Les 41 personnalités et experts de la commission Attali n’envisagent pas de changer la France comme Le Signe envisage de changer le monde (28/7), mais leurs 316 propositions y aideront, si M. Sarkozy peut les faire appliquer.
Le sauvetage économique de la France vu par Jacques Attali, dont je salue l’intelligence et le courage, implique la restauration d’une liberté d’entreprendre et de posséder, qui ne paraît certes que matérielle, mais tout ce qui libère l’homme matériellement le libère spirituellement, parce que la vie est un grand tout, parce qu’il n’existe qu’une seule liberté, absolue, dont tous les aspects sont liés, au sens de la Parole du Créateur (Signe 10/10).
Le Pèlerin d’Arès que je suis est forcément pour une France — Le Signe ne parle-t-il pas français ? — qui comprendrait enfin que la sécurité et le bonheur ne sont pas dans les subventions et les allocations, mais dans la vie, l’évolution et la créativité libres, parce que seule la liberté peut dynamiser la vraie bonté, naturelle. Or, la bonté naturelle seule fera mieux que les lois sociales, qui ne sont plus améliorables.

Jacques Attali, le 02 octobre 2007 à Paris.
Photo : Nikeush (Wikimedia)
Cela, les Pèlerins d’Arès l’ont compris depuis 34 ans, sous l’angle spirituel, à la Lumière du Signe. C’est pourquoi ils ont pris le risque de la marginalisation idéologique et métaphysique en devenant pénitents et moissonneurs de pénitent, parce qu’inciter les hommes à changer leur vie en bien (30/11) c’est les conduire au bonheur universel et même, à terme, à la disparition de la mort, mais ne débordons pas du cadre de cette entrée…
Pour le moment, il faut sortir la France du communisme déguisé, sclérosant, où elle s’est enlisée. Il faut permettre aux Français de vivre et de travailler librement, d’entreprendre librement, d’approcher enfin les idéaux de LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, qui ont été puisés à la Parole du Père, quoiqu’en disent les républicains rationalistes.
Les 316 propositions de la commission Attali vont soulever une tempête de controverses politiques, idéologiques et syndicales. Toutefois, même si la politique et les syndicats ont, pendant des décennies, exigé avec sincérité toujours plus de lois pour enchaîner et pressurer les employeurs et les créateurs et favoriser les employés et les allocataires, ils doivent avec la même sincérité convenir qu’elles ont fini par paralyser l’économie. Nos industriels et nos créateurs, qui ne sont pas des « saints, » déménagent et les artisans se raréfient. La France continuera de se désindustrialiser et avant 20 ou 30 ans sera tombée dans la misère : Les allocataires et les chômeurs ne recevront plus rien, faute de ressources.
Je ne détaille pas les 316 propositions ici. Je souligne seulement que Jacques Attali et la commission qu’il a présidée ont bien vu, outre qu’il faut restaurer la liberté d’entreprendre et de posséder sans taxes ruineuses, qu’il faut simultanément restaurer une mentalité bienveillante depuis trop longtemps disparue :
« Je rêve d’une France où le scandale ne serait pas la richesse, mais la pauvreté. Je rêve d’une France où ne dominerait plus la jalousie, mais où chacun aurait conscience, comme dans une équipe de football, de l’intérêt qu’il a au succès de l’autre ! Je rêve surtout d’une France qui passerait d’une culture de la rente à une culture du risque, » dit Jacques Attali.
Tout comme prendre des risques en économie paie, prendre des risques spirituels paie, les risques de l’amour, du pardon, de la paix, de l’intelligence du cœur et de la liberté totale. C’est comme ça que naîtra la vie spirituelle, seule clé du Bien et du bonheur universels. Quand donc le vrai christianisme commencera-t-il d’exister ?
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2008 — Tous droits réservés


Attali rêve d'un monde où le mal ne sévit plus. Je partage ce rêve.
Jacques Attali ne manifeste aucune haine envers les riches. Il ne leur montre pas davantage une sympathie particulière. Il dit : "Je rêve d'une France où ce n'est plus d'être riche qui sera scandaleux, mais d'être pauvre."
