La Parole parvient aux hommes de deux façons :
D’abord, telle que son témoin auriculaire ou dépositaire, le prophète, La perçoit et La transcrit, donc telle que l’homme La lit,
Ensuite, telle que le prophète, qui est son premier exégète, l’enseigne (Signe 28/10, 32/8, 35/4, 36/20, 39/1).
Le prophète ne rabâche pas ; il sait.

Le prophète a la Parole et le sens de la Parole
Photo : Photoscene (Pixabay)
Le péché a réduit la créature humaine (Signe 2/1-5) à tel point qu’une vastité de brèches mentales la sépare du Créateur. Obscur et frêle est devenu le fil qui rattache encore la brève vie anthropique à la Vie (Signe 24/3-5) Éternelle.
Depuis des temps immémoriaux, la Vie ne S’ouvre plus à Ses Enfants (Signe 13/5) en langage céleste qu’ils ne comprennent plus. La Vie ne s’exprime plus que dans l’inapte parler humain par des Appels, des Exordes, des Prolégomènes, jamais par des développements. La Vie (24/3-5, 25/3, 38/5, 39/5, xix/26) elle-même n’est plus qu’un Mystère (33/19) réduit à un Nom (3/6, 28/4, 28/10, 31/1-2, 39/9, xv/5, xviii/2-4) parmi les Noms incomptables et intraduisibles de la Sainteté, Puissance et Lumière (12/4). La Vie est tout Un en Soi avec l’Univers et tout ce qui s’y trouve. L’humain ne peut plus L’atteindre. Le Logos à l’état pur ne serait plus pour nous qu’une aria imperceptible. Seul un court transcodage parvient à la Terre.
La lecture de la Parole ne suffit donc pas au croyant. Le croyant doit apprendre du prophète.
La Vie, le Père, l’Éternel, Dieu, le Créateur, le Très-Haut, etc. — donnez-lui le Nom que vous voulez — fait au prophète deux dons fondamentaux : Sa Parole et le charisme qui l’ouvre au sens profond de Sa Parole. La Parole ou Écriture prend le temps de sa lecture, mais en enseigner (Signe 39/1) le sens demande toute une vie, parce que le prophète vit dans le temps — la Vie seule a le savoir intégral immédiat, parce qu’elle est hors du temps (12/6) —. De plus, même si le prophète est doué du charisme d’enseignement de la Parole, il reste un individu tributaire des aléas de la vie terrestre : Jésus est crucifié avant d’avoir eu le temps d’enseigner tout ce qu’il a à enseigner ; Muhammad en butte à des difficultés politiques doit faire la guerre et meurt avant d’avoir trouvé le temps d’être un enseignant complet. L’homme Michel (1/1, 2/20, 3/9, etc.) semble être le premier qui dispose des décennies nécessaires. Tous les prophètes n’en reçoivent pas moins, dans tous les cas, l’autorité magistrale.

La Parole vue comme une suite de mots sur du papier n’est entre la Vie et l’Enfant (Signe 13/5) qu’une frêle passerelle, au millieu de laquelle l’Enfant est assis.
Photo : Kate Andreeshcheva (Pexel)
Le Signe n’a qu’une Source : la Vie (Signe 24/3-5), mais a coulé jusqu’à moi en deux flux distincts :
Premier flux en 1974 : L’Évangile Donné à Arès m’est venu par les lèvres du Messager (32/2) Jésus revêtu d’un corps d’homme d’où sortait le bruit naturel du langage humain. C’était comme tout bruit humain un langage dit littéral, inévitablement incomplet, partial, restreint ;
Second flux en 1977 : Le Livre m’est venu par la Voix, qui n’est pas le bruit (Signe vii/4). C’était une sémiotique complexe entrant en moi (vii/5) au sens le plus total et simultané du verbe entrer : le son par mes oreilles, des ondes par toute la surface de ma chair. Le Livre sortit en sons et en ondes d’un bâton, que je pourrais aussi appeler antenne, de Lumière, guère plus haut qu’une canne. J’ai essayé de faire comprendre cela en écrivant entre parenthèses ce qui entrait en moi par mon être entier et en écrivant sans parenthèses ce qui entrait par mes oreilles, encore que ce ne fut pas toujours bien dissociable. La pauvreté des moyens typographiquess m’empêcha de mieux faire partager au lecteur l’expérience implexe de cette « écoute ». Je peux toutefois affirmer que, sur l’instant, je comprenais tout ce que le Père me communiquait d’une façon ou d’une autre.
Dans ma perception sensorielle ou extra-sensorielle sans faille du Signe j’ai bien retrouvé la distinction faite depuis longtemps par les exégètes entre le sens plénier et le sens typique (typique au sens de symbolique) de la Parole. J’y ai ajouté le sens métaphysique.
La Parole vue comme une suite de mots sur du papier n’est entre la Vie et l’Enfant (Signe 13/5) qu’une frêle passerelle, au millieu de laquelle l’Enfant est assis. La Parole n’est pas achevée en Soi ; elle s’achève dans l’homme. C’est une fruste passerelle : suite de planches sur un câble au-dessus de l’abîme, ou un simple pain : farine, eau, sel, levain mêlés et cuits. Très simple en soi, difficile à réussir. Le royaume des Cieux est comparable au levain qu’une femme a enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé (Matthieu 13/33, Luc 13/20-21). La Parole embrasse en son entier toute la Création, mais le lecteur n’est qu’un léger fil dans l’un des torons de l’amarre qui arrime la Vérité ou l’Univers au monde pécheur qu’il faut changer (28/7). C’est le prophète le passerellier et le boulanger.
Les exégètes ont parlé de sens plénier comme compréhension moins grossière du sens littéral toujours faible. Le sens plénier met un peu d’ordre dans les débris de Vérité du sens littéral, débris parce qu’on reste dans le domaine des mots. Le sens typique va plus loin en profondeur ; on sort des mots. Au-delà c’est le sens métaphysique.
Abraham va-t-il sacrifier Isaac ? Beaucoup de lecteurs en restent au sens littéral : Abraham, Isaac, le couteau, l’ange qui ordonne à Abraham d’arrêter, le bélier sacrifié à la place (Genèse 22) et, au plan moral, applaudissent l’obéissance d’Abraham à Dieu , point. Le sens plénier, lui, ne sort pas des mots, c’est toujours Abraham, Isaac, le couteau, l’ange, etc. mais pose une question importante absente du texte, seulement sous-jacente : « Pourquoi ne pas faire confiance à l’Éternel en toutes circonstances ? » Le sens typique, lui, est plus profond : le lecteur sort carrément du cadre littéraire, de la scène historique, va au Fond : Il n’y a pas de limite à l’effort de pénitence, parce que c’est par là que commence la seule vraie fusion avec la Vie (Signe 24/5). Et puis il y a enfin l’évasion métaphysique, car le lecteur mourra un jour tôt ou tard et ce qu’il vivra de l’autre côté est physiquement inconnu, indicible sans être irréel, parce que ce qui se vivra n’est pas moins Vrai que l’imaginable : Abraham va tuer Isaac, la mort est donc déjà virtuelle ; la métaphysique c’est l’anticipation raisonnable d’une fin dernière qui échappe totalement à la substance présente : L’âme va-t-elle suivre une trajectoire jusqu’aux étoiles ou va-t-elle s’étaler sur l’univers ? Va-t-elle se fondre dans d’autres âmes et ne former qu’une âme : la polone (Signe xxxix/12-13), avec toutes les âmes ? Va-t-elle ne plus faire qu’un (xxiv/1) avec la Vie ? Tout est imaginable dès qu’il n’y a plus d’yeux, d’oreilles, de cerveau, de conscience, mais ça n’en est pas moins Vrai. Les parenthèses du Livre sont pleines de métaphysique, d’indicible Vrai. Abraham sur le point de tuer Isaac n’est qu’une parenthèse dans la Bible.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


Sur le bonheur d’exister
Je ne suis pas poète, mais j'aime particulièrement les poètes en cela qu'ils me donnent une part du bonheur d'exister, et je crois que ce bonheur d'exister me suivra dans l'au-delà où l'on ne parle plus, mais où je me plais à penser que règne un immense silence poétique. Car je crois que même le silence peut être poésie. Alleluia !
Il y a eu près de 54 % d'abstentionnistes lors des dernières élections législatives et je pense que tous les poètes étaient de ces 54 %. En tout cas, moi, j'ai voté... Je vous le dis, je ne suis pas poète. Les poètes pensent que les choses de la vie ne peuvent pas être autrement que poétiques. Moi, je pense qu’elles ne peuvent pas, malgré mon enveloppe dans l'urne, être différentes. C'est la même chose, me direz-vous. Je ne pense pas. Je crois que le monde pécheur ne peut qu'être le fouillis sous l'ordre duquel il se place tout en râlant. La vie publique, dite politique, est le jeu du chat perché. L'actuel chat perché est M. Emmanuel Macron, il doit attraper les autres citoyens-joueurs (les "souris") en les touchant. Quand une "souris" est touchée par le "chat", les élections arrivent, les rôles peuvent s’inverser et la "souris" peut devenir le "chat" qui redevient "souris". Mais les "souris" peuvent se percher pour échapper au "chat". Par exemple en montant sur un banc ou sur une pierre. Le but étant de ne plus avoir de contact avec le sol. Lorsqu’un citoyen-joueur est perché, le "chat" ne peut plus le toucher. Le poète est une "souris" perchée. [242C1*03/07/2022]
Sur la prière universelle
À Arès, nous venons chercher le Feu. Assis dans la salle de prière, je sens parfois danser devant moi dans l'air ces très belles lignes de Christiane Rancé : "Aurais-je mieux prié si on m'avait expliqué ce qu'était la prière dans son essence ? Je ne sais, mais j'aurais aimé qu'on me dise très tôt, très vite, son universalité, sa présence dans le monde entier, chez tous les hommes ! Si l'orant prie selon sa culture, son pays, le dogme qu'il connaît, il prie dans le même mouvement que les autres, avec le même travail intérieur du moi, pour la même élévation, la même communion avec le monde, que la prière renouvelle avec la même grâce... Gabriel Marcel [philosophe] dans son "Journal Métaphysique" a écrit : Prier, c'est activement cesser de penser Dieu comme ordre, c'est le penser vraiment comme Dieu – comme pur Toi." [242C2*03/07/2022]
Sur la prière en mouvement
Nous sommes en Pèlerinage et je regrette un peu que l'on ne vienne plus à pied sur un lieu où le Père S'est manifesté et a laissé un grand Message, je regrette de ne pas pouvoir dire comme Tolstoï le disait à propos des pèlerins allant à Optina-Poustyn : "Ils prient avec leurs pieds." Le pèlerin se dit en hébreu "l'homme en marche". Tout comme j'aime illustrer par des gestes, peut-être pas toujours heureux mais sincères, les moments de ma prière, j'aime voir mes frères et sœurs prier en bougeant bras et jambes. Je sais que tout le monde ne peut pas venir à Arès, mais je sais que même pour ceux qui font ce Pèlerinage par le cœur, c'est un agir. [242C6*04/07/2022]
Sur l’étincelle que provoque la prière à Arès
Se trouver ou se retrouver sur le Saint lieu où le Père parla aux hommes en 1977 provoque une étincelle, étincelle parfois gigantesque comme un éclair d'orage, qui "soudain s'allume dans le moment où bondit le feu" ainsi que disait Platon. Nous sommes alors traversés par la Lumière descendue là en 1977 et qui réapparaît à ceux dont le regard n'est pas ou n'est plus brouillé par des doutes, des attaques d'incompréhension. Croire n'est pas facile ! C'est pourquoi l'Intelligence des intelligences sait que l'homme est faible et que la pénitence, les actes d'amour, suffisent pour le sauver. [242C13*06/07/2022]
Sur l’absence de règle de prière
Ce qui me réjouit le plus au Pèlerinage d'Arès, c'est l'absence de règle de prière ; je ne sens pas, comme dans une église, de courant traverser l'air entre les murs blancs comme on sent courir le vent sur un champ de blé et y faire des vagues bien parallèles, bien ordonnées, mais je sens autant de souffles que de pèlerins et pèlerines en tous sens, une sorte d'heureux maelström et je pense à Beaudelaire : "Le banc inextricable et dur ᨋ La passe au col étroit, le maëlstrom vorace ᨋ Agitent moins de sable et de varech impur ᨋ Que nos cœurs où pourtant tant de ciel se reflète". Oui, "tant de ciel se reflète" dans cette humanité si diverse où chacun va, à sa manière propre, à la rencontre de la Vie descendue là en 1977 me parler à travers un bâton – peut-être devrais-je dire une antenne – de lumière, d'où sortait des paroles sonores autant que des ondes signifiantes qui m'entraient dans le corps. [242C16*08/07/2022]
Sur ce lieu du simple et vrai christianisme
Plus nous avançons dans le très simple couloir du salut plus ces quatre murs blancs s'immortalisent et deviennent le lieu agreste, la montagne où Jésus prononça son Sermon perpétuel (Matthieu chapitres 5 à 7). Le miel est très simplement issu du pollen des fleurs que butinent les abeilles ; les murs chaulés et la brune charpente grangère de la Maison de la Sainte Parole sont une ruche, comme le fut la montagne d'où furent proclamés 2.000 ans plus tôt l'amour de l'ennemi, l'abstention de juger, la joue gauche tendue après que la droite fut giflée, etc. C'est le lieu du vrai, simple et universel christianisme. [242C53*31/07/2022]
Sur la primauté du Bien sur la croyance
Il est fondamental de reconnaître dans l'entier contexte du Signe que le principe du comportement salutaire recommandé à l'Enfant du Père n'est pas dans ce qu'il croit, mais dans le Bien qu'il fait et promeut. Si vous êtes un homme de Bien, vous êtes sauvé et cette idée me met en joie. Il est sans importance que vous croyiez que Le Livre que j'ai édité serait erroné et que vos propres corrections Lui rendraient son authenticité, mais soyez un homme bon, si vous ne l'êtes pas encore, et restez un homme bon, si vous l'êtes déjà. Le Bon (Jésus, Signe i/2-9, ii/3-19, viii/3, xiii/4-17, etc.) est le modèle.
