Lecteur, s’il te plaît, conçois que je n’appelle pas spécialement P(p)èlerin d’Arès le vivant qui a présentement découvert Le Signe et qui fait, de nos jours, un Pèlerinage à Arès.
N’oublie jamais, lecteur, que les P(p)èlerins d’Arès sont, de ce fait, déjà infiniment plus nombreux que ceux qui forment l’Assemblée issue de notre mission.
J’appelle P(p)èlerin d’Arès tout humain, qu’il connaisse ou non Le Signe, de toute époque antique, passée, présente ou future, de toute région de la Terre, de toute race et culture, qui a changé, change ou changera sa vie (Signe 30/11) en bien et qui a vécu, vit ou vivra selon le Dessein du Créateur rappelé par la Parole d’Arès qui est de ramener toute l’humanité à un unique Bien — Sois un dans toi (Signe xxiv/1).
La foi du Pèlerin d’Arès est sans âge, transcendante, intemporelle, inculturelle, extra-raciale. Cette foi fonde une sociologie spirituelle ou anagogique très déphasée par rapport à la sociologie scientifique universitaire. Ce déphasage, aussi fort soit-il, est encore loin d’être facilement détectable.

Lumière du Ciel unique et pure sur une nature et un humain qui actuellement tend à la complexité, mais que nous ferons tendre à l’unicité.
(Photo : https://www.oum.ru/)
La vie humaine n’est plus que la nostalgie d’un enchantement ou d’une félicité disparus depuis qu’Adam inventa le péché (Signe 2/1-5, vii/7-13). L’enchantement ne revient que quand le cœur s’arrête et que l’âme s’échappe dans l’espace infini ; il ne reviendra pas dans la chair et dans l’esprit (17/7) aussi longtemps que le monde n’aura pas changé (28/7), parce que même le meilleur des humains sera solidaire du péché tant que règnera le péché, les hommes n’étant qu’Un.
D’où le besoin de vivre en groupe, voire en masse d’humains s’imaginant trouver l’enchantement par le nombre. De là la société et la sociologie.
La sociologie est l’observation de la société humaine. L’université enseigne la sociologie scientifique, donc matérialistique et pécheresse, qui considère et tente d’expliquer les comportements de l’humain en société implexe [au sens de Kant], mais qui s’intéresse peu au mental, aux émotions, à la vie spirituelle et pas du tout à la métaphysique.
Le Signe, correctement lue, fait apparaître une autre sociologie issue d’un immémorial et unique éon — la Vie (Signe 24/3-5) — d’énergie uniciste, qui vise à la remise en mouvements métempiriques d’une société oubliée dans les abysses du mystère humain, mais toujours vivante. Cette société-là, qu’on peut qualifier d’anagogique, tend à l’Un — Sois un dans toi (xxiv/1) — contrairement à la société matérialistique qui tend au multiple, à l’hétérogène ; elle tend à l’Unicité, parce qu’elle a la vocation du Bien fondé sur l’amour, qui toujours rassemble. Cette sociologie anagogique se dessine, pour l’heure pâlement, en contrepoint de la sociologie scientifique ; elle tient compte des mentalités et du sens métaphysique des humains, parmi lesquels les P(p)èlerins d’Arès qui sont certainement très caractéristiques et qui évoluent sur un axe à finalité moniste au contraire de la sociologie scientifique à finalité pluraliste.
L’humanité pécheresse est sociologiquement matérialistique. Les P(p)èlerins d’Arès étant pécheurs aussi, sont donc observables sous deux aspects sociologiques, le matérialistique et l’anagogique. Enjambant la longue longue faille, produite à Arès d’un coup tranchant de la Main (Signe xxxvi/1) de la Vie (24/3-5), les P(p)èlerin d’Arès avancent inconfortablement les pieds écartés, l’un sur le bord physique, l’autre sur le bord métaphysique. Cette marche longue mais pas sans fin durera un nombre indéterminé de générations (24/2). C’est tout au mérite de ceux et celles qui s’y engagent.
Un humain anagogiquement social vit, parle, travaille, fait des projets avec d’autres humains tout comme fait un humain matérialistiquement social, mais il le fait sur un axe d’espérance métaphysique de changement du monde (Signe 28/7), c.-à-d. au sens où l’humanité tendra vers l’Un, la Source, la Vie, l’idéale Transcendance par l’amour.
En 1989 le mur de Berlin tombe et deux sociologies matérialistiques, l’américaine et la soviétique se mêlent. Vont-elles vers l’unicité ? Non, elles ne peuvent pas. Trente-deux ans plus tard, la Russie attaque l’Ukraine, massacre les Ukrainiens, détruit leurs maisons ; le matérialisme, ses tenaces complications, ses rivalités, ses rancunes persistent. Tout reste réduit au calcul. Georg Hegel disait que l’oiseau de Minerve prend son envol au crépuscule, voulant dire que la conscience s’active toujours trop tard. Pourquoi ? Parce sans amour du prochain, pas de conscience constante. La sociologie matérialistique est l’étude toujours inachevée d’une décomposition permanente. La sociologie anagogique ou spirituelle sera l’étude d’une recomposition permanente certes très lente, mais qui s’achèvera.
Quelques pensées complémentaires que peut sauter le lecteur pressé :
Pour moi la sociologie anagogique ou spirituelle est la connaissance des interactions humaines sur le long rail circulaire du Bien, qui vient de la Vie et va à la Vie, l’observation de la tension de l’être vers l’Unité ; elle vise à comprendre comment l’homme fonctionne et évolue pour une harmonie uniforme, certes encore et pour longtemps entrecoupée de pannes et de déraillements.
Les Pèlerins d’Arès forment-ils déjà un groupe sociologique anagogique ? À cette question je réponds parfois oui, parfois non. On peut être P(p)èlerin d’Arès et chinois, indien, portugais, eskimo, zoulou ou suisse, un humain du IVe, du XIe, du XIXe, du XXIIe siècle, mais une seule propriété sociologique existe entre les Pèlerins d’Arès du monde et de tous les temps : l’amour et ses dérivés : le pardon, la paix, l’intelligence du cœur, la libération de tous préjugés, même si dans la situation actuelle ni l’uniformité d’espérance, ni l’uniformité de pénitence ne sont encore acquises.
Pourquoi Jésus a-t-il été expéditivement effacé, gommé ? Parce qu’il était un juif déviant ? Non, car le judaïsme avait toujours été fait de déviances. Jésus a été effacé parce qu’inclassable ou indéterminable sociologiquement et parce qu’à toute époque il n’y a rien qui fasse plus peur. La réalité des anges est depuis toujours attestée par toutes les mythologies, religions et superstitions ; les humains parlent des anges, les représentent en image, sculpture de bois ou de marbre, etc., mais ils n’en voient jamais, ils vivent seulement avec l’idée qu’ils existent. Mais qu’apparaisse un ange, un vrai, forcément tout autre que l’ange des prêtres, des artistes, des sorciers, des poètes, des charbonniers et l’on tremble, on crie, on panique, on l’attaque de mille façons. Face à l’inconnu les organisations scientifico-sociologiquement les plus élaborées redeviennent rudimentaires, barbares. « Qu’est ce Jésus qui s’exprime comme un Dieu ? Clouons-le vite sur la croix ! « Qu’est-ce que ce covid ? Une nouvelle peste ? Vite le vaccin ! » Mais le vaccin n’a pas plus effacé le covid que la croix n’a effacé Jésus.
Donc, nous Pèlerins d’Arès n’existons plus tout à fait scientifico-sociologiquement. Mais le monde qu’il nous faut changer (Signe 28/7), quant à lui, existe encore intensément scientifico-sociologiquement ou anthropologiquement et existera ainsi jusqu’à ce que le Jour du Père (31/8) se lève. Or, comment nous, anagogico-sociologiques, pouvons-nous être entendus du monde scientifico-sociologique ? Nous ne cessons pas de chercher le pont entre anagogisme et matérialisme, car même les croyants (juifs, chrétiens d’Église, musulmans) matérialisent Dieu et les fins dernières et il est encore quasi impossible, sauf très brefs éclairs de clairvoyance, de détacher l’humain animal de l’humain spirituel.
