À Arès (France), en 1974 et 1977, l’Être absolu fait de la gorge (Signe xxxi/16) d’un être indigne (21/3) et fragile (xLvii/9) une fontaine (xLvii/9) de Lumière (ix/8), un juste prophète (xxxvii/2), qu’Il nomme Mikal (xLvii/9) ou le faucon (xvi/14-15, xix/24, xLv/14-26). Le faucon engendre d’autres faucons (xLv/14). Quand un missionaire dit cela aux gens de rencontre, la plupart n’en ont cure, parfois même se moquent. Ils ne peuvent pas comprendre — comprendre au sens absolu — que ce qui s’est passé à Arès ouvre devant l’homme une prodigieuse voie d’évasion vers le Bien, vers la racine de l’Éternité, en somme vers l’Être que seuls flairent quelques terriens conscients qu’ils sont poussières de l’Être. L’Être est plus que Dieu ; c’est la Vie et Tout ce qui émane d’Elle à l’infini. Depuis bientôt quarante-huit ans j’ai lentement, mais solidement appris que l’Être comme Son vestige : l’être — l’être c’est moi, toi, l’autre en effort de retrouver l’Être ou la Vie (Signe 24/5) — ne sont pas des notions philosophiques. Être et être comme mots ne sont que bruit (ii/7-13, vii/4-16, xi/4-6, etc.) et l’humain pécheur n’entend bien que le bruit, mais il peut sentir par l’exercice de l’amour, que Le Signe appelle pénitence, la lointaine trace de l’Être dans les brumes de la Vérité. Quand je parle d’Être et de Non-Être ou d’être et de non-être, je pense à Parménide (vers 500 avant J.-C.) qui a chanté que « l’Être est » tandis que le « Non-Être n’est pas ». Mais est quoi ? Et n’est pas quoi ? Le Signe donne une réponse : Ouvre ta gorge, donne la Parole, Elle est (i/4).

« Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie, » Blaise Pascal (Pensées)
L’Être est l’Infini Puissance Créatrice,
dont nous faisons partie et dans laquelle nos âmes se fondront
Photo : NASA/JPL-Caltech/ESA/CXC/STScI (Wikimedia)
Tout ce qui ramène l’humain à son Enfance spirituelle (Signe 13/5), que la Parole d’Arès appelle Salut, est l’Être.
L’inverse est le Non-Être, à savoir ce qui ne sauve pas ou qui n’est pas sauvé.
Par êtres, faute d’autre mot dans le langage humain toujours insuffisant, on peut désigner les vestiges pécheurs de l’Être, c’est-à-dire nous les pécheurs.
La masse humaine est pour l’heure l’immense citadelle qu’a concrétée le ciment du péché (refus de la Lumière), le système éphémère de Non-Être créé par Adam (Signe 2/1-5) face à la Vie ou, si l’on préfère, face à l’Être, qu’Adam ne voulut pas et que sa descendance ne veut toujours pas.
Le Non-Être, entité réelle mais néant par nature — le néant est vide, mais occupe un espace important, de là sa réalité —, est ce qu’a créé Adam (Signe 2/1-5), c’est l’Être refusé, c’est la vie générant le vide, à tout le moins la menace du vide. Encore aujourd’hui l’être, débris de l’Être, préfère le vieillissement, la maladie et la mort à sa Mère, la Vie. Le non-être préfère aussi la vengeance sans fin (27/9) de sa justice à l’amour sans fin. Pourquoi ? Mystère.
Nous sommes envoyés sortir le monde de ce mystère.
Pour comprendre ce qu’est l’être, débris de l’Être, il faut considérer que l’Être est immortel, tandis que l’être meurt après quelques décennies de vie d’illusions, notamment d’illusion sur son existentialité et sa durabilité.
La femme qui porte les organes de la genèse humaine est la fleur de la courte vie terrestre ; l’homme pollinise de fleur en fleur. Une fois mort, l’être peut se survivre par l’âme, mais il n’a plus de cerveau, plus de sexe. Seule la Miséricorde le fait durer. L’être ne durera indéfiniment que s’il s’est donné, par l’amour durant sa vie terrestre, la capacité de retour vers l’Être-racine : l’Un, l’Amour, la Vie (Signe 24/3-5). Abraham, Zoroastre, Moïse, Bouddha, Jésus, Mouhamad, etc. sont possiblement des êtres fondus ou en cours de fusion dans l’Être.
Notons qu’ici bas on ne peut rien percevoir par les sens du rapport entre être et Être. Seul l’œil métaphysique le perçoit.
Nous Pèlerins d’Arès acceptons la mission de déconstruire la citadelle du monde (Signe 28/7), sa façon de vivre comme sa philosophie. Nous devons faire retrouver la Lumière (12/4) aux Enfants (13/5) de la Vie (24/5). Âpre tâche, entièrement laissée à la volonté de l’homme, parce qu’il a été créé libre (10/10), qu’il ne peut exister que libre et que lui enlever la liberté de se recréer reviendrait pour le Créateur à détruire le joyau de Sa Création.
La déconstruction de la citadelle du monde a commencé avec Noé, Abraham, Moïse, les prophètes, Bouddha, Jésus, Mouhamad parmi d’autres qui ont posé des jalons le long des sentiers vers les Hauteurs. Les Pèlerins d’Arès posent un nouveau jalon. Sera-t-il le dernier ? Le Signe ne le dit pas, parce qu’elle ne dit pas la bonne aventure, elle laisse à l’homme, l’Enfant (Signe 13/5), l’initiative de se recréer librement. Elle dit seulement à l’homme : Fais pénitence (10/6, 33/32) ! Il fait ou il ne fait pas pénitence ou, en langage métaphysique, il est ou il n’est pas.
L’Éternel dit à Moïse :
Je suis Qui Est
(ou Je suis Qui Je suis).
Tu diras aux fils d’Israël :
« Je suis m’a envoyé vers vous » (Exode 3/14).
Être au sens absolu c’est Être éternellement Sainteté, Puissance et Lumière (Signe 12/4) en rapport infini avec la conscience du Bien.
Que suis-je réellement ?
Si je suis ce que le monde fait de moi, je ne suis pas, c’est le monde et qui est, le monde altérable et destructible.
Si je suis l’Enfant (Signe 13/5) du Père-Mère de retour vers moi (viii/6), je suis l’être qui retournera à l’Être absolu.
De ce choix je suis totalement libre ; je suis librement pénitent ou non-pénitent, comme dit Le Signe.
L’homme de la rue à qui je parle ne comprend pas à quel point il est libre de n’être rien ou de réintégrer l’Être plus loin que l’Infini.
Je me suis adonné au subsidiaire de 1929 à 1974 ; je me suis seulement consacré au nécessaire depuis 1974, et encore !, pas de moi-même. La Vie m’a appelé, moi si piètre. Pourquoi moi ? On ne sait pas ; c’est comme ça, car être et Être ne se mêlangent pas en ce monde, ils restent seulement parents. J’ai été appelé à réveiller chez l’humain l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence du cœur libre de préjugés, bref, les Attributs de l’Être ou de la Vie dont il émane. Si depuis 1974 je me consacre à la perplexité métaphysique, seule chose digne de tourment — quel est mon vrai substrat et quel destin a-t-il ? —, c’est que le Père-Mère m’a appelé à réfuter ce que l’animal pensant appelle étourdiment vie. Or, vivre c’est autre chose, c’est être pour retrouver l’Être. Le fait d’être n’est pas un état comme un caillou est un caillou sur un sentier ou un chêne est un chêne dans la forêt. Être humain est une fin en soi comme est une fin en Soi Dieu, le Père, Allah, l’Éternel, la Vie.
Si, d’une part, la Vie c’est l’Être dans l’infini et si, la Vie s’étant disséminée dans cet Infini, être humain c’est vivre parmi les innombrables vivants, et si, d’autre part, la Vie est le Nom le plus clair que donne à Dieu, au Père, au Créateur, Le Signe (9/6, 24/3-5, 25/3, 38/5, 39/5, xix/26), l’idée globale et cohérente de l’Être et de tous les êtres que l’Être engendre mérite et appelle le courage d’une acceptation, même si ce fait, quoiqu’immense, reste mystérieux parce que sans trace et seulement détectable au flair, autrement dit métaphysique. L’enjeu majeur de l’avenir terrestre est la confrontation, au détriment [ou au profit selon les circonstances] de l’amour et du bonheur, entre ceux qui ont et ceux qui n’ont pas ce flair.
Vif dans la paix doit être Mikal, dit Le Signe (xxii/21) à propos du faucon. Vif = Vivant complet, c’est-à-dire vivant avec le sens métaphysique. Tout oisillon (xLv/14) du faucon doit être à son tour vif, tôt ou tard.
L’Être existe, puisqu’Il parla aux hommes à Arès, France. Le Non-Être existe-t-il ? C’est le vide, disait Démocrite. Certains humains sont des non-êtres définitifs et le resteront comme spectres (Signe 4/6-7, 16/15-16, 31/2, etc.). Mais non-êtres provisoires, presque tous les hommes le sont. Les seuls dont on peut affirmer qu’ils en sortent sont les pénitents.
L’Être absolu est Saint, Puissant, Lumineux (Signe 12/4) ; Il est Amour (12/7, 32/3). Nous savons qu’il existe quantité de vies, à commencer par les nôtres, impermanents pénitents que nous sommes, qui sont seulement de sporadiques épigones de la Vie, mais nous avons l’espérance que cette imperfaction n’empêche pas notre ascension vers les Hauteurs.
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© Michel Potay 2021 — Tous droits réservés


Partage du poème “De la nature” de Parménide, prémisse à la Parole de Dieu
Traduction d'une partie du poème "De la nature" de Parménide d'Élée (né vers -580 et mort vers -440 avant Jésus Christ)
Pour ceux qu’intéresse ce texte, qui n'est pas Parole de Dieu, mais qui est prémisse à Celle-ci, car il est impossible que le Père de l'Univers (Signe 12/4) n'ait commencé à s'exprimer aux humains, Ses Enfants (13/5), qu'en Palestine. Le Père n'a sans nul doute jamais cessé de s'exprimer partout sur Terre aux Hommes après le mauvais choix d'Adam (2/1-5) et bien avant que n'existe la Bible.
Eh bien ! je vais parler, et toi, écoute mes paroles : je te dirai quels sont les deux seuls procédés de recherche qu’il faut reconnaître. L’un consiste à montrer que l’être est, et que le non-être n’est pas : celui-ci est le chemin de la croyance, car la vérité l’accompagne. L’autre consiste à prétendre que l’être n’est pas, et qu’il ne peut y avoir que le non-être, et je dis que celui-ci est la voie de l’erreur complète. En effet, on ne peut ni connaître le non-être, puisqu’il est impossible, ni l’exprimer en paroles.
Car la pensée est la même chose que l’être.
Peu importe par où je commencerai, puisque je reviendrai sur mes pas.
Il faut que la parole et la pensée soient de l’être, car l’être existe, et le non-être n’est rien.
N’oublie pas ces paroles et d’abord, éloigne ta pensée de cette voie. Ensuite, laisse de côté celle où errent incertains les mortels ignorants, dont l’esprit flotte agité par le doute ils sont emportés, sourds, aveugles, et sans se connaître, comme une race insensée, ceux qui regardent l’être et le non-être à la fois comme une même chose et comme une chose différente, ils sont tous engagés dans une route sans issue.
Mais toi, éloigne ta pensée de cette route, et que la coutume ne te précipite pas dans ce chemin vague, où l’on consulte des yeux aveugles, des oreilles et une langue retentissantes, mais examine, avec ta raison, la démonstration savante que je te propose. Il ne reste plus qu’un procédé, c’est celui qui consiste à poser l’être.
Dans cette voie, bien des signes se présentent pour montrer que l’être est sans naissance et sans destruction, qu’il est un tout d’une seule espèce, immobile et infini, qu’il n’a ni passé, ni futur, puisqu’il est maintenant tout entier à la fois, et qu’il est un sans discontinuité. Quelle origine, en effet, lui chercheras-tu ? D’où et comment le feras-tu croître ? Je ne te laisserai ni dire, ni penser qu’il vient du non-être, car le non-être ne peut se dire ni se comprendre. Et quelle nécessité, agissant après plutôt qu’avant, aurait poussé l’être à sortir du néant ?
Donc il faut admettre, d’une manière absolue, ou l’être, ou le non-être.
Et jamais de l’être la raison ne pourra faire sortir autre chose que lui-même. C’est pourquoi le destin ne lâche point ses liens de manière à permettre à l’être de naître ou de périr, mais le maintien immobile. La décision à ce sujet est tout entière dans ces mots : l’être ou le non-être. Il a donc été conclu, comme cela devait être, qu’il faut laisser là ce procédé inintelligible, inexprimable, car il n’est pas le chemin de la vérité, et que l’autre est réel et vrai. Comment, ensuite, l’être viendrait-il à exister ? Et comment naîtrait-il ? S’il vient à naître, c’est qu’il n’est pas, et de même s’il doit exister un jour. Ainsi se détruisent et deviennent inadmissibles sa naissance et sa mort.
Il n’est pas divisible, puisqu’il est en tout semblable à lui-même, et qu’il n’y a point en lui de côté plus fort ni plus faible, qui l’empêche de se tenir uni et cohérent, mais il est tout plein de l’être, et de la sorte il forme un tout continu, puisque l’être touche à l’être.
Mais l’être est immuable dans les limites de ses grands liens, il n’a ni commencement ni fin, puisque la naissance et la mort se sont retirées fort loin de lui, et que la conviction vraie les a repoussées. Il reste donc le même en lui-même et demeure en soi : ainsi il reste stable, car une forte unité le retient sous la puissance des liens et le presse tout autour.
C’est pourquoi il n’est pas admissible qu’il ne soit pas infini, car il est l’être qui ne manque de rien, et s’il ne l’était pas, il manquerait de tout. Contemple fortement ces choses, qui sont présentes à l'esprit, quoique absentes (pour les sens), car rien n’empêchera l’être d’être uni à l’être, et rien ne fera qu’il soit dispersé entièrement et de tous côtés dans son arrangement, ni qu’il soit reconstruit.
Or, la pensée est identique à son objet. En effet, sans l’être, sur lequel elle repose, vous ne trouverez pas la pensée, car rien n’est ni ne sera, excepté l’être, puisque la nécessité a voulu que l’être fût le nom unique et immobile du tout, quelles que fussent à ce sujet les opinions des mortels, qui regardent la naissance et la mort comme des choses vraies, ainsi que l’être et le non-être, le mouvement, et le changement brillant des couleurs.
Or, l’être possède la perfection suprême, étant semblable à une sphère entièrement ronde, qui du centre à la circonférence serait partout égale et pareille, car il ne peut y avoir dans l’être une partie plus forte, ni une partie plus faible que l’autre. En effet le non-être, n’étant pas, ne saurait empêcher l’être de former un tout homogène, et l’être ne saurait être privé d’être, ici davantage, là moins, puisqu’au contraire il est tout entier incorruptible car il demeure égal de tous côtés dans ses limites.
Je termine ici ma démonstration et mes réflexions au sujet de la vérité : apprends ensuite les opinions des mortels, en écoutant la trompeuse harmonie de mes vers. Les hommes ont prétendu signaler deux espèces d’objets, dont l’une ne peut être admise, et en cela ils se sont trompés ils les ont jugées de nature contraire, et leur ont appliqué des désignations entièrement séparées. Ils ont distingué d’une part le feu éthéré de la flamme, léger, très peu consistant, entièrement semblable à lui-même et différent de l’autre espèce d'autre part celle-ci, qui a également sa nature propre, savoir, à l'opposé, la nuit obscure, matière épaisse et lourde. Je t’exposerai l’arrangement de tout cela, afin que tu n’ignores rien des opinions des mortels. [234C0*27/09/2021]
Sur L'Être et le Non-Être perceptibles, non par les sens, mais par l’intelligence spirituelle ou métaphysique
On peut comprendre, de façon grossière, l'Être et le Non-Être comme le Réel et l'Irréel. Je dis "de façon grossière", car le Non-Être existe, c.-à-d. n'est pas irréel métaphysiquement. Mais si l'on s'engage dans cette voie-là, on va peut-être trop loin et je crains qu'on devienne incompréhensible pour ceux de nos frères et sœurs qui ont déjà du mal à saisir ce que mon entrée 234 veut dire. Le Non-Être est vide, mais le vide n'est pas une irréalité, parce que le vide ne peut pas exister sans espace. S'il n'y a pas d'espace, il n'y a rien, ce qui n'est pas la même chose que le vide.
Mais l'espace métaphysique a-t-il une réalité similaire à l'espace physique vide ? Cela, il nous est impossible de le savoir tant que nous n'avons rien d'autre que nos organes des sens pour nous faire une idée de l'Univers. Les dimensions, si elles existent dans le Royaume, sont d'un tout autre ordre que les dimensions physiques que nous connaissons sur Terre. Je dis cela, parce que quand, dans le récit de mon transport dans les étoiles au chapitre VI du Livre (Signe), j'ai été envoyé dans l'espace, cela s'est produit quasi instantanément et j'en suis revenu aussi instantanément. Notre notion matérialiste d'espace est liée à la notion de temps. La planète Mars se situe en moyenne à 225 millions de kilomètres de la Terre, mais la planète rouge s'éloigne de la Terre parfois jusqu'à 400 millions de kilomètres. Il faut quelque 260 jours à un engin spatial pour atteindre Mars et cet engin est propulsé sur une partie de trajectoire elliptique, "l'orbite de transfert de Hohmann", jusqu'à rejoindre l'orbite de Mars au périhélie de l'ellipse. Là, un second incrément de vitesse est donné à la sonde pour qu'elle accompagne Mars dans son mouvement de révolution. On voit que dans notre monde dimensionnel les questions de contact sont très complexes, je dirais "barbares" en souriant, et la plupart du temps impossibles. Mais pour l'âme ? On est dans un tout autre domaine de réalités. Il m'est arrivé de dire en riant : "L'Univers tient dans une balle de ping-pong ; ce n'est qu'une image, mais indice d'une réalité." Encore la réalité ! C'est peut-être ce qui explique que l'âme que nous nous créons soit inactive tant que notre chair, qui évolue dans une autre nature, n'est pas morte. Autrement dit, le Royaume est hors de la relativité de notre perception charnelle. Comment me voit une fourmi qui court sur mon index ? Je dois lui paraître comme une immensité alors qu'elle est déjà sur moi.
Dès qu'on veut voir le Royaume avec l'esprit mathématique, on voit quelque chose, mais quoi ? Impossible à dire. L'Être et le Non-Être se dérobent indéfiniment à nos sens nerveux. Seule la métaphysique, quand nous l'introduisons dans notre pensée, commence, commence seulement, à soupçonner les réalités autrement. La réalité, quand l'œil s'ouvre, est tout autre. Autrement dit, le lieu de nos fabrications mentales matérialistes bétonnées dans le péché est un obstacle quasi insurmontable pour voir la Vérité ; nous nous contentons du Vrai... et encore ! relativement.
L'Être peut être dit pour faire image (notre charnalité a toujours besoin d'images) comme étant le Mouvement Lui-même (Whitehead, "Process and reality"). Le réel terrestre, disait Husserl, est toujours perspective, intentions, expériences, mais Bergson expliqua que le réel ne pouvait pas être saisi par l'intelligence intellectuelle qui cherche des logiques mécaniques, même abstraites ; il ne peut l'être que par l'intelligence spirituelle. L'intelligence spirituelle seule peut entrer dans la métaphysique ; il nous faut la développer. L'intelligence intellectuelle saisit l'idéal, mais l'idéal est verrouillé dans une idée ; l'intelligence spirituelle peut ouvrir le verrou, s'évader, elle est sans fermeture, sans frein ; c'est l'intelligence de la métaphysique, la seule qui nous permette de percevoir dans les brumes l'Être et le Non-Être, donc l'être et le non-être, leurs enfants. On est alors très, très loin de la religion et de ses dogmes primitifs, on commence à prendre des ailes et à monter dans la Lumière. [234C3*28/09/2021]
Sur le but de la métaphysique arésienne : aider l'homme à dépasser et oublier la religion
Ce matin, alors que Luc Ferry nous apprenait par la télévision que "35% des jeunes finissent leurs études sans savoir lire couramment," et que je marmonnais : "Donc 65% de jeunes ne peuvent pas vraiment lire mon blog... Mais c'est une énorme impéritie !", mon épouse Christiane me répondait : "Plus vous approfondissez votre propos, moins vous avez de commentaires. C'est normal." Et c'est là que je m'émerveille de l'équilibre qu'enseigne Le Signe entre l'indispensable Lumière réduite à l'exercice de l'amour, aussi appelé pénitence, condition plénière de la Sainteté et de la Puissance (Signe 12/4), que nous sommes conçus pour partager, et l'éclairage superflu de la métaphysique arésienne qui n'a d'autre but que d'aider l'homme à dépasser et oublier la religion et ses dogmes et idoles infantiles qui maintiennent l'homme au piètre niveau d'animal pensant. [234C5*29/09/2021]
Sur notre langage qui doit devenir celui de la métaphysique
Nous sortons du langage mi-figue mi-raisin, ce langage fait d'encore un peu de religieux et d'un peu de Parole neuve ou plutôt rénovée (Le Signe) que nous avons par sagesse utilisé pendant des années pour aborder le public sans trop vite le dépayser et nous entrons dans le Vrai, qui est la Voie ou le sentier menant à la Vérité que nous rencontrerons quand nos cœurs s'arrêteront. “Mi-figue mi-raisin” est une expression née au Moyen Âge quand, pendant le Carême, les chrétiens de l'époque se nourrissaient de figues et de raisin séchés pour éviter la viande, afin d'éviter, pensaient-ils, quelque reste de foi de charbonnier païen, car, ne l'oublions pas, au Haut Moyen Âge un certain paganisme existait encore dans les campagnes reculées et dans le bas peuple.
