Donne le bon Livre  ; il n’y en a qu’un  ! (Signe iv/11)
Écrivons le perpétuel Livre du Bien  !

(Photo : Mohamed Marey, Unsplash)

Photo  : Mohamed Marey (Unsplash)

Inconnus sont l’auteur de cette épître comme son destinataire, un certain Diognète.
Cette aujourd’hui célèbre apologie de la vie chrétienne des temps antiques fut découverte par hasard au XVe siècle à Constantinople par le client d’un poissonnier qui y avait empaqueté dorades et maquereaux.
Probablement écrite entre 180 et 210, faisons en sorte qu’elle reste valable en 2013.
En voici le passage qui décrit les chrétiens de l’époque  :

Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ni ne se servent d’un jargon spécial, leur vie n’a rien de singulier. Ce n’est pas à l’imagination ou aux rêveries qu’ils doivent leur foi  ; ils ne sont pas comme tant d’autres les champions d’une idéologie. Ils vivent dans les cités, grecques ou barbares, selon les hasards de la naissance et suivent les usages locaux pour s’habiller, se nourrir, vivre quoi  ! tout en manifestant les principes propres à leur république spirituelle.
Chacun réside dans sa patrie donc, mais comme un étranger domicilié, remplit ses devoirs de citoyen, assume les charges. Pour eux toute terre étrangère est une patrie et toute patrie est une terre étrangère. Ils se marient et ont des enfants comme tout le monde, mais ils n’abandonnent pas leurs nouveaux-nés. Ils partagent la même table, mais non la même couche.
Ils sont dans la chair, mais ne vivent pas selon la chair. Ils vivent sur terre, mais sont citoyens du Ciel. Ils suivent les lois, mais leur façon de vivre l’emporte sur les lois en recherche du bien.
Ils aiment tous les hommes et tous les hommes les persécutent. On les méconnaît, on les condamne, on les tue et par là ils gagnent la Vie. Ils sont pauvres mais ils enrichissent un grand nombre. Ils manquent de tout, mais regorgent du (Grand) Tout. On les méprise, mais dans ce mépris réside leur gloire. On les calomnie, mais ils sont justifiés. On les insulte, mais ils bénissent. On les outrage, mais ils honorent. Ils ne font que le bien, mais sont traités en scélérats. Châtiés, ils sont joyeux comme s’ils naissaient à la Vie. Les Juifs les combattent comme des étrangers, les Grecs les persécutent et ceux qui les détestent ne sauraient dire la cause de leur haine.
En résumé, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme se répand dans tout le corps comme les chrétiens dans le monde entier. L’âme habite dans le corps et pourtant n’appartient pas au corps  ; de même les chrétiens habitent dans le monde mais ne sont pas du monde. Invisible, l’âme est prisonnière d’un corps visible  : ainsi les chrétiens sont dans le monde, mais leur piété demeure invisible. La chair déteste l’âme et lui fait la guerre  ; l’âme n’a fait aucun tort à la chair, mais elle en tempère les plaisirs  ; de même les chrétiens ne font aucun tort au monde, mais s’y opposent aux plaisirs (débridés). L’âme aime cette chair qui la déteste , comme les chrétiens aiment ceux qui les détestent. Immortelle, l’âme habite dans une tente mortelle  : ainsi les chrétiens campent-ils dans le corruptible en attendant l’incorruptibilité céleste. L’âme s’améliore par la pénitence  ; bien que persécutés, les chrétiens se multiplient de jour en jour. Si noble est le poste que leur a assigné Dieu qu’il leur est impossible de le déserter.

Changez le mot chrétiens par le mot Pèlerins d’Arès et vous aurez une beau texte qui peut à quelques détails près informer quiconque demande que nous sommes… ou devrions être, nous Pèlerins d’Arès.
C’est, je crois, une bonne méditation en ces jours de Pèlerinage.

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