Vous n'êtes pas, loin de là, le premier à m'aider à mieux comprendre pourquoi la Vie (Signe 24/3-5) appelle un seul prophète, mais vous êtes, je l'avoue, le premier parmi ceux que j'aime particulièrement à me faire comprendre que le prophète est un homme seul et à louer plus chaleureusement que jamais tous ceux qui me font confiance et qui me suivent, dont vous n'êtes pas et croyez bien que j'en éprouve beaucoup de peine.
"Dieu écrit droit, même si la lettre est tordue" (Le Talmud). Qui n'est pas en proie à un débat intérieur ? Personne. L'enracinement spirituel est très difficile dans l'état actuel de nos pauvres cerveaux qui supportent mal le poids énorme de la Vérité, que le Père exprime comme Il peut à nos compréhensions déficientes. C'est pourquoi je ne cesse de louer la Vie de nous avoir adressé Le Signe, que j'affirme avoir transmis comme je l'ai reçue. C'est ce cheminement dans les dédales difficiles du Vrai que je m'efforce d'aider mes frères et sœurs à faire. À tous ceux qui se demandent comment entendre la réponse donnée par la Vie aux questions que chacun se pose sur le sens de sa condition humaine je donne autant de réponses que je peux. Je suis désolé que ce fût à moi et non à vous, que le Père s'est adressé en 1974-1977 et a demandé d'assumer cette tâche, mais c'est comme ça. Je ne l'ai pas cherché. Qu'y puis-je ? [242C5*04/07/2022]
Sur la différence entre penser et vivre
Tout dernièrement, quelqu'un me disait qu'en réécrivant Le Livre selon ce qui lui semble être la vérité, le contradicteur fait, agit. J'ai répondu : "Non ! Parce qu'il ne part pas d'un vécu, un vécu comme celui que j'ai traversé à l'automne 1977 ; il n'a pas le vécu, l'expérience, de ce qu'il dit ; il part seulement de son opinion, donc de sa pensée. Or, penser c'est croire, ce n'est pas faire. Seul le faire, seul l'agir, seul le vivre est existentiel." Le fonctionnement de la vie doit être fondé sur l'amour ; l'amour seul conduit au salut.
Marcel Proust a écrit, je ne me souviens plus où et je n'ai pas le temps de chercher, que "les faits ne pénètrent jamais le monde des croyances." J'ai vécu un fait, celui des Théophanies, phénomènes d'une grande complexité, mais un fait. Ceci dit, les penseurs s'entêtent toujours à résister, mais c'est sans gravité s'ils sont des humains bons.
Il y a toujours une utilisation déraisonnable de la raison comme il y a toujours une utilisation déraisonnable de ce que j'ai pu dire ou écrire. C'est particulièrement vrai de l'imaginaire moderne, dans lequel on trouve très souvent du rationalisme, manie de nos temps. [242C14*06/07/2022]
Sur le fait de laisser les hommes de Dieu en paix
J'ai adressé un message à l'adresse "contact" de ce site dont je ne fis qu'une rapide lecture en diagonale, qui me parut techniquement très bien fait, esthétiquement réussi, mais dont le contenu me sembla malmener Le Signe et/ou ma personne de témoin, mais je n'ai jamais reçu de réponse. Ce n'est pas très grave ; il y a de par le monde de nombreux censeurs du Signe dont les critiques ou les refus sont très divers. Ç’en est un de plus, c'est tout. Je ferais sans hésiter à Al Abdal la réponse que fit Gamaliel au Sanhédrin après l'arrestation des apôtres, grosso modo ceci : "Laissez ces hommes en paix. S'ils ne viennent pas de Dieu, ce qu'ils entreprennent s'effondrera tout seul. S'ils viennent de Dieu, vous n'empêcherez rien." (Actes des apôtres 5/38-39). [242C11*06/07/2022]
Sur le partage de l’exaltante charge prophétique
Moi, je n'ai que le muscle charismatique qui fait de moi le portefaix, le transbahuteur du Message de la Vie, du Père, de l'Éternel. Le prophète n'est guère que cela, même s'il n'est pas remplaçable de son vivant. Le portefaix est le porteur ; il n'est pas la charge qu'il porte.
La difficulté d’intégrer pour le marmot est équivalente à la difficulté de porter cette charge pour le Prophète, mais difficile ne signifie pas impossible. Cette difficulté, le missionnaire ne doit pas la cacher à ceux qu’il rencontre, mais ils doivent aussi comprendre que cette difficulté est la signature d'une exaltante possibilité de transfiguration par la pénitence. Si l’on comprend cela, on comprend quelque chose qui vous hausse au-dessus de la condition ordinaire de l'humain, c.-à-d. comprendre qu'étant le frère du prophète, vous êtes aussi prophète. [242C8*06/07/2022]
Sur ce bateau nommé pénitence
J'aime beaucoup ce mot "optimiste à voile", lequel sait par louvoyages remonter contre le Vent ! Car nul ne va vers Dieu en ligne droite ; aucun pécheur ne peut trouver la Vie en ligne droite. Il faut pour "tirer des bords" un bateau nommé pénitence. Certains, rares, ont un 12M JI (12 mètres jauge internationale). La plupart n'ont qu'une goélette au gréement grinçant, mais qu'importe ! La Vie est toujours au bout de leur course. [242C9*06/07/2022]
Sur la Parole comme "continuum"
"Une poutre est un continuum de bois, dans une dimension principale, avant de fournir une matière à des objets façonnés," a écrit Pierre Schaeffer, polytechnicien de la promotion 1929 (année de ma naissance) devenu ingénieur et compositeur de musique, créateur d'un groupe de musique concrète qui devint en 1958 le Groupe de Recherches Musicales et qui fut, eh oui ! compositeur de musique.
Pour nous, Pèlerins d'Arès, l'objet façonné que nous sommes envoyés fabriquer ou plutôt refabriquer en le sortant de sa dislocation, n'existe pas encore, loin de là ; c'est le monde changé (Signe 28/7). Thomas d'Aquin, un jour de décembre 1273, balaie de son bras son écritoire et envoie par terre encrier, plumes, parchemins (et peut-être déjà papier) ; il laisse ainsi inachevée sa Somme Théologique. Il mourra quelque trois mois plus tard, à 49 ans... C'est jeune. Personnellement, à 93 ans dans cinq jours, je n'envoie pas par terre mon ordinateur, ma souris et mon clavier, mais je n'achèverai pas ma tâche. La vie humaine est trop courte pour permettre à un humain l'achèvement de l'infini. Mes frères vont continuer ma tâche et cela de génération en génération jusqu'au Jour (Signe 31/8). [242C10*06/07/2022]
Sur ces 8 milliards qui ne font qu’Un
Il m'arrive, quand je prie ou médite dans la Maison de la Sainte Parole, de repenser à ce spectacle débilos surréaliste que M. Emmanuel Macron nous a donné le soir du 16 mars 2020 pour mettre la nation en confinement. Je me souviens d'avoir dit à sœur Christiane sitôt après : "Cet homme-là n'a jamais consulté sérieusement un conseil scientifique qui, même pris de court, n'a pas pu dire autant de bêtises ; ce que j'ai entendu là m'a bien semblé sorti tout cru d'une Intelligence Artificielle." Avec l'I.A. (intelligence artificielle) l'individu n'existe plus ; tout est massifié. Eh bien, à mes yeux le Pèlerinage d'Arès c'est tout l'inverse de la massification, c'est la ré-individualisation. Nous ne sommes qu'un, Un (Signe xxiv/1), Un mais en huit milliards d'individus., ce qui est très très peu face à ce que nous a appris Ron Milo (superbiologiste) et ses collègues nous apprenant que le nombre de cellules d'un seul corps humain de 70 kg est de 3 x 1013. Dans ce monde l'individu n'existera plus, espèrent les pouvoirs, et ce qre son bonheur, mais nous nous disons : Au contraire, dans le monde changé (28/7) il n'y aura plus que des individus et contrairement à ce qu'on peut penser, ils ne formeront qu'un seul homme. L'homme !
Ainsi, ne suis-je moi-même que cet unique homme, de sorte que quand nous sommes cent priant dans la Maison de la Sainte Parole nous ne sommes plus qu'un en cent versions différentes de la communion avec le Créateur. Alors, alors... suis-je "l'exemple d'une bonté, d'une intelligence, d'une joie et d'une simplicité qui se mettent à la portée de chacun" ? Non. Je ne suis que la bonté, l'intelligence, la joie et la simplicité de notre Créateur, la Vie, le Père, l'Éternel, qui deviendra un jour la bonté, l'intelligence, la joie et la simplicité de notre Créateur en tous, tous les humains qui alors ne seront plus qu'Un. [242C16*08/07/2022]
Sur la déconstruction
Ainsi ce qu'on appelle le wokisme actuellement paraît fustiger certaines situations et personnes en attendant que la mode change et que l'inverse s'impose. Notre mission par exemple travaille à ce que le mot pénitence soit un jour compris tout autrement qu'il n'est actuellement dans le langage quotidien des humains.
Mon épouse Christiane n'a pas encore été interviewée par la presse, mais elle trépigne de bonheur à l'idée qu'elle vit avec un vieux chnoque inconnu mais déconstruit (si, si ! un vieux déconstruit, c'est un remusclé comme le beau déconstructeur bien huilé en photo) tout comme Mme Sandrine Rousseau, économiste universitaire, écrivaine, récemment élue député, enseignante-chercheuse en sciences économiques, qui mène ses travaux dans les domaines de l'économie de l'environnement, des emplois domestiques et de la responsabilité sociétale des entreprises (face à elle je me sentirais petit petit si je n'étais pas déconstruit). Elle a été vice-présidente de l'université de Lille (je suis admiratif, moi, qui ne suis vice-président de rien du tout) chargée de la vie universitaire jusqu'en 2021. Elle est militante au sein du parti Europe Écologie Les Verts (EELV) – oui, j'ai remarqué combien verte est la campagne cet été grâce aux Verts – à partir de sa création en 2009, elle exerce des responsabilités d’élue et de cadre du parti : de 2010 à 2015, elle est vice-présidente (oui, oui, aussi) du conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, chargée de l’enseignement supérieur (Non ? Si !) et de la recherche. Elle intègre le bureau exécutif d’EELV en 2011... Bref, c'est quelqu’un ! Je l'aime bien, cette sœur ! On est fier en France, pays où vit le peuple le plus intelligent de la Terre, de pouvoir se vanter d'inverser les apophtegmes comme ça, hop ! d'un claquement des doigts. Aujourd'hui c'est mon anniversaire (93 ans) et je suis fier que mon épouse soit fière de vivre avec un vieux gâteux déconstruit à l'imitation de l'époux de Mme Rousseau. Me voilà fier aussi de commencer ainsi avec brio de marcher avec une jambe de quatre âges (Signe xxxi/18).
Crédit photo : Sources inconnues [DR]
[242C17*11/07/2022]
Sur la lucidité
La lucidité est un ciel pur ; la pensée y fulgure et fait le bond de l’œil du dehors à l’œil du dedans (Signe ii/10). Avec l'âge quelque chose de la Force extérieure l'emporte sur la force intérieure. C'est ce qui arrive à Argos, chien d'Ulysse, qui est le seul à reconnaître son maître quand celui-ci débarque dans son île. Argos reconnaît puis meurt. Moi, j'ai reconnu mon Dieu, mon Père, ma Vie depuis longtemps, mais maintenant ma jambe a quatre âges et je peux disparaître demain, mais je serai toujours là près de vous.