En disant : J'allongerai les riches et les forts dans la poussière (Signe 35/14), le Père entend poussière au sens traditionnel que ce mot a signifié, avant l'avènement de Le Signe, dans toute l'Écriture : humilité ou même plutôt humiliation. Humiliation comme dans le Livre de Jonas, (Bible) quand le roi de Ninive en personne descendit de son trône, quitta son manteau, se revêtit d'un sac et s'assit dans la poussière (ou la cendre, même sens) (Jonas 3/6).
Le Père ne dit pas qu'il dépossèdera les riches, mais qu'il rabattra leur superbe, leur orgueil, leurs pouvoirs abusifs, comme les pénitents — au sens traditionnel et non au sens arésien — s'assoient dans la poussière (Signe 30/11) avant de comprendre que la vraie pénitence est ailleurs, dans l'acquisition de l'amour, du pardon, etc.
Ne rêvons-nous pas, vous et moi, d'un monde où toute le monde sera riche au sens d'être aisé et où le scandale sera qu'il y ait encore des pauvres, un monde où la pauvreté ne sera plus le fonds de commerce d'une certaine politique et d'une certaine société bien-pensante qui y puise leur raison d'être ?
J’ai prêché bien des fois que le grand tort de la religion comme de la politique c'est de vivre du mal, du mal dont souffre le peuple, parce que si ce mal disparaît elles n'ont plus de raison d'être. Attali rêve d'un monde où le mal ne sévit plus. Je partage ce rêve. [76C03*22/01/2008]
Le spirituel ne se libérera pas sans le matériel
Quand j’écris que "le spirituel ne se libérera pas sans le matériel", je ne donne pas à "matériel" un sens supérieur à "spirituel." Je ne dis pas que le spirituel dépend du matériel, ce qui semblerait donner à ce dernier un pouvoir décisif. Je dis qu'ils sont inséparables et que l'un ne se développera pas sainement sans l'autre. Très difficile problème, qu'on ne peut exposer facilement.
Pour bien me faire comprendre, je vais raconter une anecdote. Un jour j'emmène avec moi en voiture un de nos frères qui, très jeune encore à l'époque, avait des idées gauchistes assez radicales. Il disait notamment que "les richesses d'un pays appartiennent à tous, point final". Je lui dis que la question n'était pas aussi simple, car le facteur valeur matérielle ne va pas sans deux autres facteurs : la liberté et le temps. Il ne comprenait pas. J'imaginai alors la parabole suivante :
"Admettons qu'on puisse réunir dans une banque centrale la valeur totale de tous les biens des Français qu'aurait achetés, mettons..., un multimilliardaire américain. Ensuite on procède à la redistribution de ces biens. On divise par 55 millions (population à l'époque) la somme totale disponible. Chaque Français reçoit donc sa part égale à la part reçue par chacun de tous les autres. Mais, évidemment, en vertu du facteur sacré de la liberté, chacun fait de sa part ce qu'il veut.
"Il y a ceux, insouciants, dépensiers ou joueurs, qui dépensent tout librement en un temps donné. C'est leur droit. Il y a ceux qui, dans le même temps donné économisent librement et ceux qui, mieux encore, investissent librement dans des machines, travaillent et font fructifier leur bien. C'est leur droit.
"Les insouciants ou paresseux ne peuvent rien léguer à leurs enfants, sinon des dettes et le goût de l'insouciance, et les seconds, comme il est légitime, lèguent à leurs enfants leurs économies, leurs machines et le goût du travail. Au bout de trois ou quatre générations on voit inévitablement réapparaître des pauvres et des riches. Alors, les pauvres font la révolution et hurlent : "Ces riches nous ont exploités, volés !" C'est faux, en fait, car par le jeu du temps et de la liberté les uns ont thésaurisé et les autres se sont appauvris. La redistribution est en somme à recommencer sans cesse. Il faut autre chose pour compenser les différences nées des caractères et du temps : la vie spirituelle, mais la vie spirituelle ne naît pas hors de la vie matérielle, parce que le souci et l'amertume de la pauvreté exigeraient un héroïsme exceptionnel, angélique, chez les pauvres et c'est au-delà des forces humaines."
