Quand dans nos poitrines et nos têtes l’Esprit soufflera (Signe 4/11, 33/4) la délivrance (#176) et l’anarkhia (#177).
Quand sous ce Vent religion, politique, loi, tribunaux, sous lesquels nous ployons, seront dispersés,
Quand nous vivrons en petites unités libres (10/10) dans la joie et la fête de la pénitence (30/11),
Alors, les pouvoirs et les juges ayant disparu, viendra le devoir impératif de chaque pénitent et de chaque pénitente d’être lui-même ou elle-même la justice.
Mais être juste, qu’est-ce ?
Être juste, c’est être comme le Messager Jésus du 15 janvier au 13 avril 1974 ou comme le Père du 2 octobre au 22 novembre 1977, quand ils me parlèrent et que je compris que je n’étais pas un humain aux qualités et valeur distinguées, mais que j’étais comme la plupart des humains un homme aux dents noires, au cou plat, à la langue lacée, le frère mort à la main fermée (Signe xxvi/1-4), enclin aux préjugés, à la dissimulation, à la prétention. Et pourtant le prophète Jésus et le Père me parlèrent avec amour, pardon, paix, intelligence spirituelle, sans préjugés, et me confièrent une mission prophétique insigne, faisant de moi, pécheur et potentiel maléfique, un potentiel pénitent.
Jésus et le Père appellent de même chacun de mes compagnons du petit reste (24/1).
C’est le sens qu’a dans Le Signe le mot justice : Justice de Dieu ou justice du pénitent ; autrement dit, il n’y a de justice que dans l’amour.

Abraham, le juste.
Arent de Gelder (1645–1727)
Source : Museum Boijmans Van Beuningen (Domaine Public)
Il y a justice et justice. La justice par la loi est étrangère à l’amour ; elle est au mieux basée sur une équité matérialiste (Signe 28/10), calculée selon les idées reçues, la culture, la sensibilité du lieu et du moment ; elle suit une idéologie, une logique parmi d’autres logiques, etc. La Rochefoucault dit que « La justice n’est autre que l’appréhension qu’on nous ôte ce qui (selon nous) nous appartient. » Plus tard, on affirma que la justice est ce qui donne des droits et les fait respecter, mais les droits, qu’est-ce que c’est ? Pour Babeuf c’est « à chacun la même chose » (justice commutative), pour Marx c’est « à chacun selon ses mérites » (justice distributive), pour le citoyen d’aujoud’hui c’est « à chacun selon la loi. » Mais pour nous Pèlerins d’Arès, c’est à chacun selon la neutralité, la miséricorde et l’aide de l’amour, hors l’émotionnel, hors l’idéologie, la loi et les tribunaux.
À cause de cela le monde des « gens sérieux » longtemps nous traitera de fous, voire de dangereux fous, nous condamnera comme il condamna Jésus. Eh oui, le juste sera d’abord un héros (xxxv/4-12).
Justice de juste, dit Le Signe (xxxi/10) pour préciser qu’il ne s’agit pas de justice de loi.
Un juste se conforme à la Parole. Être juste, c’est voir toute chose sous l’angle de la Lumière et de la pénitence, c.-à-d. de l’amour, du pardon, de la paix, de l’intelligence spirituelle libre de préjugés, et dans la perspective du partage du monde entre tous ses propriétaires : les humains.
Même face à une faute grave, une criminelle activité, on ne juge pas (Matthieu 7/1). Face au mal il faut étouffer son moi impulsif, émotif, se neutraliser et générer ainsi une lucidité refondatrice de la conscience de la coresponsabilité de tous dans le crime, la faute ou l’offense d’un(e) seul(e).
C’est la véritable révolution du sens de justice que préconisa le Sermon sur la Montagne, qui n’a jamais été appliqué, qui reste à faire naître.
Aucune entrée de mon blog n’a été aussi difficile à abréger, car la notion de justice, déjà basale dans notre actuelle vie pénitente, sera plus fondamentale encore quand la pénitence sera le lien qui bottellera une nation (Signe 28/21) comme petite unité. J’ai écrit puis maintes fois raturé, réécrit cette entrée, mais malgré mon souci de brièveté, j’ai sans cesse abouti à un texte trop long. Je n’ai finalement laissé que quelques paragraphes qui m’ont paru être des minimaux utiles :
Si l’individu veut se protéger derrières les lois et les cours de justice pour ne pas avoir à assumer des décisions de conscience, il perd sa qualité de personne humaine. Il n’est plus qu’un esclave du système, un justiciable, qui croit qu’on ne peut obtenir justice hors des organismes et personnels dits « de justice », hors de substituts de conscience comme l’opinion ou les fonctionnaires de la loi. Dans tout procès chaque partie croit dans son bon droit et crie à l’injustice quand elle perd ; la partie perdante comprend que ce qu’on appelle « justice » n’est pas justice. C’est peut-être dans les cours de justice qu’on sent le mieux le froid de la nuit dans laquelle Adam fait vivre sa descendance (Signe 2/1-5).