Nous savons tous que le doute est inévitable et qu'il accompagne même la foi — Pascal l'a assez dit — et qu'il faut en tenir compte quand nous parlons au public dans la rue ou ailleurs, partout où même les épis mûris sont hésitants, chancelants. De ce fait, nous avons longtemps usé d'un langage non dénué d'ambiguïtés, mais maintenant je souhaite que peu à peu nous allions vers la dure réalité : avec ou sans foi il nous est impossible de percevoir, de vérifier, ce qui se trouve dans le Royaume de la métaphysique : la Vérité ne se trouve pas au-delà du nuage de la foi, mais elle se trouve tout au plus au-delà du nuage de la confiance. Cette confiance ne peut s'établir que sur une seule base : le témoignage du témoin que je suis.
Le doute ne peut pas ne pas exister ; personne ne doute en l'air, du reste. J'aime voir ce que j'ai dans mon assiette à table et si, par cécité ou par exercice, on me fait manger les yeux clos j'ai une certaine méfiance... Cette méfiance est l'inévitable doute. C'est lui que nous rencontrons sans cesse sur le Champ. Le doute est toujours fondé. Si je n'ai pas l'air, l'accent, les manières, l'humilité d'un pénitent, comment ceux à qui je m'adresse peuvent-ils accorder une attention au mot pénitence ? Nous ne pouvons plus lancer notre barque dans le courant des pensées qui sillonnent les rues, les places, les boulevards, dans une langue mi-figue mi-raisin qui est plus teintée par cet océan de pensées que nos propos ne les teinte. Nous avons eu un parlage mélangé d'idées connues et d'idées nouvelles, mais nous ne pouvons pas non plus être sans langage. Alors, notre langage sera celui de la métaphysique. Qu'est Dieu ? Où allons-nous après la mort ? le monde peut-il ou ne peut-il pas changer ? Nous ne savons pratiquement rien objectivement de tout cela, mais nous sommes en droit de dire que la Vie nous est donnée d'ailleurs et qu'il nous faut retourner à la Vie, parce que la Vie s'exprime par mille choses, la plupart du temps inaperçues, mais que des humains en ont, un jour, une perception plus nette, et que Le Signe est une de ces perceptions. [234C38*11/10/2021]
Sur le concept de l'être
La pauvreté du langage fait qu'user du mot être conduit à des développements nécessaires tant est varié le sens d'être. Et cela depuis les temps anciens. L'être ou l'être est enfant de la Sainteté, de la Puissance et de la Lumière (Signe 12/4) et le souci de l'Être ou de l'être est très ancien.
Les Grecs ont réfléchi sur l'être dès le VIème siècle avant Jésus, mais c'est parce que nous n'avons pas de textes plus anciens ; ils réfléchissaient, eux et d'autres partout dans le monde à l'être depuis beaucoup plus longtemps sûrement. Le concept de l'être est le plus simple, le plus clair et en même temps le plus obscur que l'humain puisse former. L'être est impliqué dans toutes les pensées et tous nos états de conscience depuis toujours, sans nul doute. L'humain sait ce que c'est qu'être par le fait seul qu'il est, mais il est quasi impossible d'expliquer ce qu'est l'être. Et la raison en est simple, c'est que ce concept est impliqué dans tout, absolument tout ce qui est. Une définition de l'être est donc absolument impossible, puisque les éléments nécessaires de toute définition, c'est-à-dire le genre et la différence, supposent déjà la classification des êtres et de leurs qualités. Aussi parler de l'être et du non-être n'est possible que dans un cadre précis et étroit.
Qu'est l'existence, c.-à-d. le fait d'être, sinon le mode le plus général et le plus essentiel de l'être, ce par quoi il se distingue de ce qui n'est pas ? Être et exister, c'est en somme une seule et même chose. On distingue l'être imaginaire ou possible de l'être réel, autrement dit l'être qui existe de celui qui n'existe pas, mais cette distinction n'atteint pas le fond des choses. Toute œuvre d'imagination est faite d'éléments réels, dont chacun, pris à part, existe ou peut exister positivement, au moins dans une certaine mesure, bien qu'ils ne répondent pas vraiment à l'expérience.
Notre intelligence limitée ne conçoit pas le néant et ne peut pas le situer dans l'idée qu'elle se fait de l'existence des choses. Pour concevoir le néant, nous devrions faire le vide dans notre esprit et supprimer jusqu'aux plus simples et minuscules éléments de la pensée. Mais si l'on parle de pensée, même de pensée qui pense au néant, on parle de quelque chose qui existe, qui a une existence propre. Il peut donc exister quelque chose qui est indépendant de l'objet dont ce quelque chose s'emplit. On voit que le fait d'être n'est pas si simple que ça. Qu'on détruise l'univers, il restera l'espace qui le contient. Cet espace sera. Qu'on supprime tous les phénomènes dont la conscience peut avoir l'idée, il en restera le souvenir... Le souvenir n'est pas rien. Il nous restera pour finir la mystérieuse et inquantifiable éternité qui a précédé et qui suivra le temps lui-même (Signe 12/6), et dont le temps n'est que la mobile image, comme disait Platon. Enfin, avec les notions du temps et de l'espace, ou de l'éternité ou de l'immensité, comment échapper à l'idée de l'infini, c'est-à-dire de l'être considéré dans sa plénitude et sa suprême totalité inimaginable, indimensionnelle ? L'infini est ; oui, il est aussi. Alors qu'est-ce qu'être ?
C'est pourquoi il faut passer à un autre mode de pensée que la pensée géométrique du monde actuel. Dans la fusée Ariane chaque élément est. C'est l'être géométrique. Impossible de passer de cet être géométrique à l'être absolu qu'est la Vie sans passer par la métaphysique. Nous pouvons dire que la pensée du Pèlerin d'Arès n'est pas religieuse, pas littéraire, pas mathématique, pas logique, etc., mais qu'elle est métaphysique. [234C20*05/10/2021]
Sur le missionnaire
Même sur une voie de plus en plus métaphysique", je dis : N'abandonnez jamais la mission ! Vous pouvez vous y mettre de façon un peu compliquée en expliquant pourquoi nous ne sommes pas une religion, mais des croyants libérateurs, ou de façon très simple en vous contentant de dire : "Une seule solution au mal du monde : l'amour ! Nous cherchons des frères et sœurs humains qui voudraient bien nous aider à rappeler aux humains qu'ils peuvent trouver le bonheur et l'éternité dans l'amour.
Il n'y a pas besoin d'être un phénix du verbe spirituel. Le philosophe Leibniz disait que la certitude se réalisait dans l'aiguillon d'imperceptibles sollicitations. Même si on se considère "minable", nous pouvons être une de ces "imperceptibles sollicitations".
Nous vivons en des temps où sévit partout une formidable inquiétude. Même celui qui se pense "minable" peut contribuer à donner à ce monde la certitude qu'il peut trouver le bonheur, qui est toujours dans la simplicité et qu’il devient ainsi auxiliaire du Créateur pour rappeler à l'homme que la force contre le Mal est tout simplement dans l'amour du prochain. [234C4*28/09/2021]
Sur l'ignorance de ses possibilités par l'homme de la rue
Par "l'homme de la rue à qui je parle ne comprend pas à quel point il est libre de n'être rien ou de réintégrer l'Être plus loin que l'Infini," je veux dire que l'homme qu'on rencontre dans la rue et auquel on parle ignore généralement les limites extrêmement lointaines de ses possibilités mentales. Il ignore qu'il peut s'avilir et se réduire à l'ignominie la plus infâme et se suicider en se vouant au néant (idée du spectre dans Le Signe) comme il peut se hausser au niveau d'une vertu exemplaire, montrer une force d'amour, de pardon, de libération, etc. à un point à peine imaginable et projeter son âme dans l'infini de l'Univers. L'ignorance de ses possibilités fait que l'homme de la rue auquel parle le missionnaire ne peut ni mesurer sa capacité de concevoir le Bien et le Mal, ni la puissance miraculeuse de la pénitence fondée sur l'amour du prochain. De là vient qu'il tourne les talons sans avoir même entrevu le trésor dont lui parle le missionnaire. [234C15*02/10/2021]
Sur la transcendance, le dépassement
Chacun de nous peut se demander : Pourquoi moi ? comme je me le suis demandé quand Jésus m'apparut et me parla trente-neuf ou quarante fois du 15 janvier au 13 avril 1974. Cependant, cette question n'interrompt pas notre apostolat. Comment concilier les difficultés de faire comprendre à l'homme moderne l'opposition de ce qu'il y a le plus à craindre – la mort spirituelle – à la perspective de ce qui paraît fou à l'esprit moderne – la réconciliation du Père et de l'homme, la vie éternelle heureuse au Jour que préparera une seule chose, simple : la pénitence ou l'amour ? Comment ne pas se décourager face à ce monde incrédule ? C'est en comprenant que l'homme a abandonné son terrain de prédilection : la transcendance, le dépassement du matérialisme mécanique, et en rallumant le Feu de la foi dans le cœur. Nous sommes un petit reste d'humains qui avons trouvé, escortés par les légions d'anges, le courage de nous jeter à genoux devant la Vie et de surmonter nos peurs, nos timidités, nos doutes parfois... Et nous commençons très petitement un travail énorme que les générations qui nous suivront continueront, élargiront, universaliseront. Oui, nous changerons le monde ! [234C26*06/10/2021]
Sur la nécessité de bousculer les convictions des hommes
Cette magnifique entrée appelle naturellement à revisiter notre mission, mais cela se fera lentement comme je ne suis moi-même arrivé que lentement à cette entrée "Être et Non-être", mais la revisite de la mission va se faire. Il y a des années que je vise à cette entrée et que j'y ai prudemment amené, d'entrée en entrée, mes frères et sœurs : Nous représentons bien plus que la foi sans religion, nous ramenons la Vérité de l'Inattingible à sa Nature que ne peuvent atteindre les mots du langage humain déchu. L'Être est plus que Dieu, c'est l'Infini de la Vie qui crée et qui est créée, c'est le Père et Sa Création, l'Univers (Signe 12/4), c'est Tout donc, car les étoiles vivent. Ces choses sont délicates à énoncer, parce que nous ne voulons pas rationaliser le feu du ciel, nous sommes dans l'ailleurs et notre petit matérialisme terrestre et ridicule n'a pas les mots pour le dire. Il va falloir trouver la bonne manière de l'exprimer sans paraître totalement chimérique. Le Signe nous emporte à un autre étage du concept du Tout ou de l'Être que sont les Sainteté, Puissance et Lumière, mais le lecteur prisonnier de sa culture étroite — sa culture de cafard perfectionné, dis-je par-ci par-là depuis longtemps — ne peut pas, sauf rare exception de l'épi mûr, comprendre vraiment bien où nous sommes spirituellement parlant.
Il nous faut parler de ce que Jésus appelait le Royaume, de réalités hors du commun, que ne peut pas exprimer une langue que des siècles de religion, de politique, de philosophie académique, a truffées d'idées fausses ou tellement tenues bas que ce qui pour nous, rares encore, est devenu une aire d'aise et d'abandon à l'espérance, n'est plus compris du public. On nous a enseigné, à nous les pécheurs, à ne prendre au sérieux que ce qui est "rationnel", "logique", "scientifiquement démontré", bref, "sérieux" — la théologie est une sorte de démonstration sérieuse d'une vérité dogmatique sans réplique possible —, et nous nous sommes enfermés dans cette citadelle, de sorte que les rares qui s'en évadent comme nous, prennent le large puis reviennent pour parler du dehors aux citadins de la citadelle, sont vus comme des insensés, des rêveurs ou des menteurs. Hier 7 octobre j'ai reçu un Email qui me dit : "À ton âge, tu mens encore, vieillard ?" et ce n'est pas la seule chose de ce genre que je reçois à longueur d'année.
Dans la société moderne qui insiste sur le pratique immédiat, les diplômes qui mènent à des "situations" qui paient bien et donnent de bonnes retraites, sur le rejet de l'inutile comme la poésie ou la foi, sauf peut-être la charité parce que ça fait admirer les charitables, ce que nous proposons au monde : retrouver le bonheur par la pénitence, l'amour, le pardon, etc., semble d'une gratuité vide, lamentable. Pour le monde ce que nous prêchons n'est nullement assimilable à un bien. Notre idée de la liberté est même considérée comme très dangereuse, et si nous disons, comme nous allons le dire, que la liberté est le glacis, la contrescarpe d'une puissance infinie, la métaphysique sans limites et son extraordinaire bouillonnement de Vie, si nous disons comme nous allons le dire que l'immensité de Lumière étalée devant nous est gratuite parce qu'elle est fin absolue, injonctif catégorique, nous allons être vus comme des idéologues à combattre. Raison pour laquelle il va falloir y aller doucement. Nous sommes des libres et lucides consciences réouvrant d'un coup les portes de la métaphysique oubliée et cela ne sera pas accepté sans oppositions. Il va être intéressant d'envoyer quelques avant-gardes pour voir les réactions. [234C28*08/10/2021]
Sur la nécessité de faire comprendre que notre Message n’est pas moraliste mais qu’il redonne la Vie !
Notre mission est de propager le Message dans le public afin que les épis mûrs s'y reconnaissent et trouvent le courage de nous rejoindre. Soyez patients ! Vous serez tôt ou tard plus écoutés que vous ne pourrez le penser. Un de ces jours les épis mûrs viendront à vous en nombre sensible.
La métaphysique vous permettra peu à peu de réduire ce que les gens interprètent comme un prêchi-prêcha religieux qui ne concerne plus le monde d'aujourd'hui. Ils se rendront compte que vous apportez quelque chose qui relève de l'éternité, mais qui a été oublié. Ils réaliseront que rien ne saurait être plus actuel que le Message Arésien et qu'il faut effectuer un redéploiement spirituel, car Jésus avait raison : L'homme ne se nourrira pas que de pain ! (Matthieu 4/4). Le pire ennemi de la métaphysique est le moralisme, je ne sais plus qui a dit ça ; le moralisme, c'est religieux. Nous ne sommes pas moralistes ; nous redonnons la Vie ! [234C58*20/10/2021]
Sur notre mission qui est anagogique
J'aime bien ce tract, mais avec la permission du frère qui l’a conçu, je le critique. J'ai assez d'expérience de la mission depuis quelque quarante-cinq ans pour savoir qu'en général les personnes de rencontre à qui vous donnez le tract jettent un coup d'œil sur le papier puis le mettent dans leur poche d'où très peu le tireront plus tard pour le lire complètement. C'est ce coup d'œil qui forme la principale, je dirais même la fondamentale ou essentielle prise de connaissance. Quel sera, dans le cas présent, le point du tract sur lequel le coup d'œil tombera ? C'est le haut du recto : "Élevez-vous (nous) vers le Bien !", ce n'est pas bon. La raison en est très simple : C'est un appel moral. Or, notre mission n'est pas morale, elle est spirituelle et même, plus exactement, anagogique, qui est un qualificatif rare, je sais, mais je crois ce mot le moins inapproprié dans notre cas. La morale fait appel au sens rationnel ou convenable (au sens de convenu) des rapports avec les événements, la société, etc. L'anagogie fait appel au sens irrationnel et qui n'est plus convenu depuis longtemps, depuis la Renaissance et plus précisément depuis les "Lumières" en gros, depuis le XVIIIe siècle. L'anagogie fait appel à tout ce dont la masse humaine occidentale se considère dépouillée : l'âme, Dieu, la Vie invisible, l'Amour créateur, etc. Cela, nous ne pouvons quand même pas l'éviter tout en l'exposant avec prudence ou retenue. Notre Message au monde ayant une origine clairement anagogique, ce que nous devons annoncer, même si nous évitons le mot de Dieu, c'est sous le jour anagogique et non moral de l'amour du prochain, du pardon des offenses, de l'Univers créé et non sorti d'un big bang, etc., que nous nous adressons au monde.
Nous évitons le mot de Dieu, disons que nous l'évitons de but en blanc, nous l'évitons comme évidence aussi évidente que la lune, mais nous pouvons ne pas l'éviter sous d'autres formes, parce qu'il plane, de toute façon, sur nos têtes et qu'il fait battre notre cœur, puisqu'Il est la Vie.
Je n'ai pas bien le temps de réfléchir à une accroche où Dieu ait quand même sa place sous le coup d'œil, mais je verrais bien : "Vous ne croyez pas au Dieu roi et juge ? Vous avez raison. Dieu, c'est vous !" Quel humain, serait-il athée, n'a pas Dieu en lui ? Le rapport de l'Être à l'être est fondamental, vital. [234C78*26/10/2021]
À un frère qui propose d’expérimenter une approche missionnaire inspirée de l’entrée 234, Michel Potay répond :
Vous proposez donc le texte suivant :
“Homme, quitte le système éphémère de Non-Être créé par Adam (Signe 2/1-5) face à la Vie ou, si l'on préfère, face à l'Être, qu'Adam ne voulut pas et que sa descendance ne veut toujours pas !
Ce sont tes ancêtres qui ont voulu le vêtement d’os secs et froids pour L’attendre au creux de la terre (Signe 2/5).
Et si tu lis dans l’Écriture : Celui qui a créé la vie et la mort pour vous éprouver et connaître ainsi celui d’entre vous qui agit le mieux (Coran "La Royauté" 67/2), dis-toi que ce n’est pas la Vérité, que ce sont des ajouts à Sa Parole, des livres d’hommes (Signe i/5-9).
Ne te dis pas que c’est à cause de Dieu que tu meurs, car tu auras alors trouvé un coupable et tu ne te remettras pas en cause toi-même, le seul responsable.
Change-toi (Signe 30/11) ! Entre en pénitence (8/6, 31/2, 33/13) ! Devient un être aimant, qui pardonne, fait la paix, retrouve l’intelligence spirituelle du bon sens, libre de préjugés et appelle tes frères à se changer (xxviii/26, xlix/5) et ta descendance continuera de changer le monde, ouvrant devant l'homme une prodigieuse voie d'évasion vers le Bien, vers la racine de l'Éternité, en somme vers l'Être.”
La difficulté de la mission nous fait penser qu'il ne s'agit peut-être pas chez les personnes que rencontre l'apôtre d'une difficulté de comprendre à proprement parler, mais qu'il s'agit plutôt de doute ou d'indifférence face à ce qui a été par ailleurs rabâché par le christianisme et d'autres religions, de leitmotivs connus par cœur dont "toute la terre est marquée", qu'il s'agit de "tous les pavillons qui couvrent déjà les territoires," comme disait Valéry dans "Monsieur Teste". Nous sommes à la recherche d'une autre façon de dévoiler la Lumière devant le monde. Apparemment, la rédaction proposée par un certain frère semble obscure, mais qui sait ? C'est peut-être une des formules nouvelles, que nous recherchons actuellement, qui réveillera une saine curiosité dans les cerveaux de rencontre.
Il faut essayer. Bien sûr, le début de cette "réflexion" risque de susciter des questions difficiles de la part de ceux et celles qui la liront, mais vous êtes là pour leur répondre. Essayez et tenez-moi, s'il vous plaît, au courant des résultats. J'en serai très heureux.
Après tout, il vaut peut-être mieux être pris pour des philosophes que pour des benêts répétant : Aimez-vous les uns les autres, comme les Églises le répètent sans montrer l'exemple de l'amour. Je repense aux évêques catholiques français bénissant les soldats partant au front tuer des Allemands et aux évêques catholiques allemands bénissant les soldats partant tuer des Français en 1914. Effrayant. C'est finalement l'Église qui se prétendait seule prédicatrice autorisée de l'Évangile qui a tué dans le cœur de ses fidèles l'idée de l'amour du prochain, du pardon, etc. Cette "réflexion" propose une autre façon de comprendre le Message du Créateur et ses Messagers.
