Depuis peu les télescopes Hubble et Spitzer ont fait voir la galaxie Tayna à 13 milliards d’années-lumière.
Or, voir une chose sans la vivre fait tout juste frémir le cerveau, ne sert à rien.
Les télescopes ne sont pas existentiels ; ma vraie piété l’est.
Elle ne me fait pas voir, mais vivre l’Univers (Signe 12/4), l’Étalé (ii/4).
Si je m’agenouille ou me prosterne, ce n’est pas par soumission ; c’est pour ne faire qu’Un avec la Terre que m’a donnée le Père (Genèse 1/28-30) et à travers elle ne faire qu’Un avec l’Infini dont elle et moi sommes d’inséparables atomes.

Debout, assis, agenouillé, allongé, pas d’importance,
car mon âme n’est ni debout, ni assise, ni à genoux, ni allongée.
Mon âme EST si je suis un pénitent, un indivisible élément de la Vie qu’il nous faut retrouver (24/8).
Photo : Ben White (Unsplash)
Sauf Père de l’Univers qu’Il recommande de dire trois fois le jour, une fois la nuit (12/5), le Père ne fixe pas de règle de prière (Signe 25/6), mais Il en enseigne l’esprit, qu’il appelle la vraie piété (35/6).
La pénitence suffit pour créer l’âme et changer le monde, mais les frères et les sœurs du petit reste (24/1) voient la pénitence et la vraie piété aussi inséparables que la Terre et l’Univers : L’une s’efforce de vivre sans l’autre, mais l’autre ne vit pas sans l’une. Le petit reste veut redonner à la Création sa cohérence épanouie en y restaurant Éden qui fut bien autre chose que l’habitat d’Adam et Ève.
Quiconque entre en pénitence (Signe 8/6) se libère du mal (30/11) et contribue à libérer le monde du mal (28/7), mais sans vraie piété (35/6) la pénitence peut ne pas retrouver les puissants courants des Fleuves d’Éden (35/2-3) et n’être qu’une mare (30/2), une morale. Certes, la morale pénitentielle sauve, mais pourquoi pas plus que le salut ? Pourquoi pas comme Jésus être fait un Dieu, se fondre dans le Père (2/13) ?
Dans le Bien vécu est la force de délivrance du Mal, mais la Parole vécue y ajoute la force de transfiguration. Il faut sortir la Parole des livres pour l’accomplir tout à fait.
Pas plus que ne le fait l’Évangile Palestinien la Parole d’Arès ne réglemente la prière. Alors que la religion, quelle qu’elle soit, impose le carcan de ses règles, la vraie piété du Pèlerin d’Arès est libre (10/10). Le Pèlerin d’Arès est maître de sa piété. S’il hésite on peut lui faire des suggestions, mais en dernier ressort c’est lui qui en décide les textes, les formes, la fréquence.
Libre de corps, d’esprit et d’âme (17/7) l’humain comme l’enfant enlace le Tout Qui lui enseigne (16/11) comment accomplir son salut et préparer le salut du monde. Comme vaste est ce Tout, le pénitent ne peut en enlacer chaque jour qu’un petit peu, mais peu + peu = Tout avec Quoi il ne fait qu’Un.
L’Enseignement (Signe 16/11-14) redonné au monde à Arès, en 1974 et 1977, appelle l’humain à se vider de ses objectifs matérialistes mortels et à remplir peu à peu les vides avec la Vie (24/5) d’avant le péché. Comment ? Par la pénitence.
Être pénitent, c’est aimer sans condition, pardonner les offenses, faire la paix, être spirituellement intelligent (32/5) et libre (10/10) de tous préjugés à l’égard de tout vivant. Être pénitent, c’est gravir les Hauteurs du Bien (25/4). Cette ascension qu’accompagnera la vraie piété ne s’interrompra jamais de génération en génération (24/2) jusqu’au Jour du Bonheur retrouvé.
La pénitence ne va pas sans vraie piété. Comment bien pratiquer celle-ci ?
Pour un Pèlerin d’Arès les credos, les grandes supplications et glorifications collectives, les cérémonies, les rituels, les chapelets, etc., n’ont rien à voir avec la vraie foi. La vraie foi repose sur la pénitence, dont la vraie piété est l’idéal rappel quotidien, qui consiste à faire prononcer la Parole par les lèvres de l’Enfant pour qu’il persiste à l’accomplir. Mais la pénitence diffère d’un individu à l’autre, parce qu’il n’existe pas deux pécheurs semblables, même poursuivant le même objectif spirituel. C’est la vraie piété qui soude les pénitences très diverses à leur but unique : le Bien, le Dessein Créateur. C’est pourquoi la vraie piété est souple, adaptable en forme et contenu.
