(Photo : Claude TRUONG-NGOC)

Photo  : Claude Truong-Ngoc
(Domaine Public, Wikimedia)

Annonce sur RTL  : « Mars 2020. Sous certaines conditions [être catholique, mais pas juif, musulman ou pèlerin d’Arès], l’Église Catholique accorde l’indulgence plénière, le pardon total des péchés, aux croyants frappés par le nouveau coronavirus Covid-19. »

François, je sais que tu surveilles tes mots, car c’est par eux que ta curie te contrôle, mais que ta pensée peut être différente, si tu penses à tous les humains sans discrimi­nation.
Mais tu n’absous personne, prends garde  ! (Signe 30/15).
Seule la pénitence vainc le péché, qu’importe ce que croie ou ne croie pas le pécheur. Quiconque aime, pardonne, fait la paix, réfléchit avec cœur et libre de tous préjugés, est sauvé et contribue à changer le monde en bien.
François, mon frère, avec toi, premier de la plus belle récolte (14/3), nous pouvons amorcer une nouvelle civilisation  : la civilisation du Bien (Signe 12/3, xxxiii/11, xxxviii/3) ou de la Vie (24/3-5). Attarde-toi à des manières religieuses inutiles, si tu ne peux pas faire autrement, mais aide-nous à avancer. Même si nous Pèlerins d’Arès sommes rares encore, même si le changement est encore à peine discernable depuis Jésus et Mouhamad (je ne dis pas depuis la Bible et le Coran, que Le Signe ne cite pas), inaccomplis, quelque chose bouge depuis la Parole d’Arès, la trace d’une civilisation capable d’écraser la Bête (Signe 22/14) se dessine.

Il faudra quitter la civilisation du plus fort, de son dogme ou de sa loi, et restaurer la civilisation du Bien.
La pénitence (Signe 30/11) est la houe (xvi/17, xxx/7, xxxvii/12) sur le seul terrain de la renaissance du Bien.
Le Bien est au-delà de tout ce que ce monde de mal, qui rétrécit l’esprit et fait de l’homme un captif, peut appréhender aujourd’hui, mais l’homme n’accède pas au Bien par la Miséricorde, même si elle existe aussi (4/2, 8/7, 12/11, 16/15), ni par la Grâce, les sacrements (superstitions, 21/1) ou les prières, mais par sa pénitence.
S’évader de l’actuelle condition humaine, si éprouvante pour beaucoup d’humains, voilà l’objet du Sermon sur la Montagne (Matthieu 5 à 7) et du Signe  !
N’importe qui, croyant ou non, peut approcher le Bien par l’amour et plus il en approchera, plus il sera Un (Signe xxiv/1) avec le Bien qui  ne fait qu’Un avec la Vie, le Père, Dieu  ; le Bien est la Déité dont Maître Eckhart eut l’intuition ainsi que d’autres spirituels avant lui. Le Bien n’est pas altérité, n’a pas d’ipséité, il est amour et paix absolus, il est humanité comme Enfant (13/8) du Père de l’Univers (12/4), image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26-27). Le Bien fait de l’homme le co-créateur de lui-même. C’est le Bien qui en l’homme est miracle, quand il y a miracle sur cette Terre ou hors d’elle, car l’âme qui vit après la mort, mais oui, est miracle.
Plus l’homme s’approche du Bien, plus il s’éloigne de la Bête (Signe 22/14) dont Adam a revêtu la peau (2/1-5, vii/7-16). C’est quand l’homme échappe à l’esclavage des systèmes qu’il retrouve son propre être, proche de l’Être, mais pour l’heure il a rarement conscience de cette possibilité. Nous devons, frère François qui est à Rome, multiplier les humains conscients de cette possibilité. Tout humain ré-avoisine le Bien, quand son je redevient nous ou même quelquefois Il (Dieu), même si ce n’est pas constant parce que l’humain charnel est toujours dans le temps (12/6), donc inconstant. Il passe ainsi le premier barrage vers ce qu’il croyait inaccessible  ; par l’amour il perce le barrage. Il découvre alors que tout ce qu’il croyait insaisissable est saisissable  ; il découvre que l’Univers n’est pas vraiment hors de sa portée. Je m’y envolerai bientôt quand mon cœur s’arrêtera de battre, même si le Jour (31/8) où la chair sortira du temps est, quant à lui, encore très loin. L’Univers est Tout et le Tout est plus que ses parties, il est la Vie qui anime Tout dans la paix  : éléments chimiques, gravitation, lumière, vie biologique.
Je suis un être fini et relatif qui ne peut que sentir l’infini et l’absolu, mais je sais, puisque l’Appel d’Arès le dit, que je peux m’évader de cet enfermement. Pour l’heure je ne peux pas contenir tout Dieu, l’Incommensurable, mais par l’amour je lui donne de moi pour être un peu d’Un avec Lui, je m’approche de Sa Réalité absolue, je découvre qu’il n’est pas une Personne, mais la Vie. Je La frôle. Elle est infiniment proche tout en étant infiniment lointaine. Ma pénitence rend cette distance supportable.

