Je me méfie des termes bizarres comme « droit au logement opposable. » J’ai toujours peur qu’ils cachent quelque chose de tordu.
Opposable à quoi et par qui ? Pour moi on a droit ou on n’a pas droit au logement, un point c’est tout.
Et puis, pour commencer, un droit à quel logement ?

(Photo : alq666, Wikimedia)
Si ce droit au logement se fait par une loi, donc avec date-butoir et contraintes pressantes, je crains qu’il aboutisse à ce qu’on veut éliminer à jamais : les « logements sociaux » de type clapier à lapins, qu’on a justement commencé à dynamiter un peu partout.
Une assistante sociale parisienne m’a communiqué des statistiques établies non à partir de formulaires administratifs « à cocher », mais de contacts les yeux dans les yeux. Parmi les sans-logis qui, pendant les fêtes de fin d’année, campèrent le long du canal st-Martin à Paris (photo) moins d’un sur trois était en besoin primaire de « toit » ou « d’abri. » Les autres, plus de deux sur trois étaient en grand besoin de « domicile, » de « chez-soi, » d’un « p’tit coin sympa. » Cette nuance, essentielle, signifie que le problème se situe moins côté murs que côté cœur.
Des maisons telles que le cœur les conçoit, ce ne sont pas des escaliers, des portes et des plomberies empilés. Ce sont des lieux de joie et de bien. Des lieux de bonheur. Le Père y a pensé voilà des millénaires déjà, il l’a rappelé en 1974 : Mais qu’offre-t-il le tentateur qui ne peut rien créer, ni joie ni bien ? Qu’offre-t-il que je ne donne déjà ? N’ai-je pas construit des maisons chaudes (Signe 26/8)?
Les maisons chaude ne sont pas des logements où le chauffage central, quoiqu’apprécié, serait fondamental. Ce sont des maisons où règne la chaleur de l’amour, de la paix, de la liberté. Des maisons où il fait bon vivre et qui ne répondent pas nécessairement aux normes des services technico-sanitaires. Quelle loi, quel « droit au logement opposable » pourrait garantir un logement où il fait bon vivre ? Aucune loi, aucun droit, parce que le bonheur échappe aux définitions des codes. Mais le bonheur n’échappe pas aux définitions qu’en donne Le Signe pour qui ne se contentera pas de le feuilleter.
Donc, beaucoup des sans-logis, hôtes des « Enfants de Don Quichotte, » association louable, n’étaient pas des animaux à la recherche de cages propres, mais des hommes à la recherche du foyer devant la porte duquel l’enfant crie de joie (Signe XXVII/10), serait-ce la porte d’une cabane ouverte sur la Création magnifique, environnée d’âmes, de bonté, de générosité, de rire, de miséricorde, de liberté, d‘intelligence spirituelle. Les HLM de plâtre et d’acier, beaucoup de sans-logis les ont habités, ces HLM que leurs jeunes locataires, toujours plus démonstrativement révoltés par l’absence de beauté (Signe 12/3), taguent vite pour qu’ils ressemblent à autre chose qu’une prison. Les HLM, c’est souvent ce qui a porté les sans-logis à être sans logis.
Ce qu’il y a ici « d’opposable » au « social » des discours politiques, c’est tout ce que nous Pèlerins d’Arès préconisons au monde de voir, de comprendre et d’être. Notre mission n’ignore pas les problèmes sociaux, elle les spiritualise pour une humanité dont le fond est, pour le Créateur et pour nous, irrémédiablement spirituel.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2007 — Tous droits réservés


Réponse à une commentatrice qui envoie à Michel Potay une information reçue d’associations parisiennes :
Le logement, une urgence et un droit : Rendre le droit au logement opposable.
Un Constat alarmant !
L’urgence est là. La France compte plus de 3 millions de personnes sans logement, ou mal logées. Près de 86.000 sont sans domicile fixe, 780.000 vivent dans un habitat précaire, 610.000 en situation de surpeuplement, 100.000 sont dans des campings. A Paris, en 2005, 3 incendies de bâtiments vétustes, ont fait plus de 50 morts. 1,3 million de ménages attendent un logement social.