Crédit : Collection personnelle [DR]
[242C20*11/07/2022]
Tout devient tout, tout est tout
Il y a quelques jours je vis sur Arte un documentaire racontant la découverte en Corse du Sud d'une tombe étrusque vieille de vingt-quatre siècle contenant le squelette entier merveilleusement bien conservé d'une femme jeune, couchée sur le dos, la tête légèrement penchée à gauche. Le squelette est entouré de dix-sept beaux vases aux décorations étrusques sans discussion possible. Pour moi le lien entre ce squelette étonnamment propre et l'Univers infini est évident. Ce squelette étend sa vie osseuse vers la matière qui peuple sans fin l'espace, comme la Vie étant invisiblement sa Puissance créatrice vers les milliards de milliards d'étoiles qui sont autant de foyers du Feu unique, le Feu que nous venons prendre (xLi/7) à Arès. Héraclite avait sans doute raison quand il affirmait que tout devient tout, tout est tout, que ce qui vit meurt et que ce qui est mort devient vivant. Pour Parménide l’unité de l’être rend impossible la déduction du devenir et de la multiplicité. Pour Héraclite l'être est éternellement en devenir : tout se meut sans cesse ; nulle chose ne demeure ce qu’elle est et tout passe en son contraire. Je ne crois pas que l'un soit le contraire de l'autre ; les deux pensées forment un va et vient éternel. Dieu n'est pas une gigantesque personne royale qui observe, gouverne juge, tient des livres où seraient écrits nos actes bons et nos actes mauvais. Dieu est cet éternel va-et-vient. Héraclite aurait écrit : "Pour ceux qui entrent dans les mêmes fleuves affluent d'autres et d'autres eaux ; et certes, les âmes s'exhalent de l'eau." Tout devient tout, tout est tout. Ce qui vit meurt, ce qui est mort devient vivant : le courant de la génération et de la mort ne s'arrête jamais. Ce qui est visible devient invisible, ce qui est invisible devient visible ; le jour et la nuit sont une seule et même chose ; il n'y a pas de différence entre ce qui est utile et ce qui est nuisible ; le haut ne diffère pas du bas, le commencement ne diffère pas de la fin. [242C18*11/07/2022]
Vous êtes Un (Signe xxiv/1) dans l'Un
Il y a onze ans, au cours d'un Pèlerinage, j'ai entrepris d'assurer l'accueil des nouveaux pour donner aux frères et sœurs d'accueil une idée plus juste et surtout plus libre de ce qu'ils peuvent dire aux nouveaux pèlerins. Un jour, je reçu un homme à l'allure très intellectuelle. Il me parla à une certaine distance, comme craignant que je sois contagieux, me fixant d'yeux tant curieux que craintifs, et au cours de notre brève conversation me dit : "Vous êtes un fou qui a l'air très intelligent." Comme je lui proposais d'entrer dans la Maison de la Sainte Parole pour constater qu'il ne se passe rien là d'extraordinaire, il me demanda : "À quelle heure la messe ?" Moi : "Il n'y a pas de messe" Lui : "Je veux dire la prière." moi : "Chacun prie librement au moment où il veut, ou ne prie pas, ou médite, ou se tient là la tête vide." Lui : "Mais c'est quoi, alors, ce Pèlerinage ?" Moi : "C'est une sorte de silencieux mariage morganatique entre le Puissant Souffle qui crée l'Univers jusqu'à l'infini et nous, ânesses sortant de leur fange pécheresse...". Il me regarde interloqué. Moi encore : "Vous êtes Dieu. Je suis Dieu. Chacun et chacune est Dieu, mais en général on ne le sait pas. Ici chacun découvre qu'il peut créer ou recréer le monde ; il sort du train-train habituel de la pensée et découvre qu'il est double : un rien-du-tout et un Créateur de l'Univers, un esclave capable de fuir les chaînes de la Terre. Le Pèlerinage est sans objet, sans contenu, parce qu'il fixe Tout l'Être, l'Être en vous. Par là il est sans prix, il est absolu, ou plutôt c'est vous qui lui donnez son prix, son absolu. Quand vous lisez les Écritures entre ces quatre murs, si vous les lisez, quelles qu'elles soient (Bible, Coran, Signe, Védas, Tao Te King, etc.), vous découvrez que vous les absorbez à l'intérieur de votre propre pensée, vous fabriquez l'antichambre de l'Éternité. Les mots n'ont plus de sens, ne sont plus que des mots, tout devient clair. Vous êtes Un (Signe xxiv/1) dans l'Un. Vous pensez, mais la pensée ne sert pas à grand-chose ici si elle ne fait que débiter, débiter des idées, des images, autrement dit si elle n'est pas conscience, retour intelligent (32/5) sur elle-même." Il me regarde de plus en plus sidéré ; il dit en bafouillant : "C'est comme un miracle ?" Moi : "Non, c'est se changer, dit Le Signe. Il faut se recréer. Vous êtes recréateur de vous-même. Commencez par aimer les autres et vous découvrirez que les autres, c'est vous-même. En oubliant votre propre personne, vous vous en apercevrez bien. Pour être tout, il faut n'être rien pour soi."
Je n'ai jamais revu cet homme et la sœur qui était avec moi était quelque peu éperdue. Comprendre que Le Signe est libérateur, qu’il fait de nous autre chose n'est pas facile à assimiler. [242C21*11/07/2022]
Sur l’humain comme pur devenir
Le Signe comme l'enseignement prophétique qui en découle ne sont pas à comprendre au sens où l'on comprend comment fonctionnent les équations du second degré. Ce sont des souffles qu'il faut plutôt assimiler, intérioriser, métaboliser comme on le fait d'une nourriture. L'humain doit être envisagé comme pur devenir, non comme chose précise. Pour cela, il faut un élément temps plutôt qu'une mécanique intellectuelle.
Quand vous regardez un chamois ou un izard sauter d'un rocher à l'autre, ne croyez pas qu'il comprenne intellectuellement comment faire pour ne pas tomber, glisser, déraper. Il saute et ses sabots arrivent juste à l'endroit qu'il faut pour le maintenir bien droit et en équilibre. Ce n'est pas une question de compréhension, mais de vie. Le saut du chamois, c'est une sorte d'autoproduction de ce caprin. De même, la profondeur du destin que Le Signe vous demande d'adopter devient autoproduction instinctive. Dans tout ce que vous faites et dites maintenant il y a une inévitable charge d'indéterminé, c.-à-d. de réalité pré-intellectuelle. J'admets que c'est ce qui rend difficile la mission, car votre verbe ou parler n'est pas initialement fait pour expliquer ce que la personne de rencontre doit devenir pour être, un jour, un pèlerin puis un Pèlerin d'Arès. Il y a toujours plus ou moins un dialogue de sourds, mais peu à peu l’apôtre apprend à se faire entendre et comprendre comme il faut. [242C22*11/07/2022]
Passer le fossé de la métaphysique
Devant la longue liste des exhortations que m'adresse la Vie pour me préparer à assumer ma tâche prophétique, je réalise à quel point le Père s'est efforcé de m'encourager. Sans doute parce qu'il me sentait interrogeant, il poussait la célébration de ma personne pour me sortir… disons… de l'inertie dans laquelle m'avait d'abord plongé la Parole descendue de l'Infini.
Le point le plus difficile et délicat de ma mission est d'aider mes frères et sœurs à passer le fossé de la métaphysique, à l'art de tomber au fond du trou et de réescalader la paroi, parce que la métaphysique peut être définie par l'art et l'effort de pénétrer tout ce qui échappe à l'expérience, à la logique ou au possible et notamment Dieu, l'âme, la mort, etc. Dieu existe sans le moindre doute puisqu'il m'a visité et parlé, mais, s'il existe, qu'est-il ? Le temps est-il infini ? Qu'y a-t-il au-delà de la mort, dont la Parole parle si peu ? Etc., etc.
Métaphysique veut dire en grec "ce qui vient après la physique" ou "ce qui est supérieur à la physique". Ce mot a été utilisé par Andronicos de Rhodes (vers 50 avant J.-C.), planificateur des écrits d’Aristote qui avait vécu trois siècles avant lui, pour donner un titre à l'œuvre aristotélicienne vue comme pensée dépassant l’expérience. La métaphysique est aussi appelée philosophie première traitant de l’être en tant qu’être (ontologie). Au Moyen Âge existent la métaphysique générale (qui donc pense l’être) et la métaphysique spéciale, dont les objets sont le monde, l’âme, Dieu, etc. Ces sujets demeurent primordiaux de nos jours, parce qu'irrésolus.
René Descartes écrivit que "toute la philosophie est comme un arbre dont les racines sont la métaphysique, le tronc la physique, et les branches qui sortent de ce tronc toutes les autres sciences." Emmanuel Kant, quant à lui, dit que la métaphysique était nécessaire en morale, mais n'avait aucune réalité logique et ne pouvait relever que de la croyance ou du rêve. Avec la montée de l’athéisme (Marx, Nietzsche, etc.) et du positivisme, la métaphysique avait dépassé toute utilité selon Auguste Comte, mais Henri Bergson affirma le contraire. Heidegger prononça la fin de la métaphysique, etc., etc. Bref, on a toujours besoin de métaphysique, car immense est le domaine des choses inexplicables. Aussi, comprenant le problème que pouvait poser la métaphysique à mes frères et sœurs pour la plupart issus d'éducations plus ou moins religieuses, j'entrepris d'abord de sortir lentement de la religion, sans rien brusquer, avant d'aborder peu à peu l'immense univers métaphysique.
Face aux difficultés qui demeurent dans les domaines de l'Invisible, qui se rend visible si rarement et à des humains qu'on croit ou que, surtout, on ne croit pas, je ne vois pas comment faire de mes sœurs et frères des croyants raisonnables sans rétablir la métaphysique sur le Champ social de notre Moisson, car le Messager et le Père Qui se sont manifestés à moi, je ne peux ni les montrer ni les faire entendre à mes frères ! Je suis comme une tour close, sans portes ni fenêtres. Je dois aider mes semblables à percer la paroi. Le passe-muraille, c'est la métaphysique. De toute façon, après Le Signe aucun retour à la religion ou aux arcanes n'est possible. Le virage est déjà derrière nous, nous devons faire avancer le monde. L'hybridation métaphysique est déjà une réalité ; la présence de nos missionnaires dans la rue en fait preuve. L'enjeu de la mission est la libération. Nous ne prêchons ni une religion, ni une philosophie, ni un humanisme, mais un bon en avant vers l'Un parce que chacun de nous est Un (Signe xxiv/1). C'est d'une certaine façon la fin de l'individualisme au sens politico-social, puisque la Vie n'est qu'Une, c'est Elle l'Individu. La conscience est le véritable opérateur, pourvu qu'on comprenne qu'il n'existe qu'une conscience comme il n'existe qu'une Vie.
[242C23*12/07/2022]
La métaphysique perce l’invisible et le méconnu
La spiritualité est (pour moi, bien sûr) ce qui chez l'homme donne à l'âme, à la naissance, à la formation et au destin de l'âme prépondérance sur la vie matérielle et intellectuelle, et la métaphysique (toujours pour moi, bien sûr) est le seul moyen donné à la pensée d'aborder les questions fondamentales des principes premiers de la Vie, de l'Être et de l'être, du néant ou de ce qui est voué au néant, du changement de vie vers la Vie, de la causalité sur le trajet du destin qu'on veut (non du destin qu'on subit). La métaphysique perce l'invisible et le méconnu, le processus du changement qui conduit en-deçà comme au-delà de la mort dans les zones immesurables et inanalysables de l’expérience sensible de la vie en quête de ses racines. [242C35*20/07/2022]
La métaphysique est le seul sentier possible vers le Vrai
La métaphysique, c'est un plus. En effet, on peut savoir tout ce qu'il faut savoir, mais il existe bien des manières de transmettre ce savoir ou même seulement de le vivre pour soi-même. La métaphysique est une de ces manières. Au dernier Salon "Bien Être" de Bordeaux, l'année dernière, mes frères et sœurs de Bordeaux, sous l'impulsion heureuse de ma fille Nina, ont changé leurs habituels panneaux et affiches du stand pour des panneaux et affiches très simples et brefs, mais entièrement métaphysiques, et bien leur en a pris, car ils ont eu beaucoup de visiteurs. La métaphysique aide à sortir définitivement notre discours public du prêche religieux.
On peut définir la métaphysique comme une discipline de pensée concernant tout ce qui échappe à toute matérialité ou expérience possibles, à tout ce qui dépasse la réalité visible, mesurable, sensible, physique comme par exemple : Dieu, l'âme, la mort, les fins dernières. "Qu'est Dieu ?" est une question métaphysique qui permet de sortir des contes pour enfants que racontent les religions. Si la physique est la connaissance de la nature terrestre ou extra-terrestre matériellement parlant, la métaphysique est l’étude du surnaturel ou plus exactement de ce qui dans le surnaturel semble ressenti de façon certaine. La philosophie est comme une étape entre les deux. Le mot métaphysique est donc comme surdéterminé, parce qu'il faut toujours retrouver une idée vive sous toutes les couches de conjectures, de prémisses, de probabilités possibles, dont est fait tout raisonnement métaphysique. On ne voit ni n'entend normalement Dieu, on n'observe rien de ce qui se passe dans le monde des morts, qui sont en fait des vivants qui vivent tout autrement. La métaphysique n’existe pas comme existe la géométrie ; elle n'est pas non plus philosophie au sens où la philosophie répond à une certaine logique. Ce qui permet d’identifier un mode de pensée métaphysique, ce n’est pas l’objet observé et médité ; c'est le fait indéniable que nous possédons au fond de nous-mêmes le souvenir de choses devenues invisibles et inconnaissables. Autrement dit, il n’y a pas de questions métaphysiques, mais il y a une façon métaphysique de les exhumer du magma des souvenirs confus, de les poser et de les penser.