Cette "réflexion" me fait réfléchir un peu. Oh ! je sais que ce n'est qu'une réflexion rapide, incomplète, mais cette "réflexion" propose une direction qui peut a priori sembler fermée, abstruse, voire pédante, mais qui peut ne pas être aussi stérile que nous pouvons le craindre et nous surprendre. Elle peut — qui sait ? — dans certains milieux où Être et Non Être ne sont pas des notions extravagantes ou prétentieuses, avoir une résonance heureuse. Nous vivons dans un monde où ne semble promis au succès qu'un savoir positif et où la métaphysique est vue comme frôlant plus ou moins le fakirisme. Mais alors, c'est à nous de réveiller l'esprit, comme le fit Parménide, il y a vingt-six siècles, au fait possible que la métaphysique n'est pas nécessairement l'inverse de la science. Dire : "expérience métaphysique" fait rire la majorité des imbéciles qui peuplent la planète, pour qui les mots d'expérience et de métaphysique sont antinomiques, mais pourtant un penseur de grande valeur : Henri Bergson, a fait comprendre que ces deux mots ne sont pas antinomiques, mais plutôt synonymes. Pour Bergson "l'expérience métaphysique" était "l'expérience intégrale". Nul doute pour moi, en tout cas. Au début de l'ère arésienne je disais souvent non que j'avais vu et entendu Jésus, mais que j'avais fait l'expérience intégrale de Jésus. Il faut changer le monde (Signe 28/7), c'est-à-dire refaire le monde et cela ne se fera pas sans métaphysique. [234C7*28/09/2021]
Pour qui notre apostolat bat-il le pavé ?
Pour qui notre apostolat court-il les rues ? Pour l'humain universel, qui ne peut retrouver la Vérité que dans la métaphysique, la capacité de se transcender. En deçà l'humain ne trouve, au mieux, qu'un peu de Vrai. Nous savons que nous ne parlons, pour l'heure et sauf rares exceptions (les épis mûrs), qu'à des libertés rouillées, embourbées, enchaînées, hors-service, des fraternités quasi disparues, des égalités illusoires ; notre travail actuel est de nettoyage. Il ne sert pas à grand-chose de parler, quoique nous devions en parler, des valeurs éternelles : l'amour, l'âme, l'image et ressemblance au fond de nous. Ce monde est décharné ; il a perdu sa substance spirituelle ; nous bêchons, nous houons ce jardin déjà semé (Signe 5/1), pour le moment, pour ramener près de la surface les graines enfouies trop profondément pour germer. C'est une tâche ingrate, mais nous ne devons pas cesser de l'effectuer. [234C52*18/10/2021]
Sur la grâce
La grâce divine est un concept qu'on trouve dans un certain nombre de religions, notamment la religion chrétienne et l'islam. Pour moi la grâce — mot qu'on ne trouve pas dans Le Signe — est une faveur, une bénédiction, bref, un don gratuit accordé par Dieu, mais personnellement je ne ressens pas la grâce. Certaines personnes me disent parfois : "Jésus puis Dieu vous ont apparu et vous ont parlé. Quelle grâce insigne !" Je leur réponds : "Vous trouvez que c'est une grâce ? Pour moi il a résulté de ces manifestations surnaturelles une mission extrêmement difficile, un fardeau." Je suis très loin de sentir la grâce dans "des synchronicités". En fait, je ne sens rien. Je m'applique à ce que le Père et son Messager Jésus m'ont demandé. Je ne suis pas capable de répondre à la question : "La grâce n'est-elle pas une intuition métaphysique ?"
Au fond, si un frère ne sent rien, il est dans une situation similaire à la mienne. [234C9*28/09/2021]
Sur le surnaturel et la métaphysique
Le surnaturel est-il un phénomène métaphysique ? Non, parce que — en ce qui me concerne, du moins — les deux expériences que j'ai eues du surnaturel en 1974 et 1977 étaient absolument physiques : visibles, sonores, vécues même par le toucher ; il ne s'agissait pas d'expériences métaphysiques, lesquelles ne sont pas détectées par les sens de l'homme charnel : vue, ouïe, etc. La métaphysique n'est détectable que par l'esprit, la pensée, qui sont des facultés invisibles capables de percevoir ce qui est invisible. Tout ce qui est vu ou entendu par les sens charnels analyse, donc divise ou sépare en composants ce qui est vu ou entendu. Tout ce qui est perçu par la métaphysique fait l'inverse : rassemble, unit. La métaphysique est l'outil par excellence de la non-dualité. On peut dire, pour simplifier, que métaphysiquement tout peut exister en même temps. Ainsi métaphysiquement perçus, la Terre, le Cosmos et ses milliards de milliards d'étoiles, Dieu ou Père, anges, matière ou antimatière, ses flux de puissance, sa Lumière, etc., etc., ne sont qu'un Étant, un Être : la Création. Voilà pourquoi notre œil peut se tendre vers toutes ces réalités, il bute (Signe ii/2), il est incapable de percevoir en même temps tout. Mais notre sens métaphysique peut tout percevoir en même temps. Voilà aussi pourquoi il nous est impossible d'imaginer concrètement le Tout dans lequel nous allons entrer après que notre cœur se sera arrêté. [234C10*29/09/2021]
Sur l’empathie métaphysique
Dans certaines conditions, l'empathie, qui est la capacité de s'identifier à autrui, de ressentir ce qu'il ressent, un ressenti qui consiste aussi à se mettre à la place de l'autre, a quelque chose à voir avec la métaphysique en cela qu'elle est le cadre de conscience dans lequel l'humain commence à aborder le règne invisible des pensées et sentiments d'autrui, et au-delà ou autour d'autrui, des courants et des ressorts impalpables, inapparents, mais agissants, auxquels autrui est lié.
Quand un humain inconnu s'approche de vous en vous regardant, se comportant avec l'intention manifeste de vous voir de près, ou de vous toucher, ou de vous parler, etc., vous éprouvez un sentiment qu'on appelle empathie. C'est la reconnaissance initiale de l'autre. Cette reconnaissance s'affinera au fur et à mesure du contact ou de l'échange verbal. Dès qu'apparaît l'humain inconnu vous éprouvez un sentiment : sympathie, antipathie, inquiétude, bonheur, doute, etc. L'empathie joue un rôle extrêmement important dans les relations interindividuelles. Vous ne pouvez pas ne rien ressentir du tout quand un humain vient vers vous, et pourtant il n'y a rien autour de lui, rien entre lui et vous, mais quelque chose se produit : sa présence marquée par une intention qui vous vise. Il y a quelque chose d'invisible dans l'espace qui vous sépare de cet inconnu, quelque chose qui n'est pas rien, parce que vous ressentez son but, vous vous ressentez comme son objectif, un être ou non-être vous vise, il n'est pas un vide sans pour autant être identifiable. Pourtant il n'y a rien, absolument rien de visible. On peut détecter la présence de Dieu de la même façon et, dans ce cas, la sagesse consiste à ne rien savoir de Dieu tout en Le sentant proche. L'empathie métaphysique n'est pas un portrait surgi devant vous ; c'est un domaine où les lois physiques n'ont plus cours, mais où se profile une existence.
Nombre d'humains ont perdu l'empathie comme un sourd a perdu l'ouïe et l'aveugle la vue ; ils ont perdu tout sens métaphysique ; pour eux il ne peut y avoir d'Être et de Non-Être pas plus que d'être et de non-être. Pour eux l'existence ne peut qu'être celle de l'Obélisque au milieu de la place de la Concorde. Comment lui redonner l'empathie ? Par l'amour. D’où l’importance de devenir pénitent et prêcher l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence spirituelle libre de tous préjugés. [234C12*01/10/2021]
Sur la Lumière à retrouver
J'ai d'abord vu dans le Signe que m'apportèrent Jésus puis le Père en 1974-1977 un Appel qui corrigeait par quelques côtés fondamentaux des termes de foi des Églises dont les dogmes avaient par trop vieilli, comme de l'Islam, dont les diversités et les divisions m'échappaient alors. De lecture en lecture j'ai trouvé graduellement de moins en moins de rapports avec le christianisme d'Église et l'Islam dont je découvrais le désordre sur Terre. Inexorablement, comme dans une tragédie shakespearienne, je découvris qu'il n'y avait que de l'humanité, des idoles de l'esprit, dans les religions, et que la Vérité avait disparu de la Terre depuis longtemps, laissant place à du Vrai, lui-même très relatif, fragile, et qu'il y avait presque tout à refaire, c.-à-d. tout à reconstruire pour retrouver une Lumière qui n'était pas dans les livres mais dans les secrets recoins de nos esprits quand ceux-ci contribuent à remettre l'âme au monde. [234C13*01/10/2021]
Sur l’effort ininterrompu de pénitence
L'accomplissement prend toute la vie terrestre de celui ou celle qui l'a décidé ; c'est mon cas. D'une part parce qu'il faut commencer sa pénitence et en ce qui me concerne je la commence chaque matin, d'autre part parce qu'il faut lutter contre les défaillances, éviter ou abréger les interruptions de la pénitence.
Pour moi, l'accomplissement est un acte que doit ranimer ma conscience tous les jours, parce qu'aimer tous les humains et pardonner toutes les offenses autant que toujours contrebalancer mon intelligence intellectuelle par l'intelligence du cœur et me garder libre de tous préjugés est un effort constant, même après quarante-sept ans d'exercice prophétique. Je ne suis ce qu'on pourrait appeler un pénitent accompli qu'au prix d'une vigilance permanente ; je suis un pénitent en effort ininterrompu de pénitence. C'est donc chaque jour, depuis quarante-sept ans, que je prononce la Parole pour L'accomplir (Signe 35/6). Je suis donc chaque jour, chaque instant dans le temps !
Autrement dit, j'oscille sans cesse entre être et non-être, je ne suis que le miroir inconstant ou instable de l'Être, je suis par occultations, seraient-elles brèves, le miroir du Non-Être. [234C55*19/10/2021]
Face aux religions empiriques, la foi métempirique du Signe
L'Islam repose sur "cinq piliers" :
- Attester qu'il n'y a nulle autre divinité (digne d'adoration) à l'exception d'Allâh et que Muhammad est Son messager,
- Accomplir la prière rituelle (cinq fois par jour),
- S'acquitter de la zakât (ou impôt légal),
- Jeûner le mois de Ramadan
- Faire le pèlerinage pour qui en a la possibilité.
Il y a aussi, outre les cinq piliers, la soumission du Musulman à des règles issues du Coran : se dispenser de manger du porc, manger de la viande hallal, suivre les prescriptions concernant les femmes, etc.
Il s'agit donc d'une religion qui justifie le croyant par des pratiques, pieuses, religieuses sans nul doute, mais sommaires sur le Fond. Nous Pèlerins d'Arès croyons que Muhammad est prophète de Dieu, mais nous regrettons que la mise en pratique du Coran soit très en-dessous de l'immense Lumière qu'il montre, de ce qu'il dit et inspire de Sublime.
Le Christianisme d'Église repose sur des croyances et obéissances qui sont :
- Croire en la Trinité : Dieu serait Père, Fils et Saint-Esprit,
- Croire que Jésus Christ serait le Fils, donc Dieu, mort sur la croix pour la rémission des péchés,
- Croire que l'Esprit-Saint fixe les termes de foi,
- Obéir à la sainte Église catholique et au Pape,
- Croire en la communion des saints,
- Croire en la rémission des péchés,
- Croire en la résurrection de la chair,
- Croire en la vie éternelle,
- Croire que l'Eucharistie dans le pain et le vin est le corps et le sang du Christ,
- Croire en l'Effet salvateur des sacrements, etc.
Il s'agit d'une religion qui justifie également le croyant par des pratiques pieuses, religieuses sans nul doute, mais hypothétiquement miraculeuses, quelque peu fantasmagoriques et toujours sommaires sur le Fond. Nous Pèlerins d'Arès croyons que Jésus est prophète de Dieu, mais nous regrettons que la mise en pratique de l'Évangile par l'Eglise soit très en-dessous de l'immense Lumière qu'il montre, de ce qu'il dit et inspire de Sublime.
Face aux religions, dont les pratiques sont largement organisationnelles et empiriques, la foi selon Le Signe, qui ne fonde aucune religion, est métempirique et repose sur :
- Le seul fait de cesser de pécher, de rétablir le Bien.
- Le Bien étant multivalent assure le salut personnel autant qu'il participe au changement du monde en bien (Signe 28/7).
- Ne plus pécher ou rétablir le Bien, c'est aimer tous les hommes, pardonner toutes les offenses, faire la paix avec tous, agir avec intelligence spirituelle, être libre (au sens d'affranchi) de tous préjugés, chercher (moissonner) d'autres humains enclins à cesser de pécher. Le Signe appelle ce mode de vie pénitence (30/11).
Scolie : La foi et le Salut selon Le Signe est le Retour (Signe i/1) simple et possible par la volonté (Pour que nous fassions Ta Volonté, 12/4) à l'image et ressemblance (Genèse 1/26-27) de la Vie (Signe 24/5), On ferme le cercle le long duquel le péché s'est longtemps inscrit selon le choix libre de l'Adam = l'humain (2/1-5). C'est la vie spirituelle simple fondée non sur des termes de croyance, mais sur l'amour ; c'est le christianisme simple et encore inaccompli du Sermon sur la Montagne, une espérance fondée sur l'effort ou le travail sur soi, c.-à-d. sur l'achèvement par l'homme, Enfant de la Vie et co-créateur de la vie. C'est cet amour qu'il va nous falloir faire parler. [234C55*19/10/2021]
Sur l’amorce métaphysique des mots du livre qui nous propulsent vers l’indescriptible
Le Signe n'institue ni religion, ni loi, ni obligation, ni serment, ni attestation, ni prescriptions alimentaires, sexuelles, calendaires, etc. Il suggère un mode de vie simple fondé sur l'amour, miroir de l'Amour du Créateur. C'est cet effet miroir — l'homme est Dieu autant que Dieu est la Sainteté, la Puissance et la Lumière (Signe 12/4), équation pour l'heure insoluble tant son éblouissant Mystère (33/19) aveugle —, effet miroir très simple, qui permet une découverte métaphysique, même encore très rudimentaire, de la Vérité que le péché a masquée. La foi arésienne délivrée d'encombrements pieux et cérémonieux suit une ligne de simplicité qui permet à la pensée humaine de mieux s'évader des contingences animales et matérialistes (parfois nobles, mais toujours compliquées et plus ou moins lourdes selon la philosophie ou l'idéologie adoptée) de l'homme, qui a reçu les Attributs de Dieu : Amour, Parole, Créativité, Liberté, qu'il utilise non toujours à mauvais escient, mais de façon si étriquée qu'il ne voit pas l'étroitesse de la boîte qui l'enferme ou qu'il croit cette étroitesse fatale, indépassable. Il faut une métaphysique de l'inséparation, une pénétration de l'inconnu par la pensée, sinon l'isolation à laquelle seule croient les rationalistes parce qu'ils ne veulent mouvoir leurs pensées que dans l'analyse du visible ou du décelable, restera sans solution et la conséquence évidente et largement évolutive est l'athéisme. On peut certes êtres athée et Pèlerin d'Arès, mais tôt ou tard l'athée pèlerin d'Arès finit par croire en la Vie comme Puissance créatrice du Tout à l'infini, parce qu'il a un besoin naturel de métaphysique qui entrouvre la porte des Mystères.
Nous sommes des têtards, il nous faudra devenir grenouilles, ce à quoi ne visent pas Musulmans et Chrétiens d'Église, mais ce à quoi nous visons. Lorsqu'on lit le chapitre VI du Livre (deuxième partie du Signe) qui décrit brièvement mon périple dans le cosmos on se heurte aux mots, parce que le langage ne peut qu'analyser. Or, ce que j'ai vécu alors n'est pas analysable. Les mots du Livre ne sont que l'amorce d'une métaphysique, d'une "expérience métaphysique" comme disait Bergson, qui sur le mode descriptible voudrait faire vivre au lecteur ou à l'auditeur l'indescriptible expérience en question. C'est cet obstacle de l'indescriptible qu'il va nous falloir passer et pour cela je propose pour commencer, dans cette entrée 234, de parcourir le trajet pour le moment indescriptible de l'Être au Non-Être ou de leurs miroirs que sont l'être et le non-être. Suivre la courbure indescriptible du Surnaturel, car voler dans l'espace est acte surnaturel, voilà la difficulté. Si nous sommes d'honnêtes esprits, nous y arriverons.
Alléluia ! [234C55*19/10/2021]
Sur l’évasion métaphysique ou la tentative d'aller au-delà de soi-même
Comme transmetteur (ou prophète) du Signe je ne suis pas seulement chargé de diffuser cette Parole comme je l'ai reçue, je suis aussi chargé de l'expliquer et là tout devient pour moi difficile.
Je m'attendais bien un peu à ce qu'en m'enfonçant toujours plus loin dans la métaphysique, dont Le Signe est la porte, certains lecteurs de mon blog sourcillent et se demandent où je les entraîne.
Pour comprendre le souci qui m'a amené à ce sujet : "Être et Non-Être", il faut bien comprendre que Le Signe de toute évidence sort son lecteur de la dogmatique... disons... infantile de la chrétienté d'église : Dieu en trois personnes : Père, fils et saint-esprit, la défaite du péché par le sacrifice de la croix, le salut par la fidélité aux sacrements et au calendrier des fêtes etc., et le ramène à l'expérience totalement oubliée de la Vie dans la Création infinie, ce qui oblige à dépasser les limites de la cérébralité animale pour retrouver la vaste réalité de l'éon de la Création, réalité évanouie dans nos pensées, que nous ne pouvons plus que sentir difficilement : cette réalité hors des limites matérielles est la métaphysique. Même chose pour d'autres religions — par exemple dans l'Islam la description de l'au-delà est enfantine — c'est le déport "au Ciel" du défunt dans un joli parc d'attractions avec luxueux restaurant terrestre. Or, il faut, dès ce monde — car courte est la vie et très longue la mort — se dire qu'une fois morts les organes charnels des sens, de la pensée, de la parole, etc., disparaissent, l'humain devient tout autre chose et que cet autre chose n'est pas descriptible. C'est un ailleurs non inactif, car il y a notamment fusion de l'âme dans la Vie hors dimension, mais inénarrable. Il faut y penser ; cette pensée est un des exercices de la foi. Il faut, pour diriger autant qu'il est possible cette pensée, sortir du descriptif, même poétique. La métaphysique est la seule tentative d'approchement possible.
La métaphysique, selon moi, est la permanente tentative d'aller au-delà de soi-même, des habitudes intellectuelles logiques, pour chercher l'invisible, dont on peut être certain qu'il existe et qui parfois même se manifeste subrepticement (miracles, hasards miraculeux, intuitions prodigieuses, etc.), mais dont l'homme de chair ne peut que flairer, sentir, sans rien pouvoir prouver. La métaphysique échappe, dans ce monde matérialiste lourd, à toute expérience sensible. Étrangère aux sciences normatives comme l'éthique, la métaphysique est une science philosophique qui rend compte sans pouvoir la prouver de l'existence de choses ou d'événements qu'on ne peut nier mais qu'on ne peut expliquer. Aristote appelait la métaphysique "philosophie première", première en importance et en dignité. Il y a certes d'autres façons de voir la métaphysique comme la façon d'Emmanuel Kant qui disait : "La métaphysique contient les premiers fondements de ce que saisit le savoir humain. Elle est science des principes de l'étant et non pas des principes de la connaissance". D'autres appellent métaphysique l'étude des réalités qui échappent aux sens et la tentative de décrire les choses qui sont en elles-mêmes impossibles à représenter par le langage. Bref, la métaphysique s’oppose à la connaissance empirique des phénomènes tels qu'ils nous apparaissent hors du champ des sciences.
La considération de l'Être et de l'être face au Non-Être et au non-être fait partie du domaine métaphysique. Entraîner le cerveau à envisager la vie hors de la chair est nécessaire. Dieu comme souverain suprême, juge des hommes et maître de la providence, ou, si l'on préfère, comme sorte de Superhumain immortel qui a l'œil partout, voit tout, juge tout, règle même les détails de l'existence humaine comme la nourriture, les rapports sexuels, les jeux, etc., ce Dieu-là, celui de la description religieuse infantile, n'existe pas. Dieu est Tout Autre Chose, qui se trouve aussi bien dans le moindre atome de notre chair que dans l'Infini sans fond. C'est l'Être par excellence que nous, les êtres, qui émanons de l'Être, avons d'énormes difficultés à nous représenter.
Je ne sors pas de mon rôle prophétique en L'évoquant métaphysiquement sans aller trop loin dans l'abstrait, afin que ceux de mes frères encore peu enclins à pénétrer l'Invisible ne soient pas trop perdus en me lisant. Si j'adjoins à mon entrée 234 la traduction d'une partie du poème "De la Nature" de Parménide, poème écrit il y a vingt-six siècles, c'est pour montrer que le souci qu'on peut avoir de ce Parent, Mère-Père, métaphysique invisible est très ancien. [234C1*27/09/2021]
Entrer en métaphysique pour échapper une bonne fois pour toute à l'infantilisme religieux
J'aurais pu, dans l’entrée 234, à la place de "au détriment de l'amour et du bonheur" écrire "au détriment ou au profit, selon les circonstances, de l'amour et du bonheur." On se trouve là dans un domaine d'une inimaginable immensité où les relations entre les situations — amour et bonheur sont des situations — ne suivent plus la logique terrestre. Par ailleurs, il me faut raccourcir pour ne pas entraîner mes lecteurs dans un texte trop étendu.