Les prix de l’immobilier, et des loyers atteignent des niveaux records, incompatibles avec les ressources de beaucoup. Le nombre des expulsions locatives ne cesse d’augmenter.
Le manque de logements accessibles à tous est l’un des problèmes majeurs de notre société.
Il faut un immense effort de production de logements, en priorité de logements sociaux intégrés au cœur des communes et des agglomérations.
Les politiques qui se succèdent disent vouloir rattraper le retard, mais elles ne répondent pas aux besoins des ménages mal logés, ou sans logements.
Face à cette situation, les inquiétudes grandissent.
Le droit au logement opposable, une obligation de résultat. Habiter un logement digne est un droit fondamental et chacun doit pouvoir le faire reconnaître, comme pour l’éducation et l’accès aux soins.
Le droit au logement doit être effectif pour tous et donc être rendu « opposable ».
Depuis 2002, le Haut Comité pour le Logement des Personnes Défavorisées a largement montré le bien-fondé du droit au logement opposable et décrit les étapes de sa mise en œuvre.
En 2004, le Conseil Economique et Social s’est prononcé pour qu’une loi en ce sens, soit adoptée : [...]
Réponse de Michel Potay :
Le ton de ce texte soulève mon objection sur plusieurs points.
J'objecte à ce que l'auteur de ce texte semble oublier : la liberté d'habiter où l'on veut le genre de logis qu'on veut, liberté qui entraîne la liberté inverse, celle d'habiter nulle part, ou d'habiter une cabane, ou même d'habiter un tonneau comme Diogène, ou d'habiter en communauté avec d'autres, etc., si on le souhaite. Ce texte m'inquiète par son ton, le ton d'une loi, tel qu'on se demande si l'obligation d'être logé ne serait pas plus lourde pour l'hébergé ou le locataire que pour l'état constructeur et loueur. On a l'impression qu'à la manière soviétique les auteurs de ce texte, s'ils avaient les moyens de construire et de gérer les "3 millions de logements" qui manquent en France, ordonneraient aux "3 millions de personnes sans logement" d'occuper sans broncher les logis mis à leur disposition sous peine d'être sanctionnés s'ils préfèrent coucher sous les ponts ou dans des huttes au fond d'un bois. Si je préfère être vagabond, pourquoi n'aurais-je pas "un droit à une tente et un sac de couchage opposable ?" Bref, ce texte d'apparence "sociale" est une sorte de mise en demeure de se conformer au "logeablement correct."
Le logement au prix de la loi des rats (Signe XIX/24), je ne crois pas que ce soit ce que le Père entend par des maisons chaudes. [53C3*15/01/2007]
Sur les élections
Oui, il faudra voter en avril. De même que nous vivons dans notre corps, notre esprit — notre âme vient en supplément par notre pénitence —, nous vivons dans la société, qu'il nous faut, par surcroît, changer ! Nous ne pouvons donc pas ignorer cette société et nous ne pouvons pas moins faire que de nous mettre socialement dans la situation le plus favorable à notre mission. Même si aucun gouvernement véritablement favorable à nos espérances ne peut sortir des urnes, il y a toujours un moindre mal qu'il faut essayer d'élire... [53C7*15/01/2007]
Sur les sectes
Concernant ceux qui parlent de "secte" en souhaitant rendre ce mot aussi "infâmant" que peuvent l'être les mots "d'escroc" ou de "maquereau," je ne crois pas qu'ils aient réussi. Depuis un peu plus de dix ans que j'observe les campagnes antisectes de l'ADFI, du CCMM, etc., j'observe une méfiance du public pour tout groupe non officiellement relié à un église, à une synagogue ou à une mosquée, mais pas vraiment d'hostilité. Ces campagnes semblent n'avoir pour résultat, malheureusement, que d'éloigner un peu plus le public des questions de foi et d'espérance et de rendre ainsi notre mission plus difficile. Je pense qu'il nous appartient maintenant de donner au mot "secte" une bonne réputation, du moins en ce qui concerne les Pèlerins d'Arès. À des personnes qui me disent : "Vous êtes une secte..." il m'arrive de répondre : "Oui, je suis une secte et j'en suis fier et je vais vous dire pourquoi..." et je leur dis en quelques phrases ce que sont les Pèlerins d'Arès : d'honnête gens issues du peuple et non d'écoles philosophiques secrètes, qui défendent à 100% la liberté de conscience, ce que ne sont pas les religions parmi lesquelles nous sommes fiers de ne pas nous ranger... Je vous assure que le résultat est souvent surprenant et très bénéfique. [53C7*15/01/2007]
Sur la surproduction
Nul doute que "le côté spirituel de l'homme tellement faible" ne lui a pas permis de faire face à l'expansion foudroyante de la technologie en... disons... un siècle après des millénaires de progrès scientifiques et technologiques très lents. Comme je l'ai déjà évoqué, la production du nécessaire n'emploierait que 25% de l'industrie. Il faut 75% de superflu et même de futile pour faire vivre le reste de l'industrie et malgré cela il y a des chômeurs et des sans-abris. Pour bousculer ce fardeau du matérialisme technologique froid sur les quelques plumes subsistantes de vie spirituelle, il faudra plus de quatre générations, on le sait.