Seule une conscience pénitente absolument libre (Signe 10/10) s’extirpera de cette nuit et retrouvera le jour en attendant le grand Jour (Signe 31/8). C’est peut-être dans la quête de la justice qu’on verra le mieux un pénitent comme acteur de l’aventure humaine dans son épanouissement optimal, la pénitence, la liberté de Bien qu’aucune épée de justice légaliste ne pourra plus menacer.
Un drame parmi les plus profonds que fait vivre à l’homme le système est celui du procès. Mais la petite unité humaine où vivra le pénitent n’aura pas de cour de justice, pas de procès. Dans une société où règneront l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur tous les humains seront des Antigone, qui auront vaincu l’arbitraire des lois de la Bête aussi longtemps qu’elle agonisera derrière l’horizon (Signe 22/14).
Hermann Rauschning dans « La Révolution du Nihilisme » dénonça le gouvernement nazi, démocratiquement élu, qui expulsa, emprisonna ou tua « quiconque s’offrait le luxe d’une décision prise selon sa conscience personnelle, » mais, même de façon moins inhumaine, toute cour de justice condamne la conscience personnelle quand elle contrarie la loi. En démocratie la masse croit à la liberté, mais ploie devant les juges qui appliquent la loi qu’ils considèrent plus forte que la conscience. Épouvantable ! Ce vice de pensée a conduit le commun des hommes à confondre loi avec morale et justice, ce qui est contraire au droit imprescriptible que le Créateur a donné à l’homme de Bien de décider en sa conscience, selon son intelligence spirituelle réveillée. Par ailleurs, Boris Cyrulnik fait remarquer que « le sentiment d’injustice dépend d’une réaction émotionnelle plus que d’un raisonnement » ou de la soumission à la loi. Il rappelle ainsi qu’en fait ceux qui réclament des lois ne croient pas qu’elles soient justes ; ils croient qu’elles sont des pis-aller nécessaires. Les palais de justice seraient mieux appelés palais de la loi.
Dans « La France contre les robots » Bernanos accusa la société moderne d’avoir fait des humains des moutons couchés devant le moindre décret préfectoral, le moindre verdict de tribunal, mais la France « chrétienne » que Bernanos regrettait n’avait guère mieux valu. Ce n’est ni la politique ni la religion qui décide du Bien et du mal, mais le Verbe que répercute la conscience de l’humain trop aimant comme le Père est trop aimant (Signe 12/7).
Tout nous prouve qu’à la conscience comme à l’amour nous devons revenir par la pénitence.
La loi et les tribunaux soulagent-ils les humains de la corvée du jugement ? En fait, le monde semble plutôt fait d’une grande proportion de gens mécontents de la justice d’État. Il faudra tôt ou tard en venir à la justice pénitente, même si le gros problème avec cette justice-là, c’est qu’elle ne peut se faire sans amour. D’où la nécessité de commencer par répandre la pratique de la pénitence, cette locomotive sans laquelle le long train du mosaïsme, de l’anerkhia, de la justice, etc. ne s’ébranlera jamais. Il n’est que de penser qu’il ne peut exister de justice sans pardon, sans souci de réhabiliter les fautifs.
Les prétendues conquêtes des temps modernes ont littéralement anéanti une propriété noble et puissance de l’homme, sa conscience comme image et ressemblance de la Conscience du Père. Il ne faut pas évoquer à tous propos la Miséricorde (Signe 16/15), mais elle existe et nous devons la répercuter. L’amour est lucidité, il est au-dessus de toutes les instances de pouvoir et de loi, de tous les Créon (Sophocle : Antigone), de tous les arbitraires que sont pour commencer les codes.
Leur abomination (des princes) est affaire de Ma Justice (Signe 22/12), mais celle-ci n’emprisonne ni ne tue ; elle est une Exhortation au Bien, que concrétise la Parole d’Arès. Tu n’auras pas les yeux de chair qui jugent et convoitent, mais les yeux du prophète qui a vu Ma Justice (35/9). Qu’ils en appellent à Ma Justice, les insensés, Je leur fermerai la mâchoire (34/5), qui ne signifie pas que Dieu les tuera, mais seulement qu’Il les fera taire, car quand Dieu parle l’humain finit par se taire tôt ou tard. (En te) croyant marcher devant Moi… comme il (l’apôtre Philippe) marcha, mais dans la Justice (1/5), c.-à-dire dans l’amour. La compagnie des hommes qui ne prononcent pas Mon Nom, parce qu’ils ont été scandalisés, mais qui vivent selon Ma Justice, c.-à-d. selon Ma Parole, est pour toi meilleure que celle de dévots au cœur faible (39/9). Ta parole (celle du prophète) est Ma Parole, Justice de juste (xxxi/10).