Cette entrée 234 est, je pense, la première que j'écris pour introduire mes frères et sœurs plus profondément dans le domaine métaphysique auquel, s'ils veulent échapper une fois pour toutes à l'infantilisme religieux, il leur faudra s'habituer. Ce n'est certes pas pour l'heure quelque chose qu'on puisse facilement introduire dans le discours missionnaire, et j'ai conscience que mes illustres prédécesseurs ont évité d'entraîner leurs disciples sur ce sentier particulièrement difficile, mais après quelque quarante-sept années de réflexion et de prudence, je pense qu'il m'est possible d'aider ceux et celles du petit reste à avancer dans cette Voie.
Une grande part de notre foi est de la spéculation, du raisonnement dans un domaine très difficile, parce que le langage humain devient peu opérant et parfois même inopérant. Or, penser, c'est se parler à soi-même, c'est donc user de langage et quand celui-là aborde des domaines lointains où parler se réduit à balbutier, on est plutôt perdu. Mais perdus nous le serons aussi, tous, en mourant, quand vouloir hurler : "Ramenez-moi à la vie !" ne servira plus à rien côté terrestre où nous serons inentendus et n'aura aucun sens pour les entités de l'Invisible, lovés dans un espace sans dimensions aux débouchés sans rapports avec ceux de la vie terrestre. Donc, une grande part de notre foi est de la spéculation, du raisonnement dans un domaine très difficile, et nous devons faire l'effort non de nous représenter ce qui n'est pas représentable, mais de nous assouplir, de nous dire : Ne résistons pas à l'impossible, car l'impossible est déjà là, derrière la porte, et c'est à l'impossible que nous sommes promis.
La pensée métaphysique sur terre ne rapporte rigoureusement aucun avantage d'aucune sorte à quiconque l'introduit dans son cerveau, et elle est pourtant l'avancée suprême dans cet impossible que je viens d'évoquer. Comme la foi, comme l'amour, la métaphysique s'offre gracieusement à celui ou celle qui les abrite, hors de toute considération calculée. Nous vivons dans un monde où n'importe quoi, même quelque chose de purement moral, est vu sous l'angle d'une plus-value — je m'instruis, ne serait-ce qu'en apprenant le nom d'une rue, donc je m'ajoute de la valeur — et il n'est pas sans très grande importance qu'on aborde un point de spéculation sur l'invisible, l'incolore, l'insensible, le douteux, bref, ce qui est inexistant aux yeux des gens "à la page", qui en ce monde ne présente d'autre intérêt que celui de s'introduire dans la Royaume, dans l'impartageable. Ma vie va revenir à la Vie, sa racine, elle y va se fondre, j'y vais en somme disparaître comme homme, comme individu ou personne. Et cependant cela ne me conduit pas à la disparition, mais me conduit à la libération absolue. [234C2*27/09/2021]
Sur la pénitence, moteur de la fusée qui nous propulse vers le métaphysique Royaume
Nous vivons des temps — très vieux temps — où l'on ne peut avoir l'air raisonnable et crédible que dans des formes héritées des idées reçues. De même qu'il y a vingt-quatre heures le Professeur Didier Raoult disait à André Bercoff : "Ce n'est pas parce que c'est la loi que c'est une vérité scientifique," je dis : "Ce n'est pas parce que ce n'est pas académique, reçu dans les idées "valables", que notre métaphysique est fausse. Elle est vraie. J'ai vécu en 1974-1977 un événement surnaturel, dont les grands media se gardent bien de parler, qui m'autorise à affirmer que la réalité n'est pas que ce qu'on prétend qu'elle est ; elle est autre chose et cet autre chose, c'est la métaphysique, c'est l'observation de l'Être et du Non Être." Le soir, pour se changer les idées, mon épouse aime regarder à la télévision des films qui racontent des histoires qui nous éloignent des soucis quotidiens. Je regarde avec elle, car tout est complément du tout en ce monde, la vie doit se partager surtout avec celle qu'on aime, mais je ne regarde pas tout avec les émotions que provoquent "Les veillées des chaumières", je regarde avec d'autres yeux, mes yeux métaphysiques. Actuellement nous regardons, grâce à un abonnement dont nous font bénéficier nos filles Nina et Anne, une série intitulée "Downton Abbey". Là on flotte entre deux eaux comme des vieilles poutres dans le romantisme à fond ! Dans cette saga très british, l'époux de Mary (fille aînée de Lord Robert Crawley, comte de Grantham), Matthew Crawley, meurt jeune (vers 35 ans, semble-t-il) dans un accident de voiture. C'est la dernière vue, tragique, d'une des saisons ou d'un des épisodes. Ce pauvre homme est écrasé sous sa voiture, tué sur le coup, ses beaux yeux bleus grand ouverts mais fixes, embus, ses oreilles pissant le sang. Sœur Christiane sentimentalement effondrée s'engloutit dans le lit comme le "Titanic" dans l'océan, et moi, certes navré mais assis, je me mets instantanément à penser à tout ce qu'il y a d'extraordinairement métaphysique qui jaillit derrière cette mort, et je me dis : Maintenant tout commence pour lui et ce commencement résulte de la vertu qu'il a eue avant d'être écrabouillé comme une blatte. Nous appelons cette vertu pénitence ; la pénitence est le moteur de la fusée qui nous lance dans la Vie, notre vrai Père-Mère, dont nous reviendrons sous une forme ressuscitée dont nous ignorons tout, mais qui, pour l'heure, est le métaphysique Royaume — métaphore bien connue de Jésus : Il circulait dans toute la Galilée proclamant l'Évangile du Royaume (Matthieu 4/23) — qui est la poursuite dans l'Univers de la vie spirituelle née dans la chair. La métaphysique est-elle un rêve ? Non. C'est la vision, très limitée et qui de ce fait doit être exercée avec le plus grand scrupule, que peut déjà percevoir l'œil métaphysique de l'homme. C'est aussi vrai pour le passé, car le passé, les origines du monde par exemple, est aussi métaphysique que l'avenir ou l'au-delà. [234C11*30/09/2021]
Sur la réalité du Tout-Autre
Malgré la science académique et surtout malgré les prétentions de la science académique, il n'est pas possible scientifiquement d'avoir une juste conception du monde et de l'univers, parce que la science semble ne pas se rendre compte qu'elle n'accepte de voir qu'avec des balances, des télescopes, des microscopes, des thermomètres, des compteurs, des anémomètres, des sonars, des réactifs chimiques, etc. Elle refuse ce que voit aussi l'œil de la pensée, et tant que cela sera ainsi elle ne pourra s'appeler science qu'abusivement ; elle ne sera que la science des discuteurs (Signe 1/3), balance d'épicier. C'est le grand phénoménologiste Merleau-Ponty, si ma mémoire ne vacille pas trop, qui disait que la métaphysique ne résulterait que d'une "intention d'emploi" et ne reconnaissait dans la métaphysique que "l'expérience de l'animal". Ces philosophes enfermés dans leurs tubes de fer d'où ils ne voient par deux trous que ce qu'ils peuvent apercevoir tant bien que mal, freinent certes les rêveries et les inventions dangereuses, mais se refusent à la capacité de percevoir dans l'invisible. Il y a en fait dans la métaphysique quelque chose avant terme de l'évasion de la mort, parce qu'il est des moments où — qui ne l'a éprouvé — le temps s'arrête, ne serait-ce qu'un bref instant, pour amener devant l'esprit la vision d'une réalité hors du temps, la réalité du Tout-Autre, qui n'est pas un rêve, mais une vision hors sens. Pour la science académique existence est chose. Pour la science absolue, celle du visionnaire qu'est tout homme s'il ouvre ses yeux métaphysiques, existence est Vie (Signe 24/3-5). La métaphysique, c'est la rencontre de l'objectif et du subjectif, que la science académique considère impossible et refuse, mais que j'affirme comme vraie.
Les événements surnaturels dont j'ai été témoin en 1974 et 1977 n'étaient pas métaphysiques, mais physiques, parce qu'ils étaient captables par mes sens physiologiques : vue, ouïe, toucher. Néanmoins il en résultait simultanément quelque chose de déductif, une sorte de combinaison d'objectif et de subjectif ; c'était particulièrement net lors des Théophanies quand je percevais le Verbe du Père tout à la fois par les oreilles et par une sorte de perméabilité de tout mon être, une combinaison indescriptible. C'était un entrelacement de réalités matérielles et immatérielles. Physique et métaphysique se mêlaient. En même temps, on ne peut pas dire que la métaphysique est abstraction. Elle est prescience ou "flair" comme je le dis dans mon entrée.
Les façons qu'a l'homme de prendre conscience de lui-même sont multiples et il est aisé de démontrer que l'homme est très loin de se ramener toujours à la déduction matérialiste. Qui ne sait que la conscience joue toujours un rôle important dans l'estimation de ce qui est, par exemple, à craindre ou à imiter dans la vie de tous les jours ? [234C11*30/09/2021]
Sur l’invisible boussole métaphysique
La Voie Droite, le sentier ascendant, qui nous conduit vers les Hauteurs est invisible, nous devons l'escalader les yeux fermés, le cœur ouvert, en allant d'ombre en ombre à travers le brouillard de la métaphysique. Nos sens nous trompent ; notre invisible boussole métaphysique est le seul guide possible. Toute religion et toute idéologie, avec leurs bibliothèques hautes comme des châteaux, tournent en escargot sur elles-mêmes ; aucune d'elles n'a abouti. La métaphysique ouvre enfin le couloir vers la Lumière, mais à condition de le suivre avec grande modestie, je dirais même ignorance, remplaçant le savoir par la confiance. Alors, si la confiance est totale, si l'œil métaphysique qui voit dans l'invisible est grand ouvert, nous allons droit au salut. [234C13*01/10/2021]
Sur la métaphysique, seul véhicule qui permet de reprendre possession du terrain du cœur et de l'âme
"Grand poète" je ne suis pas. Au reste, je n'étais rien de ce que j'étais appelé à devenir quand Jésus puis le Père me parlèrent en 1974-1977. Il me faut devenir métaphysicien, et encore ! dans la maîtrise de ce que nous humains pouvons dire du Vrai ! Nous entrons dans une période de notre mission qui est un envol certain, mais pas un envol comme celui d'Icare monté trop haut sous la chaleur solaire et qui tomba et se tua, la cire qui fixait ses plumes ayant fondu. Il nous faut rester prudents.
Il n'est pas nécessaire d'étudier et de comparer longuement les Évangiles synoptiques (Marc, Matthieu et Luc) et la Doctrine des Églises dites chrétiennes pour se rendre compte que dans la chrétienté sous sa forme de religion on met les pieds sur un tout autre terrain que celui de la prédication de Jésus. Le terrain des Églises est celui de toutes les religions constituées en systèmes autoritaires raffinés. Le terrain de la prédication de Jésus est celui de l'amour simple et fruste mais total. Pour revenir à ce dernier terrain, comme nous y invite Le Signe, il faut oublier théologie, dogmatique, piété organisée, lois rigides, etc., et revenir aux spiritualisation et sacralisation fondamentales qui ne peuvent reprendre possession du terrain du cœur et de l'âme qu'à bord d'un seul véhicule : la métaphysique. Je m'efforce de construire ce véhicule peu à peu depuis quelques entrées de ce blog. Mais, bien sûr, avec cette présente entrée 234 : "Être et Non-être", on y est vraiment.
Ce blog est donc dans sa forme une adaptation graduelle à la matière profondément métaphysique du Signe. Depuis très longtemps, d'ailleurs, dès la fin des années 70, j'ai eu souvent l'occasion de dire, tant dans mes conversations avec des contradicteurs que dans mes allocutions : "Le Signe pas plus que les Évangiles de Jésus ne fondent une religion ; ce qui y est restitué, c'est une métaphysique populaire. Autrement dit, pour faire une comparaison grossière mais pas si déraisonnable que ça, c'est plus proche des représentations rupestres de la grotte de Lascaux et du mystère de leur signification que du chant grégorien au latin très explicite de l'abbaye bénédictine de Fontgombault." J'ai arrêté de parler ainsi dans les années 90 quand je me suis aperçu que personne alors ne comprenait rien à ce que je disais. Quand les gens ne vous comprennent pas, ils vous prennent pour un crétin ; il faut faire attention à ça et patiemment se taire. C'est, je pense, différent aujourd'hui, parce que quantité de certitudes disparaissent et le cerveau redevient curieux. [234C21*05/10/2021]
Sur l'honnêteté silencieuse de notre métaphysique
La métaphysique n'est pas une plongée dans l'inconnu, même si nous savons encore si peu de choses sur ce qui nous lie à la Vie. Ce n'est pas une plongée dans l'inconnu, c'est une voie de débord vers l'invisible que l'homme a caché, des millénaires durant, derrière des produits de l'imagination, des légendes qu'il estimait plus croustillantes que l'honnêteté silencieuse. La métaphysique ignore le polythéisme extravagant, les descriptions délirantes du paradis ou de l'enfer, les récits pour enfants de la Genèse, les images théologiques du genre trinité, etc. Le métaphysicien a cette supériorité sur le croyant primaire qu'il ne se contente pas de la description fictionnelle, il préfère dire : "Je ne sais pas ce qu'il y a, mais je sais qu'il y a quelque chose d'Autre", que de dire ou répéter n'importe quoi. La métaphysique va dans le même sens que la religion, mais n'est pas une religion ; elle ne se contente pas de la description naïve que fait la religion du bien, du mal, des récompenses et punitions, du tribunal céleste, etc. Le croyant qui a la sagesse de la métaphysique ne crée pas ou n'essaie pas de résoudre des problèmes qui n'existent pas pour le pécheur dans sa charnalité. Il y a l'Ailleurs et il laisse ailleurs ce qu'il ne peut pas voir, parce qu'il est obscurci par ce qu'a voulu Adam.
Les épis mûrs sont ceux et celles qui sentent cet Ailleurs et qui comprennent déjà où nous sommes spirituellement parlants. [234C33*11/10/2021]
Sur la métaphysique, Fleuve indiscernable du Royaume
Quand le Messager du Père dit : Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2), il ne dit pas que chaque génération devra recommencer tout ce que les générations précédentes auront fait, mais il dit que chaque génération apportera quelque chose de plus à ce qu'auront fait les générations précédentes dont elle sera l'héritière ou l'hère (Signe xxxv/5). Nous sommes la première génération, celle qui commence le long processus du changement du monde, lequel demandera des générations de pénitents et de moissonneurs, qui chacune apportera son écot jusqu'à ce que d'écot en écot la somme suffisante d'apports pénitentiaux égalera la force nécessaire pour faire se lever le Jour (31/8).
Non, "à la base toute intention" n'est pas "métaphysique". Non, l'intention du "financier qui prépare un plan de dépeçage d’une entreprise pour la détresse des salariés et le profit de ses commanditaires, le militaire qui concocte une embuscade pour décimer une colonne ennemie, etc." n'est pas métaphysique. Elle est tout le contraire : rationaliste, parce que les calculs du liquidateur d'une entreprise sont rigoureusement comptables, mathématiques, les plans militaires de l'officier qui prépare une embuscade sont de même méthodiques, tactiques, géométriques, tout sauf métaphysiques. La fameuse déclaration de l'évêque Samuel Butler dans sa "Principia Ethica" : "Everything is what it is and not anything else" (Tout est comme tout doit être et n'est rien d'autre) est tout sauf métaphysique ; c'est bien une déclaration de strict religieux.
La métaphysique, c'est la distance que prend prudemment l'esprit avec l'empire que monopolise la rationalité sur tous sujets et objets ; la métaphysique est inévitablement prudente, imprécise, car les choses du monde spirituel, mais aussi beaucoup de choses qu'en ce monde on croit pragmatiques ne sont pas préhensibles. La métaphysique met en question tout ce qui se présente à tort avec la prétention d'être précis, pesé, dimensionné, bien nommé, etc.
Tout être émanant de l'Être et cherchant à retrouver l'Être ne peut le faire que métaphysiquement, parce que l'Être est insaisissable, invisible, indimensionnel. Par là on peut dire que la métaphysique est le Fleuve indiscernable du Royaume : Qui peut dire ce que sont, où sont, quel débit ont le Pichône, le Guihône en Assour (Signe 35/2) ? Pas plus que je ne peux me représenter Dieu, je ne peux me représenter le Pichône, le Guihône autrement que métaphysiquement. Et pourtant ils sont des réalités, puisqu'un homme en bonne santé psychique a entendu, de ses oreilles, entendu parler d'eux à Arès en Gironde en 1974 et 1977. Cet homme n'est pas par lui-même métaphysique, puisqu'il vit encore et tape sur son clavier ces lignes, mais il ne peut plus se représenter ce qu'il a vu et entendu en 1974 et 1977 à Arès que métaphysiquement. [234C64*21/10/2021]
Sur la vision métaphysique, indice d'une réalité devenue floue
La métaphysique est le seul moyen que nous ayons de "voir" ce qui s'est effacé, qui a fui notre regard, qui ne peut même plus être un souvenir lointain mais plutôt quelque chose d'imaginé tant sont lointains les temps où l'homme rencontrait chaque jour l'Éternel en Éden, et qui ne peut plus être qu'une présence métaphysique.
L'invisible ou l'indétectable n'est pas nécessairement le néant, comme le pensent les rationalistes. À preuve, les souvenirs. Mais les souvenirs, me dira-t-on, peuvent être imprécis, inexacts ou n'être que d'inconscientes reconstructions intellectuelles. Et je réponds : C'est vrai, et c'est la même chose pour la métaphysique. Mais même imprécise, inexacte ou inconsciemment reconstruite, la vision métaphysique n'est pas néant, elle est l'indice d'une réalité devenue floue, mais la représentation perçue n'est pas forcément infondée. C'est ce qu'un grand philosophe, Henri Bergson, appela une métabase, je crois. Il donna l'exemple d'une question à laquelle la science dite exacte ne peut pas répondre : "Le cosmos est-il en ordre ou en désordre ?" Ma première réponse serait : "Qui peut savoir ?" mais si je réfléchis un peu je deviens circonspect, je me dis par exemple que mon bureau devant moi est en pagaille : des papiers partout, des notes, des crayons, des dossiers, des bouteilles d'encre, une boîte de mouchoirs en papier, des clefs, etc., mais en réalité mon bureau n'est pas vraiment en désordre ; mon bureau est dans un ordre qui me convient... Même chose pour le cosmos ; ces étoiles, ces planètes, ces galaxies, ces objets spatiaux, sont dans un ordre qui convient au Père de l'Univers. C'est ce qu'on appelle en anglais une non-question. [234C65*21/10/2021]
Sur le chemin du non-être à l'être, puis de l'être à l'Être, inévitablement métaphysique
L'impatience ne fait pas s'accélérer le temps. Il faut savoir que nous commençons une mission — commencement plus qu'important : capital, pour assurer la suite —, mais commencement qui durera très longtemps : Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2).
La religion s'adresse à l'individu, qu'elle rend comptable de ses fautes personnelles comme de ses propres mérites, auquel elle indique les règles à suivre pour trouver le salut personnel. Le Signe, lui, ne s'adresse pas à l'individu ; il s'adresse à l'humanité sur sa durée, considérant que tous les hommes sont frères, même s'ils refusent ce destin, et donc qu'ils ne forment qu'un seul organisme à sauver du péché des péchés (Signe 38/2), quel que soit le nombre de générations passées, présentes ou à venir.
Le Champ ou le cadre de la spiritualité salutaire active est dans la Parole d'Arès tout autre que dans la religion. Dès que nous visons non plus à la fin de la vie personnelle, mais à la vie de la race (xii/5), le temps n'est plus du tout compté de la même façon.
Le chemin du non-être à l'être, puis de l'être à l'Être, est inévitablement métaphysique. Or, la métaphysique, la nôtre à tout le moins que nous considérons comme la bonne, de par sa nature même, est inévitablement mobile à l'intérieur d'elle-même. Autrement dit, la vision métaphysique qu'à l'humain de son destin s'oriente en tous sens ; la métaphysique peut changer, se contredire. Le changement (Signe 28/7, 30/11, etc.) est, rappelez-vous, la dynamique de fond qu'inspire Le Signe. La mobilité de nos méthodes et de nos décisions va et ira toujours de pair. Cela confère à la vraie foi, pourvu que l'amour demeure sa base ou seul critère immuable, la souplesse, l'ubiquité, la plasticité, la déformabilité de la riche Eau que la Vie fait de nous, que n'a jamais la rigidité dogmatique, légaliste, qui résiste ou qui casse. Comme nous suivons l'intuition et savons que nous ne sommes pas seuls, une légion d'anges (29/6, 31/6) veille, nous suivons le chemin de l'improvisation et de l'inspiration en fonction des événements. Ces événements, ces façons de faire, c'est le futur, que nous ne connaissons pas, que nous pouvons seulement logiquement présumer sans faire un absolu de nos prévisions, qui nous inspirera sur le moment ce qu'il faut faire.
