La mesure et la douceur ont disposé les bans du grand conseil de Mes Assemblées  ;
Je l’attends sur Ma Montagne Sainte (Signe 25/9).

Le Saint, Sa Paix se plante pour longtemps (Signe xxv/11).
Mais rien de tout ça n’est encore arrivé, parce que l’homme a été fait cocréateur terminateur d’une Terre qui attend toujours qu’il en parachève la création (Genèse 1/28-29). Au lieu de clore la Genèse terrestre pour en faire un critèrium du Bien, l’homme s’est arrêté à une façon grossière de vivre et de jouir de son existence et de déclarer que toute autre perspective de vie est déraison. Ainsi le Bien attend-t-il toujours de régner. L’écho (Signe 33/10) de notre mission est encore trop faible pour réveiller les hommes, mais ils l’entendront tôt ou tard.

C’est à ce point de la création inachevée qu’on perçoit l’abyssale différence entre nous et la religion  :
La religion prétend clos le Dessein du Créateur, de sorte qu’il ne Lui reste qu’à dire à l’homme  : « Fais ceci et crois cela maintenant et le paradis éternel te sera donné  ! » En conséquence, la religion fixe des croyances et des règles dont le salut éternel est censé dépendre dans une Création supposée achevée. Faux. Le Bien est en dormition.
À Arès Dieu dit à l’homme en substance  : Je suis hors du temps, tu es dans le temps (Signe 12/6), mais tu as utilisé ce temps pour installer le péché (2/1-5). Cesse de pécher, reprends ta tâche de co-créateur, installe le Bien. Mon Dessein a pris tant de retard que quatre générations ne suffiront pas (24/2) pour parachever la Genèse terrestre, mais c’est encore possible.

Un coquelicot blanc, rare encore parmi les rouges,symbole de paix, de douceur et surtout d'espérance. Cénotaphe de l'Anzac 2009, réalisé par Nankai.

Un coquelicot blanc, rare encore parmi les rouges, symbole de paix, de douceur et surtout d’espérance.
(Source  : Cénotaphe de l’Anzac 2009, réalisé par Nankai, Domaine public, Wikimedia)

Depuis le jour où, en 1975, muni de tracts ronéotypés, je fus le premier à aller par les rues annoncer Le Signe, notre mission n’a pas cessé d’appeler l’homme et le monde à changer (28/7, 30/11).
Tout comme le Sermon sur la Montagne reste inappliqué depuis deux mille ans, notre message reste pour l’heure sans réalisation sociale en dehors des assemblées de Pèlerins d’Arès.

Mais nous ne sommes pas inécoutés.

Des mots et des concepts typiques du Signe ont très clairement apparu dans des discours politiques, des homélies religieuses, des essais philosophiques, des éditoriaux et dans les conversations. C’est la preuve que l’imperméabilité du monde à la Parole d’Arès n’est pas aussi définitive que les sceptiques et les incroyants le pensent et le déclarent.
Si nous pénitents et moissonneurs restons largement ignorés du grand public, c’est bien sûr parce que ce monde, scandalisé de toutes parts (Signe 28/3-4), est tombé dans le scepticisme, mais aussi parce que, contrairement à ce que font tous les proclamateurs publics (religieux, politiques, économiques, etc.) nous ne nous posons pas en instaurateurs licenciés ou propriétaires du Bien  ; nous n’en sommes que les humbles rappeleurs. L’humble parleur (xLix/5) est tout à la fois pillé et désavoué, mais si par impatience, pour éviter d’être ainsi diminué, il déviait de l’humilité du Vrai, il abandonnerait une fois de plus l’humanité au bouddhisme d’Asoka ou des généraux birmans, au christianisme de Constantin ou du Président Bush, à l’islam de Tamerlan ou de Daech.
Le Bien absolu est jugé non-viable et aurait pour cette raison disparu. Disparition et inviabilité sont fondus dans le bronze de la statue du Rêve, seule imaginaire déesse acceptée, pour nulle autre raison qu’esthétique, au centre de la citadelle du monde (Signe 13/7-8). Sans même y réfléchir une seconde, le quidam n’importe où dans la citadelle du monde estime inenvisageables la pénitence, l’amour pour tous les hommes, le pardon de toutes les offenses, la paix en toutes circonstances, l’intelligence spirituelle libre de tous préjugés. Au pire, il les tient pour aussi irréels que fées et farfadets, au mieux pour irrestaurables.