La pensée philosophique s’instaure quand il y a des faits, des faits qui posent des questions et des problèmes, parce que "le fait ne pensera pas à ta place" (je ne me souviens plus qui a dit ça, passons !). Une philosophie est de la pensée pensée et non de la pensée pensante, si je peux dire. La métaphysique, par contre, ne correspond à aucun fait – on entend par fait une expérience, même seulement intellectuelle –. Produire une idée et la considérer comme une vérité absolue sur laquelle il n’est plus question de revenir, c’est faire de la vérité et de la pensée qui l’énonce un fait. C’est donc, ipso facto, cesser de penser, et commencer à croire à ses pensées comme des choses définitives, arrêtées ; c'est inévitablement se tromper.
On dit qu'il y a du religieux dans toute pensée métaphysique. À mon avis c'est faux ; on confond ici religieux et spirituel. Être spirituel n'est pas être religieux, c'est découvrir qu'on a au fond de soi une possibilité ni physique ni mentale d'être relié à une puissance extérieure, dont les effets sont sensibles et évidents pour quiconque sait sans arrière-pensée s'observer et observer sa propre existence qui est toujours pleine de petites choses inexplicables. Cette puissance extérieure, dont chacun de nous détient une part, petite ou grande, indétectable peut prendre divers noms : Dieu, don, génie, etc. L'homme est capable de penser absolument, c’est-à-dire divinement ou, s'il est incroyant, génialement. C'est métaphysique en ceci que la synthèse de la pensée et du pensé est une synthèse impossible à élaborer ; elle survient seule, et la détecter demande une grande humilité. La pensée philosophique interroge d’abord ses propres outils intellectuels ; pas la métaphysique. La métaphysique fait glisser comme sur un toboggan ; la pensée philosophique est plutôt une agitation et un cramponnement pour remonter le long du toboggan.
La religion refuse de penser Dieu : elle l’impose comme révélé. L'Écriture est pour ainsi dire vue par elle comme un refus de la pensée : la religion prétend accéder à l’Absolu directement. La métaphysique ne refuse jamais de penser Dieu et, en vertu d’un optimisme déconcertant, elle accède au divin de mille façons pensées et c'est sans importance, parce que, de toute façon, Dieu n'est pas d'une nature observable par l'homme. Il parle, certes, et encore il parle un langage humain, seul moyen pour Lui de dires des choses compréhensibles, et c'est tout. La métaphysique, quelle que soient les images qu'elle crée dans la tête du penseur, se veut tout simplement conclusive : Il existe une Force Créatrice, quelque Nom qu'on lui donne. La métaphysique est la seule chose qui permette une approche, même lointaine, de la Vérité absolue.
Le métaphysicien, même le métaphysicien sceptique – la métaphysique accepte le doute – trouve Dieu mais de façon complètement différente de celle du religieux. Et s'il ne trouve pas Dieu, ce n'est pas un drame, il cherche et trouve le Bien. Être métaphysicien, c’est aimer et désirer le Vrai, qu'il soit grand ou minuscule. Grand ou minuscule, c'est une voie qui évite de s'égarer au voyageur de l'âme. C'est toute la différence entre le sincère sceptique et le sincère dogmatique, entre le métaphysicien et le religieux.
La métaphysique est bien le seul sentier possible vers le Vrai pour quiconque a besoin de définir ses convictions. Elle ne sert évidemment à rien à ceux qui n'éprouvent aucun besoin d'exprimer leurs convictions. Tout Vrai constitué est au bout d'une métaphysique. Le dogme comme la philosophie est une exigence de l'esprit – je suis philosophiquement existentialiste parce que je sais que j'ai l'absolue maîtrise de mon destin – mais la métaphysique, elle, est une pente naturelle vers le Vrai. [242C36*20/07/2022]
La métaphysique est notre seule ressource quand toute classification devient un insoluble problème
Nous, français de culture, nous avons la manie de vouloir tout classer objectivement. Or, la métaphysique est précisément ce qui échappe à cette possibilité ; ou alors ce ne serait plus de la métaphysique. La métaphysique est notre seule ressource quand toute classification devient un insoluble problème. Par là, à mes yeux, ce qui différencie la métaphysique de la philosophie. Notre philosophie à nous Pèlerins d'Arès est existentialiste, mais le sentier de chacun pour parvenir aux Hauteurs Saintes au bout du destin qu'il s'est fixé est ponctué de divers points métaphysiques. L'intelligence intellectuelle est rectiligne ; si sa direction est erronée et rejette la métaphysique, elle heurte la paroi de l'impossible si brutalement qu'elle peut se tuer. L'intelligence spirituelle (Signe 32/5) est un zigzag. Toute précision est interdite, mais elle vit.
Ce que j'ai écrit avant le 23 juillet 2022 n'est pas incompatible avec ce que j'ai écrit ensuite […RT..].
La métaphysique ne nous introduit pas dans la Vérité, car celle-ci reste inaccessible au pécheur, elle est l'oiseau de lumière, disons plutôt de scintillement, qui nous permet de survoler sans tomber ; elle nous introduit dans l'antichambre de la mort, quand nous verrons beaucoup plus clair, quand nous replongerons dans le plasma originel. La métaphysique est une sorte d'expressionnisme avec l'immense variété d'expressions de celui-ci au sens que donna Diderot : "On a de l'expression avant d'avoir de l'exécution et du dessin." On déploie un problème dans diverses directions, peut-être même parfois dans toutes les directions mais jamais en en effaçant la profondeur : Mon cœur s'arrête... Que deviens-je ? La métaphysique se disperse alors en mille têtes pensantes, mais cette dispersion n'est jamais légèreté.
Nous montons le même sentier, main dans la main, et nous sommes très différents ; preuve que ce monde est un immense puzzle dont deux pièces ne se ressemblent pas pour produire une seule image : le monde changé en Bien. Le monde Un. L'agent d'union ? La métaphysique ! Une seule métaphysique d'assemblage pour mille pièces qui, isolées, ne ressemblent à rien. Nous sommes huit milliards de vivants + les milliards réduits en poussière + les milliards à venir qui sont déjà en puissance dans nos gonades. Rien de l'avenir ne tient dans les plus éblouissantes hypothèses, ni dans les plus remarquables résumés historiques ; tout de l'avenir tient dans la mystérieuse nécessité de reprendre le travail de la Création inachevée : la tour centrale vers quoi toute l'humanité est tendue. Le péché originel n'est qu'une panne dans cet incommensurable processus. Ce qui est humain n'est en fait que ce qui suprêmement achèvera la Vie. La Vie est à retrouver (Signe 24/5), mais pour être rendue à son intégralité après la brisure du péché. Nous vivons encore dans la dualité, mais nous devons revenir à la non-dualité. [242C55*02/08/2022]
Sur le fait que la métaphysique est simple
La Parole et l'enseignement prophétique incitent leur lecteur à chercher par la métaphysique ce que cachent la Parole et l'enseignement prophétique. Je peux, sans compromettre mon salut et par le seul exercice de la pénitence, tenir Dieu et l'au-delà pour des vérités absolues, point final. La métaphysique n'a rien d'indispensable pour le croyant lui-même, mais comme il est absolument clair dans Le Signe qu'on ne peut pas être pénitent seulement pour soi et qu'il faut aussi être apôtre – se sauver c'est aussi tenter de sauver d'autres humains –, donc transmettre un savoir, et l'on se trouve dans cet exercice apostolique placé face à des questions qui n'ont de réponse que métaphysique. Les questions posées sont à peu près toujours les mêmes à notre époque mécréante : "Y a-t-il un Dieu ? Si oui, qu'est-ce qu'est Dieu ? Y a-t-il une vie après la mort ? Si oui, quelle sorte de vie ? Qu'est-ce que l'âme ? Etc." Tandis que je vous écris, il fait jour derrière la fenêtre de mon bureau. À quelle condition ces mots : "il fait jour" sont-ils vrais ? Simplement à la condition qu'il fasse jour ; cette vérité est, disons, neutre, évidente. Dire le vrai est aussi simple. Par contre, "Dieu dit que..." n'est pas une affirmation neutre ou évidente. C'est même la moins neutre et la moins évidente des affirmations, parce qu'elle oblige à prendre parti. On peut répondre : "C'est vrai", ou "C'est faux", ou "Peut-être." On voit là que "Dieu dit que..." doit être supporté par une idée métaphysique. De même, "Dans l'au-delà" oblige de même à prendre parti ; on peut y répondre : "L'au-delà existe", ou "L'au-delà n'existe pas", ou "L'au-delà existe peut-être." À des défiances justifiées – Dieu comme la vie après la mort ne sont pas pour tout le monde des évidences et justifient le doute – on ne peut répondre que métaphysiquement. La métaphysique n'apporte pas la preuve par neuf de ce qu'on affirme et peut elle-même être mise en doute, mais chaque apôtre ou missionnaire doit avoir dans son cœur des arguments en faveur de Dieu et/ou de la vie après la mort et au moins ébranler les certitudes négatives de l'interlocuteur.
Il n'est que trois domaines du Vrai : Le Vrai concernant la matérialité absolue visible, palpable, mesurable, le Vrai concernant les êtres humains, leurs émotions, leurs raisons profondes, etc., déjà moins évident, et le Vrai au-delà de la matérialité absolue et des êtres humains et ce dernier Vrai n'est pas le moindre ; c'est celui qui nous intéresse, celui sur lequel est fondée notre foi, celui qui fait l'objet de notre mission dans le monde.
Dieu parle de Lui-même, mais ne dit pas grand-chose de Sa Nature (une personne, un simple esprit, une simple puissance, une puissance complexe ?), de Ses Capacités réelles, etc. Nous savons que Dieu vu comme Créateur est Sainteté, Puissance et Lumière (Signe 12/4), mais ces trois mots emphatiques ne disent rien de précis. La Parole dit que sur le mort on ferme la coute (tunique), on coud sa tête dans la bras de la coute, qu'on coud son pied dans la nappe, que la Bouche de Dieu devient sa kitoneth (tunique) (xLvi/1-4), que le premier jour la tête du mort repose sur les fleurs douces, que le deuxième jour il crie : "Piège, la mort !", que le troisième jour son cri reste court sous la terre et qu'il se sent vide (xL/13-15), mais à part ces quelques détails, on ne sait pratiquement rien de l'aboutissement final de la mort et de la libération de l'âme. Je parle du voyage de l'âme dans les étoiles en me souvenant du voyage que le Père m'a fait faire (vi/1-7), mais c'est tout. Ces descriptions, paraboliques pour la plupart, ne donnent pas de la mort une connaissance intégrale, loin de là, et seule la métaphysique, cette extension de l'intelligence spirituelle (32/5) dans le descriptif, permet de donner vie, ne serait-ce que compendieusement, à tout cela.
Alors, la métaphysique, c'est nécessairement le flou, l'imprécis, le brouillard ? Oui, et c'est pourquoi la métaphysique n'est pas un moyen étendu, mais plutôt une évocation, mais n'oubliez pas que même si vous prenez une photo floue, vous y voyez quand même quelque chose. Le métaphysicien prend des risques ? Oui, bien sûr, mais il est toujours un humain prudent. Ce qui est important, c'est de toujours s'efforcer de ne jamais faire de la métaphysique le contraire du Vrai ni un danger pour l'avenir de la pensée. La métaphysique est simple, dit peu de choses, mais ouvre l'esprit de l'interlocuteur et ne le fait pas fuir. [242C37*21/07/2022]
La métaphysique est une affaire purement subjective
Lire Le Signe sans munir son esprit du filtre métaphysique bouche très vite la tuyauterie entre l'Écriture et le cerveau. La métaphysique doit accompagner la pensée. Or, la pensée du lecteur suit la lecture, mais si elle n'est pas accompagnée à une certaine "soif" d'en savoir plus, d'aller "de l'autre côté des mots", elle se perd vite dans le vague puis dans une bouillie d'idées où tout se mélange et devient obscur. Autrement dit la métaphysique s’accomplit dans la continuité systémique de l'esprit critique ; sinon elle s'évapore. Dans cet accomplissement, elle est métaphysique de la liberté claire, selon laquelle seul ce qui est clairement libre peut être pensé véritablement comme étant possible en considérant tout le reste comme erreur. Là est son issue. On ne trouve pas le sens d’un texte surnaturel comme on trouve le cerneau comestible d'une noix en cassant la coque. La métaphysique s’accomplit, si l'on peut dire, en tant que non-évidence, conception de la non-vérité de l’être, subjectivement et non objectivement. On comprend que cela ne peut apparaître ainsi qu’à l’intérieur d’une lumière qui ne réfléchit pas sa propre clarté mais qui la diffuse en de multiples sens, lesquels ont malgré tout une dominante ; c'est celle-ci qu'on recherche. La métaphysique ne trouve pas de fin temporelle, matérielle, exacte, au sens où elle serait pensée comme achevée, de quelque façon que ce soit. Seules les déterminations sous lesquelles elle est pensée : un paysage, pas une exacte photographie du sens, peuvent être surmontées. On comprend la métaphysique d'une situation spirituelle comme on aime une femme : un tout avec ses points flous et obscurs comme ses points clairs et précis, le tout formant le charme. Il ne peut pas y avoir nécessairement de métaphysique déterminée, mais il est certain que personne ne peut vraiment penser un projet, une entreprise, sans métaphysique. La métaphysique ne rejoint son concept que dans l’abandon de ses déterminations.