Il nous faut réunir tous les hommes capables d'amour, de pardon, de paix, d'intelligence et de liberté absolue sous un même toit, quels que soient leurs modes sociaux, leurs croyances, leurs inégalités matérielles. Le monde changé (Signe 28/7) bien compris sera l'unité dans une fraternité-bloc de modes d'existence, voire même d'opinions et aspirations, variés. De là le projet d'unités humaines confédérées. Ce projet ne peut pas être réalisé pour l'heure, car il demande une préparation du public à laquelle vous vous livrez déjà. [234C66*22/10/2021]
Sur la métaphysique, activité aussi nécessaire qu’imparfaite
La métaphysique n'est pas une activité de la pensée de l'Unique Créateur, mais de l'homme. L'Unique, Lui, perçoit toute la Vérité depuis la Source jusqu'à l'Extrémité de l'Infini ; Il n'a pas besoin de métaphysique, parce qu'il n'y a pas pour Lui de zones d'ombre ou d'oubli sur cet axe sans commencement ni fin. La Vie sait au sens absolu de savoir.
L'homme, lui, ne sait que des bribes, parce que le péché a apetissé ses facultés et lui a voilé la plus grande partie de l'axe sans fin de la Vie. C'est pourquoi l'homme a besoin d'investiguer sur ce que l'oubli ou l'obscurité lui cachent ; c'est la métaphysique qui le lui permet quoique très mal et avec de grands risques d'erreur, mais la métaphysique est tout ce qui reste à l'homme de sa connaissance évanouie, des temps anciens où il était l'image et ressemblance du Créateur (Genèse 1/26-27). L'homme avance grâce à la métaphysique comme dans le brouillard ; Dieu, Lui, avance dans sa Lumière absolue sans interruption. [234C67*22/10/2021]
Un mouvement intellectuel dangereux s'il se radicalise et se politise
J'ai un peu de temps pour évoquer ici une question qui n'a pas de relation directe avec le sujet de "Être et Non-Être", mais qui depuis quelque temps m'arrive par email, courrier postal, ou dans la conversation à propos de ce qu'on appelle aujourd'hui l'idéologie woke.
S'agit-il d'une idéologie ? Je ne pense pas. Le mouvement woke venu des États Unis est plutôt une façon, au reste pas toujours très claire, de voir ou sentir les rapports humains.
Woke signifie : Éveillé. C'est de l'anglais de rue, incorrect, une contraction de "woken" qui est le participe passé du verbe intransitif anglais "to wake", qui signifie : s'éveiller, se réveiller. Il existe une expression très américaine qui dit : Wake up and smell the coffee ! (Réveille-toi et renifle ou hume le café !), qui veut dire : Arrête de rêver ! Woke a probablement été mis à la mode pour réduire à une seule syllabe : ouôk ! Le participe passé woken de deux syllabes : ouôk'n.
Donc, éveillé ! Mais éveillé à quoi ? Ce n'est pas très facile à définir simplement. C'est une façon de voir. C’est aux États-Unis qu’il faut situer l'allumage de cette espèce d’éruption mentale, je dirais même cérébrale. C'est un mode intellectuel de sentir les choses de la vie comme, par exemple, il y a eu en France le mode cérébral de Mai 68. Mais sentir comment ?
Est-ce une révolution culturelle ? Certains le disent. Pour ma part je ne dirais pas ça, mais je ne suis pas sociologue. Passons ! C'est en tout cas une façon cassante, abrupte d'analyser les choses de la vie d'une façon radicale comme celle qui, par exemple, en Chine a coûté la prison, le bagne de rééducation, parfois la mort à des millions de Chinois à l'aube de la Chine communiste. Le mouvement woke pourrait donc bien devenir un mouvement intellectuel dangereux s'il se radicalisait et se politisait. Le mouvement woke vise à un renversement total de tout ce qui a fait la culture, que je qualifierais de souple ou flexible, de l’Occident démocratique et libéral. Il procède mentalement par une déconstruction de toutes les idées reçues et de toutes les institutions établies. L’idée d’universel est dénoncée comme un mythe, la rationalité est vue comme une manipulation au service du colonialisme, l’objectivité, comme une illusion raciste, etc. Le mouvement woke voit naître des excités qui se qualifient de "guerriers de la justice sociale". Ils seraient plutôt, à mon avis, manichéens, intolérants, partisans d’interdits et de censure, étriqués. Ils deviendraient, dit-on, les terreurs des campus, les sortes de moines-soldats d’une religion nouvelle. L'écologiste Sandrine Rousseau serait woke à fond !
On me dit qu'aux États Unis le mouvement woke s'impose dans les grandes sociétés, dans des séminaires obligatoires sur la "diversité" et sur "l’inclusion" (contraire de l'exclusion). Pour les membres des classes dirigeantes et fortunées américaines, cela permet de se positionner à gauche à peu de frais, tout en conservant l’avantage de revenus très élevés. Les professeurs, dans de nombreuses universités américaines, sont soumis à des rituels humiliants, l'obligation de confesser leurs "privilèges" de Blancs au début de l’année universitaire. Ils sont surveillés et parfois mis en cause par toute une bureaucratie "diversitaire" dont les procédures vont contre toutes les idées de justice en démocratie. Coupables d'une prétendue "toxicité", certains hommes devraient être "déconstruits". Les gens modernes se réclament plutôt des idéaux des années 60, comme l’émancipation individuelle, l’universalisme, la laïcité, la tolérance, l’ouverture d’esprit. Les wokes voient plutôt l'avenir dans la collapsologie, c'est-à-dire dans l'idée que l'homme altère son environnement durablement, et propagent le concept d'urgence écologique, lié notamment au réchauffement climatique et à l'effondrement de la biodiversité. Au nom d’une vision d’apocalypse, promue par la jeune Suédoise Greta Thunberg, on voudrait nous faire honte de voyager en avion ou de manger de la viande. Et en raison de la prétendue "toxicité" de la masculinité, les hommes devraient être "déconstruits" ! Sur les réseaux sociaux, les woke essaient de clouer le bec à tout le monde avec leur mantra : "OK Boomer !" qui signifie : Eh ! vieux démodé, tu ne mérites même pas qu’on t’oppose des arguments.
Il va sans dire que nous Pèlerins d'Arès ne sommes pas woke (j'y reviens). Nous ne sommes d'ailleurs rien idéologiquement parlant. Une seule chose compte pour nous : l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence du cœur, la liberté absolue ! Mais ne soyons pas inconscients de la gravité de ce qui toujours menace : la radicalité à fond méchante d'une idéologie, qui, au fond, n'est pas si nouvelle que ça.
Le mot woke est un mot piège. Il évoque l'éveil, mais il s'agit d'éveil à une divisibilité de l'humanité pour nous impossible à envisager. Nous ne pouvons pas renier ce que nous considérons comme des victoires de l'amour du prochain, comme l’antiracisme, le féminisme, etc. Nous sommes colour-blind (aveugles aux couleurs de peau), comme le prêchait Martin Luther King. Les wokes, eux, ne voient que ça au contraire : la couleur, le genre, l’orientation sexuelle. Ils font de leurs "identités" des politiques. Selon le mouvement woke, chacun doit défendre ses intérêts au détriment des autres et donc de la société tout entière. Nous, nous sommes œcuméniques, conviviaux, non-juges par excellence. Les wokes classent les gens selon tout un système hiérarchique, qu'ils appellent "intersectionnalité" : au sommet, il y a les transsexuels — au détriment des féministes historiques —, puis viennent les femmes noires homosexuelles… et, tout en bas, les hommes blancs hétérosexuels. Nous prônons l’égalité des droits naturels, l'unité de l'humanité, une race multipartite dans l'amour des partis entre eux. Nous pouvons, sous certains angles, être séduits par cette façon de voir, car il est vrai que chacun selon Le Signe est invité à se préoccuper avant tout de sa pénitence, de l'amour, et quant au reste à vivre comme il veut. Mais nous avons, nous Pèlerins d'Arès, une espérance qui, sur l'horizon du monde changé dont l'immense ampleur est généreuse, ne correspond pas à l’esprit woke. [234C14*02/10/2021]
Un mouvement en contradiction avec la pénitence au sens arésien
Je suis surpris par l'intérêt que suscite chez certains pèlerins d'Arès cette façon de considérer ce mouvement de pensée. Je respecte la liberté de chacun de prendre dans la vie les orientations qu'il veut, mais j'ai le souci de prier ceux des partisans ou apparemment partisans du Signe de bien vouloir regarder de plus près dans le wokisme ce qui est en contradiction avec l'amour, le pardon de offenses, la paix, l'intelligence spirituelle libre de préjugés, en bref, la pénitence au sens arésien. Dans ce but, je les prie d'écouter ce qu'en disaient hier 3 octobre deux penseurs qui étudient cette question : Alain Finkielkraut et Brice Couturier. [234C17*04/10/2021]
Signe d'une profonde désespérance
En somme les wokes trouvent que le péché c'est mal si ça vient des dirigeants et des bourgeois, mais que c'est très bien si les pécheurs se regroupent en catégories défendant chacune ses intérêts. C'est plutôt pauvre comme idéologie et, du reste, ce n'est pas nouveau. En 1794, après que Robespierre qui avait fait décapiter tant de monde, fut décapité à son tour, survint une période qu'on appela entre autres celle des Inc'oyables et des Mè'veilleuses (on ne prononça plus les "r" roulés à la française, mais les "r" devinrent presque inaudibles à l'anglaise). Le "Chant du Réveil du Peuple", qui passait pour réactionnaire, et qui était en fait quelque peu woke, retentissait partout. Un chanteur, Ange Pitou, roucoulait contre le Directoire. Les Inc'oyables avaient pour canne un énorme gourdin noueux qu’ils appelaient leur "pouvoir exécutif", avec lequel ils rossaient les Jacobins de rencontre. On appela cette période la Terreur blanche. J'ai comme l'impression que, d'une certaine façon, le wokisme est une sorte de Terreur blanche. Longtemps auparavant, à Rome et ailleurs, il y eut aussi des mouvements de ce genre. Je pense qu'en fait c'est le signe d'une profonde désespérance, le signe d'une humanité qui commence à chercher où elle va, parce qu'elle ne sait plus où aller. Quand l'homme ne sait plus ce qu'est sa conscience et ce qu'il peut en faire, il cherche à anéantir quelque chose, n'importe quoi qui lui tombe dans l'esprit, entre la vie consciente et l'inconscience, entre rêve et veille. Ça l'occupe, quand il ne sait plus que faire de sa vie. Il me semble que nous entrons dans des temps similaires... surtout dans cette période pré-électorale en France. Saurons-nous en profiter pour faire jaillir une Lumière rénovée, Celle d'Arès ? [234C52*18/10/2021]
Sur l’idée de Dieu qui est toujours limitée
Lorsque je dis que l'Être plus que Dieu, c'est la Vie et Tout ce qui émane d'Elle à l'infini, J'entends ici l'échelle dimensionnelle qu'a de Dieu la pensée humaine par rapport au concept infiniment plus vaste que Lui donne Le Signe en parlant de la Vie (24/3-5), et qui devient plus que vaste, infini, illimité, dans le concept de l'Être absolu. Dit autrement : l'idée de Dieu est quasi toujours limitée, je dirais même rapetissée, par les humains qui en parlent, parce que l'appellation "Dieu" vient du mot "dieu" qui dans le paganisme désignait un être supérieur, éternel, doué d'un pouvoir sur l'homme et d'attributs particuliers, mais toujours limité à la Terre. Même quand le dieu païen devient le Dieu de la Bible et du Coran, le croyant le ressent toujours comme un super créateur, roi et juge éternel, agissant sur le destin humain, promulguant des lois, jugeant les âmes, les récompensant ou les punissant, bref, une idée de puissance et principe certes immense mais restant dans le cadre de l'attingible. La Vie et plus encore l'Être, par contre, sont des concepts excédent l'idée de l'attingible. [234C15*02/10/2021]
Sur la Vie, tout à la fois
Mon Épaule ne voit pas Mon Épaule (Signe iv/1) ; Mon Œil, sa Force se tire du Fond des Fonds (xxxiv/6), parce que l'être Absolu est Un, Il n'a pas deux épaules, il en a une infinité inquantifiable, Il n'a pas un Œil, Il est simultanément, tout à la fois, la Lumière Qui remplit Tout et la Lumière qu'Il ne cesse de voir. Il est le Regard et la Vision absolus. Il est ! [234C25*06/10/2021]
Sur la difficulté à trouver les mots justes
Il y a là, très probablement, la difficulté de trouver les mots justes, parce que ces mots n'existent pas dans notre langue humaine qui est langue d'épicier, d'ânier, de charpentier, de professeur, de curé, de poète, etc., mais c'est quand même sans difficulté que je vois l'Être absolu au-dessus de Dieu seul, car l'être absolu est Dieu + Sa Puissance + le Produit de Sa Puissance. Le Tout, quoi ! Le Tout qui a parfois été appelé le Tout Autre. Je ne peux dissocier le Père de l'Univers qu'Il a créé (Signe 12/4) ; le Père est au fond de moi, dans chacun de mes atomes, et Il est en même temps dans l'Infini et dans les innombrables choses qu'Il y a semées. Il est partout, en tout, Il n'est jamais nulle part. Alléluia ! [234C31*08/10/2021]
Sur la difficulté à voir notre charnalité après la mort
Il est difficile pour nous humains, faute de mots suffisants, de voir avec limpidité le champ immense, infini même, de la métaphysique dans laquelle nous allons entrer quand notre cœur s'arrêtera. Nous ne pouvons pas voir avec limpidité, parce que notre charnalité est matérialiste au point de nous demander un effort très grand, voire même très pénible, presque impossible, pour percevoir quelque chose au-delà.
Le Père le dit Lui-même : J'ai, Je suis (Signe ii/1). Ses Sainteté, Puissance (créatrice) et Lumière étant à l'origine de tout, y compris de nous-mêmes, bien sûr, nous sommes nous aussi capables — cette capacité est dans l'âme cela va de soi — d'être Un en Lui. Quand je dis que le Père ou la Vie est en-dedans de chacun de nous, c'est parce que chacun de nous est un débris, un atome de Dieu. Aussi être un en moi (Signe ii/1), c'est être Un avec le Père.
Je reprends l’image de ce frère : "Si je pense l'être comme l'Océan, l'humain serait une vague qui surgit en pleine Mer, poussée par le Vent et qui retombe dans l'Océan, de là où elle venait. L'humain serait plus qu'un prolongement, une projection divine, ce qui reviendrait à dire que seul l'Océan est, que Seul l'Absolu est, et que cet Absolu a de multiples formes, nous. J'ai, Je suis, dit le Livre (Signe ii/1)" Belle image. [234C34*11/10/2021]
Sur l’âme comme vecteur du salut
Si vous avez une âme, elle est nécessairement le vecteur de votre salut et une participation au salut du monde (Signe 28/7), elle est forcément l'être qu'a fait naître en vous la pénitence. [234C18*05/10/2021]
Sur la métaphysique et la finesse de l’intelligence féminine
J'accède actuellement à un nouveau niveau de réalisme spirituel. Je sors peu à peu mes frères du conte de fée religieux. Je suis un vieil homme qui approche de sa fin et je sens que le Père en me disant : Ta jambe aura quatre âges (Signe xxxi/18) veut que je prépare mes frères à aller au-delà de la sensibilité sur laquelle, par prudence, j'ai jusqu'à présent maintenu le niveau d'expression de la mission. Ce niveau d'expression était cantonné dans une expressivité certes nouvelle (pas de croyance, encore moins de dogme, une seule voie de salut : la naissance de l'âme par la pénitence) mais encore quelque peu parareligieuse, afin de ne pas être trop obscure pendant le lent et délicat démarrage d'un renouveau spirituel au milieu d'une humanité très fière d'elle-même et de son intellect mais très bloquée sur des façons de voir "mécanisées". Il faut donc faire un bond métaphysique à l'inverse de la mécanisation de la pensée, car la Vérité est de cet ordre ; elle n'est pas de l'ordre de l'invention théologique. Le Ciel n'est pas sans nous aider : le rapport Sauvé qui vient d'être publié fait état des méfaits pédophiliques du clergé catholique et ouvre un peu plus devant nous la porte, jusqu'ici tout juste un peu entrouverte, d'accès aux oreilles du monde.
Or, la métaphysique, c'est clairement le domaine où l’intelligence féminine bénéficie d'une finesse que je trouve remarquable. [234C19*05/10/2021]
Sur l’humilité du Prophète, qui est réalisme
J'ahane sans cesse, j'avance mais avec peine. Je n'arrive pas à "prouver qui je suis" et je me sens encore loin de suivre "la Loi Qui sera (28/8)". Je constate que je suis seulement, par la mission, au stade où je m'efforce de préparer les générations qui viennent à cette Loi Qui sera, qu'ils connaîtront.
J'avoue qu'il arrive à ma main de lâcher les pans du manteau de Marie, Marie qui est la phase féminine et maternelle du Créateur, dont le Père est la phase masculine et paternelle. Il m'arrive de ne pas être à la hauteur des grandes qualités attendues d'un pénitent, même si je m'efforce de les acquérir. Je suis un homme public et ce contact avec la plèbe dont je viens, quoi que le Père ait voulu faire de moi, fait certainement de ma personne un être souvent peu glorieux, en tout cas qui peine à avoir aussi souvent que possible la mesure, la patience et la piété (Signe 39/3). J'essaie seulement de gagner cette grande bataille contre le monde qu'il faut changer (28/7) en mettant en place un petit reste capable d'avoir une descendance efficace dans l'œuvre difficile de remettre le Bien à sa place, de bien comprendre que nous ne sommes que des êtres qui redeviennent souvent des non-êtres et qu'il faut nous hausser le plus souvent possible vers l'Être, la Vie, car la victoire de l'Être ou de la Vie ne sera pas que le sien, ce sera le nôtre aussi.
Celui qui est désigné (c'est mon cas) doit marcher, avancer même s'il trébuche. Celui qui est appelé (c'est mon cas) doit répondre, même s'il ne sait pas toujours quoi répondre au Père. Bref, j'essaie de ne jamais être indigne de ce que le Père attend de moi. [234C37*11/10/2021]
Sur l’importance de se garder des excès de blâme
Une sœur me demande : "L'homme en est-il arrivé au point de se passer de spiritualité, de quête de transcendance au point de ne voir d'intérêt que dans une vie de chien qui mange, baise, boit, meugle, claque la porte et crève ? "
On ne peut pas parler comme si c'était une découverte du tragique déclin de l'humanité auquel les missionnaires que nous sommes font tous face. Le monde est devenu ainsi et c'est parce qu'il est devenu ainsi que le Père a envoyé en 1974 son Messager Jésus à Arès où Il est venu Lui-même en 1977. C’est pourquoi ne nous devons veiller à ne pas manquer d'amour pour les pécheurs.
Rappelez-vous tous les jours que le monde est ainsi tombé dans un abîme de bestialité qui, comme dit Le Signe, risque de toucher le fond sans retour possible : le péché des péchés (38/2). C'est la raison pour laquelle la Vie nous envoie au secours des hommes.
Mais ce secours ne viendra que par l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence spirituelle libre de préjugés, parce que nous aussi, oui, nous aussi, nous avons "une vie de chien, nous mangeons, nous baisons, nous buvons, nous meuglons, nous claquons la porte et nous crevons," et c'est seulement par l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence spirituelle libre de préjugés que nous nous efforçons de nous différencier des autres pécheurs, non parce que nous ne serions pas pécheurs nous-mêmes — nous le sommes, hélas ! —, mais parce que nous amorçons une remontée vers la Lumière quand l'ensemble de nos frères humains continue de descendre vers l'obscurité et l'extinction de l'image et ressemblance du Père qui se maintient inconsciemment, encore tant bien que mal, au fond de chacun d'eux.
Gardons-nous des excès de blâme lancés vers le monde. Si vous avez vu le film "Le nom de la rose", vous vous souvenez peut-être de cette scène dans le scriptorium ou atelier des moines-copistes, quand un moine, effrayé par une souris, stridule et monte précipitamment sur sa chaise soulevant la rigolade générale de tous les moins-copistes dans ce lieu très sérieux. Alors, un vénérable vieux moine, le seul que la situation n'amuse pas, lance d'une voix sépulcrale une condamnation de ce rire pétulant et déboutonné. S'ensuit une discussion entre le franciscain, héros de l'histoire joué (si ma mémoire est bonne) par Sean Connery, et le vieux bénédictin austère. Chacun des deux a raison dans sa perspective propre, mais je penche pour la sagesse du vieux bénédictin, parce que l'excès en tout est préjudiciable. Trop de reproche c'est comme trop de moquerie, le but recherché : le Bien, n'est pas atteint par la voie de l'excès. L'excès exclut le Bien. Nous pouvons dire que ce monde décline terriblement, dangereusement, et nous le disons, mais nous ne pouvons pas le dire sur un ton proche de la condamnation ou de l'indignation, parce que nous aussi nous sommes pécheurs, condamnables et parfois même indignes. Gardons la mesure ! Je sais que ce n'est pas facile quand on est jeune comme cette sœur qui m’a écrit, mais il le faut. [234C22*06/10/2021]
Sur Aristote, Descartes, Kant… et Michel Potay
Nous sommes des hérauts de la Vie envoyés au monde, et l'océan dans lequel la Vie est diluée comme le sel est la métaphysique dans le sens infini que je m'efforce de donner ici à ce mot. La métaphysique que fait éclore comme un belle fleur Le Signe fait partie de ces flous étendus et généreux dans le sillage de la philosophie auxquels des penseurs divers ont cherché, à tort, à donner un sens limité. Pour moi la richesse de la métaphysique est comme la richesse de la sphère son illimitation. Sans cette richesse, comment pourrions-nous aimer tous les humains, pardonner toutes les offenses ?
