Un proverbe bantu dit  : « Mon ami n’est pas mort, puisque je suis vivant, » et je peux dire similairement  : « Mes ancêtres, mes frères et sœurs humains ne sont pas morts, puisque je fais pénitence pour avoir une âme, pour être fait un Dieu (Signe 2/13) et, si je ranime mon âme = mon image et ressemblance du Créateur, je les sauverai, je sauverai le monde (28/7). »
Les rationalistes nomment indifféremment l’intellect âme ou esprit, pour eux une seule et même fonction cérébrale.
L’esprit certes participe de l’intellect  ; il est un invisible outil de la chair comme l’onde électromagnétique est un invisible outil de la radio, mais l’âme, elle, participe de la Vie absolue (Signe 24/5), dont elle est prémisse dès ce monde.

Comme l'herbe dans la nature terrestre mon âme est une herbe de l'infinie prairie de l'univers, de la Vie, du Tout. (Photo : Jennifer Coffin-Grey, Unsplash)

Comme l’herbe dans la nature terrestre
mon âme est une herbe de l’infinie prairie
de l’univers, de la Vie, du Tout.
Photo  : Jennifer Coffin-Grey (Unsplash)

Il se trouve qu’en ce moment je fais mortification (Signe 33/34) pour trois défunts récents  : mon neveu Philippe, notre sœur Andrée Le S., notre sœur Chantal B., mais d’autres nous rejoignent en nombre la nuit, quand je prie avec eux, car l’espace compte infiniment plus de désincarnés que d’incarnés, et encore  ! je ne compte pas les anges. Je ne vois ni ne sens les âmes, qui sont dans l’apesanteur, immensurables, intangibles, invi­sibles, inau­dibles, abstraites. Énergies  ? Consciences  ? Pures qualités  ? Probablement les trois. Aussi mysté­rieuses, vraies et présentes que le Tout Autre, que la vie, assurément. Comme Lui, comme elle, elles sont partout, là-bas à l’infini ou dans mon cœur. Autrement dit je ne sais presque rien sur elles.

Dans l’humain, aussi longtemps que son cœur bat, l’âme existe chez celui ou celle qui se l’est donnée (Signe 17/3) comme existe l’art chez l’artiste. En le croisant dans la rue, vous ne distinguez pas plus l’homme clair et blanc (xvii/12) qui a une âme que l’artiste qui a l’art. Cependant, l’âme naît toujours du Bien qui divinise et éternise la créature, tandis qu’une œuvre artistique naît de l’esprit, même géniale elle est au mieux heureuse et parfois même génère le mal. Le Bien n’est pas nécessai­rement le but que poursuit l’esprit. C’est d’oublier cette distinction fondamentale que vient la confusion entre l’âme et l’esprit.
Il faut des âmes pour faire la Vie comme il faut des artistes au travail pour faire l’Art.
L’âme
, aussi invisible mais aussi réelle que la force ou la gravitation, résulte du travail du Bien ou le Bien accompli.

Il est, parmi d’autres, un point particulièrement remar­quable par lequel Le Signe nous éloigne de la religion et nous renvoie à la vie spirituelle génétique, qui nous fait seulement et suffisamment reprocéder de la Vie. Ce point est l’âme, mais il faut la vouloir, la faire naître et la développer  ; le travail sur soi qui crée l’âme a pour nom pénitence dans Le Signe.
Comme le sait tout Pèlerin d’Arès et comme le présume tout épi mûr ou Pèlerin d’Arès potentiel, être pénitent est vivre en aimant, en pardonnant, en faisant la paix, en raisonnant avec intelligence spirituelle et libre de toute peur et de tout préjugé.

Être pénitent, c’est se créer une âme et par là non seulement trouver le salut à sa mort, mais aussi redevenir co-créateur avec le Créateur. Oui, nous pouvons changer le monde (Signe 28/7).

