Bien sûr, je crois qu’il y a des arbres sur terre, des poissons dans la mer, des oreilles de part et d’autre de ma tête, des humains qui s’aiment ou qui se nuisent, la religion et son inverse, je crois que Jésus puis le Père me livrèrent Le Signe et que je vais mourir. En fait, ces choses et ces faits relèvent du savoir, pas du croire. Ici j’entends croire au sens de croire au Vrai (Signe xxxiv/1-4) immesurable, impondérable, intangible, aussi indémontrable que la Vie qui me parla en 1977.
Dans ma misérable contingence à quoi crois-je ? Dans le fouillis de la pensée humaine, c’est difficile à dire. J’ai vergogne à être aussi piètre prophète ; je voudrais tant que ceux qui me voient comme le simple petit télégraphiste aient raison ! Quelle paix ce serait pour moi. Ces renieurs n’ont hélas rien compris ; prophète je le suis. Le Père ou la Vie, qui se méfie des sagaces, a besoin de charger des médiocres des boulots charismatiques de Vérité. Je ne suis qu’un type dans le genre de Jésus, si médiocre qu’ils l’ont crucifié sans la moindre perplexité.
Donc, à quoi crois-je ? Je crois qu’existe la Vie impérissable, dont dérive l’homme, auquel elle parle, la Vie que je peux retrouver (Signe 24/5) en étant un homme de Bien, un pénitent (30/11). Pour moi tout le reste, bonheur ou malheur, relève du provisoire et du casuel.

Suis-je à la fois les jambes, la main, le savoirqui est dans les livres ? Non. Je suis tout autre chose que ces matières matérielles ou immatérielles qui ne vivent que des temps limités. Je suis un éon. Photo : Jula2812 (Wikimedia)
Au reste, croire n’a pas grande importance.
Le Signe me rappelle que ce n’est pas ce que je crois, mais le bien que je fais qui me sauve.
Je suis donc pauvre en croyance, n’en ayant pas grande utilité. Le bénéfique usage sur quoi je porte mon attention est celui de la pénitence : J’aime autant que je peux, je pardonne autant que je peux, je fais la paix autant que je peux, je m’efforce autant que je peux d’équilibrer l’outil nécessaire qu’est mon intelligence intellectuelle avec l’intelligence du cœur, je suis autant que je peux libre de peur, de loi et de préjugés.
Mais j’ai un cerveau charnel que je ne peux pas empêcher de fonctionner plus que je ne peux empêcher mes reins et mon intestin de fonctionner et je ne peux m’empêcher de croire certaines choses, comme croire que croire ne me sert pas à grand chose et qu’être bon comme le Bon (Jésus Signe ii/3-19, viii/3, xiii/4-17, etc.) assure mon salut post-mortem après cette très courte vie et contribue au changement du monde (28/7), un peu comme Socrate savait qu’il ne savait rien.
La pauvreté de ma croyance doit se comprendre par opposition aux nombreuses diverses croyances très élaborées, religieuses, politiques, économiques, etc., qui s’entrecroisent sur terre.
On ne commettra ni mal ni perversité (ou violence)
sur toute Ma Montagne Sainte,
car la connaissance de Yawhé remplira la terre
comme l’eau recouvre la mer.
(Isaïe 11/9).
Le sens général du Signe est très sobre :
Que l’homme cesse de faire le mal et la Vie triomphera.
Ni la religion, ni la politique, ni la loi, ni la guerre n’ont vaincu le mal.
Le mal est toujours là.
C’est parce que le mal ne disparaîtra que par la pénitence personnellement accomplie par chaque membre de la race (Signe 8/3, 25/4, xii/5) pénitente (30/11), quand elle aura grandi en nombre et influence par la Moisson (4/12, 5/2, 15/7, 38/2, etc.).
C’est seulement par la pénitence qu’Adam vaincra son péché et les malheurs que le péché provoque : injustice, tyrannie, asservissement, souffrance, maladie, mort, qui persistent (Signe 2/1-5).
Seulement par la pénitence changeront la vie et le monde (28/7).
Dieu est bon au bout de la pénitence (Signe 16/17) ne signifie pas que Dieu serait une terrible Entité allogène qui n’aurait de Bonté que pour les pénitents, mais que l’homme ne retrouve en lui la Vie (24/3-5), l’image et ressemblance du Dieu bon, que s’il est pénitent. L’homme est co-Créateur de lui-même, parce qu’il a Dieu en lui-même.