On trouve, pour simplifier, trois stades principaux de la métaphysique dans la philosophie académique : Aristote, Descartes, Kant.
Aristote a écrit quatorze livres, une somme philosophique impressionnante, qu'un bibliothécaire alexandrin a intitulé "Métaphysique" mais dans lesquels le mot métaphysique n'apparaît nulle part. C'est en fait, selon moi, un ensemble massif de notes de pensée, dont il n'est pas facile de dégager un principe simple, mais où l'on découvre une pensée dominante : le primat de la substance ou ousia (nom féminin tiré du verbe einai, "être"), l'être-en-tant-qu'être. Pour Aristote, en gros, l'origine du monde est l'être-en-tant-qu'être, qu'on peut assimiler à Dieu Lui-même.
Les théologiens moyenâgeux ayant fait des pensées d'Aristote un système théologique dogmatique, Descartes, qui n'aime pas les théologiens, refait de la métaphysique aristotélicienne la "philosophie première", c'est-à-dire la compréhension pure et rationnelle des principes de toute connaissance avec retour à la pure physique. Pour Descartes la métaphysique devient un concept qui est en fait la méthode de toute rationalité, ce que Descartes appelait "l'ordre des raisons".
Kant, lui, se fait un devoir de sauver la métaphysique de Descartes de son matérialisme, considérant que le fameux doute cartésien fait de la métaphysique un système de raison pure et simple, un matérialisme lourd. Kant dit : "Je dois donc rejeter le savoir et lui substituer la foi." Mais il garde la métaphysique comme science de l'entendement dans les limites de l'expérience. J'abrège.
Ces trois façons de voir la métaphysique présentent un point commun, la nécessité de comprendre l'être. Autrement dit, ces trois concepts sont indissociables de la nécessité de construire une ontologie ou, si l'on préfère, la pensée qui tourne autour de "l'être en tant qu'être" (Aristote), indépendamment de ses déterminations particulières. C'est l'objet d'un titre fameux de Jean-Paul Sartre : "L'être et le néant, essai d'ontologie phénoménologique."
Pour moi — sans doute parce que je ne suis pas philosophe, mais seulement prophète — l'être-en-tant-qu'être, selon Aristote, reste l'objet central de la métaphysique mais sous l'éclairage du Signe l'être-en-tant-qu'être dépasse de très loin le concept du Dieu de la religion, qui n'est pas mon Dieu, du Dieu que les philosophes essaient toujours de limiter au cadre de l'expérience ou de la raison raisonnante. Pour moi l'être-en-tant-qu'être d'Aristote est le Créateur en sa totalité absolue, donc y compris l'inconnu et l'infini au-delà de l'expérience, c'est-à-dire, la Vie au sens le plus inquantifiable, le plus improuvable et cependant le plus fécond qui soit, la Vie avec l'Amour qui est sa dynamique. Je ne pars pas d'un pur rêve ou d'une pure imagination, parce que j'ai un atout précieux : moi aussi je sais ce qu'est l'amour à j'ai déjà grâce à lui un pied dans l'inquantifiable, l'inconnu, l'invisible, etc. Cet inconnu comporte évidemment des zones totalement inconnues de l'homme que je suis tant que je suis charnel, mais qui seront connues de mon âme. Pour moi la métaphysique exige de l'homme charnel que je suis, tant que bat mon cœur pécheur, la foi et la confiance, confiance aussi solide que l'est mon amour du prochain.
La métaphysique est donc un domaine de Vie-vie, comme d'être-être, qui dépasse le cadre du savoir. Être métaphysicien est plus que savoir, c'est être et par glissement vers le sublime c'est être. Je n'ai pas besoin de construire dans ma tête une cathédrale intellective. Elle est déjà là, inquantifiable, inconnue, invisible, mais réelle. J'ai 92 ans et je vais mourir à ma chair dans les années qui suivent. Je sais qu'il m'est impossible de connaître, parce que le voile de mon péché, de mon animalité, me le cache, ce que je vais vivre après que mon cœur se sera arrêté. Je ne me donne même pas la peine de l'imaginer. J'ai confiance ; ça me suffit. Mais je sais déjà que je vais être projeté dans quelque chose que je ne pourrais même pas décrire, même si j'en avais le début d'une idée. Je sais que l'infini dans lequel je vais entrer est aussi bien là déjà, pas plus gros qu'une boule de billard, ou est aussi bien dans l'infini à des distances inimaginables, parce que mon être va se fondre dans l'Être et que je vais entrer dans un domaine où la physique n'existe plus. Ce sera mon éternel voyage dans la métaphysique. Et la matérialité des astres ? va-t-on me dire ! Mais les astres ne sont que les infimes poussières de l'étendue métaphysique. [234C23*06/10/2021]
Sur la métaphysique comme prolongement de la philosophie
La philosophie se veut circonscrite dans l'atteignable, oui même très lointain, même refusé par la pensée, l'atteignable. Et la métaphysique est son prolongement au-delà et jusqu'à l'infini.
La philosophie n'est jamais qu'un vaste terrain de la pensée où l'on a planté une forêt d'hypothèses à tester. Rien d'autre que des hypothèses à tester. C'est s'adonner à une tâche impossible, sans résultat définitif. Au-delà s'étend à l'infini la métaphysique où se trouvent tous les possibles dans leur infinie diversité, y compris notre possible tel que Le Signe l'exprime. La voie vers laquelle l'humanité se propulse vers le péché des péchés (38/2) est une métaphysique — l'action contraire de la pénitence que nous mettons en œuvre est une métaphysique —. Elles coexistent.
Contre toutes les visions, notamment politiques, qui voient l'avenir de la société humaine sous l'angle de lois qui font retomber sur l'individu la faute qu'il commet dans la quête de son bonheur, nous pensons au contraire à la société Une (être un en moi, Le Signe xxiv/1), c'est ne faire qu'un par l'amour avec tous les humains ; donc société non duelle ou non plurielle. Pour nous l'individu n'est pas un être isolé, il est notre frère ; la société n'est qu'une addition de frères, une addition d'uns qui ne font qu'un avec la Vie qui n'est qu'Un. Le lien de l'Un ? L'amour, le pardon, la paix, etc. C'est évidemment pourquoi notre foi générera tôt ou tard une société, que je préconise pour commencer, en attendant le Jour (31/8), faite de petites unités humaines. Les transactions et interactions entre individus forment un problème qui, pour l'heure, est compliqué ; sa solution ne va pas de soi. Si nous visons pour l'heure à la libération de l'individualité, c'est-à-dire à la réalisation de soi dans la fraternité plurielle à travers la pénitence, c'est pour habituer l'être à vivre avec l'ambition d'atteindre l'être. Mais nos regards se portent sans cesse sur le lointain métaphysique. Quatre générations n'y suffiront pas (24/2), mais le succès est possible. [234C31*08/10/2021]
Sur la spécificité de notre métaphysique qui sort d’une Pensée extérieure à l’humain
Je ne suis ni Platon ni poète, poète que j'aimerais être, mais comme en métaphysique on paraît toujours partir à l'aventure, il est possible que ma rhétorique semble avoir une teinture poétique en raison de l'insuffisance des mots.
Je ne sais pas si tous les philosophes se réclament de la raison, mais tous pensent avoir raison. Les métaphysiciens sont forcément plus modestes. Cependant, si la philosophie a l'air plus sérieux, elle n'est pas plus que la métaphysique un savoir ; je veux dire qu'elles ne sont ni l'une ni l'autre une science. La métaphysique comme la philosophie, vues dans leur ensemble, sont basées sur les croyances qui les fondent. Rien en philosophie comme en métaphysique ne passe par les lentilles d'un télescope ou d'un microscope, par le plateau d'une balance, un anémomètre, un compteur Geiger, etc., tout paraît assertion gratuite.
Cependant, en ce qui concerne notre métaphysique à nous, Pèlerins d'Arès, il y a un élément qu'on ne peut pas oublier : notre métaphysique sort d'une Pensée extérieure à l'humain : Le Signe, qui n'est pas d'origine humaine, je l'affirme et le confirme. Pour cette raison capitale, je m'exprime moins en métaphysicien qu'en homme qui a une expérience de cette Pensée d'ailleurs. Je parle donc de métaphysique faute d'un autre mot... J'ai parfois songé à dire dépassement au lieu de métaphysique, mais je n'étais pas sûr que cela serait pris dans le bon sens que je souhaitais, parce que dépassement peut ne pas être pris dans le sens d'une énonciation honnête. Il va nous falloir, pour la mission, formuler un langage qu'à peu près tout le monde puisse comprendre, qui permette aux intéressés et aux néophytes de penser et mettre en actes l'esprit du Signe d'une façon qui soit déterminante pour la Salut général (Signe 28/7), mais non d'une façon religieuse, dogmatique. [234C35*11/10/2021]
Sur la dynamique caractéristique de notre métaphysique
Heidegger faillit être prêtre et je pense que ses années de séminaire contribuèrent à affiner sa future réflexion philosophique, car il y a des points de rencontre entre la théologie et la philosophie.
"La Vie" est-elle "évolution" ? La vie animale ou humaine est évolution, mais la Vie comme Nom du Créateur est, autant qu'on soit en droit de le supposer, de toute éternité. Toutefois il n'est pas faux de dire que la Vie, ou le Père, ou Dieu, ou l'Éternel, Yahvé, etc. peut évoluer puisque Yahvé dit à Noé : "Jamais plus Je ne maudirai le sol à cause de l'homme... et jamais plus je ne frapperai tous les vivants comme Je l'ai fait" (Genèse 8/21) (Traduction Émile Osty).
La religion, quelle qu'elle soit, enferme l'esprit dans une boîte fermée d'idées fixes qu'elle empêche de s'évader, sauf chez quelques religieux qui ont pu exceptionnellement prendre des libertés comme Teilhard de Chardin, jésuite qui donna un sens dynamique à sa foi chrétienne ; il voyait le Christ dans la cosmogénèse toujours en activité, en mouvement, et non plus à l'échelle du cosmos statique comme le veut la tradition chrétienne partout où elle se fonde sur la Genèse de la Bible. Il intégra la sélection naturelle et le hasard des mutations génétiques dans sa synthèse naturaliste, ce qui le sortait du créationnisme et de ce qu'on appelle le "dessein intelligent", que ses partisans font passer pour une théorie scientifique. L'interprétation spirituelle de Pierre Teilhard de Chardin est une démarche personnelle qui a été refusée par nombre de théologiens. Or, Le Livre (2ème partie du Signe) l'atteste, la Création est d'une continuité absolue et c'est pourquoi nous, P(p)èlerins d'Arès, nous nous gardons d'édicter des dogmes, une doctrine, tout ce qui a une fixité. D'ailleurs, notre langage humain lui-même est sans cesse en évolution ; le français parlé aujourd'hui n'est plus le français parlé par mes instituteurs quand j'étais enfant. Si nous n'écrivons plus comme au siècle de Louis XIV, c'est parce que la langue de Racine et de Boileau ne se prête pas du tout aux innovations technologiques et seulement historiques de notre époque. C'est pour avoir oublié que tout est mouvement — la mort est mouvement d'ici vers l'ailleurs — que le Christianisme d'Église décline et que l'Islam entre en crise et déclinera à son tour. Nous arrivons avec la tâche de faire comprendre qu'il faut une métaphysique dynamique pour comprendre tant d'où nous venons que là où nous allons et tout simplement ce qu'est Dieu qui est autant en nous qu'à l'infini. [234C57*20/10/2021]
Sur la métaphysique comme sujet de pensée quotidienne chez les humains
Que deviendrons-nous quand nous serons charnellement morts ? C'est là que la transcendance, l'élément le plus métaphysique qui soit, prendra son essor. Nous nous étalerons sur la transcendance, nous mêlant à l'Étalé (Signe ii/4). Nous serons dans une vie assoiffée de Vie, filant comme des comètes, ouverts comme les baleines de l'espace ouvertes au saint, puissant et lumineux krill, totalement libérés de tous soucis de vivre, de produire, d'être prélevés, de désirs, d'émotions. La société des défunts est totalement invisible aux observateurs humains. La métaphysique commence un peu dès ce monde, mais elle prend son grand essor où commence l'éternité.
Pour l'heure la métaphysique n'est qu'un sujet de thèse de doctorat, mais je ne doute pas que nous parviendrons à en faire un sujet de pensée quotidienne chez les humains. [234C24*06/10/2021]
Sur la métaphysique et le salut
Si le pragmatisme est le fait que le seul critère d'une idée est sa valeur pratique, son utilité, alors la foi que nous dicte Le Signe est pragmatique, parce qu'il rappelle que la pénitence — le fait d'aimer, pardonner, pacifier, être libre, etc. — est la seule voie de retour vers l'éternité heureuse. La pénitence n'est pas un terme de foi, mais une pratique acceptée, donc un pragmatisme accepté, vu que je peux être un parfait pénitent sans foi. Il se trouve que vous et moi avons la foi, mais celle-ci n'est pas la ligne centrale de notre renaissance ou recréation. Par là nous ne sommes pas, comme vous le soulignez vous-même, dans une religion, mais dans une quête métaphysique de l'être en devenant nous-mêmes des êtres. Nous n'avons pas besoin de croire en l'être, puisqu'il est déjà, d'une certaine façon en nous, qui sommes êtres avec une petite initiale ê, parce que nous sommes pécheurs, des aspirants bancals à une perfection abandonnée il y a très très longtemps par Adam (Signe 2/1-5, vii/1-7), probablement plus sot que méchant.
Alors, que sommes-nous, si nous ne sommes pas des religieux ? Une société de métaphysiciens ? Dire cela ne me gêne pas, mais je me demande si parler ainsi aux gens de la rue aura un effet heureux pour notre apostolat. Je ne sais pas, mais vu la difficulté qu'a notre mission, que risquons-nous d'essayer ? Au reste, comment pouvons-nous rendre nos idées claires pour le public ? Il faut s'y lancer — c'est en forgeant qu'on devient forgeron ; la difficulté tient à l'existence d'une double façon de voir le destin absolu —. Pour moi le destin absolu est celui adopté en cette vie charnelle sur Terre prolongée dans l'au-delà, parce que pour moi la vie ne s'arrête pas ; elle change de mode.
Étant donné la variété des pragmatismes intellectuellement parlant — c'est comme la variété des métaphysiques intellectuellement parlant — qu'est-ce qu'être clair ? Nous abordons un aspect certain de notre vie spirituelle telle que Le Signe nous permet de la vivre, mais la pauvreté du langage nous rend très difficile son énonciation. Pourtant, nous comprenons qu'il faudra bien parvenir à une énonciation, car le fond pratique de notre mission ne va pas changer : ce sera toujours le "ce n'est pas ce que tu crois, c'est ce que tu fais qui sauve" et "il suffit d'être pénitent", mais la trajectoire du salut sortira du flou si l'on explique mieux qu'on ne le fait aujourd'hui que Dieu n'est pas le Dieu de la religion, mais l'Élément Créateur de l'Univers, dont nous sommes, et qui pour cette raison est en nous comme Il a toujours été, est et sera toujours en Tout. [234C32*09/10/2021]
Sur la métaphysique qui nous aidera à présenter notre Message sous un jour moins élémentaire et donc obscur
Il y a quelque quarante ans il m'arrivait de dire : "Dieu est aussi répandu dans l'Univers que le carbone, avec cette précision qu'il est comme le carbone l'élément de base de toutes les formes de vie connues, et que si mon cerveau humain me donne la capacité (très limitée) de penser et parler, Lui Dieu est un cerveau gigantesque à l'infini, la super-Pensée, la super-Parole, le puits d'où sort tout le créé." Les gens qui m'entendaient ouvraient alors des yeux terriblement sceptiques, voire menaçants, et je décidai un jour de ne plus dire cela. En fait, je ne rationalisais pas ; je voyais bien Dieu comme le Père de l'Univers (12/4), je tentais seulement d'expliquer mieux ce qu'il était, quoique je fusse réduit à presque rien par le fait que je disposais seulement d'une langue insuffisante.
Je comprends le scepticisme, parce qu'après tout la force de l'erreur et du mensonge réside dans le fait qu'ils peuvent être aussi clairs que le Vrai et que c'est la raison pour laquelle le faux peut être aussi clair que le juste. Quand Spinoza écrivait : "Celui qui a une idée vraie sait simultanément qu'il la possède", il frisait l'erreur, parce que celui qui a une idée vraie n'a peut-être pas besoin d'être sûr de son affaire, mais celui qui a une idée fausse est absolument sûr de son affaire. Voilà pourquoi le faux a engendré tant de croyances ! Nous en sommes toujours là. C'est, tout compte fait, l'énorme difficulté de notre mission. Pourquoi les gens nous croiraient-ils ? Ne pas être cru est mon calvaire depuis quarante-sept ans. Donc, j'oriente actuellement mes frères et sœurs vers une façon plus juste de situer nos termes de foi, mais je suis taraudé par le sentiment qu'être plus justes ne nous facilitera pas forcément la mission, mais au moins nous rendrons hommage à Celui Qui m'a envoyé son Messager et Qui est Lui-même descendu me parler dans l'espace étroit d'une petite chapelle en présentant son Message sous un jour moins élémentaire, moins enfantin, moins obscur donc. [234C32*09/10/2021]
Sur le nécessaire passage d’un registre parareligieux à la complète non-dualité
Notre mission n'est pas chose facile à cause de la grande négativité du monde au sein duquel nous nous faufilons, à peine vus, porteurs d'un Vrai, qui laisse subodorer une Vérité très différente, donc très fragile comme tout ce qui commence ou recommence, différente de ce que l'homme, qui a digéré de travers sa propre évolution, a fini par imaginer. L'imaginaire religieux, lui, n'est pas de la métaphysique, c'est un conte de fée fixé dans des dogmes édités sans changer un seul mot ni une seule virgule comme les contes de Perrault. L'homme des cavernes, je m'en doute, avait sûrement de Dieu et des rapports de l'humain avec Dieu une idée plus simple, plus mobile et moins lointaine.
Le dogme et les lois religieuses aujourd'hui subissent un divorce inévitable entre l'humain et la religion. Mais Le Signe vient, qui ne nie pas le prophétisme des prophètes d'antan, mais qui nie la Bible comme le Coran dont non seulement il ne parle pas, mais dont il demande par deux fois qu'on écarte la parole d'homme et les livres d'homme (Signe 16/12, 35/12). Le Signe nie de ce fait les religions ; il ne s'adresse pas à elles, mais à la foi qui, dans le secret de l'humain, garde certaines plasticité et force créatrice.
On peut penser que Le Signe vient trop tardivement, mais en fait le Père a certainement attendu que s'affirment assez le refus ou la méfiance des humains envers ce qu'on appelle l'Écriture et les religions pour lancer le grand correctif qu'est la Parole d'Arès, afin d'éviter le rejet immédiat et massif de ce correctif, parce que le Père ne veut pas enlever à l'humain l'Attribut Divin de la liberté, ce qu'on comprend facilement, parce que la foi n'a de sens, de valeur et de force créatrice qu'avec la volonté, qui est enfant de la liberté — image de la Volonté (Signe 12/4).
Pour retrouver le lien, pour jeter à nouveau le pont détruit entre volonté et Volonté il n'y a pour l'heure que la métaphysique ; c'est exactement comme entre être et Être, entre œil et Œil (voir “Sur l’œil de l’Être et l’unité de la Vie”). La mission qui est la nôtre est ainsi d'importance abyssale ! Il m'a fallu, à moi aussi, attendre que le lien entre mes frères et la Vie soit devenu assez fort pour passer d'un registre parareligieux — c.-à-d. d'une certaine distance entre l'humain et le Divin comme dans la religion — au registre de la redécouverte du Tout-Autre dans une complète non-dualité, le Tout-Autre qui est en nous autant qu'Il est nous. La praxis (= action en grec) comme action dans l'Histoire, à laquelle nous appartenons et pour un bon bout de temps encore, comme synthèse de la relativité de l'Histoire, qui est une Histoire malheureuse, et de la renaissance d'une authentique vie spirituelle recréatrice de l'être, voilà l'objet de notre apostolat. C'était déjà celui de l'apostolat de Jésus : le Sermon sur la Montagne n'a pas pris une ride ; il est à appliquer aujourd'hui comme voilà deux millénaires, et il est encore quasi-vierge. L'Église chrétienne a compté parmi ses membres quelques humains appliquant dans leur vie le Sermon sur la Montagne, mais elle n'a elle-même rien fait pour le mettre en application dans la masse. Le christianisme est donc encore à accomplir. [234C69*23/10/2021]
Sur la présence métaphysique de l’apôtre
Je suis très heureux de constater, au fur et à mesure que s'écoulent les jours, que mes frères et sœurs dans leur ensemble ont très bien compris le Fond de l’entrée 234 dans mon blog. Je rends grâce à Celui Qui m'a permis d'être clair et d'afficher "Être et Non-être" au moment opportun.
