Aucune Vérité absolue n’est accessible aux pécheurs.
Or, depuis Adam (Signe 2/1-5, vii/7-16), tous les hommes sans exception sont pécheurs.
Seules des vérités relatives nous sont accessibles  ; la Parole d’Arès les appelle le Vrai (ii/8-9, xxviii/21, xxxiv/1-4).
Dans Le Livre, dicté par le Père, le Vrai remplace partout la Vérité propre à L’Évangile Donné à Arès dicté par Jésus.

Relativité de la vérité des hommes par René Magritte(Presse-papier "Ceci n'est pas une pipe" de Magritte - Intérieur jour)

Relativité de la vérité des hommes par René Magritte
(Source  : Presse-papier « Ceci n’est pas une pipe » de Magritte – Intérieur jour)

Nulle vérité indiscutable n’est même accessible dans les sciences expérimentales, parce que l’apparition d’un contre-exemple n’est jamais exclue, ni en mathématiques où la cohérence de l’énoncé dépend du choix des axiomes, ni dans l’astrophysique, ni dans l’ordre sans cesse changeant des pensées et actions humaines.
La Vérité absolue est inaccessible en métaphysique. Même si nous acceptons comme vérités, par exemple, les Sainteté, Puissance et Lumière du Père (Signe 12/4) ou la Vie (24/3-5, 25/3, 38/5, xix/26) comme nature ou substance du Père, ces points de Vérité sont indéfinissables, inanalysables.
Même, matériellement parlant, les continents et les îles face à la mer, la mort face à la vie, les astres face les uns aux autres ne sont que vérités provisoires, conditionnelles, parce que tout bouge et se déforme partout, toujours, que ce soit prestement ou imperceptiblement.
La Voix qui a parlé à Arès en 1974 et 1977 dit certes la Vérité absolue, parce qu’Elle ignore l’à-peu-près, l’erreur ou le mensonge qui grèvent inévitablement les propos humains, mais décérébrés par le péché, les illusions de notre suffisance, nous sommes incapables de percevoir cette Vérité absolue.

Le problème n°1 du monde pécheur est celui de la vérité, détruite par la liberté de confusion issue de l’orgueil démesuré remplaçant la liberté de Bien issue de l’amour. Une fois l’amour du prochain librement rejeté par Adam, nom donné à la créature humaine il n’y a peut-être pas si longtemps, l’humanité se désintégra, les dominations apparurent (Signe 2/1-5, vii/7-16), religieuses, politiques, philosophiques, légalistes, scientifiques  ; elles inventèrent des vérités que chaque domination aujourd’hui encore appelle la vérité. Pour finir, aucune loi dans l’amphigouri mondial des innombrables lois n’accepte la contestation  ; le monde n’est donc fait que d’une amphigouri d’injustices et, le pire, de l’extinction totale de la notion d’amour et de pardon chez les juges. De là la vie difficile des biofragiles et mortels êtres qu’a fait le nous la désintégration de l’Absolu, lequel ne réapparaîtra qu’à l’aube du Jour (Signe 31/8), d’abord de loin puis de façon graduellement rapprochée, au bout d’une multimillénaire nuit de péché que peut seule vaincre la pénitence (30/11).
Le Signe dit le Vrai à la place de la Vérité devenue par trop indéfinie. Dans le verset  : J’ai conduit leurs pas (des scandalisés) vers la Vérité (28/6), Vérité indique une direction, mais non un but atteint. Dans le verset  : La Vérité, c’est que le monde doit changer (28/7), Vérité signifie en fait « seule solution future » et n’a pas de sens présent. Même dans le verset  : J’ai parlé en paraboles pour affermir ta confiance, déposer en toi la Vérité sans détours (38/5), Vérité n’a pas de sens absolu, parce que les paraboles ne sont que des allégories évoquant l’inappro­chable Enseignement, que cache au pécheur son péché.
Est-il un mot plus insuffisant que le mot vérité dans la langue humaine  ?
Une bicyclette se tient verticale en roulant par l’effet gyroscopique, mais ce vrai-là pourrait changer demain, puisque le Saint m’a dit  : (Si) Je dis  : « L’air (qui était) léger est (à présent) lourd », le navire tombe comme le cerf dans le ravin (Signe xvi/11), autrement dit  : les lois physico-chimiques sont provisoires et peuvent changer. Ce qui va de bas en haut pourrait aller de haut en bas.
Même l’erreur peut n’être vue comme mensonge que selon le besoin de dire ou d’écouter, la lumière aujourd’hui ou ici pouvant être l’obscurité demain ou là. Il y a aussi la nécessité de résumer ou schématiser et de relativiser, le souvenir erroné, la confusion, la fatigue cérébrale, etc. qui floutent le Vrai et sont jugés mensonges. Le réel mensonge, lui, est tromperie intentionnelle, il est souvent le plus nocif péché parce qu’il est la plus grande cause de mal dans l’état relatif actuel des connaissances et relations humaines, mais il peut lui arriver de devenir le Vrai demain, s’il émane d’une imagination bienfaitrice, de la nécessité d’anticiper.