La pénitence ? C’est le Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7) encore jamais accompli dans aucune religion, aucune idéologie politique. C’est donc :
L’amour de chaque homme pour tous les hommes qui ne sont que d’autres lui-mêmes.
Le pardon de tous les maux perpétrés sur terre dont chaque homme est nécessairement solidaire par parentage universel — tous les humains, mauvais ou bons, sont Enfants du Père (Signe 13/5).
La paix faite avec tous.
L’intelligence du cœur libre de tous préjugés aussi forte que l’intelligence intellectuelle qui n’est qu’un outil.
Mais la pénitence n’a pas force morale, parce qu’une morale n’est qu’une convention, qui change d’un point à l’autre sur la terre ; de là la myriade de morales en ce monde. La pénitence est proactive et réactive face au péché, cause du mal. Quoiqu’inévitablement imparfaite, ma pénitence a une puissance créatrice ; elle contribue à la régénération du lien entre la Vie et la vie humaine. Le pénitent ne se rend pas bon au sens éthique, il se rend bon au sens où Jésus est le Bon (Signe i/2-9, ii/3-19, viii/3, xiii/4-17, etc.), au sens où, réveillant l’image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26) en lui, il redevient co-créateur, mini-créateur de toute l’humanité, dont la sienne ipso facto. Il est ainsi très clair que ce n’est pas ce que je crois, la façon dont je prie, la loi que j’honore, qui me sauvent et qui sauveront le monde du péché des péchés (Signe 38/2), mais c’est ce que je fais de bon pour tous les humains, miroirs de moi-même. Le salut vient seulement du Bien accompli (35/6).
Alors, si croire ne me sauve pas, être croyant ne me sert à rien. C’est être créateur de Bien que je dois ? Oui, c’est ça. Mais je ne suis qu’un pécheur, un mauvais diapason ; le ton que je donne n’est ni clair ni pur. Je traîne encore derrière moi quelques croyances comme le rabab (Signe xLvii/8) traîne son grincement sous l’archet ou la mer sa rage dans le vent. Je voudrais très proprement puiser l’Eau pure du Père au seul réservoir des forces universelles qu’est la Vie, mais je patauge, j’éclabousse, autrement dit, je pense. Je pense inéluctablement mais penser purement et simplement est impossible dans cette génération. Pécheur, je pense imparfaitement. Pensant imparfaitement, à travers les parasites qui sillonnent mon cerveau je ne peux pas ne pas croire plus ou moins. Croire est ma tare (Signe 2/12).
Dans ce cas, tant qu’à croire, que crois-je ?
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Contortionnez-vous en tous sens vous ne trouvrez jamais qui vous êtes vraiment, parce que votre vrai corps (17/3) n’est pas cette chair.
Aussi belle soit votre chair, elle vieillira et mourra sous l’intolérable poids du péché.
La chair ne fait qu’enfermer ce que vous êtes en réalité : l’immortel Enfant de la Vie, mais ça, vous devez le retrouver (Signe 24/3-5).
Photo : Andrej Lišakov (Unsplash)
Chacun a une tête, deux bras, deux jambes, un tronc. Quelle que soit sa culture (polythéiste, monothéiste, juive, shintô, hindoue, animiste, chrétienne, musulmane, athée, etc.) elle l’enfermera dans son enveloppe charnelle et y ramènera tout, même la foi et la philosophie, jusqu’à sa mort. Platon ou Jésus aussi larges de pensée qu’ils fussent, restèrent l’un grec, l’autre juif, jusqu’au bout. Le poids et l’étanchéité de la chair vivante sont tels qu’aussi longtemps que l’homme n’est pas mort, les évasions vers la Vie sont brèves et médiocres, mais elles sont. C’est ça être. C’est ce que je résume parfois en disant : « Chacun de nous est isolé dans son tube. Chacun est toujours plus ou moins son propre Dieu. »
Je suis un Enfant de l’Univers, puisque mon père est le Père de l’Univers (Signe 12/4), mais cela je ne le réalise que par bribes espacées, parce que le reste du temps je ne vois qu’avec mes yeux, n’entends qu’avec mes oreilles, ne bouge qu’avec mes membres, ne pense qu’avec mon cerveau, ne travaille qu’avec mes mains. Quand seront morts mes yeux, oreilles, cerveau et membres, comment mon âme percevra-t-elle l’Univers où elle s’envolera depuis mon cadavre ? Je n’en ai aucune idée. Tout est là ! Je dois résister à la tentation de voir Dieu et l’au-delà comme une projection de la vie terrestre, ainsi que fait le Coran, par exemple. J’ai beau le combattre chaque jour par ma pénitence, le péché m’obscurcit, mon pouvoir d’auto-examen métaphysique n’est jamais vraiment au niveau que je voudrais. Je ne suis au mieux qu’un matérialiste qui tente par syncopes de s’évader de la matière lourde dont il est fait. Pourquoi suis-je charnel ? Je crois que c’est parce que Dieu l’a voulu ainsi — je reviens plus loin sur le contraste savoir/croire —, mais en réalité j’ignore pourquoi. La Parole n’en dit rien, sans doute parce que l’explication dépasse nos possibilités d’entendement.