Frère François, qui est à Rome, revenons à nos moutons  ! Assez de métempirique  ; la métaphysique, quand elle quête la vérité ultime, devrait être muette, parce que ce qu’elle veut dire est au-delà des mots, tout comme Ce Que le Père veut nous dire est au-delà des mots. Mais nous, mon pauvre François, nous devons tirer comme des mûles la charrette de la parlure. Avec des mots formulés, François, tu envoies à ceux de tes ouailles que tue le coronavirus (pourquoi pas ceux que tuent le cancer, le diabète, l’infarctus du myocarde, le suicide, la vieillesse, etc  ? passons  !) l’absolution  : « Dominus noster Jesus Christus te absolvat et ego auctoritate ipsius te absolvo, etc., » et moi aussi avec des mots, mais pas formulés, j’essaie d’habiller mes frères humains de la Pensée de la Vie. Tu es encore, François, dans la civilisation de la formule comme l’est la politique (elle appelle ça la loi). Je suis déja dans celle du Bien Vivant.
Il semble que la civilisation dominante brigue l’immortalité  ; pour elle la mort est erreur, le péché. Nous sommes dans la civilisation inverse, celle des mortels conscient que le péché cause la mort. C’est peut-être, François, le point où nous sommes au coude à coude contre le matérialisme qui n’a rien compris à la nature humaine.
Contre Covid XIX, roi-virus récemment couronné, les puissants de quelques pays, France comprise, sont « entrés en guerre ». Ces puissants voient leurs sujets comme de potentiels éternels qu’ils doivent abriter d’une mort vue comme scandaleux accident. Sans doute considérés comme ne pouvant pas mourir d’autre chose que de Covid-19, les citoyens sont emprisonnés au fond de leurs appartements et maisons comme on compressait autrefois dans des boîtes les pieds des Chinoises pour qu’elles soient plus belles. Soudain privés de liberté et par là même de vie, certains de ces confinés s’interrogent. Ils croyaient que le monde suivait l’irrésistible voie du progrès et de l’amélioration de la condition humaine, ils découvrent qu’il suit la voie de la peur  ; certains d’entre eux découvrent même ce que la masse n’a pas vu, c’est que vaincre le Mal commence par vaincre la peur du Mal et particulièrement la peur de la mort.
La peur de mourir pour préserver la vie charnelle de toute façon très courte marque la civilisation dominante, que ses illusions vont éteindre. Cette peur-là, notons-le, est récente en France  ; notre pays n’a pas perdu depuis longtemps son roman national, longtemps celui d’impavidité face au malheur, à la souffrance et à la mort.
Le courage de mourir pour rejoindre la Vie oubliée de la masse, marque la civilisation qui s’annonce.
François, nous commençons d’apercevoir la charnière de deux civilisations. Votre Église est apparemment vaste et forte encore et nous nous sommes tout petits et faibles, mais dans la lutte contre le matérialisme épais qualité et spécificité vaudront la taille. Tôt ou tard, vous ne pourrez pas vous passer de nous.

Pour le matérialiste ce qui se passe entre naissance et mort est tout, la mort est la fin, le mur au-delà de quoi l’homme ne va pas. La peur de la mort du matérialiste est une sorte de peur du vide, qu’il recule le plus loin possible, quitte à perdre le sens de l’infini et de l’éternel, auxquels il ne croit pas d’ailleurs. Toutefois, certains que confine la loi flairent un défaut systémique  : La vie est toujours trop courte pour réaliser le rêve d’un monde heureux. Les matérialistes ne réalisent jamais que rien d’idéal n’est réalisable en ce monde de péché, que la Vérité est ailleurs, que l’homme n’est pas limité par son cerveau, sa peau, ses os, mais qu’il est le décideur de la transcendance, de l’invisible immortalité qui fulgure pourtant en lui comme l’arc, la décharge entre deux pôles  : Bien et Mal, l’universelle et impérissable puissance créatrice de l’Étre allant toujours vers le Bien. Notre vie de tribulations n’est que le champ de bataille où s’affrontent Bien et Mal.
Rousseau a écrit  : « Je sais ce qu’est un Français, un Anglais, mais pas ce que serait un homme universel. » Nous Pèlerins d’Arès savons ce qu’est l’homme universel, l’Enfant (Signe 13/8) du Père de l’Univers (12/4). Ce n’est ni un Juif, ni un Chrétien d’Église, ni un Musulman, c’est l’homme bon, roi de lui-même, qui n’a pas besoin de roi noir ou blanc au-dessus de lui. L’homme bon, que nous disons pénitent, roi de lui-même, ne dépend plus que de l’Un, du Tout, de la Vie, et c’est à cette seule condition qu’il retrouve toute sa puissance contre le Mal, qu’a déchaîné l’ancêtre Adam.
François, catéchise et distribue tes sacrements si tu veux, mais n’oublie pas que ce n’est pas ce que tu crois, mais que c’est ce que tu fais, qui sauve. Dans ce domaine, ne penses-tu pas qu’il y a beaucoup à faire ensemble  ?

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