Toutefois, je ne suis pas sûr que le problème du logement soit entièrement lié au problème de la surproduction, inévitable à moins d'une catastrophe économique sans précédent. Il y a d'autres facteurs en jeu : problème de l'espace notamment qui ne se posait pas il y a cent ans. [53C8*16/01/2007]
Un souvenir
Pendant les jours les plus sombres de l'occupation allemande à Paris, en 1943, un de nos professeurs du lycée, excellent professeur d'allemand, M. Renard, nous emmena au cimetière du Père Lachaise et là il nous conduisit directement au "mur des fédérés." Il nous dit en gros : "Les communards qu'on a fusillés là avaient fait face aux Prussiens qui assiégeaient Paris en 1870. Les bourgeois les ont fusillés après qu'ils n'eurent plus besoin d'eux pour les défendre, parce que leurs idées de société avancée leur faisaient peur." M. Renard, avec son chapeau melon, son parapluie strict très bourgeois, promena son regard sur le cimetière que des fridolins (si vous préférez, des boches, des schleuhs, bref, des Allemands... je ne dis pas ça par méchanceté mais pour faire revivre l'atmosphère de l'époque) visitaient par curiosité dans leurs uniformes verts. Nous comprimes ce que M.Renard voulait dire : "Beaucoup mourront aussi pour nous libérer des Nazis, et l'ingratitude du monde sera la même." Je me pris alors à repenser à mon père, mort l'année précédente, qui avait été FTP (la résistance communiste) et je me souviens de ce vers d'Aragon qu'il avait punaisé au mur chez nous : "Où je meurs renaît la Patrie !" Renaître, c'est retrouver la vie... la Vie... la Vie au sens fort, qui peut revêtir un manteau si différent, si légitimement différent, d'un humain à l'autre... [53C9*16/01/2007]
Le système s'est arrangé pour enlever droit de cité à cette humanité rigolote
Les politiques ont tellement voulu accaparer le caritatif et s'en glorifier qu'ils ont enlevé à cette humanité son droit de vivre comme elle le souhaite.
Je me souviens d'un clochard particulièrement coloré — de joue, un rutilant poivrot, comme de nippe, il semblait s'habiller chez les habilleuses de théâtre — qui arpentait toute la journée le pont Mirabeau (il devait coucher dessous) en chapeau haut de forme en déclarant sur un ton très distingué qu'il était "fier d'être cloche et d'emmerder la société !" Mon père, qui était un ingénieur très digne, mais qui était né rue Cambronne (Paris, 15) en 1902, au temps où c'était encore la zone, aimait ce clochard dont j'ai oublié le nom. Le clochard connaissait — et c'était pour moi mystérieux — le nom de mon père. En fait, je crois qu'ils s'étaient connus avant la guerre de 14 à l'école communale. Nous voyant passer le clochard lui déclamait : "Bonjour, Monsieur Potay. Alors, on promène son lardon ?" Le lardon, c'était moi et j'étais très fier d'éveiller l'intérêt de cette figure bien connue des Parisiens.