Toutefois, Le Signe — bénie soit-elle ! — me permet de comprendre un peu mieux ce dont je sors, ce dont je dépends, ce que je suis, ce que je peux croire.
La Vie et l’homme : l’un (Signe xxiv/1)
Un séraphin vola vers moi portant un tison dont il toucha ma bouche.
Il dit : « Ceci a touché tes lèvres, ton péché est oublié.
La Voix de Yawhé s’éleva : « Qui enverrai-Je ? Qui ira pour Moi ? »
« Me voici, » dis-je. Dieu dit : « Va ! » (Isaïe 6/6-9).
Factuellement, le Père ou la Vie m’appela autrement qu’il n’avait appelé Isaïe, mais fondamentalement ce fut similaire. En octobre 1977, au cœur d’une retentisssante éruption de lumière et d’ébranlements, la Voix me dit : Ta parole est Ma Parole. Justice de juste (Signe xxxi/10) et me confirma comme prophète (35/9, xxxvii/2), mais qui ne voit qu’elle confirma aussi l’humain en général comme inséparable de Dieu ? L’humain est un quand il est un avec Dieu (xxiv/1). L’homme et son destin ne sont pas ce que fait d’eux la science — nouvelle religion à dogmes —. Le Signe rappelle implicitement que, si l’homme sort bien de Dieu, cette création est lourde d’inconnues. Notamment : Pourquoi fut-il créé dans la chair d’un animal pensant ? Et si ce ne fut pas le cas, est-ce le péché qui enroba de chair l’homme, quoiqu’il fût laissé libre du bien et du mal (10/10) ?
Autre évidence implicite dans Le Signe : Dieu a créé l’homme, Son Enfant (13/5), mais l’a laissé libre de lui-même. Autrement dit, Dieu ne fait pas l’homme. À preuve, Adam mène sa vie comme il veut (2/1-5, vii/9). C’est l’homme qui fait l’homme et qui fait ce qu’il appelle Dieu, le Dieu de la religion — Dieu rejeté par l’athée est Dieu quand même, si l’athée le vénère comme matérialisme, scientisme, positivisme ou autrement —. Il y a une multitude de Dieux partout toujours. Alors, qu’est ce Père qu’on flaire dans le vrai christianisme du Sermon sur la Montagne (Matthieu ch. 5 à 7), cet Éternel dans l’image et ressemblance oubliée, quoiqu’emplâtrée au fond de chaque humain (Genèse 1/26) ? Il est tout à la fois la Vie (Signe 24/5) et ma vie. Ineffable en vérité.
Mais une chose est sûre : Je ne crois plus dans le Dieu roi et juge du judaïsme, du christianisme d’église, de l’islam, etc. Je sais maintenant que mon Père est aussi près de moi que la gifle qu’il me donna avant de quitter la Scène des Théophanies (Le Signe, édition 1995 sous le titre La Révélation d’Arès, p.438, ligne 36). Je ne sais pratiquement rien de Lui, sinon qu’Il parle, qu’il peut être tout à la fois infini (xxii/12) et tout petit (ii/21), mais surtout je sais que Lui et moi ne faisons qu’un et qu’ensemble nous pouvons changer le monde (28/7) en Bien. Je sais qu’il est la Vie que je dois retrouver (24/5).
