À Arès (France), en 1974 et 1977, l’Être absolu fait de la gorge (Signe xxxi/16) d’un être indigne (21/3) et fragile (xLvii/9) une fontaine (xLvii/9) de Lumière (ix/8), un juste prophète (xxxvii/2), qu’Il nomme Mikal (xLvii/9) ou le faucon (xvi/14-15, xix/24, xLv/14-26). Le faucon engendre d’autres faucons (xLv/14). Quand un missionaire dit cela aux gens de rencontre, la plupart n’en ont cure, parfois même se moquent. Ils ne peuvent pas comprendre — comprendre au sens absolu — que ce qui s’est passé à Arès ouvre devant l’homme une prodigieuse voie d’évasion vers le Bien, vers la racine de l’Éternité, en somme vers l’Être que seuls flairent quelques terriens conscients qu’ils sont poussières de l’Être. L’Être est plus que Dieu  ; c’est la Vie et Tout ce qui émane d’Elle à l’infini. Depuis bientôt quarante-huit ans j’ai lentement, mais solidement appris que l’Être comme Son vestige  : l’être — l’être c’est moi, toi, l’autre en effort de retrouver l’Être ou la Vie (Signe 24/5) — ne sont pas des notions philosophiques. Être et être comme mots ne sont que bruit (ii/7-13, vii/4-16, xi/4-6, etc.) et l’humain pécheur n’entend  bien que le bruit, mais il peut sentir par l’exercice de l’amour, que Le Signe appelle pénitence, la lointaine trace de l’Être dans les brumes de la Vérité. Quand je parle d’Être et de Non-Être ou d’être et de non-être, je pense à Parménide (vers 500 avant J.-C.) qui a chanté que « l’Être est » tandis que le « Non-Être n’est pas ». Mais est quoi   ? Et n’est pas quoi  ? Le Signe donne une réponse  : Ouvre ta gorge, donne la Parole, Elle est (i/4).

"Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie," Blaise Pascal (Pensées)L'Être est l'Infini Puissance Créatrice, dont nous faisons partie et dans laquelle nos âmes se fondront (Photo : NASA/JPL-Caltech/ESA/CXC/STScI)

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie, » Blaise Pascal (Pensées)
L’Être est l’Infini Puissance Créatrice,
dont nous faisons partie et dans laquelle nos âmes se fondront
Photo  : NASA/JPL-Caltech/ESA/CXC/STScI (Wikimedia)

Tout ce qui ramène l’humain à son Enfance spirituelle (Signe 13/5), que la Parole d’Arès appelle Salut, est l’Être.
L’inverse est le Non-Être, à savoir ce qui ne sauve pas ou qui n’est pas sauvé.
Par êtres, faute d’autre mot dans le langage humain toujours insuffi­sant, on peut désigner les vestiges pécheurs de l’Être, c’est-à-dire nous les pécheurs.
La masse humaine est pour l’heure l’immense citadelle qu’a concrétée le ciment du péché (refus de la Lumière), le système éphémère de Non-Être créé par Adam (Signe 2/1-5) face à la Vie ou, si l’on préfère, face à l’Être, qu’Adam ne voulut pas et que sa descen­dance ne veut toujours pas.

Le Non-Être, entité réelle mais néant par nature — le néant est vide, mais occupe un espace important, de là sa réalité —, est ce qu’a créé Adam (Signe 2/1-5), c’est l’Être refusé, c’est la vie générant le vide, à tout le moins la menace du vide. Encore aujourd’hui l’être, débris de l’Être, préfère le vieillissement, la maladie et la mort à sa Mère, la Vie. Le non-être préfère aussi la vengeance sans fin (27/9) de sa justice à l’amour sans fin. Pourquoi  ? Mystère.
Nous sommes envoyés sortir le monde de ce mystère.

Pour comprendre ce qu’est l’être, débris de l’Être, il faut considérer que l’Être est immortel, tandis que l’être meurt après quelques décennies de vie d’illusions, notamment d’illusion sur son existentialité et sa durabilité.
La femme qui porte les organes de la genèse humaine est la fleur de la courte vie terrestre  ; l’homme pollinise de fleur en fleur. Une fois mort, l’être peut se survivre par l’âme, mais il n’a plus de cerveau, plus de sexe. Seule la Miséricorde le fait durer. L’être ne durera indéfiniment que s’il s’est donné, par l’amour durant sa vie terrestre, la capacité de retour vers l’Être-racine  : l’Un, l’Amour, la Vie (Signe 24/3-5). Abraham, Zoroastre, Moïse, Bouddha, Jésus, Mouhamad, etc. sont possiblement des êtres fondus ou en cours de fusion dans l’Être.
Notons qu’ici bas on ne peut rien percevoir par les sens du rapport entre être et Être. Seul l’œil métaphysique le perçoit.