Heinrich Schmidinger, théologien catholique autrichien, qui fut recteur de l'Université de Salzburg, a particulièrement souligné l'absence totale de relation entre métaphysique et science. Les sciences rappellent à grand cri que la métaphysique n'est pas une science, au sens où l'on ne parle de science que comme science ou connaissance exacte. Au temps où la théologie était "la reine des sciences", la science au sens moderne du mot n'existait pas. Pourtant la science a tort de repousser la métaphysique avec un rire grossier, car quantité de choses, en politique, en sociologie notamment, ne trouvent de lumière que dans la métaphysique. Immense est l'ampleur des compétences métaphysiques. Avant de démontrer la relativité Albert Einstein a d'abord eu, c'est connu, une intuition métaphysique. Si, comme dit la science, la métaphysique n'est rien d'autre qu'un panel d'idéologies, la métaphysique est un acte de foi sécularisé. La relativité a d'abord été une idéologie avant d'être une science. Je préfère dire que la métaphysique est préscientifique, car elle n'est pas du tout irrationnelle. Dire que Dieu existe n'est pas irrationnel.
On peut évidemment échapper à toutes ces questions et se réfugier chez Platon, Aristote, Thomas d'Aquin, Kant et chez les autres grands métaphysiciens. Bref, on peut sourire, comme le fait l'Union Rationaliste, dont certains membres clament en France que le questionnement métaphysique est insensé. C'est vraiment oublier qu'il n'y a pas de réponse rationnelle à une énorme quantité de problèmes et qu'il faut bien trouver des voies d'investigation relatives. La question du rapport entre métaphysique et science apparaît, quoiqu'en disent les rationalistes, se pose toujours.
D'abord, la métaphysique, notre métaphysique arésienne notamment, partage avec les autres sciences le souci d'élaborer des théories relatives, relatives à la part de réalité que Le Signe appelle le Vrai. Les théories métaphysiques se distinguent des théories des sciences particulières en cela qu'elles ne concernent pas tel secteur ou telle dimension de la réalité, mais la réalité en totalité, la réalité globale : Il existe sans nul doute une Force extraphysique dont l'effet se constate régulièrement et il existe sans aucun doute dans l'au-delà quelque chose qui a pris naissance dans la vie terrestre quand elle était chair. Je ne peux pas préciser les dimensions, la puissance, la nature de Dieu, mais je peux affirmer que globalement Dieu existe. La métaphysique revendique son universalité, elle a rendez-vous avec le destin de l'être, elle peut changer la face existentielle de l'humanité, même si pour l'heure elle ne peut encore être que théorie. Dans la mesure où elle est cela, elle partage les intentions profondes de la connaissance vue globalement.
Comme je le dis plus haut, à la différence des sciences, la métaphysique s'occupe de questions qui concernent le Vrai en globalité. Mais comment la raison humaine peut-elle avoir une représentation de ce Vrai ? Par le langage et c'est là que les choses deviennent difficiles, parce que nos langues humaines sont très pauvres en vocabulaire approprié. Les Grecs antiques avaient bien vu que la totalité du réel ne peut pas être comprise comme la somme de toutes ses parties, mais seulement comme un ordre sous-jacent aux parties. Cet ordre lui-même, ils le comprenaient autant comme le système quasi muet qui prescrivait à chaque partie son lieu et sa fonction que comme la relation de dépendance dans laquelle étaient placées les parties.
La métaphysique chrétienne a déjà dit des choses essentielles. Pensons notamment à Karl Rahner et à ses analyses transcendantales de la liberté humaine. À nous de poursuivre la tâche en repartant d'une représentation très simplifiée, notamment sans religiosité, sans les incroyables complications théologiques, culturelles, sacramentelles, canoniques, etc., qui ont compliqué la vie des Églises. La métaphysique permet une mise au jour efficace du Vrai, seule voie d'approche de la Vérité inaccessible sur Terre. La métaphysique est une affaire purement subjective, certes, mais nous n'avons pas besoin de précisions pour aborder la Vie quand notre cœur s'arrête et l'aventure de l'âme après la mort. Elle procède d'observations existentielles et cela suffit. Nous nous fichons complètement du fait qu'elle ne soit pas une science. Nous savons, parce que Le Signe le proclame, que la science n'est pas le sentier ou couloir du Salut. [242C42*24/07/2022]
Sur l’âme, parcelle de la Vie
Mais bon ! Qu'est-ce qu'on voit là ? Étant donnée la vitesse de la lumière, qui est de 299.792.458 mètres par seconde de temps, ce qu'on voit là était ce qui se passait à cet endroit du ciel il y a quelque treize milliards d'années. Mais qu'il y a-t-il à cet endroit aujourd'hui ? On n'en sait rien. Je ne crois pas qu'on apprenne quoi sur ce soit de sensationnel hormis le fait que l'Univers est infini ! Ce que nous savons déjà métaphysiquement parlant. Je ne suis pas un télescope et je coûte infiniment moins cher à la société que ne coûte cet engin, mais je me permets de supposer qu'après notre mort nos âmes pourront sans doute aller là-bas voir ce qui se passe, ce dont elles se ficheront d'ailleurs complètement, car elles ne seront plus matière mais parcelles de la Vie.
Crédit : National Aeronautics and Space Administration - NASA [DR]
[242C24*12/07/2022]
Sur l’osmose avec la Vie
Chaque humain est l'image et ressemblance de Dieu (Genèse 1/26-27), et s’il est êtes pénitent, accompli en amour, pardon, paix, intelligence spirituelle et libre de tous préjugés, l'union de sa vie à la Vie se fait... disons... comme par osmose. C'est comme par osmose que se compénètrent des forces assimilables à travers le mur du péché. Tout comme c'est par osmose que l'oxygène pénètre dans le sang et que le gaz carbonique s'en dégage à travers les poumons. Quand j'avais encore le temps de former des jeunes à la vraie piété (35/5-6), je leur disais : "Quand vous priez, soyez honnête ! Ne dites pas : Je parle à Dieu, parce que vous n'en savez rien. Mais Dieu étant en vous-même, parlez-vous à vous-même." [242C26*14/07/2022]
Sur l’être qui est sans avoir besoin d’exister
Les masses humaines aujourd'hui fuient Dieu comme le loup gris, sans doute parce qu'on leur a beaucoup dit que le loup avait été exterminé. "Je vais vous dire : Dieu est mort !" écrivit Nietzsche. "Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c’est nous qui l’avons tué ! Comment nous consoler, nous les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde a possédé jusqu’à présent de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous notre couteau. – Qui nous lavera de ce sang ? Avec quelle eau pourrions-nous nous purifier ? Quelles expiations, quels jeux sacrés serons-nous forcés d’inventer ? La grandeur de cet acte n’est-elle pas trop grande pour nous ? Ne sommes-nous pas forcés de devenir nous-mêmes des dieux simplement – ne fût-ce que pour paraître dignes d’eux ?" Cette pensée nietzschéenne sera reprise dans "Ainsi parlait Zarathoustra." Le problème de l’existence de Dieu est fondé sur une terrible ambiguïté : Supposer Dieu ou la Vie à partir de l’être terrestre, le loup gris par exemple... ou l'humain vu comme esclave, c’est nier sa transcendance. Le voir sous le jour unique de l’existence est stupide parce qu’il n’y a que les objets qui existent. Les êtres n'existent pas ; ils sont les êtres ; leur nécessité d'être s'impose d'elle-même.
Les êtres, dont l'Être, vivent ; ils sont comme le firmament jusqu'à l'infini.
L'homme vit en s'inventant sans cesse un ennemi : Le Russe actuellement s'invente un ennemi : l'Ukrainien. Il est ainsi de bon ton de s'inventer Dieu comme ennemi et d'aller jusqu'à dire : Il a été exterminé ; il n'existe plus. Mais nous, Pèlerins d'Arès, nous savons qu'il est. Oh, il n'existe pas comme la table sur laquelle j'écris ou mes chaussures à mes pieds, Il est, Il est ; Il est nécessairement parce que ce que nous sommes et surtout, avant tout, notre noétique, notre pensée a inévitablement une prolongation quelque part. C'est Lui, Lui, Lui, Lui... Dieu transpire, je sens Sa Chemise mouillée de Sueur, sous nos claviers d’ordinateurs. [242C27*14/07/2022]
Sur le principe de précaution face au Signe
Le principe de précaution, aujourd'hui universalisé, consiste à se dire : On ne sait jamais ce qu'il faut craindre ou ce dont il faut se réjouir et le mieux est dans tous les cas de réagir comme si ça n'existait pas. Les hommes d'aujourd'hui sont ainsi neutralisés, réduits aux précautions dans tous les cas. Ainsi, Dieu serait revenu parler aux humains ? Mieux vaut faire comme si l'on n'avait pas entendu.
De nos jours, ceux qui réagissent par négation catégorique : "Baliverne ! Dieu n'existe pas," ou par intérêt intelligent : "Tiens, tiens ! Et que dit-Il Dieu ?" n'existent presque plus. Nous appelons épis mûrs les rares qui existent encore. Raison de plus pour ne pas se décourager et poursuivre la mission.
Søren Kierkegaard, philosophe danois comme vous savez probablement, disait : "Dans son rêve, l'esprit projette sa propre réalité ; cette réalité est le rien, mais ce rien voit constamment l'innocence en dehors de soi (Le Concept d'Angoisse)." Ce rien, c'est le désir impossible à assouvir, le désir de connaître par exemple. C'est ainsi que l'on a pu mettre en confinement et état quasiment végétatif des nations entières en 2020 face à une convid-19 dont, en fait, on ne savait rien. On a tout de suite préféré faire croire que la covid tuait ; la France (si je me rappelle bien) attendait 500.000 morts. Quand nous parlons de Dieu, il s'agit de considérer que Ses Manifestation et Parole sont vraies ou qu'elles ne sont que fumisterie. Comme on ne voit ni n'entend Dieu comme on voit les éperviers en chasses planer dans l'air, les précautionneux préfèrent dire : Ils ne sont que fumisterie. On a ainsi choisi, par précaution, que Le Signe et la mission qu'il instaure ne soit qu'un écran de fumée. Mais cela changera ! La Vie n'a pas pu se manifester si la mission à laquelle elle nous appelle est vaine. Il faut simplement la patience : quatre générations ne suffiront pas (Signe24/2), mais les générations de Pèlerins d'Arès qui viennent finiront pas changer le monde (28/7). [242C29*17/07/2022]
Sur la guerre
Ce que je pense de la guerre d'Ukraine ? Ce que j'ai toujours et que quantité de gens ont toujours pensé de la guerre : une horreur inutile. J'ai passé mon enfance au milieu d'oncles qui avaient pataugé dans la boue des tranchées de 1914 à 1918 (mon père, né en 1901, était trop jeune pour être mobilisé) notamment à Verdun où était tombé un obus tous les deux mètres, mes oncles qui tous les dimanches racontaient leur misère. Ensuite j'ai été adolescent pendant l'occupation allemande à Suresnes, banlieue de Paris, banlieue usinière bombardée, les nuits dans les abris (le jour, j'allais au lycée Hoche à Versailles). Ensuite j'ai fait mon temps militaire dans la Marine et j'ai fait la guerre d’Indochine... Alors, la guerre, je sais ce que c'est. Ça ne sert à rien, ça tue, ça prive de tout, ça attise la haine... L'Histoire est pleine de guerres depuis toujours. [242C30*18/07/2022]
Sur la patience et la progressivité
Qui, ayant vécu le Surnaturel que j'ai vécu à Arès, ne continuerait pas jusqu'à son dernier souffle la mission qu'il a accepté de remplir il y a quarante-huit et quarante-quatre ans ? Dès les premiers temps de ma mission prophétique j'ai su que cette mission serait difficile. Je savais que je ne parviendrais à rien sans patience. Il faut décoller les humains de tout ce à quoi ils sont attachés aujourd'hui, retourner leurs façons de voir, leur montrer et attendre qu'ils voient une autre Lumière, et ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, ni sans hauts et bas, ni sans moments de doute et hésitations.