L’homme est l’artisan de lui-même et donc, par extension, l’artisan des pouvoirs bons ou mauvais qu’il a sur lui-même ; il est ainsi aussi son propre prisonnier, emprisonné par et dans ses propres pouvoirs. De la devrait logiquement surgir vers le Bien en grande affluence les séquestrés, les captifs d’eux-mêmes ; ils devraient courir vers le Libérateur venu à Arès leur montrer le tunnel d’évasion : la pénitence. Eh bien, non, ce n’est pas ce qui se passe. Je ne peux plus, de ce fait, d’une part croire dans le Dieu facteur des destins, puisqu’Il laisse l’homme choisir son destin, ni d’autre part et pour la même raison croire en Dieu comme souverain indépendant de l’homme ainsi que l’enseigne, par exemple, l’Islam. Je crois qu’entre Dieu et l’homme la différence de principe est imperceptible, que les deux sont aussi absolus l’un que l’autre, et qu’il s’agit même peut-être de la même Entité dans de vraiment très différentes formes et tailles. Il y a du vrai dans l’affirmation des athées qui déclarent : « L’homme a inventé Dieu, » sauf que Dieu existe quand même. C’est tout l’enjeu de l’humanité qui est affirmé ici.
La descendance d’Adam (Signe 2/1-5, vii/1-16) n’a jamais oublié qu’existe un Principe de Vie (24/5, 25/3, 38/5), mais l’obscurcissement graduel de sa capacité de transcendance lui a fait humaniser, terrienniser la Vie et l’affubler de nombreux faux noms pontifiants : Éternel, Seigneur, Roi, Juge,.. Noms que par manie culturelle je prononce encore ici et là moi aussi. Dieu au singulier ou au pluriel, base(s) de mille religions. En fait, la Vie, nom que se donne Dieu dans Le Signe, va des espaces infinis de l’Univers, dont il est le Père (12/4), à la moindre cellule de ma chair. Dieu est la toile absolue qui enveloppe tout, nous y compris.
Mais le Père parle. Il peut parler, puisqu’il est Père de tout, de l’Univers infini comme de l’étincelle d’un lampyre, de la distance comme de la pensée invisibles et impalpables. Alors, l’homme stupéfié par le péché a humanisé « l’Indonnable donné, le Parlant » (mon exorde sur le lieu de la Théophanie à Arès), mais Le Signe, dans un mouvement résolument inverse, est revenue tenter de rediviniser l’homme, qui de toute la Création est la seule créature libre (Signe 10/10), parce qu’il est l’Enfant (13/5). Le Signe n’instaure pas une spiritualité nouvelle ; elle fait faire à l’instinctive spiritualité humaine un énorme saut dans le Vrai (xxxiv/1-4, xxviii/21) ou Fond des Fonds (xxxiv/6), elle met à nu les formes arriérées et balbutiantes des innombrables religions, d’une conscience surnaturalisante trop faible pour sortir la foi d’une rusticité inexpugnable tantôt artistique, tantôt tyrannique et brutale. Le Signe n’apporte aucune idée apostate ou dissidente (35/11), puisqu’elle rappelle que le salut vient du Bien, non des croyances ; elle s’insère dans une longue suite de recherches depuis la plus haute antiquité. De ce fait, elle ne débouche pas sur un dogme, une théologie (16/12, 35/12), une organisation, un chef (16/1) ; elle n’est qu’un grand Vent de libération et de simplification, parce que la Vie est très simple.
Cette simplicité est telle que le langage humain est insuffisant, impuissant à en exprimer la sublimité. Il faudrait que Le Signe pût nous prendre par la main comme l’aimé prend la main de l’aimée et fait passer par là, sans mot, une Beauté (Signe 12/3) trop intense pour être dicible. Ce n’est pas aujourd’hui possible. Alors, c’est imparfaitement avec des mots que j’essaie d’expliquer qu’il faut revenir à la Source.
Dieu, le Créateur, le Père, le Tout-Autre, la Vie.
Avant que Dieu me parlât je pensais savoir ce qu’était Dieu. Maintenant qu’Il s’est manifesté à moi, je ne sais plus. Dieu se nomme parfois la Vie dans Le Signe. Ce mot Vie est la clé de la Vérité, qui est que le monde doit changer (Signe 28/7), doit revenir à Dieu… ou doit redevenir Dieu ? Pour moi Dieu est la Vie sans commencement ni fin, Sainteté, Puissance et Lumière (12/4). Il est la Vie dont je suis fait tant que dure ma chair éphémère (seulement 90 ans, une étincelle de temps à l’échelle de l’Univers), je suis de la Vie un très bref segment charnel, mais indétachable du Fond infini de la Vie. Raison pour laquelle je suis l’arbre à la pointe toujours verte (xvi/13). Raison pour laquelle ma vie n’a jamais commencé, ne finira jamais. Puisque je suis son image et ressemblance (Genèse 1/26), Dieu est en moi, autrement dit je suis quelque chose de Dieu, mais Dieu est aussi étalé sur l’Univers infini. Bien imprudent est le mortel qui prétend savoir qui est et ce qu’est Dieu.