Je vais encore employer des mots savants, mais, ô lecteur, crois bien que je ne le fais pas pour avoir l’air savant. Je voudrais ne parler qu’avec mon cœur. Du reste, la plupart des mots savants ont des sens flottants, parfois même incertains ; ne soyons pas admiratifs ! Mais le langage humain, quoiqu’émettant un son grossier, permet de faire quelque peu évoluer la pensée. Or, la pensée est de l’âme la serrure, même grossière et grinçante.
La sociologie et l’anthropologie sont parentes. L’anthropologie sociale, née de l’étude des sociétés dites primitives, a grandi au point de s’étendre à l’ensemble des sociétés traditionnelles, y compris celles du monde industriel. L’étude de la vie contemporaine dans la ville ou dans l’entreprise constitue l’un de ses nouveaux axes de recherche. De ce point de vue, elle a sa place dans la connaissance de la société ; certains veulent même confondre sociologie et anthropologie. Or, ce qui, à mon avis, fonde l’anthropologie, c’est une façon particulière, très intéressante, d’appréhender une même réalité : l’humain. L’approche holiste de l’humain pour y trouver la totalité de la société est possible, mais monographique ; elle contraint l’anthropologue à un résumé de la société nécessairement restreint, tel qu’accessible au regard d’un seul et même observateur. Mais ce résumé suffit pour extraire l’homme de sa version animale et l’entrer dans sa version spirituelle, car l’homme ne peut pas être Un hors de sa version spirituelle — Sois un dans toi (Signe xxv/1) —. Cela ne relève pas de l’opinion ou de la réflexion, mais de l’absolu ; l’absolu c’est « Je crois » ou « Je ne crois pas », point. Le paradoxe de la démarche anthropologique réside en fait, comme le souligne Claude Lévi-Strauss, dans le fait que l’on « cherche à faire de la subjectivité la plus intime une démonstration objective. » Il existe donc bien déjà, sur cette Terre, deux mondes : Celui des lourd et matérialistes, compliqué, et celui des spirituels, subtil et simple.
Disons quelques mots de l’anthropologie vue comme un des recoins sombres de la sociologie vue sous le regard équivoque de Nicolas Malebranche (1638-1715), grand philosophe grandement oublié. Malebranche fut un prêtre catholique français qui osa réunir comme cohérents entre eux Augustin d’Hippone (saint Augustin) et René Descartes, le théologien et le physicien. Malebranche s’efforça d’édifier une métaphysique remarquable appuyée sur l’idée d’une action divine incessante sur tous les fronts surnaturels ou matériels. C’est aussi la vision qu’a de la Vie le Pèlerin d’Arès. Malebranche affirma que l’âme de l’homme était déchue, peut-être même irrémédiablement chez certains, nous permettant trois cents ans après lui de mieux comprendre pourquoi nous devons recréer nos âmes par la pénitence. Malebranche affirma, encore avec justesse, qu’il n’y a chez les pécheurs que des causes de péché occasionnelles (occasionalisme). Malebranche pensa qu’il n’existait rien qui, pensé avec intelligence, ne nous ramenât irrémédiablement à Dieu. Sa philosophie fut ainsi aussi spirituelle que rationaliste. L’unicité (Signe xxiv/1) est l’indiscutable conclusion à laquelle arrive le lecteur attentif du Signe. Il va sans dire que Malebranche fut violemment attaqué par les religieux, les jésuites, les bigots, etc. Il est malgré tout qualifié de « plus grand métaphysicien que la France ait jamais eu » par Étienne Gilson. Malebranche considéra la métaphysique comme le fondement de la foi et du concept de Dieu vu comme Être rationnel ou matériel autant qu’éonique.
L’expérience ethnologique est unique, en ce qu’elle oblige l’observateur à mettre en question ses propres catégories, à s’ouvrir au raisonnement des autres, à les analyser et à les restituer à la compréhension de sa propre société. L’approche monographique et les remises en question, à quoi cette expérience contraint l’observateur, élaborent de nouveaux concepts dans ses divers domaines : religieux, politiques, juridiques, économiques… et spirituels. Mais la critique de l’ethnocentrisme, qui typifie ces catégories issues de la culture occidentale, conduit à les élargir, à les remodeler. Il est même nécessaire de fonder de nouveaux domaines comme l’anthropologie de la pure et simple spiritualité telle que nous, P(p)èlerins d’Arès, la représentons.
Pour ma part, je ne crois pas que l’on puisse toujours obtenir une pure connaissance par la méthode. C’est le cas tout particulièrement de l’anthropologie, dans un moment où sa méthode est exportée dans d’autres disciplines et où, donc, expulsée du lieu même où certains veulent fonder sa spécificité, elle risquerait d’être vouée à sa propre dissolution, ne pouvant prétendre par ailleurs à l’exclusivité de son existence empirique. Ce statut équivoque jette le trouble dans l’esprit de qui ne considère pas qu’au-delà de l’objet empirique se situe un but spirituel central, fondamental, le souci du retour à la Vie.
La connaissance de l’homme n’est acquise qu’à travers les conditions de ses avènements, de ses hésitations, de ses multiples tentatives et cheminements ; cela rend malaisé de définir en quelques lignes l’anthropologie ou la sociologie spirituelle ou anagogique. Par ailleurs, la curiosité que peut susciter cette connaissance de l’homme entretient un rapport paradoxal avec le désarroi qu’éprouvent ceux qui l’étudient devant la difficulté à définir son objet, à fixer ses limites, à savoir qui est qui et qui va dans telle ou telle direction. Nous-même P(p)èlerins d’Arès en ce début du XXIe siècle opposons en nous plusieurs approches principales, l’anthropologie physique, l’ethnologie, la quête spirituelle et par-dessus tout ce que nous appelons la pénitence : la quête de l’amour, dont naît l’âme. Nous formons donc une sorte de mystère pour le monde actuel ; nous-mêmes avons du mal à nous définir quand on nous demande ce que nous sommes en fait. Néanmoins, puisque l’anthropologie ou la sociologie, prise au sens le plus large, est de rassembler dans une perspective globalisante toutes les disciplines étudiant l’homme, nous allons peu à peu définir notre position précise de P(p)èlerins d’Arès par rapport à l’ensemble des projets humains.
Je me relis et cette relecture me fait tout drôle, comme on disait aux jours de ma jeunesse. J’ai l’impression de revenir aux jours lointains de mes études. Cet écrit me paraît suranné. Pourtant, je n’y changerai rien, parce qu’il n’est pas hors de propos. Il y a bien des chemins pour atteindre le ressenti nécessaire au déclenchement de la métaphysique.
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© Michel Potay 2022 — Tous droits réservés


Sur la sociologie anagogique (ou métaphysique)
La vie peut être vue sous l'angle des idées, mais je souhaite la porter sous l'angle du regard ; la sociologie anagogique est pour moi regard global et profond sur l'homme, non comme la sociologie matérialistique comme observation et étude des idées et actions humaines.
Il faut absolument faire comprendre qu'il existe outre l'observation statistique de la société dans ses catégories un regard conditionnel et hypothétique de l'humain dans ses mystères. On peut voir ainsi très différemment les origines, la façon d'être et d'agir, et l'avenir de l'homme. Ces deux façons de voir l'existence humaine sont irréconciliables actuellement, mais un pont peut être jeté entre les deux si l'on démathémise le problème, si on le métaphysicise (pardonnez le néologisme !), si l'on ne classe pas l'humain en catégories mais si on le voit comme Un — Sois un en toi (Signe xxiv/1) —, car l'homme est Un.