Il n'y a donc pas de solution par la seule valeur matérielle des choses et cependant, si l'on veut que le pays tourne, il faut bien des entrepreneurs entreprenants, des économes, des gestionnaires très stricts (et gérer une affaire est très difficile : fluctuations du marché, assauts de la concurrence, etc.), des gestionnaires (les fonctionnaires sont de très mauvais gestionnaires) capables de léguer leurs usines à leurs enfants ou à leurs associés (actionnaires) pour qu'il existe une industrie. Même si, après des générations, les industriels exploitent les non-industriels, les pauvres, ceux-ci n'auraient absolument aucun revenu sans les salaires que leur versent les premiers. Alors, bien sûr, il faut quelque chose de plus pour que les premiers soient des employeurs justes et généreux et que les autres soient heureux de leur sort : il faut une force de dépassement, il faut la vie spirituelle. Jésus a expliqué ça dans des paraboles célèbres. Même dans le meilleur des mondes les choses ne fonctionneront pas autrement.
On peut en déduire que, si "la richesse et la pauvreté ne sont que des références qui changent suivant les pays et les conventions", c'est la même chose pour les références du bonheur, bien plus importantes mais bien plus problématiques, car la notion de bonheur et de malheur est beaucoup plus relative.
Les propositions de Jacques Attali ne peuvent être qu'un tout petit petit petit petit début. La vie spirituelle n'est pas sa partie. C'est la nôtre. Ce n'est pas la plus facile. [76C05*22/01/2008]
Sur les causes du krach : spirale aussi bête que dangereuse plutôt que plan diabolique
Les cerveaux fuient, tout simplement parce qu'ils sont beaucoup mieux payés ou parce qu'ils paient beaucoup moins d'impôts, ou les deux (plus haut salaire et moins d'impôt), dans des pays où il est aussi agréable de vivre qu'en France. Les entreprises fuient parce qu'on leur offre ailleurs une moindre fiscalisation et un personnel moins tracassant (pas de grèves, pas de revendications continuelles). Comme j'ai dit, ces gens-là ne sont ni des "saints" ni des "héros". Pourquoi voulez-vous qu'ils continuent de piétiner dans la boue des tranchées économiques françaises avec un quignon de pain face à des ennemis pugnaces : le fisc, les syndicats, etc., quand ils peuvent déserter sans risques et partir vivre tranquilles au soleil ? Je ne crois pas du tout que notre déclin économique soit voulu. Il résulte du jeu naturel de l'offre et de la demande d'opportunités. La politique — qui a besoin de situation dramatiques pour se mettre en scène : gouvernements, syndicats, lobby des fonctionnaires, etc. — aurait pu gérer cette situation plus sagement, mais la politique, toujours plus ou moins démagogique, n'est-elle pas celle que le peuple élit ? Les responsabilités me paraissent donc bien partagées. Je ne crois pas à un plan diabolique, mais je crois à une spirale aussi bête que dangereuse, née d'un certain état d'esprit, bien entretenu par les media, où la masse a aimé vivre pendant des décennies sans croire que cet état de choses finirait par épuiser les industries et les entreprises productrices de richesses.
Le krach, lui, résulte d'erreurs professionnelles commises par les têtes de grands responsables bancaires qui, tout comme le meilleur alpiniste peut faire un faux pas ou commettre une erreur d'itinéraire et dévisser, ont mal envisagé certaines valeurs, certains crédits et leurs variations. Ça aurait pu très bien marcher et rendre de grands services, mais la rapidité de transfert des poids et contrepoids financiers a été soit imprévisible, soit mal calculée. Ce serait beaucoup trop long à expliquer ici. L'ampleur mondiale du krach tient à l'ampleur multinationale des interactivités bancaires dans un système loin d'être simple et que les fluctuations des volontés et influences financières (la rapide montée de l'économie asiatique notamment) ne font que compliquer. C'est toujours mieux que de faire des guerres pour résoudre ce genre de problème économique comme autrefois. [76C07*22/01/2008]
Sur l’accession au monde changé qui n’adviendra qu’au bout d'un itinéraire civilisateur et économique difficile et complexe
À un commentateur s'étonnant que frère Michel accorde la moindre importance au « plan Attali » et à sa « commission » — composée, selon lui, de bourgeois bien installés, de francs-maçons et de juifs — qui chercherait à ressusciter un capitalisme aux accents populistes, dans la veine du général Boulanger au XIXe siècle, du mouvement Poujadiste ou encore du lepénisme, Michel Potay répond :
Votre langue, mon frère, a gravement fourché. J'en suis stupéfait et je vous préviens que je suis moi aussi un "bon-bourgeois, un franc-maçon et un juif" avec tous les bons bourgeois, tous les francs-maçons et tous les juifs (et tous les autres) qui poursuivent un humanisme actif. Il y a des hommes bons partout. Je me réclame de la race unique de tous les hommes de bonne volonté.