Comprenez que le genre d'humain, qui vous réconcilie avec l'humanité, comme mon clochard et ses discours "pour emmerder la société", n'a pas disparu par hasard. Le système, qui est triste, lui, s'est arrangé pour enlever droit de cité à cette humanité rigolote, "pas sérieuse," faire croire qu'elle est faite d'animaux malheureux en quête désespérée d'une cage propre avec ascenseur et plomberie, alors que tout simplement ce type d'humain dit à l'administration : "Je n'ai pas besoin de toi. Vivons chacun dans notre coin !" Nul doute que parmi les sans-logis certains préfèrent vivre sans domicile fixe, mais on se garde bien d'en parler, parce qu'on veut à tout prix être "humanitairement correct."
Comment ne pas repenser à Diogène ? Alexandre le Grand était un jour venu le voir à l'entrée de la barrique où le philosophe logeait (Aujourd'hui ce serait des cartons d'emballage vides). "As-tu besoin de quelque chose, lui demanda l'empereur ?" L'autre répondit : "Oui, que tu t'ôtes de mon soleil !" [53C14*17/01/2007]
Sur la liberté de chacun de vivre comme il l’entend
Certains des sans-abris, plus nombreux qu’on croit, se moquent pas mal de ce qu'on pense d'eux et ne se déprécient pas du tout en tant qu'humains. Si la société leur donne un petit supplément, ils ne disent pas non, conscients comme le fut François d'Assise — le jars (Signe XXXVI/3) — ou comme le sont les moines bouddhistes que recevoir la charité ou même mendier n'est pas indigne. La liberté d'être eux-mêmes, d'être ce qu'ils sont, et de pouvoir le dire (quand ils le disent aux journalistes, encenseurs du système, les journaux ne le répercutent pas), cette liberté que la société veut leur enlever, c'est aussi scandaleux que le manque de logement comme-il-faut que les autres souhaitent avoir, ce qui est leur droit aussi. Ce qui manque, et ce qui est sous-jacent à tout Le Signe, c'est la liberté de chacun de vivre comme il l'entend. Ce qui est scandaleux, c'est la définition du bien-être, la définition de "ce qu'il faut," que le système veut imposer.
"La morsure du froid." Je vécus avec ma famille l'occupation allemande, quatre ans, sans chauffage l'hiver et les hivers de 1940 à 1945 furent très rigoureux. Les Nazis prenaient tout le charbon, tout le bois, dont ils avaient un besoin énorme pour faire la guerre. Je subis "la morsure du froid" dans des appartement glaciaux, car quand un immeuble n'est pas chauffé, il devient au-dedans aussi froid qu'au-dehors. Pourtant, ce n'était pas de ça dont nous souffrions, même couverts d'engelures — Je pourrais vous montrer une bosse de chair sur mon index gauche, parce qu'une engelure qui creusait mon doigt jusqu'à l'os s'était mal cicatrisée, le printemps venu —. Voilà de quoi nous souffrions : Nous souffrions de vivre sous la botte nazie, nous souffrions de devoir descendre des trottoirs dans le ruisseau quand des uniformes noirs (les SS) passaient, nous souffrions de devoir nous cacher pour dire ce que nous pensions, pour écouter la radio de Londres : "Pom pom pom pom !" Nous devions nous cachons pour tout simplement espérer. Nous souffrions de manque de liberté. Le reste : la faim, le froid, c'était vraiment secondaire. Je crois que nos sans-abris, beaucoup d'entre eux en tout cas, sont dans le même cas. Je ne suis pas sûr que le "politiquement correct", "l'humanitairement correct", ne soit pas parfois une dictature aussi mal-ressentie par les sans-abris que nous ressentions les Nazis il y a plus de soixante ans. [53C15*17/01/2007]
Sans liberté absolue de vivre sa vie l'homme ne peut pas trouver le bien.