Le salut, l’au-delà.
Pas de paradis, pas d’enfer ; ces mots sont inconnus dans Le Signe. Non, pas de jardin fleuri ou de chaudière projetés dans l’au-delà par l’imagination religieuse. Il n’y a que la Mer infinie des Hauteurs sans limites (Signe 18/4, 20/4). La ténèbre des spectres (16/15) n’est, elle, que vide glacé, sans vie. Seule survit et s’envole l’âme (4/5-8, 17/4, etc.) créée par le Bien accompli ; le reste n’est qu’un rien lourd et gris, si tant est que ce soit descriptible.
L’âme retourne à la Vie infinie où « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » (Lavoisier).
« Je crois en une vie après la mort, tout simplement parce que l’énergie ne peut pas mourir ; elle circule, se transforme et ne s’arrête jamais » (Albert Einstein).
Ma Bouche (dit le Père) est la chambre du frère mort. Le frère mange Ma Dent (Signe xLvi/4).
L’homme se nourrira de la Dent, c.-à-d. de l’éternité, du Père. L’homme survit à la mort, c’est une évidence. Les vraies questions sont :
Sous quelle forme ? Sous la forme de l’âme (Signe 17/4), que Le Signe appelle le vrai corps (17/3), l’âme que génère (ou rend active ?) la pénitence (17/7). Et les autres, ceux qui ne sont pas pénitents ? Ils subsistent comme spectres (4/6-7, 16/15-17, 31/2-12, etc.) ; il ne s’agit pas de fantômes, mais de forme inertes (glacées). Nous ne savons rien de plus.
Où ? Sur ce point nous savions peu de choses avant le chapitre VI du Signe, avant que je fusse propulsé dans l’Univers ou, comme je dis en souriant, dans les étoiles. Paradis et enfer sont des notions inconnues dans Le Signe. L’homme a toujours incliné à imaginer sa mort comme un transfert de sa conscience, de ses sens, de sa vie sociale dans des lieux similaires à ceux de la Terre, mais il en est tout autrement.
Comment ? L’âme s’envole et il est impossible d’imaginer, tant que terrestres nous pensons avec notre cerveau très limité, ce que peuvent être la conscience sans cervelle et la perception sans œil, sans oreille, sans toucher.
L’invisible abrite-t-il des vies autres que la Vie et que les âmes ?
Le Signe parle de légions d’anges ou de saints (Signe 29/6, 31/6, 37/7). Elle cite aussi un ange qui serait dévolu à m’aider : Aguéla (xxxi/13). La veille de la deuxième Théophanies, le 8 octobre 1977, un être surnaturel, que j’ai qualifié d’ange, m’a parlé sur la plage d’Arès. Était-ce Aguéla ? Bref, j’ai détecté maintes vies extraterrestres autour de moi. On n’est jamais seul, même quand on pense l’être. Il existe bien toute une faune d’invisibles susceptibles d’activités de concert avec celles de l’homme. Mais que peut-on savoir dans le détail ? Pas grand chose.
Les Pèlerins d’Arès
Ceux qui me suivent en tous points.
Les pèlerins d’Arès
Ceux qui me suivent à peu près.
Dans l’ordre de la foi, croire n’est jamais savoir ; croire est supposer ; croire est toujours croire en l’improuvé.
Certains peuvent me dire : « Mais vous, vous avez vu et écouté Jésus en 1974 et vous avez entendu le Père en 1977, donc vous savez. » Que sais-je, en fait ? Je sais qu’ils peuvent se rendre apparents, sonores, tactiles, oui, mais à ce qu’ils m’ont dit ou fait éprouver je ne peux que croire, parce qu’ils m’ont parlé de ce qui est réalité pour eux, mais pas ou pas encore pour moi et ce qu’ils m’ont fait éprouver en me montrant le séjour des spectres (Signe 17/1) ou en me faisant sortir dans l’Univers (vi/1-5), je ne peux le reproduire. Ces expériences demeurent en moi avec la seule valeur du souvenir.
