Notre société légaliste a horreur de l’inclassable. Elle nous classe impérieusement, nous Pèlerins d’Arès, parmi les religions, parce qu’elle classe religion toute société qui considère la vie douloureuse et mortelle comme passagère et affirme que l’humain appartient à une Vie immortelle vers laquelle il va ou revient, et dont les membres par la pensée et par la prière s’évadent des perspectives du monde immédiat.

Dans quelle religion classer Noé ou d’Abraham  ? Aucune. Ils n’appartenaient à aucun système organisé avec dogmes et règles. Dieu leur parlait et ils vivaient selon Lui. C’est notre cas avec Le Signe.
Pourquoi a-t-on inversement classé Spinoza parmi les athées  ? Il n’est pas athée, il est inclassable. Inclassables sont de même tous les humains, plus nombreux qu’on ne croit, muets de peur ou de respect humain, mais intimement libres (Signe 10/10) comme nous qui affirmons, comme l’affirme le Créateur, que l’homme fut créé pour jouir de la Vie sans pouvoirs ni lois au-dessus de lui.
Le passage à la liberté spirituelle, que prêchait Jésus et que prêche Le Signe, restera inaccompli aussi longtemps qu’un nombre suffisant de pénitents n’aura pas retrouvé la Vie (Signe 24/5), l’autonomie totale sur la base de l’amour, non de la loi, dans une unanime grandeur d’âme  : la polone (xxix/12-13). Redeviendra le poulain agile libre de… tous ceux qui tirent bénéfice de le dompter et de l’atteler (10/10) l’humanité qui contrebalancera le gros poids des impénitents (13/4, 27/7). Le contrepoids nécessaire, appelé pénitence dans Le Signe, est fait d’amour, de pardon, de paix, d’intelligence libre de tous préjugés. Le contrepoids, c’est en somme le Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7) une fois accompli (35/6).

L'homme et l'Amour Infini dont il émane. C'est tout. (Source : Joshua J. Cotten, Unsplash)

L’homme et l’Amour Infini dont il émane. C’est tout.
Photo  : Joshua J. Cotten (Unsplash)

Une religion (culte, confession, etc.), quelle qu’elle soit, a des spécificités qu’ignorent Le Signe et les Pèlerins d’Arès. Non seulement Le Signe, qu’on pourrait appeler Le Souffle Renvoyé à Arès, et son prophète ne fondent pas de religion, mais ils libèrent l’homme de la religion, tout comme Bouddah, Jésus et d’autres témoins du Souffle ont toujours libéré l’homme de la religion. C’est la libre (Signe 10/10) Vie absolue qu’il faut retrouver (24/5).

Nous avons la foi, mais pas de religion. Chez nous les actes pieux  : foi, pénitence, apostolat, prière sont librement aimés  ; aucun d’eux n’est obligatoire.
Nous aimons, étant miroirs de l’Amour du Père.
Être tendus vers la Vie est notre seule logique d’être.
Être  ! Ce n’est pas ce que l’homme croit mais ce que l’homme est qui sauve l’homme des ténèbres où il s’enfonce sans cesse.
Les religions sont des systèmes qui ont volé à la foi ses grands moteurs pour concocter leurs dogmes, lois, règles, cultures et se faire craindre. Elles sont tout le contraire de la liberté absolue (Signe 10/10) que projettent sur l’homme la Sainteté, la Puissance et la Lumière (12/4), lesquelles étant à Dieu sont sublimement libres comme furent créés libres Ses Images et Ressemblances, les hommes (Genèse 1/26-27). Chaque religion promet à ses fidèles la Miséricorde (16/15), mais Dieu l’accorde même aux incroyants. De plus, la religion ne change pas l’homme, parce que seul l’homme peut se changer (30/11). Or, c’est là tout le problème  : La Vérité, c’est que le monde doit changer (28/7).

Il est probable que sur Le Signe la religion, juive, chrétienne, musulmane et d’autres, toujours expertes en réinterprétation, s’installera quand même, mais c’est justement pour garder face au concasseur religieux un noyau incassable de Pèlerins d’Arès purs que le Père me demande de rassembler le petit reste (Signe 24/1). C’est le petit reste le fer de lance de la pénitence qui fera disparaître la religion et ses dogmes censés donner le salut par le seul fait d’y croire et d’obéir à ses règles. Le petit reste enseignera qu’il n’y a de parenté avec le Père que la conscience quand elle retrouve par la pénitence son image et ressemblance avec Lui (Genèse 1/26-27). Seul l’amour ranime au fond des aimants et des aimés la Vie, laquelle par le langage ne peut pas être expliquée.