Ceci dit, oui, je garde, dans mon âme comme dans mon cœur comme dans ma raison, l'espérance qu'un jour, forcément lointain, les hommes vivront dans un communisme naturel, spirituel autant que matériel. Tel fut Éden. Mais j'ai parfaitement conscience que l'accession à ce monde-là, changé s'il en est, n'adviendra qu'au bout d'un itinéraire civilisateur et économique difficile et complexe. Comme les hommes, comme les peuples, les humanités ont un âge. L'humanité que nous vivons, l'humanité telle qu'elle est actuellement n'a pas l'âge du communisme naturel qui sera, en effet, déduit de l'Évangile.
Pour moi, le communisme n'a que deux façons de s'instaurer. La mauvaise, qu'on connaît historiquement, dont les résultats ont été catastrophiques, voire même criminels : la révolution suivie de tyrannie, la fameuse "dictature du prolétariat." La bonne, qu'il faut espérer, qui ne peut sortir que de la généralisation de l'amour, du pardon, de la paix, du non-jugement, de la liberté absolue (et donc du respect absolu de la liberté des autres), de l'intelligence spirituelle, et pour tout dire de la vie spirituelle. Ce communisme naturel se formera, très lentement, à partir d'expériences diverses, quelles qu'elles soient, même celle du capitalisme "ringard" — parce que pour l'heure le capitalisme est beaucoup plus naturel et, finalement, beaucoup plus humain, que le communisme — à condition que ce capitalisme soit intellectuellement intelligent, équilibré, humaniste, et porte les hommes à rechercher des vertus disparues pour accéder peu à peu à l'intelligence spirituelle et à la bienveillance. Je n'ai pas dit que le projet de la commission Attali était la solution-miracle, j'ai seulement dit que dans la situation économique et mentale actuelle, alarmante, il pouvait provoquer une volte-face salutaire et nous faire repartir dans une meilleure direction.
Il y a peu de temps, Tony Blair, invité par l'UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, a dit à peu près ceci : "Aucun changement ne plaît à personne, jamais. Dès que vous commencez de changer, on vous accuse, on proteste. Le changement n'est accepté qu'une fois qu'il n'est plus un changement, qu'il est devenu une habitude." Tel est le changement de nos vies par la pénitence (30/11) que nos familles finissent par accepter quand ils se sont habitués à nous voir devenus meilleurs. Figurez-vous que des "bons bourgeois, des francs-maçons et des juifs" changent aussi en bien, inspirés par Le Signe. Il faudra vous y habituer. [76C09*23/01/2008]
Ni de gauche ni de droite mais pour l'espérance qu'inspire Le Signe.
À un commentateur qui dit au prophète qu’il est de droite, Michel Potay répond :
Comme beaucoup le savent, parce que je n'en ai pas fait mystère, j'ai voté communiste jusqu'en 1988. Ensuite j'ai voté pour ceux qui pouvaient aider ma mission à progresser indépendamment de leur couleur. Ainsi ai-je voté pour M. Sarkozy en 2007 simplement parce qu'il s'était montré neutre vis-à-vis des confessions en général quand il était ministre de l'intérieur, alors que Mme Royal avait ordonné la chasse aux "sectes" dans les écoles, quand elle était ministre de l'Éducation nationale.