Des exemples dans l'Histoire récente des hommes démontrent cette nécessité de passer de l'être catégoriel à l'être unique : Les Sudistes des États Unis au XIXe siècle voient l'homme en classes étanches entre elles : les blancs et les noirs ou, si l'on veut, les maîtres et les esclaves ; les nazis d'Allemagne voient les juifs comme une sous-humanité à détruire, etc. Jésus et nous à sa suite voyons, tout à l'inverse, l'homme, quel qu'il soit, de quelque couleur, de quelque culture, comme toujours égal à lui-même, l'homme comme Un. La façon humaine d'organiser la société nous paraît totalement secondaire : Ma main gauche peut faire des choses différentes de celles que fait ma main droite. Mes deux mains n'en sont pas moins les miennes.
Il nous faut quand même bien considérer le problème humain sous un jour autre que celui des idées ; il faut le voir sous le jour du tout ! Voir ça sociologiquement me paraît une voie qui tient la route si l'on veut bien étendre le champ de la sociologie matérialistique aux profondeurs obscures communes de toute la race humaine.
[240C2*26/04/2022]
Sur l’anagogique et la métempirie
Parce que je suis un vieil homme qui s'achemine vers la mort physique pour entrer dans la vie de l'âme, et je pense nécessaire de doter mes frères et sœurs de quelques outils.
Par exemple : Anagogique a été forgé par un psychanalyste : Herbert Silberer, qui compris que l'interprétation psychanalytique n'épuisait pas tout le contenu d'un rêve et qu'il y avait une évasion inqualifiable par les adjectifs courants vers des zones spirituelles, célestes, mystiques, surnaturelles, normalement invisibles pour l'homme éveillé. Queneau, dans ses "Exercices de Style" nota que la recherche philosophique se poursuit normalement par la rencontre anagogique du même être accompagné de sa réplique inessentielle, laquelle lui conseille d'intelligiblement transposer sur le plan de l'explication banale le concept de "bouton de pardessus situé sociologiquement trop bas." Quant à métempirique, c'est un adjectif qui signifie "qui dépasse l'expérience, qui n'est pas fondé sur la connaissance positive, prouvable, démontrable". Une réminiscence prénatale (qui fait rire les matérialistes, mais qui peut exister) est métempirique, un vœu métempirique est un vœu plus grand que tout désir sensible, etc.
[240C3*26/04/2022]
Sur l’utilisation des mots rares
Il existe dans ce pays des philosophes, des métaphysiciens, des penseurs de large envergure ; certains s'intéressent (pour l'heure très discrètement) au Signe et à son prophète. Les mots rares que j'emploie parfois, parce qu'ils sont plus exacts que les mots relatifs du langage courant, ne sont pas de mon cru ; ce sont ces philosophes, métaphysiciens et autres hommes de pensée et de lettre qui les ont utilisés.
[240C41*19/05/2022]
Sur les deux visons de l’humain, selon que le point de vue est matérialiste ou anagogique
La sourate 5 "La Table Servie" verset 32 (35 dans certaines versions) du Coran dit : Quiconque tuerait un homme qui lui n'a jamais tué personne ou fait scandale sur Terre (serait jugé) comme s'il avait tué l'humanité en totalité (et) quiconque fait revivre un homme, c'est comme s'il faisait revivre toute l'humanité (traduction Blachère). Autrement dit, commettre un acte mauvais ou bon sur quelqu'un, c'est le commettre sur tous les humains.
On trouve dans le Talmud de Babylone (Sanhédrin 37a) ceci : "Celui qui sauve une vie sauve le monde entier." En effet, pour les juifs, mais aussi pour tous ceux dont la foi découle de la foi juive : Chrétiens, Musulmans, ce n’est pas seulement la vie de celui qui est tué qui est prise mais aussi la vie de toute sa descendance ("le monde entier"), car un homme n’est pas complet s’il n'appartient pas à une ascendance et une descendance, c'est-à-dire à tous les humains vivants, morts ou à venir.
C'est évidemment un point de vue ignoré par les sociologues matérialistiques qui ne voient l'homme que comme la souris voit ses souriceaux. Il y a bien deux manières de voir l'humain au milieu de sa race.
Je peux prendre les choses autrement : L'homme est une entité au sens le plus général, c.-à-d. une réalité, voire un être au sens philosophique, c.-à-d. de nature et de propriétés indéterminées et apparemment dotée d'une forme d'identité ou d'unité. Autrement dit, l'homme est un vivant dont on ne sait rien ou dont on ne souhaite rien spécifier, et qui revêt donc une réalité abstraite sous un déguisement concret, il peut s'agir d'un être humain comme d'un peuple ou d'une institution. Tout ce qui a vécu, qui vit ou qui vivra peut-être appelé entité — entrez dans un cimetière et vous aurez conscience que tout ce qui est couché là est mort, identiquement mort, vous êtes dans l'entité mort —. Il n'y a pas plus vague qu'un humain, car il est aussi vague et impossible à décrire qu'est la Vie (Le Signe 24/3-5).
L'entité est un concept formulant quelque chose de l'espace infini où nous sommes. Elle peut certes être identifiable par certains côtés — par exemple, nos prénoms et noms — mais chacun de nous n'est qu'un individu, un membre de la race, un habitant du cimetière des vivants avant d'appartenir au cimetière des morts et après avoir appartenu au cimetière des non-nés, l'Enfant de la Vie dans tous les cas. Tant que nous ne sommes pas retournés à la Vie, nous ne sommes que des êtres virtuels sous différentes formes, poussières ou vacuités. [240C6*26/04/2022]
Sur la fusion de la vie dans la Vie
Si je ne dois rien répondre de moi-même et attendre que la Vie me parle (Le Signe 39/2), c'est parce que je dois attendre la fusion de ma vie dans la Vie.
Je dois attendre que l'être et l'Être ne soient qu'un Être sans distinction ontologique. Je dois attendre de devenir une instance du Vivant. Les langues humaines sont totalement insuffisantes pour entrer dans ce concept. Il faut que se crée un Être qui contienne en lui tous les êtres de toutes les déterminations possibles, l'idée (au sens de Platon) d'un être qui n'est aucun être et qui est en même temps tout l'Être dans la suprême perfection de l'Être (summum, Vie absolument transcendante).
[240C7*26/04/2022]
Sur les difficultés posées par la culture générale au lecteur qui découvre Le Signe
J’ai senti dès 1974 puis compris plus clairement par la suite que le Père ou la Vie non seulement ne fondait pas de religion, mais tenait à rappeler que tous les hommes sont Ses Enfants et que ceux de ces Enfants qui se perdent n'entraînent pas Sa Colère, mais sa Tristesse (Signe 13/5). Certes, le Père dit que Sa Colère n'est pas éteinte à jamais (30/9), mais cette Colère n'est pas de celles qui détruisent — les pécheurs et les docteurs qui les consolent se détruisent eux-mêmes —. Cette Colère fait crier au Créateur Sa Volonté (30/10). Tout Le Signe est un péremptoire — nul doute sur ce point — mais Puissant Souffle d'espérance — il n'y a pas non plus de doute sur ce point.
La culture générale sur toute la planète fait état d'un Dieu punisseur ; même les athées ne voient le Dieu auquel ils ne croient pas que comme punisseur. Ce préalable culturel fausse tout ce que lit le lecteur du Signe. Demander au futur lecteur de faire table rase de tous ses apriorismes culturels avant d'ouvrir Le Signe est généralement vain, car très peu, vraiment très peu d'humains sont capables de pareille remise à zéro. Cela ne facilite évidemment pas notre tâche missionnaire, mais peu à peu nous parviendrons à faire comprendre que c'est le Bien suprême Qui a parlé à Arès. [240C10*27/04/2022]
Sur la Présence
La métaphysique peut redevenir visible... Visible n'est peut-être pas le mot le plus approprié. Disons sensible, perceptible, ressentie ! Par la pénitence chacun de nous perd son sexe, devient une mère, une mère non d'enfants, mais de toute l'humanité. Quiconque s'identifie à la souffrance des autres est mère des autres.
[240C12*03/05/2022]
Sur la mort comme retour à la Source et au Tout
La vie corporelle est courte, très courte même.
