
Difficiles rocailleux sentiers vers les Hauteurs
Photo : Yves Alarie (Unsplash)
Beaucoup croient dans Le Signe déjà, mais en font une affaire personnelle. Ils reconnaissent en leur for intérieur l’origine divine de cette Parole, du moins sa haute valeur logique, mais y puisent souvent plus d’optimisme que de foi, cette sorte de confiance indéterminée qu’on puise au ciel bleu par beau temps. Pour les uns Le Signe est céleste, pour d’autres seulement vitale ou roborative, le simple adjuvant d’autres idéologies. Certains d’entre eux, cependant, ne se dissimulent pas le fait que, dans Le Signe, croire (1/5-7, 33/3, 12/6, 32/1, 38/7, xiii/12) ne va pas sans changer sa vie (6/1, 30/11, 28/7), voire même que changer sa vie en bien sauve du mal si croire est impossible. De-ci de-là ils se montrent pénitents (16/4, 28/25, 30/10, etc.). Quand ça ne les gêne pas trop, ils pensent à aimer, à pardonner, à faire la paix et parfois même à se montrer spirituellement intelligents (32/5) et libres (10/10) de préjugés. Quelques uns apportent leur soutien au frère aîné (16/1).
Mais les autres, le petit reste que je travaille à rassembler (24/1) autour de moi, les pénitents et moissonneurs, que j’appelle Pèlerins d’Arès ?
Tant de questions se posent aux Pèlerins d’Arès :
Comme les constantes questions de la vraie piété, de la pénitence, de la moisson, de l’assemblée, etc.
Comme la déculturation, que j’ai soulevée dans l’entrée 126.
Comme la question inépuisée, sur laquelle je reviens plus loin : « Qu’est-ce qui distingue un Pèlerin d’Arès du reste des croyants ? » Question dont quiconque change sa vie et travaille à moissonner des humains qui changeront leur vie, cherche sans cesse a affiner la réponse.
Comme la société…
Vers quel type de société orienter nos frères humains ? « Nous Croyons, Nous Ne Croyons Pas » (Le Signe, éd. 1995, publié sous le titre La Révélation d’Arès, Appendices) dit : « Nous croyons que le monde changé (Signe 28/27) désigne un cadre spirituel, mais non un monde économiquement et socialement défini et assigné d’avance ». J’ai avancé l’espérance, concordant avec l’entier contexte du Signe, que les frontières politiques disparaissent et que les hommes s’éparpillent librement selon leurs natures, talents, vocations, les formes du bonheur qu’ils recherchent, en petites unités (« Ce que je crois, Ce que j’affirme » §72). Seuls les membres d’une petite unité peuvent vivre harmonieusement dans la vertu et le bonheur et se gérer d’un commun accord sans loi de masse = loi des rats (Signe xix/24). L’humanité n’évitera la corruption et l’imbécillisation et pour finir l’extinction qu’en se disséminant en microsociétés de types très divers, chacune absolument libre intérieurement, toutes se côtoyant avec libres circulation et installation des hommes des unes dans les autres, avec une seule caractéristique commune : le Bien.
C’est en rappelant que le Bien est à la fois l’objectif et l’outil de la pénitence (Signe 30/11), le seul sentier vers le Salut et la Vie retrouvée (24/5), que j’insiste sur notre position dans le concert mondial des nombreuses formes de la foi et de l’idéologie.
J’ai ici et là pleuré notre mission « sociale » (ou » morale », ou » philosophique »), ce vieux manteau couleur de désert, tellement plus confortable, comme toute vieille nippe, tant que nous tardions à revêtir le manteau neuf (Signe 1/1). Mais pourquoi ainsi cacher nos cœurs ? Garder bien enfouie la Source absolue (24/4) ? Dissimuler la pénitence (30/11) comme si elle était honteuse et incapable de guérir (4/5, 30/4, 33/13) l’homme de l’envie, de l’orgueil, de la bêtise, de la colère, de la violence, de la mort ? Pourquoi se dispenser de rappeler à l’homme qu’il ne sortira jamais du mal par des idées, une philosophie, une science, une politique, ni même par une religion, mais qu’il est, comme le poulain naît libre du harnais (10/10), tellement plus libre d’échapper au système, au mal, à la souffrance et à la mort en renaissant dans l’image et ressemblance de son Créateur (Genèse 1/26-27), dans l’absolue jeunesse de la vie spirituelle originelle ?