Je ne suis plus ni de gauche ni de droite, je suis pour l'espérance qu'inspire Le Signe. Au reste, Jacques Attali, dont je loue l'intelligence et le courage, est de gauche. Aussi n'est-ce pas un problème, comme le dit le commentateur. [76C10*23/01/2008]
Sur la suppression des frontières départementales comme de tous les frontières
Nous sommes pour l'universalité — Père de l'Univers (voir #0075) —, nous applaudissons à la disparition de toutes les frontières entre les hommes ! Nous savons qu'il faut une progressivité dans un tel projet à l'échelle internationale. Commencer par la suppression des frontières internes, celles entre départements, bravo ! Surtout si, semble-t-il, cela conduit à une rationalisation moderne de l'administration et à des économies considérables. [76C11*23/01/2008]
Sur la nécessité du superflu pour limiter la misère, obstacle à la mission
La citation "La production du nécessaire n'emploierait que 25% de l'industrie. Il faut 75% de superflu et même de futile pour faire vivre le reste de l'industrie et malgré cela il y a des chômeurs et des sans-abris" est exacte. Et je l'ai bien conclue par : "...et malgré cela il y a des chômeurs et des sans-abris". Il y en aurait bien davantage, des millions de plus, si l'on ne produisait pas de superflu. Mais peut-être vaut-il mieux des millions de chômeurs et de sans-abris plutôt que de "produire plus de gadgets, de machines, de voitures, d'ordinateurs, de crèmes glacées, de pilules, de publicité, etc." Mais je ne vois pas comment la vie spirituelle pourra émerger plus facilement de cette immense misère. Je parle pour l'immédiat. Avant que des chômeurs et des miséreux trouvent l'héroïsme de changer leurs vie (30/11) complètement et de changer le monde (28/7), il nous faudra procéder à une mission en profondeur pendant plusieurs générations. [76C13*24/01/2008]
Sur les liens entre vie quotidienne et vie spirituelle pour un "moissonneur battant"
J’abhorre la politique et l'administration de ce monde par cette humanité pécheresse. J'espère un monde changé (Signe 28/7) et Le Signe explique très bien que ce monde changera si chaque membre d'un petit reste, vous, moi, beaucoup d'autres, change sa vie personnelle en bien (Signe 30/11). Mais Le Père ne fait pas de nous des anges ou des saints (29/6, 37/7). Nous sommes de chair autant que d'esprit et d'âme (17/7) et donc nous sommes dans l'Histoire. Même pour arrêter le cours de cette Histoire cruelle, nous ne pouvons nous désintéresser de l'Histoire. Notre mission difficile n'est possible qu'en sachant considérer la vie quotidienne comme la vie spirituelle ensemble. Il ne faut pas que cela soit "trop pour vous." Il faut être un "moissonneur battant". Nous devons savoir que nous ne parviendrons pas à des solutions spirituelles pour le monde sans passer par certaines conditions matérielles, parce que telle est notre nature humaine à la fois matérielle et immatérielle. [76C18*26/01/2008]
Sur l’intelligence et le courage des propositions de Jacques Attali
Dès le 20 janvier, quand je pris connaissance des propositions de Jacques Attali, je fus frappé par certaines de leurs insuffisances. Mais c'est précisément en raison de ces apparentes insuffisances que je saluai Jacques Attali pour "son intelligence et son courage", parce qu'il avait compris, manifestement compris, qu'il lui fallait réduire les mesures proposées à ce qui serait acceptable sans réactions violentes destructrices et même annihilatrices du projet d'ensemble.
La France, qui ne le sait ? est un pays très difficile (certains disent impossible) à gérer, parce que les idées et les acquis y dominent toujours les réalités. Et déjà le rejet immédiat par M. Sarkozy de la suppression des départements et du principe de précaution a montré que la résistance s'installait au sein même de l'Elysée, d'où ce rapport avait pourtant été demandé à Jacques Attali.
Ce rapport est insuffisant, mais déjà beaucoup l'ont trouvé exagéré ! Voilà qui doit nous rendre plus actifs encore dans notre mission de spiritualisation du monde. [76C19*26/01/2008]
Sur la crise des subprimes et son rapport avec les propositions de Jacques Attali
La crise actuelle est une situation complexe, pas facile à expliquer sur un blog, mais je dirais qu'en gros elle a une double origine. La hausse générale des prix qu'entraînent les besoins considérables de l'industrie asiatique, russe, etc., en pleine expansion : hausse du prix du pétrole, des matières premières, etc., et la crise financière provoquée aux USA par les banques qui ont accordé massivement des prêts à taux variables aux acheteurs de biens immobiliers sans se préoccuper suffisamment de la solvabilité des emprunteurs. La hausse du loyer de l'argent a alourdi dangereusement les factures des débiteurs et accumulé une telle somme de défauts de remboursement que l'immobilier américain s'est effondré du fait d'une surproduction mettant en difficulté de grands organismes financiers.
