De gros tintouins et tâches m’accaparent et semblent émousser l’attention que je porte à ce blog.
En fait, ils me forcent seulement à ralentir mon blog, même si les sujets d’actualité ne semblent pas manquer.
Beaucoup de ces sujets ne méritent pas le grand bruit que leur donne les media, marchands de sensation comme les aboyeurs de foire de ma jeunesse.
La crise économique par exemple. Quiconque ayant tant soit peu observé le monde depuis 1975 s’attendait à ce qu’une économie fondée sur l’endettement — et, ce qui est pire, l’endettement en chaîne : la re-re-créance des re-créances des créances — ne se change en commerce de vent. Il faut ou il faudrait tôt ou tard redonner à toute chose son vrai prix, différent de celui écrit dans les comptes et sur les étiquettes, et rendre les emprunts (1.200 milliards d’euros pour le seul gouvernement français). Cette nécessaire rationalisation ne pourra ou ne pourrait que coûter très cher à tout le monde, mais la situation n’est pas si grave, puisqu’on a trouvé dans le monde, en l’espace d’un mois, 4.000 milliards d’euros pour sauver les banques alors qu’on n’en a à peine trouvé, en dix ans, 20 milliards pour sauver les affamés.
De toute façon, nul n’a plus d’intérêt au désastre des banques qu’il n’a intérêt à la disparition du boulanger et du garagiste du quartier qui tomberaient en faillite par mauvaise gestion. Nous avons besoin de ces professions même fautives, comme elles ont besoin de nous pour survivre. Chaque fois que l’un de nous a acheté une machine à laver, une voiture, un appartement à crédit, il s’est fait complice du système bancaire autant que s’en est fait complice l’état en empruntant 1.200 milliards d’euros. La question, on le voit, est existentielle et énorme, mais la vraie crise existentielle est humaine.

Paul Klee : Equilibre chancelant.
(Source : Domaine public ; Wikimedia)
Économiquement le pire est à venir, mais nous n’en mourrons pas.
La vraie crise économique viendra, incroyablement cruelle et aberrante, quand l’écorce mangera son propre arbre, quand les coqs tueront les poules pour leur prendre la pauvre mousse qui leur restera et quand, de ce fait, l’homme regardera en face la vérité, que symbolise le faucon (Signe xvi/15). Non seulement la parole du Créateur l’annonce, mais ça tombe sous le sens.
Soyons donc sereins et forts dans la vie spirituelle, parce que la vie matérielle nous réserve d’amères surprises, comme déjà nous y préparait Jésus voilà 2.000 ans : La vie (Le Signe dit l’ha, xxxix/5-11) d’un homme n’est jamais assurée par ses biens matériels (Luc 12/15).
Mais l’homme peut mourir de la crise spirituelle.
Avant que Jésus ne m’apparaisse et ne me parle, en 1974, je croyais que l’homme était irrémédiablement mauvais, voué à la damnation éternelle et ne pouvait être sauvé que par la sainte miséricorde que la religion prétend lui assurer en échange de sa fidélité aux credos, aux lois religieuses et, dans certaines églises, aux sacrements.
Depuis 1974, chaque jour, Le Signe me crie tout le contraire, et j’enseigne à des hommes tout le contraire, à savoir que l’humain, croyant ou non, peut se sauver, vaincre le mal, retrouver le bonheur, mais seulement par lui-même et en pratiquant en toute circonstance l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles, que Le Signe englobe sous le terme actif de pénitence. La pénitence qui n’est ni tristesse ni austérité, mais joie et fête (Signe 30/11). Malheureusement l’humanité n’évolue pas dans ce sens. D’où la nécessité de notre mission.
C’est cela que j’enseigne depuis 1974, et comme il n’est pas d’enseignement vraiment donné dans l’amour s’il ne se nourrit pas lui-même des pensées et expériences de son auditoire, il faut un incessant échange entre eux. C’est l’utilité de ce blog.
Le défaut ou la faiblesse d’un blog est le défaut même de tout l’Internet (ou de tout livre), c’est de n’être fait que de mots et d’images.
De ce fait, l’Internet ne revêt ni l’importance ni l’efficacité qu’on lui prête à tort, parce que l’Histoire — l’évolution — n’est pas faite de mots et d’images, mais de faits et d’actions.
Il y a en ceci une assurance et une leçon.
L’assurance est que nous, Pèlerins d’Arès — y compris l’aîné (Signe 16/1), le plus calomnié —, n’avons pas lieu de demeurer exagérément inquiets des dénigrements et bobards qui les noircissent sur l’Internet ou dans des publications. C’est là l’écrivasserie, généralement anonyme, du racisme, du contre-propagandisme, de l’esprit petit-bourgeois, parfois de la haine, bref, des piteux qui vengent leur langue cousue (Signe xii/3) en imitant la casserole médiatique (xviii/6). Ces gens se paient de mots — le bruit — qu’aucun fait n’étaye. L’Histoire nous rendra justice. Nous sommes d’honnêtes gens, dont la seule faute est, comme chantait le ménestrel, de déplaire aux « braves gens » qui « n’aiment pas qu’on prenne un autre chemin qu’eux » (« La Mauvaise Réputation », Georges Brassens).
La leçon pour nous, Pèlerins d’Arès, c’est qu’il faut absolument sortir des mots, dont nos détracteurs, eux, ne peuvent pas sortir, pour développer l’action, qui est notre meilleur démenti à leurs dénigrements et calomnies.
C’est pourquoi je regrette de me trouver seul, loin de mes frères, parce que cette distance m’empêche de chercher et pratiquer coude à coude avec eux l’action. Du moins, par ce blog, je peux encourager mes frères à passer des mots à l’action, parce que les mots, tracts, affiches, vitrines présentent des idées, mais n’ont jamais sauvé personne. L’action de la pénitence et de la moisson des pénitents a commencé il y a vingt-cinq ans, c’est très bien, mais il faut aussi développer les actions publiques incitatrices concrètes.