Même pour quelqu'un qui a une vie simple, il y a toute une métamorphose à accomplir. Très raides et tenaces sont les bases de ce qui produit la pensée aujourd'hui et orienter celle-ci vers la métaphysique qui est libération est aussi difficile que détourner un torrent de son écoulement premier. Avoir des convictions, seraient-elles religieuses, des conceptions du monde et de la société humaine, de la politique, de la morale, ce n'est pas s'évader d'une prison, c'est au contraire s'y plaire. La libération ne commence que par la mise à l'épreuve – épreuve de la volonté d'être – qu'est la pénitence, c.-à-d. l'amour et ses dérivés : le pardon, la paix, l'intelligence libre de préjugés. Nous avons besoin de temps et le temps a besoin de patience. Je n'avais pas d'autre choix que la patience et la progressivité d'un enseignement difficile. Par-dessus le marché, nous vivons des temps ou l'arrogance de la nullité n'a jamais été aussi grande. [242C31*18/07/2022]
Sur la confrontation entre désespoir de l’homme et espoir de changement
Ce matin, je voyais les nouvelles et j'apprenais qu'à Angers un bonhomme qui a lardé au couteau trois humains était présenté au juge d'instruction, et je me disais qu'il était désormais "proscrit, traqué, poursuivi, persécuté, noirci, raillé, conspué, maudit..." comme écrivait Hugo dans "Les Misérables", alors qu'au contraire il faudrait l'aimer, le pardonner, toucher au fond de lui ce qui peut faire de lui un homme bon à l'imitation du Bon (Signe i/2-9, ii :3-19, xiii/4-17, etc.).
Nous vivons à l'envers de ce que la société s'est habituée à vivre. Parce que je suis certain qu'au fond de lui ce chourineur d'Angers, cet homme qui, un instant, a été une brute infâme, possède en lui quelque chose de grand. Quand j'étais dans l'Église Orthodoxe l'évêque russe qui m'a ordonné me parla de Jean de Cronstadt, prêtre qui à Cronstadt, près de st-Pétersbourg en Russie, s'occupa avec un dévouement sans pareil des déshérités qui peuplaient cette ville où régnait le crime et où se terraient d'innombrables assassins et permit à nombre d'entre eux de changer leur vie, de devenir des humains bons et dignes. Pendre, décapiter, emprisonner des criminels est une solution pratique ; ce n'est pas une solution humaine et moins encore une solution spirituelle.
L'impérieuse violence de la justice et de la politique et la bêtise des foules règnent depuis longtemps à l'échelle de nos pendules, mais depuis très peu à l'échelle cosmique. La dérision balaie d'un large revers de son auguste bras tout ce qui peut ressembler à un espoir de changement de vie en bien, au triomphe de l'amour, à tout projet de grandeur d'âme. Tout ce qui est le Bien au sens absolu est au mieux flouté, relégué aux oubliettes, obscurci, et au pire condamné comme burlesque, conte de fée, etc. De là une des raisons qui font regarder ailleurs aux personnes rencontrées dans la mission, prendre l'air absent, avoir l'œil éteint, bref, ne rien comprendre à ce que vous dites. Encore faut-il que vous le disiez, car souvent, le missionnaire croit plus habile de poétiser son discours, de féériser le changement de vie (Signe 30/11). Les décervelés que vous rencontrez croient que vous êtes une machine à décerveler et ce quiproquo dure, dure... Mais il ne durera pas toujours. Pour l'heure les ruptures de sens sont innombrables. Socrate n'est pas mort de sa belle mort. Il a été tué. Tué par quoi ? L'aréopage, l'assemblée du peuple, la loi, la démocratie... Légalement. Dans ce monde on peut tuer, mais pas au couteau à Angers, on tue légalement de par la loi et dans des lieux autorisés, ou militairement comme en Ukraine, etc. Tuer trois personnes au couteau à Angers, c'est un crime odieux. Tuer mille personnes sous des bombes à Marioupol, c'est normal, voire même glorieux. J'arrête ! Nous y arriverons quand même si nous ne perdons pas courage ! [242C32*18/07/2022]
Sur le lien entre renversement ontologique et civilisationnel
Le seul fait que le Père ait envoyé sur terre à un bonhomme à Arès (France) non Sarsouchtratame, non Iyëchayë, non Bouddha, non Moché, mais Yëchou (Jésus) montre qu'Il considère l'Évangile Palestinien comme clé de changement de vie (Signe 30/11), et il m'a paru, de ce fait, clair que le Sermon sur la Montagne était le socle de ce changement : l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence libre de préjugés.
Le renversement civilisationnel que Jésus prêchait n'a pas encore eu lieu, parce que l'Église s'est très vite rangée du côté des pouvoirs politiques au lieu de combattre ceux-ci. Il ne peut pas y avoir de renversement ontologique sans renversement civilisationnel. Ce dernier ne peut pas plus se faire par les élections et la démocratie ou ce qui est prétendu tel qu'elle ne peut se faire par un quelconque tyran qui retournerait sa veste ; elle ne peut se faire, nous fait bien comprendre Le Signe, que par le changement de vie individuel vu comme moment décisif d'une tout autre manière de vivre. Ce moment décisif n'a jamais existé, sauf dans de toutes petites communautés, isolées, fermées, dans le christianisme d'Église ou le bouddhisme. L'assemblée des hommes du temps qui vient ne peut pas être une assemblée angélique sur quoi souffle le Vent de l'Esprit Saint ; elle ne peut être que l'agglomérat naturel – non organisationnel – des individus devenus bons par l'amour. Des humains qui aiment ne forment ni une église ni un parti ni une nation, mais simplement une nouvelle humanité. La foi ne s'effondre pas par perte ou oubli de règles de vie, mais par l'amollissement puis l'éparpillement de l'amour. La foi ne dépend pas de la place de l'homme dans la nature ; elle dépend de la place de l'homme dans l'Univers, c'est-à-dire de la place de l'homme dans la Vie aimante qui s'étale sur l'Univers infini. [242C33*18/07/2022]
Sur l’élan vigoureux et sans âge… pour retrouver notre cerveau d’Origine
L'Histoire n'est qu'une longue répétition. Les façons dont opèrent le mensonge, la tromperie, la poudre-aux-yeux, l'arnaque sont très diverses mais reviennent toutes à tromper et à précariser une Histoire sans cesse à recommencer. Dès qu'on analyse sérieusement et attentivement un programme, un discours ou une idéologie, leurs arbitraires, leurs erreurs, leurs limites apparaissent et l'on s'aperçoit que ce qui est écrit ou dit ne fait que répéter sous une autre forme des situations similaires passées qui n'ont pas abouti.
Quand on lit Le Signe la première fois on a l'impression qu'il parle sans dire grand-chose, mais c’est parce que cette Parole est critique aux sens divers du mot : Au sens de faits qui certainement parlent au lecteur : désaveu des princes, des prêtres, des rois, de l'hypocrisie politique, commerciale, mais aussi au sens de la philosophie de l'Histoire et des limites de la jugeote humaine, etc. C'est là que le lecteur baille, s'ennuie, ne comprend pas ; il ne voit ni vérité ni importance dans ce qui est pour quelques rares l'extraordinaire dessillement d'Arès. Ces rares deviendront moins rares, puis nombreux beaucoup plus tard. Sur l'instant, ce n'est pas le cas, parce que les blocages sont multiples. Il y a dans Le Signe un silence rhétorique qui persille tout le texte, parce que, ainsi que je le dis sous diverses formes depuis longtemps, il y a chez la Vie (Signe 24/3-5) un imperturbable respect pour la liberté (10/10) qu'elle a donnée à son Enfant (13/5), l'humain.
Il résulte que nous Pèlerins d'Arès ne sommes ni des nihilistes, ni des subjectivistes, ni des relativistes, ni des bénis-oui-oui, etc., mais des êtres qui s'efforcent de remplacer leur pauvre cerveau par le cerveau d'Origine. De là souvent, très souvent, un dialogue de sourds entre nos missionnaires et les gens de rencontre, parce qu'après tout nous comprenons plus ou moins bien ces derniers, ayant été nous-mêmes un jour aussi négatifs, aussi fla-flas et ra-ras de platitude. L'homme, quel qu'il soit, n’est devenu ni tout à fait mauvais ni tout à fait bon, ni tout à fait intelligent ni tout à fait bête ; l'homme n'est presque plus rien, du moins pas plus sur Terre que n'est une fourmi dans sa fourmilière. Du fait que nous voulons échapper à ce sort fourmilier, nous Pèlerins d'Arès sommes devenus comme des ennemis de l'espèce humaine, alors que nous en sommes les meilleurs frères et sœurs.
Lorsque nous mettons en doute les idées générales, nous ne condamnons pas le monde qui en est l'habitacle, mais nous émettons une espérance, le retour de l'intelligence (Signe 32/5) qui ne peut tabler sur les idées reçues, les préjugés, etc. Quand le Père dit à son Témoin : Je parle à Mikal, pas le sac (xxx/1), Il veut dire : Je parle à l'intelligence qui comme un jardin fleurit de frais et porte des fruits frais, renouvelle sans cesse sa fertilité et ne se présente pas comme le sac des idées reçues. Nous vieillissons parce que nous ne savons plus rester jeunes et productifs, nous vieillissons parce que l'école de la pensée fait maintenant des hommes des vieilleries et cela dès leur jeunesse. Pourquoi sommes-nous émerveillés par les tableaux dans les musées ? Parce qu'ils sont pleins de fraîcheur immortelle. Quand je regarde au Louvre la Victoire de Samothrace je pense au sculpteur qui a taillé cette perpétuelle merveille d'élan jeune. Pas de tête, pas de bras ? Qu'importe ! Il y a l'élan vigoureux et sans âge. La Victoire de Samothrace, c'est le bilan démystificateur de toute une philosophie fausse de la vie.
Nous vivons depuis des siècles dans une société qui ne cesse pas d'essayer de se faire une idée de la Vérité, mais qui ne la trouve pas. D'où tous les mensonges ! [242C34*18/07/2022]
Sur Le Signe comme réaction lancée au monde par la Vie
Je suis heureux, heureux au sens le plus beau et le plus noble du bonheur, après deux années (2020 et 2021) d'interruption, de revoir tant de mes frères et sœurs de foi venir à Arès proclamer leur conviction que la Sainteté, la Puissance et la Lumière (Signe 12/4) est descendue là rappeler aux hommes qu'Elle existe et qu'Elle attend de ses Enfants (13/5) qu'ils reprennent avec Elle la besogne de Création interrompue par le péché. Nous vivons dans un monde qui s'est considérablement éloigné du spirituel et qui s'imagine avoir créé de nouvelles vérités en lesquelles il s'oblige à croire sans voir qu'elles sont promises au rebut. Les hommes sont convaincus de leur "modernité" à tel point qu'ils sont de plus en plus nombreux à penser que rien n'existe en dehors de l'immédiat visible et palpable. Notre mission a le but inverse : rappeler que ce qui existe de plus important est invisible et impalpable, parce que la règne de la Vie n'est pas de l'ordre du regard et du toucher.
Le Père m'envoie au devant du monde, alors chaque matin j'essaie de savoir ce que fait le monde et je vois que la politique et l'économie sont tout à la fois les activités et les soucis principaux. C'est Michel Foucault dans "Naissance de la biopolitique" qui a écrit (dit de mémoire) : "La politique et l'économie n'existent pas et elles sont cependant inscrites dans le réel. Au mieux, elles relèvent d'un régime de vérités où se partagent le vrai et le faux". Quand le Père dit : Je serre, je serre comme le clou (Signe ii/21), il parle du clou, pas du marteau qui a enfoncé le clou. Or, le marteau est tout le souci du monde aujourd'hui. Nous vivons dans un régime d'actions gérées par les pouvoirs qui inscrivent dans le réel des choses importantes pour la propagande et les media mais dérisoires et vénéneuses pour l'avenir. Nous sommes au cœur d'un foyer brûlant de problématisation et, tout petits et inconnus que nous sommes, nous appelons utilement dans la rue, puisque les grands media sont pour nous fermés, les hommes à comprendre que ce monde n'est pas ce qu'il semble être. Au reste, la guerre d'Ukraine, subite, inattendue, est bien là pour montrer que les pouvoirs du monde ont des canons et des bombes atomiques, mais ils marchent sur le sable, pas sur le roc. Cela même qui se fait obéir aujourd'hui passe pour vrai mais ce qu'il fait montre superbement qu'il repose complètement sur du faux.