L'apôtre décide de défendre de toutes les manières le Dessein de la Vie et de rendre Ses Enfants serviteurs de ce Dessein. Son œuvre reste gratuite comme la Parole est gratuite, et s'il doit parfois trouver des fonds et faire des comptes parce que dans un monde matériel il faut un minimum matériel, il n'y a pas de commune mesure entre l'argent dont sa mission a besoin et l'Esprit qui fait naître et guide son âme. L'humanité est la masse inerte dans laquelle l'Appel du Père de l'Univers prendra corps. L'apôtre est Feu. Je me souviens, un soir où je venais à Tours, je descendais la Rue Nationale depuis la rue Berthelot et j’aperçus de loin ce frère, qui était en mission et il était comme des flammes au milieu d'un foule nombreuse et agitée mais terne, grise comme de pierre. Il n’avait pas encore en mots, mais il avait en présence la métaphysique qui permet de faire le lien entre le visible et l'invisible, entre le vif provisoire et le vif définitif.
Alléluia ! [234C36*11/10/2021]
Sur la métaphysique qui nous aidera à être entendu non sur le registre de la croyance mais sur celui du Fond
J'ai toujours dit que nous n'étions pas une religion et n'avions pas de dogmes, mais je sais que notre culture nous a formés à des "règles", des "logiques". Or, Le Signe n'institue aucun dogme ; pas plus que n'en avait institué Jésus de Nazareth.
Dans les années 70 et 80, il m'arrivait de répondre à des personnes me demandant si nous étions des croyants ceci : "Oui, mais des croyants relatifs." Puis j'ai cessé d'utiliser le terme "croyants relatifs" en constatant que très souvent le qualificatif "relatif" accolé à "croyant" était pris dans le sens de "partiel", "peut-être", "comme-ci comme-ça". Encore un problème de langage insuffisant. Nous étions des croyants parfaits ou complets, mais ayant la sagesse d'avouer notre ignorance de beaucoup de choses et de penser que croire n'était pas la voie du Salut de la personne comme du monde. Dire que nous sommes des croyants qui considèrent que ce n'est pas croire qui sauve avait déjà quelque chose de bizarre ; il était inutile de compliquer en ajoutant "relatif". J'ai aussi pensé dire : "Nous sommes des croyants insubordonnés" ou "Nous sommes des croyants que ne subordonne aucune règle, sauf l'amour du prochain", ce qui m'a paru aussi susceptible d'être mal interprété, outre que le sens "d'insubordonné" ou de "subordonne" n'est pas bien saisi sur l'instant. Il m'arrive aussi de dire : "L'homme doit savoir vivre contre toute règle ou loi, contre tout dogme si sa conscience lui dit qu'aucune n'est fondée sur l'amour, le pardon, la paix, la liberté, l'intelligence spirituelle. Telle est notre vision de la foi." Mais quand je dis cela, je vois des regards interrogateurs, je vois que je suis mal compris, parce que les hommes pensent qu'il faut suivre des règles et que tout ce qui relativise les règles est suspect.
Aucune bonne voie n'existe dans le registre habituel des pensées et propos établis par l'homme pour l'homme. Actuellement, nous entrons en France dans une période préélectorale qui montre qu'aucune des idées qui courent et voudraient s'imposer n'est la réelle promesse d'un mieux. La France devient chaotique, parce qu'il est évident qu'il faut tout effacer : la république, les codes de lois, les institutions, etc. tout quoi ! et recommencer autre chose, puisque plus rien ne fonctionne bien et parfois même ne fonctionne plus du tout. Je préconise l'éclatement de l'hexagone en petites unités humaines confédérées, mais les temps ne sont pas mûrs pour être entendus, parce que l'idée qu'hors de la règle, la Constitution notamment, il n'y aurait que le malheur, est telle qu'il faudra attendre le délabrement complet du pays pour que quelque chose de sociétalement salutaire se passe. M. Zemmour, bien sympathique certes, mais qui ne fait que ressasser le passé comme les anti-Zemmour qui hurlent qu'il faut l'interdire de parole, les autres politiques (tous médiocres) qui ne pensent qu'à leurs carrières, les écologistes qui nous bassinent avec leur nouvelle religion, etc., etc., rien ne nous promet un aggiornamento valable, absolument rien. Je crois, cependant, que nous entrons dans un moment moins défavorable pour être entendus sur le registre de Fond : la métaphysique. Nous avons raison de chercher à "métaphysifier" notre mission. [234C42*14/10/2021]
Sur la métaphysique qui, à l’opposé du dogme, est toujours en mouvement, en évolution
La "métaphysique", telle que j'en parle ici, "n'est pas une autre façon de nommer le dogme." Bien au contraire.
Le dogme, dans quelle que religion qu'il s'agisse, est un cadenas inoxydable, définitif, posé sur l'ensemble des questions que peuvent se poser les fidèles. Autrement dit, le dogme arrête la pensée, empêche la pensée. La métaphysique permet tout le contraire. Pour moi le mot d'ordre de la métaphysique est : "Pensez ! N'arrêtez pas de penser librement, car il y a quantités de questions sans réponse et quantité de questions auxquelles on croit avoir répondu et qui s'avèrent toujours ouvertes”.
Je prends un exemple que je choisis volontairement hors du domaine spirituel. En 1905, Albert Einstein publie sa théorie de la relativité restreinte, l’hypothèse des quanta de lumière et la théorie du mouvement brownien, qui ouvrent de nouvelles voies dans la recherche en physique nucléaire, en mécanique céleste, etc. C'est une affaire complexe, sur laquelle je ne peux m'étendre, mais je ne crois pas trahir la vérité en disant qu'Einstein a beaucoup plus fait appel à son sens métaphysique qu'à des recherches strictement rationnelles. En effet, le travail d'Einstein ne contient aucune référence à d'autres travaux ; c'est pourquoi ses biographes ont attiré l'attention sur la citation suivante de la plume d'Einstein lui-même, à propos de la réception de ses œuvres : "Il me semble dans la nature des choses que ce qui suit devrait en partie être clarifié par d'autres auteurs. Les questions abordées sont traitées d'un point de vue nouveau. J'ai pensé pouvoir me dispenser d'une étude approfondie de la littérature." Einstein a surtout usé de flair ; il était métaphysicien autant que physicien. Sa "relativité restreinte", du reste, fut non seulement très discutée, mise en doute, mais refusée par de nombreux physiciens éminents. Pour vérifier la relativité, il fallut une mesure de la déviation des rayons lumineux aux alentours d’une masse lors d’une éclipse solaire. En 1919, Arthur Eddington, astrophysicien, réalisa cette mesure au cours d'une éclipse solaire totale et annonça que les résultats étaient bien conformes à la théorie d’Albert Einstein. Le flair ou l'intuition sont des éléments indispensables de la représentation qu'on peut se faire des forces invisibles qui nous entourent, y compris ce qu'on appelle Dieu, l'au-delà, la nature spirituelle de l'homme, etc.
Je reviens à une vision de la métaphysique telle que je la conçois.
Il faut une métaphysique ouverte, toujours en mouvement ; on ne peut pas loger la métaphysique dans une idéologie. Explorer l'invisible avec la seule pensée oblige à une honnêteté et une humilité totales, c'est une exploration qui ne permet jamais d'exclure toutes les possibilités d'être ou d'Être. Cette exploration ne saurait qu'être mobile. Donc, exclusion des dogmes qui fixent et qui, hélas, fixent sur des erreurs monumentales. C'est à cette mobilité, souplesse, incessante curiosité de l'esprit que nous entraîne Le Signe. Plus je lis cette Parole, plus je suis convaincu de cela.
Le dogme est une citadelle (Signe 13/7-8), la métaphysique en est tout le contraire. La métaphysique est toujours en mouvement, en évolution. On ne peut pas s'imaginer ce qu'est Dieu, notion à l'évidence complexe, si on n'en fait pas une question migrante, serait-elle floue, c.-à-d. une question qu'on ne peut enfermer dans une discipline, donc une question qui ne peut pas être religieuse. J'ai dit cela de diverses façons depuis quarante-sept ans. La métaphysique est sans exclusions, car l'Être voisine avec toutes les théories de l'Être que l'homme peut se faire, vu que l'Être n'est pas visible et n'est approchable que de très loin sur Terre. En métaphysique aucune idée fixe, y compris l'idée que Dieu n'existe pas, ne peut être exclue. Quand je fixe de mon regard un couloir, un tunnel, sans éclairage, je ne peux jamais distinguer ce qu'il contient, et cependant, des ombres à peine décelables, mais évidentes, des sons et d'autres observations me disent que quelque chose se passe là.
La métaphysique est rejetée par une culture qui aujourd'hui se veut dans l'exactitude et qui, de ce fait, a peur de ne pas tout maîtriser. On dit alors que l'improuvé, l'inimaginable sont impossibles, donc sottes. Une telle culture est fondée sur la peur de l'erreur. Mais avant qu'Einstein ne démontre la relativité de phénomènes physiques on croyait dur comme fer à des théories qui étaient des erreurs. Le métaphysicien, lui, ne peut pas tout accepter et vit sans rien exclure. C'est le seul moyen d'avancer. Et Le Signe ne nous demande-t-il pas d'avancer ?
La quête métaphysique est la quête du souci méta<-->physique, c.-à-d. de ce qui est différent, autre, controversable. Ce n'est pas du tout, oh ! mais pas du tout, un dogme. [234C63*21/10/2021]
Sur la tâche démesurée, quasi astronomique, de redonner au monde la Vie
Ce monde est si dur que beaucoup en sont excédés. Les hommes se sont laissés bâillonner par les idées reçues des religions et autres idéologies qui ont façonné le monde et sont maintenant emportés par elles jusqu'à l'absurde. Je suis affligé de voir que la masse des idées qui courent est telle que la Vie n'a plus sa place dans le monde depuis longtemps. Nous avons la tâche démesurée, quasi astronomique, de redonner au monde la Vie. Nous nous sentons dépassés.
J'ai envie de prendre dans mes bras et de consoler tous ceux qui en souffrent, de les encourager, de leur dire : "Ne perdez pas l'espérance ! Devenez impassible, reprenez calmement la mission." La Vérité est ailleurs depuis longtemps, mais nous pouvons convaincre le monde qu'elle peut nous revenir, si nous le voulons avec amour. Nous ne croyons pas que par la politique ou la religion l'homme atteindra le bonheur ; nous pensons au contraire qu'il s'achemine de plus en plus vite vers le péché des péchés (Signe 38/3). Nous sommes envoyés sortir ce monde des émotions mauvaises et des douleurs qu'elles causent. [234C43*14/10/2021]
Sur la Bible et le Coran et les livres d’hommes
Nous avons tous rencontré des difficultés à considérer la Bible et le Coran comme gâtés ou dénaturés par des livres d'hommes (Signe 16/12, 35/12), parce que ce sont, depuis des siècles, des livres vus comme sacrés par une partie de l'humanité. À moi-même il a fallu du temps pour considérer comme sujets à caution de nombreux passages de ces livres-là. J'ai dû me faire violence.
Je me souviens d'une discussion que j'eus il y a une trentaine d'années avec un frère, qui me déclara péremptoirement : "Il faut que vous déclariez la Bible et le Coran trompeurs, obsolètes, voire mensongers, et que vous les retiriez de la Maison de la Sainte Parole. Seule Le Signe doit rester." Je lui répondis en substance ceci : "Ce que vous me demandez équivaut à interdire de lire la Bible et le Coran. Mais, mon frère, je ne peux pas interdire ces livres. Car ces livres sont d'une certaine façon nos mères. Nos mères sont loin d'être parfaites et nous pouvons même être en désaccord complet ou partiel avec elles, mais elles sont nos mères. On ne rejette pas, on n'interdit pas sa mère, serait-elle méchante, menteuse, voleuse, putain, car nous lui devons la vie, l'allaitement, la nourriture, l'abri, la tendresse de nos enfances. La vie n'est pas la vie d'un humain défini, disons Hubert, de sa naissance à sa mort ; elle est une longue chaîne de vies, dont Hubert n'est qu'un tout petit maillon. Quand le Père me demande : Sois un dans toi (Signe xxiv/1), j'entends cette consigne comme un avec tous depuis Adam et jusqu'au Jour (31/8), y compris avec la Vie. La vie humaine n'est pas celle d'un seul individu humain ; elle est la vie de toute la race (xxii/5). Nous devons avancer avec le poids de nos péchés, car c'est le meilleur moyen de garder à l'esprit qu'il faut maintenir la Bête derrière l'horizon pour qu'elle y agonise (22/14) et meure."
Dans ses "Dialogues Concerning Natural Religion", je me rappelle vaguement que David Hume, un des plus importants penseurs des "lumières" écossaises, grand philosophe de langue anglaise, attirait l'attention sur le fait que parler de "l'être suprême" était par trop limité concernant Dieu, mais que cela lui suffisait pour accepter l'existence de Dieu, parce qu'il ne pouvait pas voir plus loin. Avec Le Signe nous approchons de cette très modeste suffisance, disant : "Dieu existe puisqu'il a parlé à Arès, mais concernant ce qu'Il est réellement, nous admettons notre ignorance en donnant toutefois à Être une dimension infinie." Dimension infinie parce que l'Univers est à l'évidence infini et ne peut qu'être la Création d'un Être infini, même si l'humanité, son Enfant (Signe 13/5), n'est qu'un atome de cet Infini.
C'est bien là que nous entrons sur le champ de la métaphysique, le seul qui nous permette de percevoir l'ombre du Père-Mère dans ces brumes, quelque chose qui suffit à nous gonfler d'espérance. [234C44*14/10/2021]
Sur l'étendue du débat intérieur auquel un humain peut parvenir
Avant qu'Adam chutât, il n'y avait que le Bien, et donc ce Bien ne ressortait pas d'une comparaison avec le Mal alors inexistant, apparemment du moins. Le Mal est une invention de l'homme (Signe 2/1-5, vii/7-13), invention dont l'homme fut capable, parce qu'il avait reçu une intelligence (32/5) libre (10/10), mais Le Signe nous dit encore que le Jour (31/8) du Père peut survenir, si un petit reste (24/1) de Bien prépondère et que, lorsque ce Jour surviendra — c'est bien à cet avènement que notre première génération de Pèlerins d'Arès commence à travailler —, l'homme retrouvera une conscience fonctionnant sans user de comparaison. Voilà pourquoi, selon ce que je peux comprendre de la Parole, la conscience, au sens absolu, ne fonctionne pas nécessairement par comparaison. Mais tout cela n'est que débat philosophique, car une seule chose compte comme activité salvatrice : la pénitence (30/11), donc l'amour.
Cela porte à penser, vraiment penser, c.-à-d. à sortir du train-train des pensées courantes pour méditer à un fait très important : la profondeur dialectique — même limitée, la profondeur — à laquelle un humain peut parvenir avec son seul cerveau de chair, ou, comme on peut dire aussi, l'étendue du débat intérieur auquel un humain qui réussit à se délivrer de ses idées fixes peut parvenir. Ce n'est pas une activité psychique courante et pourtant le nécessaire besoin de réflexion métaphysique, réflexion de surconscience, libre de tous préjugés, donc sans a priori, me paraît nécessaire pour sortir de l'étroite prison des pensées courantes généralement médiocres qui forment la caverne (Platon) où s'enferment la plupart des humains. L'amour, parce qu'il est difficile à exercer sans cesse, est un bon exercice d'assouplissement de la méditation libre. [234C45*15/10/2021]
Sur le paradoxe que provoque l’humilité extrême
Je suis ému devant celles et ceux qui se cantonnent habituellement dans la discrétion comble qui est celle des petits, des humbles, alors que leurs cœurs sont assez grands pour recevoir une bonne part de la Lumière. Il m'est arrivé de me demander si l'on n'a pas affaire là à un paradoxe qu'a créé l'humilité extrême, un paradoxe qui a laissé toute la place aux vantards, aux prétentieux, aux discoureurs, sous la coupe desquels nous sommes aujourd'hui, ne sachant comment en sortir. Mais Le Signe est sinon la porte, du moins une des portes, grâce à quoi l'humain se sortira de cette situation qui freinera longtemps encore toute évolution vers le Bien, vers l'Être. Car entre l'Être absolu et le Bien absolu, on ne passera pas la pointe d'une aiguille. [234C46*15/10/2021]
Sur l’évitabilité du péché des péchés
Comme la colombe (Genèse 8/11) est l'aile blanche (Signe xxv/6) qui annonce à Noé et à tous les passagers de l'arche que le Déluge est terminé, Le Signe est l'aile blanche qui nous annonce que tout n'est pas perdu, que l'issue fatale du péché des péchés peut être évitée. Oui, il est "dommage" que pour l'heure le monde soit encore "aveugle et sourd et aussi privé de goût dans le domaine spirituel au point d'affirmer que la métaphysique, la transcendance, Dieu, c'est illusion et rêverie du cerveau". Eh, mais, nous savons aussi que quatre générations ne suffiront pas (Signe,24/2) pour que le monde comprenne.
Ce que nous apprend Le Signe n'est pas seulement le remède : la pénitence (30/11), c'est aussi comme nous l'apprend l'histoire de Noé dans la Bible, que le Père peut... comment dire ? autant décréer que créer, puisqu'une énorme part de l'humanité disparaît sous le Déluge, qui n'est peut-être qu'une image de la décréation. En parlant de décréation on entre en métaphysique, la décréation c'est le Non-Être ou non-être. Ce n'est pas rien, parce qu'il reste l'espace vide et l'espace est quelque chose à lui seul. [234C46*15/10/2021]
Sur le Jour dont on sait seulement qu’il sera heureux
Il n'y a, à mes yeux, aucune différence entre ce que Le Signe dit de la façon dont surviendra le Jour (31/8) et la victoire des pénitents et des moissonneurs, la résurrection. La description du Jour dans Le Signe peut se passer exactement comme il est dit, mais, sachant la difficulté qu'a autant que nous le Créateur avec notre langage humain insuffisant, il peut ne s'agir que d'une figure de rhétorique. En effet, je ne vois pas très bien pourquoi la Terre s'arrêterait de pivoter sur elle-même et les termes : ni jour ni nuit, Lumière sans cesse, peuvent vouloir seulement dire que la Vérité sera en permanence sous le regard de l'homme. En fait, ces choses ne me préoccupent pas du tout ; je n'y pense pour ainsi dire jamais. Ce sera ce que ce sera et je sais seulement que ce sera heureux. [234C47*15/10/2021]
Sur l’allégorie de la caverne de Platon
Dans son ouvrage "La République", Platon voit les hommes comme des captifs enchaînés dans une caverne, tournant le dos à la lumière — de la lumière du jour à la Lumière il n'y a qu'un pas. La plupart des hommes ne voient jamais directement le jour, le soleil. Ils n'en connaissent que le faible rayonnement qui parvient jusqu'à eux et ils ne voient que des ombres s'agitant sur la paroi devant eux. Il leur est impossible de bouger pour voir autre chose que, devant eux, cette paroi sur quoi se reflète la lumière du dehors, le dehors où défilent sans arrêt des gens portant sur leurs épaules des objets divers : statuettes d'hommes, d'animaux, etc. De ces objets les captifs ne voient que les ombres projetées sur le fond de la caverne. De même, ils n'entendent que l'écho des paroles qu'échangent les porteurs. Habitués depuis leur naissance à contempler ces vaines images, à écouter ces sons confus, ils vivent dans un monde de fantômes qu'ils prennent pour la réalité. Si l'un d'entre eux est libéré de ses chaînes et conduit vers la sortie, il est d'abord ébloui par la lumière du dehors. Ensuite, il ne parvient à apercevoir que ce qu'on veut bien lui montrer. Ne voudra-t-il pas revenir à sa situation antérieure ? S'il persiste, il s'accoutumera et pourra voir "le monde supérieur", ce que Platon nomme "les merveilles du monde intelligible". Prenant conscience de sa condition antérieure, ce n'est qu'en se faisant violence qu'il retournera auprès de ses frères. Mais ceux-ci, incapables d'imaginer ce qui lui est arrivé, le recevront très mal et refuseront de le croire. "Ne le tueront-ils pas ?" demande Platon. Le soleil du dehors figure "l'idée du bien," l'Être. Les choses d'ici-bas sont en réalité des ombres de marionnettes : l'irréalité des choses, le non-être.
N'est-ce pas l'image même du monde ? [234C48*15/10/2021]
Sur la vision de Georges Ugeux sur la période inquiétante que nous traversons
On sait que je situe le rapport d'Être à Non-Être sur le champ infini du Fond des Fonds (Signe xxxiv/6), qui nous préoccupe au premier chef, parce que la phase corporelle de notre vie est très brève et sa phase post-mortem très longue, mais ce rapport a sur Terre le rapport d'être à non-être, reflet infime et bref mais reflet du rapport d'Être et Non-Être. Étant des êtres ou non-êtres matériellement vivants, nous vivons d'apports, aliments et moyens matériels, dont l'argent ou, plus exactement, les revenus.