Il y a des raisons, Le Signe le démontre, d’être pessimiste sur l’avenir, mais il y a des limites au pessimisme.
Ce monde majoritairement rationaliste, qui de ce fait devrait être « réaliste », je m’étonne de le voir plus pessimiste que nous. Regardez les écologistes ! Ne voient-ils pas que, déjà au temps où les dinosaures régnaient en maîtres, il y avait des raisons d’être écologiste et pessimiste pour l’avenir de la planète ? Pourtant la planète, home de l’homme, créature privilégiée du Créateur, est toujours là et demeurera malgré les nouveaux dinosaures que sont le dioxyde de carbone, les insecticides et le réchauffement climatique. L’absence de foi et d’espérance rétrécit la raison. Le Signe ne s’inquiète ni de la disparition des éléphants et des gorilles ni du manque de pommes de terre écologiques, mais elle s’inquiète de la disparition de la bonté et de l’amour. C’est l’amour qu’il faut sauver !
Il nous faut innover en action.
Nous devons inspirer à l’homme des actions, qu’il ait envie d’essayer, de reproduire à notre suite, et qui puissent, ce faisant, le convaincre que l’avenir et même le bonheur et la réussite terrestres sont dans le bien. Nous devons démontrer à l’homme que la foi et l’espérance donnent force et lucidité, que l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles sont les composants de la vertu, seule dynamique lucide d’une vie réussie… et d’un monde changé (Signe 28/7).
Le monde reçoit mal le message du Signe, quand il n’est fait que de mots. C’est parce que, comme disait le savant Jean Rostand, « la vérité a forcément un goût de vengeance. » Les mots crus de la vérité font reculer beaucoup, sauf quelques hommes d’exception, les rares qui voient au-delà des mots. Or, le petit reste que le Père nous envoie rassembler (Signe 24/1) n’est pas fait d’hommes d’exception, mais de pauvres types comme vous et moi. C’est si le mot « vengeance » qu’utilisait Rostand perd le sens de représailles — de vengeance sans fin (27/9) — et prend le sens de démenti démontré, prouvé, bref, d’action et de fait conduisant au bien et au bonheur, que notre message passe.
Être compris du monde devrait être de plus en plus facile, parce qu’il y a de moins en moins de blocs opposés. La société devient un patchwork. Tout se mélange dans le monde : les races, les éducations, les métiers, etc., ce qui est bien, parce que de cette façon les préjugés et les privilèges s’évanouissent. On ne peut pas empêcher ce mélange. C’est une grande espérance.
Vous pouvez les consulter en cliquant sur ce lien.
© Michel Potay 2008 — Tous droits réservés


Passer de la foi et de la pénitence à l'audace de la foi et de la pénitence
Il faut passer de la foi et de la pénitence à l'audace de la foi et de la pénitence.
C'est-à-dire, sortir des habitudes de foi et de vertu passives que la religion a données à ses fidèles pendant des siècles afin de réserver, autant que faire se pouvait, à son personnel ecclésiastique le privilège, voire l'exclusivité de l'action publique. Non qu'il n'y eût des laïcs engagés dans des actions de charité, mais, sauf dans le domaine de la charité, il n'y avait pas grand monde pour mettre au point des projets d'actions publiques incitatrices concrètes, parce que l'imitation de Jésus, un anticonformiste s'il en fut, portait à un certain défi ou déni des pouvoirs, des habitudes sociales et de certaines prospectives politiques ou juridiques, bref, portait à un certain "désordre", que la religion n'aime pas. La religion n'a jamais aimé pour ses fidèles la liberté du poulain libre du harnais (Le Signe 10/10).
De ce fait, l'évolution s'est faite dans le sens d'un étouffement de la vie spirituelle concrète, de l'imagination créatrice dans ce domaine. La religion nous a en quelque sorte stérilisés ; elle a fait de nous des sujets plus ou moins passifs du système d'Adam tel que Le Signe (2/1-5) en décrit l’origine.
Il faut donc renaître de cette stérilité, renaître à l'imagination et à l'audace d'entreprendre. [87C02*01/11/2008]
Innover, voir au-delà, avoir le coup de foudre pour une autre relation à la société
Il y a quelque chose de stupéfiant et même de bizarre dans l'éducation des chrétiens, pour ne pas dire quelque chose de très paradoxal. Éduquer des jeunes chrétiens dans la soumission au système, ce système que Jésus cherchait tant à réduire à rien ou à une simple fonction de gestion dans l'esprit de son auditoire, est contradictoire.
Pourtant, pendant des siècles, tout le monde s'est accordé à former les chrétiens dans l'ignorance de leur foi conquérante par l'amour, le pardon, la paix, la liberté et l'intelligence spirituelles, et même à leur inculquer une honte profonde devant toute idée d'insoumission aux pouvoirs du monde. La raison en est évidemment simple et fournie par Le Signe qui ne distingue pas entre princes du culte religieux et princes du culte politique : La religion étant mère de la politique qu'elle a précédée défend toujours naturellement les intérêts de sa fille. Intérêts toujours liés. Le fidèle doit être un citoyen soumis non seulement à la politique, mais aux traditions, aux mœurs, à l'éducation, etc.
Cette culture, que nous avons tous héritée, réduit évidemment considérablement le champ d'actions possibles, sauf la charité, laquelle ne menace aucun pouvoir et fait toujours bien dans le tableau.
Bref, pour la religion-système le chrétien — or, un Pèlerin d'Arès est un chrétien, même s'il se réduit au Sermon sur la Montagne — ne doit pas avoir une pensée pour l'action qui s'évaderait de la gamme des actions dûment consacrées par le système. Mais même dans ce domaine, je le dis en passant, je crois qu'il y a encore beaucoup à innover.