Justice dans le sens de mauvaise justice humaine, voire d’injustice, apparaît dans : craignant les chefs des nations et leurs justices (2/17).
Justice au sens de bonne justice, justesse apparaît dans : Le soleil de ta justice brûle le far, c.-à-d. sera plus forte que science et juridisme, et donne des deux mains, c.-à-d. généreusement (xxxvi/22).
Le problème de la justice n’est pas celui, jamais solutionné, qui a constamment opposé entre eux les législateurs et les professionnels de la loi des rats (Signe xix/24), depuis qu’Adam choisit son monde (2/1-5) contre le monde du Créateur. Hans Kelsen et sa « Théorie Pure du Droit (Reine Rechtslehre) » ne résolut pas plus que ne l’ont résolu tous les juristes sur Terre depuis Adam le problème de l’irrémédiable arbitraire de la loi, miroir de l’arbitraire du paganisme dont aujourd’hui encore les religions affublent la supposée « Justice de Dieu ». Ce que le Père appelle Son Tribunal (16/13, 21/7) est un concept transcendant et sublime de la Justice, que ne peuvent contenir ni codes ni procédures, parce que c’est le consensus universel de la Miséricorde du Père et des âmes de Ses Enfants créées de leur amour, de leur pardon, de leur paix, de leur intelligence spirituelle de pénitents libres (10/10) ; c’est la justesse du juste qui est la Justice du Juste, la fusion non-duelle de l’homme de Bien et du Créateur du Bien. C’est cette Justice qui n’a encore aucune existence, qui n’est encore qu’une Promesse (1/6, 2/8, 28/22), un Dessein (28/27, 36/8) dans les cœurs des trop aimants. C’est cette Justice qui, dans les situations conflictuelles qui surviendront encore dans le meilleur monde avant que ne survienne le Jour (31/8), aussi longtemps que les faiblesses humaines demanderont qu’on encourage le Bien et décourage le Mal, saura qu’il sera toujours plus sage d’éviter la vengeance sans fin (27/9) que de faire souffrir les fautifs.
C’est dans une grosse bulle d’artifice, devenu machinal, que règnent lois et tribunaux et tous les moralistes sur Terre qui se font dieux face à Dieu, consciences face à la conscience. Le mot conscience n’apparaît pas dans Le Signe, parce qu’il est l’embrouillement de nœuds même qu’Elle nous prie de défaire pour redonner à la corde de l’intelligence, de l’amour, du pardon, longueur et souplesse. Le mot conscience n’apparaît pas dans Le Signe, parce qu’à la différence du mot pénitence, dont le vrai sens est concret et reste restituable, il désigne le sens du bien et du mal, le plus obscur Fond des Fonds (xxxiv/6), l’implication majeure du Verbe, si frustrante pour les puissants que leurs livres d’hommes (35/12, i/5-9) l’ont masquée dans l’Écriture. Le mot conscience n’apparaît pas dans Le Signe sans doute parce que la conscience est écrasée, méconnaissable sous le lourd contentieux entre l’humanité et son Créateur. Mais conscience a divers analogues comme, quand elle concerne Dieu, À Moi la Puissance et la Connaissance… et, quand elle concerne l’homme, à toi la mesure, la patience et la piété (Signe 39/3).
Tout ce que nous appelons juridiquement une loi n’est qu’un arbitraire, au mieux un pis-aller. Il faut rétablir la souplesse de pensée du juste, lequel est n’importe qui. Un juge n’est qu’un fonctionnaire enfermé dans un systéme qui constitue son monde à lui. Ce n’est pas le monde auquel nous aspirons. Il est d’une importance capitale de nous préparer et de préparer nos descendants à changer le concept de justice, laquelle ne pourra fonctionner, comme le prescrit le Sermon sur la Montagne (Matthieu ch.5 à 7), que par l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence spirituelle libre de préjugés.
Il faut prévoir de remplacer la loi qui est par la Loi Qui sera (28/7-8), c.-à-d. par l’équité, le pardon, l’aide aux fautifs, de remplacer une idée de la justice douloureuse et pathogène par une création heureuse, car la vraie justice ne peut que recréer l’humain.
© Michel Potay 2016 — Tous droits réservés


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