Libre comme le poulain agile (Signe 10/10), les oiseaux ou le soleil l’homme fut créé.
Il se recréera ainsi.
Source : Gemini Banana

Dans le présent monde nous ne sommes pas libres. Nous n’avons que des autorisations.
Dans Le Signe le sens de libre est absolu ; de surcroît, libre (10/10) n’est pas séparable de doux et pacifique (35/14) ; il ne signifie pas révolté ou révolutionnaire. La liberté arésienne est une hypostase, une entité ou force spirituelle, une image du Créateur (Genèse 1/26) réifiée dans tout pénitent.
Il y a vingt-huit ans, je n’avais que 60 ans ; j’étais jeune. Je conçus le mot insurgeance (voir « Et ce que tu auras écrit », Le Pèlerin d’Arès 1989) pour distinguer l’aspiration à sortir du péché de l’insurgence synonyme de révolte ou de révolution. Mais insurgeant (geant), trop proche d’insurgent (gent) était ambigu.
Ayant vieilli, je lui préfère le mot sorti des lèvres du Messager (Signe 32/2) : Libre (10/10).
L’insurgence, synonyme de révolte ou révolution, n’est que vengeance sans fin (Signe 27/9), violence, elle ne fait que remplacer un dominateur par un autre, une loi par une autre, qui reste loi des rats, comme dit le Père (xix/24) pour rappeler l’extraordinaire prolificité des rats et évoquer ce qui est sans cesse de retour dans l’Histoire. L’Histoire à laquelle il faut mettre fin, car elle n’est que l’Histoire des esclaves et des maîtres.
L’homme insurgeant, c’est simplement l’homme libre. Libre absolument.
Comme l’Évangile l’homme libre n’existe encore que dans les profondeurs (Signe 25/4) de son être.
Notre mission consiste, entre autres, à faire remonter l’homme libre à sa propre surface !

En surface, l’humanité reste une humanité d’esclaves, même s’ils ne sont plus des esclaves « dans les fers » (Rousseau), châtiés ou pendus s’ils ont fui, même quand ils sont bien payés, bien nourris, bien logés et ont de bonnes retraites.
Notons bien la raison pour laquelle depuis Adam (Signe 2/1-5) rien ne change dans la masse, à savoir que l’esclave révolté d’aujourd’hui comme l’esclave révolté de jadis « ne se préoccupe pas de nier son maître en tant qu’être ; il le nie en tant que maître… Notons encore que tout révolté ou révolutionnaire d’aujourd’hui ou de jadis aspire à un autre pouvoir et à une autre loi » (Camus), ce qui est lourdement paradoxal.
Tout au contraire, l’homme libre se préoccupe de tout humain, même de son maître, en tant qu’être ; par là il est apôtre du Bien et n’aspire à aucun pouvoir.
L’homme libre met ses pas dans les pas du Père (Signe 2/12), de Qui vient Le Signe. L’homme libre rejette donc les livres d’homme (16/12, 35/12) glissés dans l’Écriture par les pouvoirs au temps où dominer au nom de Dieu leur  donnait l’irrécusabilité, mais les démocraties ne sortent-elles-pas elles-mêmes que d’irrécusables livres d’hommes ?
L’homme spirituellement, donc absolument, libre certes obtempère à la loi des dominateurs, mais en son for intérieur il a rejeté tous les livres d’hommes, partant toutes dominations, même les démocraties (mot-piège, mot à tiroirs), et il se fait de l’amour, du pardon, de la  paix, de l’intelligence spirituelle libre de tous préjugés les armes qui gagneront la guerre métaphysique contre le Mal. Cela fait rire gras les matérialistes et autres rationalistes, mais en toute guerre l’adversaire commence par rire gras.
Or, au Jour du Père (Signe 24/5) l’homme libre sera même libéré de la mort.