J'ai toujours découragé la politique politicarde chez nos frères, parce que le Père n'espère rien de sublime pour l'homme de cette politique-là. Or, c'est le sublime que nous devons viser. Il y a là, il y a sûrement là, puisque le Père nous y appelle, une autre politique — j'emploie ce mot faute de mieux — à inventer.
L'obstacle à l'invention ici est indiscutablement la soumission à un certain domaine d'idées reçues des anarchistes ou des soixante-huitards ou de la lutte syndicale ou de l'écologie, dans lesquelles beaucoup des nôtres baignent encore, en croyant que c'est dans ce sens que va Le Signe. Cela les empêche d'innover, de voir au-delà, d’avoir un coup de foudre pour une autre relation à la société, fondée sur l'amour, le pardon et le respect de tous les autres et non fondée sur le manichéisme plus ou moins larvé qui caractérise encore malheureusement les idées libératrices en vigueur. [87C04*01/11/2008]
L'audace de tout nouveau venu est accueillie et même attendue
"L’Œil S’ouvre" désignait de grandes missions à Paris en 1988, 1989 et 1990, qui amenèrent tant de sœurs et de frères à notre assemblée. Certains d'entre eux prirent la fuite, déçus par le manque d'audace qu'ils constatèrent chez nos frères. Ils oublièrent que l'audace de tout nouveau venu est accueillie et même attendue, parce que les plus anciens sont parfois plus timides, mais eurent aussi le mérite de mettre, en temps plus héroïques, toute leur foi dans Le Signe. Personne ne devrait reculer devant l'action, mais personne ne devrait reculer devant ceux qui ont peur de l'action. Un peuple est forcément fait de toutes les natures.
Néanmoins, "L’Œil S’ouvre" n'était jamais qu'une vitrine transportée sur la piste du Cirque d'Hiver à Paris. C'était une action de propagande spirituelle, mais rien ne prouvait aux spectateurs qui me voyaient parler que j'étais vraiment un pénitent, un homme dont la vie avait été transformée par la pénitence préconisée par Le Signe. Je pouvais n'être qu'un vulgaire baratineur.
Cela me rappelle l'histoire, racontée par je ne sais plus qui, de ce géomètre, pragmatique comme tout géomètre, sortant du théâtre où l'on venait de jouer "Iphigénie" et qui dit : "C'est fait de grands sentiments, mais on n'y prouve rien."
L'action, c'est justement une application pratique — j'ose dire géométrique — de ces grands sentiments, une application qui en prouve la valeur et/ou en donne un exemple vivant. [87C06*01/11/2008]
Sur l’audace d'agir pour réveiller les consciences
À un commentateur qui raconte avoir osé exprimer son pardon à sa concierge — coupable de répandre des ragots — et qui a pu constater, par la suite, que ce geste avait porté ses fruits, Michel Potay répond :
C'est vrai que nous avons le défaut du scepticisme de notre temps. Nous ne croyons pas aux élévations possibles de l'esprit et du cœur, autres que celles qui durent, mettons, un quart d'heure comme les moments d'émotion au cinéma. Nous croyons que nous sommes ridicules en essayant d'élever le sentiment. Pourtant, l'âme ne se crée qu'une fois montée par cet ascenseur des sentiments.
La foi commence généralement par une émotion, quand cette émotion à la particularité de durer.
L'histoire de votre concierge m'a beaucoup intéressé. j'ai moi-même observé des changements inattendus et durables chez des gens que je croyais irrémédiablement ras-de-terre après que j'eus le courage d'agir pour réveiller leur conscience.
Quand on considère l'effet que peut exercer sur un individu une observation, disons philosophique (c'est plus flatteur que critique), de son comportement, quand on voit qu'elle peut l'ouvrir à la découverte de soi, on perd la crainte d'être ridicule ou d'être mal accueilli quand on leur fait des observations avec bonté, sans prétention ni orgueil, dans un langage fraternel d'égal à égal — Le monde n'a pas besoin de donneurs de leçons, de confesseurs, d'exorciseurs, mais de frères et de sœurs.
Sans doute, ça ne réussit pas à chaque fois, mais il ne faut jamais se décourager. C'est en effet une action comme une autre. Une action parmi beaucoup d'autres, car la panoplie d'actions d'un vrai Pèlerin d'Arès, d'un vrai chrétien, doit être large.
Votre concierge a mis du temps à comprendre ce que vous lui aviez dit. C'est parce que nos actions ne sont jamais, ou ne sont que très rarement, comprises du premier coup. Sur le moment, soit elles plaisent, soit elles déplaisent. Ce qui ne présage pas de leur effet futur, puisque, comme vous l'avez vu, votre concierge eut une première réaction négative (les yeux comme des mitraillettes), mais vos paroles par la suite lui revinrent à l'esprit. Elle les ressassa et ressassa, sûrement, et finalement elle leur trouva une qualité qu'elle eut envie d'imiter. Si, en plus, nos actions intéressent, ce qui est déjà un gros succès, elles n'émergent à l'intelligence qu'avec le temps. [87C07*01/11/2008]
Sur la difficulté à sortir des mots et des idées
À une commentatrice qui demande : "Espérez-vous de vos frères des actions plus audacieuses, de grandes envergures ou dans des contextes différents qu'une exposition ou autre causerie ? Avez-vous des exemples d'idées que les assemblées n'ont jamais proposées ?", Michel Potay répond :
Relisez bien mon entrée 0087 et vous verrez que vous ne proposez encore... apparemment du moins, car tout dépend du ressenti de votre auditoire... vous ne proposez encore, donc, que des mots ou des échanges de mots, seulement plus élaborés.
Oui, bien sûr, J'ai quelques idées, dont certaines déjà depuis longtemps inspirées à des frères, des sœurs, des groupes, des missions, qui les ont appliquées ou non, je n'en sais rien, car nous sommes des croyants libres (10/10) qui n'ont pas de rapports à faire au témoin du Signe, qui n'est pas un chef (16/1).