Quand je pense à mon enfance, mon enfance c'était la semaine dernière. Alors, la mort c'est demain, dans une heure, dans cinq minutes. Avant de s'interroger sur l'origine de la matière, les "savants" devraient s'interroger sur l'origine du temps. Le temps a apparu avec le péché et s'est amarré à la matière qu'il a ainsi alourdie. Au fond, à y bien réfléchir, je me dis qu'il est heureux que nous mourions. Nous retrouvons ainsi notre légèreté et même davantage : notre impondérabilité. Mais la mort n'est pas un voyage vers l'infini ; c'est un voyage à la poursuite de nous-mêmes, parce qu'une fois mort il n’y a plus de distance, plus d'infini, il y a quelque chose dont nous ne pouvons pas avoir l'idée. Nous n'aurons plus de curiosité, alors. Revenus à la Source, nous aurons tout... Tout.
Nous sommes l'Univers. Quel que soit l'endroit où nous nous trouvons, il n'y a rien de véritablement inconnu. Nous avons déjà tout vu, tout vécu, un jour, il y a des temps immémoriaux. Nos déplacements ne sont que fluidité. C'est pourquoi l'immobilité est aussi importante que les grands périples. Je suis là, assis devant mon ordinateur, tapant sur mon clavier ; le réglage de l'assiette de mon fauteuil est cassé depuis longtemps, la siège est penché en avant, je dois sans cesse remonter mes fesses vers le dossier, je ne suis pas immobile et ce mouvement perpétuel me fait penser à Sisyphe... Toute résistance est inutile. [240C15*03/05/2022]
Sur le chaos et l’absurdité, visibles ou non, du monde
Dans les rues de Marioupol dévastée, les quelques Ukrainiens qui y subsistent se faufilent au hasard des ruines cherchant quelque nourriture. La ville est, au sens scientifique, sociologiquement détruite ; ce n'est plus un monde humain, c'est une jungle minérale éclatée avec du bois : fenêtres, portes, poutres, meubles, qu'écrabouillent les morceaux de béton, les briques, les tuiles... J'ai vu ce chaos, exactement le même, en France en 1944-1945. Ça ne sert à rien. Ceux qui détruisent et ceux dont les biens sont détruits ne savent même pas quel sens donner à cette désagrégation. On a coutume de distinguer l'angoisse qui ignore généralement son objet de la peur qui généralement identifie son objet autant qu'elle en appréhende le surgissement. La réalité que souligne mon entrée est qu'en fait les humains ignorent ce qu'ils vivent dans cette société qui se croit ordonnée et sécurisée, mais qui est déjà détruite comme Marioupol, sans le savoir, comme la récente période de campagne et d'élection présidentielle et la prochaine période de campagne et d'élection législative en France le montrent. Les hommes ne savent plus avec quelle allure le désordre, la guerre civile, les problèmes — il y en a déjà : rareté de l'énergie, hausse des prix, etc. — vont surgir, mais ils sentent bien qu'ils peuvent surgir parce qu'ils se montrent déjà.
Rien n'est moins prévisible qu'un monde matériellement et scientifiquement bâti ; rien n'est moins prévisible que la sociologie matérialistique. L'Histoire n'est qu'une suite de secousses, de hauts, de bas, de malheurs, de mensonges, et il n'est pas improbable que Paul Ricœur, mort en 2005, philosophe protestant dans le courant de la phénoménologie, de l'herméneutique, des sciences humaines et sociales, qui s'intéressa aussi à l'existentialisme chrétien, sourirait ou baillerait de surprise si on lui disait qu'Emmanuel Macron se pique d'avoir été son disciple. [240C16*03/05/2022]
Sur notre mission de co-créateurs au sens divin
Nous n'avons pas pour unique mission de trouver, autant que nous le pouvons, des gens assez sages pour comprendre qu'il leur faut devenir pénitents et mener une vie sans péché afin de mourir dans les meilleures conditions de salut et partir dans les étoiles dans l'attente de la résurrection au Jour du Père. Notre mission va bien au-delà ; elle est celle de co-créateurs au sens divin du mot.
Nous avons pour mission d'ouvrir devant les yeux des vivants la porte de la Lumière et de la Vie pour les faire participer à la Victoire du Grand Dessein de la Vie. Le Père nous envoie développer une vision créatrice globale, universelle, et notamment approfondir les questions de la Vie, qui dort en nous mais qui peut reprendre sa route vers l'Infini, approfondir toutes les questions relatives à la vie. Notamment, nous ne pouvons pas ignorer que la Vie dort, oui, dort dans la nuit des entrailles du plus vil des pécheurs. Nous ne pouvons pas perdre de vue que l'Univers gît au fond d'individus passés, présents ou à venir, gît de façon mystérieuse mais réelle, dans tout ce qui vit de telle sorte que tout, oui, tout retrouvera un jour sa route jusqu'à Dieu.
Les "savants" cherchent au-delà de la Terre et ne savent toujours pas ce qu'est la vie. C'est une question qui devrait fasciner tous les humains, quels qu'ils soient, mais ce n'est pas le cas et nous avons, outre à réveiller les pénitents, à réveiller la curiosité — la curiosité comme œuvre salutaire — pour tout ce qui mène à la Vie, même le plus abject des individus. De là, bien sûr, la nécessité de l'amour pour cet individu abject. De là la nécessité de voir la sociologie sous un angle différent de l'angle académique.
La religion, quelle qu'elle soit, se trompe, parce qu'elle oublie que le salut n'est pas au bout d'une dogmatique respectée, mais devant un œil qui s'ouvre enfin. Il nous faut ouvrir les yeux des hommes ! [240C19*06/05/2022]
Sur l’impossibilité de savoir qui sera sauvé, qui ne sera pas sauvé (11/3)
Nous ne sommes pas une religion, notre Source de foi : Le Signe, ne dit nulle part, ni dans L'Évangile Donné à Arès ni dans Le Livre, que ne sont pénitents, membres du petit reste, bref sauvés, que ceux qui répondent à un certain schéma théologique.
Quand Le Signe dit : À ceux qui n'ont pas reçu Ma Parole, qui n'ont pas connu leur faute, à ceux qui ont été scandalisés aussi, il sera pardonné, mais à ceux qui ont reçu Ma Parole, qui connaissent leur désobéissance, il est demandé de se convertir à Ma Parole, de ne plus pécher (30/12), elle limite à l'évidence la partie de l'humanité qui ne sera pas sauvée, celle qui finira en spectres, aux rares humains qui ont consciemment, délibérément, intentionnellement refusé de suivre la Parole d'Arès tout en la connaissant bien et en convenant qu'elle est évidente, logique et juste, et qu'elle est bien Celle du Créateur, tout comme Adam refusa consciemment, délibérément, intentionnellement de suivre le Dessein génésiaque tout en le connaissant bien et en convenant qu'il est évident, logique, juste, rempli des meilleurs Intentions, et qu'Il était bien Celui du Créateur. Le péché est bien la faute calculée, intentionnelle, réfléchie et par là très rare.
De ce fait, les mots : Sois un dans toi (Signe xiv/1) ne sont pas destinés à ma seule personne, mais ils sont valables pour tous les humains, sauf les rarissimes qui les refusent en toute connaissance de cause. De ce fait, il est impossible de dire si des fauteurs de génocides et de destructions étendues comme ont pu l'être Attila, Prithvi Raj Chauhan, Gengis Khan, Tamerlan, Staline, Adolf Hitler, Vladimir Poutine, etc. sont ou ne sont pas forcément des êtres perdus à jamais, réduits à l'état de spectre ou de rien. Ils ne sont peut-être que des fléaux inconscients, des psychopathes, voire même des fous que le hasard de la vie a portés à des postes politiquement élevés ; ne jamais oublier que le péché qui touche toute l'humanité a fait de celle-ci un être malade ou morbide, dérangé, qui n'a qu'un seul remède : l'amour dans la mesure où chaque atome de l'humanité est capable de l'assumer en soi. Qui peut savoir qui est sauvé, qui n'est pas sauvé ? (Signe 11/3). Cela est un trait caractéristique du Signe et de la Parole authentique qui L'a précédée dans l'Histoire. L'humanité n'est, pour l'heure, qu'un vaste hôpital. [240C21*07/05/2022]
Sur le détachement radical de tout le système de pensée et d'espérance qui "pond" les religions
Nous ne sommes pas une religion, parce que chaque religion est un système qui ne considère sauvés que ceux qui répondent en tous points au programme théologique et dévotieux qui est le sien, alors que nous P(p)èlerins d'Arès ne voyons pour nous délivrer du Mal que la pénitence libre à quoi la Parole d'Arès appelle tous les humains.
