Les grandes questions spirituelles ne reposent pas sur la foi, mot introuvable dans Le Signe. Elles reposent sur tout ce qui valorise le fils (tout homme, croyant ou non) comme le Père  : l’amour, le pardon, la paix, l’intelligence spirituelle et, bien sûr, la liberté spirituelle. Ces instruments du Bien ne sont hélas plus discernables depuis longtemps, parce que l’homme religieux et/ou politique leur a substitué d’autres « valeurs »  : la loi, l’idéologie, la force, les mœurs et la fameuse légitimité. Que faire en attendant le retour de la conscience spirituelle  ?

José Bové

Photo  : Guillaume Paumier (Wikimedia)

Prenez la liberté  ! Je médite un événement récent où se sont affrontés deux « libertés ». En février 2006, José Bové, altermondialiste, pourfendeur de produits américains (saccageur d’un fast-food McDonald, arracheur de plants de maïs transgénique), a été refoulé à son arrivée de France à l’aéroport J. F. Kennedy, New York. Officiellement attendu à Cornell University (état de New York) pour donner une conférence, il allait en fait participer à des manifestations diverses. Ce n’est cependant pas le droit de parole, même anti-américaine, qui était refusé à José Bové sur le sol américain, mais la liberté de laisser en blanc son formulaire d’entrée aux USA. Ce formulaire demande à tout visiteur étranger s’il a été dans son pays l’objet d’une condamnation. José Bové ne cocha pas la case.
Quelle « liberté » aurait dû prévaloir  ? Celle des USA de refuser « légitimement » l’entrée à un notoire brûlot anti-USA  ? Celle de José Bové de refuser non moins « légitimement » de passer par le confessionnal de la police des frontières US  ?
La liberté que prêche Le Signe est clairement absolue. C’est celle du poulain… libre du harnais que lui mettent les docteurs (de la loi, de la morale, de l’ordre, etc. 10/10), mais elle ne peut s’exercer que dans une seule disposition du cœur : l’amour, et donc jamais dans la violence. Or, l’oncle Sam et José Bové sont des violents se réclamant chacun de sa « liberté » de violence. Rien de spirituel, donc rien de vrai, dans la confrontation de deux « libertés ». Le poulain agile est libre du harnais des docteurs, il n’est pas « libre » de piétiner les docteurs. Nous sommes trop imprégnés de mal pour bien comprendre la différence.
Je crois que José Bové devait se dispenser d’aller exercer sa violence à la source même de ses griefs, afin d’éviter aux USA de lui refuser l’entrée du pays, ce qui est également violence. En attendant qu’elle devienne toujours soluble, la liberté absolue, quand elle est insoluble, c’est-à-dire dans la plupart des cas, ne peut avoir que des substituts absolus. Ici la sagesse absolue d’éviter un face-à-face sans solution.

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© Michel Potay 2006 — Tous droits réservés