Cette crise de ce qu'on appelle les "subprimes" (crédits à risques) est arrivée sur fond de surchauffe de l'économie mondiale, expliquée plus haut, due à la croissance accélérée de nouveaux titans économiques : Inde, Chine, Indonésie, Russie, etc. Bref, tout cela a ébranlé ce qui sera toujours la clé de voûte du système économique : la confiance. De là l'effondrement des cotes boursières, etc. etc. Vous sentez-vous plus avancé après toutes ces explications ? Je pense que non et vous n'avez pas à vous considérer inintelligent pour autant. C'est un problème de technique financière complexe. La relation avec le rapport Attali ? Jacques Attali sait que la France se sortira avec plus de difficulté que les autres pays de cette crise, parce qu'elle n'a pas les infrastructures économiques convenables. Il propose donc d'améliorer les infrastructures déficientes et d'en créer de nouvelles. [76C23*27/01/2008]
Sur la foi constructrice
Je disais dans les années 80, et je dis encore : "...pendant la guerre... les gens retrouvaient le chemin de l'église ou du temple," c'est-à-dire le chemin de la foi superstitieuse. La supplication, l'appel à la protection du Ciel, le "Kyrie Eleison !" (Aie pitié, Seigneur !), pour instinctifs et légitimes qu'ils soient dans les temps de grande douleur et de grande peur, ne fondent pas la meilleure foi, celle qu'il faut avoir.
La proximité des dangers, pour soi ou pour ceux qu'on aime exposés à la guerre, réveille la conscience qu'on n'est pas seuls, qu'un miracle protecteur peut toujours survenir du monde invisible. C'est mieux que pas de foi du tout, mais ce n'est pas la foi à laquelle Le Signe appelle les hommes, qui est au contraire foi créatrice, constructrice, non la foi qui demande, mais la foi qui donne, qui donne de soi et qui sait qu'elle recevra de soi, de sa pénitence. Je l'ai toujours dit : l'homme est producteur de son âme et de la grâce dont il a besoin.
La foi constructrice a besoin d'une conscience non réveillée par la peur, mais réveillée par le besoin de salut et de bonheur pour l'humanité. De bonnes conditions d'existence la favorisent. [76C25*30/01/2008]
Qui n'a jamais désespéré ne sera jamais un héros (Bernanos)
Bernanos, je ne sais plus où, a écrit que "qui n'a jamais désespéré ne sera jamais un héros." Il ne pensait évidemment pas aux héros qu'appelle Le Signe (XXXV/4-12), mais il se rapprochait de l'idée. Je crois bien qu'à cette occasion Georges Bernanos rappela des mots assez fameux de Maurras, affirmant que "le désespoir en politique était une sottise absolue". Jacques Attali, quoique sûrement anti-maurrassien au possible, ne désespère pas, n'est pas absolument sot, même si le système qu'il propose est bien imparfait et bien insuffisant. Il a donc peut-être résolu la quadrature du cercle... Dame ! Un polytechnicien...
M. Sarkozy par contre a commencé de désespérer : il a refusé d'avance certaines propositions, pas des moindres — comment aller de l'avant, être inventif, créatif, risquer l'aventure d'une nouvelle France, de nouvelles industries, en arrêtant tout sous prétexte de précaution ? — et il a demandé à ses ministères d'étudier les autres de très près. Je crains que le désespoir, un certain désespoir larvé, dorme quelque part dans les replis de l'esprit élyséen. Mais je peux me tromper.
Nous tendons... par tentation du désespoir... à douter de tout.
Les réalistes, il faut le reconnaître (au risque de désespérer... encore), n'ont jamais eu beaucoup de place dans l'Histoire de France. Colbert n'a pas tenu longtemps… Les discours politiques laissent penser que la France est le pays des grands idéalistes, qui sont au contraire, les "superintelligents" (avérés mais non avoués superinefficaces) dont parle votre commentaire. Ce qui frappe chez Attali, c'est son réalisme, tout le contraire de l'idéalisme — de là notre déception à nous, superidéalistes, en lisant ses propositions — et donc il va soulever une énorme opposition dans ce pays si intelligent, à commencer par la remarquable intelligence des taxis – en grève et en manifestation –, dont les oracles politiques péremptoires et hyperinformés m'ont toujours laissé pantois. N'anticipons pas ! Attendons la suite.