Dernièrement encore je me croyais un homme libre. Hélas, je n’étais plus, les pattes en l’air, que le chien auquel les habitudes pépères de vivre comme des doigts papouillent le ventre. Je fus brutalement remis debout. Un logiciel récemment téléchargé dans l’ordinateur même sur quoi je réalise cette entrée 190, s’avéra incompatible avec autre chose, je ne sais quoi qui ne m’intéresse pas — la technologie informatique, autre maître parmi mille maîtres, me sort par les yeux —. Se disloquèrent l’arborescence et des applications dans ma machine. La grosse tuile ! La remise en ordre de l’ordinateur fut une longue corvée et, comme je suis seul sans personne pour faire ce sale travail à ma place, j’eus tout le temps de me répéter que cet ordinateur n’était pas mon outil, mais mon maître. Cela fit re-érupter en moi le volcan de la Parole d’Arès (Signe L/6). Je trouvais quelque triste amusement à me dire que les dominateurs et spoliateurs (Signe 27/9) religieux, politiques, médiatiques, etc., avaient maintenant des émules redoutables dans les maîtres de l’informatique, sachant que, de toute façon, domination et spoliation ne résultent que de la folie de fabriquer, instituer, imposer… Et je riais d’un rire amer, quoique consolateur.
En septembre je roulais vers la Bretagne dans ma nouvelle voiture bourrée d’électronique, monstrueuse geôle aux barreaux impalpables d’ondes, plus nombreux et plus difficiles à desceller que les barreaux de fer. J’écoutai France Culture. Un rombier de l’Université de Jérusalem, Youval Noah Harari, affirmait qu’en 2050 nous serions gouvernés non plus par des humains, mais par des algorithmes, ces formules mathématiques complexes que l’homme fabrique, institue, impose. Harari parlait comme un fakir disant la bonne aventure et j’étais abasourdi par la vénération qui lui portaient comme à un dieu céleste ou politique les présentateurs — le matérialisme rationaliste est nouvelle religion —. Mais le vrai derrière ces élucubrations, c’était l’immuable prévision que l’homme exploitant l’homme se perpétuerait plus fortement que jamais.
Des puissances informatiques règnent maintenant sur l’Internet, dont nous ne pouvons plus nous dispenser. Jusqu’à la folie ! Voilà pas que les déclarations de revenus et le paiement des impôts sont maintenant obligatoires rester par l’Internet. Misère ! Que vont faire les gens sans ordinateur ? Un certain nombre de mes frères et sœurs de foi en sont dépourvus et lisent ce blog sur le papier. Mais ce n’est qu’un exemple, pas le pire, parmi dix mille de la domination qui accable l’homme, qui continue d’accepter comme une bête définitivement domptée.

On va me dire : Quoi ? Il vous suffit d’un crash informatique et des propos téméraires d’un académicien israélien pour conclure que l’Histoire restera, sous quelque forme que ce soit, l’Histoire d’esclaves et de maîtres ? Mais non, les progrès sociaux feront que ce monde, tôt ou tard, deviendra merveilleusement égalitaire et fraternel par la politique.
Je réponds : J’espère avoir assez de charisme pour affirmer qu’en ce monde les crashs et autres désastres causés par les dominateurs en tous domaines et les élucubrations pondues ou soutenues par eux sont et resteront légion (Marc 5/10) jusqu’au péché des péchés, si l’on ne change pas le cours des choses. Le Signe m’a rappelé que le monde heureux ne se fera pas par la religion, la politique ou la science, mais par la pénitence individuelle. Le monde ne changera (Signe 28/7) en bien que si chaque membre d’un petit reste (24/1) de pénitents change en bien (30/11). La vertu seule peut procurer la liberté absolue et le bonheur absolu est impossible sans liberté absolue. Je pense aux mots de Socrate prêt à boire la ciguë : « Je rirais de moi-même si je devais continuer de coller à cette vie-là » (« Phédon » Platon). Comme lui je préférerais mourir que devoir vivre empêché de travailler pour le Bien.

Dieu comme dominateur, roi ou juge suprême est une invention des religieux et de leurs associés politiques. Ils ont inventé ce Dieu-là pour se faire passer pour comparativement doux et indulgents.
Le Père est au contraire le libérateur suprême et nous devons le crier au monde.
Le Signe nous place devant un choix simple : Ou bien nous recréer images et ressemblances (Genèse 1/26) du Père trop aimant (Signe 12/7) par la pénitence (30/11) ou bien continuer de servir nos maîtres : politiques, religieux, etc.
Qu’est-ce qu’un homme libre ? Un qui dit oui ou non quand il veut, mais qui, pour dire oui ou non intelligemment (Signe 32/5) s’est fait pénitent. Les autres restent esclaves ou maîtres, parfois alternativement, leurs disparitions historiques ne se font jamais que provisoirement. Mais leur énorme poids comme une montagne liée à nos pieds nous entraine vers le fond. Les nœuds de l’attache sont intranchables et pour les dénouer, car ils sont compliqués, nous devons former un nombreux petit reste (24/1, 26/1) de pénitents.
Les pénitents dans la mesure du possible évitent de vivre dans la même Histoire que les pécheurs contrairement aux esclaves et maîtres que l’Histoire a unis dans un conflit qui établit indéfiniment leur inséparable existence. Pour les pénitents il n’y a pas de conflit. Parmi les pécheurs nous circulons sans cesse comme libres apôtres. Tous sont nos frères, même si, adversaires du péché, nous ne partageons pas leur sort. Nous cherchons parmi eux ceux qui inclinent à être comme nous.
Le Créateur, le Père, laisse chaque homme libre d’être selon son choix pécheur ou pénitent.
Mais seuls les pénitents libres prévaudront au bout du temps.

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