Mon entrée 0087 n'est qu'un rappel ou une incitation si les recommandations que je fais depuis plus de trente ans ne sont pas suivies ou pas assez suivies.
Par ailleurs, ceci est un blog public, non un blog interne à l'assemblée des Pèlerins d'Arès, et les détails pratiques de la pénitence et de la moisson, qui sont purement internes, n'y sont pas le sujet. Le sujet de ce blog se situe dans la pensée générale que l'actualité et des faits de la vie peuvent susciter chez le Pèlerin d'Arès que je suis parmi les autres Pèlerins d'Arès. [87C08*02/11/2008]
Sur la réflexion de groupe et l’action publique efficace
À un commentateur qui écrit : "On a toujours la déformation religieuse qui consiste à penser que croire suffit pour avoir une belle âme et on ne prend pas garde qu'on reste orgueilleux, capricieux, égoïste, autoritaire, lâche", Michel Potay répond :
Ainsi chacun dans le groupe reste sur son quant-à-soi, sur sa peur, sur ses goûts, etc. et l'action qui devrait commencer dans le groupe afin d'y former ce que Le Signe appelle d'un mot mystérieux : la polone (xxxix/12-13), l'âme collective, l'âme du peuple, eh bien, hélas oui, comme le dit ce commentaire, cette action ne se fait pas. On en reste aux mots et l'idée proposée par un frère est refusée avant d'avoir fait son chemin dans les esprits et dans les cœurs des autres frères. Comment donc une assemblée qui réfléchit aussi peu pourrait-elle concevoir des actions publiques efficaces ?
Cela me rappelle un mot de Poincaré qui disait (je cite de mémoire) : "Douter de tout ou croire à tout, c'est bien pratique, parce que ça nous empêche simplement de réfléchir."
C'est tout l'apprentissage de la liberté, au sens que donne dans tout son contexte Le Signe à la liberté, qui est en jeu.
Si la réflexion de groupe est vraiment active, constructive, créatrice, si elle est vraiment autre chose que ce carrefour de mots et d'idées qu'on appelle à tort "réflexion", où chacun reste en général sur ses positions — et ne cède que parce qu'un vote en a décidé ainsi —, alors oui, la réflexion de groupe est bien une action publique. Elle construit. Elle agit, au sens fort.
Si un échange de mots conduit les participants d'une réflexion collective à reconstruire leurs conceptions des choses, des événements, des projets, etc., c'est indiscutablement une action. Si ce que les auditeurs ressentent en vous écoutant ou en vous lisant les conduit à une nouvelle conception active qui changera leur vie (30/11), les mots sont devenus action. Mais c'est assez rarement le cas.
Et de toute façon il y a beaucoup d'autres types d'action, qui ne sont pas fondés que sur des mots, des actions assez incitatrices pour provoquer un changement véritable, et parfois ces actions-là sont tout à fait silencieuses, sans mots.
Un exemple d'action par une pénitence ou pratique du bien véritablement accomplie, est l'action que je recommande souvent à ceux qui vivent, à cause de leur foi mise dans Le Signe, en conflit avec leur famille. Je leur dis ceci :
"Quand vous avez assez dit tout ce que vous aviez à dire du Signe et de vos raisons d'y croire et que les vôtres continuent de s'y opposer ou de se moquer de vous, cessez d'en discuter avec eux, car alors ils ne pourront plus être convaincus, s'ils doivent l'être un jour, que par des faits. Contentez-vous d'aimer, de pardonner, de maintenir la paix — souvent un baiser de toi fera plus qu'un discours (Signe 23/6) — de respecter la liberté de chacun, de partager leurs joies, de montrer de l'intelligence du cœur, et de vous dispenser de l'inacceptable avec modestie sans vous faire donneur ou donneuse de leçon."
Souvent, ce bien silencieusement accompli, cette démonstration de la plus grande largesse d'esprit dans la douceur, a conduit à la longue à des conversions inattendues à l'idée que le bien peut en effet conduire au bonheur.
L'action publique commence beaucoup plus près de soi qu'on ne pense. Il sera plus facile de l'appliquer sur la place publique ensuite, et là, les idées, si vous les cherchez vraiment, foisonneront. Si les idées ne vous viennent pas, c'est peut-être parce que votre pénitence personnelle n'est déjà pas suffisante. [87C09*02/11/2008]
Sur les raisons qui ont amené les missionnés de "L’Œil S’ouvre" à repartir
Je n'ai jamais dit que des missions de type "L’Œil S’ouvre" n'étaient pas utiles. J'ai dit dans mon entrée 0087 qu'il y a quand même toujours "quelques hommes d'exception, les rares qui voient au-delà des mots." Ce sont ceux-là que "L’Œil S’ouvre" nous a amenés, mais ce n'étaient que quelques-uns parmi les 2.000 spectateurs du Cirque d'Hiver. Les autres, l'immense majorité, m'ont sans doute pris pour un baratineur.
Les hommes et femmes exceptionnels que "L’Œil S’ouvre" nous amena en 1988, 1989, 1990, sont pour beaucoup repartis et à cause de quoi ? À cause du manque d'action de bien et d'intelligence à l'intérieur même de notre assemblée. C'était mon inquiétude devant ces départs qui motiva ma grande réunion de l'Espace Moncassin à Paris (15e) en 1992*.
N'interprétez pas mes propos comme un manque d'espérance ou une déception, mais interprétez-les comme une incitation à faire beaucoup mieux, beaucoup plus.
*En 1992, Michel Potay invita ses 421 correspondants de Paris et d’Ile-de-France à un week-end de réflexion sur la naissance et la croissance d’une assemblée de Pèlerins d’Arès [87C10*02/11/2008]
Sur l’action qui éveille ou réveille la foi
La charité est la seule action qu'ait conservée la religion. Il nous faut en trouver d'autres.