L'argent n'est qu'un moyen commode, étendu et aujourd'hui irremplaçable de remplacer le troc, moyen incommode et très limité d'autrefois, et ce moyen est devenu l'articulation première des mécanismes d'échange dans l'humanité. L'argent est donc un sous-être ou un sous-non-être (oui, sous-non-être, parce que même le vide peut se vendre comme on le voit, par exemple, à travers les Gafa). Je ne pense donc pas déplacé de faire entendre à ceux que la question financière intéresse, non pour l'enrichissement mais pour le nécessaire, l'avis d'un expert, le Belge Georges Ugeux, ancien vice-président exécutif du groupe à la Bourse de New York de 1996 à 2003.
Personnellement, l'argent pour l'argent ne m'intéresse pas ; je ne cherche que les moyens d'assumer ma mission et, de toute façon, je ne peux pas plus faire que ne me le permet ce que je reçois de mes frères et sœurs — Que le Père les en bénisse ! — mais le peu que je fais me donne le souci d'assumer ce peu et je ne suis pas sans me soucier de ce que je pourrai faire demain pour diffuser la Parole du Père-Mère. Par ailleurs, je comprends que beaucoup de lecteurs de ce modeste blog aient le souci de conserver, voire même d'augmenter ce qu'ils ont. La vision générale de Georges Ugeux, tout matérialiste qu'elle soit — il parle du climat par endroits, mais jamais de la vie spirituelle — ouvre nos yeux sur certains aspects de la période inquiétante que nous traversons. [234C49*16/10/2021]
Sur L’Enéide et un “tout petit mais vif geyser de nostalgie”
Le poème de Parménide n'a pas grand-chose de commun avec l'Enéide de Virgile, œuvre latine dont je n'entends plus parler depuis longtemps, parce qu’on ne l’étudie plus de nos jours. C'est en quatrième (ou troisième ?) qu'on étudiait des passages de "L'Énéide"... Du latin "trapu", comme on disait. Ce sont les aventures d'Énée, ancêtre mythique de Rome, fils du Troyen Anchise (Ἀγχίσης, Ankhísēs) et d'Aphrodite (d'autres disent de Vénus), depuis la prise de Troie jusqu’à son installation dans le Latium, en Hespérie (Italie). Écrit quelque vingt-cinq ans avant J.-C., ce long poème comprend, si ma mémoire est bonne, douze chants. Je me souviens que le professeur qui nous faisait travailler sur l'Énéide s'appelait Pujol et était fou de cette poésie, qu'il déclamait, les yeux humides, la voix tonnante, comme un cabotin. C'est quand même un chef d'œuvre de la littérature romaine : "Arma uirumque cano, Troiae qui primus ab oris Italiam, fato profugus, Lauiniaque uenit litora, multum ille et terris iactatus et alto..." et là je cale, bien incapable que je suis aujourd'hui de lire cette poésie et de la comprendre dans le texte. Passons ! Cette référence a seulement déclenché en moi un tout petit mais vif geyser de nostalgie... Je vis dans une France qui n'est plus du tout, mais alors plus du tout, celle de mon adolescence et de ma jeunesse. Mais, rassurez-vous, je ne rêve pas comme le sympathique Éric Zemmour d'une sorte de France "éternelle" mais je préconise son éclatement en petites unités humaines, parce que je crois qu'une vie sociale fondée sur l'amour ne peut vraiment commencer d'exister que dans des communautés limitées. [234C50*18/10/2021]
Sur la métaphysique, évasion fluide et audacieuse à laquelle nous lance la Parole d'Arès
Je ne songe ni à la renommée ni au penser "correct", mais à la fraternité fondée sur l'amour. Je ne rêve pas de tradition, parce que depuis quarante-sept ans faute d'une culture qui me permettrait de traduire rapidement Le Signe — d'immense originalité quoiqu'elle échappe à première vue — en termes capables de créer une nouvelle façon de penser, de dire, d'expliquer, de revivre pleinement le lien disparu entre le loquedu terrestre rationaliste, en fait grossier, aveugle et prétentieux, et la Source, la Vie qui s'étend à l'infini, je peine à donner à la Lumière un éclat lisible pour l'homme. Depuis 1974, pour moi le monde est comme neuf, ou comme vide, tout est à dire, rien avant Le Signe n'avait parlé de la grande évasion vers la liberté de l'Univers. Mais avec cette entrée "Être et Non-Être", je fais un bond nécessaire vers le Mystère pour le changer en Vrai avant que nous débouchions sur la Vérité (Signe 28/7), un Jour (31/8), ici-bas et dans l'au-delà quand ils seront ouverts l'un à l'autre.
Il nous faut enfin nous décider à faire le grand plongeon. Quel pari plus insensé que changer de fond en comble les mentalités pour qu'elles cessent de voir tout autrement qu'elles ne les ont vus depuis des millénaires, Dieu et nos rapports avec ce que la littérature religieuse appelle "le Ciel" ? Les religieux disent : N'est-ce pas braver tant Satan que Dieu même ? Oui, nous Pèlerins d'Arès le savons, c'est aux oreilles du monde une sorte de blasphème, voire le blasphème par excellence, que de dire : le Dieu auquel nous croyions n'existe pas. Il existe autre chose de plus grand, de plus Puissant, de plus Saint et de plus Lumineux (Signe 12/4), dont nous sommes nous-mêmes, Ses Enfants, des constituants, et que seule une évasion métaphysique, l'évasion fluide et audacieuse à laquelle nous lance la Parole d'Arès, peut faire renaître dans nos esprits appauvris pour les réenrichir. Le Signe n'est pas blasphématoire, il est une évolution grandiose et radicale. [234C50*18/10/2021]
Sur le témoin, pauvre d’esprit lorsque Jésus le visita en 1974
Quand Jésus me visita, la nuit du 14 au 15 janvier 1974, j'étais un être indigne, parce qu'à ce moment-là j'appartenais justement à l'engeance des princes du culte. Pourquoi le Père n'envoya-t-il pas plutôt son Messager Jésus à un saint homme, très humble dans son petit coin, qui s'était déjà posé les questions auxquelles Le Signe allait répondre, un humble mille fois mieux préparé que je ne l'étais à ce qui allait tomber sur le monde des Hauteurs de l'Univers ? Bien sûr, la seule explication est celle déjà donnée par Jésus il y a deux mille ans : Je ne suis pas venu appeler à se repentir des justes, mais des pécheurs (Luc 5/32) ... L'Esprit du Père est sur moi, parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres [d'esprit], proclamer aux captifs [du mensonge] la délivrance et aux aveugles le recouvrement de la vue (Luc 4/18), etc. Et riche en vaine culture, mais pauvre d'esprit juste je l'étais, hélas, aveugle je l'étais, oui, captif du mensonge, je l'étais. J'étais bien un être indigne quand Jésus fut devant moi la nuit du 14 au 15 janvier 1974. [234C51*18/10/2021]
Sur l’introduction de la métaphysique dans l’enseignement du prophète
Il y a très longtemps que j'attends le moment où je pourrai élever le niveau discursif de la mission. Je n'ai pas eu tort d'attendre patiemment un certain mûrissement de l'entendement de mes frères et sœurs. Il y a déjà longtemps que je fais allusion, quoique furtivement, à la métaphysique qui m'a toujours paru le meilleur chemin pour sortir du Vrai (voir #233) auquel il est impossible — question de langage — de ne pas donner une teinte religieuse et rejoindre la Vérité qui brille encore comme une étoile loin, très loin, dans l'infini firmament. C'était surtout dans mes allocutions, quand je les donnais les premiers et derniers jours de chaque quinzaine du Pèlerinage à Arès, que j'en parlais, mais je voyais bien aux regards interrogateurs de l'assistance qu'il était trop tôt pour entrer dans le couloir métaphysique et pour commencer de changer peu à peu notre manière apostolique, car le changement auquel nous invite Le Signe porte aussi sur l'itinéraire de la pensée. [234C56*20/10/2021]
Sur l’amour du prochain et son évocation en mission
Il me semble tout à fait évident que quand on parle d'amour, ceux qui nous écoutent tendent pratiquement tous à voir l'amour du prochain sous un jour sentimental. C'est culturel ! Il faut que cela change. L'amour du prochain, l'amour évangélique, dont je n'ai cessé de rappeler qu'il est un amour-devoir, non un amour-émotion ni un amour-sentiment, est une activité constructive, créative, du cœur et de la raison liés ensemble. Tant dans la pénitence que dans la moisson nous ne faisons pas encore assez bien parler cet amour-là comme il faudrait. Sur la forme d'expression de cet amour évangélique, il n'y a rien de rigide à recommander aux missionnaires ; chaque apôtre forme sa façon de dire selon sa nature. C'est le ton, le "senti", qui doit venir à l'apôtre, qui est le témoin du Témoin, et ce "parler" viendra à chacun peu à peu sur la trajectoire métaphysique mieux que sur celle des sentiments où, pour l'heure, prévaut encore trop l'émotion. [234C56*20/10/2021]
Sur l’unité entre l’Œil de l’Être et l’œil de l’être
Cette image est évocatrice.
Mais qu'évoque-t-elle ? Dire que l'Œil de l'Être ne nous quitte pas un seul instant, c'est une évidence dans le concept de la Vie tel qu'il se dégage d'une lecture approfondie du Signe, puisque l'Être vit en chacun de nous, humains, autant qu'il vit dans l'espace infini, sur Terre comme dans les galaxies indénombrables, parce qu'il est la Vie, le Souffle, le Vent, la Puissance, la Sainteté et la Lumière, mais nous aussi sommes les reflets (Signe 27/6) par milliards de tout ça.
Ce dessin est une tentative d'illustration de l'Unité que forme la Vie partout dans l'Univers infini dont elle est le Père/Mère, le Créateur permanent (Signe xxii/12), dont chacun de nous est le reflet puisque le pénitent se recrée. Donc il y a un Œil commun à tout ce qui relève de la Vie comme origine ou comme prolongement, même sous sa forme d'œil malade du péché, le nôtre.
Ce qui me paraît inexplicite (Littré), et par là ambigu, c'est le titre : "L'Œil de l'Être ne nous quitte pas un seul instant," parce qu'il peut être interprété de mille façons et notamment de la façon religieuse traditionnelle qui voit l'Être Suprême comme l'Omnipotent et Miséricordieux, providentiel autant que punisseur, Celui qui voit tout, règle le destin de chacun, juge, etc. et qui donc dans ce cas a l'Œil scrutateur, appréciateur ou condamnateur, qui décide, arbitre ou laisse faire.
Telle n'est pas la vision du Père qu'a le lecteur réfléchi du Signe. L'extrême proximité de la Vie avec la vie, de l'Être avec l'être nous empêche, nous Pèlerins d'Arès mais aussi nous n'importe quel humain lucide sur Terre, de définir vraiment ce qu'est Dieu, le Père, etc. Si je peux faire pénitence, c'est que j'ai l'œil, miroir, même voilé, terni, de l'Œil, qui voit mon péché et qui me permet de le combattre ou de l'éliminer. Par conséquent l'Œil que vous représentez est aussi celui de n'importe quel humain, de n'importe quel Enfant du Père s'il en est d'autres dans l'Univers, tant l'Œil et l'œil sont proches l'Un de l'autre. Une autre légende me paraîtrait plus juste, plus conforme à notre foi profonde, au Fond des Fonds (Signe xxxiv/6), ce serait par exemple (je n'ai pas le temps de peaufiner) : "L'œil par milliards, miroirs voilés, ternis, parfois aveugles, de l'Œil. Bien et Mal sous un seul Regard ou regard." [234C68*23/10/2021]
Sur l’honnêteté spirituelle face aux mystères de la Parole
J'ai entendu, vu, tout ce qui constitua en 1974-1977 Le Signe, mais large est la proportion des contenus de cet Événement et de son Message auxquels je n'ai rien compris. Par exemple, je parle au hasard, perdu dans cette forêt de Merveilles (Signe 33/8) invisibles, des faits dont j'ai eu l'expérience : Jésus entra chez moi comment ? Lui, le ressuscité, mais que j'imagine pur esprit dans l'espace infini, pourquoi s'habilla-t-il de chair et d'une tunique mouillée ? Pourquoi parla-t-il ? Son Message n'aurait-il pas pu m'être communiqué autrement ? J'ai des idées là-dessus, mais ce ne sont que mes idées. Jésus partait par le plafond et disparaissait dans l'atmosphère, mais comment cela pouvait-il se faire ? Je n'ai rien compris à ce mouvement, à sa destination dans l'immensité du cosmos, etc. Le Message d'Arès, celui de 1974 comme celui de 1977, n'est pas ambigu, mais au regard de mon immense curiosité, il est largement percé d'énormes lacunes : je ne sais presque rien de ce qu'est Dieu, le Père, le Souffle, la Vie. Quantité de choses restent pour moi incompréhensibles ou peu compréhensibles, des mystères : Qu'est-ce que le rapport exact du Père-Mère à l'Enfant ? Qu'est-ce que l'âme en dehors de sa fonction dont le minimum est dit ? Qu'est-ce que je suis puisque je ne suis plus rien pour moi-même (40/6) ? Prophète, certes, mais croyez bien que je me suis souvent interrogé sur le sens de ce mot. Je ne peux que me laisser guider par Aguéla (xxi/13) dans cet océan de choses que je ne comprends pas au sens que je donne, dans ma triste chair cérébrale, au terme de compréhension.
“Le Signe est libérateur en plaçant l'amour comme fondement de toute intention et action," m'a écrit récemment une sœur de Suisse (créatrice de la couverture de l'édition 2009 de la Parole d'Arès), et je lui ai répondu : "Oui, et pour le reste, je fais avancer mes frères et sœurs en sortant du parareligieux dans lequel nous étions encore. Rien de certain n'est dit dans la Parole concernant tout ce qui reste un immense Mystère, seulement incontestable en ceci qu'Il se manifeste et parle... On sait donc ce dont Il parle, mais pour le reste, immense, on ne sait rien : Quoi dans l'espace infini de la Vie, que d'aucuns appellent le Ciel, quoi après la mort, quoi d'invisible qui nous accompagne, etc. ? Seules métaphysique, pensée, intuition le disent de façon sûre mais indéfinie, indistincte. Nous arrivons au point supérieur de l'honnêteté spirituelle". Au reste, à quoi nous servirait-il vraiment de savoir ?
Je n'ai de l'astronomie que des notions élémentaires, mais suffisantes pour que je me demande en permanence comment il a pu se faire que les astrophysiciens ne se posent pas la question d'une Puissance créatrice qui serait aussi la Sainteté et la Lumière (Signe 12/4), bref, quelque chose de finalement plus logique que le supposé bang initial. Comme chacun de nous sait, Le Signe déconstruit complètement le Dieu de la religion, ce supposé juge et roi suprême. Dieu nous parle, mais qu'est-ce que Dieu ? Très difficile à expliquer, je n'ai pas cessé de le dire depuis 1977. En tout cas, Il existe, nul doute, autant au fond de nous que dans l'infini. Après les Théophanies de 1977 il m'arriva de me demander si j'avais vraiment vécu cet événement surnaturel fantastique ou si je l'avais rêvé. Non, je l'ai bien vécu, mais il m'habita complètement autant qu'il fut extérieur à moi. J'étais passé par le grand champ métaphysique qui a fait couler tant d'encre et qui m'en fait couler dans "Être et Non-Être" du blog. J'ai repensé à la fameuse flèche de Zénon d'Élée (cinq siècles avant J.C.) : la flèche ne bouge pas, elle n'est qu'une succession de positions fixes, théorie que j'avais trouvé plutôt fragile ou tirée par les cheveux jusque-là. Que signifie la distance pour le Créateur ? Rien. L'infini est au fond de moi comme il est à l'infini. Nous sommes très loin de la religion. Nous sommes en charge d'une spiritualité tout autre. La vraie !
J'ai toujours depuis 1974-1977 évité de trop éloigner notre mission des façons de voir religieuses pour ne pas dérouter complètement les frères et sœurs qui nous rejoignent, car intégrer la Vérité ne peut être que progressif ; la précipitation peut faire de gros ratages. Mais je pense qu'il est temps qu'on change de braquet comme disent les cyclistes. Je vais y penser et y travailler. Il n'est pas facile de mettre en place une façon plus métaphysique de voir ce qui a jusqu'à présent échappé au pécheur. Je vais commencer d'y penser de façon pratique, car la mission est une activité pratique autant que spirituelle.
Voilà, comme je le dis plus haut, que nous arrivons au point supérieur de l'honnêteté spirituelle.
Que retenir des Écritures ? La religion a beaucoup trop matérialisé, parfois jusqu'au ridicule, mais on trouve à l'inverse des perles intactes, malheureusement rares. Dans le Coran le contraste entre ce ridicule et le sublime est frappant : d'un côté la description du paradis vu comme la reproduction dans l'au-delà des beaux jardins, plaisirs et conforts de la Terre, un paradis situé sur un lieu en hauteur, entouré de murs percés de plusieurs portes : un jardin où coule l'eau des ruisseaux. Une Sourate y voit la présence de quatre fleuves, l'un d'eau, le second de lait, le troisième de vin et le dernier de miel. Des houris aux grands yeux et aux seins bien ronds servent aux élus des mets délicieux, etc. D'un autre côté des versets d'une profondeur spirituelle inégalée, sans équivalent dans la Bible, comme : Il est Dieu unique ! Dieu absolu ! Il n'a ni engendré ni été engendré. Inégalable, Il est la Gloire même et au-delà de toute description (Sourate 112, et Sourate 6/100). C'est tout ce que nous pouvons dire de Dieu ou de la Vie ! Cela ne nous dit pas ce qu'Il est vraiment, parce que nous ne sommes pas capables, humains matérialistes ou humains anagogiques, de toute façon limités, de comprendre, parce que le langage humain n'a pas la possibilité de décrire l'indescriptible.
Alors, le rapport de l'être à l'Être, du non-être au Non-Être ? Impossible à définir au sens que la science donne à "définir" sur Terre. Ce rapport est tout à la fois si étroit qu'il est identité et si éloigné qu'il y a totale inéquation ou impossibilité. Et pourtant ce rapport existe ; il n'y pas d'un côté existence et de l'autre inexistence. L'un ne refuse jamais l'autre tout en s'en sentant totalement étranger. Quels mots pourraient-ils décrire cela ? L'honnêteté de cette description sera sans doute possible quand nous ne serons plus qu'âmes courant dans les galaxies...
Le seul moyen d'être heureux dans la chair et d'accepter cette insuffisance, porte d'une Vérité inaccessible sur Terre. Il faut l'humilité totale. [234C70*25/10/2021]
Sur la métaphysique et l’astrophysique
Il n'y pas que les astrophysiciens Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies qui ont trouvé dans l'Univers autre chose que de la matière et des rapports cosmophysiques : une Présence ou une Force créatrice.
Qui ne se souvient d'Hubert Reeves, bien connu, qui avait vu Dieu en filigrane dans le cosmos. Je n'ai pas en tête tous les noms des astrophysiciens croyants et je n'ai malheureusement pas le temps de les chercher. Il y a aussi un physicien qui a exprimé sa foi, c'est le Brésilien Marcelo Gleiser, lauréat du prix Templeton, qui récompense chaque année une personnalité affirmant "la dimension spirituelle de la vie". Marcelo Gleiser a affirmé avec force que "science et religion ne sont pas ennemies." Marcello Gleiser ne croit pas en Dieu ; il est agnostique, mais il n'est pas athée. Il a écrit que l'athéisme n'est pas compatible avec la méthode scientifique. À l'université du New Hampshire où il enseigne il dit à ses étudiants : "L'athéisme est une croyance dans une non-croyance. Les athées nient catégoriquement une chose contre laquelle ils n'ont aucune preuve."
Quand je dis que les astrophysiciens ne se posent pas la question d'une Puissance créatrice qui serait aussi la Sainteté et la Lumière (Signe 12/4), bref, quelque chose de finalement plus logique que le supposé bang initial, je parle de la position officielle du corps académique des astrophysiciens tant dans les universités que dans les déclarations scientifiques officielles. La très grande majorité des astrophysiciens est athée, ce que je peux comprendre, mais dans l'astrophysique athée il y a des perles ! Stephen Hawking, qui était absolument athée, pas même agnostique, mais pour qui l'athéisme était une sorte de religion, a été jusqu'à croire et enseigner quelque chose d'encore plus stupide aux yeux des incroyants que l'hypothèse d'un Dieu Créateur. Dans son dernier livre "The Grand Design" (le glorieux dessein ou plan), il affirmait que "le big bang initial, loin d'être le fait d'une intervention divine, n'est que la conséquence de la théorie de la gravité. Parce qu'il y a une loi de la gravité, l'univers peut s'autocréer à partir du néant. Le principe de création spontanée constitue la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, et explique pourquoi l'univers comme les humains existent." J'ai quand même été physicien et athée moi-même, mais je n'ai jamais pensé que la gravité pouvait exister en dehors de matière dont des éléments peuvent s'attirer. [234C73*26/10/2021]