Le Pèlerinage d’Arès 2008 a commencé, comme chaque année, le 21 juin. Tous les jours nous y allons depuis Bordeaux, sœur Christiane et moi, en voiture (aller et retour : environ 104 km). Nos finances étant plus limitées que celles des émirs d’Arabie, ce trajet quotidien nous coûte cher et, comme à Wall Street on parle déjà du baril de pétrole à 200 Dollars, nous nous disons qu’un jour nous n’irons plus à Arès qu’un jour sur deux ou sur trois.
Et puis, le pétrole se raréfiera, le carburant sera hors de prix, et « nous irons à Arès en brouette, Christiane ou Michel dans la brouette et l’autre la poussant tour à tour, 10 kilomètres par 10 kilomètres, parce que nous serons trop vieux pour faire le trajet complet à pied, » disons-nous, à grands éclats de rire, comme deux bons vieux fous à lier. Nous ajoutons : « À condition qu’il reste encore quelques points sur nos permis de conduire les brouettes, parce que les politiciens, qui ne reculent plus devant l’absurdité totale — comme leur loi des 35 heures voulait donner du travail en empêchant de travailler, leur permis à points veut faire des Français des conducteurs modèles en leur interdisant de conduire —, les politiciens, disais-je, traient à pleins seaux de lait-amende+punition chaud et bien gras les voyageurs les plus raisonnables ! Dernièrement, 95 au lieu de 90 km/h… Paf ! Un point de moins. 54 au lieu de 50 km/h… Paf ! Encore un point de moins. Comme vous devez regarder la route et pas seulement le compteur (enfin, moi, je conduis en regardant la route de temps en temps… pas vous ?), je vous mets au défi de déceler à l’oreille la différence de régime-moteur entre 95 et 90 ou 54 et 50 km/h. Le plus raisonnable conducteur est refait de quelques points et Euros à chaque radar ! Nous vivons des temps où les politiciens et les marchands du pétrole deviennent plus bêtes et méchants que les bons vieux ne deviennent fous à lier. Je ne juge pas (Signe 35/9), je constate par moi-même, c’est tout.
Je me demande tout aussi légitimement ce que l’avenir nous réserve.

Un château-fort du futur moyen-âge(Photo : JerzyGórecki, Pixabay)

Un château-fort du futur moyen-âge.
Photo  : JerzyGórecki (Pixabay)

Peu de gens savent que la Chine détient plus d’un quart des réserves mondiales de change. Un état qui paie ses employés 30€/mois est forcément très riche. Chaque jour, tandis que nous Occidentaux essayons d’acheter le pétrole un peu moins cher, l’agent de la Chine à New York renréchit, parce que la Chine veut avoir la première industrie du monde et ne recule devant rien pour la pourvoir de l’énergie nécessaire. Alors, chaque jour le prix du pétrole monte un peu, il ne baisse jamais. Cette course à l’énergie va refouler des milliards d’humains de base vers un nouveau moyen-âge.
Je me souviens d’un temps, pas si lointain, — les années 80 — où Jacques Ellul écrivait « Le Bluff Technologique. » Je lui avais fait porter un exemplaire de Le Signe. Le commissionnaire me rapporta, je ne sais si c’est vrai, qu’Ellul se moqua durement de ce saint livre. Eh bien, aujourd’hui, nous voyons bien qu’il n’y a pas à prendre les technologues pour des bluffeurs. Ce sont eux qui boivent toute l’énergie de la terre. Le temps n’est peut-être pas si loin où le bec de fer (la technique à son point le plus dangereux) essuiera même la mer comme la sueur (Signe xii/8). Cette mer, qui perd déjà tous ses poissons surpêchés, qui est déjà polluée, dont on captera les forces de marée et dont on extraira l’eau douce et l’hydrogène. C’est à la mer qu’on tirera d’une façon ou d’une autre l’énergie que le pétrole ne pourra plus fournir.
Remarquez bien, la mer ne sera pas la seule exploitée. Il y aura l’air. On parle aussi de rouvrir les mines de charbon. Peut-être bientôt les usines de brouettes ?

Je me demande si l’on ne rouvrira pas les loges et quartiers d’esclaves, si l’homme n’entre pas en pénitence.

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© Michel Potay 2008 — Tous droits réservés