En attendant de les trouver, c'est une tendance naturelle que de penser que, musclés par la passion de la foi, habillés de la magnifique parure du Signe, nous puissions par la seule ardeur des mots porter le monde à nous croire, à nous suivre et à changer (Signe 28/7). C'est une tendance naturelle que de penser que, si nous voyons la Vérité, les autres la verront, et que, si nous savons employer les mots qu'il faut et les rendre aussi musicaux, aussi chauds que possible, nous changerons le monde (Signe 28/7). Ce que dit mon entrée, c'est qu'il ne faut pas en rester là.
Mon entrée 0087 l'a dit, il n'y a que "quelques hommes d'exception, rares, qui voient au-delà des mots", et j'ajoute que c'est la même chose pour ceux "d'exceptions, rares, qui peuvent se faire comprendre par des mots seuls."
Or, rappelle encore mon entrée 0087, "le petit reste que le Père nous envoie rassembler (Signe 24/1) n'est pas fait d'hommes d'exception, mais de pauvres types comme vous et moi." Il nous faut donc, outre les mots, l'action pour nous faire comprendre, pour nous faire reconnaître de ceux que le Père nous envoie moissonner.
Les mots, nous sommes bien obligés de les utiliser, puisque le Père lui-même les utilisent dans Le Signe, mais s'il envoie au-devant des hommes un petit reste prophétique, c'est bien parce qu'il sait, lui le Père, que ses mots ne suffiront pas et qu'il faut aussi — AUSSI — une action. Oui, n'oubliez pas que le Père a besoin d'un prophète et d'un prophétisme pour mettre en œuvre sa Parole, pour la transformer en accomplissement, en action donc. Et à cela tout homme de bien est appelé !
Il nous faut donc cesser de promener sur les hommes une façon d'évaluer le travail à faire à travers la foi passionnée, parce qu'elle tournera bientôt en foi intellectuelle. C'est ce qui est arrivé à la religion qui, à l'origine, avait une foi passionnée. Jésus le savait bien et c'est pourquoi il faisait des miracles, il guérissait des malades notamment, mais que disait-il au miraculé ? "Tu es guéri, rentre chez toi" ? Non, il disait : 'Va, ta foi t'a sauvé !" Il ne dissociait pas la foi de l'action, mais nous, nous sommes bien incapables d'être de tels guérisseurs, alors nous avons besoin d'un autre type d'action pour éveiller ou réveiller la foi. La charité en est une, mais il y en a quantité d'autres qu'il nous faut retrouver, ré-imaginer.
Cela n'empêchera pas notre action d'être pleine d'une indéracinable ivresse de foi, mais ce sera une action, une preuve ou, à tout le moins, une démonstration, et non seulement des mots, des tracts, une vitrine, une affiche, un panneau, même si ceux-ci sont nécessaires pour introduire ou expliquer l'action. Ce sera un acte d'amour !
Si, outre que je dis à un homme : "Je t'aime," je peux aussi apporter une preuve de mon amour, je me ferai reconnaître par cet homme comme un moissonneur du Père plus facilement. Cela tombe sous le sens. [87C11*02/11/2008]
Sur la co-responsabilité de la dette abyssale
À un commentateur qui demande :"N’est-ce pas la spéculation sur les actions placées en bourse, ceux qui font uniquement de l’argent avec de l’argent, au lieu de permettre aux entreprises de l’utiliser et de se développer qui fait dérailler le système ?", Michel Potay répond :
Si je veux la liberté d'exprimer la Vérité que le Père m'envoie donner au monde, je dois laisser aux menteurs la liberté de mentir. Si je veux laisser au monde la liberté de travailler pour le bien de tous et notamment celle du commerce dont sortira une saine prospérité, je dois laisser à ceux qui travaillent pour leur seul bien égoïste et avide et notamment aux banques et aux spéculateurs (dont les caisses de retraite, eh oui !), qui gèrent mal l'argent qu'on leur confie, la liberté de le faire. La liberté est absolue ou n'est pas. C'est au bien de faire valoir qu'il est supérieur au mal. D'où la nécessité de l'action.
Mais Les choses ne sont pas aussi simples et manichéennes que vous le croyez. Elles sont beaucoup plus troubles et nous y sommes tous mêlés. Je vais m'expliquer sous la forme d'une image :
Si je prête à Tartempion toutes mes économies, mettons 20.000 Euros, il va peut-être me verser les intérêts de ce prêt, mettons 3%, soit 600 Euros par an. Cela ne me permettra même pas de vivre, parce que si Tartempion ne me rend jamais mon argent, je ne peux rien faire, ni acheter une maison, ni même des meubles, rien. Alors, quand j'ai un gros besoin, qu'est-ce que je fais ? J'emprunte à mon tour 20.000 Euros à Zanzimachin sur garantie de la créance dont je suis le propriétaire, parce qu'elle apparaît à l'actif de mes comptes, mais en fait ce n'est que du vent, parce que cet argent, je ne l'ai pas en réalité. Ce n'est que de l'argent qu'on me doit, de la monnaie de compte.
Eh bien, Tartempion, c'est, par exemple, l'état français qui a emprunté 1.200 milliards d'euros à des banques. L'état français règle scrupuleusement aux banques en question les intérêts, mettons 3%, soit 36 milliards d'euros par an, mais les banques arrivent tout juste à fonctionner avec ça (payer leurs personnels, les frais généraux, les assurances, etc.). Dès qu'elles veulent prêter de l'argent aux entreprises, aux particuliers, eh bien, elles n'ont pas l'argent en question, l'argent que ne leur rend pas l'état français. Alors, elles empruntent à d'autres banques sur garantie de la créance qu'elles ont sur l'état, mais en fait ce n'est que du vent, parce que l'argent en question, l'état français l'a investi dans des grands travaux, des salaires de fonctionnaires, des dépenses militaires, des caisses de retraite, de sécurité sociale, bref, des dépenses de toutes sortes... Cet argent n'a pas été gaspillé, des dépenses le justifient, mais cet argent n'existe plus ! L'état américain, lui, a, je crois, emprunté quelque 8.000 ou 10.000 milliards de dollars et tous les états pareillement... Les banques n'ont plus cet argent. Ce n'est plus que de la monnaie de compte, de comptabilité, de créances... du vent ! Et ainsi, de banque en banque, on s'emprunte du vent. Tout le monde finit par vivre à crédit. Or, nous, citoyens du monde, avons tous bénéficié des emprunts des états. Nous sommes bien tous responsables d'avoir vécu au-dessus de nos moyens. Un point, c'est tout.
Les spéculateurs dans tout ça (toutes les caisses de retraite spéculent) ne représentent pas la plus grande responsabilité dans la crise, et c'est pourquoi la crise est en réalité devant nous, parce que l'état des dettes, donc des créances, n'a pas changé, lui. Pour tout remettre à zéro, il faudrait que l'argent soit rendu aux banques, c'est-à-dire à vous, à moi, à nous tous qui sommes les clients des banques ; et c'est impossible dans l'état actuel des choses. Rien que pour la France, il faudrait que chaque citoyen verse, je crois, quelque 18.000 ou 20.000 euros. Notre dette à nous-mêmes est énorme. C'est une situation folle, ubuesque.
Autrement dit, c'est la politique le grand responsable de la crise et c'est pourquoi la politique, très redevable aux banques, a bien été obligée de laisser pendant vingt ans les banques, privées d'argent, chercher et exploiter des "produits bancaires" nouveaux très hasardeux, mais ça n'a pas très bien marché. On ne peut pas indéfiniment vendre du vent.
Il n'y a plus qu'à espérer que la monnaie, le compte, le vent, remplace la vraie monnaie sonnante et trébuchante ? C'est, je pense, ce que le G8 va essayer de faire. C'est comme ça depuis que l'étalon or a disparu, depuis la guerre de 1914-18. Ça tiendra le temps que ça tiendra.
L'image que je viens de faire, pour schématique, voire caricaturale qu'elle est, est la bonne façon de voir la réalité.
Croyez-moi, ce monde est très malade, mais il ne faut pas désespérer. Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. [87C12*02/11/2008]
Sur un membre actif du grand reste
À un commentateur qui confie qu'agir, pour lui, c'est "lancer par-dessus les toits d'inattendus concentrés de vie", et suggère de cultiver l'art de surprendre sans jamais lasser, en restant chaleureux et ouvert dans le partage de ses expériences, Michel Potay répond :
Je profite de ce moment pour signaler que vous êtes un ancien journaliste, que je connais depuis plus de vingt ans et qui, avec le courage du témoignage et un esprit constructif, un courage et un esprit constructif que parfois des frères plus proches ne montrent pas à ce point, continue d'affirmer l'espérance qu'il place dans Le Signe.
Pour autant, vous n’êtes pas un Pèlerin d'Arès.
N'oublions pas que beaucoup en ce monde, la majorité de ceux qui mettent leur foi dans la Parole d'Arès, ne sont pas Pèlerins d'Arès au sens spécifique que nous donnons à ce terme pour désigner un petit reste de pénitents et moissonneurs plus strictement proches du témoin d'Arès, de sa mission et de son enseignement. Ils ne sont pas Pèlerins d'Arès non par manque de foi, mais en raison d'un rendez-vous manqué avec l'assemblée, pour cause d'isolement social ou géographique, d'incompatibilités diverses, de déceptions ou mésententes purement humaines, de divergences de vue, de philosophie, d'esprit d'indépendance prononcé, etc. Ils font cependant partie de l'immense assemblée universelle de ceux qui, dans le monde, ont déjà entendu l'Appel lancé par le Père à Arès et qu’ils répercutent en toute liberté que ce soit de façon privée ou de façon publique.
J'ai pour ma part toujours respecté cette liberté. Je n'interviens pas dans la forme que ces frères et sœurs libres donnent à leur témoignage, parce que c'est au monde que le Père a donné son Message et parce que les Pèlerins d'Arès proprement dits forment seulement un petit reste de pénitents et moissonneurs plus spécifiquement, qui ne prétendent pas être une élite, mais qui sont par vocation plus étroitement moulés sur la personne du témoin, que Le Signe appelle prophète, comme je le dis plus haut.
Vous êtes donc un membre actif de ce grand reste (voir "Nous Croyons, Nous Ne Croyons Pas") qui, à côté du petit reste, où parce que le petit reste n'a pas su lui trouver sa place en son sein, continue de défendre publiquement l'authenticité et l'honorabilité du grand Message adressé à la Création à Arès en 1974 et 1977. [87C15*03/11/2008]
Sur la grandeur invisible parce que non médiatisée
À une commentatrice rapportant les propos de sa fille : "Il y a eu Mère Thérèsa et maintenant que sœur Emmanuelle est décédée, il n'y a plus personne !", Michel Potay répond :
Vous auriez aussi pu lui dire : "Il n'y a plus personne de médiatisé, de médiatisé comme ceux-là l'ont été, c'est tout ! Mais tu peux être sûre, ma fille, qu'il y a dans ce monde des milliers de Térésa et d'Emmanuelle et de Pierre, complètement inconnus, mais tout aussi actifs auprès des déshérités. L'humanité n'est pas aussi nulle qu'on le dit ! Il ne faut pas juger les hommes à l'aune de la télévision et des journaux."
Il ne viendrait à l'idée d'aucun Pèlerin d'Arès de discréditer la charité humanitaire des Sœurs Térésa et Emmanuelle et de l'abbé Pierre, mais il faut quand même dire, pour aller au bout de la vérité, que la générosité de ces braves gens n'a pas été jusqu'à être généreuse pour les Pèlerins d'Arès, qu'ils ont considérés comme des gogos ou des illuminés, voire des menteurs, sans y regarder de plus près. C'est le cas de Sœur Emmanuelle et de l'Abbé Pierre. Pour Sœur Térésa, je ne sais pas. Ces trois-là étaient, de toute façon, des femmes et hommes d'appareil, des religieux tout dévoués à leur église. Leur générosité n'allait pas jusqu'à respecter une Vérité qui n'allait pas dans le sens de leur hiérarchie.
Nous ne leur en voulons pas. Ils n'étaient d'ailleurs pas les seuls dans ce cas. Je souligne ce point simplement pour dire qu'il ne faut pas s'exagérer leur grandeur. On ne peut pas limiter la grandeur humaine à l'aide aux loqueteux et aux affamés. Nous, Pèlerins d'Arès, nous nous dévouons pour ouvrir les yeux de l'humanité sur les causes mêmes des loques et de la faim : le système d'Adam, l'absence de vie spirituelle, de pénitence notamment, et je prétends que notre grandeur, qui de plus est ingrate et ne vaut aucun compliment du monde et n'amène aucune caméra de télévision chez nous, vaut bien la grandeur des Térésa et Emmanuelle. [87C17*03/11/2008]
Les mots ne suffisent pas, la pénitence non plus, il faut des actions susceptibles d'amener le public à une forme de pénitence
L'action, c'est la démonstration concrète de la valeur des mots. Il faut ré-imaginer l'action qui, à l'heure actuelle, n'existe à peu près plus que sous forme de charité humanitaire. Nous y avons ajouté la pénitence et c'est déjà considérable, mais les bienfaits de cette pénitence ne sont pas assez souvent démontrés par des actions.
Par exemple : La pénitence comporte le pardon. Il faut donc pardonner, pardonner à tout le monde, y compris aux grands fauteurs de mal, mais comment démontrer que le pardon est sagesse — et humanité au même titre que de nourrir l'affamé — et qu'il faut en courir le risque, si ce risque est fait du souci d'encadrer le pardonné, de l'aider à évoluer vers le bien, le respect des autres, etc. ? Oui, comment dans un système où la loi est encore écrite et appliquée dans un esprit de menace, de punition, de vengeance ? C'est évidemment une entreprise très, très difficile, parce qu'elle va contre les idées reçues, contre les peurs, contre la barbarie de notre système, contre les bonnes intentions vite découragées sous le prétexte que c'est "souhaitable mais inapplicable" ? Que vaut pour nous Le Signe, si nous le déclarons inapplicable ?
J'avais au début des années 80 préconisé une Association "Le Pardon comme Reconstruction de l'Homme" pour visiter les prisons ou du moins revendiquer inlassablement le droit de le faire, mais aussi exercer une influence sur les juristes, les législateurs, etc. À l'époque j'étais préoccupé par d'autres urgences internes à l'assemblée et j'avais peu de temps pour m'occuper de cela, mais mes frères de l'époque étaient très sceptiques, aucun d'eux ne m'a proposé de s'occuper de ce projet, qui termina dans l'oubli, comme "Sentiers".
J'ai toujours été convaincu que Mr George W. Bush aurait fait l'économie de la guerre et des malheurs de la guerre et se serait grandi, lui un chrétien baptiste pratiquant, s'il avait lancé sur les ondes cet appel pathétique après l'attentat du 11 Septembre 2001 : "Qui que vous soyez, nous vous pardonnons cet acte affreux, parce que Dieu recommande le pardon dans la Bible comme dans le Coran. Mais qu'avons-nous fait qui justifie ces meurtres ? Si nous avons fauté envers vous, nous vous demandons pardon, mais quoi qu'il en soit, rencontrons-nous, parlons, parlons les yeux dans les yeux, pour que vous compreniez que cet acte épouvantable ne vous est d'aucun avantage, ne rapportera rien à personne, ni de juste ni d'utile, et qu'il ne soit pas répété et ne nous contraigne pas à une défense légitime violente."
Pour en revenir à mon projet d'association pour le pardon, ils étaient si sceptiques, mes frères, que je me souviens d'une soirée, lors d'un Pèlerinage, où j'avais réuni dans l'exèdre, après la prière, une quarantaine de pèlerins pour parler de la peine de mort, qui était encore en vigueur en France. Je voulais les encourager à s'engager dans un combat pour le pardon des grands criminels, l'effort de les aimer, de les guérir, de les accompagner dans leur réhabilitation. Bref, il était temps de faire faire un grand saut à l'humanité après cet événement extraordinaire : Le Signe. Eh bien, parmi ces quarante pèlerins, nous n'étions que deux, moi-même et notre frère Claude de Suisse, pour démontrer la barbarie de la peine de mort. Je disais : "On ne tue pas un barbare sous prétexte qu'il est barbare. On le civilise. Si on refuse de le civiliser, c'est qu'on est hanté par le désir malsain de la vengeance, doublé du sentiment qu'on lui est supérieur, qu'on est meilleur que lui. Cela va contre la Parole du Père (Signe 27/9)."
Les temps de comprendre cette Parole et de l'appliquer sont peut-être venus après 25 ans de pénitence ?
Mais ce n'est qu'un exemple parmi d'autres, du reste plus facile à mettre en œuvre sûrement. Cherchez et vous verrez que les idées ne manquent pas, même au plan strictement spirituel.