Or, le Bien n’est pas impotentiel  ; il dort  ; c’est le Message du Signe.

La dormition du Bien fera-t-elle de la Parole d’Arès comme elle l’a fait de l’Évangile Palestinien une parenthèse  ? Nous avons accepté la folle tâche de répondre  : Non  ! Si la Vie nous a donné Le Signe, c’est parce que n’est pas fatale, la perspective de l’Enfant (Signe 13/8) du Père, déjà tombé en braise, de devenir cendre dans le péché des péchés. À peine commencée, l’évangélisation du monde sera longue, mais n’est pas impossible  ; c’est la Vie même Qui le dit.
Paix, mesure et douceur, ce trio et la réalité forment une paire d’opposés dans le cerveau du bouc ou du chien (Signe x/5-12) qu’est l’homme d’aujourd’hui. Pénitence pour le bouc ou le chien n’est que nébuleux rêve nocturne qui secoue le corps endormi, mais dès le réveil la solide réalité resurgit  : touffe d’herbe ou nonosse. C’est seulement chez l’épi mûr, l’être au fond de qui l’image et ressembance (Genèse 1/26) ne sont pas encore totalement invisibles, que perce même vaguement la reconnaissance du Bien et de son pouvoir de changement. Le Bien pour l’épi mûr, c’est l’inexpliqué ou l’inexplicable qui s’explique soudain. Soudain, une expérience s’avère pour lui jouable  : la foi. La foi est une réalité aussi absconse que le grand amour romantique. Je m’explique  : Si j’aime les frites j’aime toutes les frites  : les croustillantes, les molles, les grosses, les petites, les longues, les chips, les rissolées, etc., mais pourquoi n’aimé-je romantiquement que mon épouse depuis cinquante-deux ans  ? Parce que cet amour est du domaine de l’intemporel, il n’est pas loin d’être hors du temps (Signe 12/6)  ; par là il me permet de dépasser mon animalité, d’être un homme.
À présent sur terre il n’y a ni paix, ni mesure, ni douceur, mais nos apôtres rappellent sans relâche aux terriens qu’ils ont le pouvoir d’incliner le monde au Bien, de normaliser l’amour. Pour l’heure, les terriens sont sourds sauf quelques rares. Mais nous finirons par trouver, tôt ou tard, ceux qui changeront le monde (Signe 28/7)  ; des générations de Pèlerins d’Arès chercheront sans relâche des apôtres à ajouter au petit reste (24/1). L’insignifiance où l’on nous cantonne n’est qu’une idée fixe de l’Histoire. Soyons patients  ! Du Père l’Œil s’ouvre (xxxvii/7), les hommes Le verront un jour.

L’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur libre de préjugés pour l’heure ne se pratiquent que dans des petits groupes. Les Pèlerins d’Arès en forment un parmi d’autres connus ou inconnus. Ce monde ne croit pas au Vrai ou Bien que rappelle Le Signe. Dans ce monde le Vrai ou Bien est remplacé par la loi, mais il n’est pas mort  ; le Bien dort. Il se reconnaît au fait que l’Écriture, que par ci par là la vraie Parole ponctue, aussi rare que le coquelicot blanc, ne cesse pas d’être interprétée et réinterprétée. La foison des « maîtres à penser », des livres et des cénacles en fait preuve. Mais pour le moment ces œuvres dorment sur le papier, ne peuvent pas changer la vie (Signe 30/11), parce que la base référentielle est décomposée (16/12, 35/12), tarée (2/12). Le Signe et l’enseignement de son témoin reconstituent cette base.

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