Le Signe ne s'adresse pas à un noyau élitiste ; Il lance son appel aux milliards d'humains qu'il voit tous comme pénitents nominaux, possibles, potentiels, virtuels, tous les humain bons, croyants ou non-croyants, qui ne font qu'Un sans le savoir avec les quelques milliers de pénitents effectifs actuels. Les Enfants, dont parle la Vie (Le Signe 13/5), constituent l'Un avec la Vie. Nulle part dans Le Signe on ne trouve de passage qui ne promette le salut qu'à des fidèles déterminés à suivre une doctrine et des pratiques précises et uniques.
Je n'ai pas cessé de rappeler que Le Signe est une Parole libératrice, tout comme Le Sermon sur la Montagne est une Parole libératrice, car ce Sermon fameux ne dit nulle part que seuls certains fidèles répondant à un ensemble précis et vétilleux de propositions doctrinales — une religion, une église, etc. —, seraient récompensés ; il appelle tous les humains, quels qu'ils soient, à aimer leurs ennemis.
Assumer sans trop chanceler, cet immense mystère qu'est l'homme, c'est apprendre et assumer l'amour, le pardon, la paix, l'intelligence spirituelle libre de tous préjugés. C'est très simple, parce que déjà, aussi simple que c'est, c'est un effort énorme de la volonté d'être ! — Pour que nous fassions Ta Volonté (12/4). Ta Volonté, Père, doit devenir la nôtre, nous humains, parce que nous ne sommes qu'Un, Toi et nous, humains bons conscients ou non d'être bons. Cette situation nous détache radicalement de tout le système de pensée et d'espérance qui pond les religions comme l'oiseau pond des œufs.
Qu'est-ce qu'est la vie ? La science n'en sait rien. Le Créateur, Lui, lance aux humains l'explication : La vie ? C'est ce que la Vie (Signe 24/3-5) a donné à vous humains et, par dérivation, à tout ce qui entoure les humains : Végétaux, animaux, micro-organismes, parce que la vie ne peut se nourrir que de la vie par nécessité de concordance, mais celle-ci n'est pas que matérielle. Il y a aussi la nécessité de se nourrir de vie spirituelle pour que la nécessité de concordance soit complète. Voilà pourquoi Le Signe nous demande de retrouver la Vie (24/5), ou si vous préférez, la vie par sa racine divine. Cette recherche de la Vie va être évidemment une tâche aussi ardue que très longue. Il existe nécessairement, inévitablement, une Intelligence extraterrestre infinie, dont notre intelligence humaine, gâtée par le péché, n'est qu'un piètre résidu, mais qui peut retrouver ses marques divines. Celles-ci sont pour l'heure probabilistes, mais très sérieusement probabilistes. Nous ne sommes, pour l'heure, que dans une zone de réalités transitoires ; notre mission a été assez sage pour nous éviter de fonder une religion et assez vague pour laisser ouverte la porte des possibilités de retrouver la Vie.
Nous avançons, prudemment certes, mais nous avançons. [240C22*07/05/2022]
12.1 Sur le mot sociologie (1/2)
Je ne peux pas qualifier de chrétienne la sociologie d'humains se réclamant de Jésus Christ vu l'inflation, les difformités et les haines historiques que ce qualificatif a subies. Je préfère qualifier d'anagogique la sociologie de ceux qui partagent la conviction qu'ils dépendent d'autre chose que du monde psycho-matériel.
Pour moi la sociologie scientifique est antisociologie, si je peux dire, parce que je n'imagine pas une sociologie qui n'est qu'une addition de vies presque toujours égotistes, souvent égoïstes, parfois rivales ou même antagonistes. Le mot sociologie tel que l'emploie la "science" ne me paraît pas une appellation propre à une société d'humains qui ne s'aiment pas, qui sont même prédateurs les uns des autres. Même si des humains ne s'accordent pas sans débats sur les détails de la vie commune en raison de circonstances, de climats et d'environnements différents : eau et sécheresse, froid et chaud, abondance et stérilité, etc., ils ne peuvent s'appeler société que dans une recherche ou volonté d'union, bref, une propension à former l'Un. Pour moi les habitants du Sahel vivent dans la précarité, la disette, la rareté, certes en raison apparemment immédiate du climat, de la terre avare et de tribulations historiques, mais en raison fondamentale de l'égoïsme de leurs frères humains de régions moins pauvres.
J'admets que les Sahéliens, qui souffrent souvent de famine, aient une sociologie sahélienne, mais je ne vois pas comment ils peuvent être vus dans le cadre d'une sociologie humaine globale. Similairement, pour moi la zoologie scientifique n'existe pas plus que la sociologie scientifique, parce que je ne saurais placer dans une zoologie globale l'observation de l'himantolophus groenlandicus (poisson des profondeurs), de l'equus zebra (zèbre des savanes) et du vultur gryphus (condor) dont les existences sont si différentes et étrangères qu'elles n'ont presque rien de commun. Chercher à se nourrir, certes commun à toute vie, n'est pas l'inévitable acharnement propre à la vie contrairement à ce que la science pense, parce que la Vie, telle que nommée dans Le Signe, ne bouge pas, emplit tout jusqu'à l'infini, ne mange rien ni personne, n'est pas consommatrice de son propre être, et parce que plus répandue qu'on ne croit est la sobriété dans le monde vivant.
Pour moi la Vie (Le Signe 24/3-5) est la Mère de la vie humaine, laquelle n'est pas la Vie elle-même, mais seulement l'Enfant de la Vie. Les vies zoologiques ne sont que des éclaboussures voraces de cette Puissance génératrice éternelle. L'homme a une tout autre vocation, qu'on le veuille ou non. Il a quelque chose de surnaturel que l'on ne retrouve nulle part dans ce qui bouge et mange. Comparer Praxitèle, Michel-Ange ou Mozart, Isaïe, Bouddha ou Jésus de Nazareth, à n'importe quel animal supérieur est être aveugle et les classer quelque part dans la sociologie scientifique est impossible ; ces gens-là avaient quelque chose de surnaturel ; ils n'étaient pas des êtres sociologiques au sens académique, ils étaient voués à une tout autre intention d'être. [240C23*09/05/2022]
12.2 Pourquoi je parle de sciologie (2/2)
Je ne parle pas de sociologie parce que je suis un expert en sociologie, mais j'en parle sans complexe, parce que j'ai l'impression que la sociologie a peu de contestataires. Il me semble qu'on peut appliquer à l'observation du Signe les mêmes trois questions qui scindent l'observation des questions de religion (voir, pour ceux que ça intéresse les travaux de David Hume), même si la religion n'est plus, depuis les débuts de la Parole d'Arès en 1974-1975, le problème qui nous intéresse, bien au contraire.
L'approche analytique de la religion passe par les trois cadres suivants : l'histoire de la religion, la psychologie et la sociologie. Nous sommes des barbares, oui, contrairement à ce pensent ceux qui voient l'homme moderne comme raffiné, et il nous faut couper à la hache la banane de l'analyse. J'ai déjà, sous différents aspects, et de façon acceptable pour ceux de mes frères et sœurs peu versés dans ce type d'exploration, abordé les considérations historiques et psychologiques qui concernant Le Signe, mais aborder le cadre sociologique est peut-être plus difficile.