Pourquoi même cacher Le Signe dans le cadre d’une mission pour Le Signe et ainsi tomber dans l’absurdité outre l’inopportunité ?
Pourquoi ? Ce put être par peur du monde, certes, mais ce fut peut-être aussi parce que la Raison dont fait preuve Le Signe porta certains à le rationaliser complètement. Le Signe est une langue de Raison ; elle n’est pas du tout la traduction passionnelle de textes préalablement conservés par la mémoire émotionnelle des hommes avant d’être écrits comme la Bible et le Coran. Le ton de Raison du Signe, nouveau pour notre culture faite à la foi émotionnelle des religions, a amené certains Pèlerins d’Arès à la rationaliser au point d’oublier que la Raison du Père n’est jamais subliminale, ne va jamais sans transcendance, sans anges, sans Jour de la résurrection, et que l’homme qu’elle raisonne, ne peut aller sans foi, sans pénitence, sans piété, sans travail à la moisson des pénitents qui changeront le monde
Comment définir le Pèlerin d’Arès ? Il y a plusieurs bases de définition possibles, mais, la brièveté étant la règle du blog, je choisis de situer le Pèlerin d’Arès dans le cadre d’un bruit qui court actuellement : « Il y a un retour du religieux. » Je ne crois pas que le religieux soit de retour ; pour moi le religieux n’a jamais disparu ; il est seulement passé par des éclipses et des permutations. Je ne pense pas non plus que la grande étendue de l’athéisme et de l’agnosticisme soit nouvelle ; ce qui est nouveau, c’est leur visibilité, leur négativité déclarée, voire leur militantisme tel que par endroits ils forment des sortes de religions.
Voici certaines observations qui étayent le bruit du « retour du religieux » : Des Russes et des Centrasiatiques, qui furent des Soviets athées, deviennent chrétiens ou musulmans et des Occidentaux tombés dans l’indifférence ou l’incroyance deviennent musulmans et même salafistes (Islam radical). Les églises Évangéliques prennent pied partout, même dans le Maghreb dont l’Islam est devenu routinier et elles envahissent l’Amérique Latine ravigotant un christianisme ronronnant. Le pentecôtisme connaît un essor qualifié de « fantastique ». L’église anglicane se répand en Afrique et, au Royaume Uni où son primat, à Canterbury approuve l’usage de la charia (loi musulmane). L’islam tyrannique des ayatollahs a abouti à la désislamisation silencieuse de l’Iranien moyen et à son intérêt muet mais grandissant pour d’autres spiritualités. Le réincarnationnisme et notamment sa branche bouddhique progressent en Occident. Etc., etc. Mais personne ne mentionne l’expansion des Pèlerins d’Arès.
Pourquoi ? Parce que la foi du Pèlerin d’Arès, bien qu’elle se rattache au Dieu de Raison et dynamise une espérance transcendante et une eschatologie, qui pour les rationalistes n’est qu’un conte de fée, ne suit pas la foi émotionnelle de la religion. Partant, les faiseurs d’opinion la voient non spirituelle, inclassable ou bizarre, alors qu’elle exalte, en fait, la vie spirituelle la plus naturelle, la plus libre qui soit et annonce le changement le plus radical à l’horizon de la foi.
La foi du Pèlerin d’Arès ne s’appuie pas sur une figure centrale ou un sauveur comme le Moïse et la Loi de la synagogue, ou le Jésus-Dieu pantocrator et les sacrements du christianisme d’église, ou l’Allah bandeletté dans un Coran réduit à la dévotion et à la charia, ou le Siddhārtha Gautama réduit à la métaphysique du bouddhisme à la mode.
Bref, le Pèlerin d’Arès n’a pas de religion ; il a seulement le Bien.
Il n’a de sauveur que lui-même.
Il a entendu l’Appel à la pénitence de Dieu, mais ne trouvera vraiment Dieu qu’au bout de sa pénitence, parce qu’un homme ne peut réveiller en lui-même l’image et ressemblance (Genèse 1/26-27) du Bien qu’en accomplissant le bien.
© Michel Potay 2012 — Tous droits réservés


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