Concernant le problème des personnes à la rue, dans l'impossibilité de trouver un logement ou d'en payer le loyer, je ne nie pas que ce problème soit préoccupant, mais j'évalue les priorités sous une autre Lumière, guidé par d'autres considérations.
Ce que je dis, c'est qu'à mon regard — je précise bien "à mon regard," influencé par Le Signe, en sachant que des milliards d'hommes voient les choses autrement — le problème du logement est à considérer prioritairement sous le jour de la liberté absolue, celle du poulain agile libre du harnais des docteurs (Signe 10/10) et donc, en l'occurrence, de faire son logis librement comme chacun l'entend et non comme les idées qui courent l'entendent. Sans liberté absolue de vivre sa vie l'homme ne peut pas trouver le bien. Ceci est, avec la pénitence, etc., un des volets inséparables du grand Message de changement du Signe. Je ne me situe pas du point de vue de la justice sociale, morale, légale, psychologique, etc., au sens que les sciences humaines donnent à ces qualificatifs. Si les sciences humaines et les idées politiques, morales, etc., qui courent avaient montré la bonne direction à l'humanité, le Père n'aurait eu aucune raison de nous parler en 1974 et 1977. Il nous laisserait lutter pour le triomphe de ces idées-là comme le font les syndicats en général et comme l'ont fait "Les Enfants de Don Quichotte" et d'autres en particulier.
"Une fois mort de froid, votre liberté ne vous sert plus à grand-chose," dites-vous. C'est sûr, mais vous admettrez avec moi que la mort par le froid, rarissime, n'est pas le problème. Je persiste à dire, contrairement à ce que vous pensez, que "souffrir de froid n'est pas aussi important que souffrir du manque de liberté." J'ajoute même que c'est infiniment moins important. Lisez ou relisez "Une Journée d'Ivan Denissovitch" d'Alexandre Soljénitsine et vous verrez que pour les bagnards de Sibérie, par -40°C, à l'époque soviétique (bagnards qui ne mouraient pas de froid au sens propre) c'était plus que tout l'absence de liberté qui était terrible. Mais bon ! ce n'est pas le sujet. [53C17*18/01/2007]
Sur le fait que l'homme n'a jamais craint Dieu et ne le craindra jamais
Je n'ai jamais cru que l'homme avait craint Dieu. À preuve, qu'Adam lui-même ne craignit pas de croquer dans le fruit d'un arbre contre quoi il avait été prévenu par le Créateur en personne (Genèse 3/1-7). Toute la Bible derrière ce récit de la Genèse n'est qu'une interminable histoire d'hommes qui défient le Bien que le Créateur a préconisé et qui font le mal et/ou qui prennent Dieu comme prétexte du mal, de lois, de guerres, de malheurs, etc. dont l'humanité n'a pas cessé d'être accablée.
Un beau résumé du Message du Signe
Le Signe, Parole pure qu'aucun homme n'a manipulée, déformée, caviardée, etc., pour la plier à ses idées ou à ses intérêts, est très claire sur ce point : Le Créateur crée Adam, c'est-à-dire l'homme spirituel, à partir d'un homme-animal (Signe VII/1-5) en lui donnant la parole (outil de la pensée), l'amour, le génie créateur, la liberté et l'individualité, qui le détache résolument du règne bestial, et, en vertu de cette liberté même n'intervient pas dans l'Histoire, dont l'homme hier, aujourd'hui et demain restera toujours l'auteur. Néanmoins, le Créateur, suggère à l'homme un certain nombre de directions et d'actions, que Le Signe rappelle, qui toutes et toujours vont vers le Bien, en espérant que l'humanité finira par les accomplir, les appliquer à sa destinée, dont elle garde la maîtrise globale.
Or, parmi ces directions et actions figure le renoncement à la loi des rats (Signe XIX/24) ou loi qui est (Signe 28/8) pour la remplacer par la loi qui vient (Signe 28/7) et qui, si l'on analyse bien le contexte du grand Message d'Arès, est en fait l'absence de loi. Certains sont des typiques représentants de ce réalisme légaliste contre lequel Le Signe se dresse avec une véhémente grandeur, qu’ils appellent galimatias, parce que c'est exactement là que leur foi et ma foi se séparent.