Former un Tout avec l’Un dans une variété indénombrable de pécheurs, faire des contradictions humaines la richesse infinie du soi ou toi (xxiv/1) intime avec l’Univers, la semence (5/1) d’universalité immortelle contenue depuis toujours dans l’Un que nous sommes avec Dieu l’Étalé, l’Infini créé, le Tout, cette extraordinaire gageure, c’est la vraie piété qui la réalise en permettant à chacun de la personnaliser. C’est cette personnalisation, cette liberté du priant, qui détache radicalement la vraie piété de la prière religieuse.
En rigidifiant et rabâchant sa prière, même bellement chantées, la religion l’a vidée de sa force créatrice. À la prière religieuse, réduite à des aspirations, Dieu ne répond pas. La religion a subi la colonisation du rêve d’Adam (Signe 2/1-5). La vraie piété décolonise l’humain, le délivre du rêve religieux. La vraie piété embraye sur la réalisation de la Parole, elle fait du pénitent un co-créateur du monde ; il aime, pardonne, use de sa libre intelligence concrètement.
Chaque Pèlerin d’Arès choisit chaque jour de la Parole le passage dont il a besoin et la façon dont il la prononce, qu’il prie chez lui en prosternement, ou assis dans l’autobus, ou marchant, ou dans son lit.
La supplication, dans la peur et la souffrance, et la glorification, dans l’exaltation et la joie, ne sont pas interdites, mais elles ne sont que soulagements émotionnels et ne servent à rien, parce que
primo, le Père connaît le besoin de l’humanité avant qu’elle le Lui demande (Matthieu 6/8), mais Il l’a faite libre (10/10) du Bien et du Mal et puisque, comme Créateur, il considère le potentiel, non la situation du moment et il n’interviendra pas aussi longtemps qu’il saura l’homme potentiellement fantasque et réattiré par le Mal quand le danger est écarté,
secondo, le Créateur n’a pas à être glorifié comme une idole, puisqu’il est notre Père, pas notre asservisseur, et nous sommes ses Enfants (Signe 13/5), pas ses asservis ; il porte en lui sa Gloire éternelle qu’il souhaite nous faire partager (37/9).
tertio, l’entier contexte du Signe indique que nous recevons la Grâce non du Père, mais de nous-mêmes ; nous savons qu’à la pénitence nous puisons la Puissance et à la vraie piété la Connaissance (Signe 39/2), qui vaincront le Mal.
Ma pénitence remue mes faims, soifs et envies, mes fatigues et mes peines ; c’est lourd, mais grâce à la vraie piété ma pénitence s’allège, puisque le Père me parle. La religion cite la Parole, mais ne la fait pas parler au sens fort de « parler ». Les grandes cérémonies et prières innombrables, très réglementées de la religion n’ont pas fait grand-chose pour changer l’humanité de l’intérieur. La religion n’a redonné qu’à quelques individus humains, exceptionnels, leur autonomie spirituelle et leur bonté initiale. Alors, le Père a renvoyé son Messager Jésus et est redescendu Lui-même à Arès pour crier à tous : Changez vos vies ! (30/11). Comment ? Très simplement : Ce qui te sauve, ce n’est pas ce que tu crois, contrairement à ce qu’ont prétendu Paul et les Églises à sa suite (Romains 3/28, Éphésiens 2/8-9), mais ce que tu fais pour battre le péché, même si tu ne reconnais pas la Voix du Père (28/12). La foi du Pèlerin d’Arès se bâtit sur une causalité tout autre de la causalité religieuse qui prétend que seules sauvent la foi et l’obéissance à la religion.
Tout disciple du Signe est un chrétien basal, un pénitent qui applique le Sermon sur la Montagne, mais c’est aussi n’importe qui avec ou sans religion qui pense qu’il doit devenir bon, parce qu’il est un atome indivisible de l’humanité tissée de virtualités et de latences d’amour, d’intelligence et de bonheur capables de vaincre la souffrance et la mort comme le pénitent de référence : Jésus, vainquit la mort. Ainsi l’homme crée-t-il son âme qui s’ajoute à sa chair et à son esprit (Signe 17/7). Ainsi est-il capable de changer le monde (28/7).
À la pénitence le Pèlerin d’Arès du petit reste ajoute la vraie piété, Dieu lui rappelant chaque jour qu’il faut accomplir le Bien, mais plus que cela : Dieu dans le sublime mystère du Créateur qui n’est pas l’origine de son propre Être, mais qui est l’Étre hors du temps (12/6) et qui, ô merveille, propose à l’homme, son Enfant, de n’être plus le dérivé mortel qu’il a fait de lui-même (2/1-5), mais de sortir du monde phénoménal et de s’unir à l’Être sans origination ni temps.
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© Michel Potay 2016 — Tous droits réservés


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