moment où il est achevé ou au dernier moment. Il nous faut donc être très patients. Notre discours apostolique dans la rue fera lentement son chemin, mais il le fera. Il ne faut pas non plus oublier que nous proposons aux hommes une vie sociétale dont toute régulation est absente ; les hommes ne sont pas habitués à cette liberté. C'est à force de rencontrer nos missionnaires qu'ils comprendront qu'est possible une vie sociétale exempte de lois, de chefs, d'obligations et ne fonctionnant que sur un volontariat heureux. Les humains dans leur majorité n'attendent que des avantages. Ils les attendent dans une absence quasi totale de pensée ; parler à des gens qui ne pensent pas est difficile et demande beaucoup de patience. Les gens se fient à ce qu'ils croient être des "experts", comme les politiques et les médias sans voir que ces "experts" ne sont que les expressions de cette spécialisation étroite qu'on appelle le système. [236C79*06/01/2022]