Aimer est utilisé seize fois, mais amour deux fois seulement dans Le Signe. Rareté curieuse de prime abord dans un Message venu de l’univers, qui de bout en bout vibre d’Amour pour l’homme. Cette rareté, en fait, veut marquer le sens très fort que la Parole donne à amour :

Au verset 7/5, qui recommande que la Volonté qui sauve et l’anéantissement (l’auto-extinction) des âmes rebelles ne soient jamais rappelées à l’humanité avec menace, mais toujours avec amour, dans une perspective de renaissance du bonheur perpétuel, parce que
Volonté qui sauve
désigne seulement ce qui fut voulu dans la Création : une humanité rendue heureuse et invulnérable par la Vie spirituelle,
anéantissement des âmes rebelles n’a pas de sens tragique, mais signifie que, conformément à l’évolution et déjà depuis des millénaires, une humanité qui a choisi librement la raison du plus fort (Signe, Adam, 2/1-5) contre la Vie (24/5) spirituelle et l’intelligence du cœur (32/5) n’accouche plus que d’enfants sans âme (17/3), une âme que chaque individu adulte doit maintenant recréer pour lui-même par la pratique du bien.

Au verset 25/7 pour souligner que l’amour est sagesse, sans laquelle le monde ne trouvera pas le bonheur, mais n’est pas sagesse de prince, n’est pas une ruse (Signe 4/3) pour avoir l’air d’aimer le désapprobateur ou l’antipathique afin de mieux le capturer ou l’éliminer ensuite.

Photo : Silali Banerjee, Unsplash

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Il n’est donc pas amour d’instinct, de tendresse ou d’attirance comme l’amour parental, l’amour romantique ou l’amitié.
C’est amour de sagesse, un amour d’immense portée civilisatrice.

Aimer tout humain, proche ou lointain, ami ou ennemi, est sage, parce que la sagesse consiste à changer le monde en bien (Signe 28/7), à chercher en tous domaines équité (28/10), consolation et paix (28/15). Pour y parvenir il faut que l’amour et l’intelligence spirituelle (32/5) contrebalancent l’intelligence intellectuelle, dont les pires formes — contrairement aux affirmations rationalistes — ont fait régresser l’humanité, comme l’apriorisme, le légalisme, le juridisme, le scientisme et même la morale, parce que la Parole du Créateur n’est pas faite de morale, mais d’amour. C’est ce sens-là que Le Signe donne à l’expression Père trop aimant (12/7).
Le Père, pas plus que l’homme, son image (Genèse 1/27), n’est naturellement attiré vers des créatures malfaisantes. Mais le Père, pour voir renaître le fleuron de sa Création : Éden, doit décider l’homme à changer sa vie (Signe 30/11). En toute justice, il ne peut retirer à personne, même au malfaisant, le droit d’entrer en pénitence (Signe 8/6, 31/2, 33/13). Question d’absolu ! Comme la liberté absolue de l’homme (Signe 10/10), l’Amour absolu du Père ne peut qu’être absolument voulu.

« Le Pèlerin d’Arès 1993-1996 » parle longuement de l’amour (p.460). Ce blog 0086 souligne seulement l’aspect existentiel (ou existentialiste) de l’amour du prochain, qui résulte nécessairement d’une détermination libre d’échapper à l’égocentrisme aujourd’hui fatal de naissance. Sauf chez certains êtres doués, notamment certaines femmes (j’y reviens), l’amour du prochain n’existe que choisi, voulu, puis graduel, perfectible, sans jamais s’égarer dans la passion réservée à l’amour romantique, parce que la passion frise le dérèglement, que seul l’amour romantique peut atteindre sans dommage. L’amour du prochain, lui, est mesuré (Signe 7/6, 25/9, etc.), sa mesure est fixée : Aime ton prochain comme toi-même (Lévitique 19/18).
Tout comme la pénitence — l’effort d’être bon — commence par une décision, se développe par la pratique du bien, mais ne devient naturelle qu’avec le temps, l’amour qu’on donne même à l’homme répugnant ou dangereux — celui qui a le pus ou le ver ou l’hameçon à la lèvre (Signe xxii/8) — doit être construit et expérimenté de toutes pièces.
Un croyant, quand il n’est pas qu’un mouton, a besoin de l’idée juste de vérité, mais ne l’acquiert qu’avec le temps, parce que la vérité ne se réduit pas à une formulation ou une énumération de principes, mais a besoin d’un vécu. A fortiori dans le domaine de l’amour.
Des femmes — pas toutes, loin de là — développent cette vérité, donc aussi l’amour du prochain, relativement vite, parce qu’elles sont maternelles, ce que les hommes devraient être aussi, mais ont oublié (Signe 2/3). De ce fait, l’intelligence spirituelle de la femme est un moins faible lumignon (Signe 32/5). La plupart des hommes doivent être beaucoup plus existentiels qu’elles. Ils doivent capter au fond d’eux, avant de pouvoir aimer le prochain, les voix de la sagesse, qui dit que l’humanité ne connaîtra jamais le bonheur sans ombres, ni guerres, ni maladie, ni mort, aussi longtemps qu’elle séparera ses éléments déplaisants ou négatifs de ses éléments plaisants et positifs, qui tous ensemble constituent cet absolu — le Grand Tout — dont fut fait et dont sera fait Éden.
L’amour du prochain
ne se soucie pas du descriptif et des qualifications de l’aimé, puisque l’aimé, c’est tout le monde. N’importe qui vaut n’importe qui dans l’absolu, mais on ne peut s’étonner qu’il faille progresser longtemps avant d’en arriver à ce point de conception du monde, qui confine au point de conception de la Création initiale.

La foule, innombrable, programmée par le battage politique, que relaient sans cesse les media, croit qu’on peut vivre sans amour du prochain, simplement dans la paix des lois, du contrat social, des débats « démocratiques » et du réalisme économique. La masse ne voit pas que, comme manger ne va pas sans boire, vivre ne va pas sans vivre spirituellement. Sinon c’est rêver en s’imaginant que des codes, une police, une administration suffiront à faire le bonheur du monde. Rêver à une société sans amour est même rêver dangereusement. La preuve en est que la guerre entre les peuples n’est jamais très loin. On l’a vu au XXe s. dans deux guerres mondiales épouvantables au cours desquelles il a été incroyablement facile de vêtir d’uniformes et d’envoyer des millions s’entretuer… et même se haïr. Et ça continue hors d’Europe.
Si, tous les jours, on veut nous convaincre que nous ne pouvons pas vivre sans consentir à des lois, des impôts et d’autres contraintes de plus en plus pressantes, c’est de peur que nous nous apercevions, un beau jour, que les lois, les impôts et les autres contraintes ne sont plus nécessaires quand l’amour du prochain est là, et que la politique et la religion n’ont plus qu’à disparaître.
La vie est capable de beaucoup plus que s’efforcer de durer et s’organiser. Avec l’amour elle est capable de se recréer, de s’épanouir et de se développer sans cesse, individuellement comme socialement. Si vous voulez être autre chose et même beaucoup plus que ce qu’il vous est ordonné d’être, faites confiance à l’amour. Choisissez cette voie et, même si elle est ingrate et rocailleuse (Signe 25/5) au début, obstinez-vous dans cette voie-là.

De votre amour du prochain naîtra une autre planète.
Non, le christianisme ne sera pas un échec interminable.

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