La sociologie anagogique qui seule peut nous intéresser n'a plus grand-chose à voir avec la sociologie matérialistique. [240C26*09/05/2022]
Sur les connaissances qui masquent la Connaissance
Il est difficile de se mettre à l'observation et à l'étude de l'homme. Observation et étude inévitables puisque Le Signe s'adresse à l'homme au sens d'universalité humaine, pas seulement à une certaine catégorie grande ou petite d'initiés ou à une communauté de croyants à vocation étroite. C'est sous cet angle qu'il faut lire mon entrée 240. Cela nous conduit forcément à une confrontation avec le pouvoir d'éduquer que s'attribuent ceux qui gouvernent ce monde et croient avoir dégagé de leurs propres travaux un savoir universel irréfutable. Leur savoir est réfutable et Le Signe est, pour ainsi dire, le premier Cri (28/11, 23/2, ii/19) venu de l'Infini qui dit à tous ceux qui croient tout savoir : "Vous êtes confinés dans une étriquée et pauvre exégèse de la vie, vos pensées sont chétives, leurs résultats sont médiocres, voire nocifs. Vous ne découlez pas d'un douzil de biopolymères, d'un robinet d'acide désoxyribonucléique (ADN), mais de la Puissance Créatrice qui a fait l'Univers que s'étale à l'infini sous les yeux de vos télescopes."
Il faut dépasser absolument la sacralisation collective qu'a fait de la connaissance de l'homme le pouvoir politico-religieux du monde. La sociologie scientifique, matérialistique, est contestable. La signification et le périmètre des concepts sociologiques officiels sont risiblement réduits. Nous avons à ouvrir devant nos frères humains les portes d'une herméneutique, d'une métaphysique, qui confinent sans le moindre doute à des forces créatrices immenses jadis connues de l'Adam édénique, mais vite devenues inconnues et invisibles sous le fouet du péché. Il va nous falloir reprendre conscience de la diversité et de la richesse des fondements de la vie humaine aujourd'hui noyés dans la nuit de l'Univers. Ce ne sont ni la religion ni la science qui permettront à l'homme de retrouver une idée précise de sa vraie nature. La religion est un phénomène humain ; la conscience d'être un être spirituel n'est pas un phénomène humain, c'est une réalité endormie au fond des brouailles dont seul un certain abandon de l'être à lui-même peut ouvrir les verrous. La voie de la recherche est évidemment tout autre. La riche histoire de l'homme gît au fond de l'homme ; il faut l'humilité et l'amour à un haut niveau pour les retrouver. [240C24*09/05/2022]
Sur la nature spirituelle de l’homme
Ceux qui défendent la légitimité de la religion et de la philosophie académiquement admise, l'une et l'autre dominées par des principes matérialistes, croient dominer le domaine de la recherche herméneutique ou métaphysique et se trompent. Il y a d'autres voies qu'ils n'explorent pas, dont celle que nous ouvrons devant le monde. L'âme est le fruit d'une horticulture complexe.
Tout énoncé sur la nature spirituelle universelle requiert de l'humain qu'il accepte d'être autre chose que ce que la science et/ou la religion prétend qu'il est, un individu, une conscience. Il m'arrive souvent de dire : "J'ignore complètement ce que va devenir ma conscience quand mon cœur s'arrêtera de battre." La nature corporelle de l'homme, tel qu'on le voit aujourd'hui, ne constitue pas la base de ce qu'on peut étudier si l'on voit l'homme comme il faut le voir : le substrat éternel de l'épaisse réalité divine qui remplit tout sans limites. L'anthropologie n'est pas une connaissance fondamentale, c'est seulement un très bref passage ; ce n'est que la connaissance du déguisement actuel de l'humain. Quand l'âme retrouvera sa liberté à la mort du corps — mystérieuse chair dont le sens ne s'explique que par le Mal dont Adam est l'inventeur — nul ne sait plus depuis longtemps ce qui se passe exactement, mais il n'est pas du tout invraisemblable de penser que l'âme emplit l'espace sans limite, fondue dans l'agglomérat indénombrable des âmes qui ne font plus qu'Un depuis toujours et jusqu'à toujours. C'est dans cette perspective que la nature spirituelle de l'humain doit être comprise. [240C25*09/05/2022]
Sur l’évidence que ce qui se voit, se mesure, se pèse et se "mathématise" n'est pas la seule vie possible
Nous ne pouvons pas expliquer la foi qui nous anime autrement qu'en convenant personnellement, chacun de nous convenant seul dans son coin de lumière, qu'on ne peut pas expliquer l'improuvable qui s'avère aussi vrai à nos instincts que le contenu des éprouvettes de Louis Pasteur n'avérait à ses yeux l'existence des microbes. Nous pouvons en revanche regarder les insuffisances que les matérialistes savants voient comme limites absolues de la vérité accessible, parce qu'il est clair et évident à nos yeux spirituels que ce qui se voit, se mesure, se pèse et se "mathématise", n'est pas la seule vie possible. Il en est une autre. Elle s'est montrée et elle a parlé à un homme à Arès en 1974 et 1977 comme elle l'avait fait à d'autres il y a longtemps, mais comme elle dit : "Je suis, mais je ne me prouve pas," elle est niée. La foi n'est ni un cadeau du Ciel ni une illusion ; elle ne vient pas de nulle part et souvent elle prend son départ dans les tourments douloureux de la conviction qui n'est jamais certitude ou flagrance, qui n'est que l'immense démonstration du respect que nous porte la Vie.
La foi est la solution créatrice, créatrice de l'homme complet, à un problème insoluble pour la science que ses critères limitent à ce qu'elle voit, produit ou palpe. Les scientifiques ne voient même pas qu'ils ne pourraient jamais voir, produire ou palper quantité de choses sans avoir eu auparavant l'intuition de leur existence ou de leur possibilité. [240C27*10/05/2022]
Sur l’infinité de sociologie possible
En affirmant qu'il existe autre chose que la sociologie scientifique ou matérialistique et qu'il existe notamment une sociologie anagogique ou d'anagogistes, je sous-entends qu'il y a en fait une infinité de sociologie, ce que je fais remarquer dans le commentaire 240C23 où j'avance qu'il peut exister une sociologie sahélienne mais qu'on ne peut pas assimiler celle-ci à une sociologie générale.
La force des artistes, dit-on, est leur faiblesse. Notre faiblesse à nous Pèlerins d'Arès, qui consiste à enseigner qu'il existe d'autres vies, notamment la vie spirituelle, autres que la seule vie vue et reconnue par la science est, de même, notre force. La science a cela d'insupportable qu'elle se veut javellisante, récurante, polissante, et quoi encore ? Nous aussi, avec notre sociologie anagogique ou d'anagogistes, nous nous voulons javellisants. [240C29*10/05/2022]
Sur l’image d’un Adam s'évadant de son péché
Ce qui, entre autres choses simples et claires, me ravit dans ce dessin, c'est qu'il n'y a jamais de persiflage, de m'as-tu-vu, de dans-le-vent, de sarcasme... N'importe quel homme de la Terre peut se reconnaître dans ce personnage aux bras élevés comme des ailes, au corps moulé dans un seul trait de crayon et qui, par-là, est Un en lui (Signe xxxiv/1) ! Cet homme ne peut qu'être bon. Il est à la fois totalement inoffensif et asexué : Il est autant femme qu'homme. Dès que le contour est flou, mou, flexible, malléable, il se produit une sorte de transsubstantiation naturelle qui désenchaîne totalement l'humain. Il est comme s'il n'était plus qu'une âme.