Une question surgit alors : Qu’est-ce que l’improuvé ? Même si je sais peu, ce peu n’est pas nécessairement pour moi le non prouvé. Ce dont j’ai été témoin à Arès a déclenché en moi un ressenti ; ce ressenti fait pour moi figure de pari, comme il y eut un jour le pari de Pascal (« Pensées » Lafuma 418, Brunschvicg 233), quelque chose proche de l’attestation. C’est la même chose pour mes frères et sœurs du petit reste ; ils me suivent parce qu’ils ont confiance tant en mon souvenir qu’en mon ressenti ; ils ont accepté ce que je crois et ils y croient. Pour le moment il n’y a pas moyen de faire mieux. J’en suis toujours à croire et à être cru. Ici la croyance est une solution, non absolue, mais honorable.
Dans ce monde, personne ne sait rien absolument. Tout est su relativement. Einstein et bien d’autres l’ont montré. Aussi, ceux qui depuis des millénaires, ne voient leurs idées que comme devant s’imposer sont de préoccupants fauteurs de mal.
Tous les humains, donc, quoiqu’il y ait toujours quelques relatives vérités dans ce qu’ils prônent, se trompent dans l’absolu. Pour l’heure, l’inguérissable maladie de l’erreur affecte tous ceux et toutes celles qui passent leur vie à se voir comme pinacles de pensée, à chercher à convaincre, à avoir raison, à dominer. Cette maladie transforme souvent des hommes raisonnables en insensés. Quand on ne fait plus que chercher des partisans, on se déconnecte de la vraie vie, on perd le sentier de la Vie, on n’a que l’impression de dominer. C’est la folie des grandeurs qui affecte tant de monde. Je n’ai pas ce travers. Je n’ai aucun mérite à cela ; le Père m’a simplement dépourvu d’ambition. Je pleure sur ce monde qui n’est ainsi qu’une confusion inextricable d’idées antagonistes et qui ne voient même pas que le Sermon sur la Montagne est la seule ligne de conduite sage.
Chaque jour je me sers, par esprit d’économie, d’un exemplaire du Signe, édition 2009 publié sous le titre La Révélation d’Arès, qui a été copieusement annotée vers 2010 par je ne sais quel critique anonyme, impitoyable ennemi de cette Sainte Parole, avant d’atterrir je ne sais comment sur mon bureau. Je ne me sers évidemment pas de ces innombrables crayonnements négatifs. Je me sers seulement de la Parole imprimée, mais parfois ces crayonnements rageurs, atroces, me tombent sous les yeux. C’est l’hubris qui jaillit ; l’annoteur avait une très haute idée de lui-même. Il ne pouvait pas réfléchir, parce que d’avance il ne faisait qu’un avec son hostilité dévastatrice ; c’est ce qui fait de cette planète un enfer. C’est contre cet enfer-là que nous sommes apôtres, pour l’heure généralement trop faibles pour dompter la fureur. Alors, quand mourra cet annoteur, adversaire du Père de la Vérité, que deviendra-t-il ? Nul ne sait qui est sauvé et qui n’est pas sauvé (Signe 11/3), mais il pourrait bien devenir un spectre lamentable (16/17), parce qu’on ne fait qu’emporter dans la mort ce qu’on a été ; ainsi le tueur est-il tué, le dénieur dénié, le voleur volé, le menteur son propre mensonge, sa propre antiphrase. C’est pourquoi les spectres ne sont rien, je l’ai vu (17/1). Quelle faveur déjà de n’être plus rien après qu’on a été méchant, haineux ! Et puis, quand viendra la Lumière apothéotique, le Jour du Père (31/8) sera probablement le Jour de la glorieuse Miséricorde (31/12). Je crois, pour finir, à la Victoire (26/8) de l’Amour. Les hommes sont tous différents, bons ou mauvais, doux ou durs, brillants ou bêtes, parce que le hasard étant la première propriété du Mal, leurs enveloppes mortelles — leurs « tubes » — naissent différentes, inégales, lourdement tarées (2/12), mais une fois délivrée de ce fardeau sanglante, toute vie rejoindra la Vie. Je crois au Bonheur universel final, si notre mission de pénitence réussit à reconstruire l’humain. Voilà pourquoi le P(p)èlerin d’Arès est apôtre.
© Michel Potay 2019 — Tous droits réservés


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