Des prophètes prêchent le Créateur universel et les princes et leurs docteurs Le dévitalisent, le figent dans des piétés dogmatiques et superstitieuses. Ce figement qu’est la religion vaut pour les juifs — ashkénazes, séfarades, hassidim —, pour les chrétiens — orthodoxes, catholiques, protestants —, pour les musulmans — sunnites, chiites, druze, alaouites.

Pièce d’argent de la période perse (4e siècle av J.-C.)
marqué de l’inscription YHD (Israël Museum, Jérusalem)
Source : YehudObverse (Wikimedia)
Mais à Arès en France le Créateur revient, revigore sa Parole, nous rappelle son souhait de toujours : Un seul peuple, libre avec une seule vraie piété, une seule foi et un seul Bien retrouvés par un seul moyen simple : la pénitence ; le peuple élu est toute l’humanité, la terre promise toute la Terre.
Cela nous renvoie à Abraham et Moïse (Signe 2/8), mais un Moïse sans la lourde Torah largement composée de livres d’hommes (Signe 35/12) qui encombrent une partie de la Bible et du Coran où certains hadiths (propos personnels de Muhammad) passent pour Parole de Dieu.
Le Signe est la seule Parole dont j’atteste la stricte pureté divine. La Parole d’Arès est la Vérité dépouillée de tout ce qui l’a voilée et brouillée : les doctrines religieuses sur quoi se basent les pouvoirs des princes, des rois et de leurs rebelles (Signe 3/5-6, 36/21): dos gris, etc.
Si vous vous désintéressez des religions, que vous reste-t-il ? Les Hébreux, dont Abraham est le type.
Mais hébreux qualifie une nation sémitique du Proche Orient qui elle-même se nomme עברי (Ivri) de la racine du verbe עבר (avrar) qui signifie passer, circuler. Cela, d’un côté, nous plaît, car pour nous avoir la foi est être pénitent, donc avancer ; évoluer sans cesse vers le Bien qu’on n’atteindra qu’au Jour du Créateur (Signe 31/8). D’un autre côté il y a une spécificité ethniquement trop marquée. Aussi, au mot hébreu je préfère le mot juif qui évoque une spiritualité dont nous, monothéistes, sommes issus.
Nous sommes tous des Juifs sans la torah, sans rabbinisme, sans judaïsme, sans synagogues, Juifs tout court.
Il n’est, au fond, question que de résurrection dans Le Signe. Il nous dresse procès-verbal pour un oubli monumental, l’oubli de la foi mort-née il y a quatre millénaires, qu’il faut ressusciter, faire vivre enfin : la foi d’Abraham.
C’est à la simple, humble foi d’Abraham que l’humanité aurait dû s’arrêter au lieu de suivre les ambitieux qui se sont inventés des idoles de l’esprit pour étonner les faibles, les faire trembler sous leurs oracles, décider de la Pitié ou du Châtiment du Père (Signe 23/7-8), les inventeurs de la religion et de la politique, petite sœur de la religion. Le Signe raconte l’humanité depuis Abraham comme une interminable vente aux enchères où roi blanc et roi noir, commissaires-priseurs, et le public se disputent le monde tout en le ruinant pour en faire ce qu’il est aujourd’hui : un monde d’un prix exorbitant où tout est inaccessible et où des emprunts énormes, irremboursables, sont devenus aussi nécessaires que bientôt fatals.
Ramener la Vérité toute simple — La Vérité, c’est que le monde doit changer (en Bien, Signe 28/7) — à son origine est une question de Vie (24/5) ou de mort — mort = péché des péchés (38/2) — et nous nous consolerons totalement de l’évanouissement et de l’oubli des quarante siècles qui nous séparent d’Abraham, de la disparition des musées de Florence, de Paris, de Londres, de New York, de Moscou, etc., qu’ils soient d’art, de science, etc., car notre panse (pante) vaudra bien plus cher qu’eux (xxxvi/23). Ressusciter Abraham au milieu de nous, en chacun de nous, c’est détruire les pièges du système d’Adam (Signe 2/1-5) et redonner vie à l’image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26-27) dans l’homme.
Il nous faut retrouver la fluidité et la fécondité spirituelles de la foi d’Abraham. C’est dans ce sens que nous sommes tous juifs, ou simplement justes croyants à la suite d’un juste prophète (Signe xxxvii/2).
© Michel Potay 2013 — Tous droits réservés


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