Crédit : Collection personnelle [DR]
[240C30*10/05/2022]
Sur la sociologie anagogique comme sociologie d'une humanité de Bien
Que pourrait bien être une juste sociologie anagogique ?... La réponse est très simple : La sociologie anagogique est celle d'une société comportant une majorité d'humains d'amour, de pardon, de paix, d'intelligence et d'espérance spirituelles et de liberté obtenue par la disparition totale des préjugés, sachant que ce n'est pas la sociologie qui fait le monde, mais le monde qui fait la sociologie. C'est, du reste, ce que nous dit Le Signe : La Vérité, c'est que le monde doit changer (28/7), ce qui peut être dit autrement : La vérité avec un petit "v" peut revêtir de nombreux aspects, mais la Vérité avec un grand "V", c'est celle du monde qui doit changer en Bien, et ce monde changé sera celui d'une humanité de Bien, laquelle formera ipso facto une sociologie de Bien.
Roland Gary, peu de temps avant sa mort par suicide, déplorait qu'il fût incapable de désespérer. Pourquoi s'est-il suicidé alors ? Apparemment parce qu'il considérait comme sommet de la pensée humaine le désespoir et qu'il lui semblait que le suicide, acte désespéré, était la seule façon de disparaître de ce monde dignement... Monde de Mal, évidemment. Roland Gary, à mon avis, soupçonnait ce monde de ne pas répondre à une sociologie équilibrée ; il se sentait lui-même entre deux états : espoir et désespoir avec l'incapacité d'être dans l'un ou l'autre de façon naturelle ; d'où sa fin non naturelle. C'est le signe du grand malheur dans lequel est tombée cette société de péché. On peut donc dire que, d'une certaine façon, la sociologie anagogique est une société de non-péché, de pureté de mœurs.
Ce monde est fou. Oui, il est fou car si l'on considère, par exemple, le nazisme au temps d'Adolf Hitler on peut dire que dans les camps d'extermination où l'Allemagne d'alors a tué quelque dix millions d'humains (dont six millions de Juifs), dont beaucoup de jeunes, elle a probablement tué un ou plusieurs Dürer, Rilke, Gœthe, Hölderlin, Mozart, Beethoven, Montaigne, Hugo, Gershwin, etc. L'humanité de la sociologie matérialistique, la sociologie académiquement enseignée qu'on croit normale, est dirigée contre elle-même. Ce monde est fou. La sociologie anagogique est celle qui efface la rupture entre humain et inhumain. Etc., etc. [240C31*10/05/2022]
Sur la mise en place progressive d’une nouvelle civilisation
Il y a longtemps que j'ai sauté par-dessus le temps et que je sais, puisque le Père Lui-même le dit par les lèvres de Jésus, Son prophète : Quatre générations ne suffiront pas (Signe 24/2) et nous n'avons même pas passé la première génération, car la génération qu'évoque la Parole n'est pas la génération administrative de vingt-cinq ans, mais celle naturelle des vivants. Je vais avoir 93 ans et je suis toujours vivant, je suis toujours la première génération et les jeunes nés de mon vivant seront eux aussi la première génération jusqu'à leur mort. Nous ne sommes pas déraisonnables : Sachant depuis Giordano Bruno et Galilée qu'il vaut mieux ne rien dire que de dire que la Terre tourne autour du soleil, nous savons bien qu'en disant que viendra une sociologie anagogique ou d'anagogistes on nous considère comme des niais et qu'on nous laisse parler en haussant les épaules. Haussez les épaules, frères humains !
Pour réussir dans une entreprise aussi "impossible" que la mise en place d'une nouvelle civilisation il faut un contexte, un mode de vie, c'est ce que nous établissons doucement sans brusquer personne. Chacun de nous, Pèlerins d'Arès, se sent plus ou moins solitaire, mais comme j'étais seul face à Jésus en 1974 et face au Père en 1977, je sais que chaque apôtre du Signe se sent solitaire. C'est ainsi que nous réussirons à changer ce monde (Signe 28/7). [240C32*10/05/2022]
Sur le lien entre anagogique, métempirique et hommes de Bien
Les mots que j'emploie pour essayer de donner à mes frères et sœurs une forme plus solide et plus exacte d'argumentation : "anagogique, métempirique, implexe et autres", ne modifient en rien ce que j'ai toujours enseigné : Nous ne sommes pas une religion. Les hommes de Bien sont les vrais et seuls constructeurs du monde changé, car ce n'est pas ce qu'on croit mais c'est ce qu'on fait qui crée l'âme et projette l'homme vers la Vie ! [240C33*18/05/2022]
Sur la pensée avec laquelle nous cheminons vers la Vie
On va certes à la Vie par la pénitence fondée sur l'amour, mais notre physiologie veut que nous n'allions à la Vie que par la pensée tant que nous sommes encombrés de ce cerveau, moteur poussif où bringuebalent les bielles-manivelles, qui n'en finit pas de travailler par analyse, déductions, brefs inévitables cheminements "rationnels". Si notre vie n'était pas faite de tintamarre et de jets de vapeur intérieurs, il y a belle lurette que de nos cerveaux-locomotives les philosophies et les philosophes auraient disparu. Au reste, notre conscience dans ce corps irrigué par mille vaisseaux où coule le sang que propulse le cœur, est plus un empêcheur de voir vraiment clair qu'autre chose. C'est aussi pourquoi je me demande souvent : Quelle sera ma conscience dans l'au-delà ? Je l'ignore. Or, tout est là : il faut passer d'une conscience à une autre sans vraie parenté entre elles. Immense programme ! [240C34*18/05/2022]
Sur le lien entre amour évangélique et changement du monde
À un frère qui souligne que "L’amour évangélique n’a plus besoin de raisons, il existe par principe parce que je reconnais en l’autre son identité de nature avec le divin. Qu’il soit noir, jaune, rouge ou blanc, qu’il soit homme ou femme, qu’il soit jeune ou vieux, qu’il soit riche ou pauvre, etc.", frère Michel : "Pour ma part en tous cas, je reconnais aussi en l'autre son identité de victime du péché et son imperfection, voire même ses terribles défauts et donc ses côtés non-aimables et même détestables comme c'est le cas de l'ennemi que je dois aimer aussi comme le demande le Sermon sur la Montagne (Matthieu 5/44-45). L'amour évangélique n'a plus besoin de raisons... sauf une, impérative : Je dois travailler à changer le monde (Signe 28/7), à le sortir du Mal".
[240C35*18/05/2022]
Sur la vocation de l’homme, étincelle de la vie qui remettra le Feu au monde !
Que dans ce monde agité et bavard mais où se meurt le Feu spirituel, des hommes retrouvent la vie, la vraie, celle de l'étincelle dans le sillage de la Vie, du grand Feu de l'Univers, la vraie vie qu'il nous faut ressusciter, la vraie vie, image de la Vie, que le Pèlerin d'Arès veut retrouver (Signe 24/5), la vie dont même Proust dans "Le Temps Retrouvé" disait qu'il faut la "ressaisir... cette réalité loin de laquelle nous vivons." La vie de l'humain d'aujourd'hui est réduite à des étapes balisées par le matérialisme et il nous faut rappeler à nos frères de la Terre qu'ils sont nés pour autre chose. Réveillez l'étincelle de la vie dont la vocation est de mettre le Feu au monde !
[240C36*18/05/2022]
Sur l’importance d’enseigner au monde que vivre, c’est apprendre à mourir (1/2)
Il faut enseigner au monde ce qui, plus que tout, doit être réappris par les hommes : l'amour ! Apprendre à aimer, c'est, en somme, apprendre ou plutôt réapprendre à vivre pour la majorité des humains.
L’envahissement de la science est inquiétant ; elle prétend tout expliquer, tout révéler de la vie. C'était l'idée centrale de ce que nous appelions, quand je fus écolier de 1935 à 1940 puis lycéen de 1940 à 1947, les "leçons de choses". Il y avait encore une pudeur dans ce terme : leçons de chose, qui n'était pas explication de tout.