Nous Pèlerins d’Arès acceptons la mission de déconstruire la citadelle du monde (Signe 28/7), sa façon de vivre comme sa philosophie. Nous devons faire retrouver la Lumière (12/4) aux Enfants (13/5) de la Vie (24/5). Âpre tâche, entièrement laissée à la volonté de l’homme, parce qu’il a été créé libre (10/10), qu’il ne peut exister que libre et que lui enlever la liberté de se recréer reviendrait pour le Créateur à détruire le joyau de Sa Création.
La déconstruction de la citadelle du monde a commencé avec Noé, Abraham, Moïse, les prophètes, Bouddha, Jésus, Mouhamad parmi d’autres qui ont posé des jalons le long des sentiers vers les Hauteurs. Les Pèlerins d’Arès posent un nouveau jalon. Sera-t-il le dernier  ? Le Signe ne le dit pas, parce qu’elle ne dit pas la bonne aventure, elle laisse à l’homme, l’Enfant (Signe 13/5), l’initiative de se recréer librement. Elle dit seulement à l’homme  : Fais pénitence (10/6, 33/32)  ! Il fait ou il ne fait pas pénitence ou, en langage métaphysique, il est ou il n’est pas.

L’Éternel dit à Moïse  :
Je suis Qui Est
(ou Je suis Qui Je suis).
Tu diras aux fils d’Israël  :
« Je suis m’a envoyé vers vous » (Exode 3/14).
Être
au sens absolu c’est Être éternellement Sainteté, Puissance et Lumière (Signe 12/4) en rapport infini avec la conscience du Bien.
Que suis-je réellement  ?
Si je suis ce que le monde fait de moi, je ne suis pas, c’est le monde et qui est, le monde altérable et destructible.
Si je suis l’Enfant (Signe 13/5) du Père-Mère de retour vers moi (viii/6), je suis l’être qui retournera à l’Être absolu.
De ce choix je suis totalement libre  ; je suis librement pénitent ou non-pénitent, comme dit Le Signe.
L’homme de la rue à qui je parle ne comprend pas à quel point il est libre de n’être rien ou de réintégrer l’Être plus loin que l’Infini.

Je me suis adonné au subsidiaire de 1929 à 1974  ; je me suis seulement consacré au nécessaire depuis 1974, et encore  !, pas de moi-même. La Vie m’a appelé, moi si piètre. Pourquoi moi  ? On ne sait pas  ; c’est comme ça, car être et Être ne se mêlangent pas en ce monde, ils restent seulement parents. J’ai été appelé à réveiller chez l’humain l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur libre de préjugés, bref, les Attributs de l’Être ou de la Vie dont il émane. Si depuis 1974 je me consacre à la perplexité métaphysique, seule chose digne de tourment — quel est mon vrai substrat et quel destin a-t-il  ? —, c’est que le Père-Mère m’a appelé à réfuter ce que l’animal pensant appelle étourdiment vie. Or, vivre c’est autre chose, c’est être pour retrouver l’Être. Le fait d’être n’est pas un état comme un caillou est un caillou sur un sentier ou un chêne est un chêne dans la forêt. Être humain est une fin en soi comme est une fin en Soi Dieu, le Père, Allah, l’Éternel, la Vie.

Si, d’une part, la Vie c’est l’Être dans l’infini et si, la Vie s’étant disséminée dans cet Infini, être humain c’est vivre parmi les innombrables vivants, et si, d’autre part, la Vie est le Nom le plus clair que donne à Dieu, au Père, au Créateur, Le Signe (9/6, 24/3-5, 25/3, 38/5, 39/5, xix/26), l’idée globale et cohérente de l’Être et de tous les êtres que l’Être engendre mérite et appelle le courage d’une acceptation, même si ce fait, quoiqu’immense, reste mystérieux parce que sans trace et seulement détectable au flair, autrement dit métaphysique. L’enjeu majeur de l’avenir terrestre est la confrontation, au détriment [ou au profit selon les circonstances] de l’amour et du bonheur, entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas ce flair.
Vif dans la paix doit être Mikal, dit Le Signe (xxii/21) à propos du faucon. Vif = Vivant complet, c’est-à-dire vivant avec le sens métaphysique. Tout oisillon (xLv/14) du faucon doit être à son tour vif, tôt ou tard.

L’Être existe, puisqu’Il parla aux hommes à Arès, France. Le Non-Être existe-t-il  ? C’est le vide, disait Démocrite. Certains humains sont des non-êtres définitifs et le resteront comme spectres (Signe 4/6-7, 16/15-16, 31/2, etc.). Mais non-êtres provisoires, presque tous les hommes le sont. Les seuls dont on peut affirmer qu’ils en sortent sont les pénitents.
L’Être absolu est Saint, Puissant, Lumineux (Signe 12/4)  ; Il est Amour (12/7, 32/3). Nous savons qu’il existe quantité de vies, à commencer par les nôtres, impermanents pénitents que nous sommes, qui sont seulement de sporadiques épigones de la Vie, mais nous avons l’espérance que cette imperfaction n’empêche pas notre ascension vers les Hauteurs.

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