[76C27*30/01/2008]
Sur le doute de tout, aussi négatif que la naïveté béate
Je ne suis pas naïf au sens où je serais plein de confiance et de simplicité béate par ignorance, inexpérience et irréflexion. Je n'ignore pas que le mensonge nous cerne de tous côtés et que la vie, à tout le moins, nous invite à ne rien prendre sur l'instant pour argent comptant. Néanmoins, je suis naïf au sens où, faute de preuves ou de présomptions puissantes, je ne peux pas écarter qu'il peut exister, dans les milieux les plus inattendus, dans le gouvernement par exemple, des lacunes, des carences, des incuries, des incompétences tout à fait étonnantes.
Lorsque l'inspecteur des impôts m'a redit la semaine dernière, sans que je lui en parle, que je devais croire (il me voyait sceptique) que mon dossier à l'administration des impôts ne contenait pas les documents de première importance concernant mon statut fiscal, documents que cette génération de fonctionnaires aurait ignorés, si je ne les avais pas conservés moi-même et produits pour me défendre, pourquoi écarterais-je la probabilité que mon dossier au cours des vingt dernières années ait pu être visité et pillé par des curieux, des espions ou des malfaisants ? Cela s'est vu. Combien d'indiscrétions dans la presse ont pour origine des documents administratifs soutirés de dossiers officiels ? On a dit que ce pauvre M. Bérégovoy s'était suicidé après qu'une indiscrétion de ce genre avait été commise.
Il demeure que le drame, c'est bien que, lorsqu'une procédure est lancée par erreur, parce qu'un dossier s'est trouvé privé des documents les plus importants qu'il devrait contenir, on est embarqué dans un processus infernal dont il faut se défendre longuement et sous le poids de très gros soucis. Je n'écarte pas non plus l'idée du mensonge possible, à savoir que les documents sont déclarés disparus pour pouvoir créer une situation nouvelle et rediscuter les droits du citoyen que je suis...
Le gouvernement peut dire de même des propositions d'Attali en les présentant de façon à en faire disparaître le véritable sens pour pouvoir les rediscuter, en déformer l'intention, se donner des motifs de les refuser, etc. C'est vrai que tout est possible dans ce domaine aussi. Mais, de toute façon, il faut bien suivre les événements tels qu'il nous est permis de les percevoir, car douter profondément de tout est aussi négatif que d'être béatement naïf. Attendons d'en savoir plus. [76C28*31/01/2008]
Sur l’amour, seule méthode digne des images et ressemblances du Père
À un commentateur qui écrit : "Le gouvernement est à nous tous, moins les chefs. Qu'ils démissionnent, et nous serons attentifs à leur témoignage !" Michel Potay répond :
Ça, mon frère, c'est de la poésie révolutionnaire ! De l'irréalisme romantique ! Parce que nous savons très bien qu'ils ne démissionneront pas. Ils continueront de former la force qu'ils forment depuis des millénaires. Ils ont tout pour nous briser, si nous osions nous rebiffer de nos faibles voix et de nos faibles bras. Alors ? Alors, il n'y a qu'un moyen : utiliser la force même qu'ils représentent.
Pour cela le Père nous donne la seule méthode qui soit digne des images et ressemblances du Créateur, du Père aimant, que nous sommes : l'amour pour ces hommes parce qu'ils sont nos prochains, le pardon de leurs offenses, la paix, la liberté vis-à-vis de leurs idéologies, et l'alliance avec eux dans la mesure, très limitée je le reconnais, mais alliance quand même, où l'intelligence spirituelle de la situation le permet. Pour cette seule raison nous ne pouvons ignorer ces hommes qui nous gouvernent, sans compromis avec eux, et ce n'est pas nous compromettre que de voter pour le moins défavorable à notre mouvement. Qu'il soit "la personnification de la société du spectacle", ce n'est pas à nous d'en juger — tu ne jugeras pas — ce n'est pas ce qui nous intéresse en lui, qui reste malgré tout une créature du Créateur.
