Faisant suite à mon entrée 0042, ma messagerie s’est remplie d’âpres ou sourcilleux e-Mails, reproches personnels plutôt que commentaires. La réponse qui suit convient à tous, je pense.
Si j’annonçai sans délai que Benoît XVI venait de tenir à Ratisbonne des propos blâmant l’Islam pour sa violence et que le monde musulman avait déjà réagi avec colère, ce fut pour donner à mes lecteurs la primeur de la nouvelle. Mon entrée 0042, en effet, parut le soir du 15 septembre, jour même de l’exposé papal incriminé, mais pour autant je n’étais pas sans avoir une idée de l’exposé lui-même. Au cours de la journée un frère musulman m’avait appris l’événement et les premières réactions de l’Islam ; à son eMail était joint le texte incriminé en anglais — À notre époque, les nouvelles vont très vite —. C’était le texte d’une longue conférence théologico-philosophique lue par le pape, dans lequel je ne sais qui avait souligné les quelques phrases déplacées.

Photo : Giuseppe Ruggirello (Wikimedia)
L’exposé parlait du perpétuel dualisme de la foi et de la raison. Je le savais le 15 septembre, mais je prends aujourd’hui le temps d’en dire quelque chose — parce que je ne prends pas « les raccourcis commodes des media pour m’éviter de penser. » Je pense, je vous prie de le croire, oui, je pense, mais dans ce site, un blog et non un recueil de réflexions métaphysiques, je m’efforce de rester à la portée de tous. Je fais une exception ici pour montrer à mes critiques que j’ai des opinions.
Ce souci de raison évoqué par Benoît XVI à Ratisbonne, je suis d’avis que la chrétienté traditionnelle, qu’elle repose sur les idées de Nicée (325), de Rome ou de Jean Calvin, en aura bien besoin pour abroger un jour (un jour qui viendra inexorablement) divers dogmes comme la trinité — le Dieu à trois têtes (Signe 23/7) — ou le sang — vide est la sang (XXXII/9) — versé sur la croix pour le rachat des péchés du monde. Je me réjouis donc de ce souci qu’a Benoît XVI de garder raison en tous domaines pour que son église et d’autres églises relisent l’Écriture dans sa simplicité et la ré-interprètent.
C’est tout autre chose que je regrette dans l’exposé de Benoît XVI à Ratisbonne, c’est qu’il le lut en Professeur Joseph Ratzinger — en effet, il avait été professeur à cette université même — et non en pape chargé de responsabilités internationales. Il aurait dû s’en souvenir et se dispenser de citer dans sa discussion sur la raison, une autre discussion, vieille de plus de 600 ans, entre un lettré persan musulman et l’empereur byzantin chrétien Manuel II, lequel aurait conclu par « … Dieu n’aime pas le sang (versé par Mouhamad, ce qui) n’est pas agir avec raison (et qui est donc) contraire à la nature de Dieu. » Le choix de cette citation avait-il été totalement innocent lors de la préparation de l’exposé ? N’aurait-il pu citer des propos similaires concernant le sang abondamment versé par les Chrétiens au cours de l’histoire ? Sans faire à Benoît XVI un procès d’intention, je maintiens qu’il illustra parfaitement à Ratisbonne l’image de la paille et de la poutre dans le Sermon sur la Montagne.
Non, je n’ai pas défendu ceux qui dans l’Islam avaient tiré parti de l’exposé du pape et fait brûler des églises et causer la mort d’une pauvre bonne sœur en Somalie. J’ai seulement dit que Benoît XVI aurait dû penser que ses propos pouvaient provoquer et « justifier » les méfaits d’émeutiers islamistes, compte tenu des tensions existant entre Occident et Orient.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés


La Voie que le prophète montre est infailliblement bonne
Je peux évidemment errer et me tromper et j'en suis prévenu : Ne rebrousse pas chemin, ne reviens pas sur tes pas... [sinon] tu te tueras avec ton âme (Signe 39/6), comme d'autres l'ont fait autrefois : J'ai voulu parler par d'autres en grand nombre, mais ils se sont dérobés (2/16). Ceci dit, comme je crois l'avoir toujours fait, à mon grand détriment social, au prix de cette "mort civile" dont parlait les Romains à propos des hommes qui sortaient des idées et valeurs reçues, si je garde et utilise scrupuleusement ce charisme que le Père m'a donné — parole de Mikal Ma Parole (Signe I/12) — oui, ce que je dis est au-delà du champ des débats humains.
