Les hommes fondent les religions, que Le Signe appelle superstitions (21/1).
Mais la Vie absolue (Signe 24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26), qu’on la nomme Père, El Shaddaï, le Tout-Autre, l’Un, Elohim, Yhwh, Brahman, le Dharma, Esprit du Feu, Dieu, etc., n’a jamais fondé aucune religion.
Le Signe ne fonde pas de religion, donc ; elle n’est qu’un long Cri (ii/19, 28/11, 23/2) d’angoisse du Père pour ses Enfants (13/5) égarés dans le mal, un Appel anxieux de la Vie absolue pour son dérivé : la vie humaine. La vie humaine, aussi appelée Adam ou Adame dans Le Signe, a fait le libre (10/10), mais malheureux choix (2/1-5) du risque des risques : lier son génie divin aux basses jouissance et voracité de son animalité d’avant sa création spirituelle. Ce mélange détonant de génie divin et d’animalité a déjà détruit la durabilité de l’homme et l’a rendu mortel, mais elle pourrait tourner à l’extrême douleur du péché des péchés (38/2).
Le Signe ne fonde pas plus de religion que la Parole du Père n’en a jamais fondé. Elle rappelle à l’homme qu’il peut changer en destin sublime le piètre destin qu’il a choisi (2/1-5). Elle rengage, une fois de plus, la lutte fondamentalement existentielle (Matthieu 10/34) entre l’homme pécheur et le possible homme sans péché, entre ce monde mauvais et le possible monde changé (28/7) en bien (xxxiii/11, xxxviii/3), entre ce monde de jour et de nuit (31/8) et le Jour (31/5) permanent où reviendront l’inextinguible Lumière et le Bonheur.
À l’heure où naît une nouvelle religion : l’écologie, nous voyons avec joie que l’homme reste ouvert à une espérance métaphysique. Mais ce que ne voient pas les écologistes, c’est qu’empêcher les hommes de mourir trop tôt au prix d’un énorme processus physico-chimique quasi-impraticable ne va pas loin : l’homme mourra encore et encore. Le dieu écologiste : l’air pur, ne leur donnera qu’un court surplus de vie. Ils ne voient pas qu’est possible une autre vie infinie (17/3) : la Vie absolue, qui dort déjà en eux et qui peut, s’ils la réveillent, les empêcher de mourir dans le néant du spectre. L’âme que crée la pénitence s’envolera dans la Vie sans limites ; l’âme sauve.
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Le cycle indéfiniment répété des vies courtes et des morts, des actions toujours recommencées des hommes qui veulent un monde meilleur, mais qui ne le rendent jamais meilleur, ont aussi peu de sens que l’effort sans fin de Sisyphe poussant son rocher en haut d’une montagne d’où il retombe sans cesse.
Cette punition éternelle que s’inflige l’homme pécheur peut cesser, s’il prend conscience de la Vie éternelle logée dans ses tréfonds.
Matthäus Loder : Sisyphe (Wikimedia)
Une hallucination collective saisit, sauf rares exceptions, toute l’humanité depuis des millénaires : Le pécheur se croit une finalité, alors qu’il n’est qu’un accident alogique et calamiteux sur la ligne de la Création, que sa mortalité causée par le péché a interrompue.
L’homme a reçu du Père des Attributs (Signe 21/4, 26/17) qui font de lui un co-créateur. Le Signe lui rappelle qu’il peut, s’il est pénitent, reprendre sa place dans le processus génésiaque interrompu.
Nous sommes sans cesse en mouvement, certes, mais c’est une erreur de penser que nous nous déplaçons entre passé et futur. En fait, nous faisons des allées et venues entre mal et bien. Le chemin du futur est stoppé ; le Jour (31/8) ne viendra jamais et le péché des péchés (38/2) arrêtera tout, figera l’Enfant (13/5) et le détruira, si l’Enfant (l’homme) par la pénitence ne réactive pas en lui les Attributs du Père : l’amour accompli, la parole de vérité, l’individualité honnête, la créativité bienfaisante et la liberté (10/10) constructive.