Jésus appelle l’âme l’âme en 1974. Le Père l’appelle l’ha en 1977. Le h de ha n’est pas prononcé  ; je l’ai ajouté pour éviter au lecteur de confondre ha avec a (troisième personne du présent d’avoir) ou avec à (préposition).
Mon âme sera, à ma mort, la voile grâce à quoi je rejoindrai la Flotte Céleste (Signe 17/4). Si je n’ai pas été un homme de Bien ou pénitent et si, de ce fait, je n’ai pas d’âme, je ne serai qu’un spectre errant par les ténèbres glacées, plus malheureux que les vers aveugles et nus dans les profondeurs des nécropoles (Signe 16/15, 4/7), c.-à-d. rien qu’un corps pourrissant au cimetière. Mais si j’ai une âme, elle survivra et je deviendrai une parcelle des universelles Sainteté, Puissance et Lumière (Signe 12/4), un élément de la Force Créatrice.

Qu’est la substance de l’âme  ? Je ne le sais pas plus que je ne sais de quelle substance est fait Dieu. Mais aussi vrai que Dieu existe, elle existe.  Mon âme est ma réciprocité dans le Bien comme je suis la réciprocité du Créateur dans le mondeGenèse 1/26-27 dit que je suis l’image et ressem­blance du Créateur.
Le peu que je sais de mon âme je le sais seulement par Le Signe  : Mon âme n’est pas née du ventre de ma mère (Signe 17/3)  ; elle est le produit du Bien que j’accomplis (31/6) par la pénitence (30/11).
La Bible n’a pas de mot pour âme. On traduit par âme l’hébreu nefeš (= gorge), qui en fait désigne le souffle, la force vitale, la vie (de l’homme ou de l’animal), l’être vivant, parfois même la personne. Lié au pronom personnel nefeš signifie je, tu, il, etc. Nefeš est un élément vital, mais non un élément immortel. Dans l’Évangile nefeš est traduit par le grec ψυχή (psyché) soit avec le sens de vie biologique, soit le sens de vie survivant à la mort pouvant être récompensée ou punie. Le concept d’âme immortelle est très fruste dans la Bible.
Le Coran de son côté parle de trois sortes d’âme  : L’âme instigatrice du mal (ammâra), l’âme qui ne cesse de se faire des reproches (lawwâma), l’âme apaisée et retournée à Dieu, satisfaite et agrée (Mutma’inna, Sourate « L’Aube » 89/27-28). On s’approche du sens qu’a l’âme ou l’ha dans Le Signe, mais on n’y est pas encore.
Je passe sur les sens dans d’autres religions, notamment en Extrême Orient.

