Les Pèlerins d’Arès sont des chrétiens au sens originel, existentiel, du mot chrétien.
Depuis le 4ème siècle le mot chrétien a malheureusement changé de sens. Il qualifie aujourd’hui un credo qui revendique le salut éternel pour celui-là seul qui confesse que le sang de Jésus, considéré comme Dieu en personne, roula sur la croix (Signe xxxi/1) pour le rachat des pécheurs. Ce credo est contesté par Le Signe qui, tout différemment, rétablit le Fond du prophétisme de Jésus, à savoir que c’est n’importe quel homme ou femme qui change sa vie (en bien) (Signe 30/11) qui, quoi qu’il pense ou qu’il croie, se sauve (36/23) et de surcroît contribue à changer, donc à sauver le monde (28/7).

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La Vérité, c’est que le monde doit changer (Signe 28/7). Toute Le Signe se développe autour de ce verset saisissant, parce que le mot Vérité, habituellement conceptuel et dévotionnel, y désigne de façon inattendue un objectif factuel, pratique : le changement (en bien) comme seul moyen de salut, individuel et universel. « Homme, non ce que tu crois, mais ce que tu fais te sauve ! » C’est une dynamique purement et vraiment chrétienne au sens originel.
On sort de la religion ; on entre de plain pied dans la vie spirituelle, qui pour le Pèlerin d’Arès est la vie tout court. Cette vie spirituellement plus forte que la dévotion, je la sentis dans ma chair pour la première fois le 9 octobre 1977 quelques minutes après que j’eus été témoin de la seconde Théophanie, quand je sortis de la chapelle, aujourd’hui Maison de la Sainte Parole (lieu du Pèlerinage), et me tins debout dehors sous le ciel du matin, » subitement seul dans cette église naturelle et libre que l’homme n’a pas pu clore et ne clora jamais. » J’eus » l’impression d’entrer le premier dans ce lieu pur et libre de la foi » (Récits, Notes et Réflexions du Témoin, Le Signe p. 114 à 179).
La foi du Pèlerin d’Arès n’est pas une foi de credo et de culte. C’est une foi d’accomplissement. Le sens du sacré n’y est pas moins élevé, bien au contraire, puisqu’en s’efforçant d’accomplir le Bien le Pèlerin d’Arès sait qu’il reforme en lui l’image et ressemblance de son Créateur (Genèse 1/27). C’est une foi existentielle, donc vraiment chrétienne, au sens où Jésus recommandait l’accession à une existence autre —autre que celle courte et souvent douloureuse de l’homme animal qu’avait voulu rester Adam (Signe 2/1-5) — par la pratique ou accomplissement de l’amour, du pardon, de la paix, d’un esprit libre de tous préjugés, à quoi Le Signe ajoute la pratique de l’intelligence spirituelle.
Par suite, qu’est-ce qu’un Pèlerin d’Arès ?
C’est un chrétien pour qui le salut est un miracle causé par des faits, non par des mots ou des dévotions, un miracle comme beaucoup d’autres miracles à la portée de tout pénitent, de tout individu croyant ou même incroyant qui cesse de pécher (Signe 30/10 = qui cesse de mentir, de juger et de préjuger, de haïr, d’envier, de faire violence, etc.) et qui accomplit le Bien que prescrit Le Signe, elle-même miracle.
Comme le salut est communicatif par nature, puisque fondé sur l’amour qui est échange par nature, le pénitent est aussi moissonneur de pénitents. C’est par cette moisson que le monde changera en bien (Signe 28/7). La foi du Pèlerin d’Arès est donc aussi hautement apostolique et, par là, bien chrétienne.
L’acceptation mentale de la Parole : Bible, Coran, Signe ou autre Écriture, est un adjuvant ou stimulant recommandé de l’accomplissement (Signe 35/6), mais elle n’est pas par elle-même cet accomplissement. On voit ainsi, une fois de plus, que le salut contrairement à ce que prêche la religion ne vient pas par une acceptation mentale, mais par l’accomplissement du Bien.
On sait qu’on a appelé christianisme — mot dérivé de chrétien dans Actes des Apôtres 11/26 et 26/28, Pierre1 4/16 — l’ouverture au monde de la foi biblique (jusqu’alors confinée au petit peuple juif) après la prédication en Palestine de Jésus, prophète du Créateur. Le christianisme initial pur fut hélas assez vite mythifié (dogmatisé), réglementé, hiérarchisé, sous l’influence des religions d’alors et est resté jusqu’à nos jours dans cet état d’aberrance plus ou moins momifiée (Signe xLix/7). L’attachement d’un homme moderne à ce qu’on appelle aujourd’hui « christianisme » est le miroir religieux de l’attachement des masses à la politique, aux pouvoirs et à la loi et c’est pourquoi Le Signe ne distingue pas entre les princes religieux, politiques, juridiques, financiers, etc., qui tous ensemble maintiennent ce monde spirituellement mort, à tout le moins l’empêchent de vivre sa Vie (Signe 24/3-5). Le monde doit changer (28/7) signifie doit se mettre à vivre spirituellement, chrétiennement enfin.