Voici ma réponse à notre frère Alain Le B. dans la page de commentaire #201 du présent blog. Écrite d’un seul jet, elle dit, avec d’autres mots, que nous ne sommes pas les hérauts de la religion, mais les hérauts de la Vie  :

Il n’y a rien qui ne soit chez nous obligatoire  ; tout n’y est qu’exigence de la conscience. Ainsi le Pèlerinage n’est-il pas obligatoire. Le Père me dit  : Appelle les frères et les frères  : « Viens prendre le Feu  ! » (Signe xLi/7), mais il n’ajoute pas  : Et ceux qui ne viendront pas seront punis. Il dit seulement  : Appelle  ! Et le frère vient ou ne vient pas, ce n’est pas une obligation. C’est seulement une exigence de sa conscience et il est sauvé si tout bonnement il est un humain de Bien, un pénitent, ce qui n’est pas non plus une loi, mais une logique.
La logique, c’est quoi  ? C’est  : Si j’ai faim je mange ou si je ne mange pas je finis par mourir de faim. C’est tout. Voilà pourquoi vous êtes, frère Alain, le premier serviteur de notre Pèlerinage, qui n’a rien d’obligatoire, qui n’est qu’une exigence de la logique du Signe que suit votre conscience. Voilà pourquoi je tiens moi-même à faire mon pèlerinage, à être là chaque jour du 21 juin au 15 août. Je pourrais ne pas le faire.
Chez moi suivre la logique du Signe tombe sous le sens. Chez vous aussi, c’est évident, et je suis heureux de vous trouver chaque année premier serviteur du Pèlerinage en me disant  : « Alain pourrait ne pas être là. Je pourrais ne pas être là. Nous ne serions pas pour autant perdus. Ma conscience est un Dieu qui comme Dieu fait ce qu’elle veut  ; sa conscience est aussi un Dieu Qui fait ce qu’Il veut. Notre présence ici est un acte gratuit. Si nous ne venions pas prendre le Feu nous serions aussi sauvés, puisque nous sommes pénitents, et ce Salut serait gratuit.
Chacun est un Dieu s’il est un être de Bien comme Dieu, c’est tout ce qui tombe sous la logique de la Parole d’Arès. Voilà aussi pourquoi nous ne savons pas plus ce qu’est la conscience de chacun que nous ne savons où est Dieu. Il est Tout du Bien et Il est partout  ; elle est tout du bien et elle est partout. Alors, de ce fait, nous ne sommes évidemment pas une religion.
La foi est une tâche rigoureuse de Bien que dicte à chacun et chacune sa conscience. Pour cette raison on ne trouve nulle part dans la Parole de description totale du Bien. Le Sermon sur la Montagne décrit quelques actes de Bien, mais on sent — comme on sent Dieu — qu’il pourrait se conclure par « ad libitum », c’est-à-dire « à volonté, sans limitation pourvu que ce soit le Bien. » Le Bien ne peut pas être une religion, parce que le Bien pour une conscience ressemble généralement au Bien pour une autre conscience mais n’est jamais vraiment le même. Quel thermomètre, quel baromètre, quel manomètre peut-il mesurer l’amour, le pardon, la paix  ? Aucun. Pourtant l’amour, le pardon, la paix peuvent être partout et c’est pour qu’ils le soient que le Père nous demande de changer le monde (Signe 28/7). Ma conscience sent la nécessité de Bien, mais votre conscience, mon frère, en sent nécessairement une autre, même si ces nécessités sont proches. Ces nécessités varient d’un humain à l’autre. Si elles ne variaient pas, il n’y aurait pas de foi  ; il n’y aurait qu’une loi.
Le shabbat est un repos brûlamment recommandé par l’Éternel et nos frères juifs le respectent du vendredi au coucher du soleil jusqu’au samedi au coucher du soleil rigoureusement parce que pour eux c’est une loi. Mais pourquoi le samedi  ? Pourquoi pas le lundi, le mardi, le mercredi, etc  ? Pourquoi pas une fois par mois, une fois par an, selon que chacun compte le temps différemment  ? Nous aussi nous respectons le shabbat mais chacun selon son temps. La Beauté (12/3) du shabbat réside justement dans le fait qu’il est libre (10/10). Nos frères juifs ont une religion. Pas nous. Nous, nous avons la Vie.
La définition du Bien exige une perpétuelle redéfinition du Bien, lequel est la nature même de Dieu et comme nous ne savons pas où est Dieu, ou plutôt comme nous savons qu’Il est partout, le Bien a une myriade de formes partout. Une religion a des formes précises. Nous, nous n’avons que le Bien avec une myriade de formes, rien de plus, comme la Vie.
Oui, il faut vraiment changer ce monde.

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