Le Signe nous dit à sa manière que, pour l’heure, nous ne sommes que les rouages, en plus ou moins mauvais état, de la réalisation d’un avenir que nous imaginons déjà écrit dans les étoiles. Grave erreur ! De ce fait, aucun effort de réel et continu discernement de la réalité n’est fait, aucun travail pour paver la bonne route jusqu’au bout ; le Bien n’est abordé qu’en pointillé, par brèves velléités. Ce qui paraît seulement compter aux humains qui font l’Histoire, c’est d’améliorer sans cesse leur avance dans la direction supposée immanquable, celle des monnaie, médecine, technologie, jouissances, et de se délivrer des ombres du passé supposé s’effacer pour un avenir considéré comme lumineux. On ne quitte pas le mirage et son lyrisme ; on oublie l’erreur de foncer dans le noir et pourtant dans le noir foncent les gouvernements et leurs antennes espionnes braquées sur le monde. En fait, ceux censés savoir ne savent rien. Quelques jours avant qu’apparussent les Gilets Jaunes, le gouvernement de France ne savait rien d’eux et les Gilets Jaunes eux-mêmes, aujourd’hui encore, ne savent rien de leurs futurs aboutissements, parce qu’en fait ils réclament la restitution de leur humanité, dont ils ont été dépouillés, et qu’un dépouillement de telle ampleur échappe à l’analyse, donc aux mots, donc à la pensée. Les preuves s’accumulent sans cesse pour confirmer que l’avenir des grands absolus est une totale inconnue. 1968, Chaban-Delmas promet la « nouvelle société » ; 1974, Giscard d’Estaing annonce « le changement sans le risque » ; 1981, Mitterrand assure qu’il va « changer la vie » ; 2007, Sarkozy proclame « la rupture » ; 2012 Hollande proclame : « Le changement, c’est maintenant. » Quoi de plus opaque et dangereux que l’inconnu ? Nous, Pèlerins d’Arès, nous connaissons un avenir qui ne pourra qu’être bon, celui qu’apportera la pénitence.
La disparition du mal nécessite la disparition du mensonge, du cynisme, de la religion, de la politique, de la finance, de l’exploitation de l’homme par l’homme, etc. Pour Le Signe la seule rationalité possible est le refus du mal. La gestion raisonnable du monde consistera à servir sans autre ambition que servir. Il faudra que tout change en bien par la pénitence et la vie sociale ne pourra qu’avoir pour plate-forme éthique la pratique de la pénitence. De là la souhaitable réduction des grandes masses en petites unités humaines autogérées dans lesquelles la pratique de la pénitence en société sera possible.
Ce qu’il faut aussi foncièrement comprendre dans Le Signe, c’est que quiconque le suivra n’aura pas l’angoisse de l’identité. Celui ou celle qui par sa pénitence se change en homme ou femme de bien reste ce qu’il ou ce qu’elle est autant socialement que fondamentalement. Un pénitent ne perd pas ses repères. C’est l’humain changé par la loi, la contrainte ou par sa propre perversité, qui ne reste pas ce qu’il était et qui devient autre chose, autre chose qui d’ailleurs n’est pas meilleur, même s’il est révolté. Nous Pèlerins d’Arès sommes des « insurgeants », pas des révoltés.
Quel destin voulons-nous ? Nous voulons le destin, qui par la pratique du bien, de l’amour, du pardon, de la paix, de l’intelligence du cœur libre de tous préjugés fonde un autre monde, un monde changé (Signe 28/7) en Bien. Ceux qui nous observent et nous étudient ont bien compris notre prospective, mais n’en veulent pas. Alors, ne vous étonnez pas, apôtres, si votre mission est dure. Elle ne peut que l’être. Mais n’oubliez pas que votre pénitence est auto-réalisatrice ; elle est comme le chêne qui part d’à peu près rien, d’un tout petit gland et qui devient lentement un arbre énorme et beau.
Pour finir, nous changeons pour reprendre comme co-créateurs le cours de notre Création, à tout le moins la Création de l’homme, interrompue depuis des millénaires, pour renaître et à nouveau ne plus faire qu’un avec le Créateur dont nous sommes les miroirs (Genèse 1/26-27).
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© Michel Potay 2019 — Tous droits réservés


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