Ariel Sharon

Ariel Sharon
Photo : Dan Hadani collection (National Library of Israel)

Ariel Sharon semble bien totalement éliminé après l’attaque cérébrale dont il ne s’est pas remis, s’il s’en remet jamais. A ce changement brutal dans la direction politique d’Israël s’ajoutent les élections palestiniennes et la victoire du Hamas, un parti qui, bien que Mahmoud Abbas (Fatah) reste président, va d’une façon ou d’une autre, influencer la politique palestienne et les pourparlers avec Israël.
Longtemps Sharon eut plus le comportement d’un sabreur que d’un politicien conscient des enjeux humains au Moyen Orient, notamment de la revanche, à tout le moins des compensations, que les Palestiniens espèrent obtenir des Israëliens qui les chassèrent de leurs terres et de leurs maisons voilà un demi-siècle et qui les réduisirent à la pauvreté ou même, pour une partie d’entre eux, à la mendicité. C’est tout l’enjeu du conflit autour de Jérusalem.
Mais c’est bien plus qu’un conflit politique, c’est un conflit primal. Il s’agit pour l’Arabe comme pour le Juif de naître ou d’être mort-né, car Israël n’est pas encore vraiment né et la Palestine est avide de renaître… à moins d’accepter d’être jumeaux. Faut-il démontrer l’immense difficulté d’une telle acceptation  ? Il faudra quand même en arriver là. Le Hamas, espérons-le, ne cherche pas vraiment la destruction d’Israël, mais il cherche au minimum à retrouver les biens matériels et politiques perdus, autrement dit, d’une certaine façon un partage équitable du territoire et de sa destinée.
Vers la fin de son mandat de premier ministre Ariel Sharon semblait avoir tout à fait admis que les Palestiniens ne renonceraient jamais à leurs légitimes revendications et peut-être même que celles-ci étaient justifiées. La promesse faite par Dieu à Moïse n’est pas au-dessus de celle faite à Mahomet, élargissement de la promesse divine qui s’étend d’ailleurs à toute l’humanité, Le Signe le confirme. Peu avant d’être terrassé par une attaque cérébrale, Sharon en était arrivé aux conclusions qui avaient été celles de Béghin et de Rabin.
Malgré cette perspective d’universalité, la réalité concrète est là. Israël, à défaut d’être reconnu par toutes les nations — beaucoup de pays musulmans restent réservés —, existe comme état économiquement et militairement puissant face à des Palestiniens faibles. L’amour du prochain et le sens de la justice doivent prendre le relais des armes. Que de difficultés en perspective pour des hommes que les faits brutaux n’ont pas formé à la miséricorde.

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés