De gros tintouins et tâches m’accaparent et semblent émousser l’attention que je porte à ce blog.
En fait, ils me forcent seulement à ralentir mon blog, même si les sujets d’actualité ne semblent pas manquer.
Beaucoup de ces sujets ne méritent pas le grand bruit que leur donne les media, marchands de sensation comme les aboyeurs de foire de ma jeunesse.
La crise économique par exemple. Quiconque ayant tant soit peu observé le monde depuis 1975 s’attendait à ce qu’une économie fondée sur l’endettement — et, ce qui est pire, l’endettement en chaîne : la re-re-créance des re-créances des créances — ne se change en commerce de vent. Il faut ou il faudrait tôt ou tard redonner à toute chose son vrai prix, différent de celui écrit dans les comptes et sur les étiquettes, et rendre les emprunts (1.200 milliards d’euros pour le seul gouvernement français). Cette nécessaire rationalisation ne pourra ou ne pourrait que coûter très cher à tout le monde, mais la situation n’est pas si grave, puisqu’on a trouvé dans le monde, en l’espace d’un mois, 4.000 milliards d’euros pour sauver les banques alors qu’on n’en a à peine trouvé, en dix ans, 20 milliards pour sauver les affamés.
De toute façon, nul n’a plus d’intérêt au désastre des banques qu’il n’a intérêt à la disparition du boulanger et du garagiste du quartier qui tomberaient en faillite par mauvaise gestion. Nous avons besoin de ces professions même fautives, comme elles ont besoin de nous pour survivre. Chaque fois que l’un de nous a acheté une machine à laver, une voiture, un appartement à crédit, il s’est fait complice du système bancaire autant que s’en est fait complice l’état en empruntant 1.200 milliards d’euros. La question, on le voit, est existentielle et énorme, mais la vraie crise existentielle est humaine.

Paul Klee : Equilibre chancelant (Source Wikimedia)

Paul Klee  : Equilibre chancelant.
(Source  : Domaine public ; Wikimedia)

Économiquement le pire est à venir, mais nous n’en mourrons pas.
La vraie crise économique viendra, incroyablement cruelle et aberrante, quand l’écorce mangera son propre arbre, quand les coqs tueront les poules pour leur prendre la pauvre mousse qui leur restera et quand, de ce fait, l’homme regardera en face la vérité, que symbolise le faucon (Signe xvi/15). Non seulement la parole du Créateur l’annonce, mais ça tombe sous le sens.
Soyons donc sereins et forts dans la vie spirituelle, parce que la vie matérielle nous réserve d’amères surprises, comme déjà nous y préparait Jésus voilà 2.000 ans : La vie (Le Signe dit l’ha, xxxix/5-11) d’un homme n’est jamais assurée par ses biens matériels (Luc 12/15).

Mais l’homme peut mourir de la crise spirituelle.
Avant que Jésus ne m’apparaisse et ne me parle, en 1974, je croyais que l’homme était irrémédiablement mauvais, voué à la damnation éternelle et ne pouvait être sauvé que par la sainte miséricorde que la religion prétend lui assurer en échange de sa fidélité aux credos, aux lois religieuses et, dans certaines églises, aux sacrements.
Depuis 1974, chaque jour, Le Signe me crie tout le contraire, et j’enseigne à des hommes tout le contraire, à savoir que l’humain, croyant ou non, peut se sauver, vaincre le mal, retrouver le bonheur, mais seulement par lui-même et en pratiquant en toute circonstance l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles, que Le Signe englobe sous le terme actif de pénitence. La pénitence qui n’est ni tristesse ni austérité, mais joie et fête (Signe 30/11). Malheureusement l’humanité n’évolue pas dans ce sens. D’où la nécessité de notre mission.
C’est cela que j’enseigne depuis 1974, et comme il n’est pas d’enseignement vraiment donné dans l’amour s’il ne se nourrit pas lui-même des pensées et expériences de son auditoire, il faut un incessant échange entre eux. C’est l’utilité de ce blog.

Le défaut ou la faiblesse d’un blog est le défaut même de tout l’Internet (ou de tout livre), c’est de n’être fait que de mots et d’images.
De ce fait, l’Internet ne revêt ni l’importance ni l’efficacité qu’on lui prête à tort, parce que l’Histoire — l’évolution — n’est pas faite de mots et d’images, mais de faits et d’actions.
Il y a en ceci une assurance et une leçon.
L’assurance est que nous, Pèlerins d’Arès — y compris l’aîné (Signe 16/1), le plus calomnié —, n’avons pas lieu de demeurer exagérément inquiets des dénigrements et bobards qui les noircissent sur l’Internet ou dans des publications. C’est là l’écrivasserie, généralement anonyme, du racisme, du contre-propagandisme, de l’esprit petit-bourgeois, parfois de la haine, bref, des piteux qui vengent leur langue cousue (Signe xii/3) en imitant la casserole médiatique (xviii/6). Ces gens se paient de mots — le bruit — qu’aucun fait n’étaye. L’Histoire nous rendra justice. Nous sommes d’honnêtes gens, dont la seule faute est, comme chantait le ménestrel, de déplaire aux « braves gens » qui « n’aiment pas qu’on prenne un autre chemin qu’eux » (« La Mauvaise Réputation », Georges Brassens).
La leçon pour nous, Pèlerins d’Arès, c’est qu’il faut absolument sortir des mots, dont nos détracteurs, eux, ne peuvent pas sortir, pour développer l’action, qui est notre meilleur démenti à leurs dénigrements et calomnies.
C’est pourquoi je regrette de me trouver seul, loin de mes frères, parce que cette distance m’empêche de chercher et pratiquer coude à coude avec eux l’action. Du moins, par ce blog, je peux encourager mes frères à passer des mots à l’action, parce que les mots, tracts, affiches, vitrines présentent des idées, mais n’ont jamais sauvé personne. L’action de la pénitence et de la moisson des pénitents a commencé il y a vingt-cinq ans, c’est très bien, mais il faut aussi développer les actions publiques incitatrices concrètes.

Il y a des raisons, Le Signe le démontre, d’être pessimiste sur l’avenir, mais il y a des limites au pessimisme.
Ce monde majoritairement rationaliste, qui de ce fait devrait être « réaliste », je m’étonne de le voir plus pessimiste que nous. Regardez les écologistes ! Ne voient-ils pas que, déjà au temps où les dinosaures régnaient en maîtres, il y avait des raisons d’être écologiste et pessimiste pour l’avenir de la planète ? Pourtant la planète, home de l’homme, créature privilégiée du Créateur, est toujours là et demeurera malgré les nouveaux dinosaures que sont le dioxyde de carbone, les insecticides et le réchauffement climatique. L’absence de foi et d’espérance rétrécit la raison. Le Signe ne s’inquiète ni de la disparition des éléphants et des gorilles ni du manque de pommes de terre écologiques, mais elle s’inquiète de la disparition de la bonté et de l’amour. C’est l’amour qu’il faut sauver !

Il nous faut innover en action.
Nous devons inspirer à l’homme des actions, qu’il ait envie d’essayer, de reproduire à notre suite, et qui puissent, ce faisant, le convaincre que l’avenir et même le bonheur et la réussite terrestres sont dans le bien. Nous devons démontrer à l’homme que la foi et l’espérance donnent force et lucidité, que l’amour, le pardon, la paix, la liberté et l’intelligence spirituelles sont les composants de la vertu, seule dynamique lucide d’une vie réussie… et d’un monde changé (Signe 28/7).
Le monde reçoit mal le message du Signe, quand il n’est fait que de mots. C’est parce que, comme disait le savant Jean Rostand, « la vérité a forcément un goût de vengeance. » Les mots crus de la vérité font reculer beaucoup, sauf quelques hommes d’exception, les rares qui voient au-delà des mots. Or, le petit reste que le Père nous envoie rassembler (Signe 24/1) n’est pas fait d’hommes d’exception, mais de pauvres types comme vous et moi. C’est si le mot « vengeance » qu’utilisait Rostand perd le sens de représailles — de vengeance sans fin (27/9) — et prend le sens de démenti démontré, prouvé, bref, d’action et de fait conduisant au bien et au bonheur, que notre message passe.
Être compris du monde devrait être de plus en plus facile, parce qu’il y a de moins en moins de blocs opposés. La société devient un patchwork. Tout se mélange dans le monde : les races, les éducations, les métiers, etc., ce qui est bien, parce que de cette façon les préjugés et les privilèges s’évanouissent. On ne peut pas empêcher ce mélange. C’est une grande espérance.

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