Source  : Aymolinier (Wikimedia)Bien plus inquiétante que l’affaire du CPE, la dette de la France atteint un chiffre astronomique. La dette publique immédiate, ce qu’il faudrait rembourser sur le champ, se monte à 1140 milliards d’Euros (67% du Produit Intérieur Brut ou PIB) auxquels, dit un règlement européen, il faut ajouter ce qu’il faudra payer demain inévitablement comme les retraites des fonctionnaires et militaires encore en exercice. Total : environ 2100 milliars d’Euros. En nette augmentation par rapport à l’annonce faite à l’automne dernier. L’actuel ministre des finances, Thierry Breton, essaie pourtant de maîtriser cette fabuleuse dette accumulée par ses prédécesseurs, mais n’y parvient pas. Il arrive tout juste à en payer les intérêts composés —Notons qu’il réussira quand même à réduire le déficit public à moins de 3% (prévision : 2,8%) en 2006, selon ce qu’exige le Pacte Européen de Stabilité, mais le déficit public n’est pas la dette publique.

[DR] Source inconnue

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Comment une telle dette s’est-elle accumulée ? De cent façons. En distribuant privilèges, sinécures et allocations, en comblant tous les déficits, en augmentant le nombre de ses fonctionnaires ou en entreprenant des grands travaux sans avoir l’argent nécessaire, l’état se met dans l’obligation soit d’augmenter les impôts, soit d’emprunter. Comme les taxes et impôts (prélèvements obligatoires) ont déjà en France été augmentés plus que de raison, aucun gouvernement ne s’aventure plus à les augmenter encore. Alors, il emprunte.
Chaque nouveau-né français avant même d’ouvrir les yeux a déjà environ 34.000 Euros de dettes.
L’une des paraboles par lesquelles le Père dans Le Signe désigne l’impatiente gourmandise des hommes : L’homme est fou… Il compte deux chaises pour une jambe, deux lits pour une nuit (V/7), fait facilement comprendre comment une nation en arrive à un tel endettement.
Comment la nation remboursera-t-elle ses créanciers ? Arlette Laguiller dirait : « Faisons payer payer les riches ! » Mais des riches, il n’y en a plus beaucoup. Tout le monde devra donc, c’est clair, faire tôt ou tard des grands sacrifices, tout le contraire de ce que semble envisager le discours politique de gauche comme de droite.

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