Qui dit action, celle des pouvoirs en particulier, dit réaction. Dieu a réagi en lançant au monde Le Signe. Dans les années qui ont immédiatement suivi Le Signe les pouvoirs, qu'ils soient religieux, politiques, scientifiques, etc., et les media ont pris ce livre pour une blague, une fumisterie. À ce moment-là les media, parfois les pouvoirs, tentaient de nous approcher pour publier sur notre compte des "reportages" creux et plutôt rigolards. Mais depuis plus de trente ans c'est fini. Ils ont compris que c'est un très sérieux événement. Alors, tout est pour l'heure bouclé, on a cadenassé les yeux, les oreilles, les portes devant nous. Nous représentons la réaction. Mais ça ne durera pas indéfiniment. Peut-être même approchons-nous le moment où certains media ou partis ou groupes de pensée vont commencer à nous aider à nous faire connaître mieux. Cette première génération de Pèlerins d'Arès a eu le mérite immense de ne jamais faillir et de maintenir vivant Le Signe. [242C39*21/07/2022]
Sur Catherine de Sienne et les dispositions à lire et penser de l’épi mûr
Catherine de Sienne, une religieuse certes catholique et dogmatique, mais aussi une femme d'une exceptionnelle intelligence spirituelle (Signe 32/5) tant qu'intellectuelle, a laissé des écrits d'une remarquable profondeur qui, souvent, dépassent de très loin la dogmatique catholique pour ouvrir l'humain à la connaissance de soi comme image et ressemblance du Créateur et, disons, comme âme, âme que déjà elle distinguait de l'esprit (17/7) ; à preuve ses dernière paroles (à 33 ans) : "Ô Dieu, je remets entre Tes Mains mon âme et mon esprit." Elle a laissé des écrits remarquables où l'on trouve des recommandations comme : "Il faut d'abord avoir soif." Ainsi voyons-nous, comme vous l'avez vu vous-même, qu'il est très difficile, sinon même impossible, de lire Le Signe sans avoir "d'abord soif" de s'évader de la condition d'animal pensant où l'humain est revenu, sauf exceptions – les exceptions que sont les épis mûrs, par exemple.
Catherine de Sienne a notamment attiré l'attention sur la connaissance de soi-même comme élément très important déjà développé par des philosophes – Comme Socrate répétant : "Connais-toi toi-même", ou comme Augustin d'Hippone : "Ô Dieu éternel, puissé-je savoir qui je suis et qui tu es !", ou comme Bernard de Clairvaux : "Commence par te considérer toi-même. Ne te disperse pas vers d'autres sujets en négligeant ta propre personne. À quoi te servirait de gagner le monde entier en t'oubliant ? Quelle que soit l'étendue de ton savoir, il te manquerait toujours pour atteindre la plénitude de la sagesse, de te connaître toi-même" –. La connaissance de soi proposée par Catherine de Sienne ne consiste pas en une étude autopsychologique, ou à un repliement égocentrique ; elle considère cette connaissance comme centrale à la vie au point d'affirmer dans "Dialogue" que "la prière est fondée sur la connaissance de soi-même." Il va donc sans dire que faire lire Le Signe au premier venu conduit très souvent à l'épuisement de l'intérêt du lecteur pour cette sublime Parole, qui l'ennuie et à laquelle il ne comprend rien.
Pour parvenir à se connaître soi-même, Catherine de Sienne dit qu'il faut rentrer dans ce qu'elle appelle la "cellule intérieure". Elle invite à rester coûte que coûte dans cette cellule intérieure, même quand on agit. Se connaître pour Catherine de Sienne est logique, parce que "nous n'existons que grâce à Dieu." Dans le "Dialogue", pour elle la plus funestes conséquences du péché est la manifestation de notre néant. Elle écrit : "Je veux bien que tu voies ton néant, ta négligence, ton ignorance, mais je veux que tu les voies non dans les ténèbres de la confusion, mais à la lumière de l'Amour de Dieu... L’âme ne se voit pas par elle-même mais par Dieu, et elle voit Dieu par Dieu en tant qu’il est Amour."
Ce n’est que par la connaissance de soi-même que nous finissons par "avoir soif" de la Parole et nous y trouvons la Force spirituelle. Il est donc bien difficile au premier venu de trouver Dieu dans une Écriture où il ne se trouve pas lui-même et comment se trouver soi-même autrement que dans la soif, même une petite soif pour commencer, de vertu et l'humilité qui conduiront plus tard à la pénitence ? Il faut donc bien, en l'état actuel des choses, avoir quelques dispositions pour lire. Celui qui a ces dispositions est l'épi mûr.
Comment, notamment, sans connaissance de soi-même trouver l'amour du prochain puisque le prochain est en moi, en moi puisque je suis son frère ou sa sœur, la même chair ? Celui qui ne voit pas, même vaguement, Dieu en son image, risque fort de ne rien comprendre au Signe.
Je n'ai pas ici pour but d’inciter à lire Catherine de Sienne, car c'est malgré tout une penseuse catholique où les vérités fondamentales sont noyées dans les dogmes, mais j'ai pour but de souligner le fait que Le Signe est... comment dire ? une bouteille de gaz inutilisable pour quiconque n'a pas un détendeur même rudimentaire pour commencer à cuire sa petite cuisine intérieure. [242C41*24/07/2022]
Sur le petit reste ou tétraèdre de puissance
Jésus embaucha comme apôtres douze pêcheurs incultes ne sachant ni lire ni écrire. La Moisson que préconise Le Signe m'a apporté l'actuelle assemblée de frères et sœurs qui ne savaient rien du Signe, ce qui est leur inculture. Il faut toujours une inculture au départ, un terrain neuf, un jardin vide qui se replante peu à peu. Les apôtres allaient devenir des errants. Je pense qu'il en sera de même de mes frères et sœurs de l'Assemblée, même s'ils ont des cartes d'identité et des domiciles dits "fixes", ils sont mentalement des errants. Mentalement, aucun d'eux n'aura où reposer la tête, comme disait Jésus.
La connaissance de soi, ainsi que je le rappelle à propos de Catherine de Sienne […RT…], est la proto-question, la question-charnière de tout changement de vie. Point de quête possible de la sagesse sans garder à l'esprit le "Gnôthi séautone" (Connais-toi toit-même) des Grecs. Il n'y a pas de souci de l'âme sans souci de soi. Jamais le petit reste n'abandonnera la quête de soi, et donc ce sera toujours une légion d'humbles, car le premier être dont on déplore l'imperfection est soi-même. Il ne faut surtout pas de la surévaluation de la conscience à laquelle notre époque d'autosatisfaction est accoutumée. Il faudra avoir une conscience simple, claire, complète, sans plus ; au-delà il est quasi impossible d'aimer son prochain.
Source : Collection personnelle [DR]
[242C43*25/07/2022]
* Pyramide composée de quatre faces identiques, en forme de triangle équilatéral.
Sur Dieu
Dieu, c’est le Jardin d'Éden disparu…
Dans Le Signe, Dieu parle de Sa Main (Signe, très nombreuses références), de Ses Yeux, de Sa Vigne, etc., comme un superhomme pourrait en parler. Mais Dieu parle ainsi parce qu'Il ne peut utiliser que notre langage humain débile, insuffisant, pour souligne notre image et ressemblance avec Lui (Genève 1/26), mais Il n'est pas ce superhomme ; Il est la Vie (24/3-5), Il est la Puissance même qui donne la Vie à tout, la Puissance homogène sans forme et sans dimensions qui règne aussi bien dans la moindre de nos cellules que dans l'Univers infini.
J'ai bien l'amour de Dieu, mais je n'en ai plus la religion depuis longtemps. Je crois que Le Signe s'efforce de nous arracher à cette vision anthromorphe — vision païenne — du Père, de l'Étalé (Signe ii/4), de la Vie quoi ! Dieu c'est vous, c'est moi, c'est tout homme, car chacun de nous est Enfant de lui-même ou d'elle-même comme nous sommes Enfants (13/5) du Créateur. Nous cherchons Dieu inutilement ; il est, comme dit le Coran, plus près de chacun que sa veine jugulaire. Si Sa Parole est d'une Beauté inépuisable, c'est parce qu'elle est notre propre Beauté.
Dieu, ce n'est pas le Personnage dominant et juge du destin de la Terre, c'est le Jardin d'Éden disparu... [242C44*27/07/2022]
Sur le mot Christ
Christ est un mot dérivé du grec χριστός = christós, qui est la traduction en koïné (grec populaire antique) du terme hébreu מָשִׁיחַ (mashia'h, dont dérive le mot français "messie"), désignant "l'oint de Dieu", c'est-à-dire toute personne consacrée par l'onction divine.
Comme tout mot au sens extensible, christ peut être métaphysique ou peut ne pas l'être, au même titre que pain peut être vu métaphysiquement comme nourriture immatérielle de la vie spirituelle ou comme aliment fait de farine, d'eau, desel et de levain. Notons que Le Signe utilise très peu le mot Christ, deux fois seulement (30/16 et 32/2-3). [242C45*27/07/2022]
Sur la juste vie sociale, animée par la foi et non la loi
La libre pensée se présente toujours comme une grande enquête sur les fondements de la vie sociale ; c'est d'ailleurs la première caractéristique du Signe ! Tôt ou tard, dit en silence entre les lignes Le Signe, la raison capitulera devant la juste vie sociale qui ne peut qu'être très simple et avant tout gouvernée par le cœur. La foi et non la loi animera la vie sociale une fois que celle-ci redeviendra le miroir de la Vie (Signe 24/3-5).
S’il faut libérer l'homme des lois, libérer l'homme de ses chaînes et des cadres sociaux qui l'étouffent ainsi que des faux arguments qui les légitiment : "Les hommes sont incapables de vivre dans l'ordre par eux-mêmes, il faut, lois, polices, cours de justice, etc.", il faut arrêter l'Histoire. Il faut une nouvelle anthropologie, qui ne soit plus l’égocentrée ; il ne faut plus voir l'humanité autrement que créée et dotée d'intelligence qu'il faut certes aider à revenir (Signe 32/5), car l’ordre ne reviendra pas du jour au lendemain, mais nous sommes sûrs qu'il reviendra ou alors Le Signe est une illusion, un leurre, ce qui est impossible, car ce que j'ai vu et entendu en 1974-1977 ne peut pas être fictif. Pour l'heure, nous commençons juste la mission du changement du monde (28/7) qui durera des générations. [242C46*27/07/2022]
Sur le prophète fondamental que nous formons tous ensemble
Cette œuvre de Didir B. m'inspire bien des pensées. Cela fait de moi un sacré zigoto, un type non-identifiable, mais il s'agit du prophète des prophètes, du faucon qui met au monde ses oisillons, du prophète fondamental que nous formons tous ensemble. Ce tableau, à première vue, n'évoque pas la complexité de la mission prophétique et même semble la simplifier à l'extrême : un contour bleu avec un cœur au milieu, mais en même temps si l'on regarde bien, il montre par son pointillisme fouillé une intrication de difficultés et de précautions, des rebondissements en foule, le prophétisme est une folle vie pleine de continuelles surprises et anicroches. Romantisme, exaltation, hypertrophie, force spirituelle qui sortent de tous côtés !
Crédit photo : Collection personnelle [DR]
[242C47*27/07/2022]
Sur l’individualité et la liberté absolue
La religion n’a jamais décrété la Vérité, parce que la Vérité n'est pas perceptible aux pécheurs que sont les humains. Ils ne perçoivent que le Vrai, un pâle succédané de la Vérité. Aucun pécheur (nous compris) ne possède la Vérité. La Vérité est à venir : La Vérité, c'est que le monde doit changer (Signe 28/7), mais le monde n'est pas encore changé.
Il faut respecter la Parole, oui, mais la mesure s'impose. Les prophètes sont les envoyés de la mesure. La sirène chante de loin mais tue de près. Chez les Pèlerins d'Arès ce ne sont pas les mots qui commandent ; c'est le sens qui commande. Tout prophète est chargé de transmettre le sens. Le sens du Signe est très simple : Ce n'est pas ce que tu crois, c'est ce que tu fais avec amour qui te sauve. La pression décisive vient de l’amour. L'erreur continuelle des croyants rendus myopes par leurs croyances est qu'ils n'admettent pas qu'on croie autrement qu'eux. Or, chez nous Pèlerins d'Arès il n'existe pas de doctrine, pas de credo, et nombreux sont ceux qui essentent Le Signe comme vrai, mais plus entravant que libérateur, parce qu'ils n'ont pas encore compris à quel point la Parole d'Arès libère. Quand un Pèlerin d'Arès prend en main sa mission : pénitence et moisson, ce n'est pas à une religion nouvelle qu'il appelle ; il appelle à la Vie (Signe 24/3-5). La Parole d'Arès nous fait voir les mystifications des religions, des politiques, des lois, etc. Religion, politique et lois ont fait de l’Histoire mais n’ont jamais su laquelle.
Un catholique, un musulman, un juif, un athée, un bouddhiste, bref, n'importe qui peut devenir P(p)èlerin d'Arès, parce que ça ne relève pas d'une organisation, mais du cœur. La pâte humaine sortie du four arésien fait du bon pain, qui même émietté peut se reconstituer, retrouver son frais et chaud craquant. Notre Appel demeure printanier même à travers les hivers de doute, de colère et de vicissitude.
Nous sommes loin d'être parfaits, mais nous nous efforçons de rester aimants en toutes circonstances, parce que nous voulons être une communauté de caractère et de destin dirigée vers la Lumière, reconnaissant aux hommes qui souffrent une inscription fraternelle, les aidant, s'ils le souhaitent, à remonter des tréfonds. Nous ne sommes pas une tribu, nous sommes des humains tout court. Nous serons, je le souhaite en tout cas, les croyants de la sortie de la croyance, si je peux dire. C’est en relisant et relisant Le Signe que j’ai compris qu’il n’y avait pas de honte, pour un croyant, à revenir une fois, deux fois, dix fois...