Bref, j'essaie de rester en tous points conforme à ce que Le Signe nous recommande : changement du monde, mais par notre propre pénitence, et avec mesure, prudence, amour, etc., et sachant bien que quatre générations ne suffiront pas. Vous pouvez vérifier : Tout ce que je mets ici en italique est dans Le Signe. [76C29*31/01/2008]
Sur la liberté absolue laissée à chaque société sur le choix de son mode d’existence
Capitalisme ou supercapitalisme ? Communisme ou supercommunisme ? Nulle part dans Le Signe son Divin Auteur ne définit le régime politique ou économique dans lequel son peuple, inspiré par le petit reste, devra vivre. Ce silence laisse absolument libre (Signe 10/10) chaque société d'hommes, parmi les multiples sociétés qui vivront sur terre à l'approche du Jour (Signe 31/8) et après le Jour de la Vie (24/5), du choix de son mode d'existence sociale et économique, pourvu que la liberté totale de passer d'une société à l'autre soit également laissée à chaque homme ou femme.
L'important est de vivre dans l'amour du prochain, le pardon des offenses, la paix totale, l'intelligence spirituelle, ce qui peut se faire dans tout régime, quel qu'il soit. Je l'ai écrit dans "Nous Croyons, Nous Ne Croyons Pas" : "Le monde changé désigne un cadre spirituel, non un monde économiquement et socialement défini et assigné d'avance..." (Le Signe Bilingue, p.740, bas de page). Dans ce domaine le plus important est la liberté : ceux qui ont besoin de guides sociaux sont libres de se les donner et ceux qui n'en veulent pas sont libres de vivre selon leur seule conscience.
Ceci étant dit, je n'ai pas déclaré et je répète que je n'ai pas déclaré que les propositions de Jacques Attali nous ouvraient au monde changé. J'ai seulement dit que leur esprit de libération allait dans le bon sens. Les "légalisme et réglementarisme" (Signe bilingue, même réf.) de plus en plus pesants sous lesquels nous avons vécu toutes ces années sont allés dans le sens inverse.
Je pense qu’il y a confusion entre esprit de partage et générosité et communisme. Des capitalistes peuvent montrer un esprit de partage et une générosité évangéliques et inversement des communistes une pingrerie anti-évangélique. Cela s'est vu et se voit encore (Corée du Nord) dans des régimes où le peuple vit dans le dénuement et le sous-développement alors que des sommes folles sont consacrées à des investissements de prestige sans intérêt humain. Pour ma part, n'étant pas personnellement intéressé matériellement, je peux vivre aussi bien dans un supercommunisme que dans un supercapitalisme, pourvu que l'un ou l'autre respecte les constituants du Bien : amour, pardon, paix, intelligence et liberté. [76C31*01/02/2008]
Sur une mission autour des cinq dons : parole, liberté, amour, créativité et individualité
La mission autour des cinq dons que suggère un commentateur a déjà été pratiquée, je ne sais plus où ni quand. J'ai déjà vu, au cours des années, un tract ou des tracts émis par une ou plusieurs missions utilisant ce thème, en gros : l'homme a reçu cinq dons, que ne partage avec lui aucun animal : Parole, Liberté, Amour, Créativité, Individualité, qui font de lui l'image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/27), mais qu'est-ce qu'a fait l'homme de ces merveilleux dons ? Le mal. Il serait temps qu'il fasse d'eux le Bien ! [76C33*02/02/2008]
Sur la moisson, qui permet à des âmes non de se sauver mais de se créer
La mission apostolique revient toujours à "sauver des âmes", mais ce n'est pas sous cet angle que Le Signe présente la mission du salut, mais sous celui que résume le verset central 28/7 : La Vérité est que le monde doit changer. Changer comment ? Par le changement de vie (30/11) personnel de chaque individu composant le petit reste d'hommes de bien que Le Signe nous demande de constituer. Si vous devenez pénitent, c'est-à-dire si vous acquérez l'amour, le pardon, la paix, la liberté et l'intelligence spirituelles et si vous moissonnez d'autres pénitents qui, à leur tour, moissonnent d'autres pénitents, etc., vous permettrez à des âmes non de se sauver, mais de se créer (Veillée 17), le salut allant alors de soi.
Que vous soyez peintre ou n'importe quoi d'autre, que vous soyez de telle ou telle opinion sociale, rien de tout cela n'a d'importance si vous êtes pénitent, parce qu'il faut de tout pour faire un monde au sens pratique, mais parce que la grande soudure fraternelle universelle peut seule se faire par la pénitence au sens positif, créatif, constructif (non le sens religieux de remords) que Le Signe donne à ce mot. [76C35*08/02/2008]