Non, les mots ne suffisent pas. La pénitence personnelle est une base active, une action incontournable, mais elle-même ne suffit pas, il faut aussi s'engager dans des actions plus visibles, susceptibles d'amener le public, lui aussi, à une forme de pénitence, pour amener le public à développer la polone (Signe xxxix/12-13) parallèlement à chacun de nous qui développe son âme (Signe V.17). [87C20*04/11/2008]
Sur la défense de l’honneur du prophète
À un commentateur qui invoque des accusations aussi calomnieuses qu'infondées à l'égard du prophète, et rappelle la responsabilité de l'assemblée dans la protection de l'honneur du frère aîné, Michel Potay répond :
Il est vrai que je suis un pécheur bien conscient qu'il est pécheur, et peu préoccupé de ce qu'on pense de sa personne, et que cette humilité a pu passer aux yeux des miens comme la circonspection ou la discrétion de quelqu'un qui a beaucoup de choses à se reprocher. Or, il n'en est rien.
J'ai peut-être simplement trop pensé que dans l'extraordinaire aventure spirituelle et prophétique dans laquelle me lançait Le Signe l'adversité la plus méchante était, pour ainsi dire, de règle. N'avaient-ils pas cloué Jésus sur la croix ? Comparé à cette croix, une terrible torture, je n'étais pas vraiment à plaindre, etc., etc.
Toutefois, j'ai quand même été navré des mensonges qu'on a répandus sur mon compte, parce qu'ils retombent, vous avez raison, sur toute l'assemblée, mais comme celle-ci n'a jamais réagi contre ça pendant trente-quatre ans, je me suis dit qu'elle était peut-être meilleure juge que moi en la matière — vox populi, vox Dei (voix du peuple = voix de Dieu) — et que, si elle ne réagissait pas, c'est qu'elle ne pensait pas que me défendre fût important.
J'ai quand même attiré plusieurs fois l'attention de l'assemblée non sur les mensonges qui noircissent ma personne, mais sur les accusations d'esprit sectaire qui noircit toute notre fraternité, accusations qui forment des contre-vérités aussi absurdes que de dire blanc pour dire noir, car l'assemblée que fonde le Créateur par Le Signe est absolument tout le contraire. Il n'y a probablement jamais eu dans l'Histoire une humanité croyante aussi libre que le sont les Pèlerins d'Arès. Je dirais que, même dans le domaine des mots seuls, cela n'a jamais été suffisamment souligné, parce que c'est tellement évident pour les Pèlerins d'Arès qu'ils croient que c'est évident pour le monde extérieur. Nos diffamateurs extérieurs ont beaucoup joué sur cette naïveté intérieure.
Bref, nous avons été des proies faciles, tous autant que nous sommes.
Ceci dit, il y a sûrement une action à engager dans ce domaine, parce que si je suis l'honneur du Créateur (Signe xxxvi/16), il faut évidemment défendre cet honneur. [87C21*04/11/2008]
Sur la seule créature qui soit image et ressemblance
Je ne "méprise" pas les "éléphants, gorilles et pommes de terre écologiques" et ne montre aucun "désintérêt" pour eux. Je dis seulement que le Créateur "ne s'inquiète pas" de leur disparition ou de leur pénurie, mais "il s'inquiète de la disparition de l'amour."
Pourquoi ? Parce que L'homme n'est pas un aurochs (Signe 17/2), lequel a disparu, comme le mammouth et tant d'autres bêtes et bestioles, par milliers d'espèces, depuis l'aube des temps. L'homme, lui, est tout autre chose, il est la seule créature qui soit image et ressemblance de son Créateur (Genèse 1/27).
Aucune comparaison possible entre la créature humaine et les autres animaux, végétaux et minéraux créés.
Je ne méprise pas le reste pour autant, je ne veux la mort des éléphants et des gorilles ni la disparition des patates écologiques, mais j'ai le regard fixé sur autre chose, sur la priorité qui m'est assignée. [87C26*06/11/2008]
À un frère qui confond objet et métaphore
Croyez bien que je respecte toute la création du Père, mais par endroits vous confondez l'objet et la métaphore, ce qui est notamment le cas du mot jardin, qui de toute évidence désigne un jardin spirituel et non un jardin de navets et d'endives, comme la houe (Signe xvi/17) n'est pas l'outil du jardin de terre, mais la pénitence, outil de la Vie spirituelle.
Il est vrai que le Père par Jésus parlait des oiseaux du ciel qu'il nourrit (Matthieu 6/26+) mais ailleurs dans sa Parole il cite les oiseaux comme des écervelés : Vois les oiseaux qui virent et piaillent inutilement (Signe 13/1).
Je ne vois dans tout cela que l'objet de ma mission : l'homme comme créature désignée pour le salut ! [87C26*06/11/2008]
Sur l’insurgeance, qui n’est pas violence
Mon entrée 0087 encourage les Pèlerins d'Arès à l'action.
Pourquoi cette comparaison avec Mai 1968 ? Mai 1968 était, quelle que fût son inutilité aujourd'hui évidente, un mouvement fait dans un esprit de révolte ou de révolution, un esprit de violence. Je me suis toujours refusé à suivre une pareille impulsion.
Je n'ai jamais eu même seulement l'idée "d'inverser les rôles" du Bras et de l'épée (Signe 35/14). Je n'ai pas cessé de freiner ceux de mes frères qui se voyaient très bien, à une certaine époque, faire la révolution. Ce fut pour les calmer une fois pour toute que j'écrivis l’article "Insurgeance."
S'il m'arrive d'avoir les yeux du prophète qui lancent des éclairs (Signe 36/17), ce n'est jamais dans un sens qui contredirait la Parole qui m'a été confiée, mais au contraire dans le sens du respect de la Parole que je rappelle avec vigueur.
C'est bien là, d'ailleurs, toute la difficulté de notre mission.
L'action est nécessaire et nécessairement faite dans la prudence et dans la sagesse qui garde à l'esprit que l'épée n'est pas le Bras qui la soulève, mais cette action doit être quand même inventive, continue, vigoureuse.
L'Action de Dieu est une chose. L'action de l'homme en est une autre. [87C27*06/11/2008]