Ils ont foi dans le système et j'ai foi dans le bonheur de l'homme par la fin du système et le retour au plan édénique. Je ne vois pas cette situation comme conflictuelle, cependant. Je pense seulement que nous sommes face à un choix. Nul doute que si l'homme ne peut pas retrouver la Vie (Signe 24/5), la vie spirituelle, en campant sur ce désert (24/4), le système reste le moindre mal. Mais Le Signe offre une alternative. De là le choix ! Il dit que, si nous Pèlerins d'Arès démarrons la moisson et la poursuivons avec patience pendant des générations, nous parviendrons à former un petit reste qui fera basculer le monde dans le Bien (Signe XXXIII/11). Alors ce sera le Jour du bonheur (Signe 31/8) ! C'est ce que Le Signe appelle aussi la Vérité qui est que le monde doit changer (28/7). Une des conditions de ce changement est le passage à la liberté absolue, celle du poulain libre du harnais des docteurs, ce harnais (les lois entre autres) que certains croient impossible à enlever.
Rappelez-vous que ce système dont la seule idée qu'il puisse disparaître semble emplir d'effroi certains est à la source des plus épouvantables événements de l'Histoire du XXe siècle : les guerres de 1914-1918 et de 1939-1945, la révolution russe, etc. Songez au fait que si ces lois d'un côté semblent faire régner la paix entre les hommes, d'un autre côté elles ont permis la concentration de moyens énormes de destruction et de coercition entre les mains d'un petit nombre de politiciens et que les malheurs résultants ont sûrement été sans commune mesure avec les malheurs qu'un certain temps de chaos — la disparition des lois entraînera un certain temps de chaos, c'est vrai — auraient provoqués ? Suivre la Voie de la Parole n'est pas sans risques, mais il n'est pas plus grand leurre que croire que suivre le système est réduire les risques, bien au contraire... Le Signe ne cesse pas de nous en avertir. [53C20*20/01/2007]
Commentaire d'un visiteur et réponse de Michel Potay, reproduits tels quels
Commentateur :
J'ai lu que ce blog n'était pas un forum, mais seulement un "journal personnel que ses lecteurs peuvent éventuellement commenter" (Ce sont les mots que vous utilisez, je crois), mais je ne peux pas ne pas réagir à votre réponse [voir 53c20]. On dit que vous êtes un homme dangereux et je commence à comprendre ce qu'on veut dire. Je n'ai pas peur que vous veniez chez moi me faire un mauvais sort, mais j'ai peur que vous arriviez à convaincre la foule que vous avez raison et qu'il faut changer le monde selon votre interprétation de La Révélation d'Arès. On m'a dit aussi que votre légion de disciples, que vous appelez légion d'anges, je crois, n'avait heureusement pas su vous construire l'estrade ou l'échafaudage ( ?) médiatique qui aurait donné à La Révélation d'Arès une voix humaine — la vôtre — que le public remarque et grave dans sa mémoire comme il y grave des chansons et je comprends pourquoi ceux qui disent cela ajoutent "heureusement". Vous êtes très persuasif. Heureusement qu'on ne vous connaît pas et qu'on vous découvre par hasard. [...]
Pour en revenir à la question logement, que vous prenez comme prétexte pour prêcher vos idées au monde, vous n'hésitez pas à égarer le public en prêchant la "liberté absolue" d'habiter où l'on veut et comme on veut, éventuellement même dans un désert où, comme disait Spinoza, bien que sans obéir aux lois, ils ne seraient qu'isolés et misérables. Je certifie que toutes les études sociologiques ont démontré que, même si l'homme n'est pas une fourmi, il a besoin de l'organisation de la fourmilière pour être heureux. Les individus ont un besoin viscéral de vivre selon un droit légal. Le droit d'un individu de disposer de lui-même est aussi chimérique et dangereux que cette Parole toute faite de phébus (je confirme) que vous évoquez. Ce droit est dangereux — Dieu, s'il existe et s'il aime l'homme, ne peut pas l'avoir évoqué — parce qu'un peuple d'individus inorganisés seront vite la proie de quelques autres individus entreprenants et sans scrupules qui leur imposeront vite des lois pires encore que celles du "système."