Si la Vie (Signe 24/3-5) ouvre le Vrai et par ce vasistas laisse passer jusqu’à nous un rai de l’aveuglante Lumière de la Vérité, c’est pour provoquer chez ses Enfants (13/5) un changement salvateur. Mais nous sommes encore trop pécheurs pour trouver comment utiliser ce prodige. Du 15 janvier au 13 avril 1974 Jésus vint à moi et me livra L’Évangile Donné à Arès, et du 2 octobre au 22 novembre 1977 le Père se manifesta à moi dans une extraordinaire fête de lumières, de sons et de la Voix qui me livra Le Livre. Ainsi je témoigne honnêtement et scrupuleusement de deux faits extraordinaires. J’ai très vite découvert, cependant, que la véracité d’un témoignage ne déclenche pour l’heure le ressort de la conviction et du changement de vie (30/11) que chez peu d’humains. Nous sommes trop pécheurs encore pour savoir comment utiliser efficacement le Vrai et le pressentiment de la Vérité. Donnerais-je la preuve absolue que l’entité qui me parla en 1974 était Jésus et que celle qui me parla en 1977 était Dieu, les hommes ne croient que ce qu’ils veulent ou peuvent croire. Dans la masse pécheresse, tout est circonscrit par les idées-force, les idées reçues, les préjugés. Le Vrai et la Vérité sont donc sans lien avec la foi et la décision de changer d’existence et ce fait est très important, parce qu’il signifie qu’il nous faut trouver l’adéquation des choses et faits surnaturels avec l’esprit. La conviction agissante n’est pour l’heure qu’une opération mentale que seuls quelques uns réalisent plus ou moins bien selon leur porosité spirituelle. C’est l’un des principaux obstacles que rencontre l’apostolat.

Mais il existe quand même des probabilités de passer d’un peu de Vrai à une poussière de Vérité dans des conditions plus grandes que dans d’autres conditions. Quand un athée me dit  : « Dieu est une invention de l’homme, » je lui réponds  : « Vous ne croyez pas si bien dire. En effet, vous êtes Dieu vous-même, tout athée que vous vous vantiez d’être. » Il me regarde incrédule. Je poursuis  : « La Bible dit que l’homme a été créé à l’image et ressemblance de son Créateur (Genèse 1/26-27)  ; l’homme et le Créateur ne font qu’un, en somme. »
Il peut même arriver que l’erreur, constamment décriée au nom de l’exactitude si chère aux matérialistes, soit profitable aux grandes espérances. Un athée profondément matérialiste de mes relations perdit son épouse, en éprouva un  chagrin ravageur. Aux obsèques, je lui dis  : « Pour vous, je suppose, elle n’est plus rien, qu’une chair morte aussi morte qu’un tas de cailloux comme vous le disiez à propos de votre défunte mère. La pleurer n’a par conséquent aucun sens  ; remplacez-la comme vous remplacez les cailloux de votre jardin. » Il recula d’un pas, imprévisiblement outragé. Je poursuivis alors  : « Au fond, vous ne semblez pas sûr que cette vie qui a été enlevée à votre amour ne soit plus guère qu’un tas de cailloux. Si vous pleurez, c’est qu’il y a peut-être une erreur dans votre matérialisme. Or, l’erreur, même l’erreur seulement probable, est formatrice, parce qu’elle alerte l’esprit  ; elle pousse à réfléchir. C’est le doute qui fait progresser. L’homme par trop sûr de lui cesse de chercher  ; la Vérité lui échappe. Si vous gardez un doute, même tout petit, vous êtes un homme digne des extraordinaires valeurs de l’esprit. Il est des échecs qui nous en apprennent plus que les vérités auxquelles on avait cru. La souffrance, disait Pascal, est une plus grande école que que le bonheur tranquille. » Cet ami se fâcha, il y a très longtemps — il est d’ailleurs toujours fâché, je pense  —, mais il se mit à croire à la vie post-mortem, amorce possible d’une conviction plus large, premiers pas sur le sentier qui va du Vrai à la Vérité.

La Vérité n’est pas dicible. Mais, certains jours, je voudrais être muet plutôt qu’imprécis dans le Vrai, parce que je dois souvent m’exprimer vite faute de temps pour préparer mon propos. Parler est souvent un combat, quand il faut dire l’indicible, comme des faits mal mémorisés, ou l’inabordable comme l’au-delà, l’état de l’âme une fois délivrée du cerveau et des nerfs, après qu’auront pourri les cellules qui meuvent l’intelligence. Quand il faut parler en état de dépassement de soi, on brode, on dégoise. Parfois c’est la simplicité de ce dont on parle qui désarçonne, parce que tout dans ce monde est compliqué et que beaucoup de ce qui est trop simple ou simplifié n’est plus perçu que dans une épaisse brume. Or, c’est l’auditeur bien plus que le raconteur qui fait l’œuvre. Le parleur sait moins bien parler que l’auditeur ne sait écouter. Ainsi se forment les légendes. Que sait-on de ce qui survivra ou disparaîtra de ce qui est dit  ? Je crois que tout écrit est autant fait par le lecteur que par l’auteur. Ce qui compte, ce n’est pas ce qui est dit, c’est l’expérience qui en résulte. Tout le reste est dilution.

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