Le Signe oppose aux diverses religions et aux nombreux rationalismes mécréants une lutte de position avec un dénouement pacifique possible, pour autant que l'humanité, enracinée dans un tuf culturel ancestral, ait pu se mélanger un peu plus qu'elle n'a été jusqu'à présent. Nous sommes certes très loin de la relève et d'une possibilité d'hégémonie, mais nous commençons d'une manière qui me paraît convenable. Objectif : réconcilier les énormes foules du doute avec l'amour. En France, on aime bien les sigles, les drapeaux, les étiquettes, etc. Nous Pèlerins d'Arès n'en avons pas et il faut faire disparaître les habitudes clanesques.
Contre le granit religieux ou le calcaire antireligieux ou athée, la meilleure dialectique ne peut rien. Nous avançons sur des glaces ou des déserts : Il n'y a aucun avenir pour le monde postmoderne. La volonté politique, religieuse, scientifique, légaliste, etc. patine et tous les systèmes patinent en même temps. Il n'y a plus de règle de vie naturelle et non voulue, la seule que nous envisageons. Ce que veut Le Signe, c'est que le Vrai de l'humain soit tout entier dans ses gènes, son cœur, son génie. Plus de religion, l'amour devra accoucher d’un lendemain sans hier. Du côté de l'organisation humaine tout devient impossible, du côté de la liberté absolue (Signe 10/10), tout est possible. Une chimère pour le faux sage postmoderne : "Ah bon ? ! lui rétorque-t-on, et pourquoi n'arrêtez-vous pas la guerre en Ukraine ?" Tantôt on se voit rappeler que tout ce qui marche nous attache à la part de nous-mêmes que nous n’avons pas choisie, que les politiciens, les religieux, les juristes, les pouvoirs ont décidé pour nous ; on nous assure qu’on ne peut pas tout recommencer de zéro, refaire le monde comme sa propre vie, mais c'est faux.
La vraie puissance historique, elle, ne peut être que chorale et ne peut naître que d’une communion d'amour. À chaque humain pérégrin son tunnel et sa lumière tout au bout. Il sort du temps, c’est l’avenir. L’avenir de plus en plus organisé, légalisé, surveillé, n’arrivera jamais qu'à l'à-peu-près qui est le nôtre aujourd'hui. Mieux que rien, certes, mais ce que nous voulons, c'est le meilleur... pas le mieux que rien. Nous sommes des aventuriers, sac au dos, nous ne réinstallerons l'Éden sur Terre qu'en vivant pour l'amour, pas pour le confort, comme vous dans votre jardin. Si l’amour est bien dans le pré, comme dit le film, on n’a pas tort de ré-étudier la carte du monde en commençant, certes, tout petit comme nous faisons, mais en poursuivant toujours de la même façon très simple.
Je sais qu'on ne fait pas les mêmes rêves avec huit milliards de voisins qu’avec un seul, mais une transition réussie simplement par l'amour du prochain est possible. Ouvrons grand la fenêtre, ouvrons-la sans peur ! Il faut rééquilibrer ce monde ; un seul moyen : faire honneur à l'amour ; c'est l'amour qui fera de nous des réactionnaires de vrai progrès. La paix dans laquelle nous croyons vivre est une guerre... Voyez l'Ukraine ! Voyez le face à face Chine-USA, etc. Il m’arrive quelquefois de me demander sur lesquels des refuges on pourrait compter en cas de malheur, coup de torchon ou invasion du territoire, tout en me retournant la question, pour mon grand dam, n’étant plus trop sûr d’y répondre comme il faut à l'échelle mondiale, mais les générations vont venir (Signe 24/2), les générations qui sauront. Telle est aussi, pour saugrenue qu’elle puisse paraître, la question de confiance que je ne peux m’empêcher de poser en silence à toute religion, politique, philosophie. Faut-il indéfiniment aller au casse-pipe ? Mais il y a aussi celle-ci, qui vaut bien celle-là : passée l’épreuve de la haine et de l'envie. Qui peut ramener l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence du cœur et la liberté absolue sur Terre ? Nous !
Rejoignez-nous ! On ne vous demande pas plus que vous ne pouvez faire. [242C49*29/07/2022]
Sur l'homme bon et beau sorti de l'homme pécheur
Nous vivons dans un monde où chacun, flatté par la politique et ses médias, croit savoir ce dont il parle sans vraiment se rendre compte que les opinions sont en vrac un ramassis d'idées contradictoires, à tout le moins antagonistes. Plus je lis Le Signe, mieux je comprends que ce Message pose les bases spirituelles de la seule souveraineté universelle qui vaille sur Terre la peine d'être acceptée, celle de l'amour. Cette Parole forge une des bases les plus solides du Bonheur humain : Il faut entrer en pénitence et l'on peut venir à Arès prendre le Feu de la pénitence. Le Signe est un des plus grands moments prophétiques de la cristallisation de l'intelligence spirituelle.
Pour l'heure Le Signe n'a encore que très peu de lecteurs, vus sous l'angle de l'importance que cette Parole a pour l'humanité. Mais viendra un événement qui soudainement en multipliera le lectorat.
D’ores et déjà, cependant, l'Appel d'Arès est indestructible. À nous, petit reste, de le maintenir coûte que coûte à distance des interprétations qui le déformeront. Notamment, une des premières tâches du petit reste est de faire du Signe la base de la vie spirituelle du monde et de lutter contre toute tentative d'en faire une religion.
Beaucoup de lecteurs peu motivés voient Le Signe comme une sorte de charabia biblique sans voir que, dans un style certes proche du religieux, ce Message est une enquête sur les fondements de l'existence humaine. L'homme est remis à neuf. La raison ne doit s'interdire aucune exploration, parce que la Parole de Dieu est Raison. Mais pour cela il faut d'abord la sortir de la religion, dissiper les brumes des lois, des règles, des obligations, puis pousser l'homme à refaire le chemin mental, le sentier, qui le conduit à ne former qu'Un avec ses semblables et leur Créateur. La création ex nihilo, ce n'est pas l'homme sorti de rien, c'est l'homme bon et beau sorti de l'homme pécheur. Ce que le Pèlerin vient chercher à Arès, c'est la Force de reprendre le travail de Création en venant prendre le Feu du Créateur à l'endroit même où Il s'est posé cinq fois. [242C50*29/07/2022]
Sur ceux qui ne t’aiment pas (16/3)
J’aime tous mes frères y compris ceux qui ne m'aiment pas provisoirement ou plus longtemps, je me donne toujours la peine d'y réfléchir, car j'ai une tâche prophétique. À travers un échange je pense à tous les échanges similaires que je pourrais faire avec d'autres frères ou sœurs qui se sont éloignés de moi. Il y en a beaucoup.
Beaucoup de frères et sœurs, à un moment ou à un autre de leur vie, se posent dans toute sa radicalité la question de la bonne interprétation du Signe. Ces frères et sœurs ne se rendent généralement pas compte de la culture qui pèse sur leur esprit et leurs pensées et se croient erronément libres de refuser ce qui leur cause du tourment spirituellement, intellectuellement, socialement, émotivement parlant. Ils se réveillent un jour en se disant comme Jean-Jacques Rousseau : "L'homme est né libre et partout il est dans les fers..." Et la façon de penser et de vivre que par devoir prophétique je leur enseigne leur paraît soudain inacceptable. Ils se croient soumis à un autre esclavage et se rebiffent. Ils ne voient pas que tout est à recréer et que, de toute façon, on ne se recrée pas sans la volonté de se recréer, de se refabriquer en somme, et que cela exige une discipline acceptée, celle de l'amour, ce que Le Signe appelle la pénitence. Être exige l'acceptation d'être, donc l'effort d'être, à moins de vivre sans conscience comme un ver de terre. Se gouverner soi-même a son prix.
J'ai toujours compris la difficulté qu'éprouvent beaucoup de faire ce passage vers la nécessité d'être, car j'ai dû moi-même accepter cette nécessité, notamment et surtout durant les quarante-quatre mois qui m'ont conduit des apparitions de Jésus en 1974 aux Théophanies en 1977. Chacun doit devenir démiurge de soi-même et ce n'est pas toujours facile parce que la seule voie possible : l'amour du prochain et ses dérivés : pardon, etc. donne l'impression d'un carcan. Tout homme naît d'un monde pécheur, c.-à-d. encombré d'affects ; passions, pulsions, envies, dégoûts, etc. Le Signe ne limite pas l'homme à un sort instrumental : prier et partager un calendrier commun selon une mécanique fixe. Il lui demande de se remodeler vivant avec ses nerfs et son sang maîtrisés sous l'effet d'un esprit et d'une âme volontairement (et pas toujours agréablement) refaçonnés et voués à la bonté à l'imitation du Bon, Jésus dont parle Le Livre. [242C52*30/07/2022]
Sur la Vie absolue pénétrant dans une vie humaine
Suite à l’envoi d’un extrait slammé du Livre, Michel Potay répond :
Slam en anglais signifie claquement. C'est une façon de déclamer en public des textes, poétiques ou prosaïques, en rythmant ou scandant fortement le phrasé sur un fond musical souvent monocorde.
Le texte ici slammé est fait de versets du Livre, qui est la seconde partie du Signe. Le Livre est le Verbe venu du Ciel à l'automne 1977 par une Voix qui émanait de la Vie, du Créateur, du Père, manifesté sous la forme de ce qu'on appelle Théophanie.
Ces phrases, dictées par le Créateur, que Le Signe appelle la Vie (24/3-5), arrivèrent sur Terre dans un lieu sans intérêt, un village d'ostréiculteurs sur la rive du Bassin d'Arcachon, France, et ne sont aujourd'hui encore lues avec ferveur et respectée que par un groupe d'espérants très peu nombreux au milieu de huit milliards d'humains, les Pèlerins d'Arès. Une minuscule minorité d'humains se rendent compte que ces mots de prime abord sans éclats sont aussi importants qu'admirables. L'origine est sans nul doute surnaturelle, mais reste obscure dans le détail. Nulle part la Voix n'a dit : "Moi, Dieu ou l'Éternel ou le Très Haut Je déclare que..." Nulle part elle ne signe. Ce qui est dit cependant s'avère puissant pour quiconque trouve l'humilité d'accepter le témoignage du prophète qui en fut le témoin biologique ; je dis biologique, parce que le Message n'arriva pas qu'à ses oreilles, il pénétra aussi le témoin par jusqu'à la moelle de son épine dorsale. C'était la Vie absolue pénétrant dans une vie humaine. Ce Message ne fut pas seulement ignoré, il fut vilipendé notamment pour sa syntaxe très élémentaire. Il demeure que c'est une Déclaration impérissable ; à mes yeux (puisque j'en suis le témoin) elle donne le sens profond de notre existence et montre son lien avec l'Univers — voir chapitre VI du Livre.
C'est un discours universel. Sa langue n'est pas élémentaire ; elle est mystérieuse. Les élites du monde ne l'ont jamais eu sous les yeux. Moi, frère Michel, déjà réceptionnaire de L'Évangile Donné à Arès, tout seul et sans aucune perspective de succès je l'ai édité. Heureusement depuis lors, quelques milliers d'humains, les Pèlerins d'Arès, ont à leur tour porté leurs regards attentifs sur cette Parole venue du Créateur de l'Infini.
Oui, de temps en temps un miracle se produit, une nouvelle façon de dire apporte jusqu'à nous la Vérité universelle, un nouvel arbre pousse au mileu du jardin des hommes ; cet arbre, très simple arbre, nous n'en doutons pas, portera des fruits. Ce slam y contribuera à sa façon. Quand on a lu ou entendu, fût-ce une seule ligne du Livre, on en reconnaîtra toujours la tournure, la manière de transmuer la vie triviale de nos langues humaines en un chant divin supérieur, impérissable. Chant très simple, mais d'une force d'évocation unique. Ce slam y ajoute un rythme, une absence de passion mais une grandiosité, qui n'apparaît pas de prime abord, mais qui tôt ou tard se manifeste, puis étonne, puis devient admirable. Ce n'est pas vers une doctrine ou un credo qu'on est conduit, et le texte n'est pas conçu pour convaincre ; le texte a l'extrême simplicité de la sagesse. C'est une simple, mais perspicace Lumière. Ce texte est souvent rejeté par le lecteur non averti, mais le lecteur patient et espérant y trouve la Vie. Ce slam a cela de précieux qu'il permet de se répéter dix fois, vingt fois la même chose dans la même rythme, avec les mêmes mots, avant que le sens profond et indicible s'imprime durablement dans le cœur.
Le Livre n'est pas conçu pour une lecture continue, mais pour une lecture par bribes riches. Cette particularité lui donne la pouvoir de créer chez le lecteur ou l'auditeur une grande paix intérieure. Rien ne pèse si l'on apprend à poser les bribes. On entre alors dans le beau secret de l'Enseignement. [242C52*03/08/2022]