Mais ce n'est pas vraiment sous cet angle, l'angle sous lequel, par exemple, les catholiques voient l'infaillibilité papale, qu'il faut voir les choses. Je veux dire que ne pas m'écouter, avoir d'autres opinions que la mienne quand je m'exprime par référence à la Parole (c'est le cas dans #0043 où je me réfère au Sermon sur la Montagne), n'est pas damnable en soi, n'est pas péché mortel, car de toute façon qui peut savoir qui est sauvé et qui n'est pas sauvé ? (Signe 11/3). Ne pas m'écouter est seulement un risque, mettons même un gros risque, à prendre, dans la perspective du grand Dessein global. Ce n'est pas une fatalité de damnation personnelle, puisque même à propos de ceux qui n'ont pas écouté la mission que le Père leur donnait par la bouche de Jésus, les apôtres Paul, Jean, Pierre et d'autres, le Père lui-même me demande de ne pas en déduire que ces hommes se sont perdus (Signe 16/12-13).
Le nœud du dilemme est dans la liberté absolue que le Créateur a donnée à l'homme (Signe 10/10). La suprême valeur — la gloire dit Le Signe (37/9) — de l'effort sur soi que consent l'homme en acceptant de prendre la voie du changement est dans l'acceptation de suivre la Parole et ipso facto de suivre le prophète à qui cette Parole a été donnée et qui l'applique. Des quantités d'hommes ne me suivront pas, mais cela ne leur sera pas imputé à péché (Signe 16/3) s'ils parviennent quand même, par leurs propres voies, au changement tant souhaité par le Ciel comme par les hommes. Seulement voilà, les risques qu'ils prennent sont grands. Le prophète comme homme n'est pas infaillible, mais la Voie que montre la Parole transmise par le prophète est infailliblement bonne. D'autres voies existent, mais, en dépit de leurs apparences plus logiques, elles sont beaucoup moins sûres, elles présentent d'énormes risques d'impasses et d'échecs. Ici l'homme engage sa responsabilité, est placé face à la foi qu'il place dans le prophète similaire à la foi qu'il place en Dieu lui-même, si peu écouté d'ailleurs : Combien de Chrétiens écoutent et appliquent l'enseignement évangélique d'amour, de pardon, de paix, de générosité, etc. ? Ils ne sont pas tous perdus pour autant, mais le monde, lui, poursuit son calvaire à travers le malheur, la douleur et la mort. C'est ça que, par Le Signe, le Père voudrait que nous arrêtions. C'est pour ça qu'il demande aux hommes d'écouter le nouveau prophète qu'il leur a donné.
Ceci dit, c'est vrai que le Père déverse sa colère sur la religion, les clergés et leurs dogmes. N'ai-je pas retransmis fidèlement ses Paroles de Colère ? Oui, et on ne saurait me reprocher d'avoir pris parti pour eux. Mais je suis pécheur, je ne suis pas Dieu pour m'exprimer dans les mêmes termes d'irritation. Ces hommes-là ne sont-ils pas eux aussi appelés à la conversion ? L'amour et le pardon des hommes leur seraient-ils refusés ? Bien sûr que non. D'ailleurs, en l'occurrence, non seulement je n'ai pas pris la défense du pape, mais les catholiques qui m'écrivent estiment que j'ai "honteusement outragé le chef de l'église et que cela démasque [en ma personne] un tartufe, un faux doux." Pourtant, je ne m'étais pas prononcé sur le pouvoir que le pape croit posséder sur les âmes, mais seulement sur un incident très ponctuel qui fait courir des risques à la paix du monde. Rien de plus. On voit ici comme il est difficile d'être bien compris d'un bord et de l'autre. [43C4*23/09/2006]