La mise en marche spirituelle du monde, le déclassement et la désagrégation des idées générales, voilà pour les Pèlerins d’Arès la difficulté, voilà une tâche déroutante tant pour eux-mêmes que pour la foule qu’ils évangélisent, tous agglutinée à une idée encore païenne de l’homme et de « l’ordre ». Mais un changement hautement risqué pour Jésus et ses disciples et qui pour finir échoua dans une vieille société compulsivement superstitieuse et brutale pourra réussir dans la société moderne, même bornée. C’est probablement une des raisons pour lesquelles la Sagesse réapparut sur terre en 1974-1977.
Tout humain, même le plus simple, le plus humble, peut contribuer à ce miracle de haut-vol : Le retour (Signe i/1) du génie chrétien initial. Pas besoin d’être confit en dévotions. N’importe qui peut se ressusciter spirituellement par la pénitence et contribuer à la résurrection du cimetière spirituel du monde par la moisson de pénitents et ainsi trouver le salut et la gloire sacrée (Signe 37/9) en plus. Notre foi doit être un mouvement créateur à l’image du Créateur toujours en mouvement (Signe xxii/10-12), un mouvement continu de l’esprit et de l’âme vers le Bien dans une société qui s’imagine aller de l’avant, mais qu’il faut délivrer de l’hypnotisante peur d’abandonner ses « raisons ». La foi n’est vivante que libre (Signe 10/10) de tous a priori et préjugés, ce qui était typique du christianisme simple et vrai de Jésus — Le Jésus dans sa chair transfigurée qui m’apparut et me parla en 1974, le Bon ou Yëchou dont me parla le Père en 1977, le Jésus de Marc, Matthieu et Luc, une fois leurs livres purifiés au Feu (Signe xLi/1-10) du Signe (Le Jésus de Jean et de Paul n’est pas reconnu par Le Signe, 16/12, 35/12).
Le christianisme vrai, c’est la Voie de Salut défrichée par Abraham, qui ensuite se développa avec des hauts et des bas, dans la honte comme dans l’honneur, pour enfin culminer avec le Sermon sur la Montagne (Matthieu ch.5 à 7), ce qui eut été impossible si Abraham avait fixé et étouffé sa foi sous une religion.
Oui, l’homme et Dieu se passionnent l’un pour l’autre, mais pas à travers un credo qui déclare que Jésus serait Dieu incarné immolé en rançon pour une multitude (Marc 10/45, Matthieu 20/28) et supposé sauver tous ceux qui confessent ce dogme. Toute victime de l’injustice et de la méchanceté terrestres est, partout et à toute époque, donné en rançon pour tous ceux qui se résignent à la paix par la soumission et le silence. Ce genre de sacrifice n’a jamais sauvé personne et la terre tourne toujours portant le mal. Le Bien remplacera le mal sur terre et, par une extraordinaire conséquence, dans l’univers et l’homme sera éternellement sauvé par le fait, tout simple et tout chrétien, d’être bon et de refuser d’être mauvais.
Le salut, celui de l’individu qui meurt aujourd’hui ou celui du monde au Jour lointain où la Lumière du Bien couvrira tout sans cesse (Signe 31/8) ne dépend pas du Créateur, mais d’une conjonction entre créature et Créateur. Les invités du grand banquet final (Matthieu 22/1-10, Luc 14/15-24), peut-être toute l’humanité pour finir (Signe 31/12), ne seront pas les convives passifs de la Miséricorde, mais les cuisiniers mêmes qui l’auront préparé.
Notre humanité est une grande maisonnée qui accroche à ses murs de superbes vieux tableaux religieux, mais qui n’a rien accompli des idéaux qu’ils iconisent. Voyons-nous acceptés et pratiqués universellement l’amour du prochain, le pardon des offenses, la paix sur terre, la liberté spirituelle et civile absolue ? Non. Tout cela ou presque reste à accomplir. Le Pèlerin d’Arès est l’homme ou la femme qui se propose de rejoindre les rangs des chrétiens portés disparus depuis les débuts mêmes du christianisme, mais qui sont toujours vivants dans les cœurs et dans l’espérance universelle.
© Michel Potay 2010 — Tous droits réservés


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