Et voilà  ! j’ai dit tout ce que je sais de l’âme. C’est peu, mais c’est sûre vérité parce que je le tiens du Père. Tel n’est pas le cas des livres qui parlent de l’âme. Je viens de lire « De l’âme » de François Cheng. J’ai pris grand plaisir à ce livre, si bien écrit. Mais que m’a-t-il appris de neuf  ? Rien. Il dit, avec une très talentueuse culture, ce qu’ont dit de l’âme les penseurs depuis l’antiquité  : Leozi (Lao Tseu), le Tao, Bouddha Shakamyuni, Platon, Aristote, Maïmonide, Pascal, les religions, Simone Weil parmi beaucoup d’autres. J’ai pu constater, comme je l’avais déjà constaté, qu’aucun penseur ni aucune religion n’a vu l’âme comme un produit du Bien accompli par l’humain qui la possède. Seul Le Signe rappelle cette notion fondamentale.
Le monde entier a fini par oublier ce qu’est l’âme, une entité qu’ajoute, consciemment ou inconsciemment, l’homme qui cesse de pécher (Signe 30/11) à ses entités natives que sont la chair et l’esprit. Ainsi l’homme partiel devient-il entier (chair, esprit et âme 17/7).
Il est à noter que même les mécréants sont hantés par les tourments d’un remords. Chaque jour les journaux disent que les athées eux-mêmes ressassent les abominations passées de l’espèce humaine  : guerres, persécutions, esclavage, colonialisme, impérialisme, fascisme, communisme, injustice, exploitation de l’homme par l’homme, destruction de la nature, terrorisme. Ils voient clairement, parallèlement aux bienfaits, une continuité d’horreurs. Les mécréants entretiennent autant leur propre remords que les procédures d’urgence contre le mal quand il vient d’ailleurs comme jadis les gardiens du feu gardaient le feu qui pouvait aussi bien cuire les aliments et chauffer la maison que causer des désastres incendiaires. Pourquoi les mécréants oublient-ils le très simple fait qu’il suffirait d’éduquer spécifiquement les enfants contre le mal pour recréer le monde dans l’amour, la paix, la liberté, l’intelligence du cœur, autrement dit, pour faire renaître beaucoup d’âmes  ? Pourquoi oublient-ils que, si les hommes ont enfanté des barbares, des monstres et, pour finir, des spectres errant par les ténèbres glacées (Signe 16/15), ils ont aussi gardé au fond d’eux les moyens de changer la vie en félicité  ?
Il est étrange que nous vivions aujourd’hui une situation de repentir à sens unique, celui exigé par le camp rationaliste, le camp de ceux qui se drapent dans la raison pour mieux nous accuser d’être des illuminés, des rêveurs, nous qui poursuivons le même but qu’eux  : vaincre le Mal, seulement par d’autres moyens, non par des lois mais par l’effort personnel d’être bon, autrement dit par l’âme que chacun et chacune se crée par la pénitence  ? De ce fait, l’âme n’est pas le moindre enjeu d’une tragique contradiction. Les mécréants rient parce que l’âme n’est pas visible sous le microscope ? Mais l’esprit, le remords, le mensonge ou l’amour l’est-il  ? Non. Le remords (Signe 8/5), par exemple, n’est rien d’autre que le triomphe de l’esprit de reddition face à l’Histoire que les mécréants croient fatale. Nous, nous leur crions  : Non  ! Fatale l’Histoire ne l’est pas, il faut la vaincre et repartir d’un autre mode d’existence. Les Pèlerins d’Arès et avec eux tous les hommes de bien, les hommes du temps qui vient (30/13) ne sont pas des repentants, ce sont des pénitents, des humains avec une âme, la meilleure arme contre le mal et la mort.

Le Bien peut triompher du Mal et c’est dans l’âme ou l’ha qu’il trouve sa Puissance. Quand sont combinés la Parole accomplie (Signe 35/6) — que règne sur nous Ta Sainteté  ! (12/4) — et la Volonté de pénitencepour que nous fassions Ta Volonté (12/4) —, l’âme ou l’ha naît, s’ajoute à la force qui se constitue pour former un jour la myriade d’âmes ou has qui enverront la Bête du Mal agoniser derrière l’horizon (22/14). La religion n’a rien à voir à cela. Vivez selon le Sermon sur la Montagne, qui ne fonde aucune religion, et vous réveillerez un volcan (L/6) de Bien triomphant. Éden n’est pas un Jardin (xxviii/21) de terre, d’arbres de bois, de fleurs de chair, mais la Vie qui conquerra l’Univers, l’épanouissement du Tout heureux.

Que voit-on en l’homme moderne  ? Généralement l’animal pensant initial, celui qui couchait sur l’ombre (Signe vii/2). Mais gardons à l’esprit qu’il est fils d’Adam, la progéniture d’une race (25/4, xii/5) déifiée par la Création. Par quoi le Créateur changea-t-Il cet animal en lampe (Matthieu 5/15, 6/22) capable de d’émettre Sa Lumière (12/4), d’être Son Image et Ressemblance (Genèse 1/26)  ? Par l’âme pardi  ! L’âme est Dieu en l’homme. Dieu nous demande de ranimer l’âme en nous, parce que nous détenons une part de Lui-même, parce qu’en nous reconstituant, nous partageons avec Lui la Vie qu’Il nous a prodiguée, qui n’est plus aujourd’hui que vie dans une chair mortelle, rien que l’ombre portée de la Vie. Alors, un Bonheur infini s’ensuit, le Bonheur du Père et le nôtre, qui ne font qu’Un (xxiv/1). La Veillée 17 du Signe est, sur ce point, radicale. L’homme en masse est blé vide (xxvi/8). Les bons blés (xx/19) sont devenus rares, ce sont les épis mûrs, ceux capable d’avoir une âme. Mais une âme est plus forte que mille esprits et chairs sans âmes. Notre mission s’évertue à trouver ces pénitents qui sauveront le monde.

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