Pour apprendre à vivre au sens absolu, il faut apprendre à mourir, car c'est en mourant — ce qui arrive toujours plus tôt qu'on croit — qu'on reprend le chemin de la Vie. Mais comment peut-on éduquer le monde à cela ? C'est quelque chose qu’il faudrait prendre le temps de creuser.À[240C37*18/05/2022]
Sur l’intelligence spirituelle, le vrai vivre (2/2)
Apprendre à vivre c'est apprendre à mourir, car à cela nul n'échappe. Je n'ai pas à me laisser convaincre de ce fait, je le connais déjà. Certains, vieux, revivent leur vie dans le souvenir... Pas moi, quand je pense à mon enfance, j'ai l'impression que c'était hier, j'ai l'impression que je n'ai fait que piétiner un peu cette plateforme qu'est la vie corporelle et j'ai la conviction absolue que comme tout humain je suis fait pour la vie éternelle.
Nous découvrons notre ignorance, ce qu'avait fait Socrate, si peu perturbé par la perspective de boire la ciguë. Il allait simplement continuer ailleurs, autrement. Vivre ne relève pas d'une préparation, la vie étant trop brève pour se préparer ; le vrai vivre relève de l'intelligence spirituelle. [240C39*18/05/2022]
Sur la préparation du terrain pour une mission plus large et active
L'humanité est indiscutablement abîmée, mutilée... Le grand philosophe allemand Theodor Adorno, qui avait beaucoup pensé à ce problème, disait "beschädigt" : détériorée et corrompue. Les guerres autant que la vie moderne facile et immorale ont produit cette dégradation.
Mais, au fait, les hommes ont-ils jamais eu depuis Adam une vie heureuse ? Non. Nous serions plutôt, depuis toujours, plus proches d'un monde d'affliction que d'autre chose. Il y a eu de grands rêves : christianisme idéal, marxisme, etc., mais aucun n'a réussi ni apporté le bonheur jusqu'à présent. Je considère cette vie dans le monde comme un semblant de vie. C'est à nous d'installer la vraie vie heureuse sur cette Terre. C'est évidemment, comme le dit Le Signe : un labeur pour les géants des temps anciens. Ce n'est pas pour rien que le Père nous promet l'aide des légions d'anges ou de saints, qui ne se sont pas encore manifesté de façon spectaculaire, quoiqu'ils soient présents discrètement.
Il nous faut absolument tenir fidèlement active notre action pour préparer le terrain à une mission plus large et plus active qui va venir, j'en suis convaincu.
[240C42*19/05/2022]
Sur la démocratie et les petites unités comme outil pratique, non spirituel
Les premières démocraties connues furent athéniennes, ou grecques. Déjà à cette époque des hommes comme Solon, Thémistocle, Périclès ont beaucoup travaillé sur les mille questions que soulève la démocratie et n'ont abouti qu'à des compromis. Je crois bien que nulle part sur Terre, sauf peut-être dans les petits cantons suisses, il n'a existé de système de gestion de la cité ou du territoire qui ait réellement été démocratique. Simplement, à mon avis, parce que l'idée de peuple — démocratie vient de démos (= peuple en grec) et xhratos (= pouvoir en grec) — n'a pas vraiment de sens au niveau organisationnel, parce qu'un peuple est fait d'individus très hétérogènes en goûts, âges, intérêts, visions de la vie et du bonheur. Tout peuple est naturellement par lui-même une anarchie. C'est pourquoi la démocratie, si l'on veut garder à ce mot un peu de réalité, ne peut vraiment exister que dans une petite unité humaine.
On ignore combien d'habitants comptait la ville d'Athènes, mais vers 600 avant Jésus-Christ (temps de Solon) on peut considérer qu'il n'y avait que quelques milliers d'individus. Les problèmes étaient forcément très différents des problèmes modernes. Pour moi la démocratie des grandes nations modernes est carrément impossible. Nous votons, mais pour élire qui ? Des représentants ? Mais avons-nous, nous Pèlerins d'Arès, des représentants ? Évidemment non.
La démocratie n'a pas de sens spécialement spirituel ; la démocratie est un outil pratique pour décider de choses pratiques. Le spirituel n'a pas de chef (Signe 16/1), pas de doctrine (10/10), etc., rien de ce qui fait une religion ou une institution à règles strictes. [240C44*19/05/2022]
Sur le fantastique qui n’est pas la métaphysique
Crédit : Collection personnelle [DR]
[240C45*20/05/2022]
Sur la polone
On se trouve, avec la polone, dans l'insaisissable absolu, dans un pays très lointain tant sur Terre que dans l'Univers où l'Un ou la Vie a pour image l'homme vu comme polone... Je suis tout à la fois moi et tous mes frères, mon âme est tout à la fois elle-même et une infime brindille de la Vie, de Dieu. Je peux dire ça autrement : Comme homme je peux être aussi une âme, mais comme homme et Dieu je suis déjà quelque chose de la polone. Je ne suis pas la polone mais la polone est en moi comme je ne suis pas Dieu mais Dieu est en moi. On est là dans un domaine d'imbrication que les mots sont incapables d'exprimer. Seul le silence et le voyage au fond de soi permettent d'approcher cet état et dans ce monde de bruit et de fureur, ce n'est pas chose facile.
Le passé et le futur ne viennent pas jusqu'à nous, mais tout invisibles qu'ils soient ils ont quand même quelque chose de présent, quelque chose qui nous rejoint. De même, la polone ne vient pas jusqu'à moi, mais elle a quand-même quelque chose de présent dans mon âme, si j'en ai une. Autrement dit, même si tous les hommes n'ont pas d'âme, il existe quelque part dans l'Univers de la Vie à mille dimensions les prémisses des âmes de tous les hommes. La polone existe déjà partout dans l'Infini sans exister. [240C51*25/05/2022]
Sur ce qui caractérise la religion : dogmatique, superstitions, princes du culte…
L'Église Catholique Romaine et l'Église Gréco-Orthodoxe d'Europe Orientale, c'est du pareil au même, c'est une seule et même religion trinitaire théologiquement homologue, qui ne se différencie que par quelques pratiques cléricales : Prêtres mariés en Orient depuis toujours, mais célibataires en Occident depuis le 11ème siècle, calendrier Julien en Orient mais Grégorien en Occident, Églises autocéphales en Orient, mais pontificat unique en Occident, etc.). Si je me place dans la perspective de l'évolution de la foi telle que Le Signe nous demande, l'Église Romaine et l'Église Orthodoxe sont toutes deux dogmatiques, toutes deux rangées parmi les superstitions (Le Signe 21/1), toutes deux placées sous l'autorité de princes du culte (1/4, 2/9-17, 4/9, 5/1, etc.), etc. Le Signe n'institue aucune religion, aucun dogme. [240C52*26/05/2022]
Sur la Vie, plus invisible que l'invisible et plus réelle que le réel
Je m'émerveille, de ce monde extraterrestre que décrit Le Signe... Plus métaphysique on ne peut pas faire. Je pressens toutes ces saillances, c.-à-d. toutes ces choses et tous les rapports entre elles qui saillent invisiblement, qui échappent à toute idée de localisation et d'alignement, tout comme la saillance des angles des grands monuments de la Terre dénote, saillance qui est hors de la pierre ou du béton, qui est dans l'esprit de l'observateur et qui est immatériel, et qui dénote avec le reste de l'architecture la puissante mais indivisible possibilité d'être point d'appui, avancée ou éminence voilée, transparente mais réelle. La métaphysique fait voir au métaphysicien léger ce que le matérialiste lourd ne peut ni voir ni même deviner.
Le Dieu, le Très-Haut, la Vie, qu'on le nomme ainsi ou autrement, est de l'ordre de cette saillance invisible, plus incommensurable que √2 = 1,414213…) ou π (= 3,141592…), remplissant tout et vide de tout, plus infini que l'immense et aussi petit qu'un clou (ii/21), il est par excellence indéfinissable, inlocalisable, plus invisible que l'invisible et plus réel que le réel. N'oublions pas que quand Dieu ou la Vie se révèle à Moïse dans le buisson ardent, il se révèle comme Dieu inconnu ! Étant inconnu il doit se nommer à Moïse : Je suis Celui Qui est... C'est un nom parfaitement métaphysique.
[240C53*26/05/2022]