[Sans signature]
Réponse de Michel Potay :
Votre premier paragraphe. C'est cette peur que vous avez de moi qu'avaient eue de Jésus ceux qui le livrèrent aux bourreaux, qui le clouèrent sur la croix. Ce fut une façon d'éteindre une des "voix humaines" données par le Père à sa Parole. Qu'à la suite d'autres gens qui l'ont dit, vous disiez à votre tour : "Heureusement," je trouve ça triste. Ce pays est vraiment un pays de liberticides, liberticides par peur de regarder les choses en face. Vous ne devriez d'ailleurs pas avoir peur, puisque, selon vous, ce seraient les Pèlerins d'Arès eux-mêmes — que je n'ai jamais appelés ma légion d'anges (amalgame avec Signe 31/6 que vous avez mal lu) — qui feraient taire, par incapacité de lui construire une estrade, la "voix humaine" du Signe. En fait, c'est beaucoup plus compliqué que ça, à l'image de ce monde compliqué. Pour être entendu du grand public, de nos jours, il faudrait avoir accès à la presse écrite, aux ondes hertziennes (radio, télévision), aux salles de conférence et de spectacle, bref, à des moyens de grande diffusion dont notre assemblée est largement privée. Nous avons la rue, c'est bien, mais c'est un moyen antique et très lent. Et c'est ça que vous appelez "dangereux" ?
Votre second paragraphe. D'un bout à l'autre ce paragraphe est un sophisme, c.-à-d. une suite d'arguments d'apparence vraie mais complètement faux. Complètement faux parce que vous n'y introduisez pas la condition capitale de la réalisation du grand projet du Signe : le temps ! Vous parlez comme si je pouvais du jour au lendemain convaincre le monde et obtenir qu'il abandonne la loi, tombe dans l'anarchie et se jette dans le désert de l'inconnu sans délai. Or, Le Signe prend bien soin de rappeler que tout se fera avec le temps : Je (Dieu) suis hors du temps, mais toi (l'homme) qui es dans le temps (Signe 12/6)... Quatre générations ne suffiront pas (24/2)... Il y aura un temps pour leurs peines et une éternité pour leur gloire (37/9), etc. Si je jette mon enfant dans la lutte pour la vie sans expérience, il ne lui arrivera que des malheurs, mais si je prends la peine de le former, de lui donner la vie spirituelle, il sortira vainqueur de cette lutte. Ce qui est "dangereux" aujourd'hui sera salutaire pour mes arrière-arrière-arrière-petits enfants. Ce qui est problématiquement "inorganisé" aujourd'hui deviendra une extraordinaire force organique demain.
Vous citez Spinoza, un des penseurs les plus intelligents du millénaire passé et qui, par son honnêteté et sa liberté d'esprit a toute la considération des Pèlerins d'Arès. Je suis bien d'accord avec Spinoza et donc avec vous que, dans le cadre du système, les hommes qui se marginalisent sont isolés et parfois pitoyables. Je le répète, l'humanité doit prendre le temps de muter par l'acquisition de la vie spirituelle. Il faut commencer cette très lente mutation dès maintenant, c'est ce que font les Pèlerins d'Arès. Spinoza prit dans son Éthique des positions qui confirment la sagesse de notre foi évolutive — Je dis souvent que les Pèlerins d'Arès ont une foi évolutive et on ne peut pas entièrement comprendre notre prospective, si l'on oublie ça —. Spinoza souligna notamment que les enseignements des anciens prophètes bibliques étaient valables pour leur temps, mais ne l'étaient plus, ou devaient être relativisés, pour les temps ultérieurs. Je veux dire par là que ce qui vous fait aujourd'hui le "prophète" du système quand vous dites que l'application immédiate de mes espérances causeraient plus de problèmes que de bonheur, ne vous rend pas prophète de l'avenir. C'est Le Signe qui nous rend prophètes de l'avenir. [53C21*20/01/2007]